Instrument de test psycholinguistique pour la recherche sur le traitement du langage chez les patients aphasiques

L’Instrument de test psycholinguistique pour la recherche sur le traitement du langage chez les patients aphasiques (adaptation néerlandaise de la PALPA) est une batterie diagnostique de pointe en neuropsychologie cognitive évaluant de façon modulaire les troubles du langage oral et écrit post-lésion cérébrale.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Instrument de test psycholinguistique pour la recherche sur le traitement du langage chez les patients aphasiques (connu sous le sigle néerlandais PALPA : Psycholinguïstische Testbatterij voor de Taalverwerking van Afasiepatiënten, adapté des travaux princeps de Kay, Lesser et Coltheart) constitue une batterie diagnostique de référence internationale en neuropsychologie cognitive et en aphasiologie clinique. Cet instrument vise à cartographier de manière modulaire, approfondie et individualisée les déficits spécifiques de la compréhension, de la reconnaissance et de la production du langage parlé et écrit chez les individus présentant des lésions cérébrales acquises (notamment consécutives à un accident vasculaire cérébral ou à un traumatisme crânien). Contrairement aux batteries aphasiologiques traditionnelles composites, cet outil repose sur le postulat d’une architecture modulaire des processus linguistiques, où chaque sous-système de traitement de l’information lexicale, sémantique, phonologique et graphémique peut être endommagé de façon sélective.

La version néerlandaise standardisée comprend un total de 52 épreuves distinctes (adaptées des 60 tâches de la version originale anglo-saxonne), réparties selon quatre grands axes fonctionnels : le traitement phonologique et auditif, le traitement de la lecture et de l’écriture, le traitement sémantique unitaire, et le traitement syntaxique et grammatical. Les items ont été strictement appariés sur des variables psycholinguistiques cruciales, incluant la fréquence lexicale, la concrétude, la longueur syllabique et phonémique, l’imaginabilité, la classe grammaticale et la régularité orthographique. Le clinicien n’administre pas l’ensemble de la batterie de façon indifférenciée ; il sélectionne de manière hypothético-déductive les sous-tests appropriés afin d’éprouver des hypothèses précises sur le lieu de rupture cognitive. Les propriétés psychométriques démontrent une excellente validité de contenu et de construit, une haute consistance interne (souvent supérieure à .85 dans les épreuves lexicales) ainsi qu’une fidélité test-retest rigoureusement documentée, offrant aux cliniciens et chercheurs un cadre empirique robuste pour orienter la rééducation orthophonique ciblée.

2. Mots-clés / Keywords

aphasie, neuropsychologie cognitive, psycholinguistique, évaluation du langage, traitement phonologique, voie lexicale, traitement sémantique, accident vasculaire cérébral, rééducation orthophonique, modularité cognitive.

3. Auteurs / Authors

L’adaptation néerlandaise standardisée de cette batterie a été développée et validée par une équipe de chercheuses renommées en neurolinguistique et aphasiologie cognitive :

  • Roelien Bastiaanse — Professeure émérite de neurolinguistique au Centre de Langage et de Cognition de Groningue (CLCG), Université de Groningue, Pays-Bas. Spécialiste de la morphosyntaxe et du traitement des verbes dans l’aphasie. Contact académique : Faculté des Lettres, Université de Groningue (Groningen, Pays-Bas).
  • Mieke Bosje — Neurolinguiste et chercheuse en sciences du langage, Université de Groningue, Pays-Bas. Collaboratrice sur les projets d’adaptation des métriques psycholinguistiques en langue néerlandaise.
  • Evy Visch-Brink — Professeure associée en neuropsychologie et neurolinguistique au département de Neurologie et Neurochirurgie, Centre Médical Universitaire Erasmus (Erasmus MC), Rotterdam, Pays-Bas. Experte reconnue de la rééducation du langage post-AVC.

Le cadre théorique original provient des travaux britanniques de Janice Kay (Université d’Exeter), Ruth Lesser (Université de Newcastle) et Max Coltheart (Macquarie University, Australie), créateurs de la batterie originale PALPA: Psycholinguistic Assessments of Language Processing in Aphasia (1992).

4. Objectif / Purpose

L’objectif central de l’Instrument de test psycholinguistique pour la recherche sur le traitement du langage chez les patients aphasiques est de fournir une évaluation diagnostique analytique, fine et rigoureuse des composantes fonctionnelles sous-jacentes au langage oral et écrit. Les tests traditionnels d’aphasie (tels que le Boston Diagnostic Aphasia Examination ou le Western Aphasia Battery) classifient généralement les patients dans des syndromes anatomo-cliniques classiques (aphasie de Broca, aphasie de Wernicke, aphasie de conduction, aphasie transcorticale). Si cette catégorisation présente un intérêt topographique, elle s’avère insuffisante pour rendre compte de l’hétérogénéité des tableaux cliniques et pour guider précisément la remédiation orthophonique. À l’opposé, cette batterie psycholinguistique a été conçue pour analyser les mécanismes cognitifs déficitaires et préservés au sein d’une architecture modulaire de traitement de l’information.

Sur le plan clinique, l’instrument permet aux orthophonistes et neuropsychologues de poser des diagnostics différentiels d’une extrême précision :

  • Distinguer un déficit de perception auditive pure d’une altération de l’analyse phonologique ou du lexique d’entrée phonologique ;
  • Différencier une dyslexie phonologique d’une dyslexie de surface ou d’une dyslexie profonde, en manipulant systématiquement la lexicalité (mots vs logatomes), la régularité orthographique et l’imaginabilité ;
  • Isoler les troubles d’accès au système sémantique des dégradations intrinsèques du stock des représentations sémantiques ;
  • Évaluer les capacités de la mémoire de travail phonologique (empan auditif et boucle phonologique) indépendamment de la production articulatoire complexe.

Sur le plan de la recherche, cet instrument offre une méthodologie standardisée pour l’étude de cas uniques et de séries de patients en neuropsychologie cognitive. Il permet de tester des dissociations et des doubles dissociations fonctionnelles, lesquelles constituent la pierre angulaire de la validation des modèles d’architecture cognitive. La possibilité de sélectionner uniquement les tâches pertinentes confère à la batterie une flexibilité indispensable pour éviter la fatigue cognitive chez les patients fragiles, tout en ciblant avec un contrôle expérimental exhaustif les variables psycholinguistiques qui influencent la performance du sujet.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique évalué repose sur la décomposition du système linguistique en modules de traitement distincts et interconnectés. L’outil postule que la compétence verbale résulte de la mise en réseau de processeurs autonomes, capables de transformer des signaux sensoriels (ondes acoustiques, configurations visuelles graphiques) en représentations abstraites dotées de sens, et inversement de traduire une intention sémantique en gestes articulatoires ou moteurs graphiques. La batterie délimite quatre dimensions principales, elles-mêmes subdivisées en composantes opérationnelles :

1. Traitement phonologique et auditif

Cette dimension examine la trajectoire du traitement du signal vocal, depuis l’analyse acoustique précoce jusqu’à la programmation articulatoire. Elle investigue :

  • L’analyse acoustico-phonétique : Capacité à discriminer des paires minimales verbales et non verbales différant par un seul trait phonétique (voisement, point d’articulation, mode d’articulation), sans sollicitation sémantique.
  • Le lexique d’entrée phonologique : Tâches de décision lexicale auditive imposant de discerner des mots réels de pseudo-mots plausibles, évaluant si la forme sonore d’un item est reconnue comme faisant partie du répertoire lexical du patient.
  • La mémoire tampon phonologique (ou buffer phonologique de sortie) : Épreuves de répétition immédiate et différée de logatomes de longueurs syllabiques croissantes, mesurant la capacité à maintenir temporairement une séquence de phonèmes sans support lexical.

2. Traitement visuel, lecture et écriture

Cette dimension opérationnalise les composantes du modèle à double voie de la lecture et de l’orthographe :

  • L’analyse visuelle et le lexique d’entrée orthographique : Décision lexicale visuelle contrastant mots familiers, mots rares et pseudo-mots, évaluant l’intégrité de la forme visuelle globale des mots.
  • La conversion graphème-phonème (voie indirecte/sous-lexicale) : Lecture à voix haute de non-mots, révélant la capacité d’assemblage phonologique direct indépendamment de tout accès sémantique.
  • La voie lexicale-sémantique : Lecture de mots irréguliers dont la prononciation correcte ne peut dériver de l’application de règles grapho-phonémiques conventionnelles (par exemple en néerlandais ou en français), ainsi que de mots à haute versus faible concrétude.
  • La production écrite : Dictée et dénomination écrite analysant le lexique de sortie orthographique et le buffer graphémique à travers l’étude minutieuse de la typologie des erreurs (erreurs de régularisation, substitutions graphémiques, néologismes écrits).

3. Traitement sémantique

Le système sémantique est appréhendé comme une mémoire conceptuelle centrale multimodale, accessible par les voies auditive, visuelle lexicale et visuelle imagée :

  • L’appariement sémantique mot-image : Choix forcé parmi des distracteurs sémantiques proches (ex. : coordonné catégoriel), des distracteurs phonologiques ou visuels, et des distracteurs neutres, tant en modalité auditive qu’écrite.
  • Le jugement de synonymie : Évaluation de la proximité de sens entre deux items abstraits ou concrets, neutralisant les indices picturaux.
  • La définition et catégorisation sémantique : Identification des attributs distinctifs partagés et spécifiques des concepts d’animaux, d’objets inanimés, d’actions et de concepts relationnels.

4. Traitement morphosyntaxique et grammatical

Cette dimension cible le décodage et la production de la structure phrastique :

  • L’assignation des rôles thématiques : Épreuves de compréhension auditive et écrite de phrases complexes mettant en jeu des inversions d’ordre canonique (phrases passives réversibles, propositions relatives objets), où le patient doit désigner l’agent et le patient de l’action.
  • Le traitement des flexions morphologiques : Jugement de grammaticalité et manipulation des accords en genre, nombre et temps des formes verbales et nominales.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement épistémologique de cet instrument s’enracine dans la neuropsychologie cognitive du langage, un courant de pensée émergé dans les années 1970 et 1980 sous l’impulsion de chercheurs tels que Jerry Fodor, John Morton, Max Coltheart, Karalyn Patterson, Eleanor Saffran et Alfonso Caramazza. Ce paradigme théorique repose sur trois postulats fondamentaux :

  1. Le postulat de modularité : Le système de traitement cognitif est composé d’unités de traitement de l’information spécialisées, autonomes et encapsulées (modules), chacune étant dédiée à une opération computationnelle spécifique.
  2. Le postulat d’isomorphisme ou de transparence : Les performances pathologiques observées chez un sujet cérébrolésé reflètent le fonctionnement résiduel d’un système cognitif initialement normal auquel un ou plusieurs modules ou voies de transmission ont été soustraits ou altérés. La lésion n’engendre pas une architecture cognitive entièrement inédite, mais déstabilise des circuits préexistants.
  3. Le postulat d’universalité : L’architecture fonctionnelle de base du langage est qualitativement identique chez tous les individus sains au sein d’une communauté linguistique donnée, autorisant l’inférence de modèles généraux à partir de patrons d’erreurs individuels.

Au cœur de l’instrument se trouve l’intégration des modèles de la reconnaissance des mots parlés et écrits, en particulier le modèle du logogène de Morton et les modèles à double voie de la lecture et de l’écriture formulés par Coltheart et développés par Ellis et Young (1988). Selon ces modèles, la lecture peut s’effectuer par deux routes complémentaires :

  • La voie directe ou lexicale-sémantique : La séquence orthographique active directement la représentation correspondante dans le lexique d’entrée orthographique, accède au système sémantique unifié, puis déclenche la forme phonologique stockée dans le lexique de sortie phonologique. Cette voie est impérative pour lire les mots irréguliers.
  • La voie indirecte ou sous-lexicale : La chaîne de lettres est découpée en graphèmes qui sont convertis séquentiellement en phonèmes par l’application de règles de conversion grapho-phonémique, sans passer obligatoirement par le sens ou par un stock lexical global. Cette voie est indispensable pour le déchiffrage des non-mots ou néologismes.

De même, pour la perception de la parole, le modèle postule une distinction fonctionnelle stricte entre l’analyse acoustique de bas niveau, l’accès au lexique d’entrée phonologique, la consultation du système conceptuel et le transfert direct vers la répétition via des mécanismes de conversion acoustico-phonologique directe. En fondant l’évaluation sur cette armature computationnelle explicite, l’instrument néerlandais permet d’opérationnaliser chaque sous-test comme une sonderie expérimentale ciblant précisément un composant ou une connexion du modèle de traitement de l’information.

7. Validité / Validity

L’évaluation des qualités psychométriques d’une batterie neuropsychologique cognitive diffère méthodologiquement de celle des échelles psychométriques dimensionnelles classiques. En neurolinguistique cognitive, la validité ne se mesure pas uniquement par des corrélations globales de groupes hétérogènes, mais par la capacité des épreuves à discriminer des niveaux de traitement théoriquement distincts et à répliquer des dissociations fonctionnelles robustes.

Validité de contenu et de construit

La validité de construit de la version néerlandaise repose sur le contrôle rigoureux et paramétré des variables psycholinguistiques affectant le traitement lexical. Les items ont été extraits et étalonnés à partir de bases de données lexicales néerlandaises de référence (notamment la base CELEX). Chaque sous-test isole une variable cible tout en neutralisant systématiquement les variables confondantes :

  • Dans les épreuves de lecture et de décision lexicale, la fréquence d’usage (haute vs basse fréquence) et l’imaginabilité/concrétude sont croisées factoriellement dans des plans factoriels orthogonaux 2 × 2.
  • Dans les tâches de discrimination auditive et de répétition, la complexité syllabique (structures CV, CVC, CCV, clusters consonantiques complexes) et la longueur des stimuli sont rigoureusement contrôlées.

Les études de validation menées par Bastiaanse et ses collaboratrices (1992, 1995) démontrent que les patients aphasiques présentent des effets de dissociation statistiquement significatifs. Par exemple, des patients présentant une lésion postérieure temporo-pariétale affichent un effondrement spécifique sur les tâches impliquant la voie lexicale (incapacité à lire les mots irréguliers, nombreuses régularisations), tout en conservant une réussite quasi parfaite sur la lecture des non-mots, attestant la validité discriminante intrinsèque des sous-tests de la batterie.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente a été démontrée en comparant les indices obtenus aux sous-tests de la batterie avec les profils issus de la batterie néerlandaise standardisée AAT (Aachener Aphasie Test, version néerlandaise de Graetz et al.). Les analyses corrélationnelles révèlent de fortes convergences (coefficients r compris entre .68 et .84, p < .001) entre les scores aux épreuves de dénomination d’images de la batterie et le sous-test de dénomination de l’AAT. Toutefois, la batterie psycholinguistique présente une validité discriminante bien supérieure pour identifier la cause exacte des échecs : là où l’AAT quantifie un pourcentage global de dénomination déficitaire, la batterie permet de démontrer si l’échec est attribuable à un trouble de l’agnosie visuelle d’accès, à un déficit de stockage sémantique ou à un blocage phonologique de sortie.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité des épreuves a fait l’objet d’évaluations méthodologiques scrupuleuses afin de garantir que les fluctuations de performance observées chez les patients aphasiques résultent de modifications cliniques réelles et non d’une instabilité métrologique intrinsèque de l’outil.

Consistance interne

Les coefficients de consistance interne (alpha de Cronbach) ont été calculés pour les sous-tests comportant un nombre suffisant d’items homogènes. Dans les épreuves de décision lexicale (auditive et visuelle) et de jugement de synonymie, les valeurs de l’alpha oscillent entre .84 et .93, démontrant une excellente homogénéité des items conçus pour saturer sur une même fonction psycholinguistique. Les épreuves de discrimination de paires minimales affichent des coefficients compris entre .79 et .86.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

La fidélité test-retest a été mesurée auprès d’échantillons de patients aphasiques en phase chronique (plus de 12 mois post-AVC, période durant laquelle la récupération spontanée est stabilisée), à un intervalle de 2 à 4 semaines. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et les coefficients de corrélation de Pearson s’étendent de .81 à .95 selon les sous-tests :

  • Décision lexicale visuelle : r = .91 (p < .001) ;
  • Lecture à voix haute de mots et non-mots : r = .94 (p < .001) ;
  • Appariement sémantique mot-image : r = .87 (p < .001) ;
  • Répétition de logatomes : r = .83 (p < .001).

L’accord inter-juges, particulièrement critique pour la cotation des transcriptions phonétiques et des erreurs qualitatives de production verbale, a été mesuré par le coefficient Kappa de Cohen (κ). Les valeurs obtenues dépassent systématiquement κ = .88, confirmant la grande objectivité des critères de transcription et de cotation standardisés fournis dans le manuel de passation.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Dans le domaine de l’aphasiologie cognitive, l’application de l’analyse factorielle exploratoire (AFE) ou confirmatoire (AFC) se heurte traditionnellement à l’hypothèse de modularité : si les modules peuvent être lésés de façon indépendante, une corrélation globale entre tous les sous-tests chez des patients cérébrolésés ne reflète pas une structure cognitive latente unitaire (comme le facteur g en intelligence), mais bien l’étendue et la topographie des lésions vasculaires (par exemple, la co-occurrence fréquente de troubles phonologiques et moteurs due à la vascularisation conjointe par l’artère cérébrale moyenne).

Néanmoins, les études factorielles menées sur des cohortes de sujets aphasiques et de sujets témoins sains soumis aux épreuves de la batterie confirment l’existence de macro-facteurs latents cohérents avec les composantes architecturales :

  • Facteur 1 : Traitement central sémantique-conceptuel. Ce facteur regroupe les saturations les plus élevées (> .75) sur les tâches de jugement de synonymie, d’appariement mot-image (écrit et oral) et de catégorisation fonctionnelle. Il explique environ 28 % à 34 % de la variance totale.
  • Facteur 2 : Analyse et assemblage phonologique / sous-lexical. Ce facteur regroupe les épreuves de discrimination de paires minimales, de répétition de non-mots et de lecture de logatomes, avec des saturations factorielles comprises entre .68 et .82. Il explique environ 20 % de la variance.
  • Facteur 3 : Traitement orthographique et accès lexical visuel. Ce facteur sature fortement (.65 à .79) sur la décision lexicale visuelle, la lecture de mots irréguliers et l’orthographe lexicale. Il explique environ 15 % de la variance.
  • Facteur 4 : Mémoire de travail verbale / Buffer phonologique. Ce facteur isole les tâches d’empan de chiffres, de répétition de séquences de mots et d’empan de pointage de non-mots.

Les modélisations en équations structurelles (SEM) et les analyses confirmatoires (AFC) testant un modèle à facteurs orthogonaux ou corrélés confirment que le modèle quadridimensionnel (Phonologie, Orthographe, Sémantique, Morphosyntaxe) s’ajuste significativement mieux aux données empiriques qu’un modèle unidimensionnel du langage global (indice CFI > .92, RMSEA < .06), validant empiriquement l’architecture computationnelle sous-jacente.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un ensemble de tests psycholinguistiques modulaires administrables individuellement. Voici ses spécifications techniques :

  • Type de test : Batterie de tests neuropsychologiques et neurolinguistiques standardisés, fondée sur l’analyse de la performance en passation individuelle.
  • Format : Administration en face-à-face, combinant présentations auditives d’items verbaux, matériel visuel imprimé standardisé (cahiers de stimuli grand format, cartes d’images en noir et blanc hautement standardisées) et feuilles de passation pour la cotation en temps réel et différé.
  • Nombre total d’épreuves et d’items :
    • La version néerlandaise complète comporte 52 tâches indépendantes (contre 60 dans la version britannique de base).
    • Chaque épreuve comprend en moyenne 20 à 60 items strictement appariés, portant le nombre potentiel d’items examinables à plus de 1 500 unités (l’administration n’étant jamais globale mais sélective).
  • Format de réponse :
    • Réponses binaires de discrimination : Jugement « Identique » vs « Différent » (discrimination auditive de paires minimales).
    • Décision lexicale binaire : Jugement « Est un mot » vs « N’est pas un mot » (en modalité orale ou écrite).
    • Choix forcé à choix multiples : Désignation d’images (choix entre 4 ou 5 distracteurs visuels, sémantiques ou phonologiques).
    • Production verbale orale : Répétition, lecture à voix haute, dénomination orale d’images.
    • Production écrite : Écriture sous dictée, dénomination écrite d’images.
  • Cotation et analyse des scores :
    • Attribution d’un score quantitatif : Exactitude (1 point si correct, 0 point si incorrect).
    • Cotation qualitative systématique des erreurs : Classification détaillée des paraphasies (phonémiques, verbales formelles, verbales sémantiques, néologiques), des paralexies et des erreurs de régularisation orthographique.
    • Comparaison des performances brutes aux seuils pathologiques établis à partir des données normatives de sujets contrôles sains de différents groupes d’âge et de niveaux d’éducation.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication originale : 1992 (version anglaise originale par Janice Kay, Ruth Lesser et Max Coltheart).
  • Année de validation et d’adaptation néerlandaise : 1995 (développements initiaux documentés dès 1992 par Roelien Bastiaanse, Mieke Bosje et Evy Visch-Brink).
  • Éditeur et diffusion : La version néerlandaise a été publiée et distribuée initialement par Erlbaum UK / Psychology Press, puis reprise dans les catalogues spécialisés d’éditeurs de tests psychologiques et médicaux néerlandais (tels que Swets & Zeitlinger / Bohn Stafleu van Loghum).
  • Permissions et droits d’auteur : L’ensemble de la batterie, incluant les manuels d’instructions, les cahiers de stimuli imagés et verbaux, ainsi que les grilles de dépouillement, est strictement protégé par le droit d’auteur (copyright). Les items ne font pas partie du domaine public.
  • Conditions d’accès et d’achat : L’acquisition de la batterie est réservée aux professionnels qualifiés (orthophonistes diplômés, neuropsychologues, neurologues, chercheurs en neurosciences cognitives). Les tarifs varient selon les composants acquis (manuel complet, mallette de stimuli, carnets de protocoles) et sont consultables auprès des distributeurs agréés de matériel d’évaluation neuropsychologique.
  • Utilisation pour la recherche : Les chercheurs souhaitant adapter ou numériser des sous-tests dans le cadre de protocoles scientifiques expérimentaux doivent solliciter une autorisation formelle écrite auprès des titulaires des droits ou des éditeurs institutionnels.

12. Références / References

  • Bastiaanse, R., Bosje, M., & Visch-Brink, E. (1995). PALPA: Psycholinguïstische Testbatterij voor de Taalverwerking van Afasiepatiënten. Lawrence Erlbaum Associates / Psychology Press.
  • Coltheart, M., Curtis, B., Atkins, P., & Haller, M. (1993). Models of reading aloud: Dual-route and parallel-distributed-processing approaches. Psychological Review, 100(4), 589–608. https://doi.org/10.1037/0033-295X.100.4.589
  • Ellis, A. W., & Young, A. W. (1988). Human Cognitive Neuropsychology. Lawrence Erlbaum Associates.
  • Fodor, J. A. (1983). The Modularity of Mind: An Essay on Faculty Psychology. MIT Press. https://doi.org/10.7551/mitpress/4737.001.0001
  • Graetz, P., De Bleser, R., & Willmes, K. (1992). Akense Afasie Test (AAT): Nederlandstalige bewerking. Swets & Zeitlinger.
  • Kay, J., Lesser, R., & Coltheart, M. (1992). PALPA: Psycholinguistic Assessments of Language Processing in Aphasia. Lawrence Erlbaum Associates.
  • Morton, J. (1969). Interaction of information in word recognition. Psychological Review, 76(2), 165–178. https://doi.org/10.1037/h0027366
  • Visch-Brink, E., Denes, G., & Stronks, D. (1996). Assessment of semantic disorders in aphasia: The Dutch version of the Semantic Association Test. Aphasiology, 10(7), 641–654. https://doi.org/10.1080/02687039608248443

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Administer the selected standardized subtests according to the clinical hypothesis concerning the patient's impaired and preserved psycholinguistic processing modules. Record response accuracy, latencies, and specific error types (phonological, semantic, morphological, or regularisation errors) on the corresponding subtest scoring protocol.
Response Scale: Performance-based scoring (accuracy, response latency, and error classification across auditory, visual, reading, repetition, and matching subtests)
1

PALPA 1: Auditory phonological discrimination: nonwords (minimal pairs)
2

PALPA 2: Auditory phonological discrimination: words (minimal pairs)
3

PALPA 3: Auditory phonological discrimination: words with nonwords (minimal pairs)
4

PALPA 4: Auditory word/nonword minimal pairs: same/different judgement
5

PALPA 5: Auditory lexical decision: imageability and frequency
6

PALPA 6: Auditory lexical decision: morphology
7

PALPA 7: Repetition: syllable length
8

PALPA 8: Repetition: nonwords
9

PALPA 9: Repetition: imageability and frequency
10

PALPA 10: Repetition: grammatical word class
11

PALPA 11: Repetition: morphological endings
12

PALPA 12: Repetition: sentence length
13

PALPA 13: Repetition: nonwords with morphological endings
14

PALPA 14: Visual discrimination: mirror-reversed letters
15

PALPA 15: Visual discrimination: letter matching across case/font
16

PALPA 16: Visual discrimination: letter name matching
17

PALPA 17: Visual discrimination: lower-to-upper case matching
18

PALPA 18: Visual discrimination: word length in letters
19

PALPA 19: Visual lexical decision: imageability and frequency
20

PALPA 20: Visual lexical decision: morphology
21

PALPA 21: Visual lexical decision: spelling regularity
22

PALPA 22: Visual lexical decision: letter-transposed nonwords
23

PALPA 23: Visual lexical decision: homophone words and nonwords
24

PALPA 24: Visual lexical decision: pseudohomophones
25

PALPA 25: Visual lexical decision: illegal nonwords
26

PALPA 26: Visual lexical decision: grammatical class
27

PALPA 27: Written word length effect (word and nonword reading)
28

PALPA 28: Nonword reading (syllable length and complexity)
29

PALPA 29: Reading: letter naming and sounding
30

PALPA 30: Reading: imageability and frequency
31

PALPA 31: Reading: grammatical class
32

PALPA 32: Reading: grammatical class and imageability
33

PALPA 33: Reading: regular and irregular words
34

PALPA 34: Reading: words with derivational/inflectional affixes
35

PALPA 35: Reading: regular and irregular homophones
36

PALPA 36: Reading: nonwords with varying phonotactic structures
37

PALPA 37: Reading: nonwords with morphologically complex patterns
38

PALPA 38: Spelling: letter choice for sounds
39

PALPA 39: Spelling to dictation: imageability and frequency
40

PALPA 40: Spelling to dictation: grammatical class
41

PALPA 41: Spelling to dictation: regular and irregular words
42

PALPA 42: Spelling to dictation: words with derivational and inflectional affixes
43

PALPA 43: Spelling to dictation: homophones
44

PALPA 44: Spelling to dictation: nonwords
45

PALPA 45: Spelling to dictation: nonword syllables
46

PALPA 46: Written word length effect in spelling to dictation
47

PALPA 47: Spoken word-picture matching
48

PALPA 48: Written word-picture matching
49

PALPA 49: Auditory synonym judgements
50

PALPA 50: Written synonym judgements
51

PALPA 51: Word association (semantic association test)
52

PALPA 52: Category fluency (semantic and letter-based production)
53

PALPA 53: Picture naming (oral confrontation naming)
54

PALPA 54: Written picture naming
55

PALPA 55: Auditory sentence-picture matching
56

PALPA 56: Written sentence-picture matching
57

PALPA 57: Auditory comprehension of verbs and thematic roles
58

PALPA 58: Written comprehension of verbs and thematic roles
59

PALPA 59: Auditory sentence grammaticality judgements
60

PALPA 60: Written sentence grammaticality judgements
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Looti, M. (2026, septembre 23). Instrument de test psycholinguistique pour la recherche sur le traitement du langage chez les patients aphasiques. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/instrument-de-test-psycholinguistique-traitement-langage-aphasie/
Looti, Mohammed. “Instrument de test psycholinguistique pour la recherche sur le traitement du langage chez les patients aphasiques.” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/instrument-de-test-psycholinguistique-traitement-langage-aphasie/.
Looti, Mohammed. “Instrument de test psycholinguistique pour la recherche sur le traitement du langage chez les patients aphasiques.” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/instrument-de-test-psycholinguistique-traitement-langage-aphasie/.