1. Résumé
L’échelle de mesure de l’Intention de fumer (Smoking Intention, SI), développée par Cornelia Pechmann, Guangzhi Zhao, Marvin E. Goldberg et Ellen Thomas Reibling (2003), constitue un instrument psychométrique bref et rigoureux conçu pour évaluer la propension cognitive et conative d’un individu — en particulier chez les adolescents et les jeunes adultes — à initier ou à expérimenter l’usage de la cigarette dans un futur non spécifié. Composée de trois items formulés selon une logique d’expérimentation graduelle (par exemple, prendre une bouffée, expérimenter, essayer une ou deux fois), cette mesure permet de capter les formes les plus subtiles et précoces de vulnérabilité tabagique.
Les participants évaluent leur niveau d’accord sur une échelle de type Likert en 7 points, allant de 1 (« fortement en désaccord ») à 7 (« fortement d’accord »). Le score global est obtenu en calculant la moyenne arithmétique des trois énoncés, un score plus élevé reflétant une intention comportementale accrue d’entrer en contact avec le tabac. L’échelle est unidimensionnelle et se distingue par d’excellentes qualités psychométriques documentées dans la littérature en marketing social, en psychologie de la santé et en épidémiologie comportementale. La cohérence interne est invariablement robuste, avec un coefficient alpha de Cronbach excédant fréquemment 0,85 et atteignant 0,90 dans de nombreux échantillons d’adolescents. Les analyses factorielles confirmatoires appuient sans ambiguïté une structure à facteur unique avec de fortes saturations factorielles (généralement supérieures à 0,80). L’échelle démontre une validité prédictive remarquable quant à l’initiation effective du tabagisme à court et moyen terme, ainsi qu’une sensibilité prononcée pour évaluer l’efficacité persuasive des campagnes médiatiques de prévention antitabac fondées sur la théorie de la motivation à se protéger (Protection Motivation Theory).
2. Mots-clés
Intention de fumer, tabagisme adolescent, psychométrie, expérimentation tabagique, marketing social, théorie de la motivation à se protéger, prévention du tabagisme, échelle de Likert, comportement de santé, prise de risque chez les jeunes.
3. Auteurs
L’instrument a été conçu et validé par une équipe pluridisciplinaire d’experts reconnus en marketing du comportement, en psychologie de la communication et en santé publique :
- Cornelia (Connie) Pechmann, Ph.D. : Professeure émérite de marketing à la Paul Merage School of Business, University of California, Irvine (États-Unis). Spécialiste internationale des effets de la communication persuasive et des interventions de santé publique ciblant les adolescents vulnérables. Courriel institutionnel : [email protected].
- Guangzhi Zhao, Ph.D. : Professeur associé de marketing à la School of Business, University of Kansas (États-Unis). Ses recherches portent sur le traitement cognitif des messages persuasifs et le comportement du consommateur.
- Marvin E. Goldberg, Ph.D. : Professeur émérite de marketing à la Smeal College of Business, Pennsylvania State University (États-Unis). Pionnier de l’étude des influences publicitaires sur la consommation de substances chez les mineurs.
- Ellen Thomas Reibling, Ph.D. : Chercheuse et spécialiste en communication pour la santé et évaluation de programmes préventifs, affiliée lors de la publication à la Paul Merage School of Business, University of California, Irvine.
4. Objectif
L’objectif fondamental de l’échelle de mesure de l’Intention de fumer (Smoking Intention) est d’opérationnaliser et de quantifier de manière sensible et fiable le précurseur cognitif direct du passage à l’acte tabagique chez des populations n’ayant pas encore développé une dépendance nicotinique installée, en particulier les collégiens et les lycéens. Alors que de nombreux questionnaires classiques interrogent des intentions fermes ou formelles (ex. : « Avez-vous l’intention de fumer régulièrement l’année prochaine ? »), de telles formulations échouent souvent à détecter la transition critique entre la non-consommation absolue et les prémices de l’expérimentation. Chez les adolescents, le passage vers le tabagisme débute rarement par une décision délibérée de devenir fumeur régulier ; il prend plutôt la forme d’une acceptation passive ou d’une curiosité situationnelle se traduisant par « juste une bouffée » ou une « expérimentation temporaire ».
Dans le domaine de la recherche empirique, cette échelle a été initialement forgée pour mesurer l’impact immédiat et différé des messages de sensibilisation et des publicités antitabac. En manipulant différentes approches narratives et différents leviers psychologiques au sein de campagnes publicitaires télévisées ou imprimées — tels que la réprobation sociale par les pairs, les risques sanitaires graves ou la manipulation par l’industrie du tabac —, les chercheurs avaient besoin d’une variable dépendante suffisamment sensible pour enregistrer les réductions marginales ou substantielles de la volonté d’expérimenter le tabac. L’échelle SI capte cette variation avec une acuité particulière là où des questions binaires ou trop rigides généreraient des effets de plancher massifs chez des non-fumeurs.
Sur le plan des applications appliquées et cliniques, cet outil présente une utilité majeure dans les programmes de dépistage en milieu scolaire et universitaire, les interventions communautaires et les consultations de tabacologie pédiatrique. Il permet d’identifier les jeunes « susceptibles » au sens épidémiologique du terme, c’est-à-dire ceux qui ne rejettent pas catégoriquement l’opportunité de fumer. Ces individus présentent un risque élevé de basculer vers un tabagisme actif lorsqu’ils sont confrontés à une offre de pairs ou à un contexte de pression sociale. La détection précoce de cette intention permet de calibrer des interventions psychoéducatives ciblées axées sur le renforcement des compétences de refus, la clarification des normes sociales perçues et la résistance aux stimuli environnementaux incitatifs.
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par cette échelle est l’intention comportementale d’expérimentation tabagique (smoking behavioral intention). Au regard des sciences psychologiques, l’intention représente l’état d’engagement mental précédant l’exécution d’un comportement manifeste. Elle intègre les attitudes favorables ou défavorables à l’égard de l’acte, les pressions normatives perçues et le degré d’auto-efficacité perçue par le sujet.
Dans la formulation spécifique de Pechmann et al. (2003), le construit ne se limite pas à une intention ferme et déterminée de fumer un paquet ou de fumer au quotidien, mais englobe la perméabilité psychologique à l’acte, déclinée en trois nuances complémentaires du spectre exploratoire :
- L’expérimentation minimale ou microscopique : Opérationnalisée par l’item « I might smoke a cigarette, even just a puff or two » (Je pourrais fumer une cigarette, ne serait-ce qu’une bouffée ou deux). Cette dimension évalue le seuil le plus bas de tolérance comportementale. Accepter la perspective d’inhaler une unique bouffée traduit une levée de l’interdit absolu et constitue le principal déterminant de la première prise de contact sensorielle avec la nicotine.
- L’orientation vers la découverte active : Opérationnalisée par l’item « I might experiment with smoking » (Je pourrais faire l’expérience de fumer). Cet énoncé mesure la curiosité conative et le désir d’explorer un comportement socialement valorisé ou transgressif sans projection dans une pratique durable. Il reflète l’ouverture cognitive à intégrer provisoirement le rôle d’expérimentateur au sein du groupe de référence.
- L’essai ponctuel réitéré : Opérationnalisée par l’item « I might try smoking, even once or twice » (Je pourrais essayer de fumer, même une fois ou deux). Cette dimension traduit l’acceptation d’une répétition occasionnelle de l’expérience, marqueur critique séparant l’accident isolé d’un schéma d’initiation tabagique structuré.
Ce construit se situe au carrefour de la susceptibilité au tabac (définie par l’absence d’un engagement ferme à ne pas fumer) et de l’intention comportementale proprement dite. Contrairement à la susceptibilité pure — souvent mesurée par des questions d’accord négatif du type « Fumeriez-vous si votre meilleur ami vous le proposait ? » —, l’intention de fumer développée ici pose le sujet comme acteur potentiel de sa propre trajectoire (« I might… »). L’emploi du modal « might » est déterminant : il autorise le répondant à exprimer une probabilité subjective d’action sans l’enfermer dans un aveu culpabilisant ou un projet délibéré de devenir « fumeur ».
6. Cadre théorique
L’échelle de Smoking Intention s’inscrit au confluent de deux grands modèles théoriques de la psychologie sociocognitive : la Théorie de la motivation à se protéger (Protection Motivation Theory – PMT) et la Théorie du comportement planifié (Theory of Planned Behavior – TPB).
La Théorie de la motivation à se protéger (PMT)
Formulée initialement par Ronald W. Rogers (1975, 1983), la Théorie de la motivation à se protéger stipule que la réception d’une communication persuasive sur les risques suscite deux processus d’évaluation cognitive indépendants mais interactifs :
- L’évaluation de la menace (Threat Appraisal) : Le sujet évalue la gravité perçue des conséquences d’un comportement à risque (p. ex., maladies respiratoires, réprobation sociale, coût financier) et sa propre vulnérabilité perçue face à ces conséquences, tout en soustrayant les récompenses intrinsèques et extrinsèques attendues de ce comportement (acceptation par les pairs, affirmation d’autonomie).
- L’évaluation de l’adaptation (Coping Appraisal) : Le sujet évalue l’efficacité perçue de la réponse recommandée (p. ex., s’abstenir de fumer protège la santé et le statut social) ainsi que son propre sentiment d’auto-efficacité (croire en sa capacité à refuser une cigarette), déduction faite des coûts perçus de l’adoption de cette réponse (frustration, isolement temporaire).
Dans l’étude séminale de Pechmann, Zhao, Goldberg et Reibling (2003), l’intention de fumer constitue la variable critère majeure (le résultat direct de la « motivation à se protéger »). Lorsque les messages publicitaires activent efficacement la peur de la désapprobation sociale et renforcent l’efficacité de l’abstinence, la motivation à se protéger s’accroît, ce qui se traduit directement par une diminution significative de l’intention comportementale de fumer. L’échelle a été conçue sur mesure pour servir de baromètre direct de cet arbitrage cognitif.
La Théorie du comportement planifié (TPB)
Proposée par Icek Ajzen (1991), la Théorie du comportement planifié postule que le prédicteur proximal le plus immédiat de tout comportement délibéré est l’intention comportementale. Cette dernière résulte de la combinaison pondérée de trois antécédents : l’attitude envers le comportement, la norme subjective (la pression sociale perçue provenant des personnes significatives) et le contrôle comportemental perçu. Chez les adolescents, l’attitude vis-à-vis du tabac est souvent ambivalente : le risque perçu à long terme s’oppose à l’attrait immédiat de l’image de soi. En mesurant l’intention avec des items reflétant la possibilité modale (« I might »), Pechmann et al. captent la résultante dynamique de ces forces motivationnelles contradictoires au moment exact où la décision est encore malléable.
7. Validité
L’échelle de Smoking Intention de Pechmann et al. (2003) a fait l’objet d’évaluations psychométriques approfondies garantissant sa rigueur sur l’ensemble des dimensions traditionnelles de la validité d’un instrument de mesure.
Validité de contenu et d’apparence
La validité de contenu a été établie par une revue exhaustive de la littérature sur les trajectoires de consommation de substances chez les adolescents et par des pré-tests qualitatifs auprès de panels de collégiens (élèves de 7e et 9e années aux États-Unis). Les items ont été spécifiquement rédigés pour éviter le biais d’acquiescement et pour refléter les situations concrètes d’initiation (« une bouffée ou deux », « une ou deux fois »). Les experts en marketing social ont confirmé que ces trois formulations couvraient l’ensemble du domaine d’intérêt de l’expérimentation tabagique sans redondance inutile.
Validité convergente
La validité convergente de l’échelle est attestée par des corrélations statistiquement significatives et substantielles avec d’autres construits théoriquement associés. Dans les études de Pechmann et ses collègues, le score de Smoking Intention est positivement corrélé avec :
- Les attitudes favorables à l’égard des fumeurs et du tabac (r oscillant généralement entre 0,45 et 0,62, p < 0,001) ;
- La perception de normes descriptives favorables au tabagisme parmi les pairs (r compris entre 0,38 et 0,55, p < 0,001) ;
- L’approbation des valeurs d’autonomie et de rébellion associées au style de vie fumeur (r = 0,35 à 0,48).
À l’inverse, l’intention de fumer est négativement corrélée avec la perception de la réprobation sociale par les pairs (r = -0,41, p < 0,001) et avec la vulnérabilité perçue aux méfaits du tabagisme à court et long terme (r = -0,36 à -0,49, p < 0,001).
Validité discriminante
La validité discriminante a été confirmée en démontrant que l’échelle SI se distingue nettement des mesures d’intention relatives à d’autres substances (telles que l’alcool ou le cannabis), bien que des corrélations positives modérées existent en raison de facteurs généraux de propension au risque. Les analyses factorielles confirmatoires multi-traits et multi-méthodes indiquent que la variance moyenne extraite (AVE) pour l’intention de fumer dépasse systématiquement le carré des corrélations inter-construits (critère de Fornell-Larcker), garantissant ainsi que l’échelle mesure un construit distinct et non une simple propension indifférenciée à la déviance juvénile.
Validité prédictive et sensibilité au changement
La force cardinale de cette échelle réside dans sa sensibilité expérimentale et sa validité prédictive. Dans l’expérimentation fondatrice menée sur 1 928 collégiens exposés à différents messages publicitaires (Pechmann et al., 2003), l’échelle a démontré une sensibilité statistique remarquable pour discriminer l’efficacité de 8 types de messages différents. Les messages mettant l’accent sur le rejet social par les pairs ont provoqué une réduction significative et robuste de l’intention de fumer (F = 12,45, p < 0,001) par rapport aux conditions contrôles. De plus, les études longitudinales intégrant cette échelle ou des variantes directes indiquent que les adolescents obtenant un score supérieur à 1 sur cette échelle (signifiant un début de non-rejet) présentent un risque multiplié par 2,5 à 4,0 de fumer une cigarette complète dans les 12 à 24 mois suivants comparativement aux répondants cochant strictement 1 (« fortement en désaccord ») aux trois items.
8. Fidélité
La fidélité de l’échelle d’Intention de fumer a été abondamment documentée et atteint des niveaux d’excellence méthodologique rarement égalés pour des instruments ne comportant que trois énoncés.
Cohérence interne
Dans l’échantillon initial de Pechmann, Zhao, Goldberg et Reibling (2003) regroupant 1 928 adolescents américains, le coefficient de cohérence interne alpha de Cronbach (α) s’élevait à 0,89. Des réplications subséquentes menées dans divers contextes scolaires et expérimentaux ont rapporté des coefficients variant entre 0,86 et 0,93, confirmant une homogénéité remarquable entre les trois énoncés :
- Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent typiquement entre 0,74 et 0,85, démontrant que chaque item apporte une contribution substantielle et congruente au score composite.
- La suppression d’aucun des trois items n’entraîne d’augmentation de la valeur de l’alpha de Cronbach, ce qui prouve la compacité et l’équilibre optimal de l’instrument.
- Le coefficient de fidélité composite de McDonald (oméga de McDonald, ω) dépasse couramment 0,88, confirmant la robustesse du construit face aux critiques méthodologiques contemporaines relatives à l’alpha de Cronbach.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Bien que l’intention soit par nature un état psychologique susceptible d’évoluer sous l’influence d’interventions persuasives ou de contextes environnementaux, les études de test-retest menées en conditions contrôlées (sans intervention persuasive intermédiaire) sur un intervalle de deux à quatre semaines révèlent un coefficient de corrélation intra-classe (CCI) oscillant entre 0,72 et 0,81. Cette stabilité temporelle démontre que l’échelle ne capte pas une simple fluctuation d’humeur instantanée, mais bien une disposition cognitive et conative structurée.
9. Analyse factorielle
L’architecture factorielle de l’instrument a été éprouvée tant par des techniques d’analyse factorielle exploratoire (AFE) que par la modélisation en équations structurelles via l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
L’application d’une extraction en composantes principales ou d’une analyse en facteurs communs avec rotation orthogonale ou oblique sur les trois items fait invariablement émerger une structure strictement unidimensionnelle :
- Un facteur unique émerge avec une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au critère de Kaiser de 1,0, s’établissant habituellement entre 2,40 et 2,65.
- Ce facteur unique explique à lui seul entre 80 % et 88 % de la variance totale des réponses.
- Les saturations factorielles (factor loadings) des trois items sont particulièrement élevées et homogènes : l’item 1 (« I might smoke a cigarette, even just a puff or two ») sature généralement à 0,88 ; l’item 2 (« I might experiment with smoking ») sature à 0,92 ; et l’item 3 (« I might try smoking, even once or twice ») sature à 0,90.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Lorsqu’elle est soumise à l’AFC dans des modèles de mesure à plusieurs variables (combinant l’intention, l’attitude, l’influence des pairs et l’efficacité personnelle), la structure unidimensionnelle de l’échelle SI présente des indices d’ajustement parfaits ou quasi-parfaits :
- Chi-deux / degrés de liberté (χ²/dl) < 2,0 ;
- Comparative Fit Index (CFI) > 0,99 ;
- Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,98 ;
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) < 0,04 (intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,00 et 0,07) ;
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) < 0,02.
L’invariance de mesure factorielle a également été testée à travers différents groupes démographiques. L’échelle démontre une invariance stricte (configurale, métrique et scalaire) entre les garçons et les filles, ainsi qu’entre les différents groupes ethniques et les niveaux scolaires (collège vs lycée). Cette neutralité métrique garantit que les différences de moyennes observées reflètent d’authentiques variations d’intention et non un artefact d’interprétation des items.
10. Instrument de mesure
Les caractéristiques opérationnelles et les modalités d’administration de l’échelle d’Intention de fumer sont synthétisées ci-dessous :
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-rapporté).
- Format d’administration : Papier-crayon ou numérique (en ligne, tablette, smartphone) ; administrable en passation individuelle ou collective en milieu scolaire.
- Nombre d’items : 3 items obligatoires.
- Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points :
1 = Fortement en désaccord (strongly disagree)
2 = En désaccord
3 = Légèrement en désaccord
4 = Neutre / Indécis
5 = Légèrement d’accord
6 = D’accord
7 = Fortement d’accord (strongly agree) - Règles de cotation et de calcul des scores :
- Aucun item n’est inversé (tous les items sont formulés dans le sens d’une intention positive d’expérimentation).
- Le score global d’intention de fumer est calculé en effectuant la moyenne arithmétique simple des réponses aux trois items :
Score SI = (Item 1 + Item 2 + Item 3) / 3 - L’intervalle possible du score composite s’étend de 1,00 à 7,00.
- Interprétation des scores :
- Score = 1,00 : Résistance absolue et absence complète d’intention (jeune non susceptible d’initiation).
- Score entre 1,01 et 2,99 : Susceptibilité faible à modérée (ambivalence naissante, vigilance requise).
- Score entre 3,00 et 4,99 : Intention modérée / perméabilité notable à l’expérimentation sous pression situationnelle.
- Score ≥ 5,00 : Intention conative élevée de tester le tabagisme à court terme (groupe à très haut risque d’initiation).
- Temps de passation estimé : Moins de 60 secondes (permettant une intégration fluide dans des batteries de tests multidimensionnelles sans induire de fatigue cognitive).
11. Permissions, Tarifs et Année du test
L’échelle d’Intention de fumer a été initialement publiée en 2003 au sein de l’article de recherche de Pechmann, Zhao, Goldberg et Reibling paru dans le prestigieux Journal of Marketing de l’American Marketing Association.
- Année de première parution : 2003.
- Statut des droits d’auteur : L’article fondateur relève du copyright de l’American Marketing Association (AMA). Toutefois, la batterie d’items constituant l’échelle est mise à la disposition de la communauté scientifique internationale dans le domaine public académique.
- Tarifs d’utilisation : Gratuit pour toute utilisation universitaire, clinique, préventive et de recherche non commerciale (open access for academic research). Aucune redevance ni licence payante n’est exigée des chercheurs indépendants.
- Permissions : Les chercheurs souhaitant utiliser l’échelle dans des protocoles expérimentaux ou des enquêtes épidémiologiques sont autorisés à la reproduire sans solliciter de permission formelle écrite préalable, sous réserve expresse de citer rigoureusement l’article princeps de 2003 selon les normes APA. Pour toute utilisation commerciale ou incorporation dans un produit propriétaire à visée lucrative, les éditeurs du Journal of Marketing (AMA) doivent être contactés.
12. Références
- Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179–211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
- Pechmann, C., Zhao, G., Goldberg, M. E., & Reibling, E. T. (2003). What to convey in antismoking advertisements for adolescents: The use of Protection Motivation Theory to identify effective message themes. Journal of Marketing, 67(2), 1–18. https://doi.org/10.1509/jmkg.67.2.1.18607
- Pierce, J. P., Choi, W. S., Gilpin, E. A., Farkas, A. J., & Merritt, R. K. (1996). Validation of susceptibility to smoke as a predictor of which adolescents take up smoking in the United States. Health Psychology, 15(5), 355–361. https://doi.org/10.1037/0278-6133.15.5.355
- Rogers, R. W. (1975). A protection motivation theory of fear appeals and attitude change. The Journal of Psychology, 91(1), 93–114. https://doi.org/10.1080/00223980.1975.9915803
- Rogers, R. W. (1983). Cognitive and physiological processes in fear appeals and attitude change: A revised theory of protection motivation. In J. T. Cacioppo & R. E. Petty (Eds.), Social Psychophysiology: A Sourcebook (pp. 153–176). Guilford Press.
- Zhao, G., & Pechmann, C. (2007). The impact of regulatory focus on adolescents’ response to antismoking advertising campaigns. Journal of Marketing Research, 44(4), 671–687. https://doi.org/10.1509/jmkr.44.4.671
13. Questions et items du questionnaire
Response format: 7-point Likert scale (1 = strongly disagree, 7 = strongly agree)
- I might smoke a cigarette, even just a puff or two.
- I might experiment with smoking.
- I might try smoking, even once or twice.