Inquiétude / Rumination

Découvrez le questionnaire Inquiétude / Rumination pour enfants (NPDK) développé par Jellesma, Meerum Terwogt, Reijntjes, Rieffe et Stegge. Analyse psychométrique complète, fondements théoriques et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le questionnaire sur les processus de pensée non productifs pour enfants – échelle d’inquiétude et de rumination (connu originellement sous l’acronyme néerlandais NPDK pour Vragenlijst Non-Productieve Denkprocessen voor Kinderen, et diffusé en anglais sous le titre Non-Productive Thinking Processes Questionnaire for Children – Worry/Rumination Scale) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé initialement par Francine Jellesma, Mark Meerum Terwogt, Albert Reijntjes, Carolien Rieffe et Harry Stegge (2005). Conçu pour les enfants et les jeunes adolescents âgés généralement de 8 à 14 ans, cet outil évalue la tendance dispositionnelle à s’engager dans des pensées répétitives négatives (perseverative cognition), regroupant les dimensions cardinales de l’inquiétude cognitive (worry) et de la rumination dépressive (rumination).

Le questionnaire comporte 10 items évaluant la fréquence et l’incontrôlabilité des pensées intrusives face à des difficultés réelles ou potentielles. Les participants répondent à l’aide d’une échelle ordinale à 3 points ancrée de 1 (« not true » / pas vrai), 2 (« sometimes true » / parfois vrai) à 3 (« often true » / souvent vrai). L’item 4 (« Problems never worry me. I just solve them. ») est formulé de manière inversée et reflète une approche orientée vers la résolution active de problème. Les analyses psychométriques attestent d’une cohérence interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,74 et 0,85 selon les échantillons communautaires et cliniques. Les analyses factorielles confirment une structure dominée par un facteur de second ordre de « pensée négative répétitive » ou une structure unifactorielle composite intégrant l’anticipation anxieuse orientée vers l’avenir et l’amplification réflexive orientée vers le problème ou le passé. L’échelle démontre une validité convergente remarquable avec les mesures de dépression, d’anxiété, de somatisation et d’alexithymie chez les jeunes, ce qui en fait un outil de dépistage et de recherche de référence dans le champ de la psychopathologie développementale.

2. Mots-clés / Keywords

Inquiétude, rumination, pensée répétitive négative, psychopathologie développementale, troubles internalisés, enfants, adolescents, psychométrie, régulation émotionnelle, NPDK.

3. Auteurs / Authors

L’échelle NPDK et ses adaptations internationales ont été élaborées et validées par une équipe de chercheurs pionniers en psychologie du développement et en psychopathologie de l’enfant affiliés à l’Université de Leyde (Leiden University) et à l’Université d’Amsterdam (Vrije Universiteit Amsterdam), aux Pays-Bas :

  • Francine C. Jellesma : Docteure en psychologie clinique et du développement, chercheuse associée au Research Institute of Child Development and Education, Université d’Amsterdam. Ses travaux portent principalement sur les symptômes somatiques chez l’enfant, les processus cognitifs dysfonctionnels et la régulation émotionnelle. Courriel : [email protected].
  • Mark Meerum Terwogt : Professeur émérite de psychologie du développement à la Vrije Universiteit Amsterdam, spécialiste reconnu de l’ontogenèse de la compréhension des émotions et des stratégies d’adaptation cognitive chez les mineurs.
  • Albert Reijntjes : Professeur au sein du département de développement de l’enfant et des sciences de l’éducation à l’Université d’Amsterdam, expert en victimisation par les pairs, rejet social et vulnérabilités cognitives intériorisées.
  • Carolien Rieffe : Professeure titulaire en psychologie du développement à l’Université de Leyde, directrice du laboratoire Focus on Emotions, chercheuse affiliée honoraire à l’University College London (UCL). Ses travaux novateurs explorent l’alexithymie, la surdité, les troubles du spectre de l’autisme et la cognition sociale chez l’enfant. Courriel : [email protected].
  • Harry Stegge : Docteur en psychologie, chercheur émérite à la Vrije Universiteit Amsterdam, co-développeur de nombreux outils d’évaluation de la compétence émotionnelle de l’enfant.

4. Objectif / Purpose

La conception de l’échelle d’inquiétude/rumination (NPDK) répond à une lacune méthodologique et théorique majeure identifiée au début des années 2000 dans l’évaluation psychologique des jeunes publics : l’absence d’outils concis, validés sur le plan du développement et capables de capturer les processus de cognition persévérante sans surcharger l’enfant par un vocabulaire abstrait ou des protocoles introspectifs trop complexes.

Raison d’être et pertinence clinique

Dans la littérature psychopathologique adulte, l’inquiétude (worry) et la rumination ont longtemps été conceptualisées comme des construits séparés : l’inquiétude étant affiliée au trouble anxieux généralisé (TAG) et focalisée sur des menaces futures incertaines, tandis que la rumination, théorisée notamment par Susan Nolen-Hoeksema, était considérée comme le moteur d’amplification des états dépressifs par une fixation rétrospective sur les pertes, les échecs et leurs implications personnelles. Cependant, chez les enfants d’âge scolaire et les jeunes adolescents, les manifestations de ces processus cognitifs se révèlent hautement intriquées.

L’objectif premier du NPDK est de quantifier la prévalence et l’intensité de ces processus de pensée improductifs, c’est-à-dire des chaînes de pensées répétitives, intrusives et auto-focalisées qui, loin de déboucher sur une résolution pragmatique des problèmes, exacerbent la détresse affective. L’échelle a été spécifiquement calibrée pour identifier les mineurs à haut risque de développer des troubles internalisés (épisodes dépressifs majeurs, phobie sociale, anxiété généralisée et plaintes somatiques fonctionnelles sans substrat organique).

Applications en recherche et en pratique appliquée

Sur le plan clinique, l’échelle est employée comme :

  • Instrument de dépistage précoce en milieu scolaire et pédopsychiatrique, facilitant l’identification des élèves dont le fonctionnement cognitif est dominé par l’anticipation catastrophique et l’auto-dévalorisation.
  • Indicateur d’efficacité thérapeutique dans le cadre d’interventions basées sur la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ou la thérapie basée sur la pleine conscience (mindfulness), mesurant le désengagement progressif des boucles de pensées automatiques négatives.
  • Outil d’investigation étiologique dans les cohortes longitudinales étudiant l’impact des vulnérabilités cognitives sur la régulation du stress physiologique, les troubles du sommeil et les plaintes somatiques récurrentes (maux de tête, maux de ventre idiopathiques).

5. Construit psychologique / Construct

L’échelle opérationnalise le méta-construit de la pensée négative persévérante (perseverative negative thinking) chez l’enfant, qui s’articule autour de deux composantes sémiologiques complémentaires mais profondément intriquées au plan neurodéveloppemental : l’inquiétude prospective et la rumination réactive.

1. L’inquiétude cognitive (Worry)

L’inquiétude est définie comme une activité cognitive verbale répétitive, dominée par la crainte d’événements néfastes futurs et l’impossibilité de tolérer l’incertitude. Dans l’échelle NPDK, cette facette est illustrée par des formulations claires telles que :

  • Item 1 : « I am often worried. » (tendance dispositionnelle globale à l’appréhension).
  • Item 6 : « When I make a mistake, I am worried about what might happen. » (anticipation des conséquences négatives consécutives à une erreur).
  • Item 10 : « When I don’t know exactly what is happening, I usually think that bad things will happen. » (biais d’interprétation catastrophique face à l’ambiguïté situationnelle).

Ces manifestations traduisent une incapacité à inhiber les scénarios catastrophes, l’enfant mobilisant une hypervigilance mentale qui consomme d’importantes ressources attentionnelles et de mémoire de travail.

2. La rumination focalisée sur le problème et l’affect (Rumination)

La rumination correspond à la focalisation passive, répétitive et non productive sur les symptômes de détresse, les problèmes personnels et leurs causes perçues, sans engagement dans des conduites instrumentales adaptatives. Les items du questionnaire captent cette dynamique d’enfermement mental :

  • Item 2 : « When I have a problem, I often think “why me?” » (questionnement existentiel improductif teinté de victimisation ou de sentiment d’injustice).
  • Item 3 : « It is difficult to forget bad things. » (persistance mnésique des souvenirs négatifs et déficit d’inhibition cognitive).
  • Item 5 : « When I have a problem, I can’t stop thinking about it. » (caractère intrusif et perte de contrôle perçue sur le flux de pensées).
  • Item 7 : « When I have a problem, I think about it all the time. » (chronométrage continu de l’attention tournée vers la difficulté).
  • Item 9 : « When I have a problem, I often think about how bad it is. » (grossissement cognitif et amplification de la valence aversive de l’obstacle).

3. L’inefficacité perçue et le déficit de résolution de problème

Un aspect distinctif fondamental du construit mesuré par le NPDK est la rupture entre la pensée et l’action constructive. Deux items évaluent directement ce sentiment d’inefficacité :

  • Item 4 : « Problems never worry me. I just solve them. » qui mesure l’approche active, pragmatique et sereine des obstacles (inversé lors de la cotation).
  • Item 8 : « When I try to deal with a problem, I am worried that I will only make things worse. » qui capte le doute paralysant et l’anticipation d’une aggravation induite par ses propres tentatives de résolution.

Le score global obtenu représente ainsi l’ampleur avec laquelle l’appareil cognitif de l’enfant est monopolisé par des boucles récurrentes d’impuissance et d’appréhension plutôt que par des stratégies actives d’adaptation (coping centré sur le problème).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le questionnaire de pensées non productives s’inscrit au carrefour de plusieurs modèles cardinaux des sciences cognitives et de la psychopathologie contemporaine :

1. La théorie des styles de réponse de Nolen-Hoeksema

Selon la Response Styles Theory développée par Susan Nolen-Hoeksema (1991), les individus confrontés à un état affectif négatif adoptent préférentiellement soit des stratégies de distraction/résolution active, soit des stratégies de rumination. Nolen-Hoeksema a démontré que le fait de focaliser son attention sur ses affects dépressifs inhibe les comportements de résolution de problème, renforce l’accès aux souvenirs autobiographiques congruents avec l’humeur négative et détériore le soutien social. Jellesma et ses collaborateurs (2005) ont opérationnalisé ces postulats pour la première fois sous une forme adaptée au développement de l’enfant, en montrant que dès l’âge de 8 ans, la rumination agit comme un amplificateur affectif chez les jeunes.

2. Le modèle d’évitement cognitif de l’inquiétude de Borkovec

Le modèle formulé par Thomas Borkovec (1994) stipule que l’inquiétude est une tentative d’évitement cognitif verbal visant à empêcher l’émergence d’images mentales aversives et les réponses physiologiques autonomes intenses associées à la peur. L’individu s’engage dans un discours intérieur abstrait (« que va-t-il se passer si… ? »), croyant à tort que s’inquiéter prévient la survenue du drame ou prépare à y faire face. Le NPDK capture cette propension chez l’enfant à utiliser la pensée abstraite non pas pour résoudre le problème, mais comme une boucle fermée d’anticipation anxieuse (item 6, item 10).

3. L’hypothèse de la cognition persévérante (Brosschot, Pieper & Thayer)

L’hypothèse de la cognition persévérante (Perseverative Cognition Hypothesis) formalisée par Brosschot et al. (2006) postule que ce ne sont pas les stresseurs environnementaux perçus en eux-mêmes qui créent une vulnérabilité biologique et psychologique, mais la prolongation temporelle de la réponse de stress par le biais de l’inquiétude et de la rumination. Chez l’enfant, cette persévérance cognitive maintient une activation physiologique résiduelle chronique (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, tonus vagal diminué), corrélant directement avec les plaintes somatiques récurrentes (céphalées de tension, douleurs abdominales fonctionnelles), comme l’ont empiriquement démontré Jellesma et al. (2005, 2007).

4. Les modèles transdiagnostiques récents

Dans la perspective des approches transdiagnostiques (Harvey et al., 2004 ; Ehring & Watkins, 2008), l’inquiétude et la rumination partagent un noyau fonctionnel identique : la pensée répétitive négative (PTN). Le NPDK anticipe ces conclusions en combinant les deux construits au sein d’une échelle unifiée, attestant que chez l’enfant, la distinction phénotypique entre anxiété et dépression est moins différenciée que chez l’adulte, les deux versants s’alimentant mutuellement.

7. Validité / Validity

L’évaluation des qualités métrologiques du NPDK a fait l’objet de plusieurs vagues d’investigations empiriques, confirmant la robustesse de sa validité sur plusieurs continents.

Validité de construit et validité convergente

Dans l’étude princeps de Jellesma, Meerum Terwogt, Reijntjes, Rieffe et Stegge (2005), menée auprès d’un échantillon scolaire de plus de 400 enfants néerlandais, le score au NPDK présentait des corrélations positives statistiquement très significatives avec :

  • Les symptômes dépressifs évalués par la Children’s Depression Inventory (CDI) : coefficients $r$ compris entre 0,55 et 0,68 ($p < 0,001$).
  • L’anxiété générale et l’anxiété de trait mesurées via la State-Trait Anxiety Inventory for Children (STAI-C) : $r$ compris entre 0,52 et 0,64 ($p < 0,001$).
  • Les plaintes somatiques (somatisation) : $r$ oscillant entre 0,38 et 0,49 ($p < 0,001$), démontrant le rôle médiateur des pensées persévérantes dans la conversion corporelle du stress psychologique.

Dans les travaux ultérieurs de Rieffe et al. (2007, 2010), l’échelle a été intégrée pour étudier ses relations avec la conscience émotionnelle (Emotion Awareness Questionnaire – EAQ) et l’alexithymie. Les analyses révèlent des corrélations inverses fortes avec la compétence perçue à identifier ses émotions ($r = -0,42$) et la capacité d’analyse émotionnelle autonome, indiquant que les enfants qui peinent à décoder leurs ressentis affectifs ont une probabilité accrue de s’enliser dans des ruminations improductives.

Validité discriminante

La validité discriminante est appuyée par des corrélations faibles ou négligeables avec des construits non reliés tels que le niveau intellectuel verbal, les performances scolaires objectives en mathématiques ou l’extraversion sociale adaptée. De plus, l’échelle parvient à différencier nettement les enfants issus de populations cliniques suivis pour troubles anxio-dépressifs des groupes contrôles appariés en milieu scolaire standard ($d$ de Cohen > 0,80).

Validité transculturelle

L’étude interculturelle menée par Rieffe, Oosterveld, Meerum Terwogt, Novin, Nasiri et Latifian (2010) auprès d’écoliers iraniens et occidentaux a démontré une excellente équivalence de mesure. Les corrélations entre le NPDK, les scores d’humeur négative et les symptômes internalisés étaient remarquablement stables à travers les cultures, confirmant l’universalité développementale de ces processus cognitifs d’aggravation de la détresse.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique du questionnaire NPDK a été rigoureusement examinée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’échantillon d’origine néerlandais de Jellesma et al. (2005) ($N = 432$, élèves âgés de 9 à 13 ans), le coefficient alpha de Cronbach global pour l’ensemble des 10 items s’élevait à α = 0,81. Lorsque l’item 4 inversé était analysé isolément, sa corrélation item-total corrigée restait satisfaisante ($r_{it} > 0,35$), tandis que pour les items formulés positivement (items 1, 2, 5, 7), les saturations atteignaient des valeurs comprises entre 0,48 et 0,66.

Dans les études de validation de l’EAQ intégrant le NPDK comme variable critère (Rieffe et al., 2007, 2010) :

  • Échantillon britannique ($N = 512$, 8-13 ans) : coefficient α = 0,82.
  • Échantillon iranien ($N = 485$, 10-14 ans) : coefficient α = 0,78.
  • Sous-échantillons d’enfants présentant des troubles spécifiques du langage ou des déficiences auditives : l’alpha s’est maintenu au-dessus du seuil standard d’acceptabilité métrologique (α ≥ 0,75).

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été mesurée sur un intervalle de quatre à six semaines dans un cadre scolaire stable. Les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et les corrélations de Pearson rapportées se situent entre $r = 0,71$ et $r = 0,77$, témoignant d’une stabilité suffisante pour qualifier le NPDK de mesure de trait cognitif, tout en conservant une sensibilité aux changements thérapeutiques induits par des programmes de remédiation cognitive ou émotionnelle.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du NPDK a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Dans les travaux initiaux de Jellesma et collaborateurs (2005), une analyse en composantes principales avec rotation oblique (Oblimin direct) a été réalisée sur les données d’enfants tout-venant. L’examen du diagramme de Cattell (scree plot) et les valeurs propres supérieures à 1 ont initialement indiqué deux composantes étroitement corrélées ($r > 0,55$) :

  • Facteur 1 : Rumination centrée sur le problème et immobilisation cognitive (items 2, 3, 5, 7, 9), avec des saturations factorielles s’échelonnant de 0,58 à 0,79.
  • Facteur 2 : Inquiétude prospective et anticipation catastrophique (items 1, 6, 8, 10), avec des saturations s’échelonnant de 0,51 à 0,74. L’item 4 inversé chargeait négativement sur ce facteur (-0,48).

Cependant, en raison de la multicolinéarité élevée entre ces deux facteurs et de l’incapacité de leur séparation à apporter une plus-value incrémentale dans la prédiction de la détresse affective chez l’enfant, les auteurs ont privilégié une interprétation en un facteur général unique de pensée non productive.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Dans les modélisations par équations structurelles rapportées par Rieffe et al. (2007, 2010), un modèle unifactoriel à 10 items a été testé avec estimation par le maximum de vraisemblance robuste (MLR). Les indices d’ajustement globaux obtenus pour la structure unifactorielle se sont révélés tout à fait satisfaisants :

  • $\chi^2 / ext{dl} < 2,30$
  • Comparative Fit Index (CFI) ≥ 0,94
  • Tucker-Lewis Index (TLI) ≥ 0,92
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,048 (IC 90% : [0,035 ; 0,061])
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) = 0,042

Toutes les saturations factorielles standardisées (λ) étaient statistiquement significatives ($p < 0,001$) et dépassaient le seuil conventionnel de 0,40, à l’exception de l’item 4 qui présentait une saturation plus modeste (environ 0,36 à 0,42 selon les groupes), un phénomène classique pour les items formulés sous forme inversée chez les jeunes répondants.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les caractéristiques opérationnelles de l’instrument se déclinent comme suit :

  • Nom complet de l’instrument : Non-Productive Thinking Processes Questionnaire for Children – Worry/Rumination Scale (NPDK : De vragenlijst Non-Productieve Denkprocessen voor Kinderen: Piekeren en Rumineren).
  • Type de passation : Auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé. L’administration peut être individuelle ou collective en classe. Pour les enfants plus jeunes (8-9 ans), une lecture à voix haute des consignes et des items par l’expérimentateur est recommandée.
  • Durée de passation : Environ 5 à 8 minutes.
  • Population cible : Enfants et adolescents de 8 à 14 ans.
  • Nombre d’items : 10 items rédigés dans un style direct et limpide.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert en 3 points :
    • 1 = not true (pas vrai / faux)
    • 2 = sometimes true (parfois vrai)
    • 3 = often true (souvent vrai)
  • Cotation et calcul des scores :
    • Inversion : L’item 4 (« Problems never worry me. I just solve them. ») doit obligatoirement être inversé avant le calcul ($1
      ightarrow 3$
      , $2
      ightarrow 2$
      , $3
      ightarrow 1$
      ).
    • Items directs : Les items 1, 2, 3, 5, 6, 7, 8, 9, 10 conservent leur valeur directe (1 à 3).
    • Score total : On effectue la somme des 10 items (score total allant de 10 à 30 points) ou la moyenne arithmétique (score moyen allant de 1,00 à 3,00).
    • Interprétation : Un score élevé reflète un recours massif et dysfonctionnel aux pensées persévérantes d’inquiétude et de rumination, indiquant une vulnérabilité cognitive accrue face aux stresseurs du quotidien.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2005 (version néerlandaise originale par Jellesma et al.) ; publications internationales et traductions en langue anglaise en 2007 et 2010 sous la direction de Carolien Rieffe.
  • Statut des droits et conditions d’accès : L’échelle est un instrument académique ouvert (open access à des fins de recherche scientifique et d’usage clinique non commercial). Les auteurs ont mis à disposition les versions anglaises et néerlandaises du questionnaire via le site institutionnel du groupe de recherche Focus on Emotions (www.focusonemotions.nl).
  • Tarification : L’utilisation du questionnaire est entièrement gratuite pour les chercheurs, psychologues scolaires et praticiens hospitaliers. Aucune redevance commerciale n’est requise.
  • Obligations d’usage : Les utilisateurs sont tenus de citer les articles de référence méthodologiques originaux dans tout rapport clinique, mémoire universitaire ou article scientifique faisant usage du matériel. Toute adaptation commerciale ou inclusion dans une batterie logicielle payante requiert l’autorisation explicite et préalable des auteurs détenteurs des droits moraux.

12. Références / References

  • Borkovec, T. D. (1994). The nature, functions, and origins of worry. In G. C. L. Davey & F. Tallis (Eds.), Worrying: Perspectives on theory, assessment and treatment (pp. 5–33). John Wiley & Sons.
  • Brosschot, J. F., Pieper, S., & Thayer, J. F. (2005). Expanding stress theory: Prolonged activation and perseverative cognition. Psychoneuroendocrinology, 30(10), 1043–1049. https://doi.org/10.1016/j.psyneuen.2005.04.008
  • Ehring, T., & Watkins, E. R. (2008). Repetitive negative thinking as a transdiagnostic process. International Journal of Cognitive Therapy, 1(3), 192–205. https://doi.org/10.1521/ijct.2008.1.3.192
  • Harvey, A. G., Watkins, E., Mansell, W., & Shafran, R. (2004). Cognitive behavioural processes across psychological disorders: A transdiagnostic approach to research and treatment. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/med:psych/9780198528883.001.0001
  • Jellesma, F. C., Meerum Terwogt, M., Reijntjes, A., Rieffe, C., & Stegge, H. (2005). De vragenlijst Non-Productieve Denkprocessen voor Kinderen (NPDK): Piekeren en Rumineren [The Non-Productive Thinking Processes Questionnaire for Children: Worry and Rumination]. Kind en Adolescent, 26(4), 368–378. https://doi.org/10.1007/BF03060950
  • Nolen-Hoeksema, S. (1991). Responses to depression and their effects on the duration of depressive episodes. Journal of Abnormal Psychology, 100(4), 569–582. https://doi.org/10.1037/0021-843X.100.4.569
  • Rieffe, C., Meerum Terwogt, M., Petrides, K. V., Cowan, C., Miers, A. C., & Tolland, A. (2007). Psychometric properties of the Emotion Awareness Questionnaire for children. Personality and Individual Differences, 43(1), 95–105. https://doi.org/10.1016/j.paid.2006.11.015
  • Rieffe, C., Oosterveld, P., Meerum Terwogt, M., Novin, S., Nasiri, H., & Latifian, M. (2010). Relationship between alexithymia, mood and internalizing symptoms in children and young adolescents: Evidence from an Iranian sample. Personality and Individual Differences, 48(4), 425–430. https://doi.org/10.1016/j.paid.2009.11.017

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: 1 = not true, 2 = sometimes true, 3 = often true

  1. I am often worried.
  2. When I have a problem, I often think “why me?”
  3. It is difficult to forget bad things.
  4. Problems never worry me. I just solve them.
  5. When I have a problem, I can’t stop thinking about it.
  6. When I make a mistake, I am worried about what might happen.
  7. When I have a problem, I think about it all the time.
  8. When I try to deal with a problem, I am worried that I will only make things worse.
  9. When I have a problem, I often think about how bad it is.
  10. When I don’t know exactly what is happening, I usually think that bad things will happen.
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Looti, M. (2026, octobre 9). Inquiétude / Rumination. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/inquietude-rumination-npdk-echelle/
Looti, Mohammed. “Inquiétude / Rumination.” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/inquietude-rumination-npdk-echelle/.
Looti, Mohammed. “Inquiétude / Rumination.” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/inquietude-rumination-npdk-echelle/.