Inventaire de la symptomatologie dépressive (IDS ou QIDS)

L’Inventaire de la symptomatologie dépressive (IDS) et sa version abrégée (QIDS-16) sont des instruments psychométriques de référence évaluant la sévérité du trouble dépressif majeur selon les critères du DSM-5. Découvrez leurs propriétés métrologiques, structure factorielle et cotation clinique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Inventaire de la symptomatologie dépressive (Inventory of Depressive Symptomatology, IDS) et sa version abrégée, l’Inventaire rapide de la symptomatologie dépressive (Quick Inventory of Depressive Symptomatology, QIDS), comptent parmi les instruments psychométriques les plus rigoureux et les plus largement validés au niveau international pour mesurer la sévérité des épisodes dépressifs. Développés initialement par A. John Rush et ses collaborateurs en 1986, puis raffinés au début des années 2000, ces outils ont été conçus pour offrir une couverture exhaustive des critères diagnostiques du trouble dépressif majeur tels que définis par les classifications nosographiques de référence, notamment le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), de la version DSM-III-R au DSM-5.

L’instrument se décline sous deux formats d’évaluation : une version hétéro-évaluée par un clinicien (IDS-C à 30 items et QIDS-C à 16 items) et une version auto-évaluée par le patient (IDS-SR à 30 items et QIDS-SR à 16 items). L’IDS-30 explore en profondeur l’ensemble de la sémiologie dépressive, englobant les dimensions cognitives, affectives, motrices et neurovégétatives, tout en incluant les caractéristiques mélancoliques et atypiques (telles que l’hypersomnie, l’hyperphagie, la réactivité de l’humeur et la sensibilité au rejet interpersonnel). Le QIDS-16 extrait de cette matrice les neuf domaines diagnostiques cardinaux du DSM, calculant un score composite fondé sur les items les plus sévères de chaque domaine fonctionnel.

Sur le plan psychométrique, l’IDS et le QIDS présentent une consistance interne exceptionnelle, attestée par des coefficients alpha de Cronbach se situant régulièrement entre 0,85 et 0,94 pour l’IDS, et entre 0,79 et 0,89 pour le QIDS. La validité concurrente et convergente avec d’autres échelles canoniques, telles que l’échelle de dépression de Hamilton (HAM-D) et l’Inventaire de dépression de Beck (BDI), est hautement significative (coefficients de corrélation r oscillant généralement entre 0,80 et 0,93). Leur sensibilité au changement clinique en a fait les instruments cardinaux de grandes études longitudinales multicentriques, au premier rang desquelles figure l’essai historique STAR*D (Sequenced Treatment Alternatives to Relieve Depression).

2. Mots-clés / Keywords

Inventaire de la symptomatologie dépressive, IDS-SR30, QIDS-SR16, psychométrie, trouble dépressif majeur, critères DSM-5, auto-évaluation, hétéro-évaluation, STAR*D, sévérité de la dépression, symptômes neurovégétatifs, dépression atypique.

3. Auteurs / Authors

L’Inventaire de la symptomatologie dépressive et ses variantes ont été conçus et validés par une équipe pionnière de chercheurs en psychiatrie et psychométrie clinique, dirigée par :

  • A. John Rush, M.D. : Professeur émérite au département de psychiatrie du University of Texas Southwestern Medical Center (Dallas, Texas, États-Unis) et professeur à la Duke-NUS Medical School (Singapour). Concepteur principal de l’échelle, investigateur en chef de l’essai clinique STAR*D et expert de renommée mondiale dans la pharmacothérapie et la psychométrie des troubles de l’humeur.
  • Madhukar H. Trivedi, M.D. : Professeur de psychiatrie, titulaire de la chaire Betty Jo Hay en santé mentale, directeur du Center for Depression Research and Clinical Care au UT Southwestern Medical Center. Co-développeur central du QIDS et chercheur de premier plan sur les biomarqueurs et les algorithmes thérapeutiques de la dépression.
  • Donna E. Giles, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse en psychopathologie expérimentale, affiliée aux travaux originaux de l’Université de Pittsburgh et du UT Southwestern Medical Center.
  • Michael A. Schlesser, M.D. : Psychiatre et chercheur clinique, contributeur historique aux premières études de validation psychométrique de l’IDS-30 en 1986.
  • Collaborateurs majeurs du consortium STAR*D : Thomas J. Carmody, Ph.D., H. M. Ibrahim, M.D., David N. Klein, Ph.D., James C. Markowitz, M.D., Philip T. Ninan, M.D., Susan G. Kornstein, M.D., Rachel Manber, Ph.D., Michael E. Thase, M.D., James H. Kocsis, M.D., et Martin B. Keller, M.D.

4. Objectif / Purpose

Justification clinique et limites des outils traditionnels

L’IDS et le QIDS ont été créés pour combler des lacunes méthodologiques et nosographiques majeures inhérentes aux échelles classiques d’évaluation de la dépression conçues dans les années 1960. Pendant plusieurs décennies, l’échelle d’évaluation de la dépression de Hamilton (HAM-D-17) a fait figure d’étalon-or dans les essais cliniques pharmacologiques. Néanmoins, la HAM-D a essuyé de vives critiques de la part des méthodologistes et cliniciens :

  • Déséquilibre de contenu : La HAM-D accorde un poids disproportionné aux symptômes d’anxiété somatique, aux plaintes gastro-intestinales et à l’insomnie d’endormissement, tout en sous-représentant les symptômes cognitifs centraux de la dépression.
  • Omission des caractéristiques atypiques : La HAM-D mesure exclusivement la perte d’appétit, la perte de poids et l’insomnie. Elle est intrinsèquement incapable d’enregistrer l’hypersomnie, l’hyperphagie ou la prise de poids, qui caractérisent pourtant la dépression avec caractéristiques atypiques, fréquente chez les adultes jeunes et dans le trouble bipolaire.
  • Décalage nosologique : Conçue avant l’avènement du DSM-III, la HAM-D ne correspond pas directement aux critères opérationnels requis pour poser le diagnostic d’épisode dépressif majeur.

De son côté, l’Inventaire de dépression de Beck (BDI), bien qu’excellent pour sonder les distorsions cognitives, repose quasi exclusivement sur une conceptualisation cognitive de la dépression et accorde une importance variable aux variations somatiques subtiles et aux critères mélancoliques précis.

Applications en recherche et en pratique factuelle

L’objectif premier de l’IDS (30 items) était d’établir un outil équilibré, capable de mesurer l’intégralité du spectre sémiologique du syndrome dépressif unipolaire et bipolaire : les neuf critères cardinaux du DSM, mais également les symptômes endogénomorphes/mélancoliques (perte de réactivité de l’humeur, variation nycthémérale distincte, qualité particulière de l’humeur) et atypiques (sensibilité au rejet interpersonnel, léthargie physique/paralysie de plomb).

Face à la lourdeur d’administration de l’IDS-30 en routine hospitalière et ambulatoire, le QIDS-16 a été dérivé pour fournir un instrument ultra-rapide (5 à 7 minutes d’auto-passation), spécifiquement calqué sur les neuf critères diagnostiques du DSM. L’utilisation conjointe de versions auto-évaluées (SR) et hétéro-évaluées (C) autorise une comparaison directe entre la perception subjective du patient et le jugement clinique structuré du praticien, servant de pilier à la démarche de Measurement-Based Care (MBC ou soins guidés par la mesure systématique).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’IDS et le QIDS est la sévérité dimensionnelle du syndrome dépressif caractérisé. Ce construit est articulé autour de domaines cliniques opérationnalisés, chacun faisant l’objet d’une gradation séquentielle de 0 (absence de perturbation) à 3 (perturbation maximale ou invalidante).

1. Les perturbations du sommeil

Contrairement aux échelles unidimensionnelles, l’IDS explore les quatre facettes du dysfonctionnement circadien du sommeil :

  • Insomnie d’endormissement (initiale) : latence d’endormissement supérieure à 30 ou 60 minutes.
  • Insomnie de maintien (milieu de nuit) : réveils nocturnes prolongés avec difficulté de rendormissement.
  • Insomnie terminale (réveil matinal précoce) : éveil précoce d’au moins une heure avant l’heure désirée sans possibilité de sommeil ultérieur.
  • Hypersomnie : temps de sommeil global excédant 10 à 12 heures par cycle nycthéméral (siestes incluses).

Dans le QIDS-16, ces quatre items constituent le domaine « Sommeil », dont seul le score le plus élevé parmi les quatre est conservé pour le calcul final.

2. Perturbations thymiques centrales

  • Humeur dépressive / Tristesse : continuum allant d’une tristesse absente ou transitoire à une douleur morale continue et omniprésente.
  • Réactivité de l’humeur : capacité ou incapacité du sujet à éprouver un éclaircissement temporaire de son affect lors d’événements positifs (critère essentiel distinguant les états mélancoliques des états atypiques).
  • Qualité particulière de l’humeur : sensation d’un affect qualitativement distinct de la tristesse normale du deuil (morosité froide, anesthésie affective douloureuse).
  • Variation diurne de l’humeur : fluctuation circadienne systématique (aggravation matinale typique de la mélancolie ou aggravation vespérale).

3. Perturbations de l’appétit et du poids

L’instrument capture la bidirectionnalité neurovégétative :

  • Anorexie vs Hyperphagie : diminution marquée de la prise alimentaire vs compulsion alimentaire et augmentation de la fréquence des repas.
  • Perte pondérale vs Prise pondérale : variation objective du poids mesurée sur les deux dernières semaines.

4. Altérations cognitives et sentiment de soi

  • Concentration et prise de décision : distractibilité, lenteur idéique entravant la lecture ou l’accomplissement de choix quotidiens minimes.
  • Auto-évaluation et culpabilité : passage d’un sentiment normal de dignité personnelle à l’auto-dépréciation, au blâme de soi excessif, voire au délire de ruine ou d’indignité.
  • Vision de l’avenir : pessimisme graduel s’étendant du doute passager jusqu’au désespoir absolu (hopelessness).
  • Idéation suicidaire : échelle allant du sentiment que la vie est vide à la planification active ou au passage à l’acte récent.

5. Énergie, motricité et anédonie

  • Intérêt général et capacité d’éprouver du plaisir : réduction de l’engagement social, perte globale de la curiosité et anédonie consommatoire ou anticipatoire.
  • Niveau d’énergie / Fatigabilité : sensation d’épuisement physique disproportionné par rapport aux efforts consentis.
  • Ralentissement psychomoteur : discours ralenti, temps de réaction allongés, voix monocorde, hypokinésie.
  • Agitation psychomotrice : incapacité à rester en place, mouvements stéréotypés, piétinement ou torsion des mains.

6. Symptômes associés et caractéristiques somatiques (spécifiques à l’IDS-30)

L’IDS-30 intègre des dimensions absentes des formats abrégés : l’intérêt sexuel (libido), les douleurs diffuses (céphalées, lombalgies, myalgies), les symptômes somatiques anxieux (palpitations, tremblements, sueurs), les attaques de panique ou phobies, les troubles du transit intestinal, ainsi que l’extrême sensibilité au rejet interpersonnel, un trait psychopathologique cardinal du syndrome dépressif atypique.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de l’IDS et du QIDS s’enracine au confluent de trois courants théoriques majeurs de la psychiatrie contemporaine :

1. Le modèle néo-kraepelinien et la psychiatrie descriptive opérationnelle

Dans la lignée des travaux de Gerald Klerman, Robert Spitzer et Eli Robins, l’IDS a été forgé pour répondre à l’exigence de critères opérationnels stricts initiée par les Research Diagnostic Criteria (RDC) et concrétisée par le DSM-III. Ce modèle postule que les troubles mentaux doivent être appréhendés à travers des syndromes délimités par des signes cliniques directement observables ou rapportables, minimisant les inférences psychanalytiques non testables. L’IDS opérationnalise chaque critère de manière polythétique, offrant une fidélité inter-juges optimale.

2. Le modèle dimensionnel-nosologique bipolaire des sous-types de dépression

L’IDS formalise la distinction biologique et phénoménologique entre deux pôles majeurs :

  • Le pôle mélancolique (endogène) : caractérisé par une non-réactivité de l’humeur, une inhibition psychomotrice sévère, une perte d’appétit neurovégétative avec insomnie terminale et une souffrance morale qualitativement distincte.
  • Le pôle atypique : identifié initialement par l’école britannique (West, Dally) puis institutionnalisé par Donald Klein et Michael Liebowitz à l’Université Columbia. Ce sous-type associe une réactivité de l’humeur préservée, une léthargie somatique intense (paralysie de plomb), une hypersomnie, une hyperphagie et une vulnérabilité relationnelle marquée (sensibilité au rejet). L’IDS est l’un des très rares instruments à accorder une place structurée à ces deux pôles concurrents.

3. La théorie des soins guidés par la mesure (Measurement-Based Care)

Sur le plan de l’application médicale, John Rush et Madhukar Trivedi ont conçu le QIDS comme un équivalent psychopathologique du tensiomètre ou du dosage de l’hémoglobine glyquée dans la prise en charge des maladies chroniques. Le cadre théorique du Measurement-Based Care stipule que l’efficacité du traitement antidépresseur (pharmacologique ou psychothérapeutique) est maximisée lorsque le praticien réévalue la sévérité symptomatique à chaque consultation à l’aide d’un outil standardisé, ajustant les posologies ou changeant de molécule jusqu’à l’obtention d’une rémission complète (définie par un score QIDS-SR ≤ 5), et non d’une simple réponse partielle.

7. Validité / Validity

L’IDS et le QIDS ont fait l’objet de dizaines d’études de validation indépendantes menées sur des cohortes cliniques diversifiées (patients ambulatoires, patients hospitalisés, dépression chronique, troubles bipolaires, populations gériatriques et adolescentes).

Validité de contenu

La validité de contenu est jugée excellente car les 30 items de l’IDS recouvrent 100 % des critères diagnostiques du trouble dépressif majeur selon le DSM-IV et le DSM-5, ainsi que la totalité des critères requis pour les spécificateurs « avec caractéristiques mélancoliques » et « avec caractéristiques atypiques ». Le QIDS condense ces items en préservant rigoureusement les 9 domaines cardinaux du DSM.

Validité convergente et concurrente

Les études psychométriques princeps (Rush et al., 1986, 2003 ; Trivedi et al., 2004) démontrent des corrélations exceptionnellement élevées avec les instruments de référence établis :

  • Corrélation IDS-C et HAM-D-17 : coefficients de Pearson variant de r = 0,86 à r = 0,92.
  • Corrélation IDS-SR et BDI : coefficients compris entre r = 0,78 et r = 0,88.
  • Corrélation entre IDS et QIDS : corrélation quasi parfaite (r ≥ 0,94 pour les versions cliniciens ; r ≥ 0,93 pour les auto-évaluations).
  • Concordance auto-évaluation vs clinicien : les scores totaux du QIDS-SR et du QIDS-C présentent des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) ou de Pearson très élevés (r = 0,81 à 0,86), confirmant que les patients évaluent avec précision leur propre sévérité clinique lorsqu’ils utilisent un format ancré de façon explicite.

Validité discriminante

L’IDS discrimine nettement les individus sains des patients présentant un épisode dépressif majeur, ainsi que les patients en phase dépressive de ceux présentant un trouble d’anxiété généralisée pur ou un trouble panique sans composante thymique caractérisée. Les sous-échelles de somatisation permettent également de distinguer la dépression accompagnée de détresse somatique des syndromes douloureux chroniques idiopathiques.

Validité prédictive et sensibilité au changement

Dans l’étude STAR*D portant sur près de 4 000 patients, le QIDS-SR s’est avéré remarquablement sensible aux variations hebdomadaires de la symptomatologie sous traitement par citalopram et lors des étapes d’augmentation ou de substitution pharmacologique. Il permet de prédire les rechutes précoces et documente précisément la trajectoire vers la rémission clinique complète.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’IDS-30 et du QIDS-16 sont hautement robustes dans l’ensemble des études publiées à travers le monde.

Consistance interne

La cohérence des items est étayée par des coefficients d’homogénéité élevés :

  • IDS-C (30 items) : alpha de Cronbach (α) s’échelonnant de 0,88 à 0,92 chez les patients ambulatoires et hospitalisés.
  • IDS-SR (30 items) : alpha de Cronbach oscillant entre 0,91 et 0,94, reflétant une consistance interne remarquable pour un auto-questionnaire élargi.
  • QIDS-C (16 items cotés en 9 domaines) : α de Cronbach compris entre 0,85 et 0,88.
  • QIDS-SR (16 items cotés en 9 domaines) : α de Cronbach compris entre 0,79 et 0,86. Cette légère baisse par rapport à l’IDS s’explique par la réduction drastique du nombre de domaines et l’hétérogénéité biologique inhérente aux symptômes dépressifs (par exemple, troubles du sommeil et idéation suicidaire n’évoluent pas toujours de façon strictement parallèle).

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle à court terme (intervalle de 24 à 48 heures sans modification thérapeutique) a révélé des coefficients de corrélation test-retest de r = 0,85 à 0,91 pour l’IDS-SR et de r = 0,82 à 0,89 pour le QIDS-SR. Chez des patients stabilisés cliniquement, la corrélation test-retest sur une période de 7 jours demeure solide (r > 0,80).

Fidélité inter-évaluateurs

Pour les versions administrées par des cliniciens (IDS-C et QIDS-C), la fidélité inter-juges a été évaluée au moyen d’entretiens conjoints ou d’enregistrements vidéo. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) pour le score total dépassent régulièrement 0,90 (variant de 0,91 à 0,96 selon les études deRush et Trivedi), témoignant d’une excellente harmonisation des critères de cotation entre cliniciens formés.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) conduites sur de vastes échantillons cliniques (notamment la cohorte du Texas Medication Algorithm Project [TMAP] et la cohorte STAR*D) ont permis d’élucider la structure sous-jacente de l’instrument.

Structure factorielle de l’IDS-30

Les analyses factorielles de l’IDS-30 dégagent généralement une solution à trois ou quatre facteurs de second ordre bien individualisés :

  1. Facteur Cognitif / Thymique : regroupant la tristesse, l’auto-dépréciation, le pessimisme d’avenir, les idées de suicide, l’indécision et l’irritabilité (charges factorielles couramment comprises entre 0,55 et 0,82).
  2. Facteur Somatique / Neurovégétatif : associant la fatigue/manque d’énergie, les algies corporelles, le ralentissement psychomoteur et les symptômes végétatifs généraux (charges factorielles de 0,48 à 0,75).
  3. Facteur Sommeil : réunissant spécifiquement les trois formes d’insomnie (endormissement, nocturne, précoce) avec des saturations factorielles très élevées (souvent > 0,70).
  4. Facteur Atypique / Réactivité : isolant la prise de poids, l’hyperphagie, l’hypersomnie et la sensibilité au rejet interpersonnel chez les sous-groupes cliniques correspondants.

Structure factorielle du QIDS-16

Pour le QIDS, les 16 items sont convertis en 9 variables de domaine. Les modélisations par équations structurelles (AFC) soutiennent fermement l’existence d’un modèle unidimensionnel de sévérité globale sous-jacent, justifiant l’addition directe des scores des neuf domaines en un score composite unique. Des modèles bifactoriels (un facteur général de dépression accompagné de facteurs de groupe orthogonaux pour le sommeil et les symptômes neurovégétatifs) ont également démontré d’excellents indices d’ajustement (CFI > 0,95, TLI > 0,94, RMSEA < 0,05).

L’analyse sous la théorie de réponse aux items (TRI) a confirmé que les items d’anédonie, d’énergie, de tristesse et de vision de soi possèdent les paramètres de discrimination (a) les plus élevés, se révélant cruciaux pour situer les patients sur le continuum de sévérité latente.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se caractérise par des modalités précises d’administration, de cotation et d’interprétation clinique :

Caractéristiques techniques

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire (IDS-SR / QIDS-SR) ou hétéro-évaluation semi-structurée par un professionnel de santé (IDS-C / QIDS-C).
  • Durée de passation : 15 à 20 minutes pour l’IDS-SR30 ; 5 à 7 minutes pour le QIDS-SR16.
  • Période de référence : Les 7 derniers jours écoulés (avec une référence aux deux dernières semaines pour les variations pondérales).
  • Format de réponse : Échelle de Likert en 4 points ordonnés (0, 1, 2, 3), où chaque niveau est explicitement décrit par des ancres comportementales et temporelles précises, éliminant l’arbitraire des échelles d’intensité floues.

Algorithme de calcul du score QIDS-16

Le score global du QIDS-16 s’étend de 0 à 27. Il est calculé en sommant les scores de 9 domaines cliniques cardinaux :

  1. Sommeil : Prendre le score le plus élevé parmi les items 1 (endormissement), 2 (réveils nocturnes), 3 (réveil précoce) et 4 (hypersomnie).
  2. Humeur triste : Item 5.
  3. Appétit / Poids : Prendre le score le plus élevé parmi les items 6 (diminution d’appétit), 7 (augmentation d’appétit), 8 (perte de poids) et 9 (prise de poids).
  4. Concentration / Prise de décision : Item 10.
  5. Vision de soi : Item 11.
  6. Idées de mort ou de suicide : Item 12.
  7. Intérêt général : Item 13.
  8. Niveau d’énergie : Item 14.
  9. Ralentissement / Agitation motrice : Prendre le score le plus élevé entre l’item 15 (ralentissement) et l’item 16 (agitation).

Seuils d’interprétation clinique (QIDS-16 : Score de 0 à 27)

  • 0 – 5 : Absence de dépression / Rémission clinique complète.
  • 6 – 10 : Dépression légère.
  • 11 – 15 : Dépression modérée.
  • 16 – 20 : Dépression sévère.
  • 21 – 27 : Dépression très sévère.

Seuils d’interprétation clinique (IDS-30 : Score de 0 à 84)

Pour l’IDS-30, la cotation exclut les doublons mutuellement exclusifs (on ne retient que l’appétit diminué ou augmenté, et la perte ou la prise de poids). Le score global totalise 28 domaines scorés de 0 à 3, pour un maximum de 84 points :

  • 0 – 13 : Absence de dépression / Normalité.
  • 14 – 25 : Dépression légère.
  • 26 – 38 : Dépression modérée.
  • 39 – 48 : Dépression sévère.
  • 49 – 84 : Dépression très sévère.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de parution : 1986 pour l’IDS-30 original ; 2003 pour la validation officielle du QIDS-16.
  • Statut des droits d’auteur et licence : L’IDS et le QIDS sont la propriété intellectuelle de leurs auteurs (A. John Rush et collaborateurs). Cependant, les auteurs ont délibérément choisi de placer ces instruments dans le domaine public académique et clinique afin de promouvoir les soins fondés sur la mesure.
  • Tarifs d’utilisation : L’accès est entièrement gratuit pour les praticiens en pratique clinique courante, les étudiants, les institutions hospitalières publiques et les chercheurs académiques non financés par des entités commerciales. Aucun droit de licence (royalty fee) n’est exigé pour télécharger ou imprimer les échelles.
  • Conditions d’utilisation : L’instrument doit être utilisé sans altération du texte ni des seuils d’ancrage afin de préserver sa validité métrologique. Les citations académiques appropriées des publications princeps sont requises lors de la communication de résultats. Pour les essais cliniques à visée commerciale parrainés par l’industrie pharmaceutique, une autorisation écrite peut être sollicitée auprès des dépositaires des droits.
  • Ressources officielles : Les questionnaires et leurs traductions validées dans plus de 30 langues sont archivés et mis à disposition via le portail officiel de recherche : www.ids-qids.org.

12. Références / References

  • Rush, A. J., Giles, D. E., Schlesser, M. A., Fulton, C. L., Weissenburger, J., & Burns, C. (1986). The Inventory for Depressive Symptomatology (IDS): Preliminary findings. Psychiatry Research, 18(1), 65–87. https://doi.org/10.1016/0165-1781(86)90060-0
  • Rush, A. J., Trivedi, M. H., Ibrahim, H. M., Carmody, T. J., Arnow, B., Klein, D. N., Markowitz, J. C., Ninan, P. T., Kornstein, S., Manber, R., Thase, M. E., Kocsis, J. H., & Keller, M. B. (2003). The 16-Item Quick Inventory of Depressive Symptomatology (QIDS), clinician rating (QIDS-C), and self-report (QIDS-SR): A psychometric evaluation in patients with chronic major depression. Biological Psychiatry, 54(5), 573–583. https://doi.org/10.1016/S0006-3223(02)01866-8
  • Rush, A. J., Bernstein, I. H., Trivedi, M. H., Carmody, T. J., Wisniewski, S. R., Mundt, J. C., Shores-Wilson, K., Biggs, M. M., Woo, A., Nierenberg, A. A., & Fava, M. (2006). An evaluation of the quick inventory of depressive symptomatology and the hamilton rating scale for depression: A sequenced treatment alternatives to relieve depression trial report. Biological Psychiatry, 59(6), 493–501. https://doi.org/10.1016/j.biopsych.2005.08.022
  • Trivedi, M. H., Rush, A. J., Ibrahim, H. M., Carmody, T. J., Biggs, M. M., Suppes, T., Crismon, M. L., Shores-Wilson, K., Toprac, M. G., Dennehy, E. B., Witte, B., & Kashner, T. M. (2004). The Inventory of Depressive Symptomatology, Clinician Rating (IDS-C) and Self-Report (IDS-SR), and the Quick Inventory of Depressive Symptomatology, Clinician Rating (QIDS-C) and Self-Report (QIDS-SR) in public sector patients with mood disorders: A psychometric evaluation. Psychological Medicine, 34(1), 73–82. https://doi.org/10.1017/S0033291703001107
  • Rush, A. J., Gullion, C. M., Basco, M. R., Jarrett, R. B., & Trivedi, M. H. (1996). The Inventory of Depressive Symptomatology (IDS): Psychometric properties. Psychological Medicine, 26(3), 477–486. https://doi.org/10.1017/s0033291700035558

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Falling Asleep
2

These feeling states spontaneously reported verbally
3

I take at least 30 min to fall asleep‚ more than half the time.
4

I take more than 60 min to fall asleep‚ more than half the time.
5

Feeling Sad
6

Decreased Appetite
7

Increased Appetite
8

Decreased Weight (Within the Last 2Weeks)
9

Increased Weight (Within the Last 2Weeks)
10

Concentration/Decision Making
11

View of Myself
12

Thoughts of Death or Suicide
13

General Interest
14

Energy Level
15

Feeling Slowed Down
16

Feeling Restless
17

View of My Future:
18

Thoughts of Death or Suicide:
19

General Interest:
20

Energy Level:
21

Capacity for Pleasure or Enjoyment (excluding sex):
22

Interest in Sex (Please Rate Interest‚ not Activity):
23

Feeling more sluggish than usual:
24

Feeling restless:
25

Aches and pains:
26

Other physical symptoms:
27

Panic/Phobic symptoms:
28

Constipation/diarrhoea:
29

Interpersonal Sensitivity:
30

Physical Sensation of Exhaustion/Physical Energy:
★

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Looti, M. (2026, octobre 9). Inventaire de la symptomatologie dépressive (IDS ou QIDS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-de-la-symptomatologie-depressive-ids-qids/
Looti, Mohammed. “Inventaire de la symptomatologie dépressive (IDS ou QIDS).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-de-la-symptomatologie-depressive-ids-qids/.
Looti, Mohammed. “Inventaire de la symptomatologie dépressive (IDS ou QIDS).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-de-la-symptomatologie-depressive-ids-qids/.