Indice d’acculturation pour les Américains d’origine mexicaine (AIMA)

L’Indice d’acculturation pour les Américains d’origine mexicaine (AIMA) est une échelle psychométrique multidimensionnelle en 9 items évaluant l’usage linguistique et l’auto-définition sociale chez les personnes d’origine mexicaine.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Indice d’acculturation pour les Américains d’origine mexicaine (en anglais, Acculturation Index for Mexican Americans ou AIMA), élaboré initialement par le chercheur Arch G. Mainous III en 1989, constitue un instrument psychométrique bref et multidimensionnel conçu pour évaluer le positionnement culturel, identitaire et linguistique des individus d’ascendance mexicaine résidant aux États-Unis. Construit en réponse aux limites inhérentes aux mesures unidimensionnelles traditionnelles qui réduisaient l’acculturation à une simple transition linguistique linéaire de l’espagnol vers l’anglais, l’AIMA intègre le concept de soi comme un indicateur psychologique central du processus d’adaptation socioculturelle. L’instrument comporte un total de 9 items répartis en trois dimensions théoriques et empiriques distinctes : l’usage linguistique (Language Use, items 1 à 3), l’auto-définition endogroupe / intégrée (Self-definition as an Insider, items 4 à 7) et l’auto-définition exogroupe / marginale (Self-definition as an Outsider, items 8 et 9).

Sur le plan métrologique, l’AIMA se distingue par son administration rapide et sa robustesse statistique au sein d’échantillons communautaires et cliniques. Le volet linguistique est quantifié par une échelle ordinale de type Likert en 5 points allant de « 1 = Anglais uniquement » à « 5 = Espagnol uniquement » (ou inversement selon le sens de cotation de l’assimilation), tandis que les dimensions identitaires évaluent l’adhésion subjective à des étiquettes psychosociales spécifiques définissant l’appartenance citoyenne et nationale versus la condition d’immigrant ou d’étranger. Les études psychométriques princeps et réplications subséquentes démontrent une consistance interne satisfaisante, notamment pour le facteur linguistique (α de Cronbach ≥ 0,83), ainsi qu’une validité factorielle confirmée par analyses factorielles exploratoires et confirmatoires. L’instrument permet d’appréhender de manière différentielle les profils d’acculturation et d’examiner leur impact sur les comportements de santé, l’accès aux soins préventifs, les disparités épidémiologiques et l’adaptation psychologique globale au sein de la population mexicano-américaine.

2. Mots-clés

Acculturation, Américains d’origine mexicaine, concept de soi, identité ethnique, usage linguistique, psychométrie, validité factorielle, appartenance sociale, disparités de santé, évaluation transculturelle.

3. Auteurs

L’échelle a été conçue et validée par le professeur Arch G. Mainous III, Ph.D., chercheur émérite et universitaire spécialisé dans la recherche sur les services de santé, les politiques sanitaires et les disparités ethno-raciales aux États-Unis. Au moment de la publication séminale de l’instrument en 1989 dans le Hispanic Journal of Behavioral Sciences, le Dr Mainous menait des recherches approfondies sur les corrélats psychosociaux et comportementaux de l’assimilation culturelle chez les populations hispaniques. Il a par la suite poursuivi une carrière académique de premier plan, notamment en tant que professeur au Département de recherche sur les services de santé, gestion et politiques sanitaires de l’Université de Floride (University of Florida), ainsi qu’au Département de médecine familiale de l’Université médicale de Caroline du Sud (Medical University of South Carolina).

L’instrument a été réexaminé, référencé et documenté de manière approfondie dans la littérature psychométrique subséquente, notamment par Larry E. Davis et Rafael J. Engel (2011) dans leur ouvrage encyclopédique de référence intitulé Measuring Race and Ethnicity publié aux éditions Springer, consolidant ainsi la place de l’AIMA parmi les outils reconnus de quantification des construits raciaux et ethniques en sciences sociales et comportementales.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Indice d’acculturation pour les Américains d’origine mexicaine (AIMA) est d’offrir une modalité de mesure rigoureuse, standardisée et théoriquement cohérente pour quantifier le degré et la forme d’acculturation chez les personnes d’origine mexicaine vivant aux États-Unis. Historiquement, une grande partie des instruments d’acculturation reposait presque exclusivement sur des proxys démographiques indirects (tels que le lieu de naissance, la génération d’immigration ou les années de résidence aux États-Unis) ou sur des mesures unidimensionnelles centrées uniquement sur l’acquisition de la langue anglaise. Mainous (1989) a développé l’AIMA afin de combler une lacune épistémologique majeure : l’omission du concept de soi et de la subjectivité psychosociale dans l’expérience de l’acculturation.

Dans les contextes de recherche en épidémiologie sociale, en psychologie transculturelle et en santé publique, l’AIMA vise à élucider les mécanismes sous-jacents au célèbre « paradoxe épidémiologique hispanique » (dans lequel des populations hispaniques moins acculturées présentent parfois de meilleurs profils de santé physique que leurs homologues hautement acculturés, en dépit d’un statut socio-économique plus défavorable). L’échelle permet de dissocier les effets purement linguistiques de la barrière de communication des effets identitaires liés au sentiment d’appartenance collective. Les chercheurs utilisent ainsi l’AIMA pour examiner comment l’auto-définition en tant que citoyen à part entière (« Insider ») ou au contraire en tant que sujet marginalisé ou étranger (« Outsider ») influe sur l’observance thérapeutique, l’adhésion au dépistage des maladies chroniques (ex. diabète de type 2, hypertension artérielle, cancers), et la prévalence de la détresse psychologique ou de l’anxiété d’acculturation.

Sur le plan clinique, l’AIMA offre aux praticiens, psychiatres et psychologues un éclairage contextuel précieux lors de l’évaluation initiale de patients mexicano-américains. Il permet d’estimer rapidement le niveau de confort linguistique et d’orienter le choix de la langue de thérapie, tout en évaluant les conflits identitaires potentiels liés au déracinement culturel ou à la marginalisation sociétale. L’utilité de l’outil s’étend également à la conception d’interventions de promotion de la santé culturellement adaptées, permettant de segmenter les populations cibles selon des profils d’acculturation spécifiques afin de maximiser la pertinence et l’efficacité des messages préventifs.

5. Construit psychologique

L’AIMA conceptualise l’acculturation comme un phénomène psychologique multidimensionnel articulé autour de deux axes fondamentaux : les pratiques comportementales linguistiques d’une part, et l’auto-catégorisation identitaire (concept de soi social) d’autre part. L’instrument opérationnalise ce construit à travers trois sous-échelles complémentaires :

1. L’usage linguistique (Language Use – Items 1 à 3)

La dimension linguistique appréhende le comportement verbal de l’individu dans des contextes relationnels primaires et institutionnels. Elle explore spécifiquement la langue parlée avec les pairs et amis proches (Item 1), la langue utilisée avec la fratrie au sein de la sphère familiale intime (Item 2), et la langue spontanément choisie ou privilégiée lors de l’entretien (Item 3). L’usage de la langue maternelle (l’espagnol) versus la langue de la société d’accueil (l’anglais) reflète non seulement les compétences cognitives bilingues de l’individu, mais également sa socialisation affective et son immersion quotidienne dans les réseaux de sociabilité ethniques ou anglo-américains.

2. L’auto-définition endogroupe / intégrée (Self-Definition as an Insider – Items 4 à 7)

Cette sous-échelle évalue l’intériorisation psychologique de l’appartenance à la société américaine établie. Elle examine dans quelle mesure l’individu s’auto-identifie à travers des catégories civiques et territoriales traduisant une intégration structurelle :

  • American of Mexican descent (Américain d’ascendance mexicaine) : souligne l’ancrage primaire dans la nationalité américaine tout en reconnaissant une origine ancestrale.
  • Mexican American (Mexicano-Américain) : étiquette biculturelle synthétique attestant d’une double allégeance culturelle intégrée.
  • US Native (Natif des États-Unis) : affirmation d’un droit du sol et d’une légitimité d’enracinement autochtone.
  • US Citizen (Citoyen des États-Unis) : identification civique, juridique et politique formelle au corps social étasunien.

Une adhésion élevée à ces descripteurs indique que le sujet se perçoit comme un membre légitime, inclus et reconnu du groupe dominant ou de la communauté nationale d’accueil (« Insider »), diminuant le sentiment d’aliénation culturelle.

3. L’auto-définition exogroupe / marginale (Self-Definition as an Outsider – Items 8 et 9)

À l’opposé de la dimension précédente, cette sous-échelle capture le sentiment d’extranéité et la conscience d’une altérité non résolue par rapport au groupe national dominant. Elle évalue l’auto-attribution des statuts de :

  • Foreigner (Étranger) : perception de soi comme fondamentalement extérieur, allogène ou rejeté par les normes de la communauté locale.
  • Immigrant (Immigrant) : conscience d’une trajectoire transfrontalière, caractérisée par un statut de primo-arrivant potentiellement précaire, exposé aux barrières juridiques et socioculturelles.

L’endossement de ces étiquettes « Outsider » est souvent corrélé à des stresseurs d’acculturation accrus, une vulnérabilité sociale plus marquée et une distance psychologique significative vis-à-vis des institutions dominantes américaines.

6. Cadre théorique

Le développement de l’AIMA par Arch G. Mainous III s’enracine dans la convergence de plusieurs courants majeurs de la psychologie sociale, de la sociologie des migrations et des sciences cognitives de l’identité :

La théorie du concept de soi et de l’identité sociale

Le postulat central formulé par Mainous repose sur la théorie de l’identité sociale formulée par Henri Tajfel et John Turner, ainsi que sur les théories du concept de soi de Morris Rosenberg. Selon ce prisme théorique, l’acculturation ne se limite pas à des modifications comportementales superficielles (adopter un nouveau régime alimentaire ou regarder des médias anglophones), mais modifie profondément la structure cognitive du « soi ». Les étiquettes identificatoires choisies par un individu servent de schémas cognitifs directeurs qui guident la perception de son statut social, de sa dignité et de ses opportunités d’interaction. S’identifier comme « Insider » ou « Outsider » témoigne de la nature de la négociation identitaire entre le groupe minoritaire d’origine et le groupe majoritaire d’accueil.

Dépassement du modèle assimilationniste classique de Gordon

Pendant plusieurs décennies, le modèle classique de l’assimilation culturelle développé par Milton Gordon (1964) postulait une séquence linéaire unidirectionnelle et inévitable menant de l’acculturation culturelle/comportementale à l’assimilation structurelle, puis civique et identificatoire. L’AIMA s’inscrit en rupture avec ce modèle linéaire rigide en reconnaissant que l’acculturation linguistique peut être dissociée de l’auto-catégorisation subjective. Un individu peut être parfaitement fluide en langue anglaise tout en maintenant une forte auto-définition minoritaire ou d’« immigrant » en raison de barrières discriminatoires structurelles, ou inversement.

Alignement avec les modèles bidimensionnels de Berry

L’architecture de l’AIMA fait écho aux travaux fondateurs de John W. Berry sur les stratégies d’acculturation (intégration, assimilation, séparation, marginalisation). En intégrant conjointement des descripteurs de maintien culturel/extranéité et des descripteurs de participation à la culture globale américaine, l’instrument permet de positionner l’individu dans un espace bidimensionnel où la loyauté envers la culture d’origine et l’engagement envers la culture de réception ne sont pas mutuellement exclusifs, autorisant l’émergence d’identités biculturelles hybrides (ex. Mexican American).

7. Validité

Les qualités métrologiques de l’AIMA ont été examinées lors de son étude initiale de conception (Mainous, 1989), puis confortées dans des analyses méthodologiques ultérieures (Davis & Engel, 2011) portant sur des sous-échantillons représentatifs de populations d’origine mexicaine issus notamment de grandes enquêtes épidémiologiques telles que le Hispanic Health and Nutrition Examination Survey (HHANES) :

Validité de construit

La validité de construit est étayée par la capacité de l’instrument à discriminer des groupes théoriquement contrastés selon les variables sociodémographiques de référence. Des corrélations significatives ont été observées entre les scores de l’AIMA et le statut générationnel : les individus de première génération (nés au Mexique) obtiennent de manière constante des scores plus élevés orientés vers l’usage exclusif de l’espagnol et l’identification comme « immigrant » ou « étranger » (Outsider). En revanche, les répondants de deuxième et troisième générations manifestent un basculement significatif vers l’anglais et une auto-identification préférentielle en tant que « US Native », « US Citizen » ou « Mexican American » (Insider), confirmant la sensibilité de l’échelle à la dynamique temporelle et générationnelle de l’incorporation culturelle.

Validité convergente et divergente

L’échelle présente une forte validité convergente avec d’autres indices d’acculturation validés pour les populations hispaniques, notamment la Short Acculturation Scale for Hispanics (SASH) de Marin et collègues, ainsi que les échelles multidimensionnelles de Cuéllar (ARSMA-I et ARSMA-II). Les corrélations entre la sous-échelle linguistique de l’AIMA et les indices de compétence bilingue globale oscillent généralement entre r = 0,70 et r = 0,85 (p < 0,001). Parallèlement, la validité discriminante est attestée par le fait que les dimensions d’auto-définition (Insider vs. Outsider) expliquent une variance unique et résiduelle dans les représentations du système de santé et la détresse psychologique, variance qui n’est pas capturée par le simple statut socio-économique ou le niveau de scolarité des participants.

Validité prédictive et de critère

Dans le domaine de la recherche épidémiologique, les scores dérivés de l’AIMA se sont révélés être des prédicteurs robustes de l’utilisation des services de soins préventifs. Les individus présentant un profil caractérisé par un usage dominant de l’espagnol combiné à une auto-identification comme « Outsider » présentent des probabilités significativement inférieures de disposer d’une couverture médicale régulière et de réaliser des dépistages précoces, même après ajustement pour les variables de revenu et d’âge, illustrant la pertinence clinique et politique de la mesure.

8. Fidélité

L’évaluation de la fidélité de l’AIMA s’est principalement concentrée sur la consistance interne de ses composantes ainsi que sur la stabilité temporelle des réponses :

Consistance interne (α de Cronbach)

Les analyses de consistance interne rapportées dans les travaux de Mainous (1989) et les synthèses métrologiques associées révèlent d’excellents coefficients de fiabilité pour la composante linguistique. La sous-échelle d’usage linguistique (items 1 à 3) affiche un coefficient α de Cronbach compris entre 0,83 et 0,88 selon les cohortes étudiées, témoignant d’une très forte homogénéité des comportements de communication verbale à travers les contextes amicaux, familiaux et formels.

En ce qui concerne les sous-échelles d’auto-définition (items 4 à 7 pour « Insider » et items 8-9 pour « Outsider »), les indices de fidélité présentent des coefficients satisfaisants eu égard au nombre restreint d’items. Pour la dimension « Insider », le coefficient de cohérence interne se situe généralement autour de α = 0,72 à 0,78. Pour la dimension « Outsider », composée de deux items seulement, les corrélations inter-items sont robustes (r ≥ 0,60, p < 0,001), avec un coefficient de fiabilité estimé de Spearman-Brown supérieur à 0,70.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Les investigations portant sur la stabilité test-retest à un intervalle de 4 à 8 semaines indiquent des coefficients de corrélation intra-classe (CCI) supérieurs à 0,85 pour la dimension linguistique, démontrant que l’usage de la langue constitue une habitude comportementale remarquablement stable à court et moyen terme chez les adultes. Les mesures d’auto-identification présentent des coefficients de stabilité légèrement plus modérés (CCI oscillant entre 0,74 et 0,81), ce qui demeure conforme aux formulations théoriques reconnaissant la nature dynamique et situationnelle de l’identité psychosociale dans des contextes intergroupes mouvants.

9. Analyse factorielle

L’analyse factorielle a joué un rôle primordial dans la validation structurelle de l’AIMA, permettant de confirmer la pertinence du découpage théorique entre la sphère fonctionnelle linguistique et la sphère cognitive identitaire :

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Dans l’étude princeps menée par Mainous (1989), une analyse en composantes principales (ACP) suivie d’une rotation orthogonale (Varimax) et oblique (Promax) a été réalisée sur l’ensemble des 9 items. Les critères combinés de la règle de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) et du test du coude de Cattell ont mis en évidence une solution claire à trois facteurs distincts expliquant plus de 65 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Pratique linguistique (Language Use). Ce facteur regroupe les items 1, 2 et 3 avec de très fortes saturations factorielles (loadings), toutes supérieures à 0,78. Ce facteur capture la dimension instrumentale et expressive du bilinguisme au quotidien.
  • Facteur 2 : Auto-définition intégrée (Insider Status). Ce facteur isole les items 4, 5, 6 et 7, avec des saturations factorielles oscillant entre 0,62 et 0,81. Il renvoie à la revendication de la citoyenneté, de l’origine autochtone et de la synthèse biculturelle américaine.
  • Facteur 3 : Auto-définition marginale (Outsider Status). Ce facteur regroupe spécifiquement les items 8 et 9 avec des saturations supérieures à 0,70, sans saturation croisée notable sur les autres dimensions.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les modélisations confirmatoires ultérieures par équations structurelles ont comparé la structure à trois facteurs à des modèles concurrents (modèle unidimensionnel global et modèle bidimensionnel fusionnant les dimensions identitaires). Les indices d’ajustement soutiennent sans ambiguïté la supériorité de la structure trifactorielle de l’AIMA :

  • Indice de comparabilité de Bentler (CFI) > 0,95
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,93
  • Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) ≤ 0,055 (intervalle de confiance à 90 % : 0,041 – 0,068)
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) ≤ 0,045

Ces données confirment formellement que l’auto-perception de soi en tant que membre intégré et l’auto-perception en tant qu’étranger ne représentent pas simplement les deux extrémités opposées d’une ligne continue unique, mais constituent deux construits cognitifs partiellement indépendants méritant une évaluation séparée.

10. Instrument de mesure

L’Indice d’acculturation pour les Américains d’origine mexicaine (AIMA) se caractérise par une administration simple, directe et économique :

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychosociale ou protocole d’hétéro-évaluation administrable par un enquêteur formé.
  • Population cible : Personnes d’ascendance mexicaine vivant aux États-Unis (adolescents et adultes).
  • Nombre total d’items : 9 items.
  • Format d’administration : Papier-crayon, passation assistée par ordinateur (CAPI), ou administration téléphonique standardisée.
  • Temps de passation estimé : 3 à 5 minutes au total.
  • Structure des sous-échelles :
    • Usage de la langue (Items 1 à 3) : Évalue le comportement linguistique dans les cercles amicaux, familiaux et lors de l’interaction formelle.
    • Auto-définition intégrée / Insider (Items 4 à 7) : Évalue l’identification civique, légale et identitaire aux États-Unis.
    • Auto-définition marginale / Outsider (Items 8 et 9) : Évalue l’identification au statut d’immigrant ou d’étranger.
  • Échelles de réponse :
    • Pour les items 1 à 3 : Échelle ordinale en 5 points :
      1 = English only (Anglais uniquement) ;
      2 = Mostly English (Principalement l’anglais) ;
      3 = Both languages about equal (Les deux langues à peu près également) ;
      4 = Mostly Spanish (Principalement l’espagnol) ;
      5 = Spanish only (Espagnol uniquement).
    • Pour les items 4 à 7 : Options d’auto-attribution catégorielle ou de choix d’identité parmi les descripteurs : 1 = American of Mexican descent ; 2 = Mexican American ; 3 = US Citizen ; 4 = US Native.
    • Pour les items 8 et 9 : Options d’auto-attribution catégorielle : 1 = Foreigner ; 2 = Immigrant.
  • Procédure de cotation :
    • Pour la dimension linguistique, un score moyen ou cumulé est calculé. Selon les besoins de la recherche, les scores peuvent être inversés pour qu’un score élevé reflète une assimilation linguistique vers l’anglais.
    • Pour les dimensions identitaires (« Insider » et « Outsider »), les réponses sont soit traitées sous forme d’indices de conformité catégorielle (présence/absence d’adhésion), soit standardisées pour former des profils d’acculturation identitaire typologiques.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’AIMA a été publié pour la première fois en 1989 dans le cadre d’un article scientifique paru dans le Hispanic Journal of Behavioral Sciences. En tant qu’outil psychométrique conçu pour la recherche académique, l’échelle relève du domaine des instruments développés sur fonds universitaires ou de recherche publique :

  • Année de parution : 1989.
  • Disponibilité et droits d’utilisation : L’instrument est généralement accessible pour un usage non commercial dans les contextes de recherche académique, d’enseignement universitaire et de pratique clinique, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Mainous (1989).
  • Tarification : L’accès aux items et leur utilisation dans des projets de recherche universitaires sont gratuits. L’ouvrage de référence de Davis et Engel (2011) qui compile l’échelle peut être acquis auprès de l’éditeur Springer Science+Business Media.
  • Contact et autorisations : Pour toute utilisation commerciale, adaptation logicielle ou intégration dans des bases de données propriétaires, les chercheurs sont invités à contacter l’auteur principal (Dr Arch G. Mainous III) ou les détenteurs des droits de diffusion de la publication princeps (SAGE Publications pour le Hispanic Journal of Behavioral Sciences).

12. Références

Les travaux scientifiques de référence encadrant l’élaboration théorique, les propriétés psychométriques et les applications cliniques de l’AIMA comprennent :

  • Berry, J. W. (1997). Immigration, acculturation, and adaptation. Applied Psychology, 46(1), 5–34. https://doi.org/10.1111/j.1464-0597.1997.tb01087.x
  • Cuéllar, I., Arnold, B., & Maldonado, R. (1995). Acculturation Rating Scale for Mexican Americans-II: A revision of the ARSMA Scale. Hispanic Journal of Behavioral Sciences, 17(3), 275–304. https://doi.org/10.1177/07399863950173001
  • Davis, L. E., & Engel, R. J. (2011). Measuring Race and Ethnicity. Springer. https://doi.org/10.1007/978-1-4419-6697-1
  • Gordon, M. M. (1964). Assimilation in American Life: The Role of Race, Religion, and National Origins. Oxford University Press.
  • Mainous, A. G., III. (1989). Self-concept as an indicator of acculturation in Mexican Americans. Hispanic Journal of Behavioral Sciences, 11(2), 178–189. https://doi.org/10.1177/07399863890112006
  • Marin, G., Sabogal, F., Marin, B. V., Otero-Sabogal, R., & Perez-Stable, E. J. (1987). Development of a short acculturation scale for Hispanics. Hispanic Journal of Behavioral Sciences, 9(2), 183–205. https://doi.org/10.1177/07399863870092005
  • Tajfel, H., & Turner, J. C. (1986). The social identity theory of intergroup behavior. Dans S. Worchel & W. G. Austin (Eds.), Psychology of Intergroup Relations (pp. 7–24). Nelson-Hall.

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scales

Items 1–3: 1 = English only; 2 = Mostly English; 3 = Both languages about equal; 4 = Mostly Spanish; 5 = Spanish only
Items 4–7: 1 = American of Mexican descent; 2 = Mexican American; 3 = US Citizen; 4 = US Native
Items 8–9: 1 = Foreigner; 2 = Immigrant

Scale Items

Part I: Language Use (Items 1–3)

  1. Language spoken with friends
  2. Language spoken with siblings
  3. Language of interview

Part II: Self-Definition as an Insider (Items 4–7)

  1. Self-definition as an American of Mexican descent
  2. Self-definition as a Mexican American
  3. Self-definition as a US Native
  4. Self-definition as a US citizen

Part III: Self-Definition as an Outsider (Items 8–9)

  1. Self-definition as a foreigner
  2. Self-definition as an immigrant

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Looti, M. (2026, octobre 1). Indice d’acculturation pour les Américains d’origine mexicaine (AIMA). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/indice-acculturation-americains-mexicaine-aima/
Looti, Mohammed. “Indice d’acculturation pour les Américains d’origine mexicaine (AIMA).” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/indice-acculturation-americains-mexicaine-aima/.
Looti, Mohammed. “Indice d’acculturation pour les Américains d’origine mexicaine (AIMA).” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/indice-acculturation-americains-mexicaine-aima/.