1. Résumé
L’Indice de bien-être personnel (en anglais, Personal Wellbeing Index ou PWI) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer le bien-être subjectif au sein de populations générales et cliniques. Développé initialement par le professeur Robert A. Cummins et ses collaborateurs au sein de l’International Wellbeing Group (IWBG) affilié à l’Australian Centre on Quality of Life (ACQoL) de l’Université Deakin, le PWI est issu d’une restructuration méthodique de l’échelle multidimensionnelle Comprehensive Quality of Life Scale (ComQol). L’échelle opérationnalise le bien-être subjectif comme une entité décomposable en domaines de vie fondamentaux, représentant la première décomposition du sentiment global de satisfaction de vie.
Dans sa forme standard pour adultes (PWI-A), l’instrument comprend sept items essentiels obligatoires explorant des domaines spécifiques : le niveau de vie, la santé personnelle, les réalisations de vie, les relations interpersonnelles, le sentiment de sécurité, l’intégration communautaire et la sécurité future. Un huitième item optionnel est fréquemment adjoint pour évaluer la spiritualité ou la religion dans les contextes socioculturels où cette dimension s’avère pertinente. Les participants évaluent leur degré de satisfaction sur une échelle de réponse numérique de type Likert en 11 points, allant de 0 (« Complètement insatisfait ») à 10 (« Complètement satisfait »). Ces scores bruts sont ensuite convertis de façon conventionnelle sur une échelle standardisée de 0 à 100 points (%SM, percentage of scale maximum).
Sur le plan métrologique, l’Indice de bien-être personnel présente des propriétés psychométriques exceptionnellement robustes et reproductibles à travers plus de cinquante pays. Sa consistance interne est systématiquement élevée, affichant des coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre 0,82 et 0,89. Les analyses factorielles confirmatoires démontrent de façon invariable l’existence d’une structure unidimensionnelle de second ordre où chaque domaine sature fortement sur un facteur général de bien-être personnel, tout en maintenant une validité discriminante vis-à-vis des affects dépressifs, de l’anxiété et du stress. Le PWI constitue l’outil central de référence internationale pour les enquêtes démographiques, les études épidémiologiques et l’évaluation des politiques publiques axées sur la qualité de vie.
2. Mots-clés
Bien-être subjectif, Indice de bien-être personnel, Personal Wellbeing Index, PWI, qualité de vie, homéostasie psychologique, satisfaction de vie, psychométrie, évaluation populationnelle, échelle multidimensionnelle, Deakin University, Robert Cummins.
3. Auteurs
L’Indice de bien-être personnel a été conçu et développé sous la direction scientifique de :
- Robert A. Cummins, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à la School of Psychology de l’Université Deakin (Melbourne, Australie), directeur fondateur de l’Australian Centre on Quality of Life (ACQoL) et initiateur de l’Australian Unity Wellbeing Index. Courriel institutionnel : [email protected].
- International Wellbeing Group (IWBG) : Consortium international de chercheurs en psychométrie, sociologie et économie comportementale hébergé par l’Université Deakin, regroupant des scientifiques issus de plus de 50 pays partenaires voués à la validation transculturelle de mesures standardisées du bien-être.
- Collaborateurs initiaux clés : Marita P. McCabe, Ph.D. ; Yolanda Romeo ; Eleonora Gullone, Ph.D. ; Richard Eckersley ; Julie Pallant, Ph.D. ; et Anna L. D. Lau, Ph.D. (co-développeuse des variantes destinées aux enfants scolarisés et aux populations avec déficience intellectuelle).
4. Objectif
L’Indice de bien-être personnel a été créé dans le but explicite de surmonter les limitations théoriques et méthodologiques inhérentes aux questions globales uniques de satisfaction de vie (telles que « Dans l’ensemble, êtes-vous satisfait de votre vie ? ») et aux inventaires pléthoriques de qualité de vie comprenant des dizaines, voire des centaines de questions hétérogènes. Alors que les questions globales uniques sont excessivement vulnérables à l’humeur transitoire, aux biais d’ancrage cognitif et aux heuristiques de disponibilité momentanées, les batteries extensives de qualité de vie mélangent fréquemment les indicateurs objectifs de conditions d’existence (par exemple, le revenu net en devises ou le nombre de pièces du logement) avec la perception subjective qu’en a l’individu.
L’objectif fondamental du PWI est d’isoler et de quantifier la composante cognitive et évaluative du bien-être subjectif (SWB, Subjective Wellbeing) en interrogeant la satisfaction de la personne envers les piliers fondamentaux de son existence. Selon la démonstration empirique de Cummins et de ses collaborateurs, la totalité de la variance d’une mesure globale de satisfaction de vie peut être expliquée de manière parcimonieuse par un nombre restreint et stable de domaines de vie universels. En articulant l’évaluation autour de sept domaines clés (standard de vie, santé, accomplissement, relations, sécurité, sentiment d’appartenance et sécurité future), le PWI fournit un profil diagnostique précis qui permet de comprendre quels secteurs de l’existence soutiennent ou dégradent le sentiment général d’épanouissement personnel.
Dans la recherche fondamentale et les applications de santé publique, le PWI sert d’étalon-or pour observer la régulation du bien-être au sein de cohortes nationales représentatives. En Australie, l’indice constitue depuis l’an 2000 l’armature métrologique de l’Australian Unity Wellbeing Index, une surveillance longitudinale biannuelle de la population générale. L’instrument permet d’établir des valeurs normatives rigoureuses (la « plage normative » de bien-être), permettant de détecter avec une grande sensibilité l’impact des crises économiques, des catastrophes environnementales ou des réformes sociétales sur la population.
Dans la pratique clinique, psychologique et psychosociale, le PWI est utilisé pour identifier les ruptures homéostatiques individuelles. Un score s’effondrant en deçà des seuils normatifs signale un état de détresse psychologique où les mécanismes adaptatifs de l’individu sont dépassés, nécessitant une intervention thérapeutique ou un soutien matériel et social ciblé. De plus, sa structure modulaire et sa brièveté font du PWI un outil d’évaluation particulièrement adapté aux protocoles longitudinaux pré- et post-interventions, ainsi qu’aux bilans de santé mentale en contexte hospitalier ou associatif.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique opérationnalisé par l’Indice de bien-être personnel repose sur une conceptualisation multidimensionnelle et décomposable du bien-être subjectif. Conformément aux modèles psychologiques contemporains, le bien-être subjectif comprend une composante affective (l’équilibre entre affects positifs et affects négatifs) et une composante cognitivo-évaluative (le jugement réflexif porté sur sa propre existence). Le PWI capture spécifiquement cette seconde composante à travers sept dimensions primaires distinctes, complétées le cas échéant par une huitième dimension spirituelle :
1. Niveau de vie (Standard of living)
Cette dimension évalue l’adéquation perçue entre les ressources matérielles ou financières de l’individu et ses besoins fondamentaux de subsistance, de confort et de dignité sociale. Elle ne mesure pas la richesse financière brute, mais l’appréciation subjective qu’a la personne de sa capacité à se nourrir, se loger, s’habiller et participer aux activités économiques courantes sans angoisse de privation.
2. Santé personnelle (Health)
Ce domaine reflète l’évaluation par l’individu de son état de santé physique et fonctionnel. Il mesure la satisfaction globale quant à son niveau d’énergie, l’absence ou la maîtrise des douleurs chroniques, et la capacité à accomplir les activités de la vie quotidienne sans être entravé par la maladie ou des limitations corporelles invalidantes.
3. Réalisations de vie (Achieving in life)
Cette composante explore le sentiment de compétence, d’utilité et de progrès personnel. Elle renvoie à la perception d’avoir accompli des objectifs valorisés, que ce soit au travail, dans les études, dans la gestion de son foyer ou dans des projets artistiques et communautaires. Elle incarne le besoin d’auto-actualisation et d’efficacité personnelle.
4. Relations interpersonnelles (Personal relationships)
Ce domaine cible la qualité des attachements affectifs, de l’intimité et du soutien social perçu. Il quantifie la satisfaction liée à l’existence de liens de confiance mutuelle avec des partenaires intimes, des amis proches ou des membres de la famille, auprès desquels la personne peut trouver réconfort, écoute et solidarité en période de crise.
5. Sentiment de sécurité personnelle (How safe you feel)
Cette dimension mesure l’évaluation de la vulnérabilité individuelle face aux agressions extérieures, aux délits, à la violence ou aux dangers physiques environnementaux. Elle mesure la quiétude mentale que ressent l’individu lorsqu’il réside chez lui ou se déplace dans son espace public de vie.
6. Intégration et appartenance communautaire (Feeling part of your community)
Ce pôle évalue le sentiment d’affiliation sociale, de citoyenneté active et de reconnaissance au sein de groupes plus larges que le cercle intime (voisinage, associations, collectivité territoriale, milieu culturel). Il traduit la protection contre l’aliénation sociale, l’isolement et la marginalisation.
7. Sécurité future (Future security)
Cette dimension se concentre sur l’anticipation temporelle, la prévisibilité de l’existence et la sérénité face au vieillissement, à la stabilité financière à venir et aux imprévus de la vie. Une satisfaction élevée dans ce domaine indique une faible anxiété prospective et une confiance dans le maintien d’une trajectoire vitale équilibrée.
8. Spiritualité ou croyances religieuses (Spirituality or religion – dimension optionnelle)
Introduit facultativement pour les cultures ou les individus chez qui la foi, le mysticisme ou la quête de sens métaphysique occupent une place prépondérante, cet item mesure la satisfaction tirée de sa connexion avec le sacré, l’univers ou un système de croyances transcendantes.
6. Cadre théorique
Le cadre théorique qui sous-tend de manière exclusive et fondamentale l’Indice de bien-être personnel est la théorie de l’homéostasie du bien-être subjectif (Theory of Subjective Wellbeing Homeostasis), formulée de manière exhaustive par Robert A. Cummins (1995, 2000, 2010). Cette théorie postule que le bien-être subjectif n’est pas une simple résultante passive des événements extérieurs fluctuants, mais une variable psychologique activement régulée par un système de contrôle neuro-psychologique interne analogue à l’homéostasie physiologique (telle que la régulation de la température corporelle ou de la glycémie).
Selon ce modèle, chaque être humain dispose d’un « point de consigne » (set-point) génétiquement prédéterminé de bien-être subjectif, situé dans la partie positive de l’échelle (généralement estimé entre 70 et 80 sur une échelle normalisée de 0 à 100 points, avec une moyenne populationnelle occidentale s’établissant remarquablement autour de 75 points). Ce point de consigne est alimenté par un noyau affectif non réfléchi que Cummins nomme l’« affect homéostatiquement protégé » (Homeostatically Protected Mood ou HPMood), caractérisé par un mélange de sérénité, de contentement et d’optimisme général.
L’architecture du système homéostatique s’articule autour de deux lignes de défense majeures :
- Les tampons externes (External buffers) : Ils comprennent principalement les ressources financières et matérielles (qui protègent l’individu contre les stress matériels directs) et les relations sociales intimes (qui procurent une validation émotionnelle inconditionnelle). Des ressources matérielles et relationnelles suffisantes permettent d’absorber les chocs environnementaux défavorables.
- Les tampons internes (Internal buffers) : Il s’agit de mécanismes d’adaptation cognitive de nature psychologique, regroupant l’estime de soi, le sentiment de contrôle perçu (contrôle primaire et secondaire) et l’optimisme dispositionnel. Face à un événement négatif, ces adaptations cognitives s’activent pour réinterpréter la réalité, préserver le sens de sa valeur personnelle et maintenir le niveau de satisfaction dans sa plage homéostatique normale.
La théorie prédit que lorsque les conditions de vie sont modérément favorables ou même stables, l’homéostasie maintient le PWI d’une personne dans sa plage définie. En revanche, si une personne fait face à une adversité chronique sévère et prolongée (pauvreté extrême, maladie invalidante avec douleur rebelle constante, deuil d’un conjoint, isolement social absolu), les tampons externes et internes sont submergés. Ce phénomène, appelé rupture homéostatique (homeostatic defeat), entraîne une chute rapide du score du PWI en dessous de 60 ou 70 points, laissant le champ libre à l’émergence d’états dépressifs cliniques et d’un désespoir structurel.
L’Indice de bien-être personnel constitue ainsi le reflet direct du fonctionnement de ce système homéostatique : les sept domaines agissent comme des interfaces spécifiques par lesquelles l’appareil cognitif traite l’impact des réalités environnementales avant de les intégrer dans le sentiment global de bien-être régulé.
7. Validité
Les caractéristiques de validité psychométrique de l’Indice de bien-être personnel ont été étayées par une quantité considérable de données colligées à l’échelle planétaire par l’International Wellbeing Group.
Validité de contenu et validité transculturelle
La validité de contenu a été établie par des procédures itératives d’analyse lexicale et de modélisation structurelle à partir de la banque d’items de la Comprehensive Quality of Life Scale. Les sept domaines obligatoires ont été confirmés comme étant universellement reconnus et applicables à travers des dizaines de contextes linguistiques et géographiques, incluant l’Amérique du Nord, l’Europe occidentale, l’Amérique latine, l’Afrique du Sud, le Moyen-Orient, l’Asie du Sud-Est et la Chine. Les études transculturelles démontrent que ces sept domaines couvrent l’intégralité du domaine de définition du bien-être sans présenter de redondance sémantique superflue.
Validité convergente
Le PWI présente une excellente validité convergente avec d’autres échelles de bien-être psychologique réputées :
- Les corrélations avec l’échelle de satisfaction de vie de Diener (Satisfaction With Life Scale, SWLS) oscillent typiquement entre r = 0,65 et r = 0,78 (p < 0,001).
- La corrélation avec l’item unique standard de satisfaction générale de vie (« Dans quelle mesure êtes-vous satisfait de votre vie dans son ensemble ? ») se situe de manière invariable entre r = 0,70 et r = 0,82, les sept domaines expliquant conjointement entre 50 % et 65 % de la variance de ce score global.
- Des corrélations positives substantielles sont observées avec les échelles d’affect positif (PANAS-Positive Affect, r ≈ 0,55 à 0,65) et les mesures d’optimisme dispositionnel (LOT-R, r ≈ 0,50 à 0,60).
Validité discriminante
La validité discriminante du PWI est démontrée par sa dissociation empirique claire vis-à-vis des mesures de psychopathologie et de détresse affective :
- Les corrélations avec les échelles de dépression (telles que le BDI-II ou la sous-échelle Dépression du DASS-21) sont fortement négatives, variant entre r = -0,50 et r = -0,68, indiquant que si le bien-être décline lors d’un épisode dépressif, le bien-être n’est pas simplement l’opposé symétrique de la pathologie.
- Les corrélations avec l’affect négatif (PANAS-Negative Affect) demeurent modérées (r ≈ -0,30 à -0,42), confirmant l’indépendance relative des systèmes affectifs négatifs et des évaluations cognitives positives de la vie.
Validité prédictive et sensibilité au changement
Le PWI démontre une validité prédictive documentée lors des suivis épidémiologiques. Il permet de prédire les risques de décompensation psychiatrique, l’adhésion aux traitements médicaux, la longévité en santé et les trajectoires professionnelles. Sa sensibilité au changement en fait un indicateur pertinent pour évaluer les gains en qualité de vie suite à des psychothérapies cognitives et comportementales, des réadaptations psychosociales ou des interventions d’aide sociale d’urgence.
8. Fidélité
Les propriétés de fidélité et de précision de mesure du PWI sont remarquablement constantes à travers les différentes sous-populations étudiées.
Consistance interne
Le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des sept items standards du PWI-A est systématiquement supérieur au seuil méthodologique recommandé de 0,70 pour les études collectives et dépasse fréquemment le seuil de 0,80 requis pour une utilisation clinique individuelle. Dans les enquêtes de l’Australian Unity Wellbeing Index regroupant plus de 60 000 répondants sur plusieurs décennies, l’alpha de Cronbach oscille de façon continue entre 0,84 et 0,88. Les études de validation transculturelle rapportent des coefficients similaires :
- Cohortes européennes (Espagne, Portugal, France) : α = 0,83 à 0,87.
- Cohortes asiatiques (Hong Kong, Chine continentale) : α = 0,82 à 0,86.
- Cohortes latino-américaines (Chili, Brésil) : α = 0,81 à 0,85.
L’omission d’un quelconque des sept items obligatoires entraîne de manière régulière une baisse de l’alpha global, confirmant l’adéquation et la pertinence de chacun des domaines.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La fidélité test-retest du PWI reflète fidèlement la dynamique prédite par la théorie homéostatique. À court et moyen terme (intervalles de 1 à 4 semaines), en l’absence de chocs biographiques majeurs, le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) ou le r de Pearson oscille entre r = 0,80 et r = 0,86, attestant d’une excellente stabilité temporelle de la mesure. Sur des intervalles plus longs (6 mois à 2 ans), les corrélations test-retest demeurent modérément élevées (r = 0,65 à 0,73), illustrant à la fois la résilience du point de consigne homéostatique individuel et la sensibilité de l’outil aux événements vitaux structurants intervenus entre-temps.
9. Analyse factorielle
L’architecture interne du PWI a fait l’objet d’innombrables explorations factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) au moyen d’analyses en équations structurelles (SEM).
Structure factorielle unidimensionnelle de second ordre
Les analyses factorielles exploratoires menées sur des échantillons de grande envergure font émerger de façon prépondérante une solution unifactorielle dominante expliquant entre 50 % et 60 % de la variance totale des scores. La première valeur propre (eigenvalue) est massivement prépondérante (généralement supérieure à 3,50), tandis que les valeurs propres subséquentes se situent nettement sous le seuil d’utilité empirique de Kaiser (inférieures à 1,0 ou proches de ce chiffre).
Les analyses factorielles confirmatoires testant un modèle où les sept items primaires saturent sur un facteur latent commun de « Bien-être personnel » présentent d’excellents indices d’adéquation globale (Goodness-of-Fit) :
- CFI (Comparative Fit Index) : Fréquemment compris entre 0,96 et 0,99.
- TLI (Tucker-Lewis Index) : Généralement compris entre 0,95 et 0,98.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : Systématiquement inférieur à 0,06 (généralement entre 0,035 et 0,055).
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : Systématiquement inférieur à 0,04.
Saturations factorielles des items
Les saturations standardisées (λ) de chaque item sur le facteur latent de bien-être personnel sont toutes statistiquement significatives au seuil p < 0,001 et présentent des amplitudes robustes :
- Standard de vie (Item 1) : λ = 0,68 à 0,78
- Santé (Item 2) : λ = 0,55 à 0,68
- Réalisations dans la vie (Item 3) : λ = 0,72 à 0,82 (fréquemment le plus fort contributeur au facteur latent)
- Relations personnelles (Item 4) : λ = 0,60 à 0,72
- Sécurité (Item 5) : λ = 0,62 à 0,73
- Communauté et intégration (Item 6) : λ = 0,65 à 0,75
- Sécurité future (Item 7) : λ = 0,70 à 0,80
Invariance de mesure transculturelle
Des travaux méthodologiques conduits par Lau, Cummins et d’autres chercheurs internationaux ont testé l’invariance de mesure à travers les groupes d’âge, le genre et les nations. Ces recherches démontrent l’invariance configurationnelle, l’invariance métrique (égalisation des saturations factorielles) et, dans une large mesure, l’invariance scalaire (égalisation des seuils d’interception). Cela confirme que le PWI mesure le même construit théorique avec les mêmes unités de mesure dans différentes cultures, autorisant ainsi des comparaisons transnationales légitimes des moyennes observées.
10. Instrument de mesure
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-rapporté ou hétéro-rapporté sous forme d’entretien standardisé).
- Population cible : Adultes âgés de 18 ans et plus pour la version standard (PWI-A). Des versions adaptées existent pour les enfants scolarisés (PWI-SC, School-Children), les enfants d’âge préscolaire (PWI-PS) et les personnes présentant une déficience intellectuelle ou un trouble cognitif (PWI-ID).
- Nombre d’items :
- 1 item introductif global optionnel portant sur la satisfaction de vie dans son ensemble (« Part 1 »).
- 7 items fondamentaux obligatoires évaluant les domaines de vie (« Part 2 »).
- 1 item optionnel complémentaire sur la spiritualité/religion (« Part 2, Item 8 »).
- Format et échelle de réponse : Échelle numérique de type Likert à 11 points (0 à 10), ancrée à ses extrémités :
- 0 = « Complètement insatisfait » (Completely Dissatisfied).
- 10 = « Complètement satisfait » (Completely Satisfied).
- Le point médian 5 correspond à une évaluation neutre.
- Temps de passation : Environ 2 à 4 minutes, ce qui le rend idéal pour les grands protocoles de recherche épidémiologique et les suivis cliniques répétés.
- Procédure de cotation et de calcul des scores :
- Score moyen brut : Somme des scores des 7 items obligatoires divisée par 7 (valeur de 0 à 10). L’item spirituel n’est inclus dans le calcul global que dans le cadre de protocoles d’études spécifiquement documentés.
- Standardisation sur l’échelle 0-100 (%SM – Percentage of Scale Maximum) : Afin de standardiser les comparaisons internationales et de faciliter l’interprétation théorique selon le modèle homéostatique de Cummins, les scores bruts sont transformés sur une métrique allant de 0 à 100 à l’aide de la formule suivante :
Score standardisé (%SM) = [(Score brut - Valeur minimale possible de l'échelle) / (Valeur maximale possible - Valeur minimale possible)] × 100
Puisque l’échelle commence à 0 et se termine à 10, la formule se simplifie directement en multipliant le score brut (0 à 10) par 10. - Interprétation normative : Dans les pays occidentaux développés, la moyenne normative de la population générale se situe rigoureusement dans l’intervalle de 73,4 à 76,4 points. Un score individuel ou de sous-groupe chutant sous la barre des 70 points indique un état de vulnérabilité, tandis qu’un score inférieur à 60 points dénote une rupture du système homéostatique et un risque dépressif élevé.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication initiale : 2002 (première formalisation issue des travaux sur le ComQol initiés en 1994) ; Manuel de référence de la 5e édition publié en 2013 par l’International Wellbeing Group.
- Organisme gestionnaire et détenteur des droits : Australian Centre on Quality of Life (ACQoL), School of Psychology, Deakin University, Melbourne, Australie.
- Permissions et licence : L’Indice de bien-être personnel est mis à la disposition de la communauté internationale en libre accès pour la recherche académique, clinique et non commerciale (Open Access for academic and non-commercial research). L’utilisation ne requiert pas le paiement de redevances financières, sous réserve du respect strict de la formulation originale des items, des ancres de l’échelle de réponse et de la citation appropriée des manuels et publications fondatrices de Cummins et de l’ACQoL.
- Tarifs : Gratuit pour toute utilisation scientifique, éducative, clinique et à but non lucratif. Les entreprises ou organisations commerciales souhaitant exploiter le PWI dans des enquêtes à but lucratif doivent solliciter une autorisation formelle auprès de l’ACQoL de l’Université Deakin.
12. Références
Les publications fondatrices, manuels psychométriques et études de référence soutenant le développement et l’évaluation de l’Indice de bien-être personnel comprennent notamment :
- Cummins, R. A. (1995). On the trail of the gold standard for subjective well-being. Social Indicators Research, 35(2), 179-200. https://doi.org/10.1007/BF01079233
- Cummins, R. A. (2000). Objective and subjective quality of life: An evaluation in terms of gender. Social Indicators Research, 52(1), 55-85. https://doi.org/10.1023/A:1007077610080
- Cummins, R. A. (2010). Subjective wellbeing, homeostatically protected mood and depression: A synthesis. Journal of Happiness Studies, 11(1), 1-17. https://doi.org/10.1007/s10902-009-9167-0
- Cummins, R. A., Eckersley, R., Pallant, J., Van Vugt, J., & Misajon, R. (2003). Developing a national index of subjective wellbeing: The Australian Unity Wellbeing Index. Social Indicators Research, 64(2), 159-190. https://doi.org/10.1023/A:1024704320683
- Cummins, R. A., & Lau, A. L. D. (2005). Personal Wellbeing Index – School Children (PWI-SC): Manual (3rd ed.). Australian Centre on Quality of Life, School of Psychology, Deakin University.
- Cummins, R. A., & Lau, A. L. D. (2005). Personal Wellbeing Index – Intellectual Disability (PWI-ID): Manual (3rd ed.). Australian Centre on Quality of Life, School of Psychology, Deakin University.
- Cummins, R. A., McCabe, M. P., Romeo, Y., & Gullone, E. (1994). The Comprehensive Quality of Life Scale: Instrument development and psychometric evaluation on tertiary staff and students. Educational and Psychological Measurement, 54(2), 372-382. https://doi.org/10.1177/0013164494054002011
- International Wellbeing Group. (2006). Personal Wellbeing Index (4th ed.). Melbourne: Australian Centre on Quality of Life, Deakin University.
- International Wellbeing Group. (2013). Personal Wellbeing Index: 5th Edition. Melbourne: Australian Centre on Quality of Life, Deakin University. http://www.acqol.com.au/iwbg/wellbeing-index/
- Tomyn, A. J., & Cummins, R. A. (2011). The subjective wellbeing of high-school students: Validating the Personal Wellbeing Index—School Children. Social Indicators Research, 101(3), 405-418. https://doi.org/10.1007/s11205-010-9668-6
13. Questions et items du questionnaire
Personal Wellbeing Index – Adult (PWI-A)
Response Scale: 0 = Completely Dissatisfied to 10 = Completely Satisfied
Part 1 (Optional Item)
General life satisfaction: “Thinking about your own life and personal circumstances, how satisfied are you with your life as a whole?”
Part 2
How satisfied are you with…?
- your standard of living?
- your health?
- what you are achieving in life?
- your personal relationships?
- how safe you feel?
- feeling part of your community?
- your future security?
- your spirituality or religion? [optional item]