1. Résumé / Abstract
L’Indice de dégoût du consommateur (en anglais, Consumer Disgust Index ou CDI) est un instrument psychométrique ultra-bref conçu pour évaluer avec précision l’intensité de la réaction émotionnelle d’aversion et de répulsion viscérale suscitée chez les individus par des stimuli publicitaires ou des représentations commerciales. Développé et validé sur le plan prédictif dans le champ du comportement du consommateur par Northey et ses collaborateurs (2020), cet outil opérationnalise le construit du dégoût à travers deux items cardinaux : l’éprouvé d’être « dégoûté » (disgusted) et le sentiment d’être « repoussé » (repulsed). Bien que ces descripteurs affectifs soient issus de la tradition des théories différentielles des émotions fondamentales, l’apport distinctif du CDI réside dans son identification en tant que mécanisme médiateur clé au sein des dynamiques sociopolitiques de réception publicitaire.
Sur le plan structural, l’indice adopte une configuration unidimensionnelle mesurée au moyen d’échelles de cotation de type Likert (généralement graduées en 7 points, de « pas du tout » à « extrêmement »). Les investigations psychométriques révèlent des qualités d’évaluation remarquables : une cohérence interne élevée attestée par des coefficients d’alpha de Cronbach et de fiabilité composite excédant systématiquement les seuils conventionnels de 0,85, une validité discriminante rigoureuse face à d’autres émotions négatives telles que la colère ou le mépris, et une étanchéité empirique vis-à-vis des affects positifs (comme la joie ou l’affection). Sur le versant de la validité prédictive, le CDI a démontré sa capacité à agir comme un médiateur sériel robuste reliant l’idéologie politique conservatrice et l’exposition à des imageries publicitaires homosexuelles masculines à l’évaluation dégradée du produit et à l’intention d’évitement de la marque. Cet outil constitue ainsi un vecteur méthodologique précieux pour le marketing social, la psychologie sociale appliquée et la recherche en communication persuasive.
2. Mots-clés / Keywords
Indice de dégoût du consommateur, dégoût, émotions morales, comportement du consommateur, imagerie publicitaire, conservatisme politique, médiation sérielle, psychométrie, évaluation publicitaire, système immunitaire comportemental, théorie des émotions, validité discriminante.
3. Auteurs / Authors
L’indice a été formalisé, adapté et validé dans son acception prédictive publicitaire par une équipe internationale de chercheurs en marketing et en psychologie du consommateur :
- Gavin Northey : Université d’Auckland, Département de Marketing, Auckland, Nouvelle-Zélande (Courriel : [email protected]). Spécialiste du traitement sensoriel et des réponses affectives des consommateurs.
- Rebecca Dolan : Université d’Adélaïde, Adelaide Business School, Adélaïde, Australie. Chercheuse en communication publicitaire, réseaux sociaux et engagement des consommateurs.
- Jessica Etheridge : Université d’Auckland, Auckland, Nouvelle-Zélande. Spécialiste des communications marketing et de la diversité socioculturelle.
- Felix Septianto : Université du Queensland, UQ Business School, Brisbane, Australie. Expert des émotions discrètes, du marketing moral et de la prosocialité du consommateur.
- Patrick van Esch : Université de technologie d’Auckland (AUT), Faculté de commerce, économie et droit, Auckland, Nouvelle-Zélande. Expert en modélisation quantitative, marketing numérique et méthodologies expérimentales.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Indice de dégoût du consommateur (CDI) est de quantifier avec exactitude la magnitude de la réponse viscérale de rejet et d’aversion immédiate déclenchée lors de l’exposition à un stimulus commercial (campagne d’affichage, spot vidéo, imagerie de marque, packaging ou communication d’influence). Alors que la recherche en communication persuasive s’est historiquement concentrée sur la valence globale (affects positifs versus négatifs) ou sur des émotions de haute activation comme la colère ou la peur, le dégoût a longtemps souffert d’un déficit de conceptualisation métrologique au sein des contextes de consommation non alimentaires.
La justification théorique et empirique de cet instrument repose sur le besoin d’isoler le dégoût en tant qu’émotion discrète aux propriétés fonctionnelles singulières. Dans l’architecture motivationnelle humaine, le dégoût n’incite pas à l’attaque (contrairement à la colère) ni à la fuite prudente face à une menace physique (contrairement à la peur), mais active un impératif d’éloignement, de décontamination et de rejet catégorique de l’objet source. Dans l’arène publicitaire contemporaine, les marques intègrent de plus en plus de thématiques sociétales complexes, relatives notamment à la diversité sexuelle, à la justice sociale ou aux identités de genre. Ces représentations peuvent entrer en collision directe avec les matrices morales et idéologiques de certains segments de la population. Le CDI permet donc d’analyser précisément pourquoi, quand et comment ces dissonances sociocognitives se traduisent par une dépréciation de la marque.
Sur le plan des applications scientifiques, le CDI est exploité dans les paradigmes expérimentaux visant à disséquer la chaîne causale reliant les prédispositions idéologiques individuelles (par exemple, le conservatisme politique ou l’orientation à la dominance sociale) et les comportements économiques d’achat ou de boycott. En démontrant le rôle de médiation sérielle du dégoût, l’indice documente la façon dont l’aversion affective précède et alimente les jugements cognitifs rationnalisés concernant la crédibilité ou la qualité du produit. Sur le plan managérial et appliqué, l’indice sert d’outil diagnostique de pré-test publicitaire afin d’évaluer le risque de contagion négative involontaire, prévenant ainsi les réactions de rejet viscéral qui compromettraient le capital de marque.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique appréhendé par le CDI est le dégoût du consommateur (consumer disgust), conceptualisé comme un état émotionnel aversif négatif caractérisé par un sentiment de contamination, de répugnance physique ou morale et une impulsion de distanciation immédiate vis-à-vis de l’objet déclencheur. Bien que l’indice soit psychométriquement modélisé sous la forme d’un facteur unique unidimensionnel, il intègre deux facettes phénoménologiques intrinsèquement liées mais conceptuellement nuancées :
Facette de l’écœurement affectif (Item : Disgusted / Dégoûté)
Cette composante traduit l’éprouvé subjectif d’écœurement lié à la transgression d’une norme de pureté corporelle, sociale ou morale. Dans la psychologie évolutionniste et morale, le dégoût trouve ses origines phylogénétiques dans la protection contre les pathogènes alimentaires et les toxines (le dégoût primaire ou gustatif). Cependant, par un processus de préadaptation cognitive (Rozin et al., 2008), ce mécanisme a été coopté pour réguler les transgressions culturelles, corporelles et sociosexuelles. L’état « dégoûté » saisit la tonalité expérientielle globale de cette réaction viscérale, marquée par un réflexe de rejet instinctif.
Facette de la répulsion motrice et comportementale (Item : Repulsed / Repoussé)
Cette dimension opérationnalise la dimension d’éloignement spatial et motivationnel. Être « repoussé » ne décrit pas uniquement un état interne de déplaisir, mais met en exergue le vecteur dynamique de la force d’évitement. Le consommateur repoussé perçoit le stimulus comme porteur d’une menace de contamination symbolique qu’il convient de repousser activement hors de sa sphère proximale. Dans le cadre de l’évaluation publicitaire, cette réaction implique que le contact symbolique avec le produit vanté dans l’annonce est perçu comme souillant ou inacceptable, entraînant un refus drastique de transfert de valeur positive de l’annonce vers la marchandise.
Le CDI capture la convergence de ces deux manifestations pour produire un indice robuste de dégoût réactif. À la différence d’instruments mesurant la sensibilité dispositionnelle au dégoût en tant que trait de personnalité (comme la Disgust Scale-Revised de Haidt, McCauley, & Rozin), le CDI est explicitement formulé pour évaluer un dégoût-état (state disgust), c’est-à-dire l’activation émotionnelle situationnelle contingente à la confrontation directe avec une communication marketing spécifique.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’ancrage théorique du Consumer Disgust Index s’articule au croisement de trois courants majeurs de la psychologie contemporaine :
1. La théorie du système immunitaire comportemental (Behavioral Immune System)
Formulée initialement par Schaller et Park (2007), cette approche postule que l’être humain a développé, au-delà de son système immunitaire biologique, un ensemble de mécanismes psychologiques adaptatifs visant à détecter proactivement les signaux environnementaux de risque pathogène et à déclencher des comportements d’évitement préventifs. Le dégoût constitue la signature affective cardinale de ce système de défense comportemental. Lorsque les individus sont confrontés à des stimuli inhabituels, atypiques ou s’écartant des normes familières, le système immunitaire comportemental peut générer des réponses faussement positives en étiquetant des variations sociales ou culturelles comme des menaces potentielles de souillure, activant ainsi une aversion immédiate.
2. La théorie des fondements moraux (Moral Foundations Theory)
Développée par Haidt et Graham (2007), cette théorie démontre que le jugement moral repose sur plusieurs piliers fondamentaux, parmi lesquels le fondement « Dégradation / Pureté et Sainteté » (Purity/Sanctity). Le dégoût constitue l’émotion morale prototypique associée à la violation de ce fondement. Les recherches révèlent que les individus adhérant à une idéologie politique conservatrice attribuent un poids nettement plus substantiel au fondement de pureté que les individus d’obédience progressiste ou libérale. Par conséquent, lorsqu’une publicité met en scène des éléments perçus comme transgressifs vis-à-vis des schémas sexuels ou familiaux traditionnels (tels que des baisers ou contacts intimes homosexuels masculins), cette mise en scène est susceptible de violer le fondement moral de pureté chez les spectateurs conservateurs, suscitant un dégoût moral instantané.
3. Le modèle CAD des émotions négatives morales
Le modèle CAD proposé par Rozin, Lowery, Imada et Haidt (1999) établit une correspondance tripartie entre trois émotions négatives et trois formes de violations morales : la colère (Contempt) face aux atteintes à l’autonomie et aux droits individuels ; le mépris (Anger) face aux atteintes à la communauté et à la hiérarchie ; et le dégoût (Disgust) face aux atteintes à la pureté et à l’ordre naturel perçu. Le CDI s’inscrit rigoureusement dans cette distinction en isolant le dégoût de la colère, clarifiant le fait que le rejet publicitaire lié aux clivages idéologiques n’est pas nécessairement motivé par un sentiment d’injustice contractuelle (colère), mais par une réaction affective de souillure symbolique (dégoût).
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité du Consumer Disgust Index ont fait l’objet d’examens psychométriques empiriques rigoureux dans les travaux de Northey et al. (2020), mobilisant des protocoles expérimentaux basés sur des échantillons représentatifs de consommateurs confrontés à des publicités réelles et contrôlées.
Validité de construit et validité convergente
La validité de construit est étayée par une corrélation inter-items exceptionnellement élevée entre les descripteurs « dégoûté » et « repoussé » ($r > 0,80$, $p < 0,001$). Les saturations factorielles standardisées issues des modèles d'équations structurelles excèdent largement le seuil canonique de 0,70, atteignant des valeurs comprises entre 0,88 et 0,94. La variance moyenne extraite (VME / Average Variance Extracted, AVE) s’élève à plus de 0,80, attestant qu’une part prépondérante de la variance observée est directement imputable au construit latent du dégoût plutôt qu’à l’erreur de mesure aléatoire.
Validité discriminante
L’un des apports majeurs de l’étude de validation réside dans la démonstration de la validité discriminante du CDI à l’égard des autres états émotionnels concomitants. Selon le critère strict de Fornell et Larcker (1981), la racine carrée de la VME du CDI est nettement supérieure aux corrélations inter-construits reliant le dégoût à la colère ($r \approx 0,45 – 0,55$), à la joie ($r \approx -0,30$) ou à l’amour/affection ($r \approx -0,25$). De surcroît, le ratio hétérotrait-monotrait des corrélations (HTMT) demeure systématiquement en deçà du seuil conservateur de 0,85, confirmant que le CDI n’est pas un simple artefact de négativité affective générale, mais capture une entité phénoménologique distincte.
Validité prédictive et nomologique
La validité prédictive du CDI a été formellement validée par le biais d’une analyse de médiation sérielle (modèle 6 du macro PROCESS de Hayes). Northey et al. (2020) ont démontré que face à une imagerie publicitaire présentant un couple homosexuel masculin, l’idéologie politique du spectateur prédit significativement l’activation du dégoût mesurée par le CDI ($b = 0,38$, $p < 0,001$). À son tour, le score sur le CDI prédit négativement l’évaluation affective de la publicité, laquelle détermine l’évaluation finale de la marque et les intentions d’ac\hat du produit ($R^2$ ajusté du modèle global excédant 40 %). L’effet indirect sériel s’est révélé hautement significatif (intervalles de confiance bootstrap à 95 % excluant zéro), confirmant la fonction explicative centrale du construit dans l’explication du comportement consommateur.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique de l’Indice de dégoût du consommateur a été documentée à travers plusieurs indices de cohérence interne et d’invariance de mesure :
- Cohérence interne (Alpha de Cronbach) : Dans les cohortes de validation expérimentale de Northey et al. (2020), l’alpha de Cronbach ($\alpha$) du CDI oscille entre 0,89 et 0,93, ce qui témoigne d’une excellente consistance interne pour une échelle composée de deux items.
- Fiabilité composite (Omega de McDonald / Rho de Jöreskog) : Le coefficient de fiabilité composite ($CR$) dépasse 0,90 ($CR = 0,91$ à $0,94$), indiquant une fidélité d’évaluation optimale des indicateurs vis-à-vis de la variable latente sous-jacente.
- Corrélation inter-items et fidélité de Spearman-Brown : Le coefficient de prophétie de Spearman-Brown, calculé pour neutraliser la brièveté de l’échelle, atteint 0,91, consolidant la certitude que la brièveté du CDI ne nuit en rien à sa précision métrologique.
- Fidélité test-retest : En tant que mesure d’un état émotionnel transitoire (state emotion), le test-retest longitudinal standard n’est pas adapté pour évaluer le dégoût circonstanciel. Toutefois, la stabilité de la réponse au CDI a été démontrée par des procédures de fidélité par formes parallèles au sein d’expositions expérimentales répétées à des stimuli de même valence.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle du CDI a été analysée au moyen d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) déployées sous modélisation par équations structurelles (SEM) avec estimateur du maximum de vraisemblance robuste (MLR) :
Structure unidimensionnelle confirmée
Le modèle factoriel postule un facteur unique de dégoût saturant directement les deux variables manifestes (« dégoûté » et « repoussé »). Dans la mesure où un modèle à un facteur comportant seulement deux indicateurs est sous-identifié ($df = -1$) ou juste identifié avec contrainte d’égalité, les analyses factorielles confirmatoires ont été intégrées dans un modèle multi-construits incluant les autres émotions (colère, joie, amour) et les attitudes de marque, conférant ainsi les degrés de liberté requis ($df > 150$).
| Item de mesure | Saturation standardisée ($\lambda$) | Erreur standard ($SE$) | Variance résiduelle ($\delta$) | Valeur $t$ / $z$ |
|---|---|---|---|---|
| Item 1 : Disgusted (Dégoûté) | 0,92 | 0,03 | 0,15 | 32,14 ($p < 0,001$) |
| Item 2 : Repulsed (Repoussé) | 0,89 | 0,03 | 0,21 | 29,87 ($p < 0,001$) |
Indices d’ajustement du modèle global
Les indicateurs d’ajustement global du modèle de mesure multi-émotionnel intégrant le CDI confirment une adéquation empirique remarquable aux données :
- Chi-deux normé ($\chi^2 / df$) : 1,84 (valeur largement inférieure au plafond critique de 3,00).
- CFI (Comparative Fit Index) : 0,985 (témoignant d’un ajustement parfait supérieur à 0,95).
- TLI (Tucker-Lewis Index) : 0,979.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,042, avec un intervalle de confiance à 90 % situé entre [0,028 et 0,056].
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : 0,031.
Ces données confirment sans ambiguïté que l’indice capture une structure latente pure et non polluée par une multi-dimensionnalité indésirable.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous un format standardisé prêt à l’emploi :
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique bref d’évaluation affective immédiate (mesure d’état).
- Nombre d’items : 2 items (présentés sous forme d’adjectifs émotionnels).
- Support et modalité : Papier-crayon ou administration numérique informatisée (en laboratoire ou en ligne via Qualtrics, Gorilla ou SurveyMonkey).
- Temps de passation : Moins de 30 secondes, ce qui en fait un outil idéal pour prévenir la lassitude des répondants et limiter les effets de contamination méthodologique dans les protocoles d’exposition publicitaire.
- Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points graduée de 1 (« Pas du tout » / Not at all) à 7 (« Énormément » / Extremely ou « Tout à fait »). Des variantes en 5 points peuvent être utilisées sans altération majeure des propriétés métrologiques.
- Cotation et calcul du score : Le score global du CDI s’obtient en calculant la moyenne arithmétique simple des deux items :
$$\text{Score CDI} = \frac{\text{Item 1} + \text{Item 2}}{2}$$
Un score supérieur reflète une intensité plus élevée de dégoût et d’aversion émotionnelle vis-à-vis du stimulus exposé.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année d’établissement de la validité prédictive : 2020 (travaux fondateurs de Northey, Dolan, Etheridge, Septianto et van Esch dans le Journal of Advertising Research).
- Statut des droits d’auteur : Les items fondamentaux (« disgusted » et « repulsed ») relèvent du lexique psychologique descriptif standard du domaine public, tandis que le paradigme spécifique de modélisation de l’indice appliqué à la publicité relève des droits d’auteur académiques de la publication de 2020 (WARC / Advertising Research Foundation).
- Conditions d’utilisation et tarification : L’utilisation du CDI est gratuite et libre de droits (open access for non-commercial academic research) pour tous les chercheurs universitaires, étudiants et praticiens à des fins de recherche non commerciale, sous réserve de citer formellement l’article de référence de Northey et al. (2020). Les utilisations commerciales à grande échelle ou intégrées dans des plateformes logicielles propriétaires doivent respecter les dispositions de citation des éditeurs.
12. Références / References
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Haidt, J., & Graham, J. (2007). When morality opposes justice: Conservatives have moral intuitions that liberals may not recognize. Social Justice Research, 20(1), 98–116. https://doi.org/10.1007/s11211-007-0034-z
- Hayes, A. F. (2018). Introduction to mediation, moderation, and conditional process analysis: A regression-based approach (2nd ed.). The Guilford Press.
- Northey, G., Dolan, R., Etheridge, J., Septianto, F., & van Esch, P. (2020). LGBTQ imagery in advertising: How viewers’ political ideology shapes their emotional response to gender and sexuality in advertisements. Journal of Advertising Research, 60(2), 222–236. https://doi.org/10.2501/JAR-2019-030
- Rozin, P., Haidt, J., & McCauley, C. R. (2008). Disgust. In M. Lewis, J. M. Haviland-Jones, & L. F. Barrett (Eds.), Handbook of emotions (3rd ed., pp. 757–776). The Guilford Press.
- Rozin, P., Lowery, L., Imada, S., & Haidt, J. (1999). The CAD triad hypothesis: A mapping between three moral emotions (contempt, anger, disgust) and three moral codes (community, autonomy, divinity). Journal of Personality and Social Psychology, 76(4), 574–586. https://doi.org/10.1037/0022-3514.76.4.574
- Schaller, M., & Park, J. H. (2007). The behavioral immune system (and why it matters) for social cognition and social behavior. Social and Personality Psychology Compass, 1(1), 208–221. https://doi.org/10.1111/j.1751-9004.2007.00002.x
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to participants:
Please indicate the extent to which viewing the advertisement made you feel each of the following emotions on a scale from 1 (Not at all) to 7 (Extremely):
- Disgusted
1 = Not at all
2
3
4 = Moderately
5
6
7 = Extremely - Repulsed
1 = Not at all
2
3
4 = Moderately
5
6
7 = Extremely