Indice d’efficacité scolaire (SEI)

L’Indice d’efficacité scolaire (SEI) de Wayne K. Hoy et John Ferguson mesure l’efficacité organisationnelle perçue des écoles à travers 8 items psychométriques éprouvés.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

L’Indice d’efficacité scolaire (en anglais, School Effectiveness Index ou SEI) est un instrument psychométrique d’évaluation organisationnelle développé dans le champ des sciences de l’éducation et de la psychologie du travail appliquée aux milieux scolaires. Conçu initialement par Wayne K. Hoy et John Ferguson (1985), puis enrichi à travers les travaux de Wayne K. Hoy, Cecil G. Miskel et leurs collaborateurs, cet outil opérationnalise l’efficacité organisationnelle perçue des établissements d’enseignement primaire et secondaire. L’échelle est directement dérivée des conceptualisations théoriques de Paul E. Mott (1972) sur les caractéristiques des organisations performantes, transposées au milieu scolaire par Miskel, Fevurly et Stewart (1979).

Le SEI mesure l’efficacité globale perçue de l’école à travers huit items condensés explorant les dimensions fondamentales de la production (qualité et quantité des services éducatifs), de l’adaptabilité (capacité d’ajustement face aux changements et anticipation des crises) et de l’efficience opérationnelle (gestion et allocation optimale des ressources disponibles). Administré principalement auprès du personnel enseignant, l’instrument utilise une échelle de réponse de type Likert en six points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 6 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree), avec une inversion de score appliquée aux items 2, 4, 5 et 6 selon le protocole de cotation standard de Wayne K. Hoy.

Sur le plan psychométrique, le SEI présente une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,85 et 0,91 selon les échantillons d’enseignants évalués au niveau agrégé de l’établissement scolaire. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires démontrent une robustesse structurelle de premier plan, appuyant un modèle unidimensionnel d’efficacité globale tout en reflétant fidèlement les facettes sous-jacentes du modèle de Mott. L’outil bénéficie d’une validité de construit et d’une validité critériée éprouvées, établissant des corrélations positives significatives avec le climat organisationnel ouvert, le leadership pédagogique transformationnel, la confiance interpersonnelle et l’efficacité collective des enseignants.

2. Mots-clés

efficacité scolaire, School Effectiveness Index, climat scolaire, organisation éducative, psychométrie, Wayne K. Hoy, évaluation organisationnelle, adaptabilité pédagogique, leadership scolaire, efficacité collective

3. Auteurs

L’Indice d’efficacité scolaire a été développé et affiné par des chercheurs éminents en administration de l’éducation et en sociologie des organisations :

  • Wayne K. Hoy, Ed.D. : Professeur émérite titulaire de la chaire Fawcett Professor of Educational Administration à l’Université d’État de l’Ohio (The Ohio State University, Columbus, OH, États-Unis). Auteur prolifique de plus d’une centaine d’articles et d’ouvrages fondateurs sur le climat organisationnel, la santé de l’école et la confiance institutionnelle. Contact académique : waynekhoy.com.
  • John Ferguson, Ph.D. : Chercheur et administrateur scolaire ayant collaboré avec Wayne K. Hoy à l’Université Rutgers (Rutgers University, New Brunswick, NJ, États-Unis) lors des premières modélisations empiriques de l’efficacité organisationnelle dans les districts scolaires du New Jersey.
  • Cecil G. Miskel, Ed.D. : Professeur et ancien doyen de la School of Education à l’Université du Michigan (University of Michigan, Ann Arbor, MI, États-Unis), coauteur avec Wayne K. Hoy de l’ouvrage de référence Educational Administration: Theory, Research, and Practice.
  • Paul E. Mott, Ph.D. : Sociologue des organisations dont les formulations théoriques initiales développées dans l’ouvrage The Characteristics of Effective Organizations (1972) constituent l’ossature conceptuelle directe du SEI.

4. Objectif

L’évaluation de l’efficacité d’un établissement d’enseignement représente un défi méthodologique et théorique majeur depuis plusieurs décennies. Traditionnellement, l’efficacité scolaire a été réduite à des indicateurs académiques bruts et univariés, tels que les scores standardisés aux examens d’État, les taux de diplomation ou les pourcentages d’insertion professionnelle des élèves. Bien que ces métriques soient informatives, les théoriciens de la psychologie organisationnelle soulignent qu’elles ignorent les processus internes, les dynamiques structurelles, la résilience opérationnelle et la complexité psychosociale du fonctionnement d’une école. L’objectif principal de l’Indice d’efficacité scolaire (SEI) est d’offrir une mesure valide, standardisée et théoriquement ancrée de l’efficacité organisationnelle globale telle qu’elle est vécue et perçue par les professionnels de terrain, en particulier le corps enseignant.

Le SEI a été conçu pour opérationnaliser la performance scolaire non pas comme un simple produit final immuable, mais comme une capacité multidimensionnelle continue. L’instrument cherche à déterminer comment l’école, en tant que système social ouvert, parvient à :

  • Générer des prestations et services éducatifs de haut niveau qualitatif et quantitatif ;
  • Maintenir sa stabilité interne tout en résolvant rapidement les perturbations soudaines et les situations d’urgence pédagogique ou logistique ;
  • Anticiper les difficultés systémiques avant qu’elles ne dégénèrent en dysfonctionnements structurels ;
  • S’adapter avec souplesse et célérité aux réformes institutionnelles, aux innovations curriculaires et aux évolutions technologiques ;
  • Allouer et optimiser l’usage des ressources humaines, matérielles et temporelles disponibles.

Dans les applications de recherche, le SEI sert d’étalon de mesure dépendant ou modérateur pour explorer les déterminants organisationnels de la réussite scolaire. Il permet aux chercheurs d’analyser les interconnexions entre les styles de leadership (directif, collaboratif, bienveillant), la santé organisationnelle de l’établissement (Organizational Health Inventory), l’ouverture du climat (Organizational Climate Description Questionnaire) et le sentiment d’efficacité collective des enseignants. Les devis de recherche corrélationnels, longitudinaux et multi-niveaux (modélisation hiérarchique linéaire) utilisent régulièrement le SEI agrégé au niveau de l’école (niveau 2) pour mesurer l’impact des politiques éducatives sur la viabilité organisationnelle.

Dans la pratique clinique, formative et consultative, le SEI constitue un outil de diagnostic rapide et puissant au service des chefs d’établissement, des psychologues scolaires et des inspecteurs de l’éducation. Administré lors d’audits internes, il identifie les zones de vulnérabilité organisationnelle : résistances rigides au changement, gaspillage de ressources ou incapacité collective à gérer les crises. Il offre ainsi un point de départ empirique pour concevoir des plans de développement professionnel ciblés et restaurer la cohésion d’équipe.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique mesuré par le SEI est l’efficacité organisationnelle perçue de l’école. En psychologie organisationnelle, l’efficacité ne se résume pas à l’atteinte d’un objectif isolé, mais englobe la capacité globale d’un collectif à mobiliser ses ressources pour s’adapter, survivre et exceller dans son environnement. Le SEI traduit opérationnellement le modèle tridimensionnel de l’efficacité organisationnelle articulé par Mott (1972), lequel comprend la production, l’adaptation et la flexibilité.

1. La productivité et la qualité du service éducatif

La première facette du construit renvoie à la capacité de l’école à fournir un niveau exceptionnel de services éducatifs tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Contrairement aux organisations industrielles où la production se quantifie en unités matérielles, l’école génère des apprentissages, du développement psychosocial, de la socialisation civique et de l’encadrement pédagogique.

  • Qualité des produits et services (Item 1) : Cette composante saisit le standard d’excellence attribué aux apprentissages scolaires, à l’accompagnement pédagogique et aux programmes parascolaires. Elle évalue si le corps professoral perçoit l’offre éducative comme répondant aux plus hauts critères d’excellence.
  • Quantité des prestations (Item 2) : Cette sous-dimension appréhende le volume global des activités, la couverture intégrale des programmes et la densité de l’engagement éducatif proposé aux élèves et aux familles au regard des objectifs institutionnels fixés.

2. L’adaptabilité organisationnelle et la proactivité face aux crises

L’adaptabilité reflète la promptitude et l’efficacité avec lesquelles l’organisation scolaire anticipe, absorbe et gère le changement externe et interne. En milieu éducatif, les perturbations peuvent prendre la forme de réformes curriculaires inattendues, de crises sanitaires, de variations démographiques scolaires ou d’incidents critiques au sein de la communauté.

  • Gestion des urgences et des perturbations (Item 3) : Mesure la résilience collective des enseignants à maintenir un cadre d’apprentissage sécurisant et structuré lorsque surviennent des imprévus majeurs ou des perturbations organisationnelles.
  • Acceptation et ajustement au changement (Items 4 et 5) : Évalue la flexibilité comportementale et psychologique des acteurs scolaires. Il ne s’agit pas seulement d’accepter passivement les réformes imposées par l’administration, mais de développer une propension active à modifier les pratiques pédagogiques avec célérité.
  • Conscience et veille informationnelle sur les innovations (Item 6) : Cette composante mesure le niveau de curiosité et d’acculturation professionnelle continue des enseignants face aux méthodes didactiques novatrices et aux outils technologiques émergents.
  • Proactivité et anticipation préventive (Item 7) : Reflète la capacité du système social de l’école à identifier les précurseurs de conflits, d’échec scolaire ou de dérives disciplinaires, et à mettre en œuvre des mécanismes de remédiation avant l’apparition de crises ouvertes.

3. L’efficience dans l’allocation des ressources

La dernière composante du construit s’intéresse à la rationalité et à l’optimisation des moyens alloués à l’école. En contexte scolaire, les ressources ne sont pas seulement financières ou matérielles (manuels scolaires, technologies numériques, laboratoires), mais également temporelles et humaines.

  • Utilisation judicieuse des ressources (Item 8) : Mesure la perception selon laquelle le temps d’enseignement, les locaux, le matériel pédagogique et les compétences individuelles des professionnels sont mobilisés de manière parcimonieuse, équitable et productive, sans gaspillage ni dispersion d’énergie.

6. Cadre théorique

Le cadre théorique de l’Indice d’efficacité scolaire s’inscrit au carrefour de la théorie générale des systèmes ouverts (Katz & Kahn, 1978), de la sociologie structuro-fonctionnaliste et des travaux fondateurs sur l’efficacité organisationnelle menés par Paul E. Mott (1972).

La perspective des systèmes sociaux ouverts

Selon Hoy et Miskel (1996, 2013), l’école ne peut être appréhendée comme une machine bureaucratique fermée régie par des règles d’ingénierie mécanique. Elle constitue un système social ouvert qui interagit en permanence avec un environnement turbulent : ministère de tutelle, parents d’élèves, tissu économique local, normes socioculturelles. Pour maintenir son équilibre homéostatique et assurer sa pérennité, le système scolaire importe des intrants (ressources financières, élèves, directives), les transforme par le biais d’un processus éducatif technique et humain, puis exporte des extrants (élèves diplômés, citoyens formés, compétences académiques).

Dans ce modèle conceptuel, l’efficacité ne peut se limiter à l’examen exclusif des extrants (la production). Si une organisation sacrifie le bien-être de ses membres ou épuise ses ressources pour maximiser temporairement un score d’examen, elle compromettra sa capacité de survie à long terme. L’efficacité organisationnelle authentique requiert une dialectique continue entre trois impératifs systémiques :

  1. L’accomplissement des buts (la production quantitative et qualitative) ;
  2. La coordination et l’intégration interne (l’efficience des ressources) ;
  3. L’adaptation externe et la flexibilité face aux tensions environnementales.

Le modèle d’efficacité de Paul E. Mott (1972)

Paul Mott a formalisé cette approche en définissant l’efficacité organisationnelle comme « la capacité d’une organisation à mobiliser ses centres de pouvoir pour accomplir la production et pour s’adapter continuellement à son environnement ». Mott a subdivisé ce macro-concept en trois dimensions opératoires :

  • La productivité : Taux d’achèvement et excellence intrinsèque des tâches assignées ;
  • L’adaptabilité : Capacité à réagir de manière créative et organisée à des demandes non programmées ;
  • La flexibilité : Vitesse d’ajustement sans désorganisation interne lors de chocs contextuels.

Miskel, Fevurly et Stewart (1979) ont été les premiers à valider l’instrumentation de Mott auprès de structures éducatives, démontrant que les perceptions des enseignants quant à l’efficacité de leur école étaient intimement corrélées à la structure hiérarchique, à la loyauté envers la direction et à la satisfaction professionnelle. Hoy et Ferguson (1985) ont ensuite synthétisé ces avancées pour épurer l’outil, éliminant les redondances afin de créer un instrument parcimonieux de 8 items : le School Effectiveness Index.

7. Validité

La validité psychométrique du School Effectiveness Index a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques transversales et multi-échantillons dans l’enseignement primaire, intermédiaire et secondaire.

Validité de construit

La validité de construit du SEI est étayée par la cohérence interne de son réseau nomologique. Dans l’étude séminale de Hoy et Ferguson (1985), menée auprès d’un échantillon représentatif d’établissements scolaires publics, le SEI a démontré des relations théoriquement congruentes avec les dimensions du climat organisationnel. Les écoles caractérisées par un climat scolaire « ouvert » (mesuré par l’OCDQ) ont présenté des scores au SEI significativement supérieurs à celles présentant un climat « fermé » ou conflictuel.

Validité convergente

La validité convergente de l’instrument est attestée par des corrélations positives fortes et statistiquement significatives avec des construits organisationnels connexes :

  • Santé organisationnelle de l’école (OHI) : Les recherches documentées par Hoy, Tarter et Kottkamp (1991) démontrent que l’intégrité institutionnelle, l’influence du directeur, la considération humaine et l’insistance sur le travail scolaire sont corrélées positivement avec le SEI (coefficients $r$ variant de 0,52 à 0,74, $p < 0,001$).
  • Efficacité collective des enseignants (CE-Scale) : Les travaux de Goddard, Hoy et Woolfolk Hoy (2000) révèlent une corrélation robuste ($r = 0,61$, $p < 0,01$) entre la croyance partagée des enseignants en leur capacité collective à instruire les élèves et le score global au SEI.
  • Confiance interpersonnelle au sein de l’école : Les études portant sur l’échelle Omnibus T-Scale (Hoy & Tschannen-Moran, 1999) attestent que la confiance des enseignants envers leurs collègues et envers le chef d’établissement explique une part majeure de la variance de l’efficacité perçue ($R^2 = 0,48$).

Validité discriminante

La validité discriminante du SEI a été confirmée en montrant que l’échelle se distingue nettement des mesures d’aliénation au travail, d’autoritarisme directorial et de stress professionnel enseignant. Les corrélations entre le SEI et les échelles mesurant le désengagement enseignant ou la rigidité bureaucratique sont systématiquement négatives (coefficients $r$ compris entre -0,40 et -0,58, $p < 0,01$). Par ailleurs, l’analyse multi-traits multi-méthodes indique que le SEI mesure des dynamiques organisationnelles distinctes des simples évaluations individuelles de la satisfaction salariale.

Validité critériée et prédictive

Sur le plan prédictif, bien que le SEI soit une mesure perceptuelle agrégée, Hoy et ses collaborateurs ont mis en évidence que les scores moyens de l’école au SEI prédisent positivement les performances objectives des élèves aux tests standardisés de lecture et de mathématiques au niveau de l’établissement scolaire, même après contrôle des variables de statut socioéconomique (SES) des familles ($p < 0,05$). Cela confirme que les perceptions des enseignants reflètent fidèlement les réalités fonctionnelles sous-jacentes impactant la trajectoire académique des élèves.

8. Fidélité

La fidélité du School Effectiveness Index a été évaluée au niveau individuel et au niveau agrégé de l’école (unité d’analyse privilégiée en sociologie organisationnelle de l’éducation).

Consistance interne

Les études psychométriques successives conduites par Wayne K. Hoy et ses collègues rapportent de façon constante une consistance interne élevée :

  • Dans l’étude originelle de Hoy et Ferguson (1985), le coefficient alpha de Cronbach global de l’échelle était de 0,87.
  • Dans les travaux d’extension de Hoy, Tarter et Kottkamp (1991), incluant plus de 70 établissements scolaires, le coefficient de fidélité alpha atteignait 0,89.
  • Des réplications ultérieures menées dans des contextes scolaires urbains et ruraux (Hoy & Miskel, 1996, 2005) ont rapporté des coefficients alpha compris entre 0,85 et 0,91.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent généralement de 0,54 à 0,78, ce qui confirme l’homogénéité des huit énoncés et l’absence d’items parasites.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Sur des intervalles d’administration de quatre à huit semaines en l’absence de restructurations administratives majeures, les coefficients de corrélation test-retest oscillent entre 0,80 et 0,86, attestant d’une excellente stabilité temporelle des jugements organisationnels formulés par les équipes pédagogiques.

Fidélité au niveau agrégé (Niveau 2)

Étant donné que le SEI est couramment employé pour caractériser des écoles plutôt que des individus isolés, les chercheurs ont calculé les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et la fidélité des moyennes de groupe ($r_{wg}$ et $ICC_2$) :

  • Les coefficients $ICC(1)$ se situent régulièrement au-dessus de 0,20, indiquant qu’une part substantielle de la variance des réponses est imputable à l’appartenance à l’établissement.
  • La fidélité des moyennes d’établissement ($ICC_2$) excède couramment le seuil critique de 0,80 (généralement entre 0,83 et 0,88), autorisant formellement l’agrégation des scores individuels au niveau organisationnel.

9. Analyse factorielle

L’architecture factorielle de l’Indice d’efficacité scolaire a fait l’objet d’examens statistiques approfondis au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et d’analyses factorielles confirmatoires (AFC).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors des premières étapes de réduction dimensionnelle des instruments dérivés de Mott (1972) et de Miskel et al. (1979), l’extraction par factorisation en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Oblimin ou Promax) a mis en évidence trois facteurs primaires intercorrélés :

  1. La qualité et quantité de production (Items 1 et 2) ;
  2. L’adaptabilité et la gestion des imprévus (Items 3, 4, 5 et 6) ;
  3. L’efficience préventive et l’usage des ressources (Items 7 et 8).

Toutefois, en raison des très fortes corrélations observées entre ces trois facteurs (coefficients de corrélation inter-facteurs souvent supérieurs à 0,65), une extraction factorielle forcée à un facteur ou une factorisation d’ordre supérieur a démontré la présence dominante d’un facteur général unique d’efficacité scolaire perçue. Le critère de Kaiser-Guttman (valeur propre supérieure à 1) et le diagramme de sédimentation (scree plot) de Cattell soutiennent invariablement l’unidimensionnalité pratique du SEI, ce facteur global capturant entre 54 % et 63 % de la variance totale expliquée.

Item Contenu résumé Saturation factorielle (Générale) Communauté ($h^2$)
Item 1 Qualité des produits et services 0,78 0,61
Item 2 Quantité de produits et services (Inversé) 0,62 0,39
Item 3 Gestion des urgences et perturbations 0,74 0,55
Item 4 Acceptation du changement par tous (Inversé) 0,71 0,50
Item 5 Ajustement rapide aux changements (Inversé) 0,80 0,64
Item 6 Information sur les innovations (Inversé) 0,67 0,45
Item 7 Anticipation et prévention des problèmes 0,76 0,58
Item 8 Utilisation efficiente des ressources 0,73 0,53

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les modélisations en équations structurelles (SEM) évaluant la structure unidimensionnelle du SEI indiquent d’excellents indices d’ajustement global. Dans les études récentes :

  • Le ratio $\chi^2/df$ est généralement inférieur au seuil de 2,5 ;
  • Le Comparative Fit Index (CFI) dépasse habituellement 0,95 ;
  • Le Tucker-Lewis Index (TLI) se situe au-delà de 0,94 ;
  • Le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) demeure inférieur à 0,06 (avec un intervalle de confiance à 90 % situé entre 0,03 et 0,08) ;
  • Le Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) est inférieur à 0,04.

Ces indices corroborent la décision méthodologique de Wayne K. Hoy de traiter le SEI comme un score composite unidimensionnel d’efficacité scolaire globale.

10. Instrument de mesure

  • Nom complet de l’instrument : School Effectiveness Index (SEI) / Indice d’efficacité scolaire.
  • Auteurs concepteurs : Wayne K. Hoy et John Ferguson (fondements de Mott, 1972 ; Miskel et al., 1979).
  • Population cible : Membres du personnel enseignant des établissements d’enseignement primaire, moyen et secondaire. L’outil peut également être administré aux conseillers pédagogiques et aux directeurs adjoints.
  • Format d’administration : Questionnaire auto-rapporté sur format papier-crayon ou via formulaire numérique sécurisé en ligne.
  • Durée de passation : Environ 3 à 5 minutes (très faible charge cognitive pour les répondants).
  • Nombre total d’items : 8 items.
  • Format de réponse (Échelle de Likert en 6 points) :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Strongly Disagree)
    • 2 = Pas d’accord (Disagree)
    • 3 = Plutôt pas d’accord (Somewhat Disagree)
    • 4 = Plutôt d’accord (Somewhat Agree)
    • 5 = D’accord (Agree)
    • 6 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
  • Règles de cotation et d’inversion des scores :
    • Les items 2, 4, 5 et 6 sont formulés avec une cotation inversée (Reverse scored) selon le manuel de cotation de Wayne K. Hoy. Pour ces items, les points sont réassignés comme suit : $1 \rightarrow 6$, $2 \rightarrow 5$, $3 \rightarrow 4$, $4 \rightarrow 3$, $5 \rightarrow 2$, $6 \rightarrow 1$.
    • Les items 1, 3, 7 et 8 sont cotés de façon directe (de 1 à 6 points).
    • Le score global individuel est calculé en réalisant la somme ou la moyenne arithmétique des 8 items (après inversion). Un score moyen plus élevé indique une perception plus forte de l’efficacité organisationnelle de l’école.
    • Au niveau organisationnel, le score de l’école est obtenu en calculant la moyenne agrégée de l’ensemble des enseignants ayant répondu dans l’établissement concerné.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication initiale : 1985 (Hoy & Ferguson, Educational Administration Quarterly).
  • Statut du droit d’auteur : Propriété intellectuelle de Wayne K. Hoy et de ses collaborateurs.
  • Permissions d’utilisation : Conforme à la politique académique établie par le Dr Wayne K. Hoy, l’instrument est en libre accès pour la recherche scientifique et l’enseignement. Les étudiants, universitaires et praticiens de l’éducation sont expressément autorisés à reproduire et utiliser le SEI sans frais, sous réserve d’attribuer la paternité de l’outil en citant les publications originales.
  • Tarification : Gratuit pour une utilisation non commerciale de recherche et de développement institutionnel scolaire. L’utilisation dans le cadre d’audits privés lucratifs nécessite une entente préalable avec les détenteurs de droits.
  • Téléchargement et documentation : Le texte officiel de l’instrument et sa clé de cotation sont téléchargeables librement sur le portail universitaire officiel du chercheur : www.waynekhoy.com/pdfs/School_Effectiveness_Index.pdf.

12. Références

Les publications de référence ci-dessous fondent l’élaboration théorique et les preuves psychométriques de l’instrument :

  • Goddard, R. D., Hoy, W. K., & Woolfolk Hoy, A. (2000). Collective teacher efficacy: Its meaning, measure, and impact on student achievement. American Educational Research Journal, 37(2), 479-507. https://doi.org/10.3102/00028312037002479
  • Hoy, W. K., & Ferguson, J. (1985). A theoretical framework and exploration of organizational effectiveness in schools. Educational Administration Quarterly, 21(2), 117-134. https://doi.org/10.1177/0013161X85021002007
  • Hoy, W. K., & Miskel, C. G. (1996). Educational administration: Theory, research, and practice (5th ed.). New York: McGraw-Hill.
  • Hoy, W. K., & Miskel, C. G. (2013). Educational administration: Theory, research, and practice (9th ed.). New York: McGraw-Hill.
  • Hoy, W. K., Tarter, C. J., & Kottkamp, R. B. (1991). Open schools/healthy schools: Measuring organizational climate. Beverly Hills, CA: Sage Publications.
  • Hoy, W. K., & Tschannen-Moran, M. (1999). Five faces of trust: An empirical confirmation in urban elementary schools. Journal of School Leadership, 9(3), 184-208. https://doi.org/10.1177/105268469900900301
  • Katz, D., & Kahn, R. L. (1978). The social psychology of organizations (2nd ed.). New York: John Wiley & Sons.
  • Miskel, C., Fevurly, R., & Stewart, J. (1979). Organizational structures and processes, perceived school effectiveness, loyalty, and job satisfaction. Educational Administration Quarterly, 15(3), 97-118. https://doi.org/10.1177/0013161X7901500306
  • Mott, P. E. (1972). The characteristics of effective organizations. New York: Harper & Row.

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Directions: Please indicate your level of agreement with each of the following statements regarding your school using the 6-point scale below.

1 = Strongly Disagree, 2 = Disagree, 3 = Somewhat Disagree, 4 = Somewhat Agree, 5 = Agree, 6 = Strongly Agree

  1. The quality of products and services produced in this school is outstanding
  2. The quantity of products and services in this school is high.
  3. The teachers in my school do a good job coping with emergencies and disruptions.
  4. Most everyone in the school accepts and adjusts to changes.
  5. When changes are made in the school, teachers accept and adjust quickly.
  6. Teachers in this school are well informed about innovations that could affect them.
  7. Teachers in this school anticipate problems and prevent them.
  8. Teachers in this school use available resources efficiently.

Scoring Note: Reverse score items 2, 4, 5, and 6

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Looti, M. (2026, octobre 8). Indice d’efficacité scolaire (SEI). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/indice-efficacite-scolaire-sei/
Looti, Mohammed. “Indice d’efficacité scolaire (SEI).” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/indice-efficacite-scolaire-sei/.
Looti, Mohammed. “Indice d’efficacité scolaire (SEI).” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/indice-efficacite-scolaire-sei/.