1. Résumé / Abstract
L’Indice de mobilité de Rivermead (Rivermead Mobility Index [RMI]) est un instrument d’évaluation clinique standardisé conçu originellement pour mesurer la mobilité fondamentale chez les patients ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC) ainsi que dans d’autres affections neurologiques chroniques (telles que le traumatisme crânien ou la sclérose en plaques). Développé par Fiona M. Collen et ses collaborateurs en 1991 au sein de la Rivermead Rehabilitation Centre à Oxford, cet instrument dérive de l’évaluation motrice de Rivermead (Rivermead Motor Assessment [RMA]). Le RMI est constitué de 15 items hiérarchisés selon une échelle de Guttman, couvrant un spectre fonctionnel allant du simple retournement dans le lit jusqu’à la course sur 10 mètres sans boiterie. Parmi ces 15 items, 14 sont administrés sous forme de questions directes au patient ou à ses proches (auto-évaluation ou hétéro-évaluation par hétéro-questionnaire), tandis que l’item 5 repose obligatoirement sur l’observation directe du clinicien évaluant le maintien de la station debout sans soutien pendant 10 secondes.
Le format de réponse est strictement dichotomique (« Oui » = 1, « Non » = 0), produisant un score total continu compris entre 0 (mobilité fonctionnelle nulle) et 15 (mobilité fonctionnelle maximale indépendante). Sur le plan psychométrique, le RMI fait preuve d’une excellente consistance interne (coefficient alpha de Cronbach systématiquement supérieur à 0,90 selon les cohortes cliniques), d’une reproductibilité test-retest remarquable (coefficients de corrélation intraclasse [CCI] variant entre 0,92 et 0,98) et d’une fidélité inter-évaluateurs élevée (valeurs de Kappa de Cohen comprises entre 0,75 et 1,00 selon les items). Les analyses d’échelonnement unidimensionnel (modèles de Rasch et analyse de Mokken) confirment que le RMI mesure une dimension unique de mobilité corporelle globale avec un coefficient de reproductibilité de Guttman dépassant 0,90. Cet outil se distingue par sa rapidité de passation (inférieure à 5 minutes), sa robustesse méthodologique et son absence de matériel lourd, constituant ainsi un standard de référence en neuroréhabilitation et en recherche clinique.
2. Mots-clés / Keywords
Indice de mobilité de Rivermead, Rivermead Mobility Index, RMI, accident vasculaire cérébral, mobilité fonctionnelle, échelle de Guttman, rééducation neurologique, marche, autonomie motrice, psychométrie.
3. Auteurs / Authors
L’Indice de mobilité de Rivermead a été conceptualisé et validé au Royaume-Uni au début des années 1990 par une équipe interdisciplinaire de cliniciens et de chercheurs en neuroréhabilitation de l’Unité de recherche en réadaptation de Rivermead (Rivermead Rehabilitation Centre), située à Oxford :
- Fiona M. Collen, M.Sc., MCSP — Physiothérapeute clinicienne et chercheuse principale, Rivermead Rehabilitation Centre et University of Oxford, Royaume-Uni.
- Derick T. Wade, MD, FRCP — Professeur émérite en neuroréhabilitation clinique, Nuffield Department of Clinical Neurosciences, University of Oxford, Oxford, Royaume-Uni.
- G. F. Robb, MCSP — Physiothérapeute clinicien, Rivermead Rehabilitation Centre, Oxford, Royaume-Uni.
- C. M. Bradshaw, MCSP — Physiothérapeute clinicienne, Rivermead Rehabilitation Centre, Oxford, Royaume-Uni.
Les correspondances scientifiques historiques relatives au développement initial de l’outil ont été coordonnées par l’Unité de réadaptation de Rivermead (Abingdon Road, Oxford OX1 4XD, Royaume-Uni).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Indice de mobilité de Rivermead est de quantifier avec précision, rapidité et fiabilité le niveau d’autonomie et d’habileté motrice globale des individus souffrant de déficits neurologiques ou musculosquelettiques. Historiquement, l’évaluation de la mobilité en milieu clinique reposait soit sur des batteries d’évaluation physique exhaustives et chronophages — telles que le Rivermead Motor Assessment originel comprenant plus de 40 items moteurs complexes — soit sur des indices généralistes d’activités de la vie quotidienne comme l’indice de Barthel ou la Mesure de l’Indépendance Fonctionnelle (MIF / Functional Independence Measure [FIM]). Bien que le Barthel Index offre un aperçu de l’autonomie globale, sa sensibilité au changement pour la mobilité fine et les déplacements complexes en communauté demeure limitée par d’importants effets de plafond chez les patients ambulatoires.
Le RMI a été spécifiquement développé pour combler ce vide méthodologique en isolant la composante de mobilité corporelle active. Il capture les paliers fonctionnels déterminants de la trajectoire de récupération motrice :
- La mobilité axiale au lit (changement de position, passage du décubitus à l’assise) ;
- Le maintien postural statique (équilibre assis et debout sans appui) ;
- Les transferts posturaux (passage assis-debout, transfert lit-fauteuil) ;
- La locomotion intérieure de base avec ou sans aide technique ;
- La déambulation avancée en milieu ouvert (franchissement d’escaliers, terrains accidentés, ramassage d’objets au sol) ;
- La vitesse et la coordination motrice complexe (course ou marche rapide sur 10 mètres).
Dans la pratique clinique quotidienne, le RMI s’impose comme un outil de dépistage, de stratification fonctionnelle et d’évaluation continue de l’efficacité thérapeutique. En phase aiguë et subaiguë d’un AVC, il permet aux kinésithérapeutes, ergothérapeutes et médecins de rééducation de fixer des objectifs SMART (spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et temporels) adaptés aux capacités résiduelles du patient. En recherche clinique, il est fréquemment exploité en tant que critère de jugement principal (primary endpoint) ou secondaire dans les essais contrôlés randomisés évaluant des interventions innovantes (thérapie par le mouvement induit par la contrainte, robotique de rééducation, réalité virtuelle immersive ou neurostimulation non invasive).
5. Construit psychologique / Construct
L’Indice de mobilité de Rivermead opérationnalise le concept de mobilité fonctionnelle tel que défini par la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans ce modèle, la mobilité s’inscrit au sein du domaine « Activités et Participation » (chapitre d4 : Mobilité), englobant les actions de changer et maintenir la position du corps, de transférer son centre de gravité et de se déplacer d’un endroit à un autre.
Bien que le score final du RMI soit représenté par un score sommatif unidimensionnel unique allant de 0 à 15, l’analyse théorique et clinique du construit permet de distinguer plusieurs paliers d’habileté motrice hiérarchisés :
1. Mobilité au lit et contrôle postural assis (Items 1 à 3)
Ce niveau fondamental évalue l’intégrité de la motricité axiale et proximale, essentielle à l’autonomie basale :
- Item 1 (Se retourner dans le lit) : Évalue la capacité à effectuer des rotations du tronc et l’activation coordonnée des muscles paravertébraux et abdominaux en décubitus dorsal.
- Item 2 (Passage du couché à l’assis) : Sollicite les synergies musculaires nécessaires pour s’asseoir au bord du lit sans compensation pathologique majeure.
- Item 3 (Équilibre assis) : Mesure le contrôle postural statique anticipateur et la stabilité du tronc sans appui brachial pendant un intervalle temporel précis (10 secondes).
2. Dynamique posturale et transferts fondamentaux (Items 4 à 6)
Cette dimension intermédiaire capture la transition entre le décubitus ou la position assise et la verticalisation antigravitaire :
- Item 4 (Passage assis-debout) : Requiert une propulsion des membres inférieurs, une translation adéquate du centre de masse vers l’avant et un maintien érigé durant 15 secondes.
- Item 5 (Station debout sans soutien) : Seul item d’observation directe objective. Il évalue l’équilibre statique bipodal sans aucune aide technique ni appui physique externe durant 10 secondes.
- Item 6 (Transferts) : Mesure l’habileté à se déplacer de manière sécuritaire entre deux surfaces (lit et fauteuil/chaise) sans assistance humaine.
3. Locomotion intérieure et franchissement d’obstacles simples (Items 7, 8 et 10)
Ce continuum explore le rétablissement de la déambulation autonome en environnement contrôlé :
- Item 7 (Marche à l’intérieur avec aide si nécessaire) : Validation de la capacité à parcourir 10 mètres, tolérant l’utilisation d’une canne ou d’un déambulateur, mais excluant toute assistance physique d’un tiers.
- Item 10 (Marche intérieure sans aucune aide) : Progression fonctionnelle majeure où la même distance de 10 mètres doit être franchie sans aucun appareillage d’assistance.
- Item 8 (Escaliers) : Évaluation de l’ascension et de la descente d’un étage complet d’escaliers, mobilisant une force musculaire concentrique et excentrique importante au niveau des quadriceps et des triceps suraux.
4. Mobilité communautaire complexe et adaptations environnementales (Items 9, 11 à 15)
Ce niveau supérieur appréhende l’interaction entre l’individu et les contraintes écologiques de son environnement de vie :
- Item 9 (Marche à l’extérieur) : Navigation sur les trottoirs, gestion des déclivités et des flux piétonniers sans assistance.
- Item 11 (Ramasser un objet au sol) : Tâche duelle combinant marche sur 5 mètres, flexion du tronc avec accroupissement ou antéflexion (menace pour l’équilibre dynamique) et reprise de la marche en sens inverse.
- Item 12 (Marche sur terrain accidenté) : Déambulation sur des surfaces irrégulières (gazon, gravier, neige, boue), nécessitant une boucle d’ajustement proprioceptif et vestibulaire continue.
- Item 13 (Toilette et bain) : Franchissement de rebords de baignoire ou de douche, environnement glissant et toilette corporelle complète sans surveillance ni aide.
- Item 14 (Franchissement de quatre marches sans rampe) : Coordination motrice avancée et stabilité dynamique sans appui mural ou rampe d’escalier.
- Item 15 (Course) : Réalisation d’une phase de suspension aérienne (parcourir 10 mètres en moins de 4 secondes sans boiterie perceptible).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique sous-jacent au développement de l’Indice de mobilité de Rivermead repose principalement sur deux piliers scientifiques : le modèle hiérarchique de la récupération motrice post-lésionnelle issu de la neurophysiologie clinique et la théorie de la mesure par échelonnement cumulatif initiée par Louis Guttman.
Modèle neurophysiologique de la récupération motrice
Dans la perspective des neurosciences de la rééducation (inspirée historiquement des travaux de Signe Brunnstrom, de Berta Bobath et des théories du contrôle moteur contemporaines développées par Shumway-Cook et Woollacott), la motricité ne se rétablit pas de façon aléatoire après une lésion cérébrale focale. La restauration des schèmes moteurs suit généralement une séquence prévisible de réorganisation corticale et de neuroplasticité : le contrôle axial et proximal (stabilité du tronc, équilibre au lit) précède chronologiquement le contrôle postural dynamique (transferts, redressement), qui lui-même conditionne l’émergence d’une motricité distale et d’une déambulation fluide.
Collen et ses collègues (1991) ont formalisé ce postulat clinique en stipulant qu’un individu incapable de maintenir son équilibre assis sans soutien (Item 3) a une probabilité quasi nulle d’être capable de courir 10 mètres (Item 15) ou de naviguer sur des terrains accidentés (Item 12). Cette hiérarchie fonctionnelle reflète le recrutement progressif des voies cortico-spinales et des réseaux spinaux sous-corticaux.
Modèle psychométrique de Guttman et de Mokken
Sur le plan psychométrique, le RMI est ancré dans la théorie des échelles cumulatives (ou échelonnement de Guttman). Dans une échelle de Guttman parfaite, les items sont ordonnés par degré croissant de difficulté. Le modèle postule que l’approbation d’un item de rang $k$ implique mathématiquement l’approbation de l’ensemble des items de rang inférieur ($k-1, k-2, dots, 1$). Ainsi, le profil de réponse d’un sujet peut être déterminé de façon déterministe à partir de son seul score total :
Si Score = n, alors les items 1 à n sont cotés 1, et les items n+1 à 15 sont cotés 0.
Les données empiriques recueillies par Collen et al. (1991) ont validé ce modèle théorique en démontrant que le RMI s’approchait remarquablement d’un scalogramme idéal de Guttman, avec un coefficient de reproductibilité ($C_R$) supérieur au seuil critique de 0,90 et un coefficient de scalabilité ($C_S$) supérieur à 0,60, confirmant l’unidimensionnalité stricte du construit de mobilité.
7. Validité / Validity
L’Indice de mobilité de Rivermead a fait l’objet de nombreuses validations empiriques documentées dans la littérature internationale, démontrant des propriétés métrologiques de haut niveau.
Validité de construit et unidimensionnalité
Dans l’étude princeps de Collen et al. (1991) menée auprès d’une cohorte de patients victimes d’AVC, le coefficient de reproductibilité de Guttman a atteint une valeur de 0,94, tandis que le coefficient de scalabilité s’élevait à 0,71. Ces résultats indiquent que moins de 6 % des profils de réponse s’écartent du schéma cumulatif idéal (les écarts étant principalement dus à des comportements atypiques sur l’item 13 relatif au bain, souvent contraint par des aménagements matériels du domicile plutôt que par l’incapacité motrice intrinsèque).
Validité convergente
La validité convergente du RMI a été confirmée par de fortes corrélations statistiques avec plusieurs instruments de référence en réadaptation :
- Indice de Barthel : Les coefficients de corrélation de Spearman ($
ho$) oscillent entre 0,84 et 0,92 selon les études (Collen et al., 1991 ; Hsueh et al., 2003), attestant d’une association robuste entre la mobilité globale mesurée par le RMI et l’autonomie dans les activités de la vie quotidienne. - Vitesse de marche sur 10 mètres : Une corrélation positive élevée ($
ho = 0,78$ à $0,86$, $p < 0,001$) est observée avec les mesures chronométrées de la vitesse de déambulation confortable et rapide. - Test de marche de 6 minutes (6MWT) : Corrélation modérée à forte ($r = 0,71$ à $0,79$), démontrant que la performance sur le RMI reflète également l’endurance locomotrice fonctionnelle.
- Échelle d’équilibre de Berg (BBS) : Des corrélations variant entre 0,82 et 0,89 ont été documentées chez des patients hémiplégiques chroniques, confirmant le rôle central de la stabilité posturale dans le score du RMI.
Validité discriminante et prédictive
Le RMI discrimine avec une haute significativité statistique ($p < 0,0001$) les patients capables de vivre à domicile de façon indépendante de ceux nécessitant une institutionnalisation ou une aide humaine quotidienne permanente. Une valeur seuil de$ge 9$ sur le RMI à la sortie des soins de suite et de réadaptation présente une sensibilité de 88 % et une spécificité de 84 % pour prédire une déambulation communautaire autonome sécuritaire à 6 mois post-AVC.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Indice de mobilité de Rivermead a été rigoureusement démontrée à travers différentes modalités d’évaluation psychométrique, confirmant sa stabilité temporelle et son indépendance vis-à-vis des examinateurs.
Consistance interne
La consistance interne du RMI est particulièrement élevée. Les différentes études menées sur des populations neurologiques rapportent un coefficient alpha de Cronbach compris entre 0,91 et 0,96. Ces valeurs démontrent une excellente cohérence des 15 items sans redondance excessive.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée à des intervalles de 24 à 48 heures (afin d’éviter les biais liés à la récupération neurologique réelle). Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score total s’établit entre 0,94 et 0,98 (Collen et al., 1991 ; Green et al., 2001). Les coefficients Kappa de Cohen pour les items individuels varient de 0,70 à 1,00, témoignant d’une reproductibilité quasi parfaite.
Fidélité inter-évaluateurs
La concordance entre différents évaluateurs (kinésithérapeutes, ergothérapeutes, infirmiers et médecins) a été éprouvée dans de multiples environnements cliniques. L’indice Kappa global pondéré dépasse 0,85 pour l’ensemble de l’échelle, et le CCI inter-évaluateurs pour le score total est de 0,95 (intervalle de confiance à 95 % : [0,92 – 0,97]). De plus, la concordance entre l’auto-évaluation du patient (ou de son proche aidant) et l’observation clinique directe par un soignant atteint des coefficients de corrélation de Spearman supérieurs à 0,90 pour 13 des 15 items, validant la pertinence du format d’interrogatoire rapide.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Bien que le RMI ait été conçu selon une approche déterministe de Guttman, de nombreuses études ont soumis sa matrice de corrélations à des analyses factorielles exploratoires (AFE), des analyses factorielles confirmatoires (AFC) ainsi qu’à des modélisations de la théorie de la réponse aux items (TRI).
Structure unifactorielle
Les analyses factorielles exploratoires (avec extraction en composantes principales sans rotation) menées sur des échantillons d’AVC (notamment Hsieh et al., 2000) révèlent systématiquement un facteur dominant unique expliquant entre 62 % et 74 % de la variance totale. Le test du coude de Cattell montre une chute drastique de la valeur propre après le premier facteur (valeur propre $> 9,5$), tandis que le deuxième facteur présente une valeur propre nettement inférieure à 1,0, ce qui vérifie le postulat d’unidimensionnalité stricte du construit.
| Item | Description abrégée | Saturation factorielle (Facteur 1) |
|---|---|---|
| Item 1 | Se retourner dans le lit | 0,68 – 0,74 |
| Item 2 | Passage couché à assis | 0,72 – 0,79 |
| Item 3 | Équilibre assis | 0,70 – 0,77 |
| Item 4 | Passage assis-debout | 0,80 – 0,85 |
| Item 5 | Station debout sans appui | 0,82 – 0,88 |
| Item 6 | Transferts lit-fauteuil | 0,84 – 0,89 |
| Item 7 | Marche intérieure avec aide | 0,86 – 0,91 |
| Item 8 | Escaliers sans aide | 0,83 – 0,87 |
| Item 9 | Marche à l’extérieur | 0,85 – 0,90 |
| Item 10 | Marche intérieure sans aide | 0,82 – 0,88 |
| Item 11 | Ramasser un objet au sol | 0,79 – 0,84 |
| Item 12 | Terrain accidenté | 0,81 – 0,86 |
| Item 13 | Bain / Douche | 0,62 – 0,71 |
| Item 14 | 4 marches sans rampe | 0,76 – 0,82 |
| Item 15 | Course sur 10 mètres | 0,58 – 0,69 |
Modélisation de Rasch et analyse de Mokken
L’application du modèle logistique de Rasch a confirmé que l’ordre hiérarchique de difficulté théorique s’ajuste de façon robuste aux observations de terrain. Les indices d’ajustement aux données (infit et outfit Mean Square) se situent pour la quasi-totalité des items dans l’intervalle acceptable de 0,70 à 1,30. Seul l’item 13 (« Bathing ») présente occasionnellement un léger sous-ajustement (outfit MNSQ > 1,40), traduisant le fait que des facteurs environnementaux domiciliaires et des mesures de précaution imposées par les soignants interfèrent parfois avec la réelle capacité physique du patient.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Indice de mobilité de Rivermead (Rivermead Mobility Index [RMI]).
- Type d’évaluation : Échelle de performance et d’auto-évaluation fonctionnelle hétéro-administrée par entretien semi-structuré avec un item d’observation clinique directe.
- Population cible : Adultes et personnes âgées présentant des troubles neurologiques (AVC, traumatisme crânien, sclérose en plaques, affections médullaires) ou des incapacités motrices post-opératoires/orthopédiques.
- Nombre total d’items : 15 items hiérarchisés.
- Format d’administration : Items 1 à 4 et 6 à 15 recueillis par interrogatoire du patient (ou de son aidant principal si troubles cognitifs/aphasie majeure) ; Item 5 obligatoirement évalué par observation directe du thérapeute.
- Format d’échelle de réponse : Échelle dichotomique :
Dichotomous (Yes = 1, No = 0). - Procédure de cotation :
- Chaque réponse affirmative (« Oui ») correspond à 1 point.
- Chaque réponse négative (« Non ») correspond à 0 point.
- Le score global s’obtient par la somme arithmétique simple des 15 items.
- L’échelle ne comporte aucun item inversé (pas de reverse scoring).
- Étendue du score total : Score continu allant de 0 à 15 :
- 0 – 3 points : Dépendance motrice sévère au lit, mobilité grabataire ou quasi grabataire.
- 4 – 7 points : Mobilité en fauteuil roulant et transferts de base possibles ; verticalisation précaire.
- 8 – 11 points : Déambulation intérieure autonome avec ou sans aide technique ; limitation des déplacements extérieurs.
- 12 – 14 points : Mobilité communautaire active et sécuritaire ; autonomie complète sur les activités courantes.
- 15 points : Mobilité fonctionnelle maximale, incluant la course et le franchissement d’obstacles sans compensation.
- Temps moyen de passation : Environ 3 à 5 minutes en pratique courante.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1991.
- Auteurs et affiliation originale : Fiona M. Collen, Derick T. Wade, G. F. Robb, C. M. Bradshaw — Rivermead Rehabilitation Centre, Oxford, Royaume-Uni.
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’article original a été publié dans la revue International Disability Studies (actuellement intégrée dans le catalogue Disability and Rehabilitation, publié par Taylor & Francis). L’échelle elle-même est généralement reconnue dans le domaine public clinique et académique comme un outil libre de droits pour la pratique médicale non commerciale et la recherche universitaire.
- Frais d’utilisation (Tarifs) : Gratuit (aucun coût de licence requis pour l’utilisation clinique ou académique habituelle).
- Remarque réglementaire : Bien que largement employé à l’échelle internationale, le RMI a vu son inclusion modifiée dans certaines recommandations professionnelles récentes (par exemple dans la révision des lignes directrices néerlandaises KNGF sur l’AVC), au profit de tests de performance purement chronométrés ou biomécaniques (vitesse de marche sur 10 m, Timed Up and Go). Il demeure néanmoins un standard métrologique incontournable pour les revues systématiques et la pratique de routine.
12. Références / References
Les références ci-dessous regroupent les publications fondamentales validant la structure, l’adaptation et les qualités métrologiques de l’Indice de mobilité de Rivermead :
- Collen, F. M., Wade, D. T., Robb, G. F., & Bradshaw, C. M. (1991). The Rivermead Mobility Index: A further development of the Rivermead Motor Assessment. International Disability Studies, 13(2), 50–54. https://doi.org/10.3109/03790799109166684
- Forlander, D. A., & Bohannon, R. W. (1999). Rivermead Mobility Index: A brief review of its characteristics and utility in stroke rehabilitation. Physical Therapy Reviews, 4(4), 241–245. https://doi.org/10.1179/ptr.1999.4.4.241
- Green, J., Forster, A., & Young, J. (2001). A test-retest reliability study of the Barthel Index, the Rivermead Mobility Index, the Nottingham Extended Activities of Daily Living Scale and the Frenchay Activities Index in stroke patients. Disability and Rehabilitation, 23(15), 670–676. https://doi.org/10.1080/09638280110045465
- Hsieh, C. L., Hsueh, I. P., & Mao, H. F. (2000). Validity and responsiveness of the Rivermead Mobility Index in stroke patients. Scandinavian Journal of Rehabilitation Medicine, 32(3), 140–142. https://doi.org/10.1080/003655000750045622
- Hsueh, I. P., Wang, C. H., Sheu, C. F., & Hsieh, C. L. (2003). Comparison of psychometric properties of three mobility measures for patients with stroke. Stroke, 34(7), 1741–1745. https://doi.org/10.1161/01.STR.0000078309.07992.EB
- Lennon, S., & Hastings, M. (1996). Key movements in the Rivermead Mobility Index: A factor analysis. Physiotherapy, 82(9), 503–509. https://doi.org/10.1016/S0031-9406(05)66472-X
- Wade, D. T. (1992). Measurement in Neurological Rehabilitation. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/med/9780192621092.001.0001
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response format: Dichotomous (Yes = 1, No = 0)
- Turning over in bed: Do you turn over from your back to your side without help?
- Lying to sitting: From lying in bed, do you get up to sit on the edge of the bed on your own?
- Sitting balance: Do you sit on the edge of the bed without holding on for 10 seconds?
- Sitting to standing: Do you stand up (from any chair) in less than 15 seconds and stand there for 15 seconds (using hands and/or an aid if necessary)?
- Standing unsupported: (Observation) Observe the patient standing for 10 seconds without any aid or support.
- Transfer: Do you manage to move from bed to chair and back without any help?
- Walking indoors: Do you walk 10 metres, with an aid if necessary, but with no standby help?
- Stairs: Do you manage a flight of stairs without help?
- Walking outside: Do you walk around outside, on pavements, etc., without help?
- Walking inside, with no aid: Do you walk 10 metres inside without an aid and without help?
- Picking up off floor: If you drop something on the floor, do you manage to walk five metres, pick it up, and walk back?
- Walking outside, uneven ground: Do you walk over uneven ground (grass, gravel, dirt, snow, ice, etc.) without help?
- Bathing: Do you get into/out of a bath or shower and wash yourself completely unsupervised and unassisted?
- Up and down four steps: Do you manage to go up and down four steps with no rail and no help?
- Running: Do you run 10 metres without limping in four seconds (fast walk, if cannot run)?