1. Résumé
L’Indice de bien-être spirituel (Spirituality Index of Well-Being, ou SIWB) est un instrument psychométrique développé par Bruce B. Frey, Timothy P. Daaleman et Vicki Peyton (2005 ; Daaleman & Frey, 2004). Cet outil d’auto-évaluation a été conçu pour opérationnaliser et mesurer la dimension spirituelle de la qualité de vie liée à la santé (Health-Related Quality of Life, HRQoL), indépendamment des croyances religieuses dogmatiques ou institutionnelles. Le SIWB définit conceptuellement la spiritualité comme un sentiment fondamental de sens, de direction et de finalité découlant d’une source transcendante ou d’une compréhension globale de l’existence.
Le questionnaire est composé de 12 items formulés négativement, répartis de manière équilibrée en deux sous-échelles de 6 items chacune : l’auto-efficacité (Self-Efficacy) et le schéma de vie (Life Scheme). Les participants répondent à l’aide d’une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree) à 5 (« Tout à fait en désaccord » / Strongly Disagree). En raison du codage où le désaccord avec des énoncés de détresse ou de désarroi reflète une plus grande force intérieure, des scores élevés indiquent un niveau supérieur de bien-être spirituel.
Sur le plan psychométrique, le SIWB présente des propriétés remarquables confirmées auprès de populations variées d’adultes, de patients gériatriques et de personnes atteintes de pathologies chroniques. La cohérence interne est solide, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant entre 0,87 et 0,91 pour l’échelle globale, entre 0,83 et 0,86 pour la sous-échelle d’auto-efficacité, et entre 0,80 et 0,89 pour la sous-échelle du schéma de vie. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires corroborent sans équivoque une structure bidimensionnelle cohérente et stable dans le temps. L’instrument s’est imposé comme un standard pour la recherche clinique, épidémiologique et en sciences infirmières, palliant les biais confessionnels des instruments antérieurs.
2. Mots-clés
Indice de bien-être spirituel, SIWB, spiritualité, qualité de vie liée à la santé, auto-efficacité, schéma de vie, sens de la vie, psychométrie, évaluation clinique, détresse existentielle, gérontologie.
3. Auteurs
L’Indice de bien-être spirituel a été développé et validé par une équipe interdisciplinaire de chercheurs en médecine familiale, en psychométrie et en méthodologie de la recherche :
- Timothy P. Daaleman, DO, MSPH : Médecin de famille, professeur et chercheur clinicien au Département de médecine familiale de l’École de médecine de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (University of North Carolina at Chapel Hill School of Medicine), et précédemment au centre médical de l’Université du Kansas (University of Kansas Medical Center). Ses travaux pionniers portent sur les dimensions psychosociales et spirituelles de la santé chez les personnes âgées et les malades chroniques.
- Bruce B. Frey, PhD : Psychométricien, professeur de recherche et d’évaluation pédagogique au Département de psychologie et de recherche en éducation de l’Université du Kansas (University of Kansas, Lawrence, Kansas, États-Unis). Spécialiste renommé de la théorie de la mesure, de l’évaluation standardisée et de l’analyse multivariée. Contact académique :
[email protected]. - Vicki Peyton, PhD : Statisticienne et chercheuse associée en psychologie et sciences de l’évaluation, affiliée à l’Université du Kansas, contributrice majeure des études de validation de construit et des modèles d’équations structurelles de l’instrument.
- Collaborateurs additionnels : Dennis Wallace, PhD, et Stephanie A. Studenski, MD, MPH (gériatre et directrice clinique), ont activement contribué aux cohortes initiales de développement et de validation méthodologique chez les patients ambulatoires âgés (Daaleman et al., 2002, 2004).
4. Objectif
L’objectif central de l’Indice de bien-être spirituel (SIWB) est de fournir un instrument psychométriquement rigoureux, concis et écologiquement valide pour mesurer la spiritualité en tant que composante intégrale de la qualité de vie liée à la santé (HRQoL). Avant la création du SIWB au début des années 2000, la grande majorité des inventaires spirituels souffraient d’une confusion conceptuelle entre religiosité institutionnelle (pratiques rituelles, fréquentation du culte, croyances dogmatiques) et spiritualité existentielle (quête de sens, cohérence globale, ressources internes d’adaptation). Cette intrication limitait considérablement l’usage de ces échelles auprès de populations laïques, agnostiques ou pluriconfessionnelles, en biaisant artificiellement les associations entre bien-être et affiliation confessionnelle (Hill & Pargament, 2003).
Le SIWB a été explicitement forgé pour surmonter ces écueils. Sa finalité repose sur la saisie opérationnelle de la façon dont un individu mobilise son cadre de sens et sa capacité d’action face aux épreuves de la vie, en particulier lors d’atteintes aiguës ou chroniques de la santé. L’instrument répond à une double nécessité, à la fois théorique et appliquée :
- En recherche épidémiologique et observationnelle : Permettre de quantifier la contribution spécifique des variables spirituelles et existentielles à l’état de santé perçu, à la mortalité, à la morbidité et à la résilience psychologique, tout en contrôlant les facteurs sociodémographiques et cliniques.
- En pratique clinique et gériatrique : Fournir aux équipes soignantes un outil de dépistage rapide (12 items réalisables en moins de 3 à 5 minutes) capable de détecter une rupture du sens de l’existence, un état de désespoir acquis ou une souffrance existentielle nécessitant une intervention interdisciplinaire (soins palliatifs, consultation éthique, soutien psychothérapeutique ou aumônerie hospitalière).
- En évaluation d’interventions : Servir de critère de jugement pour évaluer l’efficacité des approches intégratives, des thérapies humanistes, existentielles ou d’acceptation et d’engagement (ACT) axées sur la clarification des valeurs de vie.
La justification théorique du SIWB postule que le bien-être spirituel n’est pas un trait passif ou mystique, mais une ressource psychologique dynamique composée d’un système cognitivo-motivationnel (le schéma de vie) et d’un sentiment d’agentivité opérationnelle (l’auto-efficacité spirituelle). Mesurer ces deux composantes permet d’expliquer comment la spiritualité se traduit en comportements concrets de santé, en gestion efficace des symptômes et en adaptation face à la vulnérabilité physique (Daaleman & Frey, 2004).
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par le SIWB repose sur une conception humaniste et existentielle de la spiritualité. Celle-ci est opérationnalisée à travers deux sous-dimensions interdépendantes mais conceptuellement distinctes : l’auto-efficacité (Self-Efficacy) et le schéma de vie (Life Scheme). Les 12 énoncés de l’échelle sont rédigés selon une polarité négative afin de sonder le degré de blocage, de rupture ou de déficit ressenti par l’individu face aux exigences de l’existence.
1. La sous-échelle d’auto-efficacité (Items 1 à 6)
Inspirée des travaux fondateurs d’Albert Bandura sur le sentiment d’efficacité personnelle, cette dimension mesure la croyance d’un individu en ses propres capacités à organiser et exécuter les actions nécessaires pour gérer les situations difficiles, les dilemmes existentiels et les défis de santé. Dans le cadre du SIWB, l’auto-efficacité ne renvoie pas à une compétence technique isolée, mais à une agentivité existentielle globale : la perception qu’a la personne de disposer des ressources intérieures nécessaires pour faire face à la souffrance, comprendre ses crises et influer sur son devenir.
Les items de cette dimension explorent :
- Le sentiment d’impuissance face à soi-même (ex. : « There is not much I can do to help myself ») ;
- L’inhibition de la persévérance et de l’achèvement des objectifs (ex. : « Often, there is no way I can complete what I have started ») ;
- La confusion cognitive face à l’origine et à la structure des problèmes vécus (ex. : « I can’t begin to understand my problems ») ;
- Le débordement émotionnel et l’effondrement adaptatif face aux crises (ex. : « I am overwhelmed when I have personal difficulties and problems ») ;
- La paralysie décisionnelle dans la résolution de problèmes (ex. : « I don’t know how to begin to solve my problems ») ;
- L’impression d’inutilité de ses propres actions pour changer sa vie (ex. : « There is not much I can do to make a difference in my life »).
2. La sous-échelle du schéma de vie (Items 7 à 12)
Cette seconde dimension puise ses fondements dans la psychologie existentielle, notamment les théories de la logothérapie de Viktor Frankl et les modèles de la cohérence interne. Le schéma de vie représente la charpente noétique et cognitive à travers laquelle un individu ordonne ses expériences, comprend son identité, s’insère dans le monde et découvre un but transcendant. Un schéma de vie sain confère à l’existence un fil conducteur, une signification intelligible et une direction temporelle (passé, présent, futur).
Les items évaluent les manifestations du vide existentiel, de l’aliénation et de la perte de sens :
- L’absence ou la non-découverte d’une vocation/mission de vie (ex. : « I haven’t found my life’s purpose yet ») ;
- La désorientation identitaire et spatio-temporelle (ex. : « I don’t know who I am, where I came from, or where I am going ») ;
- Le déficit généralisé de finalité existentielle (ex. : « I have a lack of purpose in my life ») ;
- Le sentiment d’exclusion cosmique ou sociale (ex. : « In this world, I don’t know where I fit in ») ;
- L’opacité intellectuelle quant à la signification globale de l’existence (ex. : « I am far from understanding the meaning of life ») ;
- La présence d’un vide intérieur profond dans l’expérience présente (ex. : « There is a great void in my life at this time »).
L’articulation entre ces deux sous-échelles démontre que le bien-être spirituel requiert à la fois une boussole interne (le schéma de vie) et la force d’avancer (l’auto-efficacité). L’une sans l’autre génère soit une passivité contemplative désespérée, soit une agitation anxieuse dépourvue de cap.
6. Cadre théorique
Le développement du SIWB s’inscrit au carrefour de la théorie sociocognitive de Bandura, de la psychologie existentielle franklienne et des modèles contemporains de la qualité de vie liée à la santé (HRQoL). Ce positionnement conceptuel a été initié à la suite d’une étude qualitative rigoureuse menée par Daaleman, Cobb et Frey (2001), qui a analysé les perspectives subjectives de patients confrontés à la maladie grave.
L’enracinement dans la psychologie existentielle
Dans la perspective de Viktor Frankl, la « volonté de sens » constitue la force motivationnelle primaire de l’être humain. Lorsque cette volonté est frustrée, l’individu fait l’expérience d’un « vide existentiel » (existential vacuum), caractérisé par l’anomie, l’ennui et le désespoir. Les créateurs du SIWB ont transposé cette notion dans la sous-échelle du schéma de vie. La spiritualité n’y est pas postulée comme une adhésion doctrinale à des vérités révélées, mais comme une capacité psychologique universelle d’intégration du sens, fournissant une cohérence narrative aux événements de la vie, y compris la souffrance, le déclin physique et la mort inéluctable.
La convergence avec la théorie sociocognitive
La théorie de l’auto-efficacité de Bandura postule que les croyances des individus quant à leur efficacité influencent leurs choix de trajectoire, leur niveau d’effort, la durée de leur persévérance face aux obstacles et leur vulnérabilité à la dépression. Frey et Daaleman ont étendu cette théorie au domaine de la spiritualité : un individu doté d’un sens spirituel élevé ne se contente pas d’avoir des buts théoriques abstraits, il se perçoit capable d’agir activement pour surmonter les dilemmes et résoudre les crises. Cette auto-efficacité agit comme un mécanisme modérateur entre l’adversité clinique (douleur, perte d’autonomie) et le bien-être subjectif.
Le modèle intégratif de la qualité de vie liée à la santé
Au sein de la recherche médicale, la santé a longtemps été modélisée selon un triptyque biologique, psychologique et social. Daaleman et ses collaborateurs (2001, 2004) ont argumenté que l’omission de la dimension spirituelle crée un angle mort clinique majeur. La spiritualité sert de métacadre unificateur permettant à l’individu de maintenir son intégrité identitaire lorsque le corps biologique faiblit. En formulant des items dénués de vocabulaire confessionnel (absence de termes tels que « Dieu », « prière », « église », « foi »), le SIWB offre une opérationnalisation transdisciplinaire compatible avec tous les profils philosophiques et culturels des patients.
7. Validité
La validité psychométrique du SIWB a été rigoureusement démontrée à travers de multiples études portant sur des échantillons cliniques et communautaires (Daaleman & Frey, 2004 ; Frey, Daaleman, & Peyton, 2005).
Validité de construit et validité factorielle
Lors de la phase de conception initiale, un bassin initial d’items issus d’analyses thématiques qualitatives d’entretiens avec des patients a été soumis à des réductions successives. La validité de construit a été établie par l’indépendance et la complémentarité des dimensions de l’auto-efficacité et du schéma de vie, tout en maintenant une corrélation modérée à forte entre les deux sous-échelles (r ≈ 0,65 à 0,72), justifiant à la fois leur analyse séparée et le calcul d’un score composite global.
Validité convergente
Le SIWB présente des corrélations positives statistiquement significatives avec de multiples instruments validés évaluant des dimensions connexes du bien-être et de la santé mentale :
- Échelles de bien-être spirituel traditionnelles : Corrélations fortes avec le Spiritual Well-Being Scale (SWBS de Paloutzian & Ellison), en particulier avec la sous-échelle d’existence (r = 0,70 à 0,78), attestant que le SIWB capture adéquatement le cœur de la détresse existentielle.
- Qualité de vie générale : Corrélations modérées à élevées avec les dimensions de santé mentale du Short Form-36 Health Survey (SF-36 MCS, r = 0,55 à 0,68).
- Satisfaction de vie : Corrélation positive avec la Satisfaction with Life Scale (SWLS de Diener, r = 0,52 à 0,63).
- Auto-efficacité générale : Corrélation élevée avec l’échelle d’auto-efficacité de Sherer (r = 0,64).
Validité discriminante
La validité discriminante du SIWB est l’un de ses atouts majeurs par rapport aux instruments concurrents :
- Faible corrélation avec l’affiliation religieuse : Contrairement à d’autres échelles de bien-être spirituel, le SIWB n’est que très faiblement corrélé avec les mesures de religiosité intrinsèque, de fréquence de la prière ou d’assiduité aux offices religieux (r < 0,20), confirmant qu’il n’évalue pas l’observance rituelle ou le dogme institutionnel.
- Distinction de la santé physique objective : Les corrélations avec les composantes physiques du SF-36 (PCS) sont faibles (r = 0,15 à 0,25), ce qui démontre que l’échelle mesure bien l’évaluation spirituelle et non le niveau brut d’invalidité somatique.
- Corrélations négatives avec la détresse psychologique : Corrélations inverses très nettes avec les échelles de dépression gériatrique (GDS) et d’anxiété (r = -0,50 à -0,65), confirmant qu’un score élevé au SIWB protège contre les symptômes anxio-dépressifs.
8. Fidélité
La fidélité de l’Indice de bien-être spirituel a été documentée au sein de cohortes de développement, de validation croisée et d’études cliniques indépendantes (Daaleman & Frey, 2004 ; Frey, Daaleman, & Peyton, 2005) :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Les coefficients de cohérence interne du SIWB dépassent systématiquement le seuil standard de 0,80 préconisé pour la recherche et approchent les 0,90 requis pour des décisions d’évaluation clinique individuelle :
- Échelle totale (12 items) : Le coefficient alpha de Cronbach se situe de manière très reproductible entre 0,87 et 0,91 à travers divers échantillons (ex. : α = 0,91 dans l’échantillon d’étalonnage gériatrique ; α = 0,91 dans une cohorte ambulatoire générale ; α = 0,87 dans une étude de suivi de patients âgés chroniques).
- Sous-échelle d’auto-efficacité (Items 1-6) : Les coefficients alpha rapportés sont de 0,84, 0,86 et 0,83 dans les trois études fondamentales de validation.
- Sous-échelle du schéma de vie (Items 7-12) : Les coefficients alpha s’élèvent respectivement à 0,86, 0,89 et 0,80.
Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent toutes entre 0,55 et 0,82, sans qu’aucun item ne vienne réduire le coefficient global en cas de suppression, prouvant l’excellente homogénéité interne de chaque domaine.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La fidélité test-retest a été mesurée auprès d’un sous-échantillon de participants cliniquement stables réévalués à un intervalle de 2 à 4 semaines. Le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) pour l’échelle globale atteint r = 0,85 (p < 0,001), et les sous-échelles présentent des stabilités respectives de r = 0,81 pour l’auto-efficacité et r = 0,84 pour le schéma de vie. Ces données attestent que l’instrument capte des dispositions relativement durables tout en restant sensible aux interventions existentielles ou aux bouleversements majeurs de la trajectoire de soins.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle du SIWB a été explorée et validée par une démarche rigoureuse combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors des travaux inauguraux de Daaleman et Frey, une analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) a été conduite sur la banque d’items. Le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1,0) ainsi que l’examen du graphique des valeurs propres (scree plot de Cattell) ont clairement indiqué une structure à deux facteurs prépondérants expliquant plus de 62 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Auto-efficacité (Items 1 à 6) : Les saturations factorielles pour ces items oscillent de 0,65 à 0,86 sur leur facteur primaire, sans saturation croisée notable sur le second facteur (< 0,25).
- Facteur 2 : Schéma de vie (Items 7 à 12) : Les saturations factorielles se situent entre 0,68 et 0,88 sur le facteur de schéma de vie, avec des saturations croisées résiduelles négligeables (< 0,20).
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Une AFC a été réalisée ultérieurement par Frey, Daaleman et Peyton (2005) sur un échantillon indépendant afin de tester l’adéquation du modèle théorique bidimensionnel comparativement à un modèle unifactoriel (où tous les items satureraient sur un facteur général indifférencié de détresse spirituelle) :
- Modèle unifactoriel : Présente des indices d’adéquation médiocres (CFI < 0,85, RMSEA > 0,11), rejetant l’hypothèse d’une dimension purement unidimensionnelle.
- Modèle bidimensionnel oblique (corrélé) : Révèle une excellente adéquation aux données empiriques : Chi-deux normalisé (χ²/ddl) < 2,5, Comparative Fit Index (CFI) = 0,96, Tucker-Lewis Index (TLI) = 0,95, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,052 (IC à 90 % [0,039 – 0,065]).
Ces modélisations confirment de façon péremptoire l’architecture binaire du construit : bien que fortement interconnectées, la capacité à affronter ses difficultés (auto-efficacité) et la vision globale d’un univers pourvu de sens (schéma de vie) représentent deux piliers psychologiques spécifiques.
10. Instrument de mesure
- Nom complet de l’outil : Indice de bien-être spirituel (Spirituality Index of Well-Being — SIWB).
- Auteurs : Bruce B. Frey, Timothy P. Daaleman, Vicki Peyton.
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (Patient-Reported Outcome Measure — PROM).
- Nombre d’items : 12 items courts formulés de manière homogène.
- Structure des sous-échelles :
- Sous-échelle d’auto-efficacité (Self-Efficacy) : Items 1 à 6 (6 items).
- Sous-échelle du schéma de vie (Life Scheme) : Items 7 à 12 (6 items).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 5 degrés :
- Strongly Agree (1)
- Agree (2)
- Neither Agree nor Disagree (3)
- Disagree (4)
- Strongly Disagree (5)
- Procédure de cotation (Scoring) :
Tous les items du SIWB étant formulés négativement par rapport au bien-être spirituel (ils traduisent une impuissance ou un déficit de sens), la grille de cotation standard attribue les valeurs de 1 à 5 comme suit :
- Strongly Agree = 1 point
- Agree = 2 points
- Neither Agree nor Disagree = 3 points
- Disagree = 4 points
- Strongly Disagree = 5 points
Ainsi, le score de chaque sous-échelle s’obtient par la somme des scores de ses 6 items constitutifs (étendue : 6 à 30 points). Le score global du SIWB correspond à la somme des 12 items (étendue : 12 à 60 points). Plus le score cumulé est élevé, plus le niveau de bien-être spirituel et de sentiment d’efficacité existentielle est élevé.
- Temps d’administration : Environ 3 à 5 minutes en autonomie complète ou via passation assistée par un clinicien.
- Population cible : Adultes tout-venant, personnes âgées, patients suivis en soins primaires, en oncologie ou en soins palliatifs.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de développement et de publication initiale : 2002 (présentation préliminaire et validation pilote par Daaleman et al.), 2004 (publication formelle dans les Annals of Family Medicine), et 2005 (validation méthodologique approfondie dans Research on Aging).
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus par Bruce B. Frey, Timothy P. Daaleman et les revues savantes éditrices.
- Conditions d’utilisation et permissions : Le SIWB est considéré comme un instrument ouvert pour la recherche académique, scientifique et l’usage clinique non lucratif. Les auteurs ont rendu le questionnaire accessible dans leurs publications sans frais d’acquisition de licence commerciale (open access for academic research).
- Tarifs : Gratuit pour les chercheurs, les universitaires et les cliniciens hospitaliers dans le cadre de projets d’évaluation des soins et de recherche non commerciale.
- Demande d’utilisation : Il est recommandé, à titre de courtoisie académique, d’informer les auteurs de son utilisation et de citer systématiquement les articles princeps de Daaleman & Frey (2004) et Frey, Daaleman, & Peyton (2005). Pour des adaptations linguistiques formelles ou des utilisations commerciales dans des essais sponsorisés, un contact direct avec les auteurs (ex. : Pr. Bruce B. Frey, Université du Kansas) est requis.
12. Références
- Daaleman, T. P., Cobb, A. K., & Frey, B. B. (2001). Spirituality and well-being: An exploratory study of the patient perspective. Social Science & Medicine, 53(11), 1503–1511. https://doi.org/10.1016/S0277-9536(00)00431-7
- Daaleman, T. P., & Frey, B. B. (2004). The Spirituality Index of Well-Being: A new instrument for health-related quality of life research. Annals of Family Medicine, 2(5), 499–503. https://doi.org/10.1370/afm.89
- Daaleman, T. P., Frey, B. B., Wallace, D., & Studenski, S. A. (2002). The Spirituality Index of Well-Being: Development and testing of a new measure. Journal of Family Practice, 51(11), 952.
- Daaleman, T. P., Perera, S., & Studenski, S. A. (2004). Religion, spirituality, and health status in geriatric outpatients. Annals of Family Medicine, 2(1), 49–53. https://doi.org/10.1370/afm.48
- Frey, B. B., Daaleman, T. P., & Peyton, V. (2005). Measuring a dimension of spirituality for health research: Validity of the Spirituality Index of Well-Being. Research on Aging, 27(5), 556–577. https://doi.org/10.1177/0164027505277843
- Hill, P. C., & Pargament, K. I. (2003). Advances in the conceptualization and measurement of religion and spirituality: Implications for physical and mental health research. American Psychologist, 58(1), 64–74. https://doi.org/10.1037/0003-066X.58.1.64