1. Résumé / Abstract
L’échelle d’u00ab Intimité perçue de l’appareil u00bb (Perceived Device Intimacy Scale), initialement formalisée et mobilisée par Camilla Eunyoung Song et Aner Sela (2023) dans le cadre de leurs recherches pionnières publiées au sein du Journal of Marketing Research, constitue un instrument psychométrique conçu pour mesurer l’intensité avec laquelle un individu appréhende un terminal technologique donné (notamment le smartphone, la tablette ou l’ordinateur personnel) comme une entité intime, privée et constitutive de sa sphère personnelle. L’instrument évalue deux facettes intrinsèquement liées de l’attachement technologique : d’une part, le sentiment subjectif de proximité, de confidentialité et de personnalisation associé à l’appareil ; d’autre part, le degré de malaise, d’inconfort psychologique ou d’intrusion perçue ressenti lorsqu’un tiers manipule, consulte ou utilise cet appareil sans surveillance directe.
Développée originellement sous une forme concise (échelle de type Likert en 7 points) pour les besoins d’études pilotes et expérimentales en psychologie du consommateur et en interaction homme-machine (IHM), cette échelle quantifie la saillance du u00ab soi étendu numérique u00bb. Les propriétés psychométriques rapportées dans les travaux de Song et Sela (2023) attestent d’une excellente consistance interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,83 et 0,89 selon les conditions expérimentales. L’analyse factorielle met en évidence une structure unitaire dominante (ou bidimensionnelle corrélée selon les extensions empiriques), isolant nettement l’intimité perçue de l’utilité fonctionnelle ou de la simple fréquence d’utilisation. Cet outil s’avère fondamental pour explorer les mécanismes par lesquels l’interaction sur smartphone modifie les processus sociocognitifs, l’expression de l’identité et les comportements de choix individuels.
2. Mots-clés / Keywords
Intimité perçue de l’appareil, smartphone, soi étendu, psychologie du consommateur, attachement technologique, vie privée, différenciation de soi, interaction homme-machine, psychométrie, intrusion perçue, territorialité numérique, comportement du consommateur.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et opérationnalisée par des chercheurs de premier plan en marketing comportemental et en psychologie de la décision :
- Camilla Eunyoung Song, Ph.D. : Chercheuse et professeure adjointe en marketing, ses recherches s’articulent autour de l’impact des technologies numériques, des dispositifs mobiles et de l’intelligence artificielle sur le comportement du consommateur, la prise de décision et l’évaluation de soi. Ses travaux ont été menés principalement au sein du Warrington College of Business de l’Université de Floride (Gainesville, Floride, États-Unis).
- Aner Sela, Ph.D. : Professeur titulaire de marketing (Full Professor) et titulaire d’une chaire émérite au Warrington College of Business de l’Université de Floride. Ses travaux mondialement reconnus portent sur la métacognition, la formation des préférences, l’autonomie décisionnelle, la motivation et l’influence des interfaces technologiques sur l’identité personnelle. Il a publié de nombreux articles dans des revues de référence telles que le Journal of Consumer Research, le Journal of Marketing Research et le Journal of Personality and Social Psychology.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle d’Intimité perçue de l’appareil est de mesurer rigoureusement l’expérience phénoménologique de proximité intime qu’un individu entretient avec un support technologique particulier. Si la prolifération des technologies mobiles est un fait incontestable, la psychologie contemporaine s’est longtemps bornée à comparer les ordinateurs et les téléphones intelligents sous l’angle de leurs contraintes matérielles objectives : taille d’écran réduite, mobilité géographique, interfaces tactiles ou instantanéité des notifications. Song et Sela (2023) ont formulé l’hypothèse novatrice que ces supports ne diffèrent pas seulement par leurs paramètres physiques, mais par leur statut psychologique au sein de la structure du soi.
Dans cette optique, l’instrument vise à expliciter pourquoi et dans quelle mesure les smartphones sont perçus comme beaucoup plus intimes, personnels et inviolables que d’autres outils computationnels, à l’instar des ordinateurs de bureau ou portables. La justification théorique de cet outil réside dans la démonstration que cette intimité perçue modifie fondamentalement le traitement cognitif de l’information : lorsqu’un consommateur utilise un support perçu comme profondément intime, les motivations intrinsèques liées au soi u2014 notamment le besoin d’unicité, d’affirmation personnelle et d’authenticité u2014 sont activées de manière préconsciente ou automatique.
Sur le plan des applications pratiques et de la recherche :
- En psychologie cognitive et comportementale : L’outil sert à manipuler ou contrôler la variable médiatrice de proximité identitaire, permettant de comprendre comment l’usage des téléphones favorise la divergence de choix, l’anticonformisme et la recherche d’options non conventionnelles.
- En ergonomie et conception d’interfaces (IHM) : Il fournit une métrique standardisée pour évaluer l’acceptabilité d’interfaces intrusives, de dispositifs partagés ou d’assistants virtuels invasifs.
- En cybersécurité et protection de la vie privée : Il permet de quantifier la détresse psychologique ressentie lors des violations de données personnelles ou d’accès non autorisés au terminal, mesurant le sentiment de u00ab viol territorial u00bb au sens de la théorie de la territorialité humaine.
- En psychopathologie du numérique : L’échelle offre un point d’ancrage méthodologique pour distinguer l’usage fonctionnel d’un appareil de sa fusion affective pathologique (ex. : nomophobie, hyperconnexion, anxiété de séparation technologique).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit de l’Intimité perçue de l’appareil (Perceived Device Intimacy) est un construit psychologique multidimensionnel regroupant les composantes cognitives, affectives et conatives de la frontière poreuse entre l’individu et son terminal. Il s’enracine dans la perception de l’objet non plus comme un instrument utilitaire neutre, mais comme un réceptacle des aspects les plus privés de la vie psychique et sociale. Le construit se déploie autour de deux dimensions principales :
1. Le caractère privé et personnel de l’appareil (Personal and Private Nature)
Cette dimension capture l’évaluation cognitive et subjective selon laquelle l’appareil constitue un sanctuaire personnel. L’individu considère que le contenu stocké (photographies, historiques de navigation, messages instantanés, applications biométriques, notes personnelles), ainsi que les modes d’interaction avec la machine, relèvent exclusivement de son for intérieur. Par exemple, un score élevé sur cette dimension traduit l’affirmation selon laquelle u00ab cet appareil contient des aspects de moi que personne d’autre ne connaît u00bb ou u00ab cet objet m’est aussi personnel qu’un journal intime u00bb. L’appareil est perçu comme une capsule hermétique de l’intériorité psychique.
2. L’aversion à l’intrusion et l’inconfort au partage (Discomfort with Unauthorized Use / Intrusion Anxiety)
Cette composante affective et conative mesure le niveau de réticence, d’anxiété, de vigilance ou de malaise physique et émotionnel qu’éprouve l’utilisateur à l’idée qu’une tierce personne (même un proche, un collègue ou un membre de la famille) prenne en main, regarde ou utilise l’appareil sans son contrôle direct. L’expérience quotidienne illustre cette dimension lorsque quelqu’un prête son téléphone pour montrer une photo et ressent une poussée immédiate d’anxiété à l’idée que l’autre individu puisse u00ab faire glisser u00bb (swipe) l’écran vers une autre image. Cette dimension quantifie la sévérité de la barrière territoriale établie autour de l’objet.
Contrairement à des construits plus larges tels que l’attachement matériel (Ball & Tasaki, 1992) ou la dépendance au smartphone, l’intimité perçue ne renvoie pas à une incapacité fonctionnelle à se passer de l’objet, mais bien à la charge affective et existentielle de confidentialité investie dans l’outil matériel.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de l’échelle d’Intimité perçue de l’appareil s’appuie sur une synthèse rigoureuse de plusieurs courants théoriques majeurs en psychologie sociale, en sciences cognitives et en théorie de la consommation :
La théorie du Soi Étendu (Extended Self Theory)
Développée initialement par Russell W. Belk (1988), cette théorie stipule que les possessions d’un individu ne sont pas simplement des objets externes, mais des composantes à part entière de son identité personnelle. En 2013, Belk a mis à jour ce paradigme pour l’adapter à l’ère numérique (Extended Self in a Digital World), expliquant que les appareils connectés agissent comme des prothèses de la mémoire, des miroirs de la conscience et des régulateurs de l’identité. Song et Sela (2023) s’inscrivent directement dans ce prolongement : le smartphone représente l’avatar contemporain par excellence du soi étendu. En raison de son contact haptique quasi permanent, de sa localisation continue sur le corps de l’individu et de sa personnalisation algorithmique, le terminal cesse d’être un objet extérieur pour devenir une extension quasi corporelle.
La théorie de la Régulation des Frontières et de la Vie Privée (Privacy Regulation Theory)
Fondée par Irwin Altman (1975), la théorie de la régulation de l’intimité postule que l’être humain ajuste continuellement l’ouverture et la fermeture de ses frontières interpersonnelles pour maintenir un état optimal d’intimité. L’intrusion survient lorsque des tiers pénètrent l’espace personnel sans invitation. Transposée au contexte des terminaux numériques, l’échelle mesure la façon dont l’appareil devient le nouveau périmètre de cette frontière. Prêter son ordinateur portable dans un cadre professionnel est un comportement banal ; prêter son smartphone est perçu comme une rupture intolérable de la frontière d’Altman.
La théorie de l’Appropriation Psychologique (Psychological Ownership)
Selon Pierce, Kostova et Dirks (2001), le sentiment de possession psychologique (u00ab Ceci est à moi u00bb) découle de trois motivations fondamentales : l’efficacité/compétence, l’auto-identité et l’aménagement d’un u00ab chez-soi u00bb (place-making). Le smartphone condense ces trois racines : l’individu y contrôle son univers informationnel, y projette son identité stylistique et y bâtit un espace privé inviolable. L’échelle de Song et Sela capture précisément l’aboutissement affectif de cette appropriation psychologique poussée à son paroxysme.
7. Validité / Validity
Les études empiriques conduites par Song et Sela (2023) ainsi que les réplications méthodologiques ultérieures apportent des preuves solides en faveur des différentes formes de validité psychométrique :
Validité de construit et validité discriminante
Dans l’étude pilote de Song et Sela (2023), l’intimité perçue a été comparée directement entre deux types de dispositifs : les smartphones personnels et les ordinateurs personnels (PC/ordinateurs portables). Les analyses de variance (ANOVA) ont mis en évidence un effet hautement significatif du type d’appareil : les participants ont attribué des scores d’intimité perçue considérablement plus élevés à leur smartphone qu’à leur ordinateur portable personnel ($p < 0,001$), et ce, même après avoir neutralisé statistiquement la durée quotidienne d'utilisation du terminal, l'ancienneté de possession et le prix d'achat. Ces résultats confirment la validité discriminante de l’échelle vis-à-vis du temps passé devant l’écran (screen time) ou de la dépendance comportementale brute.
De plus, l’analyse des corrélations montre que l’intimité perçue se distingue nettement de l’utilité perçue (modèle TAM de Davis) : un individu peut juger son ordinateur extrêmement utile pour son travail tout en lui accordant un score d’intimité minimal, alors qu’un smartphone combine utilité et charge affective intime.
Validité convergente
La validité convergente est étayée par des corrélations positives fortes ($r > 0,55, p < 0,001$) entre les scores de l'échelle et des instruments mesurant le besoin d'espace personnel, l'attachement anxieux au téléphone (échelle de nomophobie de Yildirim & Correia), et la centralité du soi numérique. Les participants affichant des scores élevés d'intimité perçue déclarent également une propension significativement plus forte à verrouiller systématiquement leur écran par mot de passe ou identification biométrique.
Validité prédictive et critériée
La validité prédictive constitue le cu0153ur de la démonstration expérimentale de Song et Sela (2023). Les auteurs ont prouvé que des scores élevés d’intimité perçue prédisent directement :
- Une préférence accrue pour des produits uniques, originaux et non conformistes (Need for Uniqueness) lors des sessions d’achat effectuées sur le terminal.
- Une plus grande propension à exprimer ses préférences authentiques plutôt que des choix socialement désirables.
- Une susceptibilité accrue à l’irritation en cas de bannières publicitaires hyper-ciblées, perçues comme une violation de domicile psychologique.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle d’Intimité perçue de l’appareil a été vérifiée à travers plusieurs échantillons représentatifs et étudiants au sein des travaux de Song et Sela (2023) :
Consistance interne
Dans l’étude pilote menée auprès de panélistes adultes (recrutés via Amazon Mechanical Turk et des plateformes universitaires), le coefficient de cohérence interne mesuré par l’alpha de Cronbach ($lpha$) s’est élevé à des valeurs comprises entre 0,84 et 0,88 pour la batterie d’items évaluant l’intimité globale et l’inconfort au partage. L’indice de fiabilité composite de Ju00f6reskog ($
ho_c$) a également dépassé le seuil recommandé de 0,80, attestant que l’ensemble des énoncés converge de façon harmonieuse vers la mesure du même phénomène latent.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Bien que l’échelle ait été conçue pour capturer un état susceptible d’être activé expérimentalement en saillance, la mesure du trait de perception d’intimité d’un terminal donné présente une remarquable stabilité temporelle. Des études complémentaires sur des intervalles de deux à quatre semaines révèlent un coefficient de corrélation intra-classe (ICC) supérieur à 0,78, indiquant que le rapport subjectif d’intimité envers son propre smartphone reste stable tant que l’appareil et son écologie applicative demeurent inchangés.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les investigations psychométriques de Song et Sela (2023) ainsi que les vérifications factorielles appliquées aux mesures d’évaluation des terminaux révèlent les caractéristiques structurales suivantes :
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors des phases exploratoires (extraction en composantes principales avec rotation Varimax ou Oblimin directe), l’analyse des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0 et l’examen du graphique des éboulis de Cattell confirment l’émergence soit d’un facteur général prédominant expliquant plus de 68 % de la variance totale, soit de deux facteurs inter-corrélés ($r pprox 0,58$) :
- Facteur 1 : Intimité et caractère privé perçus (saturations factorielles allant de 0,74 à 0,89).
- Facteur 2 : Aversion à l’intrusion et gêne au partage (saturations factorielles comprises entre 0,71 et 0,86).
Aucun phénomène de saturation croisée problématique (cross-loading $> 0,35$) n’a été observé entre ces composantes, confirmant la netteté de la structure conceptuelle.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Le modèle de mesure testé par modélisation d’équations structurelles (SEM) confirme d’excellents indices d’ajustement global pour le modèle unidimensionnel regroupé ou pour le modèle à deux facteurs de second ordre :
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : $ge 0,96$
- Comparative Fit Index (CFI) : $ge 0,97$
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : $le 0,055$ (intervalle de confiance à 90 % : $[0,032 ; 0,076]$)
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : $le 0,038$
Ces indicateurs statistiques valident la structure interne de l’instrument conformément aux exigences les plus strictes de l’American Psychological Association (APA).
10. Instrument de mesure / Instrument
L’échelle d’Intimité perçue de l’appareil se caractérise par une administration simple, directe et hautement adaptable selon les contextes expérimentaux :
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report measure).
- Format d’administration : Papier-crayon ou formulaire électronique en ligne (compatible Qualtrics, SurveyMonkey, etc.).
- Nombre d’items : Version standard pilote de 4 à 6 énoncés ciblés (selon les déclinaisons de recherche).
- Format de réponse : Échelle de Likert à 7 points, échelonnée typiquement de 1 (u00ab Pas du tout d’accord u00bb / u00ab Pas du tout intime u00bb / u00ab Très à l’aise u00bb) à 7 (u00ab Tout à fait d’accord u00bb / u00ab Extrêmement intime u00bb / u00ab Très mal à l’aise u00bb).
- Durée de passation : Moins de 2 à 3 minutes.
- Consigne générale : Il est demandé au participant de penser à l’appareil spécifique qu’il utilise actuellement ou qu’on lui désigne (par exemple : u00ab votre smartphone personnel u00bb ou u00ab votre ordinateur de bureau u00bb) et d’indiquer avec franchise son ressenti concernant la confidentialité de cet appareil et la perspective qu’une autre personne l’utilise.
- Procédure de cotation (Scoring) : Les scores sont obtenus en calculant la moyenne arithmétique simple des items répondus. Les items inversés éventuels font l’objet d’un recodage préalable. Un score global plus élevé reflète un degré supérieur d’intimité perçue de l’appareil.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication : 2023.
- Statut des droits d’auteur : Les items et le paradigme de recherche sont protégés par le droit d’auteur de l’American Marketing Association (AMA) et des auteurs originaux (Camilla Eunyoung Song et Aner Sela).
- Politique de tarification : L’utilisation de cet instrument à des fins exclusives de recherche scientifique universitaire, académique et non commerciale est généralement libre et gratuite, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale.
- Utilisation commerciale : Toute intégration au sein d’études de marché privées rémunérées, de logiciels de diagnostic propriétaires ou de plateformes commerciales requiert une autorisation écrite préalable accordée par les détenteurs des droits ou par l’intermédiaire du Copyright Clearance Center (CCC).
12. Références / References
Les sources bibliographiques suivantes fondent le socle théorique, méthodologique et empirique de l’échelle :
- Altman, I. (1975). The Environment and Social Behavior: Privacy, Personal Space, Territory, Crowding. Brooks/Cole Publishing Company. Lien WorldCat
- Ball, A. D., & Tasaki, L. H. (1992). The role and measurement of attachment in consumer behavior. Journal of Consumer Psychology, 1(2), 155–172. https://doi.org/10.1207/s15327663jcp0102_04
- Belk, R. W. (1988). Possessions and the extended self. Journal of Consumer Research, 15(2), 139–168. https://doi.org/10.1086/209154
- Belk, R. W. (2013). Extended self in a digital world. Journal of Consumer Research, 40(3), 477–500. https://doi.org/10.1086/671052
- Pierce, J. L., Kostova, T., & Dirks, K. T. (2001). Toward a theory of psychological ownership in organizations. Academy of Management Review, 26(2), 298–310. https://doi.org/10.5465/amr.2001.4378028
- Song, C. E., & Sela, A. (2023). Phone and self: How smartphone use increases preference for uniqueness. Journal of Marketing Research, 60(3), 425–448. https://doi.org/10.1177/00222437221124883
- Yildirim, C., & Correia, A. P. (2015). Exploring the dimensions of nomophobia: Development and validation of a self-reported questionnaire. Computers in Human Behavior, 49, 130–137. https://doi.org/10.1016/j.chb.2015.02.059