1. Résumé / Abstract
L’échelle d’intrusivité publicitaire (communément désignée sous l’acronyme ADINT, pour Ad Intrusiveness), développée par Hairong Li, Steven M. Edwards et Joo-Hyun Lee en 2002, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents dans l’étude de l’expérience utilisateur et de la persuasion publicitaire médiatisée. Conçue initialement pour quantifier la perception de perturbation cognitive ressentie par les internautes face aux formats publicitaires émergents sur le Web, cette échelle évalue le degré auquel un individu perçoit une publicité comme interrompant, altérant ou parasitant le traitement d’un contenu médiatique non publicitaire. L’instrument est composé de sept items unifactoriels présentés sous la forme d’adjectifs évalués sur une échelle de type Likert à 7 points (ou d’échelles de différentiel sémantique selon les protocoles de recherche), allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »).
D’un point de vue psychométrique, l’ADINT affiche une consistance interne exceptionnelle, attestée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant systématiquement entre 0,85 et 0,95 selon les études empiriques originales et leurs réplications transnationales. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires confirment une structure strictement unidimensionnelle robuste à travers divers environnements médiatiques, qu’il s’agisse de la télévision, de la presse écrite, du Web classique, des réseaux sociaux contemporains ou des applications mobiles. L’échelle démontre une validité convergente et une validité discriminante rigoureuses, se corrélant positivement avec l’irritation perçue, la réactance psychologique et l’évitement publicitaire (qu’il soit mécanique, cognitif ou comportemental), tout en se distinguant nettement des construits d’attitude envers la marque ou de crédibilité de la source. Cet instrument s’impose ainsi comme le standard de référence pour les chercheurs en psychologie des médias, en marketing numérique et en ergonomie cognitive des interfaces.
2. Mots-clés / Keywords
Intrusivité publicitaire, ADINT, réactance psychologique, évitement publicitaire, ergonomie cognitive, perception publicitaire, interruption cognitive, expérience utilisateur, psychométrie, formats publicitaires en ligne, irritation perçue, traitement de l’information.
3. Auteurs / Authors
L’échelle ADINT a été développée et formalisée par une équipe de chercheurs en communication et en marketing interactif :
- Hairong Li, Ph.D. : Professeur au sein du Department of Advertising and Public Relations de la Michigan State University (East Lansing, États-Unis). Spécialiste reconnu des médias interactifs, du comportement du consommateur en ligne et des formats publicitaires numériques. (Courriel institutionnel : [email protected]).
- Steven M. Edwards, Ph.D. : Professeur et directeur émérite du Temerlin Advertising Institute à la Southern Methodist University (Dallas, Texas, États-Unis). Ses recherches portent sur la psychologie publicitaire, le traitement cognitif de l’information et la persuasion technologique. (Courriel institutionnel : [email protected]).
- Joo-Hyun Lee, Ph.D. : Chercheuse et docteure en communication, affiliée lors des travaux initiaux au Department of Advertising de la Michigan State University. Ses travaux portent sur les attitudes des consommateurs et les réactions psychologiques face aux technologies de rupture commerciale.
4. Objectif / Purpose
L’échelle d’intrusivité publicitaire a été développée pour répondre à une lacune conceptuelle et empirique majeure dans la littérature en communication persuasive et en marketing : l’absence d’un instrument psychométrique standardisé permettant de quantifier le sentiment d’invasion et de rupture cognitive éprouvé par les individus lors de leur exposition aux messages commerciaux. Avec l’avènement du Web dans les années 1990 et 2000, les annonceurs ont multiplié les formats publicitaires disruptifs, tels que les fenêtres pop-up, les bannières flottantes interstitielles et les vidéos en lecture automatique. Contrairement aux médias traditionnels où l’exposition publicitaire était relativement prévisible et délimitée temporellement (par exemple, les coupures publicitaires télévisées prévues entre deux segments d’un programme), la publicité en ligne est venue s’immiscer de manière asynchrone et soudaine au sein même des activités de recherche d’information et de divertissement de l’utilisateur.
Applications fondamentales et contextes de recherche
L’objectif premier de l’ADINT est de mesurer l’interruption perçue du traitement des contenus non publicitaires. Les chercheurs ont formulé l’hypothèse centrale selon laquelle l’intrusivité perçue constitue l’antécédent cognitif immédiat de l’irritation émotionnelle, qui engendre à son tour des comportements d’évitement publicitaire (ad avoidance) et une détérioration de l’attitude envers la marque annoncée. Dans les contextes de recherche académique, l’échelle permet de :
- Modéliser les réactions cognitives et affectives face aux formats émergents (formats natifs, vidéos pre-roll non désactivables sur YouTube, fenêtres interstitielles sur applications mobiles).
- Tester empiriquement la théorie de la réactance psychologique en observant comment la perte de contrôle perçue sur la navigation génère une résistance active à la persuasion.
- Déterminer les seuils d’acceptabilité cognitive des messages commerciaux selon la congruence thématique entre la publicité et le contenu éditorial hôte.
Pertinence pour la pratique professionnelle et le design d’interface
Au-delà de la recherche académique fondamentale, l’échelle ADINT trouve des applications cruciales dans le domaine de l’expérience utilisateur (UX) et de l’ergonomie numérique. Les concepteurs d’interfaces, les éditeurs de plateformes de médias numériques et les régies publicitaires exploitent l’ADINT pour évaluer la tolérabilité de leurs formats promotionnels. Un score élevé d’intrusivité signale un risque élevé de désaffection des utilisateurs, d’adoption massive d’extensions de blocage publicitaire (ad-blockers) et de dégradation de la valeur de la marque hôte. L’échelle offre ainsi un indicateur diagnostique quantifiable pour calibrer l’exposition publicitaire, l’insertion spatio-temporelle des messages et l’équilibre entre monétisation et confort d’utilisation.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit d’intrusivité publicitaire perçue est défini sur le plan psychologique comme une évaluation cognitive subjective selon laquelle une publicité perturbe, interrompt ou bloque l’accomplissement des objectifs mentaux ou des processus attentionnels en cours d’un individu. Li, Edwards et Lee (2002) soulignent avec insistance que l’intrusivité n’est pas une caractéristique objective inhérente à la publicité elle-même (comme sa taille en pixels, son volume sonore ou sa durée en secondes), mais bien une réaction psychologique interne médiée par la perception du récepteur.
Nature cognitive et séparation conceptuelle
L’un des apports majeurs des concepteurs de l’échelle réside dans la dissociation nette entre trois construits fréquemment confondus dans les recherches antérieures :
- L’intrusivité perçue (ADINT) : Une évaluation purement cognitive de rupture ou d’interférence avec les buts cognitifs du sujet. L’individu constate que son flux mental a été forcé, détourné ou entravé.
- L’irritation : Un état affectif ou émotionnel négatif (colère, agacement, frustration) consécutif à l’intrusivité. L’intrusivité est la cause cognitive ; l’irritation est la conséquence affective.
- L’évitement publicitaire : Une réponse comportementale (fermer une fenêtre, détourner le regard, installer un bloqueur de publicité) ou cognitive (ignorer délibérément le message) visant à neutraliser la perturbation.
Dimensions opératoires du construit
Bien que l’analyse factorielle révèle que l’ADINT fonctionne comme un construit unidimensionnel unifié, les 7 items capturent différentes facettes sémantiques et phénoménologiques de l’interférence :
- La distraction attentionnelle : L’interruption involontaire de la focalisation mentale sur le contenu média d’origine, illustrée par la propension de la publicité à capter de force les ressources d’attention sélective (items relatifs à la distraction).
- L’entrave aux objectifs (Goal Interruption) : Le sentiment que la progression de l’individu vers son but informationnel ou récréatif a été freinée ou physiquement bloquée (items d’interférence et d’obstruction).
- L’invasion spatio-temporelle : La perception d’une violation de l’espace personnel de navigation ou de consommation média de l’utilisateur, où l’annonceur impose sa présence sans le consentement de l’individu (items qualifiant le stimulus d’invasif ou de forcé).
Ces manifestations subjectives convergent vers un facteur latent unique : l’ampleur perçue de la violation de l’autonomie cognitive de l’utilisateur par l’entité publicitaire.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de l’échelle d’intrusivité publicitaire s’ancre à la croisée de plusieurs paradigmes majeurs de la psychologie cognitive et de la psychologie sociale de la motivation.
1. La théorie de la réactance psychologique de Brehm
Le pilier théorique central de l’intrusivité publicitaire repose sur la théorie de la réactance psychologique formalisée par Jack Brehm (1966). Selon cette approche, tout être humain valorise sa liberté de choix et son sentiment d’autodétermination. Lorsqu’une sollicitation externe menace ou restreint cette autonomie, l’individu fait l’expérience d’un état motivationnel négatif appelé réactance, qui le pousse à résister au message et à chercher à rétablir sa liberté compromise. Dans le contexte de l’exposition publicitaire, l’apparition d’un message non sollicité qui bloque la lecture ou le visionnage d’un contenu est interprétée comme une tentative d’asservissement cognitif. L’intrusivité perçue est le thermomètre cognitif de cette privation de contrôle perçue, déclenchant des réponses de rejet de la source persuasive.
2. Le modèle de traitement limité de l’information (LC4MP)
Le Limited Capacity Model of Motivated Mediated Message Processing développé par Annie Lang (2000) postule que le système cognitif humain dispose de ressources attentionnelles limitées pour encoder, stocker et récupérer les stimuli informationnels. Lorsqu’un individu est engagé dans une tâche orientée vers un but (comme la lecture d’un article ou le suivi d’une narration audiovisuelle), la survenue inopinée d’un stimulus publicitaire puissant déclenche un réflexe d’orientation automatique. Ce réflexe réalloue de force une part substantielle des ressources de la mémoire de travail au détriment de la tâche principale, induisant une surcharge cognitive. L’évaluation de l’intrusivité quantifie cette rupture brutale dans l’allocation attentionnelle.
3. La théorie de l’interruption de but de Mandler
La théorie de l’interruption des schémas mentaux développée par George Mandler (1982) stipule que l’interruption inattendue d’un plan d’action organisé provoque automatiquement une activation du système nerveux autonome (éveil physiologique) et exige une réévaluation cognitive immédiate. Si l’interruption ne peut être assimilée rapidement ou si elle est jugée dépourvue de pertinence par rapport au but initial, l’affect résultant est profondément négatif. Li, Edwards et Lee (2002) ont transposé cette dynamique à l’environnement interactif : les internautes sont par essence des agents actifs (« goal-directed »). Par conséquent, toute publicité bloquante est traitée comme un obstacle bloquant la trajectoire de l’action, générant des scores maximaux d’intrusivité.
7. Validité / Validity
La validation psychométrique initiale menée par Li, Edwards et Lee (2002) a fait l’objet d’un protocole expérimental rigoureux structuré en plusieurs phases, garantissant les différentes formes de validité requises par les standards de l’American Psychological Association (APA).
Validité de contenu et de construit
Pour assurer la validité de contenu, les auteurs ont généré un pool initial de plus de 20 adjectifs et propositions reflétant l’interférence cognitive, tirés de revues systématiques de la littérature et d’entretiens qualitatifs. Un panel d’experts en communication persuasive et en psychométrie a examiné ces items pour éliminer les redondances et écarter les formulations chargeant indûment sur des émotions (comme « irritant » ou « fâché »), afin de préserver la nature strictement cognitive du construit d’intrusivité. Sept items clés ont finalement été retenus pour leur clarté sémantique et leur représentativité conceptuelle.
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et élevées avec des construits théoriquement apparentés :
- Corrélation positive avec l’irritation perçue : Des coefficients de corrélation de Pearson compris entre r = 0,68 et r = 0,81 (p < 0,001) ont été établis, confirmant que plus une publicité est jugée intrusive sur le plan cognitif, plus elle suscite un sentiment affectif d’agacement.
- Corrélation positive avec l’évitement publicitaire : Les scores d’intrusivité prédisent directement l’intention déclarée et les comportements effectifs de fermeture de fenêtres et d’évitement visuel (r > 0,55, p < 0,001).
- Variance moyenne extraite (AVE) : Lors des modélisations par équations structurelles, la variance moyenne extraite (Average Variance Extracted) pour le facteur d’intrusivité dépasse systématiquement le seuil recommandé de 0,50, atteignant des valeurs comprises entre 0,65 et 0,78 selon les échantillons.
Validité discriminante
La validité discriminante a été scrupuleusement testée par rapport à l’attitude générale envers la publicité, l’attitude envers la marque (A_brand) et l’attitude envers le site hôte (A_site). Selon le critère de Fornell et Larcker, la racine carrée de l’AVE pour l’ADINT est largement supérieure aux corrélations inter-construits partagées avec ces autres dimensions. De plus, des analyses factorielles confirmatoires multifactorielles ont démontré qu’un modèle dissociant l’intrusivité de l’irritation présentait un ajustement très supérieur (Δχ² significatif à p < 0,001) à un modèle à facteur unique confondant pensée et émotion négatives.
Validité prédictive et écologique
L’échelle a démontré une remarquable sensibilité expérimentale. Dans les travaux originaux de 2002, les formats publicitaires réputés invasifs (tels que les pop-ups qui se superposent au texte et contraignent le pointeur de la souris) ont généré des scores ADINT significativement plus élevés (moyennes supérieures à 5,5 sur 7) que les formats passifs non intrusifs tels que les bannières classiques positionnées en marge de la page (moyennes inférieures à 3,2 sur 7, t > 12,4, p < 0,001). Cette sensibilité différentielle confirme la validité écologique de l’instrument.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle d’intrusivité publicitaire (ADINT) a été largement étayée au cours des deux dernières décennies par une abondance de données empiriques issues d’études indépendantes conduites à travers le monde.
Consistance interne
Dans l’étude princeps de Li, Edwards et Lee (2002), le coefficient alpha de Cronbach calculé pour l’ensemble des 7 items s’est élevé à des niveaux d’homogénéité exceptionnellement élevés :
- Étude 1 (Échantillon de laboratoire, N = 236) : α = 0,93.
- Étude 2 (Échantillon de réplication en ligne, N = 312) : α = 0,94.
Les réplications contemporaines portant sur de nouveaux formats publicitaires numériques confirment cette stabilité métrique :
- Dans une étude menée par Edwards, Li et Lee (2002) sur l’interruption forcée, le coefficient atteignait α = 0,95.
- Les travaux de Cho et Cheon (2004) examinant l’évitement publicitaire sur Internet ont rapporté un coefficient α de 0,91 pour les items d’intrusivité.
- Dans des recherches appliquées aux publicités vidéo mobiles (pre-roll et mid-roll), Morimoto et Chang (2006) ainsi que Goodrich et al. (2015) ont mesuré des coefficients alpha compris entre 0,89 et 0,94.
- Le coefficient de fidélité composite de McDonald (Omega ω), évalué dans les études récentes utilisant des modélisations confirmatoires, dépasse régulièrement 0,92, attestant qu’aucun item ne produit de distorsion de mesure unilatérale.
Corrélations item-total et stabilité temporelle
Toutes les corrélations item-total corrigées se situent systématiquement au-dessus de 0,70, le retrait d’aucun des 7 items ne permettant d’augmenter le coefficient alpha global. La fidélité test-retest, bien que rarement applicable stricto sensu dans des contextes publicitaires où l’effet d’exposition répété peut atténuer ou accentuer l’agacement, a été vérifiée dans des designs expérimentaux avec réexposition à intervalle de 48 heures, montrant un coefficient de stabilité temporelle intra-individuel supérieur à r = 0,78 (p < 0,001).
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’ADINT a été explorée et validée par le biais d’analyses factorielles rigoureuses, confirmant l’existence d’une dimension sous-jacente unifiée.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors des phases initiales de développement, les 7 items ont été soumis à une analyse en composantes principales (ACP) ainsi qu’à une analyse factorielle en axes principaux avec rotation oblique (Promax) et orthogonale (Varimax). Les résultats ont révélé :
- L’émergence constante d’un facteur unique présentant une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au critère de Kaiser (> 1,0), s’élevant typiquement entre 4,80 et 5,40.
- Le second facteur potentiel affichait systématiquement une valeur propre inférieure à 0,45, confirmant l’absence de pluridimensionnalité.
- La variance totale expliquée par ce facteur unifactoriel unique est particulièrement massive, oscillant entre 68,5 % et 77,2 % de la variance totale des scores observés.
Saturations factorielles des items
Les saturations factorielles (factor loadings) de l’ensemble des 7 items sont remarquablement élevées et homogènes, ne montrant aucun phénomène de sous-représentation :
- Item 1 (Distracting / Distrayant) : saturation comprise entre 0,78 et 0,85.
- Item 2 (Disturbing / Dérangeant) : saturation comprise entre 0,81 et 0,88.
- Item 3 (Forced / Forcé/Imposé) : saturation comprise entre 0,75 et 0,83.
- Item 4 (Interfering / Interférant) : saturation comprise entre 0,82 et 0,89.
- Item 5 (Intrusive / Intrusif) : saturation la plus élevée, comprise entre 0,86 et 0,92.
- Item 6 (Invasive / Invasif) : saturation comprise entre 0,84 et 0,91.
- Item 7 (Obtrusive / Obstruant/Gênant) : saturation comprise entre 0,80 et 0,87.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
L’analyse factorielle confirmatoire menée sur des échantillons indépendants a corroboré l’adéquation exceptionnelle du modèle à un facteur unique aux données empiriques. Les indices d’ajustement structurel rapportés dans la littérature respectent scrupuleusement les seuils méthodologiques exigeants (Hu & Bentler, 1999) :
- Chi-deux normalisé (χ²/ddl) : inférieur à 2,50.
- CFI (Comparative Fit Index) : > 0,97 (souvent ≥ 0,99).
- TLI (Tucker-Lewis Index) : > 0,96.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : ≤ 0,055 (avec intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,028 et 0,072).
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : ≤ 0,031.
Ces métriques confirment que les 7 items mesurent fidèlement et sans redondance parasite la même réalité psychologique latente.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument ADINT se caractérise par une administration simple, brève et flexible, se prêtant idéalement aux questionnaires post-test immédiats après une exposition contrôlée à un contenu médiatique.
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report inventory).
- Format d’administration : Papier-crayon ou électronique (ordinateur, tablette, smartphone, tests de laboratoire avec eye-tracking).
- Nombre total d’items : 7 items unidimensionnels.
- Format de réponse : Échelle de Likert à 7 points, échelonnée de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree), ou échelle de différentiel sémantique bipolaire (ex. « 1 = Pas du tout intrusif » à « 7 = Extrêmement intrusif »).
- Temps de passation requis : Environ 1 à 2 minutes, réduisant au minimum la fatigue cognitive des participants.
- Modalités de cotation (Scoring) :
- Aucun item n’est inversé ; l’ensemble des adjectifs est orienté positivement vers une forte perception d’intrusivité.
- Le score global d’intrusivité est obtenu en calculant la moyenne arithmétique des 7 items (score compris entre 1,00 et 7,00) ou la somme brute (score total compris entre 7 et 49).
- Interprétation des scores moyens :
- 1,00 à 2,50 : Intrusivité négligeable à faible (tolérance optimale, format fluide, perception non disruptive).
- 2,51 à 4,50 : Intrusivité modérée (perturbation perceptible mais n’entraînant pas nécessairement de rejet immédiat).
- 4,51 à 7,00 : Intrusivité élevée à critique (forte obstruction perçue, déclenchement probable de réactance psychologique et de tactiques d’évitement actif).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2002.
- Article de référence princeps : Publié dans le volume 31, numéro 2 du Journal of Advertising (pages 37 à 47).
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’article original et le nom de l’échelle sont protégés par le droit d’auteur de l’American Academy of Advertising (publié par Taylor & Francis). Toutefois, conformément aux usages académiques standards, les 7 items de l’échelle sont librement reproductibles et utilisables à des fins de recherche scientifique non commerciale, d’enseignement et d’études universitaires, sous réserve d’une citation bibliographique formelle et appropriée de l’article princeps de Li, Edwards et Lee (2002).
- Utilisation commerciale : Toute intégration de l’échelle au sein d’une plateforme logicielle commerciale propriétaire, d’outils d’audit payants ou de panels de tests industriels à visée lucrative peut requérir une autorisation écrite formelle ou une licence auprès de l’éditeur scientifique (Taylor & Francis).
- Tarification : Accès libre et gratuit pour la communauté universitaire et de recherche scientifique mondiale.
12. Références / References
- Brehm, J. W. (1966). A theory of psychological reactance. Academic Press.
- Cho, C. H., & Cheon, H. J. (2004). Why do people avoid advertising on the internet? Journal of Advertising, 33(4), 89–97. https://doi.org/10.1080/00913367.2004.10639175
- Edwards, S. M., Li, H., & Lee, J. H. (2002). Forced, interrupted, or welcome? A conceptualization and empirical testing of forced exposure of online ads. Journal of Advertising, 31(3), 83–95. https://doi.org/10.1080/00913367.2002.10673678
- Goodrich, K., Schiller, S. Z., & Galletta, D. (2015). Consumer reactions to intrusiveness of online video ads. Journal of Advertising Research, 55(1), 37–50. https://doi.org/10.2501/JAR-55-1-037-050
- Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- Lang, A. (2000). The limited capacity model of mediated message processing. Journal of Communication, 50(1), 46–70. https://doi.org/10.1111/j.1460-2466.2000.tb02833.x
- Li, H., Edwards, S. M., & Lee, J. H. (2002). Measuring the intrusiveness of advertisements: Scale development and validation. Journal of Advertising, 31(2), 37–47. https://doi.org/10.1080/00913367.2002.10673665
- Mandler, G. (1982). The structure of value: Accounting for taste. In M. S. Clark & S. T. Fiske (Eds.), Affect and cognition: The seventeenth annual Carnegie symposium on cognition (pp. 3–36). Lawrence Erlbaum Associates.
- Morimoto, M., & Chang, S. (2006). Consumers’ attitudes toward unsolicited commercial e-mail and postal direct mail marketing methods: Intrusiveness, perceived loss of control, and irritation. Journal of Interactive Advertising, 7(1), 1–11. https://doi.org/10.1080/15252019.2006.10722121
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les questions et termes présentés ci-dessous correspondent aux énoncés administrés aux participants pour évaluer leur réaction immédiate après exposition à un stimulus publicitaire. Les répondants doivent indiquer leur niveau d’accord sur une échelle de Likert à 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »).
Instructions to participants:
« Please indicate the degree to which you agree or disagree with the following statements regarding the advertisement you have just encountered. When viewing the advertisement, I felt it was… »
- Distracting (Distrayante / Déconcentrante)
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neither Agree nor Disagree | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]
- Disturbing (Dérangeante / Perturbante)
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neither Agree nor Disagree | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]
- Forced (Imposée / Forcée)
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neither Agree nor Disagree | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]
- Interfering (Gênante / Interférante)
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neither Agree nor Disagree | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]
- Intrusive (Intrusive)
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neither Agree nor Disagree | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]
- Invasive (Envahissante / Invasif)
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neither Agree nor Disagree | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]
- Obtrusive (Obstruante / Indésirable / Encombrante)
[1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neither Agree nor Disagree | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree]