Indice algofonctionnel du genou

L’Indice algofonctionnel du genou (Lequesne Index of Severity for Osteoarthritis of the Knee – LISOK) est une échelle clinique mesurant la douleur et les limitations fonctionnelles dans la gonarthrose à travers 11 items spécialisés.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Indice algofonctionnel du genou (connu internationalement sous le nom de Lequesne Index of Severity for Osteoarthritis of the Knee [LISOK] ou Algofunctionele Index knie [AFI-knie]) est un instrument d’évaluation psychométrique et clinique de référence conçu initialement par le rhumatologue français Michel Lequesne en 1987. Cet outil a été développé pour quantifier la sévérité symptomatique et le retentissement fonctionnel de la gonarthrose (arthrose du genou). Il constitue un critère de jugement majeur, validé et préconisé par des instances internationales telles que la Société Internationale de Recherche sur l’Arthrose (OARSI) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), notamment au sein des essais cliniques portant sur les traitements symptomatiques à action lente (SYSADOA) ou les interventions chirurgicales de remplacement prothétique.

L’échelle se compose de 11 items structurés autour de trois composantes fondamentales : la douleur ou l’inconfort (5 items), la distance maximale de marche (2 items incluant l’évaluation des aides techniques à la déambulation) et les activités de la vie quotidienne (4 items axés sur les contraintes biomécaniques spécifiques au membre inférieur, telles que monter ou descendre les escaliers, s’accroupir ou marcher sur un sol irrégulier). Le format de cotation repose sur un système pondéré spécifique à chaque item (scores allant de 0 à 1, de 0 à 2, ou de 0 à 6 points), générant un score composite variant de 0 (absence totale de handicap) à 24 points (handicap extrêmement sévère) dans sa version classique, ou jusqu’à 28 points dans certaines déclinaisons modifiées.

Sur le plan métrologique, l’instrument démontre une excellente consistance interne (coefficient alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,80 et 0,91 selon les cohortes cliniques), une fidélité test-retest substantielle (coefficients de corrélation intraclasse souvent supérieurs à 0,85) et une remarquable sensibilité au changement (tailles d’effet modérées à élevées après prise en charge pharmacologique ou chirurgicale). Sa validité convergente a été confirmée par de fortes corrélations avec l’indice WOMAC (Western Ontario and McMaster Universities Osteoarthritis Index) et les échelles visuelles analogiques (EVA) de la douleur, faisant de cet indice un standard incontournable de la recherche translationnelle et de la pratique rhumatologique courante.

2. Mots-clés / Keywords

Indice algofonctionnel du genou, Indice de Lequesne, gonarthrose, évaluation fonctionnelle, douleur articulaire, incapacité motrice, psychométrie clinique, rhumatologie, OARSI, qualité de vie liée à la santé, membre inférieur, mobilité articulaire.

3. Auteurs / Authors

L’architecture princeps de l’indice algofonctionnel a été élaborée et formalisée par :

  • Dr Michel G. Lequesne : Rhumatologue émérite, Service de Rhumatologie, Hôpital Léopold-Bellan, Paris, France. Promoteur des indices algofonctionnels pour la hanche et le genou au sein des comités d’experts européens.

L’adaptation transculturelle et la validation néerlandaise (« Algofunctionele Index knie ») ont été dirigées par :

  • Dr Wilfred F. H. Peter : Département de Rhumatologie, Leiden University Medical Center (LUMC), Leyde, Pays-Bas; Institut de Recherche Translationnelle en Réadaptation. Coordonnées de correspondance : [email protected].
  • Dr Thea P. M. Vliet Vlieland : Professeure de Réadaptation Médicale et d’Épidémiologie des Maladies Chroniques, Département d’Orthopédie et de Rhumatologie, Leiden University Medical Center (LUMC), Leyde, Pays-Bas.
  • Collaborateurs du réseau de recherche néerlandais sur l’arthrose : Centres universitaires et hospitaliers spécialisés dans l’appareil locomoteur aux Pays-Bas.

4. Objectif / Purpose

L’Indice algofonctionnel du genou a été développé pour pallier les insuffisances notoires des méthodes d’évaluation purement radiologiques ou biomécaniques de l’arthrose. Dans les pathologies dégénératives de l’appareil locomoteur, il est universellement documenté qu’il existe une discordance clinico-radiologique significative : des dégradations structurales massives observées sur les clichés radiographiques (pincement de l’interligne articulaire, ostéophytose, condensation sous-chondrale selon la classification de Kellgren et Lawrence) ne sont pas systématiquement corrélées à une souffrance proportionnelle, tandis que des douleurs invalidantes peuvent survenir en présence d’altérations morphologiques mineures. Dès lors, l’objectif fondamental de l’indice de Lequesne est de capturer l’expérience subjective du patient à travers l’interaction dynamique entre la sensation douloureuse perçue et ses répercussions pragmatiques sur les capacités fonctionnelles motrices.

Dans le domaine de la recherche translationnelle et des essais cliniques randomisés, l’instrument sert de critère de jugement principal (primary endpoint) ou secondaire pour évaluer l’efficacité thérapeutique des interventions pharmacologiques — notamment les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les antalgiques centraux, les injections intra-articulaires d’acide hyaluronique (viscosupplémentation) ou de corticostéroïdes — et des approches non pharmacologiques telles que la kinésithérapie, la perte pondérale ou la prescription d’orthèses. Sa standardisation internationale offre un cadre d’harmonisation précieux pour la comparaison méta-analytique des données d’essais thérapeutiques multicentriques.

En pratique clinique quotidienne, l’indice constitue un support d’aide à la décision thérapeutique. Grâce à des seuils d’interprétation cliniquement établis (degrés de handicap léger, modéré, sévère, très sévère ou extrêmement sévère), il aide le rhumatologue, le médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) ou le chirurgien orthopédiste à juger du moment opportun pour proposer une rupture thérapeutique, en particulier le recours à une arthroplastie totale de genou. De surcroît, sa brièveté de passation permet un suivi longitudinal rigoureux de la progression de la maladie et de la trajectoire de récupération fonctionnelle post-opératoire.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique et fonctionnel sous-jacent à l’Indice algofonctionnel du genou s’inscrit au carrefour de la neurophysiologie de la douleur, de la théorie de la charge biomécanique et de la psychologie de l’incapacité perçue. L’instrument appréhende l’arthrose non comme un simple dommage cartilagineux focal, mais comme un syndrome multidimensionnel affectant le comportement global de l’individu dans son environnement. Le construit opérationnalise la notion d’« handicap algofonctionnel », une synthèse indissociable où la douleur inhibe le mouvement et où la demande fonctionnelle exacerbe l’expérience algique.

L’instrument repose sur trois dimensions constitutives étroitement corrélées :

1. Douleur ou inconfort articulaire (Pain or discomfort)

Cette dimension opérationnalise la douleur liée à l’arthrose selon divers contextes physiologiques et biomécaniques :

  • Douleur nocturne et de repos : Mesure l’inflammation sous-chondrale ou la composante synoviale indépendamment de la contrainte mécanique active. Une douleur au simple repos signale une poussée congestive ou une irritation nociceptive aiguë.
  • Dérouillage matinal : Évalue la durée de la raideur articulaire au lever, marqueur clinique différenciant les processus mécaniques des poussées inflammatoires articulaires.
  • Douleur à la charge statique : Capture l’inconfort survenant après une station debout prolongée (30 minutes), mesurant la résistance des structures d’appui du genou à la compression uniaxiale continue.
  • Douleur dynamique à la marche : Analyse l’apparition de la plainte algique au cours de la déambulation, distinguant l’absence de douleur, la douleur retardée après une certaine distance, ou la douleur immédiate s’amplifiant au fil des pas.
  • Douleur à l’effort de contrainte : Mesure l’inconfort ressenti lors du passage de la position assise à la position debout sans l’aide des membres supérieurs, sollicitant de manière critique le mécanisme extenseur fémoro-patellaire et fémoro-tibial.

2. Périmètre maximal de marche (Maximum walking distance)

Cette composante quantifie l’autonomie spatiale et temporelle brute du patient, indépendamment des variations qualitatives de la douleur. L’incapacité locomotrice est stratifiée depuis une déambulation illimitée jusqu’à une réduction sévère du périmètre à moins de 100 mètres. Pour éviter les biais d’estimation, l’évaluation intègre également une pénalité objective si le patient requiert des aides techniques (une ou deux cannes anglaises ou béquilles), car l’utilisation d’un appui externe reflète un comportement compensatoire direct face à l’instabilité articulaire ou à l’intolérance mécanique.

3. Activités de la vie quotidienne (Activities of daily living)

Cette troisième sous-échelle cible des situations écologiques réelles imposant une amplitude articulaire complète et une mise en charge asymétrique du compartiment fémoro-tibial :

  • Montée des escaliers : Exige une force concentrique substantielle du quadriceps et une flexion contrôlée sous charge.
  • Descente des escaliers : Sollicite une contraction excentrique hautement stabilisatrice, souvent beaucoup plus douloureuse en présence d’arthrose fémoro-patellaire.
  • Accroupissement ou génuflexion : Requiert une flexion fémorale maximale associée à d’importantes forces de cisaillement articulaire.
  • Marche sur terrain accidenté : Teste la proprioception, la stabilité ligamentaire réactive et la tolérance aux micro-torsions du genou.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique structurant l’indice de Lequesne s’enracine originellement dans la vision biomédicale et rhumatologique des années 1980, mais trouve ses prolongements contemporains les plus solides dans la Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de la Santé (CIF) établie par l’Organisation Mondiale de la Santé. Selon le modèle biopsychosocial de la CIF, les conséquences d’un trouble ostéoarticulaire doivent être conceptualisées à trois niveaux distincts mais intriqués : les altérations des fonctions organiques et des structures anatomiques (déficiences), les limitations d’activité (au niveau individuel), et les restrictions de participation (au niveau sociétal).

L’indice de Lequesne traduit cette architecture en associant des mesures directes de déficiences corporelles (sensorimotrices : douleur et raideur) à des limitations directes d’activité (mobilité fonctionnelle, déplacement dans l’espace physique, gestes moteurs complexes de la vie quotidienne). L’instrument s’appuie également sur la théorie cognitivo-comportementale de l’évitement face à la douleur (Fear-Avoidance Model développé par Vlaeyen et Linton). Selon ce modèle, l’expérience répétée d’une douleur aiguë lors du chargement articulaire suscite une kinésiophobie adaptative ou inadaptée : l’individu anticipe l’aggravation lésionnelle et restreint volontairement son périmètre de marche ainsi que ses mouvements amples (comme s’accroupir ou gravir des marches). L’indice capture fidèlement ce mécanisme d’auto-limitation fonctionnelle induit par la composante algique.

Par ailleurs, la modélisation psychométrique de Lequesne postule une relation cumulative non linéaire : la sévérité d’un état arthrosique ne résulte pas d’une addition indépendante de symptômes, mais de la synergie pénalisante entre un seuil douloureux abaissé et l’effondrement des réserves motrices fonctionnelles. En intégrant des pondérations asymétriques pour les paliers de marche critique (moins de 100 mètres) ou le recours à un appareillage de décharge, l’indice adopte une perspective clinique orientée vers la perte d’autonomie fonctionnelle.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de validité de l’indice algofonctionnel du genou ont été rigoureusement démontrées au cours de nombreuses validations nationales et transculturelles à travers le monde (notamment en versions française, anglaise, néerlandaise, allemande, espagnole et chinoise).

Validité de contenu et d’apparence (Face and Content Validity)

Lors de son élaboration initiale, le choix des items a été conduit par un groupe d’experts rhumatologues et chirurgiens orthopédistes, puis confronté directement aux déclarations de patients atteints de gonarthrose symptomatique. La représentativité des activités sélectionnées (escaliers, accroupissement, marche en dévers) reflète exhaustivement les situations cinématiques les plus fréquemment altérées lors d’une dégénérescence cartilagineuse du genou, conférant à l’instrument une validité d’apparence immédiate tant pour le clinicien que pour le patient.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente de l’indice LISOK/AFI-knie a été confirmée de manière systématique par sa corrélation avec d’autres échelles validées évaluant l’arthrose :

  • Corrélations avec le WOMAC : Des études de comparaison métrologique (notamment Bellamy et al., ainsi que Faucher et al.) révèlent une corrélation forte et significative entre le score total de Lequesne et le score global du WOMAC, avec des coefficients de Spearman ($r_s$) variant généralement de 0,72 à 0,86 ($p < 0{,}001$). Les sous-échelles de douleur et de fonction physique de l’indice de Lequesne corrèlent de façon hautement préférentielle a\vec les domaines homologues du WOMAC ($r = 0{,}75$ à $0{,}82$).
  • Corrélations avec l’Échelle Visuelle Analogique (EVA) : L’item de douleur globale ainsi que la dimension algique de l’indice présentent des corrélations modérées à fortes ($r = 0{,}60$ à $0{,}78$) avec l’EVA douleur de 100 mm à la marche.
  • Validité discriminante : L’indice montre des corrélations faibles à négligeables ($r < 0{,}30$) avec des construits psychologiques non locomoteurs (comme les dimensions d'anxiété générale de l'échelle HAD ou les domaines de santé mentale du SF-36), attestant de sa spécificité pour le statut fonctionnel lié à la pathologie périphérique du genou.

Validité prédictive et sensibilité au changement (Responsiveness)

L’indice s’avère particulièrement sensible pour détecter les variations cliniques consécutives à des interventions ciblées. Dans les cohortes de patients bénéficiant d’une arthroplastie totale de genou, l’indice met en évidence une taille d’effet standardisée (Standardized Response Mean [SRM]) remarquable, souvent supérieure à 1,20 six mois après la chirurgie. Dans les essais cliniques pharmacologiques évaluant les antalgiques ou les injections de viscosuppléments, l’instrument présente une taille d’effet modérée (généralement comprise entre 0,45 et 0,65), permettant de discriminer de manière fiable les groupes sous traitement actif des groupes sous placebo.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Indice algofonctionnel du genou a fait l’objet d’évaluations approfondies évaluant la cohérence interne des items ainsi que la reproductibilité temporelle des mesures dans des contextes cliniques stables.

Cohérence interne (Internal Consistency)

Les investigations psychométriques révèlent une homogénéité satisfaisante de l’ensemble des items composant l’échelle. Dans la version d’adaptation néerlandaise menée par Peter et al. (2010), ainsi que dans les cohortes françaises et européennes de référence, le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle totale s’établit de façon robuste entre 0,80 et 0,91. L’analyse des sous-échelles montre des coefficients spécifiques très acceptables :

  • Sous-échelle « Douleur ou inconfort » : $\alpha = 0{,}72$ à $0{,}81$
  • Sous-échelle « Activités de la vie quotidienne » : $\alpha = 0{,}79$ à $0{,}88$

L’exclusion séquentielle d’items individuels ne produit aucune élévation substantielle du coefficient alpha global, indiquant que chaque énoncé contribue de façon équilibrée et pertinente au construit global sans redondance excessive.

Fidélité test-retest et reproductibilité inter-évaluateurs

La stabilité temporelle a été mesurée auprès de patients atteints de gonarthrose stabilisée sans modification thérapeutique sur des intervalles de 24 heures à 14 jours :

  • Coefficient de Corrélation Intraclasse (CCI) : Le CCI test-retest pour le score total oscille entre 0,82 et 0,94 selon les cohortes, ce qui traduit une reproductibilité excellente.
  • Fidélité inter-évaluateurs : Lorsque l’indice est administré sous forme d’hétéro-questionnaire par différents cliniciens ou soignants, le coefficient de concordance demeure élevé ($CCI > 0{,}85$).
  • Erreur standard de mesure (SEM) et Changement Minimal Décelable (MDC) : Le SEM calculé pour le score total sur 24 points se situe autour de 1,1 à 1,5 point. Le Changement Minimal Décelable (au seuil de confiance de 95 %) est estimé entre 2,5 et 3,5 points, ce qui signifie qu’une variation d’au moins 3 points au score total peut être considérée avec certitude comme un changement clinique réel et non comme une simple fluctuation due à l’erreur de mesure aléatoire.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien que l’indice de Lequesne ait été conçu selon une approche clinique a priori groupant 11 items en trois domaines intuitifs, les études psychométriques modernes d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont permis d’éclairer sa structure latente interne.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Les analyses factorielles exploratoires réalisées sur diverses cohortes de patients gonarthrosiques soutiennent généralement l’émergence d’une solution à deux ou trois facteurs, dépendant de l’intégration unitaire ou dissociée de la distance de marche :

  • Facteur 1 : Limitation des activités motrices dynamiques / Capacités physiques (regroupant les items 6, 8, 9, 10 et 11). Ce facteur capture l’incapacité locomotrice liée à la contrainte mécanique forte (escaliers, sol accidenté, accroupissement et distance de marche). Les saturations factorielles de ces items dépassent régulièrement 0,65 (atteignant jusqu’à 0,82 pour l’escalier).
  • Facteur 2 : Douleur liée aux contraintes statiques et posturales (items 3, 4 et 5). Ce facteur isole la provocation douloureuse induite par le maintien prolongé d’une posture debout ou la transition assis-debout (saturations comprises entre 0,55 et 0,78).
  • Facteur 3 : Symptômes douloureux de repos et d’inactivité (items 1 et 2). Ce facteur distinct regroupe les manifestations algiques nocturnes et la durée de l’enraidissement matinal, illustrant les poussées inflammatoires ou la congestion capsulo-synoviale (saturations entre 0,58 et 0,74).

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Lors de l’application de modèles d’équations structurelles, le modèle hiérarchique trifactoriel de second ordre — où un facteur général de sévérité algofonctionnelle sous-tend les trois domaines spécifiques — présente des indices d’adéquation statistiques satisfaisants :

  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,93
  • Indice d’ajustement comparatif (CFI) > 0,95
  • Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) < 0,06 (intervalle à 90 % : [0,04 ; 0,08])

Ces données confirment que si les dimensions de douleur, de distance de marche et de gestes de la vie quotidienne mesurent des composantes spécifiques distinctes, leur sommation dans un score composite unifié de 0 à 24 points est mathématiquement et conceptuellement fondée pour caractériser la sévérité globale de l’affection articulaire.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les spécifications structurelles et administratives de l’instrument s’établissent comme suit :

  • Type de test : Indice d’évaluation clinique standardisé de l’incapacité fonctionnelle et de la sévérité algique (PRO – Patient-Reported Outcome ou hétéro-questionnaire administré par un soignant).
  • Format d’administration : Questionnaire papier-crayon, entretien clinique direct ou interface numérique assistée.
  • Nombre d’items : 11 items organisés en trois sections fonctionnelles.
  • Échelle de réponse : Cotation spécifique par item (scoring allant de 0 à 1, de 0 à 2, ou de 0 à 6 points par item) selon des modalités adaptées à la nature de la question.
  • Procédure de cotation et calcul des scores :
    • Section I (Douleur ou inconfort – 5 items) : Score sous-total de 0 à 8 points.
    • Section II (Périmètre maximal de marche – 2 items) : Score sous-total de 0 à 6 points pour la distance maximale, additionné de 1 ou 2 points supplémentaires si des cannes ou béquilles sont requises.
    • Section III (Activités de la vie quotidienne – 4 items) : Score sous-total de 0 à 8 points (chaque item étant noté 0 ; 0,5 ; 1 ; 1,5 ou 2 points).
    • Score total composite : Somme arithmétique globale variant de 0 à 24 points.
  • Interprétation clinique de la sévérité du handicap :
    • 0 point : Aucun handicap fonctionnel.
    • 1 à 4 points : Handicap léger.
    • 5 à 7 points : Handicap modéré.
    • 8 à 10 points : Handicap sévère.
    • 11 à 13 points : Handicap très sévère.
    • ≥ 14 points : Handicap extrêmement sévère (seuil usuel justifiant la discussion d’une indication chirurgicale prothétique).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Année de publication initiale : 1987 (publication princeps par le Dr Michel Lequesne dans le Scandinavian Journal of Rheumatology). L’adaptation transculturelle néerlandaise validée a été publiée en 2010 par l’équipe de Wilfred F. H. Peter et collaborateurs.

Conditions d’accès et droits d’auteur : L’Indice algofonctionnel du genou est largement considéré dans le domaine public académique à des fins de recherche scientifique non commerciale et de pratique clinique hospitalière ou libérale. Le questionnaire peut être administré librement par les professionnels de santé. Toutefois, pour une intégration dans des essais cliniques industriels sponsorisés par l’industrie pharmaceutique ou dans des dispositifs d’e-santé commerciaux propriétaires, il est d’usage de citer scrupuleusement les publications de référence et de vérifier l’absence d’exigences spécifiques de contractualisation auprès des ayants droit ou des éditeurs détenteurs des droits de reproduction des articles princeps.

Tarifs : L’utilisation standard en recherche académique et en routine clinique ambulatoire est entièrement gratuite (aucun coût de licence ni redevance par patient).

12. Références / References

L’ensemble des publications académiques majeures soutenant la validation métrologique de l’indice est répertorié ci-dessous :

  • Bellamy, N., Buchanan, W. W., Goldsmith, C. H., Campbell, J., & Stitt, L. W. (1988). Validation study of WOMAC: A health status instrument for measuring clinically important patient relevant outcomes to antirheumatic drug therapy in patients with osteoarthritis of the hip or knee. The Journal of Rheumatology, 15(12), 1833–1840. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/3068365/
  • Faucher, M., Poiraudeau, S., Lefevre-Colau, M. M., Rannou, F., Fermanian, J., & Revel, M. (2002). Assessment of the test-retest reliability and construct validity of a modified Lequesne index in knee and hip osteoarthritis. Joint Bone Spine, 69(4), 379–387. https://doi.org/10.1016/s1297-319x(02)00411-2
  • Lequesne, M. G. (1997). The algofunctional indices for hip and knee osteoarthritis. The Journal of Rheumatology, 24(4), 779–781. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9101517/
  • Lequesne, M. G., Mery, C., Samson, M., & Gerard, P. (1987). Indexes of severity for osteoarthritis of the hip and knee: Validation–value in comparison with other assessment tests. Scandinavian Journal of Rheumatology. Supplement, 65, 85–89. https://doi.org/10.3109/03009748709102182
  • Peter, W. F. H., Loohuis, M. K., Hurkmans, E., Verdegaal, S. H. M., Vliet Vlieland, T. P. M., & van der Esch, M. (2010). Algofunctionele Index knie: Handleiding en meetinstrument [Algofunctional Index knee: Manual and measurement instrument]. Nederlands Tijdschrift voor Fysiotherapie, 120(5), 185–191.
  • Pham, T., van der Heijde, D., Altman, R. D., Anderson, J. J., Bellamy, N., Hochberg, M., Simon, L., Strand, V., Woodworth, T., & Dougados, M. (2004). OMERACT-OARSI initiative: Osteoarthritis Research Society International set of responder criteria in osteoarthritis clinical trials revisited. Osteoarthritis and Cartilage, 12(5), 389–399. https://doi.org/10.1016/j.joca.2004.02.001

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Please answer the following questions regarding pain or discomfort, maximum walking distance, and activities of daily living related to your knee.
Response Scale: Item-specific scoring (0 to 1, 0 to 2, or 0 to 6 points per item)
Scoring / Reverse Items: Sum the scores of all sections (Pain/discomfort: 0-8 points; Maximum walking distance: 0-6 points, with additional points for walking aids; Daily activities: 0-8 points). Total score ranges from 0 (no handicap) to 24 (extremely severe handicap).
I.

Pain or discomfort:

1

Nocturnal (during bed rest): 0 = None; 1 = Only on movement or in certain positions; 2 = Without movement
2

Morning stiffness or regressive pain after rising: 0 = None or < 1 minute; 1 = 1 to 14 minutes; 2 = 15 minutes or more
3

After standing for 30 minutes: 0 = No; 1 = Yes
4

While walking: 0 = None; 1 = Only after walking some distance; 2 = After initial steps and increasingly with continued walking
5

When getting up from sitting without help of arms: 0 = No; 1 = Yes
6

II. Maximum walking distance:
6

Maximum distance walked (regardless of pain): 0 = Unlimited; 1 = > 1 km (about 0.6 mile) but limited; 2 = About 1 km (about 15 minutes); 3 = From 500 to 900 meters (about 8-15 minutes); 4 = From 300 to 500 meters; 5 = From 100 to 300 meters; 6 = < 100 meters
7

Walking aids required: 0 = None; 1 = One walking stick/crutch (+1 point); 2 = Two walking sticks/crutches (+2 points)
8

III. Activities of daily living:
8

Able to climb stairs: 0 = Easily; 0.5 = With mild difficulty; 1 = With moderate difficulty; 1.5 = With marked difficulty; 2 = Impossible
9

Able to descend stairs: 0 = Easily; 0.5 = With mild difficulty; 1 = With moderate difficulty; 1.5 = With marked difficulty; 2 = Impossible
10

Able to squat or bend/kneel down: 0 = Easily; 0.5 = With mild difficulty; 1 = With moderate difficulty; 1.5 = With marked difficulty; 2 = Impossible
11

Walking on uneven ground: 0 = Easily; 0.5 = With mild difficulty; 1 = With moderate difficulty; 1.5 = With marked difficulty; 2 = Impossible
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 24). Indice algofonctionnel du genou. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/indice-algofonctionnel-du-genou/
Looti, Mohammed. “Indice algofonctionnel du genou.” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/indice-algofonctionnel-du-genou/.
Looti, Mohammed. “Indice algofonctionnel du genou.” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/indice-algofonctionnel-du-genou/.