1. Résumé / Abstract
L’Indice de bien-être psychologique général (Psychological General Well-Being Index, ou PGWBI) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu à l’origine par Harold J. Dupuy dans les années 1970 pour le National Center for Health Statistics aux États-Unis. Développé afin de mesurer les états affectifs et psychologiques subjectifs dans les enquêtes épidémiologiques en population générale ainsi que dans les essais cliniques, le PGWBI évalue le bien-être psychologique perçu au cours du mois écoulé. L’instrument est constitué de 22 items auto-administrés, cotés sur une échelle de type Likert en six points (de 0 à 5), fournissant un score global de bien-être pouvant varier de 0 à 110 points, où les scores les plus élevés reflètent un niveau optimal de bien-être psychologique.
La structure dimensionnelle du PGWBI est articulée autour de six sous-échelles fondamentales : l’anxiété (Anxiety, 5 items), l’humeur dépressive (Depressed Mood, 3 items), l’état d’esprit positif / sentiment de bien-être (Positive Well-Being, 4 items), la maîtrise de soi (Self-Control, 3 items), la santé générale (General Health, 3 items) et la vitalité (Vitality, 4 items). L’outil intègre un système d’inversion pour neuf items (items 1, 4, 6, 7, 9, 10, 14, 16 et 21) afin de neutraliser les biais d’acquiescement et d’homogénéiser la polarité positive du score final.
Les propriétés métrologiques du PGWBI ont été largement documentées au sein d’échantillons communautaires et cliniques internationaux, notamment en médecine cardiovasculaire, en gastroentérologie et en endocrinologie. La consistance interne est remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,90 et 0,94 pour l’échelle globale et entre 0,70 et 0,88 pour les dimensions spécifiques. Les études de validité factorielle (analyses factorielles confirmatoires et modèles de réponse à l’item) attestent d’une bonne invariance de mesure et d’une sensibilité élevée aux changements thérapeutiques.
2. Mots-clés / Keywords
Indice de bien-être psychologique général, PGWBI, qualité de vie liée à la santé, santé mentale, psychométrie, anxiété, humeur dépressive, vitalité, évaluation clinique, Dupuy.
3. Auteurs / Authors
L’auteur concepteur principal de l’instrument est le Dr Harold J. Dupuy, chercheur et biostatisticien au sein du National Center for Health Statistics (NCHS, Hyattsville, Maryland, États-Unis), dans le cadre des grandes enquêtes de santé nationales américaines (notamment le National Health and Nutrition Examination Survey, NHANES I).
Par la suite, l’instrument a fait l’objet d’adaptations transculturelles, d’études de standardisation méthodologique et de développements de versions abrégées (telles que le PGWB-S) conduits par plusieurs collectifs de chercheurs internationaux :
- Olivier Chassany, MD, PhD — Unité de Recherche Thérapeutique, Hôpital Lariboisière, AP-HP, Université Paris Diderot, Paris, France ; Institut Mapi, Lyon, France.
- Enzo Grossi, MD — Istituto di Ricerche Farmacologiche « Mario Negri », Milan, Italie ; Fondazione Villa Santa Maria, Tavernerio, Italie.
- Paola Mosconi, BiolD — Laboratorio di Ricerca sul Coinvolgimento dei Cittadini in Sanità, Dipartimento di Salute Pubblica, Istituto di Ricerche Farmacologiche « Mario Negri », Milan, Italie.
- Sonja M. Hunt, PhD et Stephen McKenna, PhD — Galen Research, Manchester, Royaume-Uni.
- Elof Dimenäs, PhD — Hässle Gastrointestinal Research Laboratories, AstraZeneca, Mölndal, Suède.
4. Objectif / Purpose
Le Psychological General Well-Being Index (PGWBI) a été conceptualisé dans l’optique de combler une lacune fondamentale dans l’évaluation psychologique des populations : la tendance quasi exclusive des instruments traditionnels à ne dépister que les manifestations pathologiques ou la détresse symptomatique. L’objectif cardinal du PGWBI est de fournir une évaluation bidirectionnelle et globale de l’état psychologique subjectif d’un individu au cours des quatre dernières semaines, englobant simultanément les affects négatifs (souffrance, nervosité, désespoir) et les états affectifs positifs (énergie, gaieté, plénitude, stabilité émotionnelle).
Sur le plan des applications cliniques, le PGWBI est largement utilisé comme mesure de résultat rapportée par le patient (Patient-Reported Outcome, PRO). Il sert à déterminer l’impact des affections somatiques chroniques (telles que l’hypertension artérielle, le reflux gastro-œsophagien, le syndrome de l’intestin irritable, le diabète ou les maladies cardiovasculaires) sur l’équilibre psychique de l’individu. Contrairement aux échelles purement psychiatriques comme le BDI (Inventaire de dépression de Beck) ou la HAM-A (Échelle d’anxiété de Hamilton), le PGWBI évite l’écueil de la stigmatisation nosologique en formulant des questions relatives au fonctionnement existentiel quotidien.
Dans le domaine de la recherche clinique et épidémiologique, l’échelle constitue un standard pour mesurer l’efficacité thérapeutique et la tolérance des interventions pharmacologiques ou non pharmacologiques. Elle permet d’identifier si les effets indésirables d’un traitement altèrent le sentiment subjectif de vitalité ou si, à l’inverse, l’atténuation des symptômes somatiques favorise une restauration de l’harmonie émotionnelle. Sa justification théorique réside dans la définition holistique de la santé formulée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui l’établit non pas seulement comme l’absence de maladie ou d’infirmité, mais comme un état de complet bien-être physique, mental et social.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par le PGWBI est le bien-être psychologique perçu, envisagé comme une entité multidimensionnelle intégrant six axes affectifs, cognitifs et psychosomatiques interdépendants :
1. Anxiété (Anxiety) — 5 items
Cette dimension quantifie le degré de nervosité, de tension psychologique et d’appréhension ressentie au cours du mois écoulé. Elle évalue l’impact de la tension interne sur la capacité à vaquer à ses occupations (item 5), la présence d’une nervosité diffuse (item 8), les craintes et inquiétudes disproportionnées (item 17), l’incapacité à se détendre (item 19) ainsi que la perception d’être soumis à un stress ou une pression intolérable (item 22). Des scores faibles sur cet axe indiquent un état d’hyperarousal et une détresse anxieuse prononcée.
2. Humeur dépressive (Depressed Mood) — 3 items
Cet axe explore la sévérité du désespoir, de la tristesse profonde et du pessimisme existentiel. L’item 3 sonde la présence d’affects dépressifs sévères allant jusqu’aux idéations suicidaires, l’item 7 capture la sensation d’être abattu, mélancolique ou morose (downhearted and blue), tandis que l’item 11 explore le sentiment d’inutilité et la perte de motivation globale. Cette sous-échelle discrimine avec une haute acuité les épisodes affectifs caractérisés au sein d’une cohorte clinique.
3. Sentiment de bien-être positif (Positive Well-Being) — 4 items
Contrairement aux modèles de santé mentale négative, le PGWBI mesure directement l’hédonisme et l’afflux d’affects positifs. L’item 1 interroge l’état d’esprit général, l’item 9 quantifie la satisfaction à l’égard de la vie personnelle, l’item 15 évalue l’intérêt accordé aux activités du quotidien, et l’item 20 sonde la fréquence d’une humeur enjouée et légère. Cette dimension est essentielle pour apprécier la floraison psychologique (flourishing).
4. Maîtrise de soi (Self-Control) — 3 items
La maîtrise de soi renvoie au sentiment d’auto-efficacité, de régulation émotionnelle et d’intégrité cognitive. L’item 4 examine le contrôle exercé sur ses comportements, pensées et sentiments ; l’item 14 dépiste l’angoisse de perdre la raison ou de subir une désorganisation mnésique ou comportementale ; l’item 18 mesure la stabilité affective et l’assurance en soi. Un effondrement de cette dimension traduit un sentiment de désorganisation psychique ou d’aliénation cognitive.
5. Santé générale (General Health) — 3 items
Cette sous-échelle relie la perception corporelle à l’état mental. L’item 2 quantifie la gêne causée par les maladies ou douleurs physiques, l’item 10 évalue si l’état physique perçu permet de réaliser les tâches souhaitées ou nécessaires, et l’item 13 mesure l’hypocondrie ou l’anxiété focalisée sur la santé somatique. Elle capte l’interface psychosomatique déterminant la qualité de vie subjective.
6. Vitalité (Vitality) — 4 items
La vitalité reflète l’énergie psychique disponible, la vigueur et l’absence de fatigue résiduelle. Elle est mesurée par la présence de dynamisme et d’entrain (item 6), la qualité du réveil matinal avec un sentiment réparateur (item 12), l’évaluation globale d’un fonctionnement actif opposé à la torpeur (item 16), et l’épuisement physique et psychologique subjectif (item 21).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du PGWBI s’ancre dans les théories du bien-être subjectif et dans le modèle biopsychosocial développé par George Engel à la fin des années 1970. Dupuy a rejeté la conception réductionniste d’un continuum linéaire allant simplement de la maladie mentale à l’absence de maladie mentale. Il a postulé que l’expérience humaine du bien-être intègre deux composantes orthogonales et complémentaires : l’évitement de la détresse (distress) et la recherche du bien-être positif (positive well-being ou eustress).
Ce positionnement fait écho aux travaux pionniers de Norman Bradburn (1969) sur la structure des affects psychologiques (The Structure of Psychological Well-Being), qui ont démontré que les affects positifs et les affects négatifs ne sont pas de simples inverses conceptuels, mais des dimensions fonctionnant avec des prédicteurs psychologiques et environnementaux distincts. En concevant des items qui explorent le dynamisme, le sentiment d’entrain et l’harmonie intérieure, Dupuy a anticipé les paradigmes de la psychologie positive formalisés ultérieurement par Martin Seligman et Ed Diener.
Sur le plan psychométrique, le cadre théorique du PGWBI repose sur la théorie classique des tests (TCT). L’instrument conçoit le bien-être subjectif global comme un facteur d’ordre supérieur (facteur général de bien-être, ou g-factor affectif) qui sous-tend et module les manifestations spécifiques de l’humeur, du tonus somatique et de l’efficience cognitive. La formulation temporelle des items est standardisée (« au cours du mois écoulé »), ce qui permet de neutraliser les fluctuations émotionnelles instantanées et réactives (état / state transitoire) tout en restant sensible aux modifications induites par les événements de vie ou les protocoles thérapeutiques longitudinaux.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique du PGWBI a été rigoureusement confirmée par de nombreuses études internationales sur des échantillons cliniques et normatifs :
- Validité convergente : Le score global du PGWBI présente des corrélations négatives très fortes avec les échelles de dépression et d’anxiété validées, notamment l’Inventaire de dépression de Beck (BDI, $r = -0,75$ à $-0,83$) et la sous-échelle d’anxiété du SCL-90 ($r = -0,78$). De même, des corrélations positives élevées ($r > 0,70$) sont constamment rapportées avec la dimension de santé mentale (MCS) du questionnaire SF-36 et avec l’indice de bien-être WHO-5 de l’OMS.
- Validité discriminante : Le PGWBI différencie significativement les populations saines des populations souffrant de troubles psychiatriques avérés (dépression majeure, trouble panique) ou de maladies chroniques invalidantes (fibromyalgie, maladie de Crohn). Les scores moyens des sous-échelles Anxiété et Dépression chez les témoins sains sont typiquement situés au-delà de 80 % de la valeur théorique maximale, alors qu’ils chutent drastiquement chez les patients en phase active de décompensation affective ($p < 0,001$).
- Validité de construit et prédictive : Dans les essais cliniques randomisés contrôlés portant sur des thérapeutiques antihypertensives ou anti-ulcéreuses, le PGWBI a démontré une remarquable sensibilité au changement (taille d’effet de Cohen $d$ comprise entre 0,45 et 0,70 suite à une rémission clinique), corroborant la capacité de l’outil à refléter l’amélioration du pronostic global perçu par le malade.
8. Fidélité / Reliability
Le PGWBI démontre d’excellentes qualités de fidélité et de précision métrologique :
- Consistance interne : L’analyse de cohérence interne menée au moyen du coefficient alpha de Cronbach fournit pour le score global des valeurs comprises entre 0,90 et 0,94 dans la cohorte d’origine de Dupuy ainsi que dans les adaptations européennes (Grossi et al., 2002 ; Chassany et al., 2004). Pour les six sous-échelles, les valeurs oscillent généralement entre : Anxiété ($lpha = 0,81 – 0,86$), Humeur dépressive ($lpha = 0,75 – 0,85$), Sentiment de bien-être positif ($lpha = 0,74 – 0,82$), Maîtrise de soi ($lpha = 0,70 – 0,78$), Santé générale ($lpha = 0,70 – 0,77$) et Vitalité ($lpha = 0,80 – 0,88$).
- Fidélité test-retest : Chez des patients cliniquement stables réévalués à un intervalle de 2 à 4 semaines, les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) dépassent systématiquement 0,80 pour le score global, atteignant des valeurs de 0,85 à 0,91, attestant d’une robustesse temporelle remarquable en l’absence de modification de l’état de santé du participant.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les études initiales de Dupuy au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) avec rotation varimax avaient mis en évidence six facteurs cohérents rendant compte de plus de 60 % de la variance totale des scores, correspondant aux six sous-domaines théoriques identifiés.
Des travaux ultérieurs fondés sur l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) et la modélisation en équations structurelles (SEM) ont éprouvé plusieurs modèles concurrents : un modèle à un facteur général unique, un modèle à six facteurs orthogonaux, et un modèle hiérarchique de second ordre où les six facteurs de premier ordre saturent sur un méta-facteur général de « bien-être psychologique global ». Le modèle hiérarchique de second ordre a présenté les meilleurs indices d’ajustement :
- Indice de comparabilité de Bentler (CFI) : $> 0,93$
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : $> 0,92$
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : $le 0,058$ [IC à 90 % : 0,052 – 0,064]
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : $le 0,049$
Chaque item présente une saturation factorielle standardisée robuste sur sa dimension respective (valeurs généralement comprises entre 0,62 et 0,87), confirmant l’homogénéité des facettes et la pertinence de l’agrégation en un score total composite.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique (Patient-Reported Outcome – PRO).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée / numérique standardisée.
- Nombre d’items : 22 items auto-administrés.
- Période de référence : Le mois écoulé (« during the past month »).
- Échelle de réponse : Échelle ordinale en 6 points graduée de 0 à 5, avec des ancrages sémantiques contextuels spécifiques à chaque item.
- Calcul des scores :
- Inversion préalable des scores pour 9 items : items 1, 4, 6, 7, 9, 10, 14, 16 et 21 (formule d’inversion : $0=5$, $1=4$, $2=3$, $3=2$, $4=1$ et $5=0$).
- Pour chaque sous-échelle, les scores des items constitutifs sont sommés.
- Le score total PGWBI correspond à la somme des 22 items recotés, s’étendant de 0 à 110 points.
- Interprétation clinique des scores :
- 0 à 60 points : Détresse psychologique sévère (Severe distress).
- 61 à 72 points : Détresse psychologique modérée (Moderate distress).
- 73 à 110 points : Bien-être psychologique positif (Positive well-being).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement : Conçu et développé initialement entre 1970 et 1977 par Harold J. Dupuy ; publié officiellement dans la littérature scientifique en 1984.
- Statut des droits et licences : Les versions publiées dans le domaine public gouvernemental américain (NCHS) sont librement consultables. Cependant, les versions standardisées traduites et validées internationalement font l’objet d’une gestion et d’une distribution coordonnées par la Fondation Mapi Research Trust / ePROVIDE.
- Conditions d’accès et tarifs : L’accès est gratuit pour une utilisation académique non subventionnée, pour les praticiens en milieu clinique individuel et pour la recherche doctorale après enregistrement d’une demande auprès de Mapi Research Trust. Pour les essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique ou les contrats de recherche commerciaux, des redevances d’utilisation et des frais de gestion de licence s’appliquent.
12. Références / References
Dupuy, H. J. (1984). The Psychological General Well-Being (PGWB) Index. In N. K. Wenger, M. E. Mattson, C. D. Furberg, & J. Elinson (Eds.), Assessment of Quality of Life in Clinical Trials of Cardiovascular Therapies (Chap. 9, pp. 170–183). Le Jacq Publishing.
Chassany, O., Dimenäs, E., Dubois, D., & Wu, A. (2004). The Psychological General Well-Being Index (PGWBI): User Manual. Mapi Research Institute. https://eprovide.mapi-trust.org/instruments/psychological-general-well-being-index
Grossi, E., Compare, A. (2006). Psychological General Well-Being Index (PGWB). Health and Quality of Life Outcomes, 4, 88. https://doi.org/10.1186/1477-7525-4-88
Grossi, E., Groth, N., Mosconi, P., Cerutti, R., Pace, F., Compare, A., & Apolone, G. (2006). Development and validation of the short version of the Psychological General Well-Being Index (PGWB-S). Health and Quality of Life Outcomes, 4, 88. https://doi.org/10.1186/1477-7525-4-88
Grossi, E., Mosconi, P., Groth, N., Niero, M., & Apolone, G. (2002). Questionario Psychological General Well-Being Index: Versione Italiana. Istituto di Ricerche Farmacologiche « Mario Negri ».
Hunt, S. M., & McKenna, S. (1992). A British adaptation of the General Wellbeing Index: A new tool for clinical research. British Journal of Medical Economics, 2, 49–60.
Lundgren-Nilsson, Å., Jonsdottir, I. H., Ahlborg, G., & Tennant, A. (2013). Construct validity of the Psychological General Well Being Index (PGWBI) in a sample of patients undergoing work rehabilitation: A Rasch analysis. Health and Quality of Life Outcomes, 11, 2. https://doi.org/10.1186/1477-7525-11-2