1. Résumé / Abstract
L’Instrument de mesure du sentiment d’appartenance (Sense of Belonging Instrument, ou SOBI), développé en 1995 par les chercheuses et théoriciennes en soins infirmiers psychiatriques Bonnie M. Hagerty et Kathleen L. Patusky, constitue l’un des outils psychométriques les plus rigoureux et influents pour l’évaluation empirique du besoin fondamental de connexion sociale et d’intégration humaine. Fondé sur le modèle théorique élaboré initialement par Hagerty et ses collègues en 1992, le sentiment d’appartenance est conceptualisé comme l’expérience vécue d’une personne qui se sent personnellement impliquée dans son environnement ou son système social, de telle manière qu’elle s’y sent intégrée et que sa présence y est valorisée.
Le SOBI est structuré en deux sous-échelles complémentaires et administrables conjointement ou séparément : le SOBI-P (Psychological State), composé de 18 items évaluant l’état psychologique actuel d’appartenance, et le SOBI-A (Antecedents), constitué de 9 items mesurant les précurseurs ou antécédents développementaux, motivationnels et comportementaux favorisant l’établissement de ce sentiment. Les 27 items sont évalués à l’aide d’une échelle de réponse de type Likert à 4 points, s’étendant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 4 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree).
Sur le plan des propriétés psychométriques, l’instrument présente une excellente consistance interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,91 et 0,93 pour le SOBI-P, et entre 0,63 et 0,76 pour le SOBI-A selon les populations évaluées. La stabilité temporelle test-retest s’est avérée robuste sur des intervalles de plusieurs semaines. Les analyses de validité de construit, tant convergente que discriminante, confirment des corrélations négatives substantielles avec la dépression clinique, la solitude et l’anxiété, ainsi que des associations positives fortes avec l’estime de soi et le soutien social perçu. Le SOBI est largement mobilisé en psychologie clinique, en santé mentale communautaire et en sciences infirmières pour investiguer la détresse relationnelle et le risque suicidaire.
2. Mots-clés / Keywords
sentiment d’appartenance, SOBI, SOBI-P, SOBI-A, psychométrie, intégration sociale, isolement relationnel, santé mentale, validation d’échelle, dépression, psychologie clinique, soutien social
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été conçu et validé par :
- Bonnie M. K. Hagerty, Ph.D., R.N., F.A.A.N. : Professeure émérite en soins infirmiers à la School of Nursing de l’Université du Michigan (Ann Arbor, États-Unis). Spécialiste reconnue des neurosciences psychosociales, de la psychiatrie infirmière et des déterminants relationnels de la santé affective.
- Kathleen L. Patusky, Ph.D., R.N. : Chercheuse et clinicienne en soins infirmiers psychiatriques, affiliée à l’époque de la conception à la School of Nursing de l’Université du Michigan. Ses travaux portent principalement sur les mécanismes de résilience, les interactions interpersonnelles et l’adaptation psychologique face aux stresseurs chroniques.
Des travaux complémentaires d’extension et d’évaluation empirique ont également été menés en étroite collaboration avec le professeur Reg Arthur Williams, Ph.D., R.N., F.A.A.N., expert des troubles dépressifs et des liens d’attachement chez l’adulte.
4. Objectif / Purpose
L’objectif principal du SOBI est de fournir une mesure standardisée, fiable et empiriquement ancrée de l’expérience subjective du sentiment d’appartenance chez l’adulte et l’adolescent. Avant les travaux pionniers de Hagerty et de son équipe au début des années 1990, la recherche en sciences psychosociales et biomédicales utilisait fréquemment des indicateurs indirects d’intégration sociale — tels que le nombre de contacts sociaux, la taille du réseau amical, l’état matrimonial ou la participation à des organisations communautaires. Cependant, ces variables quantitatives ne reflètent pas adéquatement la réalité phénoménologique interne de l’individu : une personne peut être entourée d’un vaste cercle social tout en éprouvant un profond sentiment d’inadéquation, de rejet ou d’aliénation existentielle.
Le SOBI a été spécifiquement conçu pour combler ce vide conceptuel et méthodologique en évaluant :
- L’état psychologique actuel d’appartenance (SOBI-P) : la mesure dans laquelle une personne ressent qu’elle s’ajuste harmonieusement à son environnement social (dimension de concordance ou « fit ») et qu’elle apporte une contribution reconnue et valorisée aux autres (dimension d’implication valorisée ou « valued involvement »).
- Les antécédents psychologiques du sentiment d’appartenance (SOBI-A) : les désirs fondamentaux de connexion, la motivation introspective à s’intégrer, ainsi que la perception de ses propres capacités relationnelles et de son potentiel d’attractivité pour autrui.
Sur le plan des applications cliniques, le SOBI sert de sentinelle diagnostique dans l’évaluation des pathologies affectives. Le déficit du sentiment d’appartenance (notamment l’appartenance contrecarrée ou thwarted belongingness) a été formellement identifié comme l’un des piliers étiologiques majeurs de l’idéation suicidaire et des comportements autodestructeurs, s’alignant sur la théorie interpersonnelle du suicide formulée plus tard par Thomas Joiner. En milieu hospitalier psychiatrique, l’instrument permet d’établir une ligne de base lors de l’admission, de guider les interventions psychothérapeutiques focalisées sur le lien d’attachement et de quantifier l’efficacité des protocoles de réhabilitation psychosociale.
Dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée, le SOBI est utilisé pour explorer les transitions de vie critiques : l’adaptation des étudiants universitaires de première année, l’acculturation des populations migrantes, le bien-être au travail au sein des organisations, ainsi que la trajectoire des personnes âgées vivant en institution gériatrique. Il offre une granularité analytique permettant de dissocier le désir de faire partie d’un groupe de l’expérience effective d’y trouver une place signifiante.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique d’appartenance (Sense of Belonging) opérationnalisé par Hagerty et Patusky est défini comme « l’expérience de se sentir personnellement impliqué dans un système ou un environnement, de sorte que les personnes ont l’impression de faire partie intégrante de ce système et que leur présence y est valorisée ». Ce construit est articulé autour de deux axes fondamentaux au sein du SOBI-P, complétés par les conditions préalables capturées par le SOBI-A.
1. L’état d’appartenance psychologique (SOBI-P) : Les composantes d’ajustement et de valorisation
Le SOBI-P examine la résultante affective et cognitive de la présence sociale de l’individu à travers deux composantes inséparables :
- L’implication valorisée (Valued Involvement) : Cette dimension capture le sentiment d’être apprécié, reconnu, nécessaire et respecté par le groupe ou la communauté. L’individu ressent que ses compétences, ses opinions et son existence même ont du poids pour autrui. Lorsque cette dimension est déficitaire, l’individu exprime une impression d’inutilité relationnelle, comme l’illustre l’item : « I would like to make a difference to people or things around me, but I don’t feel that what I have to offer is valued » ou encore l’item 9 : « I could disappear for days and it wouldn’t matter to my family ».
- L’ajustement perceptif ou congruence (Fit) : Cette dimension concerne l’adéquation perçue entre l’individu et son environnement social ou culturel. Le sentiment d’ajustement implique une harmonie entre les valeurs personnelles de l’individu et celles du système dans lequel il évolue. L’absence de « fit » engendre une métaphore spatiale et existentielle d’incompatibilité, matérialisée par la perception d’être un intrus ou une anomalie, à l’image des items emblématiques : « I feel like a piece of a jig-saw puzzle that doesn’t fit into the puzzle » et « I feel like a square peg trying to fit into a round hole ».
Il est à noter que sur les 18 items du SOBI-P, 17 items sont formulés de manière négative (inversée) afin de capturer la détresse liée au non-appartenance (sentiment d’extériorité, impression d’être un observateur passif de la vie plutôt qu’un participant), tandis qu’un seul item (item 4 : « I generally feel that people accept me ») est formulé positivement.
2. Les antécédents du sentiment d’appartenance (SOBI-A)
Les antécédents représentent les prérequis internes, les orientations dispositionnelles et les capacités cognitives préalables nécessaires pour qu’un sentiment d’appartenance puisse émerger et se consolider. Selon Hagerty et ses collègues, un individu ne peut développer un sentiment d’appartenance stable s’il ne possède pas à la fois le désir de créer du lien et la perception de posséder les aptitudes requises pour y parvenir. Le SOBI-A cible :
- L’aspiration et la motivation d’affiliation : L’importance subjective accordée au fait d’être valorisé et d’avoir une place dans le tissu social (ex. : « It is important to me that I fit somewhere in this world », « I want to be a part of things going on around me »).
- L’auto-efficacité relationnelle et l’expérience préalable : La croyance de l’individu en ses propres qualités intrinsèques attractives et sa capacité proactive à s’adapter (ex. : « I have qualities that can be important to others », « I can make myself fit in anywhere »), associées au souvenir de connexions positives passées (ex. : « In the past, I have felt valued and important to others »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du SOBI s’enracine dans une synthèse conceptuelle majeure des théories de la motivation humaine, de la psychologie du développement et de la psychiatrie relationnelle. Historiquement, l’appartenance a toujours été reconnue comme un besoin humain fondamental, mais son opérationnalisation psychométrique est restée fragmentaire pendant plusieurs décennies.
Le cadre théorique s’appuie en premier lieu sur la hiérarchie des besoins d’Abraham Maslow (1954), qui positionne les besoins d’amour et d’appartenance immédiatement après la satisfaction des besoins physiologiques et de sécurité. Selon Maslow, l’impossibilité de satisfaire cette exigence d’affiliation bloque le développement du potentiel personnel et conduit à une désorganisation psycho-affective sévère. Hagerty et ses collègues prolongent cette perspective en articulant comment ce besoin universel se traduit en représentations cognitives stables de soi en relation avec autrui.
Le deuxième ancrage théorique découle de la théorie de l’attachement de John Bowlby et de ses développements chez l’adulte. Bowlby postulait que les « modèles internes opérants » (internal working models) construits durant l’enfance dictent la façon dont l’individu anticipe l’acceptation ou le rejet d’autrui tout au long de son existence. Les études de Hagerty, Williams et Oe (2002) sur les antécédents développementaux du SOBI ont validé cette filiation théorique en démontrant empiriquement que les environnements familiaux caractérisés par le rejet, la surprotection ou l’instabilité affective génèrent à l’âge adulte des scores dramatiquement bas au SOBI-P et un profil d’antécédents (SOBI-A) perturbé.
Le cadre théorique converge également avec les travaux contemporains de Roy Baumeister et Mark Leary (1995) sur le Need to Belong, postulant que les êtres humains sont universellement motivés par un élan inné à former et maintenir des liens interpersonnels durables, positifs et significatifs. Hagerty et Patusky apportent une distinction clinique fondamentale : alors que Baumeister et Leary insistent sur la fréquence et la valence des interactions sociales, Hagerty démontre que l’appartenance n’est pas réductible aux contacts sociaux objectifs, mais réside dans l’expérience phénoménologique de la signification personnelle et de la congruence identitaire au sein de ces interactions.
Le modèle conceptuel de Hagerty et al. (1992) articule ainsi l’appartenance comme un processus dynamique régulé par des antécédents (énergie, désir et potentiel relationnel), s’exprimant dans des contextes environnementaux variés et produisant des conséquences directes sur le fonctionnement psychologique, l’estime de soi, l’affect et la santé physique générale.
7. Validité / Validity
L’instrument a fait l’objet de nombreuses investigations psychométriques destinées à établir sa validité de construit, sa validité convergente, sa validité discriminante ainsi que sa validité prédictive auprès d’échantillons cliniques (patients psychiatriques en milieu hospitalier et ambulatoire) et non cliniques (étudiants, professionnels de santé, adultes de la population générale).
Validité convergente
La validité convergente du SOBI a été établie par Hagerty et Patusky (1995) en examinant les corrélations avec des construits théoriquement imbriqués :
- Solitude : Le score au SOBI-P présente une corrélation négative extrêmement robuste avec l’échelle de solitude de l’UCLA (UCLA Loneliness Scale), avec des coefficients variant entre r = -0,66 et r = -0,81 (p < 0,001), attestant que les individus ayant un faible sentiment d’appartenance éprouvent un sentiment d’isolement social et émotionnel dévastateur.
- Dépression : Des corrélations négatives très significatives ont été systématiquement mesurées entre le SOBI-P et l’inventaire de dépression de Beck (Beck Depression Inventory, BDI), généralement situées entre r = -0,50 et r = -0,68. Une baisse du sentiment d’appartenance s’accompagne d’une exacerbation de la symptomatologie dépressive.
- Estime de soi : Les corrélations entre le SOBI-P et l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (Rosenberg Self-Esteem Scale) sont positives et élevées, se situant autour de r = 0,55 à r = 0,69, démontrant que la valeur accordée à soi-même est intimement corrélée à l’intégration perçue dans la communauté humaine.
- Soutien social perçu : Des liens positifs significatifs (r = 0,40 à r = 0,62) ont été documentés avec le Personal Resource Questionnaire (PRQ-85), confirmant la convergence tout en montrant que l’appartenance demeure une entité distincte de la simple disponibilité de ressources matérielles ou affectives.
Validité discriminante
La validité discriminante a été confirmée en démontrant que le SOBI-P ne se confond pas avec l’anxiété générale d’état ou de trait, ni avec la simple désirabilité sociale. De plus, les études comparatives menées par Hagerty, Williams, Coyne et Early (1996) ont révélé des différences de moyennes statistiquement majeures entre des cohortes d’adultes sans antécédents psychiatriques et des cohortes de patients diagnostiqués avec des épisodes dépressifs majeurs ou des troubles bipolaires : les scores au SOBI-P étaient significativement plus bas dans la population clinique (différence de plus de deux écarts-types, p < 0,0001), confirmant la sensibilité de l’instrument aux perturbations affectives graves.
Validité prédictive
Dans des études prospectives portant sur la santé mentale des étudiants et des vétérans, les scores au SOBI-P prédisent de manière autonome l’apparition ultérieure d’épisodes dépressifs, l’abandon universitaire, le désengagement professionnel ainsi que l’émergence d’idéations suicidaires, même après contrôle statistique des niveaux initiaux de dépression et de détresse psychologique générale.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité du SOBI a été quantifiée à travers de multiples échantillons hétérogènes afin de déterminer sa consistance interne et sa stabilité temporelle.
Consistance interne
Les analyses de consistance interne ont produit des coefficients remarquables pour l’état psychologique d’appartenance :
- SOBI-P (18 items) : Dans l’étude de validation initiale menée par Hagerty et Patusky (1995) auprès de 376 sujets (comprenant des étudiants de premier cycle, des usagers d’un centre de santé et des patients hospitalisés en psychiatrie), le coefficient alpha de Cronbach global s’est élevé à 0,93 pour l’échantillon combiné, et variait entre 0,91 et 0,93 dans chacun des sous-groupes respectifs. Dans les réplications ultérieures menées auprès de populations diversifiées (adolescents, minorités ethniques, aînés), l’alpha du SOBI-P se maintient systématiquement au-dessus de 0,90.
- SOBI-A (9 items) : La consistance interne de la sous-échelle des antécédents est modérée à bonne. Dans l’échantillon d’origine, l’alpha s’établissait à 0,72. Bien que plus modeste que celui du SOBI-P, ce coefficient est jugé parfaitement acceptable pour une échelle courte de 9 items mesurant des construits précurseurs distincts (à la fois le désir et la capacité de s’intégrer). Dans des études internationales ultérieures, les valeurs d’alpha pour le SOBI-A s’échelonnent généralement entre 0,63 et 0,76.
Stabilité test-retest
La fiabilité test-retest a été vérifiée lors des investigations initiales auprès d’un sous-échantillon d’étudiants réévalués à deux semaines d’intervalle. Le coefficient de corrélation intraclasse était de r = 0,84 pour le SOBI-P, démontrant une stabilité temporelle substantielle tout en restant sensible aux remaniements existentiels profonds. Pour le SOBI-A, la corrélation test-retest à deux semaines atteignait r = 0,66, reflétant une stabilité adéquate des dispositions antécédentes.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle du SOBI a été initialement éprouvée au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE), suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) dans les travaux de validation transculturelle.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de la phase de création de l’instrument, Hagerty et Patusky (1995) ont soumis un ensemble initial de propositions rédigées à partir d’entretiens qualitatifs à une analyse factorielle avec rotation orthogonale (Varimax) et oblique. Les résultats ont clairement mis en évidence l’existence de deux dimensions indépendantes non redondantes :
- Le premier facteur correspondait à l’état psychologique d’appartenance (contenant les 18 items du SOBI-P), expliquant la plus grande part de la variance totale. Au sein de ce facteur, tous les items présentaient de fortes saturations (factor loadings), la majorité dépassant 0,55, avec des saturations maximales allant jusqu’à 0,78 pour les items reflétant le sentiment d’isolement total et de « corps étranger » au sein du groupe (ex. items 3, 5, 7, 8 et 14).
- Le second facteur regroupait les 9 items décrivant les motivations et les croyances d’auto-efficacité relationnelle (formant le SOBI-A). Les saturations de ces items s’échelonnaient de 0,40 à 0,68.
Bien que des sous-dimensions théoriques aient été proposées pour le SOBI-P (notamment la distinction entre « implication valorisée » et « ajustement/fit »), l’analyse factorielle a révélé que ces deux facettes sont si profondément intriquées qu’elles s’agrègent sur un facteur général dominant d’état d’appartenance. De ce fait, les auteurs ont recommandé de traiter le SOBI-P comme un instrument unidimensionnel sur le plan de la cotation globale de l’état d’appartenance.
Analyses confirmatoires et réplications transculturelles
Des travaux de modélisation par équations structurelles menés dans diverses langues (notamment en espagnol, en turc et en coréen) ont testé le modèle à deux facteurs corrélés (SOBI-P et SOBI-A). Les indices d’ajustement globaux obtenus dans la majorité des études confirment la pertinence du modèle :
- Comparative Fit Index (CFI) > 0,90 à 0,94 ;
- Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,90 ;
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) compris entre 0,045 et 0,065.
Ces résultats confirment que les deux composantes du SOBI capturent avec une haute fidélité les processus différentiels d’intégration sociale sans redondance structurelle.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique et relationnelle (auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé).
- Format : Deux échelles indépendantes ou administrées conjointement : SOBI-P (Psychological State) et SOBI-A (Antecedents).
- Nombre d’items : 27 items au total, répartis en :
- SOBI-P : 18 items (mesurant l’état subjectif d’appartenance).
- SOBI-A : 9 items (mesurant les antécédents, désirs et capacités perçues d’appartenance).
- Échelle de réponse : Échelle de type Likert à 4 points pour chaque proposition :
- 1 = Pas du tout d’accord (Strongly Disagree)
- 2 = Pas d’accord (Disagree)
- 3 = D’accord (Agree)
- 4 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
- Procédure de cotation et de calcul des scores :
- Cotation du SOBI-P (18 items) : La quasi-totalité des items du SOBI-P est libellée de façon négative, exprimant le non-appartenance. Par conséquent, 17 items doivent faire l’objet d’une inversion de cotation (1 devient 4, 2 devient 3, 3 devient 2, 4 devient 1). Ces items inversés sont les items 1, 2, 3, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17 et 18. L’item 4 (« I generally feel that people accept me ») est formulé positivement et conserve sa cotation directe (1 à 4). Le score total du SOBI-P s’obtient en sommant les réponses (après inversion), générant un score théorique compris entre 18 et 72. Un score élevé reflète un sentiment d’appartenance psychologique fort et protecteur, tandis qu’un score bas dénote une aliénation sévère.
- Cotation du SOBI-A (9 items) : Tous les items du SOBI-A sont formulés de manière positive et conservent une cotation directe de 1 à 4. Le score total s’échelonne entre 9 et 36. Un score élevé indique un fort désir de connexion et une confiance marquée dans ses capacités à s’intégrer socialement.
- Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes pour l’ensemble des 27 items.
- Population cible : Adolescents et adultes (à partir de 14 ans), en milieu clinique, institutionnel, académique ou dans la communauté.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication : 1995 (publication princeps dans la revue Nursing Research).
- Statut des droits et conditions d’accès : L’instrument a été mis à disposition dans le domaine public académique à des fins de recherche scientifique non commerciale et d’évaluation clinique. Les autrices, Bonnie M. Hagerty et Kathleen L. Patusky, ont historiquement encouragé son utilisation dans la littérature internationale sous réserve de citer expressément les publications originales de référence.
- Tarification : Libre de droits d’utilisation (gratuit) pour la recherche universitaire, les thèses doctorales et la pratique clinique non lucrative. Toute intégration dans une plateforme logicielle payante, une solution commerciale ou un produit éditorial propriétaire nécessite l’autorisation formelle préalable des détentrices des droits intellectuels ou de la maison d’édition ayant publié l’article d’origine (Lippincott Williams & Wilkins / Wolters Kluwer Health).
12. Références / References
Les références ci-dessous constituent le corpus théorique et méthodologique fondamental ayant présidé à l’élaboration et à la validation empirique du SOBI :
- Baumeister, R. F., & Leary, M. R. (1995). The need to belong: Desire for interpersonal attachments as a fundamental human motivation. Psychological Bulletin, 117(3), 497–529. https://doi.org/10.1037/0033-2909.117.3.497
- Hagerty, B. M., & Patusky, K. L. (1995). Developing a measure of sense of belonging. Nursing Research, 44(1), 9–13. https://doi.org/10.1097/00006199-199501000-00003
- Hagerty, B. M., Lynch-Sauer, J., Patusky, K. L., Bouwsema, M., & Collier, P. (1992). Sense of belonging: A vital mental health concept. Archives of Psychiatric Nursing, 6(3), 172–177. https://doi.org/10.1016/0883-9417(92)90028-H
- Hagerty, B. M., Williams, R. A., Coyne, C., & Early, M. R. (1996). Sense of belonging and indicators of social and psychological functioning. Archives of Psychiatric Nursing, 10(4), 235–244. https://doi.org/10.1016/S0883-9417(96)80029-X
- Hagerty, B. M., Williams, R. A., & Oe, H. (2002). Childhood antecedents of adult sense of belonging. Journal of Clinical Psychology, 58(7), 793–801. https://doi.org/10.1002/jclp.2007
- Joiner, T. E. (2005). Why people die by suicide. Harvard University Press.
- Maslow, A. H. (1954). Motivation and personality. Harper & Row.