Échelles psychométriquesÉvaluation de l'anxiétéPsychologie du sport

Inventaire de l’Anxiété État Compétitive–2 (CSAI-2)

Le Competitive State Anxiety Inventory–2 (CSAI-2) de Martens et al. (1990) est l’échelle de référence internationale pour évaluer l’anxiété état cognitive, somatique et la confiance en soi chez les sportifs.

PUBLIÉ

1. Résumé

L’Inventaire de l’Anxiété État Compétitive–2 (Competitive State Anxiety Inventory–2, CSAI-2) constitue l’un des instruments psychométriques les plus emblématiques et les plus rigoureusement documentés dans le champ de la psychologie du sport et de l’évaluation de la performance humaine. Développé initialement par Rainer Martens, Damon Burton, Robin S. Vealey, Linda A. Bump et Daniel E. Smith en 1990, cet outil multidimensionnel a été conçu pour opérationnaliser la distinction conceptuelle fondamentale entre les composantes cognitive et somatique de l’anxiété compétitive, tout en y adjoignant une dimension protectrice déterminante : la confiance en soi état. L’inventaire se compose précisément de 27 items auto-rapportés répartis de façon équilibrée en trois sous-échelles distinctes de 9 items chacune : l’anxiété état cognitive (qui évalue les ruminations négatives, la peur de l’échec et l’appréhension liée au résultat), l’anxiété état somatique (qui mesure les perceptions physiologiques induites par l’activation du système nerveux autonome telles que les tensions musculaires, les tremblements ou la tachycardie) et la confiance en soi état (qui quantifie le sentiment d’auto-efficacité et les anticipations de réussite de l’athlète face à l’épreuve imminente).

Chaque énoncé est évalué à l’aide d’une échelle de réponse de type Likert en 4 points, graduée de 1 (« Pas du tout » / Not at all) à 4 (« Tout à fait » / Very much so), générant des scores cumulatifs variant de 9 à 36 pour chaque dimension sans inversion de cotation. Sur le plan des propriétés métrologiques, le CSAI-2 a démontré une cohérence interne satisfaisante à travers de multiples contextes compétitifs, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,79 et 0,90 selon les sous-échelles et les disciplines sportives étudiées. La structure tripartite originale a stimulé une vaste littérature scientifique portant sur la théorie multidimensionnelle de l’anxiété compétitive, la modélisation de la catastrophe et les liens dynamiques entre stress précompétitif et performance motrice. Utilisé dans des milliers de protocoles de recherche et de démarches appliquées d’optimisation de la performance, le CSAI-2 demeure l’instrument de référence historique pour explorer la dynamique des états émotionnels transitoires avant et pendant la confrontation compétitive.

2. Mots-clés

Anxiété état compétitive, psychologie du sport, anxiété cognitive, anxiété somatique, confiance en soi état, psychométrie, performance sportive, stress précompétitif, évaluation multidimensionnelle, CSAI-2.

3. Auteurs

L’élaboration et la validation formelle du Competitive State Anxiety Inventory–2 sont le fruit d’une collaboration scientifique de premier plan au sein des départements de kinésiologie et de psychologie du sport nord-américains :

  • Rainer Martens, Ph.D. : Professeur émérite au Department of Kinesiology de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign, pionnier international de la recherche sur l’anxiété compétitive et fondateur de la maison d’édition spécialisée Human Kinetics.
  • Damon Burton, Ph.D. : Professeur au Department of Movement Sciences de l’Université de l’Idaho, spécialiste reconnu de l’établissement d’objectifs (goal setting) et de la théorisation multidimensionnelle de l’anxiété compétitive.
  • Robin S. Vealey, Ph.D. : Professeure au Department of Kinesiology, Nutrition, and Health de l’Université de Miami (Ohio), théoricienne éminente du modèle de confiance en soi appliquée au sport (Sport-Confidence Model).
  • Linda A. Bump, Ph.D. : Chercheuse associée et consultante en préparation mentale, affiliée lors des travaux de standardisation à l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign.
  • Daniel E. Smith, Ph.D. : Psychologue du sport et statisticien, affilié lors des travaux initiaux de validation psychométrique à l’Université de l’Illinois.

4. Objectif

L’objectif fondamental du CSAI-2 réside dans la quantification précise, valide et différentielle des réactions émotionnelles transitoires éprouvées par les athlètes durant la phase précompétitive critique (habituellement administré de 24 heures à quelques minutes avant le début de l’épreuve). Avant l’avènement des modèles multidimensionnels dans les années 1970 et 1980, l’anxiété dans le domaine sportif était appréhendée de manière unidimensionnelle, assimilée à une simple activation globale (arousal). Cette conception restreinte échouait à expliquer pourquoi deux athlètes présentant un niveau d’activation physiologique identique pouvaient obtenir des résultats sportifs diamétralement opposés, l’un s’effondrant sous la pression (phénomène de choking under pressure) tandis que l’autre sublimait sa performance motrice.

Sur le plan de la justification théorique, le CSAI-2 est né de l’impératif de dissocier les manifestations cognitives (pensées négatives, ruminations, perturbations attentionnelles) des réponses somatiques (activation autonome, tension corporelle, sensations viscérales). En intégrant simultanément la confiance en soi état, les auteurs ont permis de mesurer non seulement la détresse psychologique et l’hyper-activation corporelle, mais également les croyances de contrôle et de compétence qui viennent moduler ou neutraliser les effets délétères de l’anxiété sur l’exécution gestuelle.

Dans le domaine de la recherche scientifique, le CSAI-2 est employé pour tester les hypothèses dérivées des théories de l’anxiété de performance, telles que la théorie multidimensionnelle de l’anxiété compétitive (Burton, 1988), la théorie de la catastrophe de Hardy et Parfitt (1991), ou encore le modèle de la zone optimale de fonctionnement individuel (IZOF) de Hanin (1997). L’échelle sert de mesure standardisée pour analyser l’influence des variables de modération telles que le type de sport (individuel vs collectif, sport de contact vs sport d’adresse), le niveau d’expertise (novices, athlètes universitaires, compétiteurs de niveau olympique), le genre, l’âge et les profils de personnalité (perfectionnisme, anxiété-trait compétitive).

Sur le versant appliqué et clinique en consultation de psychologie du sport, le CSAI-2 permet aux psychologues et préparateurs mentaux de dresser un profil individualisé de l’athlète face à la compétition. L’identification fine de la composante prédominante guide directement le choix des interventions psychorégulatrices :

  • Une prépondérance de l’anxiété somatique orientera la prise en charge vers des techniques de régulation neurovégétative et corporelle (relaxation progressive de Jacobson, biofeedback, respiration diaphragmatique rythmée, training autogène).
  • Une élévation marquée de l’anxiété cognitive nécessitera des protocoles d’intervention cognitive (restructuration des croyances dysfonctionnelles, imagerie mentale contrôlée, discours interne positif, défusion cognitive inspirée des thérapies basées sur la pleine conscience).
  • Un déficit de confiance en soi état motivera un travail approfondi sur la fixation d’objectifs de maîtrise (process goals), le rappel de réussites antérieures et la modélisation vicariante.

5. Construit psychologique

Le Competitive State Anxiety Inventory–2 repose sur un modèle tripartite orthogonal dont chaque dimension reflète des processus cognitifs, affectifs et neurophysiologiques spécifiques de l’état psychologique transitoire ressenti en situation de défi compétitif :

Anxiété État Cognitive (Cognitive State Anxiety)

L’anxiété cognitive renvoie à la composante mentale de l’état anxieux. Elle est définie comme l’ensemble des attentes négatives relatives à la performance, des ruminations cognitives, des préoccupations intrusives concernant l’échec potentiel et des doutes quant à ses propres capacités. Sur le plan neuropsychologique, elle engage des réseaux cortico-frontaux associés aux fonctions exécutives et au contrôle attentionnel. Chez le sportif en compétition, cette sous-échelle capture :

  • La crainte des conséquences négatives d’un résultat insatisfaisant (« I am concerned about losing » ; « I am concerned about choking under pressure »).
  • L’anticipation du jugement social et de la déception de l’entourage (entraîneurs, coéquipiers, public) (« I’m concerned that others will be disappointed with my performance »).
  • Les perturbations métacognitives et l’appréhension de perdre sa concentration (« I’m concerned I won’t be able to concentrate »).

D’un point de vue chronologique, l’anxiété cognitive a tendance à se manifester plusieurs jours avant la compétition et demeure relativement stable jusqu’à l’entame du match, sauf en cas de modification des enjeux perçus de la tâche.

Anxiété État Somatique (Somatic State Anxiety)

L’anxiété somatique constitue la dimension physiologique et intéroceptive de l’état d’anxiété. Elle reflète la perception consciente par l’athlète des manifestations d’activation du système nerveux autonome sympathique déclenchées par l’évaluation d’une menace compétitive. Contrairement à une simple mesure objective de l’éveil cardiovasculaire ou électrodermique, il s’agit d’une évaluation phénoménologique subjective des signaux corporels. Cette sous-échelle intègre :

  • Les tensions musculaires généralisées ou localisées (« My body feels tense » ; « My body feels tight »).
  • Les réactions viscérales et gastro-intestinales associées à la réponse de stress (« I feel tense in my stomach » ; « I feel my stomach sinking »).
  • Les signes vasomoteurs et sudoraux traduisant une hyper-réactivité autonome (« My heart is racing » ; « My hands are clammy » ; « I feel jittery »).

Sur le plan cinétique, l’anxiété somatique adopte une trajectoire temporelle caractéristique : elle demeure généralement basse jusqu’aux heures précédant immédiatement l’échauffement, augmente de façon exponentielle juste avant le signal de départ, puis chute abruptement dès que l’action motrice commence.

Confiance en Soi État (State Self-Confidence)

La confiance en soi état représente la croyance ou le degré de certitude qu’un individu possède à un moment précis quant à sa capacité de surmonter les exigences de la compétition et d’atteindre ses objectifs. Loin d’être le simple envers mathématique de l’anxiété cognitive, elle a été conceptualisée et validée comme une dimension distincte, possédant ses propres déterminants motivationnels et psychologiques. Cette sous-échelle se manifeste par :

  • L’anticipation optimiste de sa propre réussite motrice et tactique (« I’m confident about performing well » ; « I’m confident I can meet the challenge »).
  • Un sentiment de sécurité psychologique et de sérénité (« I feel secure » ; « I feel at ease » ; « I feel mentally relaxed »).
  • L’utilisation constructive de l’imagerie mentale orientée vers la victoire (« I’m confident because I mentally picture myself reaching my goal »).
  • La résilience face à la charge compétitive (« I’m confident of coming through under pressure »).

6. Cadre théorique

Le cadre théorique au fondement du CSAI-2 s’inscrit au carrefour de la psychologie différentielle de l’anxiété et des théories du traitement de l’information sous stress. Historiquement, l’échelle découle de la distinction inaugurée par Charles Spielberger (1966, 1972) entre l’anxiété-trait (disposition stable et générale de la personnalité à percevoir les situations comme menaçantes) et l’anxiété-état (réaction émotionnelle fluctuante et ponctuelle caractérisée par des sentiments subjectifs de tension et d’activation physiologique). Martens (1977) a d’abord adapté cette conceptualisation au contexte sportif en élaborant le Sport Competition Anxiety Test (SCAT), un instrument unidimensionnel mesurant l’anxiété-trait compétitive.

Cependant, les travaux menés par Liebert et Morris (1967) dans le domaine de l’anxiété aux examens ont démontré l’indispensable dissociation entre deux dimensions : la « préoccupation cognitive » (worry) et l’«啵émotivité physiologique » (emotionality). S’appuyant sur ces découvertes et sur les modélisations cognitives du stress de Richard Lazarus (1984, 1991), Martens et ses collaborateurs (1990) ont postulé que l’anxiété compétitive ne pouvait être appréhendée sans séparer formellement l’anxiété cognitive de l’anxiété somatique.

Parallèlement, les théories du sentiment d’efficacité personnelle introduites par Albert Bandura (1977, 1986) ont mis en lumière le rôle capital des croyances d’auto-efficacité dans la tolérance au stress et la persévérance motrice. Vealey (1986) a approfondi ce cadre en formulant son modèle conceptuel de la confiance sportive, établissant que la confiance en soi état interagit en permanence avec l’évaluation subjective de l’enjeu compétitif.

La théorie multidimensionnelle de l’anxiété compétitive (Martens et al., 1990 ; Burton, 1988) formule des prédictions distinctes concernant la relation entre chaque dimension et la performance sportive :

  • Relation anxiété cognitive – performance : Elle prédit une relation linéaire négative directe ; à mesure que les inquiétudes augmentent, la charge cognitive sature la mémoire de travail (conforme à la théorie de l’efficacité du traitement de l’information d’Eysenck et Calvo, 1992), entraînant un déclin continu de la précision et de la vitesse décisionnelle.
  • Relation anxiété somatique – performance : Elle postule une relation non linéaire en forme de « U inversé » (loi de Yerkes-Dodson) ; un niveau modéré d’activation physiologique facilite la mobilisation des ressources motrices, tandis qu’une sous-activation entraîne de l’apathie et qu’une hyper-activation engendre des co-contractions musculaires délétères pour la motricité fluide.
  • Relation confiance en soi état – performance : Elle prédit une relation linéaire positive directe ; des niveaux élevés de confiance augmentent l’engagement moteur, la résistance à la distraction et la régulation émotionnelle face aux aléas de la compétition.

7. Validité

La validité psychométrique du CSAI-2 a fait l’objet d’investigations empiriques approfondies lors de sa monographie princeps (Martens et al., 1990) et de multiples études transculturelles subséquentes.

Validité de Construit

La validité de construit a été documentée à travers l’étude systématique de la dynamique temporelle des trois sous-échelles à l’approche de la compétition. Les études temporelles ont invariablement confirmé que les scores de l’échelle d’anxiété somatique augmentent de manière significative à mesure que l’épreuve se rapproche (avec un pic dans les 15 à 30 minutes précédant le coup d’envoi), tandis que les scores d’anxiété cognitive demeurent stables sur plusieurs jours, ne fluctuant qu’en réponse à des modifications de la perception des probabilités de gain ou de défaite. Cette dissociation temporelle constitue une preuve éclatante de l’indépendance de ces deux construits.

Validité Convergente et Discriminante

La validité convergente a été démontrée par des corrélations modérées à fortes avec des instruments connexes :

  • L’anxiété-trait compétitive, mesurée par le SCAT (Martens, 1977), corrèle positivement avec l’anxiété état cognitive (r = 0,52 à 0,61) et avec l’anxiété état somatique (r = 0,48 à 0,58), confirmant que les sportifs ayant un trait anxieux élevé rapportent des états d’anxiété précompétitive plus intenses.
  • L’échelle d’anxiété-état de Spielberger (STAI-S) présente des corrélations substantielles (r > 0,60) avec les deux composantes anxieuses du CSAI-2.

La validité discriminante est étayée par les intercorrélations entre les trois sous-échelles du CSAI-2. L’anxiété cognitive et l’anxiété somatique présentent une corrélation positive modérée (variant usuellement de r = 0,36 à r = 0,55), ce qui indique un partage de variance limité (environ 15 % à 30 %), justifiant leur séparation statistique. La confiance en soi état est corrélée négativement avec l’anxiété cognitive (r = -0,45 à -0,62) et, dans une moindre mesure, avec l’anxiété somatique (r = -0,25 à -0,40), prouvant qu’elle ne constitue pas un simple duplicat inversé de l’anxiété cognitive.

Validité Prédictive et Liens avec la Performance

De nombreuses études empiriques ont validé la capacité différentielle du CSAI-2 à prédire les indices objectifs et subjectifs de la performance athlétique. Burton (1988), dans une étude longitudinale sur des nageurs universitaires, a montré que l’anxiété cognitive prédisait des baisses de performance linéaire, tandis que l’anxiété somatique expliquait une part significative de variance selon une courbe curviligne en U inversé. Bien que certaines méta-analyses ultérieures (notamment Craft et al., 2003) aient mis en lumière des tailles d’effet modestes au niveau global, la validité prédictive du CSAI-2 s’est révélée particulièrement robuste lorsqu’elle est modulée par le niveau d’expertise des athlètes ou combinée à des mesures de l’orientation directionnelle des symptômes (intensité vs directionalité de Jones et Swain, 1992).

8. Fidélité

La fidélité du CSAI-2 a été établie selon les standards méthodologiques les plus rigoureux pour des mesures d’état psychologique :

Cohérence Interne

Les estimations de la cohérence interne calculées par le coefficient alpha de Cronbach ont fait l’objet de vérifications répétées au sein de cohortes variées :

  • Anxiété État Cognitive : Les valeurs d’alpha de Cronbach rapportées dans les échantillons princeps de Martens et al. (1990) se situent entre 0,79 et 0,83. Les méta-analyses et études de réplication contemporaines rapportent des valeurs médianes de 0,81.
  • Anxiété État Somatique : Cette sous-échelle affiche une consistance interne comprise entre 0,82 et 0,87 (médiane : 0,84), témoignant d’une très forte homogénéité dans la détection des signaux somatosensoriels.
  • Confiance en Soi État : Présente régulièrement les coefficients de cohérence interne les plus élevés de l’instrument, oscillant entre 0,87 et 0,91 (médiane : 0,89).

Fidélité Test-Retest

Dans l’évaluation psychométrique des états (par opposition aux traits), une fidélité test-retest classique à long terme n’est théoriquement ni attendue ni souhaitable, dans la mesure où un état émotionnel précompétitif est par essence labile et conditionné par le contexte imminent. Néanmoins, des études de stabilité à très court terme (intervalle de 15 à 60 minutes au repos, en l’absence de modification des stresseurs environnementaux) ont mis en évidence des coefficients de stabilité élevés (r > 0,80), démontrant que la variabilité des réponses est attribuable à l’évolution des stresseurs compétitifs réels plutôt qu’à une instabilité intrinsèque de la métrique.

9. Analyse factorielle

L’architecture interne du CSAI-2 a été soumise à de nombreuses analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) depuis son développement :

Développement Initial et AFE

Au cours des travaux fondateurs de Martens, Burton, Vealey, Bump et Smith (1990), un corpus initial de plus de 100 items a été administré à des athlètes issus de nombreuses disciplines sportives. Après épuration statistique des énoncés ambigus ou présentant des saturations croisées indésirables, une analyse factorielle avec rotation oblique (Promax) a isolé trois facteurs prépondérants expliquant la majeure partie de la variance commune. Les 27 items retenus ont démontré des saturations factorielles dominantes (comprises entre 0,45 et 0,81) sur leur facteur théorique respectif, sans saturation secondaire notable (généralement inférieure à 0,25).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Bien que le modèle tripartite ait été largement corroboré empiriquement, son examen approfondi via l’analyse factorielle confirmatoire à la fin des années 1990 a soulevé des débats méthodologiques majeurs. L’étude charnière de Cox, Martens et Russell (2003) a testé la validité structurelle du modèle original à 27 items sur un large échantillon de plus de 3 000 sportifs :

  • Le modèle original à 3 facteurs et 27 items présentait des indices d’adéquation acceptables mais sous-optimaux selon les standards actuels les plus stricts (RMSEA ≈ 0,065 ; CFI ≈ 0,88 ; NNFI ≈ 0,87).
  • Certains items somatiques formulés négativement (comme l’item 14 « My body feels relaxed ») ou d’apparence ambiguë présentaient des résidus d’erreur covariés avec la sous-échelle de confiance en soi.

Ces constatations ont motivé la création ultérieure d’une version révisée et raccourcie (le CSAI-2R de Cox et al., 2003, ramené à 17 items). Toutefois, le CSAI-2 original à 27 items demeure le modèle de référence fondamental, affichant une stabilité structurelle robuste à travers les sports individuels et collectifs dès lors que les covariances d’erreur mineures sont convenablement prises en compte.

10. Instrument de mesure

  • Nom complet de l’outil : Inventaire de l’Anxiété État Compétitive–2 (Competitive State Anxiety Inventory–2, CSAI-2).
  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-rapporté).
  • Nombre total d’items : 27 énoncés.
  • Dimensions / Sous-échelles : 3 sous-échelles indépendantes de 9 items chacune :
    • Anxiété État Cognitive (items 1, 4, 7, 10, 13, 16, 19, 22, 25)
    • Anxiété État Somatique (items 2, 5, 8, 11, 14, 17, 20, 23, 26)
    • Confiance en Soi État (items 3, 6, 9, 12, 15, 18, 21, 24, 27)
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert en 4 points :
    • 1 = Not at all (Pas du tout)
    • 2 = Somewhat (Un peu)
    • 3 = Moderately so (Moyennement)
    • 4 = Very much so (Tout à fait)
  • Procédure de cotation : Sommation brute directe des items composant chaque sous-échelle. Aucun item inversé. Chaque sous-échelle génère un score total continu compris entre 9 (niveau minimal) et 36 (niveau maximal). Il n’existe pas de score global unique composite, les trois dimensions devant impérativement être interprétées de façon autonome.
  • Temps d’administration : Environ 5 minutes.
  • Conditions de passation recommandées : Administration standardisée en situation précompétitive (généralement 1 heure à 30 minutes avant l’épreuve sportive), dans un environnement calme favorisant la concentration intéroceptive de l’athlète.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication initiale : 1990 (développement expérimental échelonné entre 1982 et 1990).
  • Publication de référence : Ouvrage scientifique Competitive Anxiety in Sport édité par Rainer Martens, Robin S. Vealey et Damon Burton, publié aux éditions Human Kinetics.
  • Statut des droits et conditions d’accès : Le questionnaire a été mis à la disposition de la communauté académique internationale à des fins de recherche fondamentale et d’enseignement par ses concepteurs. L’utilisation non commerciale dans le cadre de protocoles d’investigation universitaire ou de mémoires de recherche est généralement libre de droits sous réserve de la citation bibliographique rigoureuse de l’ouvrage fondateur.
  • Tarifs : Aucun coût d’utilisation n’est exigé pour la recherche académique indépendante. Les utilisations commerciales, institutionnelles à grande échelle ou l’intégration dans des plateformes logicielles propriétaires nécessitent l’autorisation préalable de l’éditeur Human Kinetics.

12. Références

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Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall.

Burton, D. (1988). Do anxious swimmers swim slower? Reexamining the elusive anxiety-performance relationship. Journal of Sport & Exercise Psychology, 10(1), 45–61. https://doi.org/10.1123/jsep.10.1.45

Cox, R. H., Martens, M. P., & Russell, W. D. (2003). Measuring anxiety in athletics: The revised Competitive State Anxiety Inventory–2. Journal of Sport & Exercise Psychology, 25(4), 519–533. https://doi.org/10.1123/jsep.25.4.519

Craft, L. L., Magyar, T. M., Becker, B. J., & Feltz, D. L. (2003). The relationship between the Competitive State Anxiety Inventory-2 and sport performance: A meta-analysis. Journal of Sport & Exercise Psychology, 25(1), 44–65. https://doi.org/10.1123/jsep.25.1.44

Eysenck, M. W., & Calvo, M. G. (1992). Anxiety and performance: Processing efficiency theory. Cognition & Emotion, 6(6), 409–434. https://doi.org/10.1080/02699939208409696

Hanin, Y. L. (1997). Emotions and athletic performance: Individual zones of optimal functioning model. European Yearbook of Sport Psychology, 1, 29–72.

Hardy, L., & Parfitt, G. (1991). A catastrophe model of anxiety and performance. British Journal of Psychology, 82(2), 163–178. https://doi.org/10.1111/j.2044-8295.1991.tb02391.x

Jones, G., & Swain, A. (1992). Intensity and direction dimensions of competitive state anxiety and relationships with competitiveness. Perceptual and Motor Skills, 74(2), 467–472. https://doi.org/10.2466/pms.1992.74.2.467

Lazarus, R. S. (1991). Emotion and adaptation. Oxford University Press.

Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.

Liebert, R. M., & Morris, L. W. (1967). Cognitive and emotional components of test anxiety: A distinction and some higher-order factors. Psychological Reports, 20(3), 975–978. https://doi.org/10.2466/pr0.1967.20.3.975

Martens, R. (1977). Sport Competition Anxiety Test. Human Kinetics.

Martens, R., Burton, D., Vealey, R. S., Bump, L. A., & Smith, D. E. (1990). Development and validation of the Competitive State Anxiety Inventory-2. In R. Martens, R. S. Vealey, & D. Burton (Eds.), Competitive anxiety in sport (pp. 117–190). Human Kinetics.

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Vealey, R. S. (1986). Conceptualization of sport-confidence and competitive orientation: Preliminary investigation and instrument development. Journal of Sport Psychology, 8(3), 221–246. https://doi.org/10.1123/jsp.8.3.221

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

4-point Likert scale: 1 = Not at all, 2 = Somewhat, 3 = Moderately so, 4 = Very much so

  1. I am concerned about this competition.
  2. I feel nervous.
  3. I feel at ease.
  4. I have self-doubts.
  5. I feel jittery.
  6. I feel comfortable.
  7. I am concerned that I may not do as well in this competition as I could.
  8. My body feels tense.
  9. I feel self-confident.
  10. I am concerned about losing.
  11. I feel tense in my stomach.
  12. I feel secure.
  13. I am concerned about choking under pressure.
  14. My body feels relaxed.
  15. I’m confident I can meet the challenge.
  16. I’m concerned about performing poorly.
  17. My heart is racing.
  18. I’m confident about performing well.
  19. I’m worried about reaching my goal.
  20. I feel my stomach sinking.
  21. I feel mentally relaxed.
  22. I’m concerned that others will be disappointed with my performance.
  23. My hands are clammy.
  24. I’m confident because I mentally picture myself reaching my goal.
  25. I’m concerned I won’t be able to concentrate.
  26. My body feels tight.
  27. I’m confident of coming through under pressure.

Citer cet article

memjavad (2026, septembre 5). Inventaire de l’Anxiété État Compétitive–2 (CSAI-2). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-anxiete-etat-competitive-2-csai-2/
memjavad. “Inventaire de l’Anxiété État Compétitive–2 (CSAI-2).” Base de données de psychologie en français, 5 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-anxiete-etat-competitive-2-csai-2/.
memjavad. “Inventaire de l’Anxiété État Compétitive–2 (CSAI-2).” Base de données de psychologie en français. septembre 5, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-anxiete-etat-competitive-2-csai-2/.