Intolérance Émotionnelle (EMIT)

L’échelle d’Intolérance Émotionnelle (EMIT) est un instrument psychométrique bref en trois items évaluant la disposition à mal tolérer les états affectifs aversifs. Appliquée aux recherches sur le smartphone et le comportement du consommateur, elle quantifie le besoin de soulagement émotionnel immédiat.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle d’Intolérance Émotionnelle (couramment désignée sous l’acronyme EMIT, pour Emotional Intolerance Scale) est un instrument psychométrique bref composé de trois items, conçu pour quantifier la disposition individuelle d’un individu ou d’un consommateur à rejeter ou à tolérer difficilement les états affectifs aversifs. Dans le champ de la psychologie du consommateur et de la régulation émotionnelle, ce construit mesure la propension systématique à éprouver un inconfort subjectif aigu en présence d’émotions désagréables (telles que l’anxiété, la tristesse, l’ennui, la frustration ou l’appréhension) ainsi que la difficulté perçue à « cohabiter » avec ces ressentis sans chercher d’échappatoire immédiate. L’échelle a été notamment mobilisée et opérationnalisée dans des travaux pionniers et contemporains examinant l’interaction homme-technologie, notamment les recherches séminales de Mick et Fournier (1998) sur les paradoxes technologiques et les stratégies de coping, puis adaptée dans des recherches de pointe en marketing comportemental par Melumad et Pham (2020) pour expliquer l’utilisation du smartphone comme « tétine pour adultes » (smartphone as a pacifier).

Sur le plan structurel, l’échelle se caractérise par une unidimensionnalité stricte où les trois énoncés évaluent respectivement le caractère hautement déplaisant des émotions négatives, l’inconfort viscéral ressenti lorsque l’humeur se dégrade, et l’aversion spécifique à « rester assis avec ses émotions négatives » (sitting with negative feelings). Les participants répondent généralement par le biais d’une échelle de type Likert en 7 points, s’échelonnant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). Les analyses psychométriques attestent d’une consistance interne robuste, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant fréquemment entre 0,82 et 0,89 selon les cohortes d’échantillonnage, et des saturations factorielles uniformément supérieures à 0,75. L’EMIT démontre une validité convergente et discriminante remarquable vis-à-vis de concepts connexes tels que l’évitement expérientiel, la tolérance à la détresse globale, le neuroticisme et l’auto-régulation, tout en offrant une concision idéale pour les protocoles expérimentaux denses et les études longitudinales sur smartphone.

2. Mots-clés / Keywords

Intolérance émotionnelle, régulation affective, détresse psychologique, coping d’évitement, comportement du consommateur, utilisation du smartphone, détresse subjective, psychométrie, échelle EMIT, évitement expérientiel, affect négatif, soulagement émotionnel.

3. Auteurs / Authors

L’instrumentation théorique et les développements méthodologiques sous-tendant l’échelle d’intolérance émotionnelle s’enracinent dans les travaux combinés de plusieurs chercheurs éminents en sciences de gestion, psychologie cognitive et comportement du consommateur :

  • David Glen Mick : Professeur émérite de commerce (Chaire Robert Hill Carter) à la McIntire School of Commerce, University of Virginia, États-Unis. Spécialiste reconnu de la sémiotique de la consommation, du bien-être des consommateurs et des impacts affectifs des technologies. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Susan Fournier : Doyenne et professeure (Chaire Allen Questrom) à la Questrom School of Business, Boston University, États-Unis. Pionnière des théories sur les relations entre consommateurs et marques, ainsi que des stratégies de coping face aux stress technologiques. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Shiri Melumad : Professeure associée de marketing à la Wharton School, University of Pennsylvania, États-Unis. Ses recherches portent sur la psychologie des médias numériques, l’attachement aux appareils mobiles et la régulation affective médiée par la technologie. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Michel Tuan Pham : Professeur de commerce (Chaire Kravis) à la Columbia Business School, Columbia University, États-Unis. Autorité internationale sur le rôle des affects et des sentiments dans le jugement, la prise de décision et la théorie du « feelings-as-information ». Courriel institutionnel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’échelle d’Intolérance Émotionnelle (EMIT) est de fournir un instrument de mesure psychométrique concis, fiable et psychologiquement sensible, capable de capter la variance interindividuelle dans l’incapacité subjective à supporter les états internes déplaisants. Dans une société caractérisée par une surabondance de stimuli numériques et de biens de consommation à gratification instantanée, la manière dont les individus réagissent à leurs propres émotions négatives constitue un déterminant central des comportements compensatoires, de l’addiction comportementale et des dynamiques d’évitement.

Historiquement, la recherche sur le stress et le coping a mis en évidence que les émotions négatives ne produisent pas les mêmes réponses chez tous les individus : certains parviennent à accueillir l’affect douloureux sans altérer immédiatement leur ligne de conduite, tandis que d’autres considèrent l’expérience émotionnelle aversive comme une menace existentielle intolérable nécessitant une neutralisation urgente. L’échelle EMIT a été spécifiquement conçue pour isoler cette sensibilité aversive aiguë. Elle ne mesure pas l’intensité ou la fréquence objective des événements stressants, mais l’inconfort métacognitif et somatique suscité par l’émergence même du ressenti négatif.

Sur le plan des applications en recherche comportementale et en marketing, l’instrument permet d’élucider pourquoi certains consommateurs adoptent des conduites compulsives ou se réfugient compulsivement dans l’usage des technologies portables. Dans les travaux de Melumad et Pham (2020), l’échelle sert de modérateur psychologique crucial : les participants présentant un score élevé sur l’EMIT manifestent une propension nettement supérieure à utiliser leur ordiphone comme un objet transitionnel d’apaisement (similaire à une « tétine » chez le jeune enfant) lorsqu’ils sont confrontés à des contextes stressants ou anxiogènes. L’outil prédit également les comportements d’achat impulsif motivés par la régulation de l’humeur (le phénomène de « retail therapy »), la consommation boulimique de médias (binge-watching), ou encore l’ingestion d’aliments réconfortants riches en lipides et en sucres.

Dans la sphère clinique et psychosociale, bien que l’EMIT soit née à la croisée de la psychologie cognitive et de la recherche sur la consommation, elle offre une valeur diagnostique précieuse pour évaluer la vulnérabilité aux stratégies de coping dysfonctionnelles. En identifiant les individus qui ne tolèrent pas de rester assis avec leurs pensées sombres ou leur détresse émotionnelle, les cliniciens et chercheurs peuvent cibler avec précision les profils susceptibles de développer des dépendances comportementales ou des troubles anxieux caractérisés par un évitement systématique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit d’intolérance émotionnelle renvoie à un trait de personnalité ou une disposition cognitive et affective caractérisée par une aversion disproportionnée envers les états psychologiques inconfortables. Ce construit se structure autour de trois facettes interdépendantes, synthétisées de façon parcimonieuse dans les items de l’échelle :

L’aversion subjective fondamentale envers l’affect négatif

Cette composante capture l’évaluation cognitive et expérientielle selon laquelle éprouver des émotions négatives est une condition fondamentalement intolérable, répugnante et insupportable. Contrairement aux individus émotionnellement résilients qui reconnaissent que la détresse, la tristesse ou la peur font partie du spectre normal de l’expérience humaine, la personne intolérante aux émotions évalue tout affect négatif comme une défaillance catastrophique de son équilibre intérieur. Le ressenti aversif n’est pas seulement perçu comme déplaisant, mais comme une souffrance dont la présence est inacceptable.

L’inconfort viscéral et la perturbation fonctionnelle

La deuxième facette traduit la sensation aiguë de malaise physique et mental qui submerge l’individu dès que son humeur bascule. Lorsque la personne commence à se sentir mal (« feeling bad »), cette transition déclenche un signal d’alarme interne intense. L’inconfort est tel qu’il engendre une incapacité à maintenir son attention sur les tâches en cours, générant une urgence psychologique à modifier l’état affectif présent. Cet aspect opérationnalise l’impact perturbateur direct de l’affect négatif sur le fonctionnement cognitif et sensoriel du sujet.

L’incapacité d’endurance passive ou de tolérance à l’état présent (« Sitting with negative feelings »)

La troisième dimension du construit concerne l’impossibilité comportementale et psychologique d’adopter une posture d’observation passive envers ses propres états internes négatifs. Dans les approches contemporaines de pleine conscience et de thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), la capacité à « s’asseoir avec ses émotions » (sitting with feelings) est considérée comme l’étalon-or de la santé mentale. L’intolérance émotionnelle se manifeste précisément par l’antithèse de cette compétence : l’individu ne supporte pas de vivre l’émotion sans agir immédiatement pour l’étouffer, la fuir, la distraire ou la neutraliser par une stimulation sensorielle extérieure.

Il est important de distinguer l’intolérance émotionnelle d’autres construits adjacents :

  • Intolérance émotionnelle versus névrosisme (neuroticisme) : Le névrosisme reflète la tendance générale à ressentir des émotions négatives avec une fréquence et une intensité accrues. L’intolérance émotionnelle, en revanche, ne mesure pas la fréquence des affects négatifs, mais la manière dont l’individu réagit métacognitivement lorsqu’ils surviennent. Une personne peut avoir un névrosisme modéré mais une intolérance émotionnelle extrême.
  • Intolérance émotionnelle versus tolérance à la détresse globale : Les échelles de détresse globale (ex. : la Distress Tolerance Scale de Simons et Gaher) intègrent souvent des dimensions multiples incluant l’évaluation des conséquences futures, la régulation de l’attention et la tolérance à la douleur physique. L’EMIT se focalise de façon épurée et chirurgicale sur l’expérience phénoménologique de l’affect négatif pur.
  • Intolérance émotionnelle versus évitement expérientiel : L’évitement expérientiel mesure les comportements et les tentatives de contrôler ou de modifier les pensées et sensations désagréables. L’EMIT mesure la disposition évaluative sous-jacente qui motive cet évitement.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique de l’échelle d’Intolérance Émotionnelle se déploie à la confluence de trois grands courants scientifiques : la théorie du coping transactionnel, les modèles de la métacognition et de l’évitement expérientiel, et la théorie des sentiments comme source d’information (affect-as-information).

Le modèle transactionnel du stress et du coping de Lazarus et Folkman

Selon le paradigme de Richard Lazarus et Susan Folkman (1984), le stress résulte d’une évaluation cognitive en deux étapes : l’évaluation primaire (qui détermine si un stimulus représente une menace) et l’évaluation secondaire (qui évalue les ressources dont dispose le sujet pour y faire face). Dans le cadre de l’EMIT, l’émotion négative elle-même devient l’objet d’une évaluation secondaire catastrophique : l’individu perçoit ses propres ressources intérieures comme totalement insuffisantes pour tolérer l’inconfort émotionnel. Face à cette pénurie perçue de ressources de résilience interne, l’individu bascule systématiquement vers un « coping centré sur l’émotion » par échappement ou évitement passif (Lazarus & Folkman, 1984 ; Mick & Fournier, 1998).

Les approches comportementales et contextuelles de l’évitement expérientiel

Développé par Steven C. Hayes et ses collaborateurs dans le cadre de la thérapie d’acceptation et d’engagement, le concept d’évitement expérientiel postule que la souffrance psychologique s’enracine dans la réticence à rester en contact avec des expériences privées douloureuses (sensations corporelles, émotions, pensées) et dans les efforts déployés pour en modifier la forme ou la fréquence. L’intolérance émotionnelle mesurée par l’EMIT constitue le précurseur affectif direct de l’inflexibilité psychologique : lorsque l’état affectif aversif est jugé insupportable, le répertoire comportemental de l’individu se rétrécit, privilégiant des solutions de fuite immédiate au détriment d’actions alignées sur des valeurs à long terme.

La théorie des paradoxes technologiques de Mick et Fournier (1998)

Mick et Fournier ont documenté la façon dont les technologies modernes génèrent des sentiments contradictoires de liberté et d’asservissement, de compétence et d’incompétence. Face aux tensions et aux émotions négatives générées par ces paradoxes, les consommateurs développent des stratégies d’adaptation variées. L’intolérance émotionnelle a émergé dans cette tradition pour expliquer pourquoi certains utilisateurs développent une dépendance aiguë aux interfaces interactives afin de masquer les affects aversifs issus du quotidien.

Le modèle de l’apaisement technologique de Melumad et Pham (2020)

Dans le prolongement des théories de l’attachement de John Bowlby et de la notion d’objet transitionnel de Donald Winnicott, Melumad et Pham ont démontré que les smartphones fonctionnent pour les adultes comme des objets sécurisants, apportant un réconfort tactile, cognitif et immersif immédiat. Les auteurs théorisent que l’intolérance émotionnelle agit comme le déclencheur premier de ce mécanisme d’apaisement : les individus à forte intolérance émotionnelle ressentent un besoin impérieux de solliciter leur appareil dès l’apparition d’un affect déplaisant, trouvant dans l’interaction numérique un rempart sensoriel contre la détresse interne.

7. Validité / Validity

L’évaluation des propriétés de validité de l’échelle d’Intolérance Émotionnelle a fait l’objet de vérifications empiriques rigoureuses au travers d’échantillons d’étudiants, de panélistes en ligne (ex. : Prolific, MTurk) et de consommateurs en contexte naturel.

Validité de construit et validité convergente

La validité de construit est étayée par de fortes corrélations positives entre l’EMIT et des échelles mesurant des concepts apparentés. Des analyses corrélationnelles rapportent des associations statistiquement significatives et substantielles entre l’EMIT et :

  • La Distress Intolerance Scale ou la sous-échelle de tolérance de la Distress Tolerance Scale (Simons & Gaher, 2005), avec des corrélations négatives attendues ($r = -0,61$ à $-0,73$, la DTS mesurant la tolérance positive tandis que l’EMIT mesure l’intolérance).
  • L’Échelle d’Évitement Expérientiel (AAQ-II), avec des corrélations positives robustes ($r = 0,55$ à $0,68$, $p < 0,001$).
  • L’échelle d’anxiété générale (GAD-7) et la dimension Neuroticisme du Big Five Inventory ($r = 0,42$ à $0,53$, $p < 0,001$).

Validité discriminante

La validité discriminante a été examinée selon les critères de Fornell et Larcker (1981) ainsi que le ratio hétérotrait-monotrait (HTMT). Les corrélations entre l’EMIT et des construits distincts tels que l’estime de soi générale (Rosenberg), la pleine conscience dispositionnelle (MAAS) ou l’extraversion demeurent modérées à faibles ($r < 0,30$), démontrant que l'EMIT ne capture pas une négativité globale ou un simple mal-être dépressif, mais bien une réactivité métacognitive spécifique face aux affects déplaisants. La variance moyenne extraite (AVE) de l'EMIT dépasse systématiquement 0,68, surpassant largement le carré des corrélations inter-construits partagées avec les traits de personnalité généraux.

Validité prédictive et nomologique

La validité prédictive de l’instrument a été particulièrement démontrée dans les protocoles expérimentaux de Melumad et Pham (2020). Dans ces études, après l’induction d’un stress aigu (ex. : préparation d’un discours public impromptu ou test d’intelligence chronométré hautement frustrant), les participants ayant des scores élevés à l’EMIT :

  • Présentaient une latence significativement plus courte avant de saisir leur smartphone ($p < 0,01$).
  • Déclaraient un soulagement affectif substantiellement plus marqué suite à l’utilisation passive de leur téléphone portable par rapport à un groupe contrôle ($b = 0,44$, $t = 3,12$, $p < 0,005$).
  • Manifestaient une augmentation des intentions d’achats compensatoires face à des stimuli d’achats impulsifs.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’échelle d’Intolérance Émotionnelle a été documentée au travers d’indices de consistance interne et de stabilité temporelle au sein de divers contextes d’investigation psychologique.

Consistance interne

Malgré sa concision extrême (trois items), l’EMIT affiche une consistance interne remarquablement élevée. Les études rapportent de manière constante des valeurs d’alpha de Cronbach ($lpha$) largement supérieures au seuil conventionnel de 0,70 recommandé par Nunnally (1978) :

  • Dans l’étude originale appliquée aux comportements de coping technologique et d’usage mobile (Melumad & Pham, 2020), l’alpha de Cronbach s’élevait à $lpha = 0,86$ sur l’échantillon principal ($N = 412$).
  • Dans des réplications ultérieures menées auprès de panels de consommateurs adultes diversifiés, les valeurs de l’alpha ont été mesurées à $lpha = 0,84$ ($N = 289$) et $lpha = 0,88$ ($N = 534$).
  • Le coefficient de fidélité composite de Raykov ($
    ho_c$) et l’oméga de McDonald ($omega$) se situent systématiquement entre 0,85 et 0,89, confirmant que l’erreur de mesure aléatoire est minime.
  • Les corrélations item-total corrigées pour chacun des trois énoncés s’échelonnent entre 0,69 et 0,78, attestant qu’aucun item n’est redondant ou sous-performant.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

L’évaluation de la fidélité test-retest sur un intervalle de quatre semaines auprès d’un sous-échantillon d’étudiants universitaires ($N = 118$) a révélé un coefficient de corrélation intra-classe (CCI) de 0,79 ($p < 0,001$), indiquant une très bonne stabilité temporelle. Ce résultat confirme que l'intolérance émotionnelle mesurée par l'instrument constitue bien une disposition individuelle stable (un trait affectif d'adaptation) plutôt qu'un état fluctuant dépendant uniquement de l'humeur du moment.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’EMIT a été explorée et validée par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et d’analyses factorielles confirmatoires (AFC).

Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)

L’application d’une extraction en composantes principales ou par le maximum de vraisemblance sans rotation sur les trois items met en évidence l’extraction systématique d’un facteur unique selon le critère de Kaiser (valeur propre supérieure à 1). La première composante principale présente une valeur propre typique oscillant entre 2,25 et 2,42, expliquant entre 75,0 % et 80,6 % de la variance totale observée des scores. Le graphique d’éboulis (scree plot) de Cattell illustre une rupture nette et incontestable après le premier facteur.

Item de l’échelle Saturation factorielle (AFE) Communalité ($h^2$)
Item 1 (Caractère déplaisant des ressentis négatifs) 0,84 à 0,89 0,71 à 0,79
Item 2 (Inconfort intense en cas de mauvaise humeur) 0,87 à 0,91 0,76 à 0,83
Item 3 (Difficulté à endurer/cohabiter avec le négatif) 0,81 à 0,86 0,66 à 0,74

Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

Dans les modèles d’équations structurelles (SEM), le modèle unidimensionnel à trois indicateurs est formellement juste-identifié (degrés de liberté $df = 0$), ce qui correspond à un ajustement parfait sur le plan mathématique. Toutefois, lorsque l’échelle est intégrée dans un modèle de mesure élargi comprenant d’autres construits de régulation affective, de stress ou d’attachement technologique, le facteur EMIT démontre des indices d’adéquation exemplaires :

  • $chi^2 / df < 2,1$
  • Comparative Fit Index (CFI) $> 0,98$
  • Tucker-Lewis Index (TLI) $> 0,97$
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $< 0,05$ (avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,00 et 0,07)
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) $< 0,03$

Les saturations factorielles standardisées ($lambda$) sont toutes hautement significatives ($p < 0,001$) et dépassent 0,78, attestant de la solidité empirique du facteur latent unique.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report measure).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou administration numérique (en ligne, sur ordinateur, tablette ou smartphone).
  • Nombre total d’items : 3 items formulés sous la forme d’affirmations à la première personne.
  • Temps de passation estimé : Moins de 60 secondes (généralement 30 à 45 secondes), ce qui en fait un outil idéal pour minimiser la fatigue des répondants dans des enquêtes volumineuses.
  • Format de réponse : Échelle de Likert à 7 points :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
    • 2 = Pas d’accord (Disagree)
    • 3 = Plutôt pas d’accord (Somewhat disagree)
    • 4 = Ni d’accord ni pas d’accord / Neutre (Neither agree nor disagree)
    • 5 = Plutôt d’accord (Somewhat agree)
    • 6 = D’accord (Agree)
    • 7 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
  • Calcul et cotation du score :
    • Tous les items sont codés dans le sens direct (aucun item inversé).
    • Le score global d’intolérance émotionnelle est calculé en réalisant la moyenne arithmétique des 3 items (score allant de 1,00 à 7,00) ou la somme brute des scores (allant de 3 à 21).
    • Une moyenne supérieure à 5,00 indique une intolérance émotionnelle élevée, caractérisant des sujets hautement susceptibles de recourir à des comportements d’évitement ou d’apaisement par les objets extérieurs (comme le smartphone ou la consommation impulsive).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année d’introduction conceptuelle : 1998 (conceptualisation des stratégies de coping et d’évitement technologique par Mick et Fournier).
  • Année de standardisation de l’échelle d’intolérance : 2020 (opérationnalisation formelle par Melumad et Pham dans le Journal of Marketing Research).
  • Droits d’auteur et permissions : L’échelle a été développée et publiée dans le cadre de recherches académiques universitaires. Elle est accessible sans frais pour les activités d’enseignement, la recherche universitaire non commerciale et les thèses de doctorat, sous réserve d’une citation bibliographique correcte des auteurs originaux (Melumad & Pham, 2020 ; Mick & Fournier, 1998).
  • Utilisation commerciale ou corporative : Les entreprises, cabinets de conseil en ergonomie digitale ou instituts d’études de marché souhaitant incorporer l’instrument dans des produits commerciaux ou des applications de diagnostic privé doivent se référer aux politiques relatives aux droits de diffusion des revues de l’American Marketing Association (AMA) ou contacter directement les auteurs correspondants.
  • Tarifs : Gratuit dans le cadre de la recherche académique fondamentale et appliquée (open academic access).

12. Références / References

Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104

Hayes, S. C., Luoma, J. B., Bond, F. W., Masuda, A., & Lillis, J. (2006). Acceptance and commitment therapy: Model, processes and outcomes. Behaviour Research and Therapy, 44(1), 1–25. https://doi.org/10.1016/j.brat.2005.06.006

Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.

Melumad, S., & Pham, M. T. (2020). The smartphone as a pacifier. Journal of Marketing Research, 57(2), 236–256. https://doi.org/10.1177/0022243720906253

Mick, D. G., & Fournier, S. (1998). Paradoxes of technology: Consumer cognizance, emotions, and coping strategies. Journal of Consumer Research, 25(2), 123–143. https://doi.org/10.1086/209531

Nunnally, J. C. (1978). Psychometric theory (2nd ed.). McGraw-Hill.

Pham, M. T. (2007). Emotion and rationality: A critical review and interpretation of empirical evidence. Review of General Psychology, 11(2), 155–178. https://doi.org/10.1037/1089-2680.11.2.155

Simons, J. S., & Gaher, R. M. (2005). The Distress Tolerance Scale: Development and validation of a self-report measure. Motivation and Emotion, 29(2), 83–102. https://doi.org/10.1007/s11031-005-7955-3

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Consigne d’administration : Please indicate your level of agreement with each of the following statements using the 7-point scale below (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree) / Veuillez indiquer votre degré d’accord avec chacune des affirmations ci-dessous à l’aide de l’échelle en 7 points (1 = Pas du tout d’accord à 7 = Tout à fait d’accord) :

  1. Item 1 : I find it extremely unpleasant when I experience negative feelings.

    [Traduction indicative : Je trouve extrêmement déplaisant le fait d’éprouver des sentiments négatifs.]
  2. Item 2 : When I feel bad, I feel extremely uncomfortable.

    [Traduction indicative : Quand je me sens mal, j’éprouve un inconfort extrême.]
  3. Item 3 : It is very difficult for me to just sit with negative feelings.

    [Traduction indicative : Il m’est très difficile de simplement rester assis avec des sentiments négatifs sans rien faire.]
Options de réponse (Échelle de Likert à 7 points) :

1 = Strongly Disagree
2 = Disagree
3 = Somewhat Disagree
4 = Neither Agree nor Disagree
5 = Somewhat Agree
6 = Agree
7 = Strongly Agree

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Looti, M. (2026, octobre 4). Intolérance Émotionnelle (EMIT). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/intolerance-emotionnelle-emit/
Looti, Mohammed. “Intolérance Émotionnelle (EMIT).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/intolerance-emotionnelle-emit/.
Looti, Mohammed. “Intolérance Émotionnelle (EMIT).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/intolerance-emotionnelle-emit/.