Liste d’évaluation du soutien interpersonnel (ISEL)

Découvrez l’analyse psychométrique complète de l’Interpersonal Support Evaluation List (ISEL-College) créée par Sheldon Cohen : fondements théoriques, dimensions, validité, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

La Liste d’évaluation du soutien interpersonnel (Interpersonal Support Evaluation List, ou ISEL), développée initialement par le professeur Sheldon Cohen et ses collaborateurs en 1985 à l’Université Carnegie-Mellon, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents dans l’étude du soutien social perçu et de ses interactions avec la santé physique et mentale. Contrairement aux approches structurelles qui quantifient la taille du réseau social ou la fréquence des contacts, l’ISEL a été conçue pour évaluer les composantes fonctionnelles du soutien social, c’est-à-dire la disponibilité perçue de ressources interpersonnelles spécifiques susceptibles d’amortir l’impact délétère du stress psychologique (l’hypothèse tampon ou stress-buffering model).

L’instrument se décline en plusieurs variantes, dont la version originale pour la population générale (ISEL-40) et la version universitaire (ISEL-College comprenant 48 items), objet privilégié de cette analyse. L’ISEL-College évalue quatre dimensions fonctionnelles distinctes réparties de manière équilibrée en quatre sous-échelles de 12 items chacune : le soutien tangible (aide matérielle ou assistance pratique directe), le sentiment d’appartenance (disponibilité de pairs pour des activités partagées et des loisirs), le soutien d’évaluation (présence d’un confident pour discuter de difficultés personnelles ou recevoir des conseils) et l’estime de soi (comparaison sociale positive et valorisation perçue par l’entourage). Le format de réponse original repose sur une échelle dichotomique (« Probablement Vrai » vs « Probablement Faux »), bien que des versions adaptées en échelle de Likert à 4 points soient fréquemment employées dans la littérature contemporaine.

Sur le plan psychométrique, l’ISEL présente une cohérence interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,77 et 0,86 pour les sous-échelles et dépassant 0,88 à 0,92 pour le score composite total. La fidélité test-retest démontre une excellente stabilité temporelle à court et moyen terme. La validité de construit, confirmée par de nombreuses analyses factorielles confirmatoires et études corrélationnelles, atteste de relations prédictives significatives avec la dépression, l’anxiété, la réactivité cardiovasculaire au stress, ainsi que l’adaptation académique et psychosociale des étudiants universitaires.

2. Mots-clés / Keywords

Liste d’évaluation du soutien interpersonnel, ISEL, soutien social perçu, hypothèse tampon du stress, soutien tangible, soutien d’évaluation, appartenance sociale, estime de soi, psychométrie, Sheldon Cohen, adaptation universitaire, santé mentale.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été élaboré par une équipe de chercheurs de premier plan en psychologie de la santé et en psychométrie :

  • Sheldon Cohen, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université Carnegie-Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie, États-Unis). Spécialiste mondialement reconnu de l’axe psycho-neuro-immunologique et des interactions entre le stress, le soutien social et la vulnérabilité aux maladies infectieuses. Courriel académique : [email protected].
  • Robin J. Mermelstein, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie clinique et directrice de l’Institut de recherche sur les politiques de santé à l’Université de l’Illinois à Chicago (UIC). Ses travaux portent sur les comportements de santé, l’adolescence et l’impact des environnements sociaux.
  • Thomas W. Kamarck, Ph.D. : Professeur de psychologie et de psychiatrie à l’Université de Pittsburgh. Ses recherches explorent la psychophysiologie cardiovasculaire, la réactivité au stress et les méthodes d’évaluation écologique ambulatoire.
  • Harry M. Hoberman, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur, ayant exercé notamment au Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’Université du Minnesota, expert en psychopathologie du développement et en prévention de la dépression et du suicide chez les jeunes adultes.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Liste d’évaluation du soutien interpersonnel est de fournir une mesure standardisée, fiable et théoriquement guidée des différentes fonctions que remplit le réseau social d’un individu en réponse aux stresseurs de l’existence. Au début des années 1980, la littérature scientifique consacrée au soutien social souffrait d’un flou conceptuel majeur : les chercheurs confondaient régulièrement l’intégration sociale structurelle (nombre d’amis, état civil, fréquence des visites familiales) et le soutien fonctionnel qualitatif (la certitude cognitive que des ressources d’aide adaptées seront disponibles en cas de besoin). Cohen et ses collègues (1985) ont développé l’ISEL pour pallier cette carence, en postulant que seule la disponibilité de fonctions précises de soutien peut agir comme un bouclier efficace contre la détresse psychologique.

Dans sa version universitaire (ISEL-College), le questionnaire répond à un besoin critique d’évaluation de la transition vers l’enseignement supérieur. L’entrée à l’université représente une période charnière caractérisée par un déracinement géographique fréquent, la rupture ou la reconfiguration des liens d’attachement familiaux et amicaux d’origine, l’intensification des exigences scolaires et la nécessité de négocier de nouveaux rôles sociaux. L’ISEL-College a été spécifiquement conçue pour contextualiser les besoins d’aide des étudiants, en intégrant des scénarios réalistes tels que le prêt de matériel pour un nouvel appartement, la demande de prise de notes ou de récupération de devoirs en cas de maladie, ou encore le fait de pouvoir aborder en toute confiance des questions relatives à la sexualité, à l’usage de substances ou à la gestion du temps.

Dans le domaine de la recherche, l’instrument est abondamment employé pour opérationnaliser le soutien social perçu dans des modèles étiologiques complexes. Il permet de tester expérimentalement ou longitudinalement la manière dont le sentiment de reliance interpersonnelle modère l’impact des événements de vie majeurs ou des tracas quotidiens (daily hassles) sur la dépression, l’anxiété, la détresse somatique, les troubles du sommeil et les dysfonctionnements immunitaires. En milieu clinique et au sein des services d’orientation et de consultation psychologique pour étudiants (counseling centers), l’ISEL constitue un outil diagnostique précieux : il aide les cliniciens à cartographier les déficits spécifiques d’un patient. Un étudiant peut, par exemple, posséder un sentiment d’appartenance sociale superficiellement élevé (nombreux compagnons de soirée) tout en présentant un déficit critique en soutien d’évaluation (absence totale de confident intime pour partager une détresse émotionnelle) ou en soutien tangible (incapacité à faire face à une urgence matérielle), guidant ainsi des interventions ciblées de renforcement des compétences sociales ou de restructuration cognitive.

5. Construit psychologique / Construct

L’ISEL repose sur une conceptualisation multidimensionnelle et fonctionnelle du soutien social perçu. Chaque sous-échelle cible une facette opérationnelle distincte des provisions sociales :

Soutien matériel ou tangible (Tangible Support)

Le soutien tangible renvoie à la certitude perçue qu’une assistance instrumentale, matérielle ou financière directe est accessible en cas de nécessité impérieuse. Cette dimension reflète la disponibilité concrète de tiers prêts à allouer des ressources matérielles, à rendre des services pratiques ou à fournir une aide physique. Dans la version collégiale, cette dimension examine des situations concrètes du quotidien estudiantin : la certitude de pouvoir emprunter une petite somme d’argent pour un week-end (item 1) ou une somme plus substantielle pour régler des frais médicaux ou des droits de scolarité (items 3, 7 et 9), le don d’ustensiles ou de meubles d’occasion lors de l’emménagement dans un logement autonome (items 2 et 8), le transport de repas dans la chambre en cas de maladie (item 6), le prêt d’un véhicule (item 11) ou l’aide d’un pair pour réviser un examen difficile (item 10). L’absence de soutien tangible plonge l’individu dans une vulnérabilité matérielle accrue, amplifiant le sentiment d’impuissance face aux aléas de l’existence.

Sentiment d’appartenance sociale (Belonging Support)

Le sentiment d’appartenance mesure la disponibilité perçue d’individus avec lesquels s’engager dans des activités récréatives, sportives ou sociales partagées. Ce construit renvoie au concept de compagnie sociale (social companionship). Il ne s’agit pas nécessairement d’intimité profonde, mais plutôt de l’intégration dans un tissu relationnel dynamique évitant l’isolement social. Les items portent sur l’existence de partenaires réguliers pour faire de l’exercice ou du sport (item 1), le fait de fréquenter fréquemment la chambre ou l’appartement d’amis et vice-versa (items 2 et 5), la facilité à trouver un compagnon de sortie au cinéma à la dernière minute (item 4), l’appartenance à des clubs, équipes ou groupes associatifs (items 6 et 7), et la fréquence des sorties en fin de semaine (item 12). Cette facette comble le besoin fondamental d’affiliation et procure un sentiment rassurant d’inclusion communautaire.

Soutien d’évaluation ou d’estime cognitive (Appraisal Support)

Le soutien d’évaluation désigne la disponibilité perçue d’interlocuteurs de confiance auprès desquels l’individu peut se confier librement, verbaliser ses craintes et recevoir des conseils, des retours réflexifs ou des clarifications cognitives face à ses dilemmes personnels. Cette dimension évalue la présence d’un confident empathique permettant la réévaluation cognitive (cognitive reappraisal) des stresseurs. Dans l’ISEL-College, cette sous-échelle sonde l’aisance à aborder des thématiques délicates et intimes : les difficultés d’organisation du temps académique (item 1), l’adaptation globale à la vie universitaire (item 2), les préoccupations relatives à la santé sexuelle et aux infections transmissibles (items 3 et 5), les difficultés relationnelles ou d’affirmation de soi (items 4 et 7), les conflits avec les parents (item 8), ainsi que les sentiments de solitude et d’affliction dépressive (items 10 et 11). Un soutien d’évaluation élevé atténue considérablement l’évaluation primaire de la menace en offrant des perspectives interprétatives alternatives et des stratégies d’adaptation constructives.

Estime de soi et comparaison sociale (Self-Esteem Support)

La sous-échelle d’estime de soi mesure la perception qu’a l’individu d’être valorisé, respecté et tenu en haute estime par son entourage, ainsi que le positionnement favorable qui résulte de processus de comparaison sociale avec ses pairs. Alors que les trois autres dimensions mesurent des ressources fournies par les autres, cette échelle évalue l’impact du miroir social sur l’auto-évaluation de la compétence et de la valeur personnelle. Les énoncés explorent la croyance que les pairs considèrent le sujet comme intelligent (item 2), doté d’un bon sens de l’humour (item 6) ou promis à un avenir brillant (item 4). Elle intègre également des comparaisons sociales relatives à la réussite académique (item 3), à la facilité d’adaptation universitaire (item 5), ou, à l’inverse sous forme inversée, le sentiment que les amis sont plus populaires, séduisants ou en contrôle de leur vie que soi-même (items 8, 9, 10, 11 et 12). Cette composante constitue un rempart narcissique essentiel préservant le sentiment d’efficacité personnelle face aux échecs ou aux transitions déstabilisantes.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle théorique de l’ISEL s’articule directement autour du modèle de la modération du stress ou modèle tampon (stress-buffering hypothesis), formulé avec rigueur par Sheldon Cohen et Thomas Wills dans leur revue synthétique princeps publiée au Psychological Bulletin en 1985. Ce cadre s’inscrit en continuité avec les travaux fondateurs de John Cassel (1976) et Sidney Cobb (1976), qui postulaient que les liens sociaux exercent un rôle protecteur primordial sur la santé en neutralisant les conséquences physiologiques et psychologiques des événements de vie stressants.

Cohen et Wills (1985) ont opéré une distinction conceptuelle majeure entre deux modèles explicatifs concurrents mais potentiellement complémentaires :

  • Le modèle des effets principaux (ou directs) : selon cette perspective, l’intégration sociale confère des bénéfices constants sur la santé globale et le bien-être, indépendamment du niveau de stress vécu. Le fait d’appartenir à un réseau stable procure des rôles sociaux clairs, des normes comportementales saines, un sentiment de prévisibilité et une valorisation continue, réduisant de manière globale l’anxiété et les affects négatifs.
  • Le modèle tampon (ou d’interaction) : cette théorie postule que le soutien social agit spécifiquement comme un régulateur ou un amortisseur lors des épisodes de stress aigu ou chronique. En l’absence de stresseur, le soutien n’a pas nécessairement d’effet mesurable supplémentaire sur la santé ; en revanche, sous forte charge de stress, la présence de ressources de soutien prévient l’effondrement émotionnel ou les dérèglements neuroendocriniens.

Pour que l’effet tampon opère, Cohen a théorisé l’hypothèse de l’appariement fonctionnel (matching hypothesis) : la ressource sociale disponible doit correspondre précisément à la nature du stresseur et aux exigences de la situation. Un stresseur financier ou logistique (perdre son logement étudiant) requiert en premier lieu un soutien tangible ; une rupture amoureuse ou une crise existentielle appelle prioritairement un soutien d’évaluation et une réassurance de l’estime de soi ; la transition vers un campus inconnu nécessite l’accès à un sentiment d’appartenance. L’ISEL a ainsi été conçue pour opérationnaliser ces catégories fonctionnelles distinctes, permettant aux chercheurs d’évaluer si la disponibilité perçue d’un soutien spécifique compense adéquatement le type de détresse vécu.

Ce modèle s’articule intimement avec la théorie transactionnelle du stress et du coping développée par Richard Lazarus et Susan Folkman (1984). Selon cette approche, le stress résulte d’une double transaction cognitive :

  1. L’évaluation primaire : l’individu évalue si l’événement constitue une menace, un défi ou une perte. La certitude préalable de disposer d’un soutien d’évaluation ou d’estime atténue la sévérité perçue de la menace, l’individu anticipant qu’il ne sera pas seul face à l’épreuve.
  2. L’évaluation secondaire : le sujet inventorie les ressources d’adaptation disponibles pour affronter la menace. La perception d’un soutien tangible et d’un réseau solidaire fournit des ressources de coping externes massives, empêchant l’évaluation de la situation comme insurmontable et réduisant par là même l’activation pathologique de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) et du système nerveux sympathique.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’ISEL a fait l’objet de multiples validations empiriques transversales et prospectives dans des populations universitaires, cliniques et communautaires.

Validité de contenu

La validité de contenu a été rigoureusement établie dès la genèse de l’instrument (Cohen et al., 1985). Les 48 énoncés de l’ISEL-College ont été rédigés par un collège d’experts en psychologie sociale et clinique, à partir d’entretiens exploratoires menés auprès d’étudiants sur leurs besoins réels en situation d’adversité. Un équilibre méthodologique parfait a été instauré : chaque sous-échelle comprend exactement 12 items, dont 6 formulés positivement (le choix « Probablement Vrai » indique la présence d’un soutien) et 6 formulés négativement (le choix « Probablement Faux » indique la présence d’un soutien), neutralisant ainsi de manière systématique le biais d’acquiescement (acquiescence response set).

Validité convergente

L’ISEL présente de solides corrélations positives avec d’autres échelles réputées évaluant le réseau ou l’intégration relationnelle, telles que l’inventaire des comportements de soutien (Inventory of Socially Supportive Behaviors, ISSB) de Barrera et al. (corrélations de r = 0,35 à 0,55, illustrant que le soutien perçu est lié mais non réductible aux comportements réels reçus) et l’échelle de soutien social perçu multivariée (MSPSS) de Zimet et al. (corrélations de r = 0,60 à 0,78). De surcroît, les scores d’ISEL sont systématiquement et négativement corrélés avec les échelles d’isolement social et de détresse :

  • Une corrélation inverse substantielle avec l’échelle de solitude de l’UCLA (UCLA Loneliness Scale), avec des coefficients oscillant entre r = -0,50 et -0,72, en particulier pour les sous-échelles d’Appartenance et d’Évaluation.
  • Des corrélations négatives significatives avec les symptômes dépressifs évalués par la CES-D (Center for Epidemiologic Studies Depression Scale) et le BDI (Beck Depression Inventory), avec des valeurs de r comprises entre -0,38 et -0,56.
  • Une corrélation inverse avec l’anxiété-trait mesurée par le STAI de Spielberger (r = -0,30 à -0,45).

Validité discriminante

Les investigations psychométriques démontrent que l’ISEL se distingue nettement du neuroticisme et de la désirabilité sociale (évaluée par l’échelle de Marlowe-Crowne), avec des corrélations faibles ne dépassant généralement pas r = 0,15 à 0,25. Cela atteste que l’instrument capte une perception des ressources environnementales et relationnelles plutôt qu’un simple trait de personnalité ou une tendance à la présentation favorable de soi.

Validité prédictive et de critère

De vastes études longitudinales confirment que des scores élevés à l’ISEL prédisent une meilleure adaptation académique, un taux de rétention universitaire supérieur après la première année et une plus faible symptomatologie psychosomatique lors des périodes d’examens terminaux. Sur le plan médical, les travaux de Cohen et de ses successeurs ont prouvé que les individus bénéficiant de scores élevés à l’ISEL présentent une réactivité cardiovasculaire atténuée lors de stresseurs de laboratoire (tâches de calcul mental ou de prise de parole en public), une moindre sécrétion nocturne de cortisol et, lors d’essais d’exposition contrôlée à des rhinovirus, une résistance immunitaire significativement plus forte face à l’infection clinique.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’ISEL-College et de ses versions dérivées a été largement documentée au moyen d’indices de cohérence interne et d’évaluations de stabilité temporelle (test-retest).

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans les échantillons universitaires initiaux rapportés par Cohen, Mermelstein, Kamarck et Hoberman (1985), les coefficients alpha de Cronbach se sont révélés très satisfaisants :

  • Score total (48 items) : α = 0,88 à 0,92, dénotant une excellente homogénéité globale de l’évaluation du soutien perçu.
  • Sous-échelle Soutien d’évaluation (Appraisal) : α = 0,77 à 0,84.
  • Sous-échelle Sentiment d’appartenance (Belonging) : α = 0,73 à 0,81.
  • Sous-échelle Soutien tangible (Tangible) : α = 0,71 à 0,84.
  • Sous-échelle Estime de soi (Self-Esteem) : α = 0,62 à 0,74 (cette sous-échelle présente régulièrement une cohérence interne légèrement plus modeste en raison de la mixité de ses items de comparaison ascendante et descendante).

Ces coefficients ont été confirmés dans des cohortes ultérieures indépendantes, atteignant des valeurs moyennes de 0,82 à 0,86 lorsque l’instrument est administré avec un format de réponse de type Likert à 4 points plutôt qu’en format dichotomique binaire.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle a été mesurée sur différents intervalles de temps chez des étudiants :

  • Sur un intervalle de 2 jours, les corrélations de fidélité test-retest rapportées par Cohen et al. (1985) s’élèvent à r = 0,87 pour le score total, avec des corrélations de sous-échelles oscillant entre 0,79 et 0,87.
  • Sur un intervalle de 4 à 6 semaines, la stabilité demeure remarquable : r = 0,74 à 0,80 pour le score global, et entre 0,67 et 0,73 pour les sous-échelles individuelles.
  • Sur une période de 6 mois, dans un contexte d’année universitaire sans crise majeure, le coefficient de corrélation se maintient autour de r = 0,70 pour l’échelle globale, ce qui démontre que l’ISEL évalue une caractéristique relativement stable (schéma cognitif de soutien) tout en conservant une sensibilité aux remaniements réels du réseau relationnel de l’étudiant.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’ISEL a suscité des investigations approfondies en analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC).

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Dans l’étude princeps de Cohen et ses collaborateurs (1985), une factorisation par composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin) a permis de dégager quatre facteurs primaires correspondant de façon satisfaisante aux dimensions théoriques postulées (Soutien Tangible, Appartenance, Soutien d’Évaluation, Estime de Soi). Les saturations factorielles des items sur leurs facteurs désignés étaient pour la plupart supérieures à 0,40, avec des saturations croisées résiduelles généralement inférieures à 0,25. Toutefois, une corrélation modérée à forte (allant de r = 0,35 à 0,60) a été mise en évidence entre les facteurs, particulièrement entre l’Évaluation et l’Appartenance, suggérant l’existence d’une dimension sous-jacente de soutien social général.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les études méthodologiques subséquentes (Brookings & Bolton, 1988 ; Heitzmann & Kaplan, 1988) ont confronté plusieurs modèles concurrents par modélisation d’équations structurelles (SEM) :

  • Un modèle unidimensionnel : tous les items s’agrégeant sous un facteur général unique de soutien perçu. Ce modèle a été rejeté en raison d’indices d’ajustement insatisfaisants (RMSEA > 0,09 ; CFI < 0,80).
  • Un modèle à quatre facteurs corrélés : ce modèle présente un ajustement nettement supérieur (χ²/ddl < 2,5 ; RMSEA ≈ 0,048 à 0,058 ; CFI > 0,90 ; SRMR ≈ 0,052), validant la distinction empirique entre les quatre facettes du soutien.
  • Un modèle hiérarchique de second ordre : un facteur de second ordre (Soutien Social Perçu Global) coiffant les quatre facteurs de premier ordre. Ce modèle hiérarchique obtient des indices d’ajustement équivalents au modèle à facteurs corrélés et justifie pleinement sur le plan mathématique et clinique l’utilisation conjointe de scores par dimension et d’un score composite global.

Certains chercheurs ont relevé que les items inversés (items négatifs) peuvent occasionner un effet de méthode mineur (facteur de formulation négative), mais la modélisation contrôlant ce biais confirme que la variance substantielle reste majoritairement attribuable aux construits psychologiques théoriques.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report measure).
  • Population cible : Étudiants de l’enseignement supérieur, jeunes adultes en transition universitaire (applicable également en adaptation aux jeunes adultes tout-venant).
  • Nombre total d’items : 48 items organisés en 4 sous-échelles de 12 items.
  • Sous-échelles :
    • Tangible Scale (Soutien matériel/tangible) : 12 items (items 1 à 12 de la sous-échelle).
    • Belonging Scale (Sentiment d’appartenance) : 12 items (items 1 à 12 de la sous-échelle).
    • Appraisal Scale (Soutien d’évaluation) : 12 items (items 1 à 12 de la sous-échelle).
    • Self Esteem Scale (Estime de soi / comparaison sociale) : 12 items (items 1 à 12 de la sous-échelle).
  • Format de réponse original : Choix dichotomique forcé à deux modalités :
    • Probably True (PT) : Probablement Vrai.
    • Probably False (PF) : Probablement Faux.
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Pour chaque sous-échelle, les 6 premiers items (items 1 à 6) sont formulés positivement : la réponse « Probably True » vaut 1 point, et « Probably False » vaut 0 point.
    • Les 6 derniers items (items 7 à 12) sont formulés négativement et doivent faire l’objet d’un codage inversé : la réponse « Probably False » vaut 1 point (indiquant la présence de soutien), et la réponse « Probably True » vaut 0 point.
    • Le score de chaque sous-échelle est calculé en effectuant la somme des 12 items (étendue théorique de chaque sous-échelle : de 0 à 12 points).
    • Le score global de l’ISEL-College est obtenu par la somme des quatre sous-échelles (étendue théorique du score total : de 0 à 48 points). Des scores plus élevés traduisent un niveau plus important de soutien social perçu.
  • Modalités d’administration : Passation individuelle ou collective, sur support papier-crayon ou informatique en ligne. La durée moyenne de passation est de 8 à 12 minutes. Lors de l’administration aux participants, les 48 items doivent être présentés dans un ordre aléatoire (plutôt que regroupés par dimension) pour éviter les biais de réponse thématiques.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1985 (chapitre d’ouvrage de référence de Cohen, Mermelstein, Kamarck et Hoberman).
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’instrument a été mis gracieusement à la disposition de la communauté scientifique internationale par son auteur principal, le Dr Sheldon Cohen. L’échelle est disponible dans le domaine public pour toute utilisation universitaire, académique et de recherche clinique non commerciale, sans paiement de droits de licence (fee-free for academic research).
  • Condition d’utilisation : Aucune autorisation écrite formelle n’est requise pour une utilisation non commerciale à condition de citer explicitement la publication de référence de Cohen et al. (1985). Les versions et grilles de cotation officielles sont conservées et documentées sur les pages académiques institutionnelles de l’Université Carnegie-Mellon.
  • Usage commercial : Toute intégration dans une batterie commerciale protégée ou un logiciel payant nécessite un accord préalable auprès des ayants droit.

12. Références / References

  • Barrera, M., Sandler, I. N., & Ramsay, T. B. (1981). Preliminary development of a scale of social support: Studies on college students. American Journal of Community Psychology, 9(4), 435–447. https://doi.org/10.1007/BF00918174
  • Brookings, J. B., & Bolton, B. (1988). Confirmatory factor analysis of the Interpersonal Support Evaluation List. American Journal of Community Psychology, 16(1), 137–147. https://doi.org/10.1007/BF00906076
  • Cassel, J. (1976). The contribution of the social environment to host resistance. American Journal of Epidemiology, 104(2), 107–123. https://doi.org/10.1093/oxfordjournals.aje.a112281
  • Cobb, S. (1976). Social support as a moderator of life stress. Psychosomatic Medicine, 38(5), 300–314. https://doi.org/10.1097/00006842-197609000-00003
  • Cohen, S., Mermelstein, R., Kamarck, T., & Hoberman, H. M. (1985). Measuring the functional components of social support. In I. G. Sarason & B. R. Sarason (Eds.), Social support: Theory, research and application (pp. 73–94). Martinus Nijhoff Publishers. https://doi.org/10.1007/978-94-009-5115-0_5
  • Cohen, S., & Wills, T. A. (1985). Stress, social support, and the buffering hypothesis. Psychological Bulletin, 98(2), 310–357. https://doi.org/10.1037/0033-2909.98.2.310
  • Heitzmann, C. A., & Kaplan, R. M. (1988). Assessment of methods for measuring social support. Health Psychology, 7(1), 75–109. https://doi.org/10.1037/0278-6133.7.1.75
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Zimet, G. D., Dahlem, N. W., Zimet, S. G., & Farley, G. K. (1988). The Multidimensional Scale of Perceived Social Support. Journal of Personality Assessment, 52(1), 30–41. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa5201_2

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I know someone who would loan me $50 so I could go away for the weekend.
2

I know someone who would give me some old dishes if I moved into my own apartment.
3

I know someone who would loan me $100 to help pay my tuition.
4

If I needed it‚ my family would provide me with an allowance and spending money.
5

If I wanted a date for a party next weekend‚ I know someone at school or in town who would fix me up.
6

I know someone at school or in town who would bring my meals to my room or apartment if I were sick.
7

I don't know anyone who would loan me several hundred dollars to pay a doctor bill or dental bill.
8

I don't know anyone who would give me some old furniture if I moved into my own apartment.
9

Even if I needed it m family would (or could) not give me money for tuition and books.
10

I don't know anyone at school or in town who would help me study for an exam by spending several hours reading me questions.
11

I don't know anyone at school or in town who would loan me their car for a couple of hours.
12

I don't know anyone at school or in town who would get assignments for me from my teachers if I was sick.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Liste d’évaluation du soutien interpersonnel (ISEL). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/interpersonal-support-evaluation-list-isel/
Looti, Mohammed. “Liste d’évaluation du soutien interpersonnel (ISEL).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/interpersonal-support-evaluation-list-isel/.
Looti, Mohammed. “Liste d’évaluation du soutien interpersonnel (ISEL).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/interpersonal-support-evaluation-list-isel/.