Inventaire de l’anxiété compétitive en sport-2 (CSAI-2)

Le Competitive Sport Anxiety Inventory-2 (CSAI-2) est l’échelle psychométrique de référence pour mesurer l’anxiété cognitive, somatique et la confiance en soi chez les athlètes en situation précompétitive.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

L’Inventaire de l’anxiété compétitive en sport-2 (Competitive Sport Anxiety Inventory-2, CSAI-2) constitue l’un des instruments psychométriques les plus emblématiques et rigoureusement documentés dans le champ de la psychologie du sport et de la performance motrice. Développé au début des années 1990 par Rainer Martens, Robin S. Vealey et Damon Burton, cet auto-questionnaire a été conçu pour opérationnaliser la théorie multidimensionnelle de l’anxiété compétitive en distinguant formellement l’anxiété état en tant que phénomène transitoire de l’anxiété trait en tant que disposition stable. Composé de 27 items distribués équitablement en trois sous-échelles de 9 items chacune, le CSAI-2 évalue l’anxiété cognitive état, l’anxiété somatique état et l’auto-efficacité ou confiance en soi.

Les répondants évaluent l’intensité de leurs états émotionnels et physiologiques immédiats sur une échelle de Likert en 4 points, allant de 1 (« Pas du tout » / Not at all) à 4 (« Tout à fait » / Very much so). D’un point de vue psychométrique, l’instrument présente des indices de consistance interne robustes, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,79 et 0,90 selon les sous-échelles et les populations sportives examinées. La validité de construit et la validité factorielle ont fait l’objet de centaines d’investigations empiriques, confirmant la pertinence de la dissociation entre les manifestations cognitives et somatiques de la détresse compétitive. Utilisé tant en recherche fondamentale qu’en intervention appliquée auprès d’athlètes d’élite et amateurs, le CSAI-2 demeure une référence incontournable pour diagnostiquer le stress précompétitif, suivre l’évolution temporelle des états anxieux et adapter les programmes de préparation mentale.

2. Mots-clés

Anxiété compétitive, anxiété cognitive, anxiété somatique, confiance en soi, psychologie du sport, préparation mentale, performance motrice, psychométrie, Rainer Martens, CSAI-2, état de stress précompétitif, auto-efficacité.

3. Auteurs

Le Competitive Sport Anxiety Inventory-2 (CSAI-2) a été conceptualisé et validé par une équipe de chercheurs pionniers en psychologie du sport affiliés à des institutions académiques majeures nord-américaines :

  • Rainer Martens, Ph.D. : Professeur émérite au Département de kinésiologie et d’éducation physique de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign (États-Unis). Fondateur de Human Kinetics Publishers, Rainer Martens est largement reconnu comme le père fondateur de la recherche systématique sur l’anxiété compétitive chez les sportifs.
  • Robin S. Vealey, Ph.D. : Professeure au Département de kinésiologie, de nutrition et de santé de la Miami University (Oxford, Ohio, États-Unis). Spécialiste internationale de la confiance en soi sportive et de la préparation mentale, elle a joué un rôle déterminant dans l’intégration de la dimension d’auto-confiance au sein de l’inventaire.
  • Damon Burton, Ph.D. : Professeur au Département de psychologie et des sciences du mouvement de l’Université de l’Idaho (Moscou, Idaho, États-Unis). Chercheur de premier plan sur l’établissement d’objectifs, la régulation du stress et la modélisation théorique de la performance sous pression.

4. Objectif

L’objectif fondamental du CSAI-2 est de fournir une évaluation psychométrique standardisée, valide et sensible des composantes multidimensionnelles de l’anxiété état vécue par un athlète dans le contexte temporel immédiat d’une compétition sportive. Avant l’avènement du CSAI-2, la littérature scientifique reposait majoritairement sur des instruments unidimensionnels tels que le Sport Competition Anxiety Test (SCAT ; Martens, 1977) ou l’inventaire d’anxiété état-trait de Spielberger (STAI ; Spielberger et al., 1970). Or, ces outils ne parvenaient pas à capturer la nature plurielle et différentielle de la détresse psychologique et physiologique ressentie par les compétiteurs à l’approche de l’épreuve.

Applications en recherche fondamentale et appliquée

Dans le domaine de la recherche empirique, le CSAI-2 sert de paradigme d’évaluation pour tester les modèles d’interaction entre éveil émotionnel, cognition et motricité. Il permet aux chercheurs de vérifier empiriquement des hypothèses complexes portant sur :

  • La cinétique temporelle précompétitive : analyse des trajectoires de l’anxiété cognitive et somatique à différents intervalles avant le coup d’envoi (par exemple, 7 jours, 24 heures, 2 heures et 15 minutes avant l’épreuve).
  • La relation différentielle avec la performance : mise à l’épreuve des postulats de la théorie multidimensionnelle, selon lesquels l’anxiété cognitive entretient une corrélation linéaire négative avec le rendement moteur, l’anxiété somatique une relation curviligne en « U inversé », et la confiance en soi une relation linéaire positive.
  • L’efficacité des interventions psychologiques : mesure pré- et post-test de l’impact des protocoles de relaxation neuromusculaire, d’imagerie mentale, de restructuration cognitive et de pleine conscience sur la régulation affective des athlètes.

Applications cliniques et en consultation de psychologie du sport

Pour le praticien, le consultant en préparation mentale ou le clinicien du sport, le CSAI-2 représente un outil de profilage diagnostique d’une grande finesse. Il permet de déterminer si la baisse de performance d’un athlète relève principalement d’une hyperactivation physiologique non régulée (palpitations, tremblements, nausées) ou d’un emballement cognitif caractérisé par des ruminations négatives, des scénarios d’échec et une peur exacerbée du jugement d’autrui. Cette distinction clinique est cruciale : une élévation de l’anxiété somatique appellera des interventions axées sur la régulation autonome (cohérence cardiaque, biofeedback, relaxation progressive de Jacobson), tandis qu’une élévation de l’anxiété cognitive nécessitera des techniques de recadrage cognitif, d’arrêt de pensée ou d’acceptation émotionnelle.

5. Construit psychologique

Le CSAI-2 opérationnalise l’anxiété compétitive selon un modèle tripartite. Chaque dimension renvoie à des processus psychologiques, neurovégétatifs et comportementaux distincts qui interagissent de manière dynamique en situation de défi sportif.

1. L’anxiété cognitive état (Cognitive State Anxiety)

L’anxiété cognitive état se définit comme la composante intellectuelle et cognitive de la réaction émotionnelle face à la situation compétitive. Elle est constituée par les attentes négatives concernant la performance, les inquiétudes quant aux conséquences potentielles de l’échec, les ruminations égocentrées et les doutes relatifs aux capacités personnelles. Sur le plan cognitif, l’athlète focalise son attention sur les stimuli menaçants au détriment des indices pertinents pour l’action motrice.

Les items évaluant ce construit reflètent des préoccupations explicites : la crainte de décevoir autrui (item 22 : « I’m concerned that others will be disappointed with my performance »), la peur de craquer sous la pression (item 13 : « I am concerned about choking under pressure ») ou l’appréhension de ne pas atteindre les objectifs fixés (item 19 : « I’m concerned about reaching my goal »). L’anxiété cognitive se caractérise par une relative stabilité dans le temps précompétitif tant que les perceptions subjectives de l’enjeu et de la probabilité de réussite restent constantes, mais elle peut fluctuer brutalement pendant le match en fonction de l’évolution du score ou des erreurs commises.

2. L’anxiété somatique état (Somatic State Anxiety)

L’anxiété somatique état correspond aux éléments physiologiques et affectifs de l’expérience anxieuse générés par l’activation du système nerveux autonome sympathique. Il ne s’agit pas de la mesure objective directe des paramètres physiologiques (comme la fréquence cardiaque ou la conductance cutanée), mais de la perception subjective et intéroceptive que l’athlète a de son éveil viscéral et neuromusculaire.

Cette dimension englobe des sensations corporelles caractéristiques de la réponse de lutte ou de fuite : tensions musculaires généralisées (item 8 : « My body feels tense »), sensations d’agitation motrice (item 5 : « I feel jittery »), perturbations gastro-intestinales (item 11 : « I feel tense in my stomach » ; item 20 : « I feel my stomach sinking »), tachycardie perçue (item 17 : « My heart is racing ») et moiteur des mains (item 23 : « My hands are clammy »). Contrairement à l’anxiété cognitive, l’anxiété somatique présente une cinétique d’apparition très rapide : elle s’élève de façon spectaculaire quelques heures voire quelques minutes avant le début de la compétition, atteint son pic au moment précis du signal de départ, puis décroît rapidement une fois que l’athlète s’engage pleinement dans l’activité motrice.

3. La confiance en soi état (State Self-Confidence)

Intégrée au CSAI-2 par Martens et ses collaborateurs sur la base des travaux fondamentaux d’Albert Bandura et de Robin S. Vealey, la confiance en soi état renvoie au degré de certitude et à la conviction qu’a un athlète d’être capable de maîtriser les exigences motrices, tactiques et émotionnelles de la compétition à venir. Bien qu’initialement conceptualisée comme le pôle opposé direct de l’anxiété cognitive, les analyses psychométriques ont démontré qu’elle constitue une dimension orthogonale et psychologiquement indépendante.

Un sportif peut simultanément ressentir de l’appréhension cognitive face à un adversaire redoutable tout en conservant une confiance solide en son potentiel de réussite. Les items de cette sous-échelle mesurent le sentiment de sécurité intérieure (item 12 : « I feel secure »), l’assurance d’exceller (item 18 : « I’m confident about performing well »), la capacité à relever le défi sous pression (item 27 : « I’m confident coming through under pressure ») et l’utilisation de stratégies cognitives d’imagerie mentale orientées vers la victoire (item 24 : « I’m confident because I mentally picture myself reaching my goal »).

6. Cadre théorique

Le développement du CSAI-2 s’ancre dans l’évolution historique des théories de l’activation et de l’anxiété, s’émancipant des postulats restrictifs de la théorie de la pulsion (Drive Theory de Hull et Spence) et de l’hypothèse classique du U-inversé de Yerkes et Dodson.

La distinction état-trait de Spielberger

Le premier socle théorique repose sur la conceptualisation de Charles Spielberger (1966, 1972), qui opère une distinction fondamentale entre :

  • L’anxiété-trait (A-trait) : une disposition de personnalité latente, relativement stable au fil du temps et des situations, prédisposant un individu à percevoir un large éventail de contextes objectifs non menaçants comme dangereux.
  • L’anxiété-état (A-état) : un état émotionnel transitoire caractérisé par des sentiments subjectifs de tension, d’appréhension et d’activation autonome accrue, fluctuant en fonction de la situation environnementale immédiate.

Le CSAI-2 a été spécifiquement développé pour mesurer l’anxiété-état contextuelle, en réponse aux limites constatées des échelles générales d’anxiété qui manquaient de sensibilité écologique dans le champ de la performance sportive.

La théorie multidimensionnelle de l’anxiété compétitive (MAT)

Le cadre théorique central ayant présidé à la création du CSAI-2 est la Multidimensional Anxiety Theory (MAT) formalisée par Martens, Vealey et Burton en 1990. Cette théorie avance trois propositions majeures régissant les liens entre l’anxiété et le rendement sportif :

  1. Dissociation structurelle et cinétique : L’anxiété cognitive et l’anxiété somatique représentent deux construits distincts régis par des mécanismes déclencheurs différents. L’anxiété cognitive est alimentée par l’évaluation subjective de la probabilité de succès et des conséquences de la performance, alors que l’anxiété somatique est activée par des stimuli conditionnés précompétitifs (entrée dans le vestiaire, échauffement, annonce de la composition).
  2. Effet linéaire négatif de l’anxiété cognitive : La MAT postule qu’à mesure que l’anxiété cognitive augmente, la performance diminue de manière linéaire. L’encombrement de la mémoire de travail par des pensées parasites réduit la capacité de traitement attentionnel de l’athlète (anticipation, prise de décision tactique).
  3. Effet curvilinéaire de l’anxiété somatique : Conformément au modèle du U-inversé, un niveau modéré d’anxiété somatique facilite la performance motrice en mobilisant les ressources énergétiques de l’organisme, tandis que des niveaux extrêmement faibles (hypo-activation) ou extrêmement élevés (hyper-activation causant tétanie et désynchronisation motrice) altèrent le rendement.

Modèles alternatifs et prolongements contemporains

Bien que la MAT ait fondé la structure du CSAI-2, plusieurs théoriciens ont ultérieurement souligné la complexité des interactions émotion-performance. Lew Hardy et Colin Fazey ont formulé le Modèle de la Catastrophe (Fazey & Hardy, 1988 ; Hardy, 1996), démontrant que l’anxiété somatique ne suit une courbe en U-inversé que si l’anxiété cognitive est faible. Lorsque l’anxiété cognitive est élevée, toute augmentation de l’activation physiologique au-delà d’un seuil critique entraîne un effondrement dramatique et discontinu (« catastrophique ») de la performance motrice.

Parallèlement, la théorie des Zones d’Optimale Fonctionnement Individuel (IZOF) développée par Yuri Hanin est venue rappeler que le niveau optimal d’anxiété varie radicalement d’un athlète à l’autre : certains compétiteurs requièrent des niveaux élevés d’anxiété cognitive et somatique pour atteindre leur niveau maximal de performance, tandis que d’autres nécessitent un calme absolu.

7. Validité

La validité psychométrique du CSAI-2 a été documentée à travers d’amples cohortes d’athlètes de niveaux compétitifs variés, allant des sportifs universitaires nord-américains (NCAA) aux olympiens internationaux.

Validité de construit

La validité de construit du CSAI-2 a été initialement démontrée par Martens, Burton, Vealey, Bump et Smith (1990) par le biais de comparaisons de groupes contrastés et de protocoles expérimentaux sous stress réel. Les résultats ont systématiquement démontré que les scores d’anxiété cognitive et somatique augmentent significativement lors de situations compétitives à fort enjeu (finales de championnat, sélections olympiques) par rapport aux séances d’entraînement ou aux confrontations sans qualification directe.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente du CSAI-2 a été établie en corrélant ses sous-échelles avec d’autres échelles d’anxiété reconnues :

  • La sous-échelle d’anxiété somatique corrèle fortement (r = 0,65 à 0,78) avec la composante autonome du State-Trait Anxiety Inventory (STAI-A-State) et les scores du Sport Competition Anxiety Test (SCAT).
  • La sous-échelle d’anxiété cognitive présente des corrélations modérées à élevées (r = 0,55 à 0,70) avec l’échelle d’inquiétude de la Sport Anxiety Scale (SAS ; Smith et al., 1990).
  • La validité discriminante entre les trois facteurs a été confirmée par des corrélations inter-facteurs généralement modérées : la corrélation entre anxiété cognitive et somatique se situe typiquement entre r = 0,45 et r = 0,60, indiquant un chevauchement partagé tout en attestant qu’elles ne mesurent pas le même construit sous-jacent.
  • La confiance en soi corrèle négativement de façon modérée avec l’anxiété cognitive (r = -0,40 à -0,60) et plus faiblement avec l’anxiété somatique (r = -0,25 à -0,45).

Validité transculturelle et adaptations

Le CSAI-2 a fait l’objet d’adaptations linguistiques et transculturelles rigoureuses à travers le monde. Dans l’espace francophone, des équipes de recherche (notamment Debois et al., 1997 ; Fleurance, 1998) ont procédé à la validation d’une version française, confirmant des structures psychométriques et des saturations factorielles concordantes avec le modèle original nord-américain.

8. Fidélité

La fidélité du CSAI-2 a été évaluée sous l’angle de la cohérence interne (homogénéité des items au sein de chaque sous-échelle) et de la stabilité temporelle mesurée dans des conditions méthodologiques appropriées pour un outil d’état.

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Les études de validation princeps menées par Martens et al. (1990) auprès d’échantillons totalisant plus de 1 000 athlètes ont mis en évidence des niveaux élevés de consistance interne pour les trois dimensions :

  • Anxiété cognitive état : coefficients α de Cronbach variant entre 0,79 et 0,83.
  • Anxiété somatique état : coefficients α de Cronbach oscillant entre 0,82 et 0,88.
  • Confiance en soi état : coefficients α de Cronbach remarquablement élevés, compris entre 0,87 et 0,90.

Des réplications indépendantes ultérieures (par exemple, Jones & Swain, 1992 ; Gould et al., 1993) ont corroboré ces valeurs, soulignant que chaque bloc de 9 items capture de façon stable et homogène la variance propre à son domaine émotionnel respectif.

Fidélité test-retest et sensibilité temporelle

L’évaluation de la fidélité test-retest pour un instrument d’anxiété état pose une question conceptuelle majeure : par définition, l’anxiété état doit être sensible aux variations environnementales contextuelles. Si un test-retest administré à plusieurs semaines d’intervalle présentait une stabilité absolue proche de 1,00, cela invaliderait le statut d’« état » de l’instrument.

Néanmoins, les études examinant la fidélité test-retest à très court terme (par exemple, à 24 heures d’intervalle dans des conditions de référence neutres hors compétition) ont démontré des coefficients de corrélation intraclasse satisfaisants (r = 0,70 à 0,82). À l’inverse, lors de protocoles longitudinaux précompétitifs (1 semaine, 24 heures, 2 heures, 15 minutes avant le match), le CSAI-2 montre une sensibilité temporelle remarquable : la variance intra-individuelle augmente au fur et à mesure que la compétition approche, l’anxiété somatique connaissant une élévation exponentielle sans dégradation de la cohérence interne des items.

9. Analyse factorielle

La confirmation de la structure interne du CSAI-2 a occupé une place prépondérante dans les débats psychométriques en psychologie du sport au cours des trois dernières décennies.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE) initiales

Lors de la phase de création de l’instrument, Martens et al. (1990) sont partis d’un pool initial comprenant près de 80 items préliminaires dérivés du CSAI original et de la littérature clinique. Des analyses factorielles exploratoires avec rotation oblique (Promax et Oblimin) ont conduit à l’élimination progressive des items présentant des saturations croisées élevées (cross-loadings > 0,35) ou des saturations primaires insuffisantes (< 0,40). Cette épuration a abouti à la solution finale à 3 facteurs et 27 items, chacun des facteurs regroupant 9 indicateurs nets.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et critiques psychométriques

Avec l’essor de la modélisation en équations structurelles au début des années 2000, plusieurs chercheurs ont soumis la structure factorielle du CSAI-2 à des analyses factorielles confirmatoires rigoureuses. L’étude de référence menée par Richard H. Cox, Matthew P. Martens et William D. Russell (2003) sur un échantillon diversifié de 3 361 athlètes a révélé que si le modèle tri-factoriel demeure théoriquement pertinent, les indices d’ajustement globaux du CSAI-2 à 27 items ne satisfaisaient pas toujours les seuils stricts modernes :

  • Indice de comparaison de Bentler (CFI) fréquemment situé autour de 0,86 à 0,89 (en deçà du seuil recommandé de 0,90 ou 0,95).
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) souvent supérieure à 0,07.
  • Problématique de l’item 14 (« My body feels relaxed ») : étant le seul item inversé de la sous-échelle d’anxiété somatique, il générait un biais de méthode substantiel et présentait une faible saturation factorielle.

Genèse de la version révisée (CSAI-2R)

En réponse à ces limites psychométriques, Cox et ses collègues (2003) ont développé une version affinée, le CSAI-2R (Revised Competitive State Anxiety Inventory-2). En supprimant 10 items problématiques (items redondants, mal calibrés ou générant des erreurs de covariance résiduelle élevées), le CSAI-2R a ramené le questionnaire à 17 items :

  • Anxiété somatique : 7 items (items 1, 4, 6, 9, 12, 15, 17 du format révisé).
  • Anxiété cognitive : 5 items (items 2, 5, 8, 11, 14 du format révisé).
  • Confiance en soi : 5 items (items 3, 7, 10, 13, 16 du format révisé).

L’AFC du modèle révisé à 17 items a démontré d’excellents indices d’adéquation aux données (CFI > 0,95 ; NNFI > 0,94 ; RMSEA < 0,05), confortant définitivement la validité de la structure à 3 facteurs indépendants de Martens.

10. Instrument de mesure

  • Type de mesure : Auto-questionnaire psychométrique standardisé de type papier-crayon ou numérique (auto-évaluation en auto-rapport).
  • Population cible : Athlètes adolescents et adultes (à partir de 12-14 ans jusqu’aux catégories seniors/masters), quel que soit le niveau de pratique (départemental, national, international).
  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes (rapidité essentielle pour une administration à proximité immédiate du début d’une compétition).
  • Moment d’administration : Idéalement entre 1 heure et 15 minutes avant le coup d’envoi ou le début officiel de la performance sportive.
  • Nombre d’items : 27 items au total, répartis de manière équilibrée en 3 sous-échelles de 9 items.
  • Format de réponse : Échelle de Likert à 4 points :
    • 1 = Pas du tout (Not At All)
    • 2 = Un peu (Somewhat)
    • 3 = Modérément (Moderately So)
    • 4 = Tout à fait (Very Much So)
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Anxiété cognitive état : Somme des items 1, 4, 7, 10, 13, 16, 19, 22 et 25. Score total compris entre 9 et 36.
    • Anxiété somatique état : Somme des items 2, 5, 8, 11, 14 (inversé : 1=4, 2=3, 3=2, 4=1), 17, 20, 23 et 26. Score total compris entre 9 et 36.
    • Confiance en soi : Somme des items 3, 6, 9, 12, 15, 18, 21, 24 et 27. Score total compris entre 9 et 36.
  • Interprétation clinique : Il n’y a pas de score global unique. Les trois scores de sous-échelles doivent être interprétés de façon autonome. Un score élevé sur une dimension indique une forte intensité du construit (par exemple, un score d’anxiété cognitive de 32 indique une détresse cognitive précompétitive aiguë nécessitant une intervention de régulation attentionnelle).

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 1990 (publication complète dans l’ouvrage Competitive Anxiety in Sport chez Human Kinetics). Les premières versions préliminaires remontent à Martens et al. (1980).
  • Éditeur / Détenteur des droits : Human Kinetics Publishers (Champaign, IL, États-Unis).
  • Statut des droits et conditions d’accès :
    • Utilisation académique et recherche non commerciale : L’inventaire est largement accessible dans le domaine de la recherche universitaire et de la formation clinique. L’instrument original peut être reproduit et utilisé librement à des fins de recherche scientifique non marchande, sous réserve de citer exhaustivement la publication originale (Martens, Vealey, & Burton, 1990).
    • Utilisation commerciale ou intégration dans des logiciels propriétaires : Toute incorporation dans des applications commerciales, des plateformes payantes d’évaluation sportive ou des programmes à visée lucrative requiert une autorisation préalable formelle auprès de Human Kinetics Publishers.
  • Tarification : Gratuit pour les chercheurs et les étudiants dans le cadre de leurs travaux de thèse, mémoire ou études universitaires validées.

12. Références

Les publications ci-dessous constituent le corpus fondamental documentant la conception, la validation et les révisions psychométriques du CSAI-2 :

  • Cox, R. H., Martens, M. P., & Russell, W. D. (2003). Measuring anxiety in athletics: The Revised Competitive State Anxiety Inventory–2. Journal of Sport and Exercise Psychology, 25(4), 519–533. https://doi.org/10.1123/jsep.25.4.519
  • Fazey, J., & Hardy, L. (1988). The inverted-U hypothesis: A catastrophe for sport psychology? British Association of Sports Sciences Monograph, No. 1. Leeds: The National Coaching Foundation.
  • Gould, D., Petlichkoff, L., & Weinberg, R. S. (1984). Antecedents of, temporal changes in, and relationships between CSAI-2 subcomponents. Journal of Sport Psychology, 6(3), 289–304. https://doi.org/10.1123/jsp.6.3.289
  • Hardy, L. (1996). A test of catastrophe models of anxiety and sports performance against multidimensional anxiety theory models. The Sport Psychologist, 10(1), 68–86. https://doi.org/10.1123/tsp.10.1.68
  • Jones, G., & Swain, A. (1992). Intensity and direction dimensions of competitive state anxiety and relationships with competitiveness. Perceptual and Motor Skills, 74(2), 467–472. https://doi.org/10.2466/pms.1992.74.2.467
  • Martens, R. (1977). Sport Competition Anxiety Test. Champaign, IL: Human Kinetics.
  • Martens, R., Burton, D., Rivkin, F., & Simon, J. (1980). Reliability and validity of the Competitive State Anxiety Inventory (CSAI). In C. H. Nadeau, W. R. Halliwell, K. M. Newell, & G. C. Roberts (Eds.), Psychology of Motor Behavior and Sport—1979 (pp. 91–99). Champaign, IL: Human Kinetics.
  • Martens, R., Vealey, R. S., & Burton, D. (1990). Competitive anxiety in sport. Champaign, IL: Human Kinetics.
  • Spielberger, C. D., Gorsuch, R. L., & Lushene, R. E. (1970). Manual for the State-Trait Anxiety Inventory. Palo Alto, CA: Consulting Psychologists Press.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I am concerned about this competition
2

I feel nervous.
3

I feel at ease.
4

I have self-doubts.
5

I feel jittery.
6

I feel comfortable.
7

I am concerned that I may not do as well in this competition as I could do.
8

My body feels tense.
9

I feel self-confident.
10

I am concerned about losing.
11

I feel tense in my stomach.
12

I feel secure.
13

I am concerned about choking under pressure.
14

My body feels relaxed.*
15

I’m confident I can meet the challenged
16

I’m concerned about performing poorly.
17

My heart is racing.
18

I’m confident about performing well.
19

I’m concerned about reaching my goal.
20

I feel my stomach sinking.
21

I feel mentally relaxed.
22

I’m concerned that others will be disappointed with my performance.
23

My hands are clammy.
24

I’m confident because I mentally picture myself reaching my goal.
25

I’m concerned I won’t be able to concentrate.
26

My body feels tight.
27

I’m confident coming through under pressure.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Inventaire de l’anxiété compétitive en sport-2 (CSAI-2). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-anxiete-competitive-sport-csai-2-2/
Looti, Mohammed. “Inventaire de l’anxiété compétitive en sport-2 (CSAI-2).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-anxiete-competitive-sport-csai-2-2/.
Looti, Mohammed. “Inventaire de l’anxiété compétitive en sport-2 (CSAI-2).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/inventaire-anxiete-competitive-sport-csai-2-2/.