1. Résumé / Abstract
L’échelle d’Intention de fumer chez les adolescents (en anglais, Adolescent Smoking Intention [ASI]), développée et formalisée par J. Craig Andrews, Richard G. Netemeyer, Scot Burton, D. Paul Moberg et Ann Christiansen (2004), est un instrument psychométrique bref conçu pour évaluer la susceptibilité et la probabilité subjective qu’un adolescent s’engage dans des comportements tabagiques futurs. S’inscrivant dans la lignée des travaux pionniers de Pierce et al. (1996) sur la vulnérabilité tabagique, l’ASI mesure l’intention comportementale à travers trois horizons temporels et contextuels distincts : une situation sociale proximale immédiate (la propension à fumer si un pair ou un ami proche propose une cigarette), une perspective temporelle à court terme (au cours de l’année à venir) et une projection à moyen terme (dans un horizon de cinq ans).
Composée de 3 items administrés sous forme d’échelle d’évaluation en 4 points (allant généralement de « Certainement pas » à « Certainement oui »), l’échelle capture un construit unidimensionnel robuste. Dans l’étude princeps d’Andrews et al. (2004), menée auprès d’un vaste échantillon représentatif de collégiens et de lycéens dans le cadre de l’évaluation de campagnes nationales et régionales de prévention anti-tabac (comme l’initiative truth® de l’American Legacy Foundation), l’échelle a démontré d’excellentes qualités métrologiques. La consistance interne mesurée par le coefficient alpha de Cronbach oscille de manière constante entre 0,84 et 0,89 selon les sous-groupes d’âge et les statuts tabagiques antérieurs.
L’analyse factorielle confirmatoire a systématiquement soutenu une structure unifactorielle avec des saturations factorielles très élevées (dépassant 0,80 pour tous les items) et des indices d’ajustement remarquables (CFI > 0,98 ; RMSEA < 0,05). L’instrument se caractérise par une validité prédictive prépondérante, prédisant fidèlement l’initiation tabagique ultérieure et le passage de l’expérimentation occasionnelle au tabagisme régulier, tout en servant d’indicateur sensible à l’impact persuasionnel des communications médiatiques en santé publique. Sa brièveté exemplaire en fait un outil de choix pour les études épidémiologiques longitudinales et les protocoles d’évaluation en milieu scolaire.
2. Mots-clés / Keywords
Intention de fumer, Adolescents, Tabagisme, Psychométrie, Théorie du comportement planifié, Susceptibilité tabagique, Prévention en santé publique, Marketing social, Modélisation par équations structurelles, Évaluation de campagne anti-tabac.
3. Auteurs / Authors
L’échelle d’intention de fumer chez les adolescents (ASI) a été conceptualisée et validée dans son cadre d’évaluation marketing et préventif par une équipe pluridisciplinaire d’experts en comportement du consommateur, en marketing social et en recherche épidémiologique sur les dépendances :
- J. Craig Andrews, Ph.D. — Professeur émérite et titulaire de la chaire Charles H. Kellstadt en marketing à la Marquette University (Milwaukee, Wisconsin, États-Unis). Spécialiste reconnu du marketing social, des politiques publiques de santé et de l’influence de la publicité sur les comportements à risque des adolescents. Courriel académique institutionnel :
[email protected]. - Richard G. Netemeyer, Ph.D. — Professeur de marketing à la McIntire School of Commerce, University of Virginia (Charlottesville, Virginie, États-Unis). Sommité internationale en méthodologie de la recherche, théorie de la mesure psychométrique et modélisation par équations structurelles. Courriel académique :
[email protected]. - Scot Burton, Ph.D. — Professeur distingué de marketing à la Sam M. Walton College of Business, University of Arkansas (Fayetteville, Arkansas, États-Unis). Spécialiste de la psychologie de la consommation, de l’étiquetage sanitaire et des comportements de santé publique.
- D. Paul Moberg, Ph.D. — Chercheur senior honoraire à l’University of Wisconsin Population Health Institute, School of Medicine and Public Health, University of Wisconsin-Madison (Madison, Wisconsin, États-Unis). Expert en sociologie de la santé, en évaluation de programmes d’intervention et en toxicomanie chez les jeunes.
- Ann Christiansen, MPH — Épidémiologiste et spécialiste de santé publique, rattachée à l’époque des travaux à l’University of Wisconsin Medical School, activement impliquée dans le suivi des données d’enquêtes épidémiologiques longitudinales sur la consommation de substances psychotropes.
4. Objectif / Purpose
Le développement de l’ASI s’est articulé autour d’un impératif méthodologique et sanitaire majeur : disposer d’un indicateur métrologique ultra-court, valide et théoriquement ancré pour capturer le continuum cognitivo-motivationnel précédant l’adoption active du tabagisme chez les adolescents. Dans le domaine de la tabacologie comportementale, il est solidement établi que l’initiation tabagique n’est pas un événement aléatoire ou spontané, mais l’aboutissement d’une trajectoire cognitive débutant par l’absence d’engagement ferme à ne pas fumer (la « susceptibilité »), progressant vers une intention déclarée explicite, pour aboutir à l’essai et au tabagisme régulier.
L’objectif fondamental de l’instrument est double :
- Servir de critère d’efficacité primaire dans l’évaluation des interventions préventives et des campagnes de marketing social : Les campagnes médiatiques de masse (comme la campagne nationale américaine truth® ou les campagnes européennes de dénormalisation de l’industrie du tabac) ciblent prioritairement les représentations symboliques, les normes perçues et les intentions des jeunes. Comme les taux d’incidence comportementale directe mettent plusieurs mois ou années à évoluer de manière statistiquement détectable à l’échelle d’une cohorte, l’intention comportementale constitue la variable médiatrice proximale clé. Andrews et al. (2004) ont démontré que l’ASI était extrêmement sensible aux variations d’exposition aux messages anti-tabac et permettait de vérifier empiriquement si les contre-discours publicitaires neutralisaient la pression sociale des pairs et le marketing pro-tabac.
- Identifier précocement les populations d’adolescents à haut risque dans les contextes éducatifs et épidémiologiques : Dans les collèges et lycées, administrer des questionnaires exhaustifs est souvent prohibitif en termes de temps scolaire et de charge cognitive. L’ASI permet un dépistage rapide (« screening ») des jeunes qui ne disposent pas d’une barrière cognitive hermétique face à l’offre d’une cigarette. Sur le plan clinique et préventif, cela oriente l’allocation d’interventions ciblées d’entraînement à la résistance aux pairs et de renforcement du sentiment d’auto-efficacité.
Sur le plan théorique, l’ASI remédie à une faiblesse récurrente des mesures binaires naïves (« Avez-vous l’intention de fumer ? Oui/Non »). En incorporant une granularité situationnelle (la pression immédiate des pairs) et deux horizons temporels distincts (1 an et 5 ans), l’échelle neutralise l’optimisme comparatif propre à l’adolescence, période durant laquelle un sujet peut sincèrement nier vouloir fumer dans l’immédiat tout en envisageant la possibilité d’une transition tabagique à l’âge adulte ou dans un contexte de conformité sociale.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’Adolescent Smoking Intention (ASI) relève de la psychologie différentielle et de la psychologie sociale des conduites addictives : il s’agit de la disposition motivationnelle et intentionnelle à l’égard de la consommation de tabac. Ce construit est conceptualisé comme une dimension unidimensionnelle sous-tendue par trois manifestations empiriques complémentaires :
1. L’intention conditionnée par la pression proximale des pairs (Vulnérabilité situationnelle)
Cette dimension évalue la perméabilité de l’adolescent face à une opportunité directe et socialement valorisée de consommation (« Si l’un de tes meilleurs amis te proposait une cigarette, la fumerais-tu ? »). Chez l’adolescent, le tabagisme est avant tout un comportement d’affiliation et d’intégration groupale. Mesurer l’intention en l’adossant à l’interaction avec le meilleur ami active la composante de pression normative et d’approbation sociale, contournant la simple réponse de façade désirable qui consisterait à affirmer une intention abstraite négative.
2. L’intention prospective à court terme (Projection à 12 mois)
Le deuxième item explore la probabilité subjective de consommer au cours de l’année scolaire à venir (« À un moment quelconque au cours de l’année prochaine, penses-tu que tu fumeras une cigarette ? »). Cette dimension capture l’anticipation réaliste à court terme, période critique d’évolution développementale, de changement de cercle d’amis ou de transition scolaire (par exemple, passage du collège au lycée), au cours de laquelle les opportunités de fumer augmentent drastiquement.
3. L’intention projective à moyen terme (Projection à 5 ans)
Le troisième item positionne le participant dans un futur plus éloigné, correspondant typiquement à la fin de l’adolescence ou à l’entrée dans le jeune âge adulte (« Penses-tu que tu fumeras des cigarettes d’ici 5 ans ? »). Cette dimension permet de capturer les représentations que le jeune se fait de son identité future. De nombreux adolescents considèrent le tabagisme comme une prérogative adulte ou une composante d’un mode de vie autonome futur, même s’ils s’interdisent de fumer au domicile parental dans le présent.
Le génie psychométrique de l’ASI, dans le sillage de l’algorithme de « susceptibilité tabagique » introduit par John P. Pierce, réside dans le fait que toute réponse différente d’une dénégation absolue et catégorique (« Certainement pas » à chacun des trois items) caractérise un individu vulnérable ou en transition vers le tabagisme. L’intention n’est donc pas seulement un plan d’action délibéré au sens adulte du terme, mais également l’absence d’une décision cognitive ferme de non-initiation.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’Adolescent Smoking Intention (ASI) s’ancre au confluent de plusieurs théories majeures de la psychologie sociale et de l’apprentissage social :
La Théorie du Comportement Planifié (TCP) d’Ajzen
Selon la théorie de l’action raisonnée et du comportement planifié d’Icek Ajzen (1991), l’intention comportementale représente le déterminant proximal immédiat le plus robuste de l’action. L’intention capture l’intensité de la motivation d’un individu à déployer des efforts pour réaliser un comportement donné. Dans le modèle d’Andrews et al. (2004), l’intention de fumer agit comme la plaque tournante reliant :
- Les attitudes envers le tabac et les fabricants de tabac (ex. perception de la dangerosité, colère envers les manipulations marketing) ;
- Les normes subjectives (approbation ou désapprobation des parents et des pairs) ;
- Le comportement effectif futur d’usage régulier du tabac.
La Théorie Sociale Cognitive de Bandura
L’ancrage théorique mobilise également la théorie de l’apprentissage social d’Albert Bandura (1986). L’observation de modèles (parents, pairs populaires, célébrités dans les médias) façonne les attentes de résultats (plaisir, acceptation sociale, gestion du stress). L’item 1 de l’ASI reflète précisément l’épreuve de vicariance et d’influence des pairs, évaluant si le capital d’auto-efficacité de résistance de l’adolescent est suffisant pour opposer un refus face au comportement modélisé par l’entourage proche.
Le Modèle de Susceptibilité Tabagique de Pierce
Dans la perspective épidémiologique développée par Pierce, Choi, Gilpin, Farkas et Merritt (1996), l’initiation tabagique passe par une phase cognitive préparatoire où l’adolescent « baisse sa garde ». L’ASI opérationnalise ce principe en considérant que l’intention chez les mineurs n’est pas toujours une résolution activement verbalisée, mais souvent une tolérance implicite à la tentation future. En mesurant l’absence de certitude négative à travers des scénarios projectifs, l’ASI formalise la théorie des stades de changement de Prochaska et DiClemente, séparant sans équivoque la phase de pré-contemplation rigide (immunité cognitive) de la phase de contemplation et de préparation comportementale.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’ASI a fait l’objet d’investigations approfondies au moyen de modèles d’équations structurelles (SEM) et d’analyses multi-groupes au sein de larges cohortes d’adolescents (Andrews et al., 2004) :
Validité de construit et structurelle
Dans les analyses menées par Andrews et ses collègues, le modèle de mesure démontre que l’ASI possède une validité de construit exemplaire. L’analyse factorielle confirmatoire révèle que les trois items forment un facteur unitaire homogène présentant une variance moyenne extraite (AVE — Average Variance Extracted) supérieure à 0,65, dépassant largement le seuil standard de 0,50 recommandé par Fornell et Larcker. Cela atteste que la majeure partie de la variance observée provient du construit théorique sous-jacent et non d’une erreur de mesure aléatoire.
Validité convergente
L’ASI corrèle fortement et positivement avec des variables reconnues pour favoriser le tabagisme :
- L’influence sociale des pairs fumeurs ($r \approx 0,45$ à $0,55$, $p < 0,001$) ;
- Le tabagisme familial/parental ($r \approx 0,25$ à $0,35$, $p < 0,001$) ;
- Les attitudes favorables à l’égard de l’industrie du tabac et de l’image du fumeur ($r \approx 0,40$, $p < 0,001$).
À l’inverse, l’ASI présente de fortes corrélations négatives avec la croyance que les fabricants de tabac mentent sur les dangers de la cigarette et avec le rappel confirmé des campagnes anti-tabac centrées sur la manipulation de l’industrie ($r \approx -0,28$ à $-0,38$, $p < 0,001$).
Validité discriminante
La validité discriminante a été confirmée en démontrant que la corrélation au carré ($r^2$) entre l’ASI et d’autres construits adjacents (tels que la croyance en la nocivité du tabac ou la réceptivité générale aux messages publicitaires) demeure systématiquement inférieure à la variance moyenne extraite (AVE) de l’ASI. De plus, l’instrument discrimine parfaitement les adolescents n’ayant jamais touché une cigarette de ceux ayant déjà expérimenté le produit (« puffers ») : les expérimentateurs affichent des scores d’intention significativement et systématiquement plus élevés que les non-expérimentateurs stricts ($t > 18,5$, $p < 0,0001$).
Validité prédictive
Dans les modélisations prédictives et longitudinales, l’ASI ressort comme le plus puissant prédicteur univarié de l’initiation tabagique dans les 12 à 24 mois suivants, affichant des odds ratios (rapports de cotes) ajustés généralement supérieurs à 3,0 par rapport aux adolescents classés comme non-susceptibles (ceux ayant répondu « Certainement pas » aux trois items).
8. Fidélité / Reliability
La consistance interne et la stabilité métrologique de l’Adolescent Smoking Intention ont été documentées rigoureusement dans plusieurs études empiriques portant sur des milliers de sujets :
Consistance interne
Dans l’échantillon national analysé par Andrews et al. (2004), regroupant des adolescents âgés de 12 à 17 ans :
- Le coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) de l’échelle à 3 items s’élève à 0,86 dans l’échantillon global ;
- Dans le sous-échantillon des adolescents n’ayant jamais fumé (non-expérimentateurs), l’$lpha$ atteint 0,84 ;
- Dans le sous-échantillon des adolescents ayant déjà expérimenté le tabac au moins une fois, l’$lpha$ atteint 0,88 ;
- L’indice de fiabilité composite (Composite Reliability — CR de Jöreskog) calculé dans le cadre des équations structurelles excède 0,87, témoignant d’une précision de mesure remarquable pour une échelle ne comptant que trois indicateurs.
Fidélité test-retest et stabilité temporelle
Bien que l’intention soit une variable théoriquement dynamique (puisqu’elle est censée être modifiée par les interventions préventives et le vieillissement), des études de suivi à court terme (intervalle de 2 à 4 semaines en l’absence d’intervention) ont documenté un coefficient de corrélation intraclasse (ICC) test-retest supérieur à 0,78, confirmant que le score ne fluctue pas sous l’effet du bruit de mesure mais reflète une disposition cognitive stable dans un environnement inchangé.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’échelle d’intention de fumer chez les adolescents a été examinée par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC) approfondies.
Structure unifactorielle
Toutes les investigations factorielles confirment l’existence d’un facteur latent unique dominant expliquant typiquement entre 74 % et 82 % de la variance totale des items. Le critère de Kaiser-Guttman (valeur propre > 1) n’extrait invariablement qu’une seule composante majeure (valeur propre typique > 2,3), tandis que le diagramme d’éboulis (scree plot) présente une rupture spectaculaire après le premier facteur.
Saturations factorielles (Analyse factorielle confirmatoire)
Dans le modèle de mesure standardisé rapporté par Andrews et al. (2004), les saturations factorielles ($lambda$) de chaque item sur le construit latent « Intention de fumer » sont remarquablement homogènes et élevées :
- Item 1 (Offre par un ami) : $lambda = 0,81$ (erreur de mesure standardisée $ heta = 0,34$) ;
- Item 2 (Fumer l’année prochaine) : $lambda = 0,89$ (erreur de mesure standardisée $ heta = 0,21$) ;
- Item 3 (Fumer dans 5 ans) : $lambda = 0,80$ (erreur de mesure standardisée $ heta = 0,36$).
Toutes les saturations factorielles sont hautement significatives sur le plan statistique ($p < 0,001$).
Indices d’ajustement du modèle
Étant donné qu’un modèle à 3 indicateurs et un seul facteur latent est juste-identifié ($df = 0$), les auteurs ont évalué l’adéquation factorielle dans le cadre de modèles structurels plus vastes intégrant les antécédents publicitaires, les attitudes envers la marque et le statut tabagique antérieur. Dans ces spécifications complètes, le sous-modèle de mesure de l’ASI contribue à d’excellents indices globaux :
- Indice de comparaison de Bentler (CFI) : 0,985 à 0,992 ;
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : 0,980 ;
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : 0,038 (intervalle de confiance à 90 % : [0,029 ; 0,047]) ;
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : 0,024.
L’invariance de mesure (invariance factorielle stricte : configural, métrique et scalaire) a été testée et validée à travers les genres (filles vs garçons) et les tranches d’âge (collégiens de 12-14 ans vs lycéens de 15-17 ans), garantissant que l’instrument mesure le même construit psychologique avec la même métrique dans tous les sous-groupes démographiques scolaires.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’ASI est un auto-questionnaire standardisé administrable sur support papier-crayon ou par voie électronique (tablette, smartphone, plateforme en ligne sécurisée).
- Type de test : Auto-questionnaire psychométrique / Échelle d’évaluation d’attitude et d’intention comportementale.
- Population cible : Adolescents et jeunes scolarisés âgés de 11 à 18 ans (collège et lycée).
- Nombre d’items : 3 items standardisés.
- Format des réponses : Échelle ordinale de Likert à 4 points symétriques, conçue pour forcer un positionnement et éliminer le biais de point neutre :
1 = Certainement pas (Definitely not)
2 = Probablement pas (Probably not)
3 = Probablement oui (Probably yes)
4 = Certainement oui (Definitely yes) - Durée de passation : Moins de 2 minutes (extrêmement rapide, adapté aux enquêtes en milieu scolaire).
- Procédure de cotation et de calcul :
- Score continu : Calcul de la moyenne arithmétique ou de la somme des 3 items. Le score total varie de 3 à 12 (ou de 1,0 à 4,0 en score moyen). Un score élevé indique une forte propension ou une intention ferme d’usage du tabac.
- Classification dichotomique épidémiologique (Susceptibilité tabagique selon Pierce et al.) :
- Non-susceptible / Résistant : Réponse « 1 = Certainement pas » aux TROIS items de manière exclusive (Score total = 3).
- Susceptible / Vulnérable : Toute réponse > 1 (« Probablement pas », « Probablement oui » ou « Certainement oui ») à AU MOINS UN des trois items (Score total > 3).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2004 (fondée sur des conceptualisations épidémiologiques antérieures adaptées de Pierce et al., 1996).
- Statut des droits et copyright : L’article original est paru dans le Journal of Marketing, une revue publiée par l’American Marketing Association (AMA). Les articles scientifiques et les rapports de recherche sont soumis aux droits éditoriaux usuels.
- Coût et tarification : L’instrument est dans le domaine académique public pour les activités d’enseignement, de recherche scientifique non commerciale et d’évaluation en santé publique. Il n’existe pas de redevance (royalty free) ni de coût par passation pour les chercheurs et les praticiens de santé.
- Conditions d’utilisation : Libre d’accès sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale d’Andrews et al. (2004) ainsi que les travaux sources afférents. Toute utilisation dans le cadre d’un progiciel commercial ou d’une application lucrative nécessite une autorisation auprès de l’American Marketing Association.
12. Références / References
Les publications fondatrices et études méthodologiques relatives à l’échelle d’intention de fumer chez les adolescents comprennent :
- Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179–211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
- Andrews, J. C., Netemeyer, R. G., Burton, S., Moberg, D. P., & Christiansen, A. (2004). Understanding adolescent intentions to smoke: An examination of relationships among social influence, prior trial behavior, and anti-tobacco campaign advertising. Journal of Marketing, 68(3), 110–123. https://doi.org/10.1509/jmkg.68.3.110.34766
- Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall.
- Choi, W. S., Gilpin, E. A., Farkas, A. J., & Pierce, J. P. (2001). Determining the probability of future smoking among adolescents. Addiction, 96(2), 313–323. https://doi.org/10.1046/j.1360-0443.2001.96231311.x
- Faris, R., & Ennett, S. (2012). Adolescent social networks and smoking: Integrating social influence and selection processes. American Journal of Public Health, 102(2), 361–367. https://doi.org/10.2105/AJPH.2011.300387
- Farrelly, M. C., Healton, C. G., Davis, K. C., Messeri, P., Hersey, J. C., & Haviland, M. L. (2002). Getting to the truth, or evaluating the national truth campaign: Assessing the impact of the countermarketing campaigns. American Journal of Public Health, 92(6), 901–907. https://doi.org/10.2105/AJPH.92.6.901
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Pierce, J. P., Choi, W. S., Gilpin, E. A., Farkas, A. J., & Merritt, R. K. (1996). Validation of susceptibility to smoke as a predictor of which adolescents take up smoking in the United States. Preventive Medicine, 25(3), 355–361. https://doi.org/10.1006/pmed.1996.0066
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Cette section présente les énoncés exacts et standardisés de l’échelle d’intention de fumer chez les adolescents (ASI), présentés dans leur version originale anglaise et accompagnés de leur adaptation francophone rigoureuse pour l’administration auprès d’adolescents francophones.
Adolescent Smoking Intention (ASI) — Original English Instrument
Instructions: Please read each question carefully and circle the number that best describes your honest thoughts. There are no right or wrong answers.
1. If one of your best friends were to offer you a cigarette, would you smoke it?
2 = Probably not
3 = Probably yes
4 = Definitely yes
2. At any time during the next year, do you think you will smoke a cigarette?
2 = Probably not
3 = Probably yes
4 = Definitely yes
3. Do you think you will be smoking cigarettes 5 years from now?
2 = Probably not
3 = Probably yes
4 = Definitely yes
Échelle d’intention de fumer chez les adolescents (ASI) — Version francophone
Consignes : Lis attentivement chacune des questions ci-dessous et entoure le chiffre qui correspond le mieux à ce que tu penses vraiment. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Tes réponses sont totalement confidentielles.
1. Si l’un de tes meilleurs amis te proposait une cigarette, est-ce que tu la fumerais ?
2 = Probablement pas
3 = Probablement oui
4 = Certainement oui
2. À un moment quelconque au cours de l’année qui vient, penses-tu que tu fumeras une cigarette ?
2 = Probablement pas
3 = Probablement oui
4 = Certainement oui
3. Penses-tu que tu fumeras des cigarettes d’ici 5 ans ?
2 = Probablement pas
3 = Probablement oui
4 = Certainement oui