Indice de Barthel

Monographie psychométrique complète de l’Indice de Barthel (Barthel Index), instrument de référence évaluant l’indépendance fonctionnelle dans les activités de la vie quotidienne en réadaptation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Indice de Barthel (Barthel Index ou Barthel ADL Index) constitue l’un des instruments d’évaluation fonctionnelle et psychométrique les plus universellement reconnus et appliqués en médecine physique, en gériatrie et en réadaptation neurologique. Conçu originellement au milieu des années 1960 par Florence I. Mahoney et Dorothea W. Barthel (1965) pour évaluer le degré d’indépendance fonctionnelle des patients atteints de pathologies neuromusculaires et musculosquelettiques chroniques, cet outil quantifie précisément les activités de la vie quotidienne (AVQ ou Activities of Daily Living [ADL]). Il a été étendu et affiné par Carl V. Granger et ses collaborateurs (1979, 1981) afin d’optimiser sa sensibilité aux gains thérapeutiques et de structurer l’orientation médico-sociale des individus présentant des séquelles invalidantes, notamment post-accident vasculaire cérébral (AVC).

L’instrument explore les dimensions fondamentales des soins personnels élémentaires et de la mobilité autonome. Dans sa version classique à 10 items (Mahoney & Barthel, 1965), le score global varie de 0 (dépendance fonctionnelle totale) à 100 (indépendance complète), attribué selon des incréments de 5 ou 10 points. Les adaptations enrichies, notamment la nomenclature élargie à 15 items introduite par Granger et al. (1981) ou les versions à échelons ordonnés de Shah, Vanclay et Cooper (1989), permettent de réduire les effets de seuil et de plafond en détaillant plus spécifiquement les transferts posturaux, la locomotion et l’autonomie sphinctérienne. Sur le plan des qualités métrologiques, l’Indice de Barthel présente une consistance interne exceptionnelle (coefficient alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,87 et 0,96), une fidélité inter-évaluateurs remarquable (coefficients Kappa supérieurs à 0,75 ; coefficients de corrélation intraclasse souvent supérieurs à 0,90) et une excellente validité de construit démontrée par de fortes corrélations avec la Mesure d’indépendance fonctionnelle (MIF) et l’échelle de Rankin modifiée. Cet article fournit une monographie psychométrique approfondie de l’Indice de Barthel, couvrant ses fondements théoriques, sa structure factorielle, ses propriétés de validité et de fidélité, ainsi que ses items authentiques.

2. Mots-clés / Keywords

Indice de Barthel, évaluation fonctionnelle, activités de la vie quotidienne, autonomie, réadaptation neurologique, accident vasculaire cérébral, psychométrie, gériatrie, indépendance physique, validité écologique, échelle d’incapacité.

3. Auteurs / Authors

L’Indice de Barthel a été initié et conceptualisé par deux figures pionnières de la médecine de réadaptation américaine :

  • Florence I. Mahoney, MD : Médecin spécialiste en médecine physique et réadaptation, directrice des programmes de réadaptation au Montebello State Hospital (Baltimore, Maryland, États-Unis).
  • Dorothea W. Barthel, PT : Physiothérapeute en chef au Montebello State Hospital (Baltimore, Maryland, États-Unis), co-conceptrice du système d’évaluation comportementale et de cotation fonctionnelle.

Des travaux d’extension méthodologique et psychométrique majeurs ont ensuite été menés par :

  • Carl V. Granger, MD : Professeur émérite au Department of Rehabilitation Medicine, State University of New York (SUNY) at Buffalo, Buffalo, New York, États-Unis. Directeur du Uniform Data System for Medical Rehabilitation (UDSMR).
  • Surinder Shah, MD ; Frank Vanclay, PhD ; Barry Cooper, MD : Chercheurs au Department of Social and Preventive Medicine, University of Queensland, Brisbane, Australie (développement de l’échelle modifiée de sensibilité de Barthel, 1989).
  • Derick T. Wade, MD et Clare Collin, MD : Neurologues et chercheurs cliniciens au Rivermead Rehabilitation Centre, Oxford, Royaume-Uni.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Indice de Barthel est de fournir une quantification objective, standardisée, reproductible et cliniquement significative du niveau d’indépendance physique d’un patient dans l’accomplissement des activités de base de la vie quotidienne. Historiquement, l’évaluation de l’invalidité reposait sur des jugements subjectifs portés par les praticiens ou sur des descriptions narratives disparates qui ne permettaient ni le suivi longitudinal précis des patients ni la comparaison de l’efficacité relative des protocoles de rééducation. L’outil a donc été élaboré pour pallier cette absence d’étalonnement en instaurant une échelle ordinale simple, opérationnelle et directement corrélée à la charge de soins requise en milieu hospitalier ou à domicile.

Sur le plan des applications cliniques, l’Indice de Barthel sert de guide décisionnel pour :

  • L’orientation médico-sociale et la planification de sortie hospitalière : Le score total permet d’anticiper le retour à domicile, l’orientation vers un centre de convalescence, ou l’admission en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Les patients obtenant un score inférieur à 60 nécessitent une assistance physique humaine continue pour la plupart des actes fondamentaux.
  • L’évaluation de la charge de soins infirmiers et d’aides-soignants : L’échelle quantifie le temps et les ressources humaines requis pour assurer l’alimentation, l’hygiène, l’habillage et la mobilisation du sujet.
  • Le monitorage longitudinal de la réadaptation : Administré à intervalles réguliers (ex. admission, mi-parcours, décharge, et à 3 ou 6 mois post-lésion), il permet de tracer la trajectoire de récupération fonctionnelle des patients victimes d’un AVC, de traumatismes crâniens ou de pathologies neurodégénératives, et de mesurer l’efficacité des interventions en kinésithérapie et ergothérapie.

En recherche épidémiologique et en essais cliniques contrôlés, l’Indice de Barthel constitue fréquemment le critère de jugement principal (primary outcome) ou secondaire majeur pour évaluer de nouvelles thérapeutiques de phase aiguë de l’AVC (telles que la thrombolyse intraveineuse ou la thrombectomie mécanique) ou des stratégies rééducatives novatrices (robotique de rééducation, réalité virtuelle, stimulations cérébrales non invasives). La justification théorique de sa pérennité repose sur sa pertinence pragmatique : l’échelle ne cherche pas à mesurer la force musculaire analytique ou l’amplitude articulaire en soi, mais l’accomplissement réel et effectif des actes nécessaires à la survie autonome dans l’écosystème quotidien.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique et fonctionnel sous-jacent à l’Indice de Barthel est l’indépendance fonctionnelle fondamentale, définie comme la capacité d’un être humain à exécuter de manière autonome, sécuritaire et sans assistance physique ou verbale continue les comportements requis pour subvenir à ses besoins biologiques et moteurs élémentaires. L’architecture de ce construit s’articule autour de deux macro-dimensions interdépendantes mais distinctes : les soins personnels (Self-Care) et la mobilité motrice/transferts (Mobility).

Dimension 1 : Soins personnels élémentaires et autonomie organique (Self-Care & Continence)

Cette composante englobe les conduites comportementales d’entretien corporel et de régulation physiologique nécessaires au maintien de la dignité et de la santé somatique :

  • L’alimentation (Feeding) : Capacité à porter la nourriture à la bouche, à mâcher, à déglutir et à manipuler les ustensiles. Le construit distingue l’autonomie complète de la nécessité d’une aide technique ou humaine pour couper la viande ou beurrer le pain.
  • La toilette personnelle (Personal toilet / Grooming) : Actes d’hygiène faciale, bucco-dentaire, coiffage et rasage, reflétant à la fois la motricité fine, la coordination bimanuelle et l’organisation praxique.
  • L’habillage du haut et du bas du corps (Dressing) : Enfilage et retrait des vêtements, laçage des chaussures et fermeture des boutons, fermetures à glissière et agrafes. Cette sous-dimension sollicite la mémoire procédurale, les fonctions visuo-spatiales, l’équilibre assis ou debout et l’amplitude articulaire.
  • Le bain ou la douche (Bathing) : Capacité à se laver intégralement sans assistance, représentant un défi moteur et d’équilibre particulièrement sensible aux chutes.
  • La continence fécale et urinaire (Controlling bowels and bladder) : Maîtrise physiologique et cognitive des sphincters, ou gestion entièrement autonome des dispositifs médicaux associés (sondes urinaires, poches de stomie). Cette dimension transcende la motricité pour toucher à l’intégrité neurologique autonome et centrale.

Dimension 2 : Mobilité, transferts posturaux et locomotion (Mobility & Transfers)

Cette dimension capture l’aptitude cinétique de l’individu à modifier sa posture spatiale et à naviguer dans son environnement physique :

  • Transferts du lit au fauteuil et vice-versa (Transfers) : Changement de position impliquant le passage de la position couchée à la station assise, le pivot et l’assise au fauteuil roulant ou sur une chaise stable, requérant une force musculaire axiale et périphérique adéquate.
  • Utilisation des toilettes (Toilet use / Perineum care) : Intégration du transfert assis-debout sur les toilettes, de l’ajustement vestimentaire, de l’essuyage intime et de l’activation de la chasse d’eau.
  • Déambulation sur surface plane (Walking on level surface) : Capacité à marcher sur une distance standardisée (50 yards / environ 45 mètres) avec ou sans aides techniques (canne, déambulateur). En cas d’impossibilité complète de marche, l’aptitude à propulser manuellement un fauteuil roulant sur la même distance est mesurée comme stratégie de compensation.
  • Franchissement des escaliers (Ascending and descending stairs) : Montée et descente d’au moins un étage d’escalier, nécessitant une puissance quadricipitale importante, un équilibre dynamique complexe et une perception de la profondeur intacte.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Indice de Barthel s’inscrit au carrefour de plusieurs cadres théoriques fondateurs de la psychologie de la santé, de la médecine physique et de la sociologie du handicap :

Le modèle biomédical et fonctionnel de la réadaptation

Dans la perspective développée initialement par Howard A. Rusk et Frank H. Krusen, la réadaptation vise la restauration optimale des capacités fonctionnelles d’un individu après une atteinte organique irréversible. L’Indice de Barthel opérationnalise ce cadre en traduisant les déficiences anatomo-physiologiques (telles que l’hémiplégie ou l’ataxie) en répercussions capacitaires concrètes. Le modèle postule une relation non linéaire entre la lésion cérébrale ou médullaire et l’incapacité fonctionnelle : des gains modestes en force motrice ou en apprentissage de stratégies motrices compensatoires peuvent générer des bonds substantiels en matière d’indépendance quotidienne.

La Classification internationale des handicaps de Wood et la CIF de l’OMS

L’assise conceptuelle de l’outil trouve un écho direct dans les classifications internationales développées par Philip Wood (1980) pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui ont ultérieurement évolué vers la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF). Dans ce paradigme, le Barthel Index ne se focalise pas sur le niveau des « fonctions organiques et structures anatomiques » (impairments), mais cible rigoureusement le niveau des « activités » (activities) et des « limitations d’activités » (disabilities). L’instrument mesure ce que le patient fait effectivement (performance réelle) plutôt que ce qu’il serait potentiellement capable de faire dans des conditions idéales de laboratoire (capacité théorique).

La théorie comportementale et de l’apprentissage moteur

Sur le plan psychologique et comportemental, l’Indice de Barthel repose sur l’observation directe des comportements manifestes et instrumentaux. L’acquisition de l’autonomie y est conceptualisée comme une succession de chaînes opérantes (operant chaining) où chaque composante d’une tâche complexe (par exemple, s’habiller) fait l’objet d’un apprentissage perceptivo-moteur et d’un renforcement par le succès écologique. Les modifications apportées par Granger (1982) et Shah et al. (1989) intègrent la notion de gradation dans l’étayage social et physique : l’aide apportée est quantifiée selon le niveau de guidage verbal, d’assistance technique ou de suppléance corporelle totale nécessaire à la réalisation du comportement cible.

7. Validité / Validity

L’Indice de Barthel a fait l’objet de centaines d’investigations métrologiques confirmant la solidité de ses propriétés de validité à travers diverses populations cliniques et contextes culturels.

Validité de construit

La validité de construit de l’instrument a été établie par de multiples démarches de validation convergente et discriminante :

  • Validité convergente : Des corrélations extrêmement élevées ont été démontrées de façon répétée entre le score global du Barthel Index et d’autres échelles d’incapacité reconnues. L’association avec la Mesure d’indépendance fonctionnelle motrice (MIF motrice) affiche des coefficients de corrélation de Pearson et de Spearman compris entre r = 0,92 et r = 0,98. La corrélation inverse avec l’échelle de Rankin modifiée (mRS) est également très forte (typiquement r = -0,75 à -0,88), attestant que les deux instruments mesurent la même dimension générale de sévérité du handicap fonctionnel.
  • Validité discriminante : L’Indice de Barthel discrimine parfaitement les sujets requérant une institutionnalisation permanente de ceux pouvant regagner leur domicile. Les analyses ROC (Receiver Operating Characteristic) montrent une aire sous la courbe (AUC) oscillant entre 0,85 et 0,93 pour la prédiction du statut de décharge à domicile. Il discrimine également de manière statistiquement significative les stades de sévérité neurologique définis par le score NIHSS (National Institutes of Health Stroke Scale).

Validité prédictive et pronostique

Les études longitudinales de référence (Granger, Albrecht, & Hamilton, 1979 ; Granger et al., 1989) ont établi que les scores obtenus à l’admission en centre de réadaptation prédisent significativement la durée de séjour hospitalier, les coûts des soins, le taux de réadmission à 6 mois et la mortalité à 1 an chez les patients gériatriques et cérébrovasculaires. Un score inférieur à 40 à l’admission est prédictif d’une dépendance prolongée ou d’une issue défavorable, tandis qu’un score supérieur ou égal à 60 représente un seuil critique prédictif de réintégration communautaire réussie.

Sensibilité au changement et effets d’échelle

Si la version originale de Mahoney et Barthel (1965) présente une sensibilité robuste aux variations fonctionnelles majeures, elle manifeste un effet plafond chez les patients ambulatoires légers et un effet plancher chez les patients quadriplégiques ou comateux. Les versions étendues de Granger et al. (1981) et de Shah et al. (1989), grâce à une décomposition plus fine des échelons de dépendance (aide physique minime, modérée, maximale), ont considérablement amélioré la sensibilité au changement (taille d’effet standardisée > 0,80 au cours des trois premiers mois post-AVC).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique de l’Indice de Barthel est universellement documentée comme étant excellente, que l’administration s’effectue par observation directe, par dossier infirmier ou par entretien structuré.

Consistance interne

Les analyses de consistance interne rapportent systématiquement un coefficient alpha de Cronbach (α) supérieur aux exigences psychométriques conventionnelles de 0,80 :

  • Dans les études de réadaptation post-AVC (Shah et al., 1989 ; Collin et al., 1988), l’α de Cronbach varie entre 0,89 et 0,96, indiquant une forte homogénéité des items dans la mesure de l’indépendance physique.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,60 et 0,85, les items relatifs aux transferts lit-fauteuil et à la déambulation présentant les saturations les plus massives avec le score composite.

Fidélité inter-évaluateurs et intra-évaluateur (test-retest)

La fidélité inter-évaluateurs a été scrupuleusement étudiée par Collin, Wade, Davies et al. (1988) auprès de cohortes de patients victimes d’AVC évalués indépendamment par des médecins, des infirmières et des physiothérapeutes :

  • Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score total dépasse régulièrement 0,95.
  • Les coefficients Kappa de Cohen (κ) item par item oscillent entre 0,70 (items plus subjectifs comme l’habillage ou la continence urinaire sur 24 heures) et 0,90 (items de marche et de transferts).
  • La fidélité test-retest à court terme (intervalle de 48 à 72 heures sans changement clinique documenté) montre des coefficients de stabilité temporelle supérieurs à r = 0,89.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’Indice de Barthel a été abondamment explorée par analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC), ainsi que par les modèles de la théorie de réponse aux items (TRI / modèle de Rasch).

Structure unifactorielle vs. bifactorielle

Bien que l’indice soit fréquemment utilisé comme un score unidimensionnel sommatif en pratique courante, les analyses factorielles révèlent de manière reproductible l’existence de deux facteurs corrélés sous-jacents expliquant entre 60 % et 75 % de la variance totale des scores :

  • Facteur 1 : Mobilité et Locomotion (Mobility) : Ce facteur regroupe les transferts lit-fauteuil, les transferts toilettes, les transferts baignoire/douche, la marche sur surface plane et la montée/descente d’escaliers. Les saturations factorielles de ces items sur cette dimension sont particulièrement fortes (λ = 0,78 à 0,92).
  • Facteur 2 : Soins corporels et continence biologique (Self-Care & Continence) : Ce facteur rassemble l’alimentation, la toilette personnelle, l’habillage, le bain et le contrôle sphinctérien fécal et urinaire (λ = 0,65 à 0,86).

Analyses confirmatoires et modélisation de Rasch

Les modélisations en équations structurelles (AFC) menées sur de larges cohortes cliniques confirment que le modèle à deux facteurs corrélés (avec une corrélation inter-facteurs généralement comprise entre r = 0,65 et 0,80) s’ajuste nettement mieux aux données qu’un modèle strictement unidimensionnel : indices d’ajustement fréquemment observés : RMSEA ≤ 0,06, CFI ≥ 0,96, TLI ≥ 0,95.

Par ailleurs, les analyses métrologiques basées sur le modèle de Rasch ont permis de hiérarchiser la difficulté intrinsèque des items le long du continuum latent d’autonomie. L’ordonnancement invariant des items démontre que :

  1. L’alimentation et le contrôle intestinal représentent les items les plus « faciles » (les premiers récupérés au cours de la réadaptation).
  2. L’habillage et la toilette occupent une position de difficulté intermédiaire.
  3. La montée et la descente des escaliers, le bain autonome et la déambulation indépendante sur longue distance représentent les items les plus « difficiles » (les derniers récupérés ou exigeant le plus haut degré d’intégration fonctionnelle).

10. Instrument de mesure / Instrument

L’évaluation par l’Indice de Barthel s’effectue selon les paramètres opérationnels suivants :

  • Type d’instrument : Échelle d’évaluation hétéro-rapportée (observation clinique directe par les soignants, rapport des équipes paramédicales ou entretien structuré avec le patient/aidant).
  • Nombre d’items :
    • 10 items dans la version princeps originale de Mahoney & Barthel (1965).
    • 15 items dans la nomenclature élargie et raffinée de Granger et al. (1981), permettant d’isoler séparément l’habillage du haut et du bas du corps, les appareillages, les différents types de transferts et l’usage autonome du fauteuil roulant.
  • Format et barème de cotation (Mahoney & Barthel, 1965) :
    • Chaque item est coté sur 2, 3 ou 4 niveaux d’indépendance (généralement 0, 5, 10 ou 15 points).
    • Score total théorique : 0 à 100 points (par incréments de 5 points). Certaines déclinaisons académiques (ex. Collin et al., 1988) divisent le total par 5 pour produire un score compris entre 0 et 20.
  • Interprétation clinique standardisée des paliers de score (sur 100) :
    • 0 – 20 : Dépendance totale (assistance permanente requise pour l’ensemble des actes vitaux).
    • 21 – 60 : Dépendance sévère (nécessite une aide humaine quotidienne substantielle pour les soins et transferts).
    • 61 – 90 : Dépendance modérée (assistance partielle requise, bon potentiel de retour au domicile avec soutien).
    • 91 – 99 : Dépendance légère (indépendance quasi complète, aides minimes pour les tâches complexes).
    • 100 : Indépendance complète dans les activités de base de la vie quotidienne (n’exclut pas des séquelles cognitives ou instrumentales complexes de type IADL).
  • Durée d’administration : Environ 5 à 10 minutes lors d’une évaluation directe par un clinicien familiarisé avec le patient, ou immédiat par synthèse des observations infirmières des dernières 24 à 48 heures.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1965 (Mahoney & Barthel) ; révisions majeures en 1979 et 1981 (Granger et al.) ; version de sensibilité en 1989 (Shah et al.).
  • Statut des droits d’auteur et licence : L’Indice de Barthel original (1965) est considéré comme appartenant au domaine public clinique et académique. Il n’exige aucun paiement de redevance ou licence commerciale pour son utilisation clinique de routine ou dans le cadre de projets de recherche universitaire.
  • Tarif d’utilisation : Gratuit (Free of charge / Open Access).
  • Conditions d’utilisation : Toute utilisation dans des publications scientifiques doit citer formellement les publications originales fondatrices (Mahoney & Barthel, 1965 ; Granger et al., 1979/1981). Certaines variantes informatisées incluses dans des suites logicielles commerciales de santé peuvent faire l’objet de licences d’intégration propriétaires indépendantes de l’échelle elle-même.

12. Références / References

  • Collin, C., Wade, D. T., Davies, S., & Horne, V. (1988). The Barthel ADL Index: A reliability study. International Disability Studies, 10(2), 61–63. https://doi.org/10.3109/09638288809164103
  • Granger, C. V. (1982). Health accounting functional assessment of the long-term patient. In F. J. Kottke, G. K. Stillwell, & J. F. Lehmann (Eds.), Krusen’s handbook of physical medicine and rehabilitation (3rd ed., pp. 253–274). Philadelphia: W.B. Saunders.
  • Granger, C. V., Albrecht, G. L., & Hamilton, B. B. (1979). Outcome of comprehensive medical rehabilitation: Measurement by PULSES Profile and the Barthel Index. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation, 60(4), 145–154.
  • Granger, C. V., Hamilton, B. B., Gresham, G. E., & Kramer, A. A. (1989). The stroke rehabilitation outcome study: Part II. Relative merits of the total Barthel Index score and a four-item subscore in predicting patient outcomes. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation, 70(2), 100–103.
  • Mahoney, F. I., & Barthel, D. W. (1965). Functional evaluation: The Barthel Index. Maryland State Medical Journal, 14, 61–65.
  • Mahoney, F. I., Wood, O. H., & Barthel, D. W. (1958). Rehabilitation of chronically ill patients: The influence of complications on the final goal. Southern Medical Journal, 51(5), 605–609. https://doi.org/10.1097/00007611-195805000-00011
  • McDowell, I. (2006). Measuring Health: A Guide to Rating Scales and Questionnaires (3rd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195165678.001.0001
  • Shah, S., Vanclay, F., & Cooper, B. (1989). Improving the sensitivity of the Barthel Index for stroke rehabilitation. Journal of Clinical Epidemiology, 42(8), 703–709. https://doi.org/10.1016/0895-4356(89)90065-6
  • Wood, P. H. N. (1980). International Classification of Impairments, Disabilities, and Handicaps: A manual of classification relating to the consequences of disease. World Health Organization.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
  1. Feeding (if food needs to be cut up = help)
  2. Moving from wheelchair to bed and return (includes sitting up in bed)
  3. Personal toilet (wash face‚ comb hair‚ shave‚ clean teeth)
  4. Getting on and off toilet (handling clothes‚ wipe‚ flush)
  5. Bathing self
  6. Walking on level surface (or if unable to walk‚ propel wheelchair) *score only if unable to walk
  7. Ascend and descend stairs
  8. Dressing (includes tying shoes‚ fastening fasteners)
  9. Controlling bowels
  10. Controlling bladder
  11. Transfer‚ toilet
  12. Transfer‚ tub or shower
  13. Walk on level 50 yards or more
  14. Up and down stairs for one flight or more
  15. Wheelchair/50 yards—only if not walking
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Indice de Barthel. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/indice-de-barthel-2/
Looti, Mohammed. “Indice de Barthel.” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/indice-de-barthel-2/.
Looti, Mohammed. “Indice de Barthel.” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/indice-de-barthel-2/.