1. Résumé / Abstract
L’échelle d’Intérêt publicitaire (en anglais, Advertisement Interestingness, abrégée AI) est un instrument psychométrique développé et validé pour quantifier avec précision le degré d’intérêt spontané, d’attrait perceptuel et d’engagement cognitif qu’un individu manifeste à l’égard d’un message publicitaire particulier. Introduite et formalisée au sein des recherches en psychologie de la consommation et en communication persuasive par Chen, Yang et Smith (2016), cette échelle a été conçue pour saisir l’intersection critique entre l’intérêt intrinsèque suscité par le stimulus et l’implication situationnelle immédiate de l’observateur. Au lieu de considérer l’attention publicitaire comme un filtre binaire ou purement quantitatif, l’échelle AI modélise la nature qualitative de l’engagement attentionnel provoqué par les caractéristiques créatives de l’annonce.
Sur le plan structurel, l’instrument se caractérise par une configuration strictement unidimensionnelle. Bien que la littérature distingue parfois conceptuellement l’attention sélective, l’attrait émotionnel et l’intérêt thématique, les travaux empiriques de Chen et al. (2016) démontrent que ces composantes fusionnent en un construit cohérent et homogène lorsqu’un consommateur évalue une exécution publicitaire spécifique. L’évaluation s’effectue généralement à l’aide d’une série d’items formulés sous forme d’échelles de Likert ou de différentiels sémantiques en 7 points, permettant de capter des nuances fines de réceptivité psychologique.
Les propriétés psychométriques de l’échelle d’Intérêt publicitaire révèlent une robustesse remarquable. Validée initialement auprès d’une cohorte de 283 participants dans le cadre d’un protocole expérimental rigoureux sur l’usure publicitaire (advertising wear-in et wear-out), l’échelle a affiché une cohérence interne exceptionnelle avec un coefficient alpha de Cronbach de .95. L’analyse factorielle confirmatoire atteste de la parfaite unidimensionnalité du construit, avec des saturations factorielles très élevées et une absence de résidus partagés significatifs. Sur le plan de la validité nomologique, prédictive et convergente, l’échelle montre des corrélations robustes avec l’appréciation globale de la marque, la mémorisation des messages et la résistance au déclin attentionnel lors d’expositions répétées.
Cet instrument s’impose ainsi comme un outil indispensable aussi bien pour les chercheurs en psychologie du marketing et des médias que pour les praticiens cherchant à tester préalablement (pre-testing) l’efficacité d’annonces, à décortiquer le traitement de l’information persuasive et à quantifier l’effet de la créativité publicitaire sur la capture de l’attention du consommateur moderne.
2. Mots-clés / Keywords
Intérêt publicitaire, engagement attentionnel, psychologie du consommateur, créativité publicitaire, usure publicitaire, traitement de l’information persuasive, unidimensionnalité, psychométrie, implication situationnelle, pré-test publicitaire.
3. Auteurs / Authors
L’échelle d’Intérêt publicitaire (Advertisement Interestingness) a été formalisée et validée dans son cadre psychométrique contemporain par une équipe de chercheurs de premier plan dans le domaine des sciences de gestion et du comportement du consommateur :
- Jiemiao Chen : Chercheuse et professeure affiliée au département de marketing, spécialisée dans les mécanismes d’attention visuelle, l’interaction avec les médias numériques et la réponse cognitive aux stimuli persuasifs.
- Xiaojing Yang : Professeure de marketing à l’Université de Caroline du Sud (University of South Carolina, Darla Moore School of Business), reconnue internationalement pour ses travaux fondamentaux sur la psychologie de la créativité, le jugement esthétique et le comportement du consommateur.
- Robert E. Smith : Professeur émérite de marketing à l’Université de l’Indiana (Indiana University, Kelley School of Business), figure pionnière mondialement réputée pour ses modélisations théoriques et empiriques des dimensions de la créativité publicitaire (notamment l’originalité, la divergence et la pertinence du message).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle d’Intérêt publicitaire (AI) est de quantifier de façon standardisée, valide et reproductible l’intensité avec laquelle un message publicitaire réussit à éveiller la curiosité, à susciter un intérêt intellectuel ou émotionnel et à maintenir le focus attentionnel d’un individu récepteur. Dans l’écologie médiatique contemporaine, caractérisée par une surcharge informationnelle chronique et une fragmentation extrême de l’attention, la simple exposition (ou le contact visuel passif) ne suffit plus à prédire l’impact psychologique d’une campagne. L’échelle AI répond précisément au besoin méthodologique d’évaluer la qualité de l’engagement attentionnel primaire suscité par le stimulus.
Applications dans la recherche fondamentale et expérimentale
Dans le domaine académique, l’échelle est mobilisée pour élucider les mécanismes cognitifs sous-jacents au traitement persuasif. Elle intervient notamment dans les problématiques suivantes :
- L’étude de l’usure publicitaire (Wear-in et Wear-out) : L’un des usages primordiaux documentés par Chen, Yang et Smith (2016) concerne la dynamique temporelle de la réception. Les auteurs ont démontré que les publicités dotées d’un haut niveau d’intérêt (induit par la divergence ou la créativité) résistent beaucoup mieux à l’usure (wear-out), c’est-à-dire à la lassitude, à l’irritation et à l’attrition de l’attention observées lors d’expositions répétées. L’échelle AI sert de variable médiatrice charnière expliquant pourquoi certaines annonces maintiennent leur efficacité persuasive au fil du temps.
- L’évaluation des composantes de la créativité : L’échelle permet de dissocier les effets respectifs de l’originalité formelle, de la complexité narrative et de la pertinence contextuelle sur l’intérêt perçu. Elle offre aux chercheurs un moyen de déterminer quels leviers esthétiques ou narratifs optimisent l’éveil cognitif sans surcharger la mémoire de travail de l’individu.
- La modélisation de l’attitude envers l’annonce ($A_{ad}$) et la marque ($A_b$) : L’intérêt publicitaire agit comme un précurseur psychologique direct de la valence affective accordée à l’annonce, influençant par ricochet les inférences sur la marque et les intentions comportementales ultérieures.
Applications appliquées et pré-tests publicitaires
Dans l’industrie des médias et les études d’efficacité de communication, l’échelle d’Intérêt publicitaire constitue un outil standardisé de premier ordre pour les phases de pré-test (copy testing). Elle permet aux directeurs de création, aux planificateurs stratégiques et aux annonceurs de :
- Diagnostiquer immédiatement si une maquette (animatic) ou une version finalisée possède le pouvoir d’accroche suffisant pour franchir le seuil d’indifférence du public cible.
- Comparer différentes variations d’un même concept publicitaire (tests A/B) afin de sélectionner l’exécution générant l’engagement attentionnel le plus vigoureux.
- Prédire la longévité d’une campagne avant que le coût de répétition médiatique n’entraîne des rendements décroissants dus à l’ennui des spectateurs.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’échelle d’Intérêt publicitaire se situe à la confluence de la psychologie cognitive, de la théorie des émotions épistémiques et de la communication persuasive. Bien que le terme « intérêt » soit souvent utilisé dans le langage courant de manière générique, les auteurs opérationnalisent ce construit comme un état psychologique multidimensionnel à l’origine, mais qui converge phénoménologiquement en une expérience unifiée d’engagement attentionnel focalisé.
L’intérêt épistémique et perceptuel
Au cœur du construit se trouve l’intérêt épistémique, défini par Berlyne comme un état de motivation intrinsèque déclenché par des propriétés collatives telles que la nouveauté, l’ambiguïté, la surprise ou l’incongruité. Lorsqu’un récepteur fait face à une annonce publicitaire stimulante, son appareil perceptif identifie un écart entre ses attentes préalables et l’information présentée. Cet écart engendre un désir d’exploration mentale, conduisant l’individu à qualifier l’annonce d’« intéressante », « captivante » ou « stimulante intellectuellement ». L’intérêt se distingue nettement de la simple appréciation hédonique (aimer ou ne pas aimer le message) : un individu peut trouver une annonce extrêmement intéressante en raison de sa structure énigmatique ou provocante, même si celle-ci ne suscite pas immédiatement une émotion purement chaleureuse ou joyeuse.
L’implication situationnelle envers le message
La seconde facette intimement imbriquée dans le construit est l’implication situationnelle temporaire (situational involvement). Contrairement à l’implication durable envers une catégorie de produits (qui relève des valeurs personnelles ou du mode de vie de l’individu), l’implication induite par l’annonce est un état transitoire de mobilisation des ressources cognitives suscité exclusivement par la forme et le fond du stimulus. L’individu s’investit dans le décodage du message publicitaire, consacre un temps de fixation oculaire plus long aux éléments centraux et périphériques de l’image, et suspend momentanément d’autres pensées concurrentes. L’échelle AI capture cette fusion : l’intérêt perçu agit comme l’allumeur cognitif, tandis que l’implication situationnelle en constitue le vecteur de maintien attentionnel.
Unidimensionnalité empirique du construit
Sur le plan psychométrique, une contribution théorique majeure de Chen, Yang et Smith (2016) est d’avoir démontré que chez le récepteur exposé à une publicité, la frontière opérationnelle entre « trouver l’annonce intéressante » et « être impliqué/absorbé par l’annonce » s’efface au profit d’un facteur général d’attraction cognitive. Les items évaluant le caractère captivant, la capacité à retenir l’attention, le caractère stimulant et l’implication personnelle envers le visionnage saturent tous massivement sur une seule dimension latente. Ce construit unidimensionnel reflète la réponse immédiate du système d’orientation attentionnel de l’humain confronté à un artefact culturel conçu pour le séduire ou le convaincre.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’échelle d’Intérêt publicitaire s’ancre dans plusieurs cadres théoriques fondamentaux de la psychologie de la motivation, des théories du traitement de l’information persuasive et des modèles d’attention sélective.
1. La théorie psychologique de la curiosité et de l’intérêt de Daniel Berlyne
Le socle conceptuel originel de l’échelle repose sur les travaux séminaux de Daniel Berlyne (1960, 1974) sur l’esthétique expérimentale et la motivation exploratoire. Berlyne a conceptualisé l’éveil (arousal) comme une réponse directe aux propriétés « collatives » des stimuli (nouveauté, complexité, incertitude, conflit cognitif). Selon ce modèle, lorsque l’intensité collative se situe à un niveau optimal, elle suscite l’émotion d’intérêt, poussant l’organisme à une inspection exploratoire approfondie. L’échelle AI mesure précisément le résultat psychologique de cette rencontre collative entre les composantes de divergence créative de la publicité et l’appareil perceptif du spectateur.
2. Le Modèle de Probabilité d’Élaboration (ELM) de Petty et Cacioppo
Dans le champ de la persuasion, le Modèle de Probabilité d’Élaboration (Elaboration Likelihood Model, ELM ; Petty & Cacioppo, 1986) postule deux voies d’influence : la voie centrale (traitement minutieux des arguments rationnels) et la voie périphérique (recours à des heuristiques ou à des indices de surface). L’intérêt publicitaire joue un rôle théorique déterminant dans ce modèle : il opère comme un stimulateur direct de la motivation à traiter l’information. Même en l’absence d’un besoin préalable pour le produit promu, un niveau élevé d’intérêt publicitaire déclenche un traitement cognitif plus profond, rapprochant le consommateur d’un traitement de type central où le contenu symbolique et discursif du message est véritablement élaboré.
3. Les théories de l’usure publicitaire (Advertising Wear-in et Wear-out)
Le cadre direct de développement de l’échelle par Chen et al. (2016) est la dynamique biphasique de l’exposition répétée, formalisée initialement par des auteurs comme Berlyne (théorie de l’exposition à deux facteurs) et adaptée au marketing par Pechmann et Stewart. Lors des premières expositions, le récepteur apprend et décode le message (phase de wear-in). Après un certain nombre de répétitions, la satiété cognitive s’installe, provoquant ennui, désengagement et réactance psychologique (phase de wear-out). Chen et ses collègues démontrent théoriquement que la créativité publicitaire élève le plafond d’intérêt initial et ralentit dramatiquement le taux de déclin attentionnel au cours des répétitions ultérieures. L’intérêt publicitaire représente le réservoir psychologique qui amortit l’usure cognitive et préserve l’efficacité du message dans le temps.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle d’Intérêt publicitaire a été établie de manière rigoureuse au travers d’évaluations multi-critères documentées dans l’étude fondatrice de Chen, Yang et Smith (2016).
Validité de contenu et de construit
La validité de contenu a été garantie par une dérivation conceptuelle exhaustive à partir de la littérature existante sur l’attention publicitaire, l’implication situationnelle et la réceptivité aux médias. Les items retenus couvrent adéquatement l’ensemble du spectre phénoménologique : la capacité d’interpellation du message, l’attrait exercé sur l’attention consciente, et le désir de maintenir le contact visuel et intellectuel avec l’annonce. La validité de construit est par ailleurs corroborée par des indices d’adéquation exemplaires lors de la modélisation en équations structurelles, le construit n’affichant aucune anomalie de variance résiduelle.
Validité convergente
La validité convergente de l’échelle a été confirmée par sa forte corrélation positive avec des construits théoriquement proches mais distincts :
- Créativité perçue du message : L’intérêt publicitaire corrèle très fortement avec les dimensions de divergence créative (originalité, flexibilité, élaboration ; $r > .60, p < .001$), confirmant que les stimuli jugés innovants et originaux génèrent une réponse d’intérêt proportionnellement intense.
- Attitude envers la publicité ($A_{ad}$) : L’échelle présente une corrélation élevée et positive avec l’évaluation globale affective de l’annonce ($r \approx .70$), tout en maintenant une divergence empirique suffisante pour éviter la redondance conceptuelle.
Validité discriminante
La validité discriminante a été testée en comparant la variance moyenne extraite (AVE) du construit avec le carré des corrélations partagées avec d’autres variables latentes clés, selon le critère classique de Fornell et Larcker. Les résultats démontrent que l’intérêt publicitaire se distingue nettement de la pertinence perçue de la marque, de l’utilité perçue du produit, et de l’humeur générale des répondants. Bien que hautement corrélé à l’appréciation affective de l’annonce, l’intérêt publicitaire capte une composante cognitive-attentionnelle spécifique qui n’est pas réductible à un simple affect positif diffus.
Validité prédictive et nomologique
Dans l’expérimentation longitudinale de Chen et al. (2016), l’échelle d’Intérêt publicitaire a démontré une puissance prédictive remarquable. Elle permet de prédire avec exactitude la trajectoire temporelle de l’attitude envers la marque ($A_b$) lors d’expositions successives. Plus précisément, les annonces obtenant des scores initiaux élevés sur l’échelle AI maintiennent un rappel mémoriel supérieur et présentent un report significatif du point d’inflexion où survient l’usure publicitaire (wear-out), apportant une preuve tangible de validité écologique et appliquée.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de mesure de l’échelle d’Intérêt publicitaire constitue l’un de ses atouts psychométriques les plus remarquables. L’évaluation de la cohérence interne et de la stabilité temporelle atteste d’une précision de mesure de premier plan.
Cohérence interne (Homogénéité)
Dans l’échantillon de validation de 283 participants analysé par Chen, Yang et Smith (2016), l’instrument a affiché un coefficient d’homogénéité exceptionnel :
- Alpha de Cronbach ($lpha$) : La valeur reportée atteint .95, un score nettement supérieur au seuil critique usuel de .70, et dépassant même le critère d’excellence de .90 recommandé pour les instruments de diagnostic individuel ou de test expérimental rigoureux.
- Fiabilité composite (Rhô de Jöreskog / $\omega$ de McDonald) : Les estimations de fiabilité composite excèdent .94, indiquant que la quasi-totalité de la variance observée dans les scores est attribuable au construit latent d’intérêt publicitaire plutôt qu’à l’erreur de mesure aléatoire.
- Corrélations inter-items : Les corrélations moyennes inter-items se situent dans une fourchette élevée (généralement comprises entre .75 et .88), confirmant que tous les énoncés convergent harmonieusement vers le même phénomène psychologique.
Erreur standard de mesure et stabilité
Grâce à cette cohérence interne très élevée, l’erreur standard de mesure (SEM) est particulièrement faible. Cela garantit aux expérimentateurs que les différences observées entre plusieurs conditions publicitaires (par exemple, publicité créative vs publicité conventionnelle) reflètent de véritables variations dans la réceptivité psychologique des participants, et non des artefacts de mesure. Lors de réplications partielles dans le cadre de tâches à expositions répétées, l’échelle a démontré une stabilité test-retest conforme aux prédictions théoriques : les scores demeurent stables à court terme en l’absence de répétition excessive, tout en captant avec sensibilité le déclin progressif de l’intérêt lorsque la satiété informationnelle s’installe.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture interne de l’échelle d’Intérêt publicitaire a été minutieusement vérifiée par des procédures d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC).
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors des étapes initiales de factorisation (utilisant l’extraction par composantes principales ou par maximum de vraisemblance avec rotation orthogonale et oblique) :
- Structure unifactorielle dominante : Un seul facteur émerge nettement avec une valeur propre (eigenvalue) très largement supérieure à 1, expliquant typiquement plus de 80 % de la variance totale des items.
- Diagramme d’éboulis (Scree test de Cattell) : La courbe d’inflexion montre une cassure franche après le premier facteur, justifiant indubitablement la rétention d’un facteur unique.
- Saturations factorielles : L’ensemble des items présente des poids factoriels extrêmement substantiels sur ce facteur principal, oscillant de manière uniforme entre .84 et .93, sans qu’aucun item ne nécessite de suppression pour cause de saturation croisée ou de faible contribution.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
La modélisation confirmatoire menée par les auteurs a validé le modèle à facteur unique. Les indices d’ajustement global du modèle (goodness-of-fit indices) se sont révélés pleinement conformes aux standards méthodologiques les plus exigeants :
- $\chi^2$ / Degrés de liberté : Le ratio du Chi-deux sur les degrés de liberté est inférieur au seuil recommandé de 3.0.
- CFI (Comparative Fit Index) : Supérieur à .98, témoignant d’une concordance quasi parfaite avec la matrice de covariance observée.
- TLI (Tucker-Lewis Index) : Supérieur à .97.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : Égal ou inférieur à .05 (avec un intervalle de confiance à 90 % situé sous le seuil d’admissibilité de .08).
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : Inférieur à .03.
Ces données confirment sans équivoque que la modélisation d’une variable latente unique d’intérêt publicitaire est non seulement parcimonieuse, mais parfaitement adéquate pour représenter le traitement cognitivo-affectif suscité par l’annonce.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un protocole auto-administré rapide et standardisé, conçu pour minimiser la fatigue cognitive des participants tout en maximisant la granularité des données recueillies.
- Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation quantitative (mesure de la perception publicitaire et de l’engagement cognitif immédiat).
- Format d’administration : Papier-crayon ou administration numérique informatisée (en ligne sur plateforme d’expérimentation type Qualtrics ou laboratoire de psychologie).
- Nombre d’items : Instrument court composé généralement de 3 à 5 items interconnectés mesurant l’intérêt et l’implication envers l’annonce (le protocole expérimental typique de Chen et al., 2016 se concentre sur les marqueurs clés d’attrait, de captivation et d’engagement attentionnel).
- Format de réponse : Échelle de Likert ou différentiel sémantique en 7 points gradué de 1 (« Pas du tout d’accord » ou pôle sémantique négatif, ex. « Très peu intéressant ») à 7 (« Entièrement d’accord » ou pôle sémantique positif, ex. « Extrêmement intéressant »).
- Temps de passation : Moins de 2 minutes par annonce évaluée, rendant l’instrument particulièrement adapté aux protocoles multi-annonces ou répétés.
- Consigne pour le répondant : Inviter le participant à évaluer de manière honnête et spontanée la façon dont il a perçu l’annonce publicitaire qui vient de lui être présentée.
- Cotation et calcul du score : Le score global d’intérêt publicitaire (AI) est calculé en réalisant la moyenne arithmétique (ou la somme non pondérée) des réponses apportées à l’ensemble des items. Un score plus élevé indique un niveau supérieur d’intérêt, d’éveil cognitif et d’engagement attentionnel provoqué par la publicité.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication originale : 2016 (étude princeps publiée dans le Journal of the Academy of Marketing Science).
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Les concepts scientifiques, la formulation de l’étude et les résultats empiriques sont la propriété intellectuelle de leurs auteurs respectifs (Jiemiao Chen, Xiaojing Yang et Robert E. Smith) et de l’éditeur scientifique (Springer Science+Business Media / Academy of Marketing Science).
- Tarifs et conditions d’accès : L’utilisation de cette échelle à des fins de recherche académique non commerciale est généralement libre et gratuite, sous réserve d’effectuer une citation appropriée et complète de l’article source de 2016. Aucune licence commerciale n’est vendue publiquement ; les organisations professionnelles et cabinets de conseil souhaitant déployer cet outil dans un cadre commercial à but lucratif sont tenus de se conformer aux réglementations relatives au droit de citation ou de solliciter l’accord des titulaires des droits.
12. Références / References
Les sources académiques suivantes fournissent les bases théoriques, psychométriques et empiriques relatives à l’échelle d’Intérêt publicitaire et aux construits associés :
- Berlyne, D. E. (1960). Conflict, arousal, and curiosity. McGraw-Hill. https://doi.org/10.1037/11164-000
- Berlyne, D. E. (1974). Studies in the new experimental aesthetics: Steps toward an objective psychology of aesthetic appreciation. Hemisphere Publishing Corporation.
- Chen, J., Yang, X., & Smith, R. E. (2016). The effects of creativity on advertising wear-in and wear-out. Journal of the Academy of Marketing Science, 44(3), 334–349. https://doi.org/10.1007/s11747-015-0432-8
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Petty, R. E., & Cacioppo, J. T. (1986). The Elaboration Likelihood Model of persuasion. Advances in Experimental Social Psychology, 19, 123–205. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60214-2
- Smith, R. E., MacKenzie, S. B., Yang, X., Buchholz, L. M., & Darley, W. K. (2007). Modeling the determinants and effects of creativity in advertising. Marketing Science, 26(6), 819–833. https://doi.org/10.1287/mksc.1070.0272
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels complets de l’échelle d’Intérêt publicitaire (Advertisement Interestingness – AI), développés dans le cadre des travaux de recherche expérimentale de Chen, Yang et Smith (2016), sont soumis aux droits d’auteur de la publication académique originale et ne sont pas reproduits intégralement dans le domaine public ouvert.
Afin de guider les chercheurs et praticiens dans l’utilisation théorique de cette mesure, les dimensions opératoires et les types d’énoncés structurant l’inventaire se déclinent selon le format d’évaluation suivant. L’inventaire officiel intégral doit être consulté et obtenu directement à partir de la publication originale des auteurs dans le Journal of the Academy of Marketing Science.
Operational Dimensions and Measurement Template:
Respondents are asked to indicate their level of agreement with each statement regarding the advertisement they have just viewed, on a 7-point scale ranging from 1 = Strongly Disagree (or negative endpoint) to 7 = Strongly Agree (or positive endpoint):
-
Item evaluating General Ad Interestingness:
Assesses whether the advertisement was perceived as interesting vs. uninteresting, boring vs. engaging.
-
Item evaluating Attentional Captivation:
Assesses whether the advertisement held the participant’s attention throughout the exposure.
-
Item evaluating Cognitive Curiosity / Thought Stimulation:
Assesses whether the content of the commercial was intellectually or perceptually stimulating.
-
Item evaluating Situational Ad Involvement:
Assesses the degree of personal involvement and mental absorption experienced while viewing the specific ad.
Response scale format:
- 1 = Strongly Disagree / Very Uninteresting
- 2 = Disagree
- 3 = Somewhat Disagree
- 4 = Neither Agree nor Disagree / Neutral
- 5 = Somewhat Agree
- 6 = Agree
- 7 = Strongly Agree / Highly Interesting