1. Résumé / Abstract
L’Inventaire de croissance post-traumatique pour enfants (Posttraumatic Growth Inventory for Children, PTGI-C ; Cryder et al., 2006 ; Kilmer et al., 2009) constitue l’un des instruments psychométriques pionniers conçus spécifiquement pour évaluer les changements psychologiques positifs autodéclarés chez les enfants et adolescents confrontés à des événements de vie hautement perturbateurs ou traumatiques. Directement dérivé des travaux fondateurs de Tedeschi et Calhoun (1996) sur le modèle de la croissance post-traumatique (CPT) chez l’adulte, le PTGI-C adapte le construit originel aux spécificités cognitives, émotionnelles et socio-développementales des populations pédiatriques. L’instrument est composé de 21 items formulés dans un registre linguistique accessible, évaluant cinq domaines fondamentaux : les nouvelles possibilités (New Possibilities), les relations avec autrui (Relating to Others), la force personnelle (Personal Strength), l’appréciation de la vie (Appreciation of Life) et le changement spirituel (Spiritual Change).
Les répondants se positionnent au moyen d’une échelle de réponse en 4 points ordonnés allant de 1 (« Pas du tout vrai » / Not at all true) à 4 (« Très vrai » / Very true). Les études psychométriques de validation princeps et subséquentes rapportent une consistance interne globale robuste (alpha de Cronbach s’échelonnant généralement entre .85 et .91 pour le score total), ainsi que des corrélations modérées à fortes entre les sous-échelles. Bien que la structure originelle à cinq facteurs issue du modèle adulte sous-tende la conception de l’outil, plusieurs analyses factorielles exploratoires et confirmatoires chez les jeunes révèlent fréquemment une solution parcimonieuse à facteur général de second ordre ou une structure condensée (souvent en trois ou quatre dimensions chez les plus jeunes), en raison de la nature holistique du traitement cognitif chez l’enfant. L’instrument présente une validité convergente confirmée avec les mesures de résilience, de soutien social perçu, d’optimisme et de stratégies de coping actif, tout en conservant une indépendance empirique essentielle vis-à-vis des mesures de détresse psychologique et d’état de stress post-traumatique (ESPT).
2. Mots-clés / Keywords
Croissance post-traumatique, PTGI-C, psychométrie pédiatrique, résilience, traumatisme infantile, développement de l’enfant, adaptation psychologique, évaluation psychologique, psychologie positive, Tedeschi et Calhoun.
3. Auteurs / Authors
L’adaptation de l’inventaire original aux populations pédiatriques a été réalisée par une équipe d’universitaires et de cliniciens spécialistes du traumatisme et du développement psychologique :
- Cheryl H. Cryder, Ph.D. — Alors affiliée à l’Université de Caroline du Nord à Charlotte (UNC Charlotte), Département de psychologie, États-Unis. Ses recherches portent sur le bien-être pédiatrique et les réponses adaptatives au stress extrême.
- Ryan P. Kilmer, Ph.D. — Professeur de psychologie clinique à l’Université de Caroline du Nord à Charlotte (UNC Charlotte), Department of Psychological Science. Expert reconnu de la résilience infantile, de l’évaluation clinique et de l’adaptation des enfants exposés aux violences, catastrophes naturelles et maladies graves. Courriel institutionnel : [email protected].
- Richard G. Tedeschi, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie à l’Université de Caroline du Nord à Charlotte et cofondateur, avec Lawrence G. Calhoun, du concept théorique de croissance post-traumatique. Il est actuellement impliqué dans le Boulder Crest Institute for Posttraumatic Growth.
- Lawrence G. Calhoun, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie à l’Université de Caroline du Nord à Charlotte, pionnier mondial de la recherche sur les transformations positives consécutives aux crises existentielles et aux deuils traumatiques.
- Virginia Gil-Rivas, Ph.D., Arnie Cann, Ph.D., et Kanako Taku, Ph.D. — Co-chercheurs et collaborateurs clés ayant contribué aux études ultérieures de révision psychométrique (notamment l’évaluation du PTGI-C révisé ; Kilmer et al., 2009).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du Posttraumatic Growth Inventory for Children (PTGI-C) est d’identifier, de quantifier et de conceptualiser les transformations positives autodéclarées qu’un enfant ou un adolescent peut expérimenter à la suite d’une confrontation directe ou indirecte avec un événement hautement traumatisant ou perturbateur. Historiquement, la psychopathologie développementale et la psychologie clinique infantile ont adopté un prisme préférentiellement nosocentrique, centré quasi exclusivement sur les manifestations de déficit, de dérégulation émotionnelle et d’atteinte psychopathologique, telles que l’état de stress post-traumatique (ESPT), la dépression pédiatrique, les troubles anxieux ou les troubles du comportement perturbateur. Le PTGI-C a été conçu pour contrebalancer cette perspective unilatérale en offrant un cadre d’investigation rigoureux issu des principes de la psychologie positive appliquée à l’enfance.
Sur le plan clinique, le PTGI-C ne cherche en aucun cas à minimiser ou à occulter la réalité de la souffrance psychique endurée par le jeune patient. Au contraire, il s’inscrit dans une démarche dialectique où la détresse et la croissance coexistent souvent de façon dynamique. L’administration du PTGI-C permet aux psychologues cliniciens et pédopsychiatres de repérer les leviers adaptatifs intrapsychiques et interpersonnels développés par l’enfant. Il sert d’appui pour la formulation clinique de cas, favorise l’alliance thérapeutique en validant les efforts d’adaptation de l’enfant et guide les interventions basées sur la thérapie cognitivo-comportementale axée sur le traumatisme (TF-CBT) ou les modèles humanistes d’intégration du récit traumatique.
En matière de recherche scientifique, le PTGI-C permet d’élucider les déterminants longitudinaux de l’adaptation pédiatrique face à divers stresseurs majeurs : catastrophes naturelles (ouragans, séismes), diagnostics de maladies somatiques chroniques ou potentiellement létales (comme le cancer pédiatrique), deuils traumatiques, accidents de la voie publique ou maltraitances interpersonnelles. L’échelle offre un moyen standardisé de comparer les trajectoires de croissance à travers différents groupes d’âge, d’analyser l’effet médiateur du soutien familial et de la rumination délibérée, et d’évaluer l’efficacité différentielle des programmes de soutien post-catastrophe en milieu scolaire ou communautaire.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit de la croissance post-traumatique chez l’enfant, tel qu’opérationnalisé par le PTGI-C, renvoie aux changements positifs subjectifs résultant de la lutte cognitive et émotionnelle engagée après l’effondrement des croyances fondamentales de l’enfant (relatives à la sécurité du monde, à la prévisibilité de l’environnement et à sa propre invulnérabilité). L’échelle décline ce macro-construit en cinq domaines théoriques spécifiques, réinterprétés à la lumière du développement de l’enfant :
1. Nouvelles possibilités (New Possibilities)
Cette dimension évalue l’émergence d’intérêts inédits, l’identification de nouveaux objectifs de vie ou l’ouverture à des activités et orientations que l’enfant n’aurait pas envisagées avant l’événement critique. Chez l’adulte, cela se traduit souvent par des bifurcations professionnelles ou existentielles majeures. Chez l’enfant ou l’adolescent, ce domaine s’exprime par le développement de nouveaux centres d’intérêt, loisirs, aspirations scolaires ou projections positives vers l’avenir adulte. Par exemple, l’item 19 (« I have new things that I like to do ») et l’item 21 (« I have some new ideas about how I want things to be when I grow up ») illustrent comment le traumatisme a stimulé une redéfinition des trajectoires futures possibles.
2. Relations avec autrui (Relating to Others)
L’expérience du traumatisme peut modifier en profondeur la matrice relationnelle du jeune individu. Ce domaine mesure le sentiment de proximité accrue avec les membres de la famille et les pairs, le renforcement de l’empathie et la reconnaissance de l’importance de solliciter de l’aide en cas de vulnérabilité. Contrairement à une vision simpliste de l’indépendance, la croissance relationnelle inclut la maturation de l’interdépendance : l’enfant prend conscience que d’autres personnes bienveillantes sont prêtes à le soutenir (item 6 : « I learned that some people will be there for me and help me if something bad happens »), tout en développant une sensibilité aiguë à l’égard de la souffrance d’autrui (item 12 : « I can better understand other people’s feelings »).
3. Force personnelle (Personal Strength)
Cette sous-échelle capte l’évolution du sentiment d’auto-efficacité, de confiance en soi et d’autonomie émotionnelle. L’enfant, ayant été contraint de faire face à une détresse sans précédent, découvre des ressources internes insoupçonnées. L’adage implicite est résumé par l’idée qu’« ayant survécu à cette épreuve, je sais désormais que je peux surmonter de futurs obstacles ». Ce domaine est incarné par des affirmations telles que l’item 4 (« I learned that I can count on myself ») ou l’item 17 (« I have learned that I can deal with more than I ever thought I could »).
4. Appréciation de la vie (Appreciation of Life)
La confrontation précoce à la fragilité de l’existence suscite chez l’enfant une modification qualitative de ses priorités existentielles et une gratitude accrue pour le quotidien. Cette dimension quantifie la capacité de l’enfant à valoriser chaque journée, à relativiser les tracas mineurs et à discerner ce qui est véritablement essentiel pour lui. L’item 1 (« I have learned what is important to me »), l’item 3 (« I have learned that life is important ») et l’item 11 (« I feel like each day is important ») capturent cette prise de conscience de la préciosité de l’existence.
5. Changement spirituel (Spiritual Change)
Chez les adultes, ce domaine réfère à une spiritualité plus profonde ou à une révision des questionnements métaphysiques. Chez l’enfant, dont la pensée abstraite est en cours de maturation, la dimension spirituelle s’ancre souvent dans la compréhension accrue des croyances religieuses familiales, le sentiment de connexion à une entité supérieure ou l’appréhension de questions portant sur le sens de la vie et de la mort. Ce domaine est interrogé par l’item 5 (« I understand spiritual things (like religious ideas) more now ») et l’item 16 (« My religious beliefs are stronger now »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le PTGI-C s’ancre solidement dans le modèle fonctionnel-descriptif de la croissance post-traumatique formulé par Tedeschi et Calhoun (1996, 2004). Selon ce paradigme, la croissance post-traumatique ne constitue pas une conséquence directe et automatique du traumatisme en tant que tel, mais plutôt le produit final d’un processus de lutte cognitive complexe et souvent douloureux engagé par l’individu pour s’adapter à une réalité profondément transformée.
Le postulat théorique central repose sur le concept de « schémas ou croyances fondamentales » (Janoff-Bulman, 1992). Les êtres humains élaborent tout au long de leur développement des représentations implicites du monde caractérisées par la prévisibilité, la justice, la bienveillance générale et un sentiment de contrôle personnel. Lorsqu’un traumatisme survient (perte brutale, maladie, sinistre majeur), ces structures cognitives sont « sismiquement » ébranlées, voire anéanties. L’individu est alors confronté à une incohérence cognitive massive.
L’adaptation de ce modèle théorique à l’enfant (Cryder et al., 2006 ; Kilmer et al., 2009) a nécessité la prise en compte des stades du développement cognitif (notamment les théories piagétiennes et néo-piagétiennes du développement conceptuel) :
- Développement des croyances fondamentales : Contrairement à l’adulte dont les postulats existentiels sont stables et ancrés depuis des décennies, l’enfant est en pleine phase de construction de sa vision du monde. Un événement traumatique peut ainsi perturber des schémas encore émergents, ce qui rend le processus de reconstruction particulièrement dépendant de l’étayage fourni par l’environnement familial et social.
- Rôle de la rumination : Le modèle théorique distingue la rumination intrusive (pensées involontaires, répétitives et anxiogènes survenant peu après le choc) de la rumination délibérée ou constructive. C’est cette dernière qui favorise la croissance : elle implique un travail cognitif réflexif de recherche de sens, de réévaluation positive et de reconstruction de la narration autobiographique. Chez l’enfant, la capacité à s’engager dans une rumination délibérée dépend étroitement du niveau de maturation des fonctions exécutives et des compétences métacognitives, généralement plus affirmées à partir de l’âge de 8 à 10 ans.
- Socialisation émotionnelle et environnement écosystémique : S’inspirant de la théorie bioécologique de Bronfenbrenner, le cadre théorique du PTGI-C souligne que la croissance chez l’enfant n’est pas un acte intrapsychique isolé. Elle est puissamment modulée par le « micro-système » de l’enfant, en premier lieu les réactions parentales. La façon dont les parents modélisent l’adaptation, communiquent ouvertement sur l’événement et fournissent une base de réassurance détermine largement la propension de l’enfant à percevoir des bénéfices au sein de l’adversité.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques du PTGI-C ont fait l’objet de multiples investigations empiriques attestant de sa robustesse :
Validité de construit et validité convergente
La validité de construit a été documentée à travers les corrélations significatives observées entre le score total du PTGI-C et divers indicateurs d’adaptation positive. Dans les études de Cryder et al. (2006) portant sur des enfants ayant survécu à des ouragans majeurs, des associations positives modérées à élevées (r = .35 à .55, p < .001) ont été établies entre la croissance post-traumatique et les mesures de soutien social perçu (famille, enseignants, pairs). De même, le PTGI-C corrèle positivement avec les stratégies de coping centré sur le problème, la réévaluation cognitive positive et les scores d’optimisme dispositionnel.
Dans l’étude de Kilmer et al. (2009), qui a réévalué des enfants exposés à des catastrophes naturelles et à des stress chroniques, les scores de croissance étaient significativement corrélés avec les mesures de rumination constructive, confirmant la prédiction théorique selon laquelle le travail cognitif réflexif est indispensable à l’émergence de la CPT.
Validité discriminante
Un enjeu psychométrique crucial consistait à distinguer la croissance post-traumatique de la simple absence de pathologie ou d’une détresse résiduelle. Les analyses démontrent de façon répétée que le score au PTGI-C ne présente que des corrélations faibles ou non linéaires (parfois en U inversé) avec les échelles de symptômes de stress post-traumatique (ESPT) et de dépression (généralement r compris entre -.10 et .25, souvent non significatifs après contrôle de l’exposition). Cela prouve que la CPT n’est pas le simple pôle opposé du traumatisme, mais bien un construit distinct : des enfants peuvent présenter un niveau modéré à élevé de symptômes d’intrusion tout en rapportant des gains substantiels dans leur appréciation de la vie ou leurs relations avec autrui.
Validité transculturelle et validité de critère
Le PTGI-C a été traduit et validé dans de multiples contextes socioculturels (notamment en versions espagnole, turque, chinoise, italienne et allemande). Ces études transculturelles confirment que l’instrument permet de discriminer avec précision les enfants ayant bénéficié d’interventions thérapeutiques ciblées ou ayant reçu un soutien communautaire actif, ces derniers présentant des niveaux de CPT significativement plus élevés que leurs pairs non accompagnés.
8. Fidélité / Reliability
Les évaluations de la consistance interne et de la stabilité temporelle du PTGI-C fournissent des indices psychométriques très satisfaisants :
- Consistance interne (Alpha de Cronbach) : Dans l’étude inaugurale de Cryder et al. (2006), l’alpha de Cronbach pour l’échelle globale de 21 items s’élevait à .89, témoignant d’une excellente homogénéité globale des items. Les sous-échelles présentaient des coefficients acceptables à bons compte tenu de leur concision : Relations avec autrui (α ≈ .78), Nouvelles possibilités (α ≈ .75), Force personnelle (α ≈ .72), Appréciation de la vie (α ≈ .67) et Changement spirituel (α ≈ .73). Dans l’échantillon de Kilmer et al. (2009), la cohérence interne globale s’est maintenue à un niveau élevé (α = .90).
- Coefficients oméga de McDonald : Les réévaluations contemporaines de l’outil utilisant l’oméga de McDonald (ω) rapportent des valeurs oscillant entre .88 et .92 pour le score composite total, attestant que la variance commune des items est majoritairement captée par le construit général de croissance.
- Fidélité test-retest : Chez les enfants, la mesure de la stabilité temporelle de la CPT représente un défi méthodologique en raison de l’évolution développementale rapide et du remodelage continu de la mémoire de l’événement traumatique. Néanmoins, des études évaluant la fidélité test-retest à un intervalle de 4 à 8 semaines rapportent des coefficients de corrélation intra-classe (CCI) oscillant entre .68 et .79, ce qui démontre une stabilité satisfaisante tout en autorisant une sensibilité thérapeutique au changement dans le cadre d’études d’intervention.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle du PTGI-C a suscité de nombreux débats au sein de la littérature psychométrique, reflétant la tension entre la fidélité au modèle théorique adulte à 5 facteurs et la réalité cognitive des répondants pédiatriques :
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Dans les travaux initiaux menés par Cryder et al. (2006) auprès d’enfants exposés à des ouragans, l’AFE avec rotation oblique indiquait que si la plupart des items chargeaient conformément aux 5 domaines théoriques adultes (charges factorielles standardisées s’étalant de .42 à .81), plusieurs facteurs présentaient des intercorrélations élevées (souvent supérieures à .50). Cela suggérait une tendance des enfants à appréhender le phénomène de croissance de manière plus indifférenciée que les adultes, fusionnant fréquemment les notions de force personnelle et de nouvelles possibilités, ou les items d’appréciation de la vie avec les relations interpersonnelles.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Les investigations ultérieures menées notamment par Kilmer et al. (2009) ont comparé plusieurs modèles compétitifs en modélisation par équations structurelles :
- Modèle unidimensionnel : Un seul facteur général de croissance post-traumatique. Ce modèle présente souvent des indices d’ajustement modestes (RMSEA > .08, CFI < .88).
- Modèle oblique à cinq facteurs : Reproduisant fidèlement la structure adulte de Tedeschi et Calhoun. Ce modèle montre des indices acceptables mais présente une forte colinéarité entre certains facteurs latents.
- Modèle hiérarchique (de second ordre) : Un facteur général de croissance de second ordre expliquant les cinq facteurs primaires. C’est fréquemment ce modèle qui offre le meilleur compromis conceptuel et statistique (RMSEA compris entre .045 et .062, CFI > .92, TLI > .90, SRMR < .055), justifiant pleinement l’utilisation clinique du score total du PTGI-C tout en autorisant l’examen qualitatif des cinq profils de domaines.
Il convient de noter que ces travaux ont également conduit au développement d’une version révisée plus courte (PTGI-C-R ; Kilmer et al., 2009) comprenant 10 items répartis sur des dimensions condensées, optimisant ainsi les indices d’ajustement chez les très jeunes participants (7-10 ans).
10. Instrument de mesure / Instrument
Le PTGI-C se caractérise par des modalités d’administration structurées adaptées à la pratique pédopsychiatrique et scolaire :
- Type de passation : Auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé. Pour les enfants les plus jeunes (7-9 ans) ou présentant des difficultés d’apprentissage de la lecture, une administration hétéro-évaluée en passation guidée par le clinicien (lecture orale des items) est préconisée.
- Format du questionnaire : 21 items rédigés à la première personne du singulier dans un style déclaratif simple.
- Durée moyenne de passation : Entre 10 et 15 minutes.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 4 points :
- 1 = Pas du tout vrai (Not at all true)
- 2 = Un peu vrai (A little true)
- 3 = Plutôt vrai (Mostly true)
- 4 = Très vrai (Very true)
- Cotation et calcul des scores :
- Score total : Sommation des 21 items (plage théorique de 21 à 84 points). Un score élevé reflète un niveau global supérieur de croissance post-traumatique perçue. Aucun item n’est inversé.
- Scores dimensionnels : Calculés par la somme ou la moyenne des items assignés à chaque dimension :
- Nouvelles possibilités (New Possibilities) : Items 2, 14, 19, 21.
- Relations avec autrui (Relating to Others) : Items 6, 7, 9, 12, 15, 18, 20.
- Force personnelle (Personal Strength) : Items 4, 8, 10, 13, 17.
- Appréciation de la vie (Appreciation of Life) : Items 1, 3, 11.
- Changement spirituel (Spiritual Change) : Items 5, 16.
- Âge cible : Enfants et adolescents âgés de 7 à 18 ans ayant été confrontés à un événement traumatique clairement circonscrit ou documenté.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’Inventaire de croissance post-traumatique pour enfants a été formalisé pour la première fois dans sa configuration complète par Cryder, Kilmer, Tedeschi et Calhoun en 2006, faisant suite aux travaux initiaux de Tedeschi et Calhoun sur l’échelle adulte publiés en 1996, puis consolidé par Kilmer et collaborateurs en 2009.
Concernant les droits de propriété intellectuelle, les conditions d’accès et les coûts :
- Statut des droits et gratuité académique : Le PTGI-C est un instrument non commercial mis à disposition gratuitement à des fins de recherche académique, scientifique et clinique non lucrative. Les auteurs détiennent le copyright sur l’instrument original mais autorisent explicitement son utilisation par les chercheurs et les praticiens habilités, sous réserve de citer scrupuleusement les publications de référence correspondantes.
- Conditions d’obtention : L’outil est disponible dans les annexes des publications fondatrices ou peut être demandé directement auprès du Dr Ryan P. Kilmer ou des co-auteurs au sein du Département de psychologie de l’UNC Charlotte.
- Adaptations et traductions : Toute démarche de traduction linguistique, d’adaptation transculturelle ou de modification du libellé des items à des fins d’investigation spécifique nécessite l’approbation préalable des auteurs d’origine.
12. Références / References
Les sources scientifiques suivantes constituent le socle métrologique et théorique du PTGI-C :
- Calhoun, L. G., & Tedeschi, R. G. (Eds.). (2006). Handbook of posttraumatic growth: Research and practice. Lawrence Erlbaum Associates Publishers. https://doi.org/10.4324/9781315805597
- Cryder, C. H., Kilmer, R. P., Tedeschi, R. G., & Calhoun, L. G. (2006). An exploratory study of posttraumatic growth in children following a natural disaster. American Journal of Orthopsychiatry, 76(1), 65–69. https://doi.org/10.1037/0002-9432.76.1.65
- Janoff-Bulman, R. (1992). Shattered assumptions: Towards a new psychology of trauma. Free Press.
- Kilmer, R. P., Gil-Rivas, V., Tedeschi, R. G., Cann, A., Calhoun, L. G., Buchanan, T., & Taku, K. (2009). Use of the revised posttraumatic growth inventory for children. Journal of Traumatic Stress, 22(3), 248–253. https://doi.org/10.1002/jts.20410
- Meyerson, D. A., Grant, K. E., Carter, J. S., & Kilmer, R. P. (2011). Posttraumatic growth among children and adolescents: A systematic review. Clinical Psychology Review, 31(6), 949–964. https://doi.org/10.1016/j.cpr.2011.06.003
- Tedeschi, R. G., & Calhoun, L. G. (1996). The Posttraumatic Growth Inventory: Measuring the positive legacy of trauma. Journal of Traumatic Stress, 9(3), 455–471. https://doi.org/10.1002/jts.2490090305
- Tedeschi, R. G., & Calhoun, L. G. (2004). Posttraumatic growth: Conceptual foundations and empirical evidence. Psychological Inquiry, 15(1), 1–18. https://doi.org/10.1207/s15327965pli1501_01
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
1 = Not at all true
2 = A little true
3 = Mostly true
4 = Very true
- I have learned what is important to me.
- I am now more likely to try to change things in my life that need changing.
- I have learned that life is important.
- I learned that I can count on myself.
- I understand spiritual things (like religious ideas) more now.
- I learned that some people will be there for me and help me if something bad happens.
- I feel closer to other people (friends or family) than I did before.
- I learned that I can handle my problems.
- I feel like it is okay to let people know how I feel inside.
- I feel like I can deal with things the way they turn out.
- I feel like each day is important.
- I can better understand other people’s feelings.
- I am able to do a better job on my work in school and at home.
- I have the chance to do some things I wouldn’t have been able to do before.
- I try harder to get along with my family and friends.
- My religious beliefs are stronger now.
- I have learned that I can deal with more than I ever thought I could.
- I learned how nice some people can be.
- I have new things that I like to do (like hobbies‚ toys‚ etc.)
- I learned that sometimes I need other people to help me out.
- I have some new ideas about how I want things to be when I grow up