1. Résumé / Abstract
L’Indice d’acculturation et d’adaptation révisé (Acculturation and Adaptation Index Revisited ou AAIR), élaboré par les psychologues interculturelles Colleen Ward et Arzu Rana-Deuba en 1999, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents dans l’étude des processus de transition culturelle, des dynamiques d’expatriation et de l’adaptation des populations migrantes. L’instrument a été conçu pour opérationnaliser de manière bidimensionnelle et comportementale le modèle d’acculturation développé initialement par John Widdup Berry. Il mesure le degré de similarité perçue que l’individu entretient, d’une part, avec les membres de sa culture d’origine (co-nationaux) et, d’autre part, avec les membres de la société d’accueil (nationaux hôtes), à travers 21 domaines de la vie quotidienne et psychosociale.
Ces 21 items couvrent un spectre exhaustif englobant des dimensions matérielles et comportementales concrètes (alimentation, habillement, rythme de vie, logement), des aspects relationnels et communicatifs (styles de communication, amitiés, langue) ainsi que des composantes cognitives, idéologiques et identitaires profondes (valeurs, vision du monde, croyances religieuses, identité de soi). Les répondants évaluent leur niveau de similarité sur une échelle de réponse de type Likert en 7 points, allant de 1 (« pas du tout » / not at all) à 7 (« extrêmement » / extremely), appliquée séparément pour les deux cibles de référence culturelles. Cette double évaluation permet d’obtenir deux scores continus indépendants — l’identification/similarité avec la culture d’origine et l’identification/similarité avec la culture d’accueil — rendant possible la classification des individus dans les quatre stratégies d’acculturation classiques : intégration, assimilation, séparation et marginalisation.
Sur le plan des propriétés psychométriques, l’AAIR fait preuve d’une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,85 et 0,93 pour les deux sous-échelles à travers diverses populations de migrants, de coopérants internationaux et d’étudiants étrangers. La validité de construit et la validité critériée ont été abondamment démontrées par des corrélations différentielles robustes avec l’adaptation psychologique (dépression, anxiété, bien-être subjectif mesuré notamment par l’échelle de Zung) et l’adaptation socioculturelle (compétences d’interaction sociale et négociation quotidienne évaluées par la Sociocultural Adaptation Scale, SCAS). L’AAIR demeure un standard méthodologique international incontournable en psychologie interculturelle.
2. Mots-clés / Keywords
Acculturation, adaptation socioculturelle, adaptation psychologique, transition culturelle, Colleen Ward, modèle bidimensionnel, stratégies d’acculturation, intégration culturelle, expatriation, psychométrie interculturelle, distance culturelle, identité culturelle.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et validée par :
- Colleen A. Ward, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie à la Victoria University of Wellington (Nouvelle-Zélande), directrice fondatrice du Centre for Applied Cross-Cultural Research (CACR). Figure majeure de la psychologie interculturelle contemporaine, ancienne présidente de l’International Academy for Intercultural Research (IAIR) et de la Society of Australasian Social Psychologists (SASP). Co-auteure de l’ouvrage de référence The Psychology of Culture Shock. Courriel institutionnel : [email protected].
- Arzu Rana-Deuba, Ph.D. : Psychologue sociale, chercheuse et militante népalaise pour les droits des femmes et la santé reproductive, titulaire d’un doctorat en psychologie organisationnelle et interculturelle. Co-fondatrice de l’organisation non gouvernementale SAMANATA et active dans l’analyse de l’adaptation des travailleurs humanitaires, des coopérants internationaux et des diplomates au Népal.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Indice d’acculturation et d’adaptation révisé (AAIR) est de fournir une évaluation empirique, standardisée et nuancée du positionnement culturel des individus vivant en dehors de leur milieu socioculturel d’origine ou au contact direct et prolongé d’une culture dominante différente. Historiquement, l’évaluation des processus d’acculturation reposait sur des conceptualisations unidimensionnelles linéaires obsolètes, selon lesquelles l’acquisition des normes de la société d’accueil entraînait obligatoirement la perte symétrique des repères de la culture d’origine. Ward et Rana-Deuba (1999) ont structuré l’AAIR pour opérationnaliser la perspective bidimensionnelle orthogonale, permettant de mesurer simultanément et indépendamment l’attachement aux normes culturelles d’origine et l’adoption des normes de la communauté d’accueil.
L’instrument répond à un double impératif scientifique et clinique :
- En recherche fondamentale et appliquée : L’AAIR a été conçu pour élucider les mécanismes reliant l’orientation acculturative aux deux formes distinctes d’adaptation identifiées par Ward et ses collaborateurs, à savoir l’adaptation psychologique (fondée sur la santé mentale, la gestion du stress émotionnel, l’estime de soi et le sentiment de bien-être) et l’adaptation socioculturelle (définie par l’acquisition des compétences sociales, la maîtrise comportementale et la capacité à fonctionner efficacement dans le nouvel environnement). L’outil quantifie la distance culturelle perçue dans des domaines comportementaux concrets et idéologiques profonds.
- En évaluation clinique et d’orientation organisationnelle : L’indice est largement exploité pour diagnostiquer les difficultés d’ajustement chez les travailleurs humanitaires, les diplomates, les cadres expatriés, les réfugiés et les étudiants internationaux. Il permet d’identifier les domaines précis de discordance (rupture des réseaux d’amitié, décalage des valeurs, barrière linguistique, choc des styles de communication) responsables de dysfonctionnements psychologiques tels que la dépression réactionnelle, l’anxiété de déracinement ou le sentiment d’aliénation sociale.
L’AAIR se distingue particulièrement par sa formulation cognitive en termes de « similarité d’expériences et de comportements ». Au lieu de demander aux sujets des jugements d’affinité abstraits, il les amène à comparer concrètement leurs pratiques quotidiennes réelles à celles de deux groupes d’ancrage social distincts, minimisant ainsi les biais de désirabilité sociale et les artefacts d’auto-complaisance souvent observés dans les auto-évaluations identitaires directes.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique sous-tendant l’AAIR s’inscrit au carrefour de la théorie de l’acculturation psychologique, de la psychologie de l’identité sociale et des modèles de compétence interculturelle. Il repose sur l’hypothèse centrale selon laquelle l’acculturation n’est pas une entité monolithique, mais un processus composite impliquant des facettes comportementales, cognitives, affectives et relationnelles. L’échelle déploie 21 domaines de vie distincts qui peuvent être regroupés conceptuellement en plusieurs dimensions fonctionnelles majeures :
1. Dimension matérielle et des habitudes de vie quotidiennes
Cette dimension englobe les items relatifs aux aspects tangibles de l’existence :
- Clothing (habillement) : adoption des codes vestimentaires locaux versus maintien des tenues traditionnelles d’origine.
- Food (alimentation) : pratiques nutritionnelles, préférences gustatives et rituels culinaires partagés.
- Accommodation/residence (logement/habitat) : choix du type d’habitat, aménagement de l’espace privé et intégration géographique dans des quartiers locaux ou des enclaves d’expatriés.
- Material comfort (confort matériel) : attentes et standards matériels requis pour le bien-être physique quotidien.
- Pace of life (rythme de vie) : synchronisation avec la cadence temporelle, la ponctualité et la vitesse d’exécution propres à la société d’accueil.
2. Dimension communicationnelle, linguistique et cognitive
Cette composante examine les outils indispensables aux interactions interpersonnelles et à la navigation cognitive :
- Language (langue) : usage quotidien, aisance d’expression et choix linguistique selon les contextes.
- Communication styles (styles de communication) : recours à une communication directe versus indirecte, gestion de la proxémie, du silence et de l’implicite culturel.
- General knowledge (connaissances générales) : maîtrise de l’histoire, de la géographie, des institutions et de l’actualité de la société d’accueil comparée à celle du pays d’origine.
3. Dimension relationnelle, sociale et de loisirs
Elle analyse le réseau social et la participation communautaire de l’individu :
- Friendships (amitiés) : composition du cercle intime, présence d’amis locaux versus maintien exclusif de liens amicaux avec des co-nationaux.
- Family life (vie familiale) : structure des relations de parenté, dynamiques intrafamiliales et éducation des enfants.
- Recreational activities (activités récréatives) et Cultural activities (activités culturelles) : engagement dans les loisirs, spectacles, célébrations communautaires et événements artistiques locaux ou traditionnels.
- Social customs (coutumes sociales) : adhésion aux règles de bienséance, salutations, politesse et rites sociaux partagés.
- Employment activities (activités professionnelles) : méthodes de travail, relations hiérarchiques et éthique professionnelle.
4. Dimension axiologique, idéologique et identitaire
Constituant le noyau le plus profond de la structure psychique, cette dimension évalue les croyances fondamentales :
- Values (valeurs) : priorités morales et axiologiques guidant les choix de vie (ex. individualisme versus collectivisme).
- Worldview (vision du monde) : postulats philosophiques et ontologiques sur la nature humaine, le destin et l’univers.
- Religious beliefs (croyances religieuses) : foi, pratiques spirituelles et sacralité du quotidien.
- Political ideology (idéologie politique) : sensibilité aux doctrines civiques, démocratiques ou sociopolitiques de l’environnement d’accueil.
- Self-identity (identité de soi) : sentiment subjectif de continuité identitaire et définition de son propre « soi » en relation avec les groupes d’appartenance.
- Perceptions of co-nationals et Perceptions of host nationals : représentations stéréotypiques, empathie et sentiment d’affinité psychologique envers l’un ou l’autre groupe.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement théorique de l’AAIR repose principalement sur le modèle bidimensionnel de l’acculturation de John W. Berry (1980, 1997), enrichi par le modèle intégratif de l’adaptation développé par Colleen Ward et ses collègues (Searle & Ward, 1990 ; Ward & Kennedy, 1993, 1999).
Dans la perspective de Berry, les individus confrontés au contact interculturel font face à deux questions existentielles indépendantes :
- Est-il jugé important de maintenir son identité culturelle et ses caractéristiques propres ?
- Est-il jugé important d’établir et de maintenir des relations positives avec les membres de la société d’accueil ?
Le croisement de ces deux dimensions dichotomisées (par exemple par la méthode de la médiane) engendre quatre stratégies d’acculturation distinctes :
- Intégration : Niveau élevé de similarité/attachement envers la culture d’origine associé à un niveau élevé d’adoption de la culture d’accueil. Cette modalité est universellement reconnue comme la plus adaptative et la plus protectrice pour la santé mentale.
- Assimilation : Faible niveau de maintien de la culture d’origine conjugué à une forte adoption des comportements et valeurs de la culture d’accueil. L’individu cherche à se fondre dans le groupe d’accueil au détriment de ses racines.
- Séparation : Maintien exclusif des comportements et normes de la culture d’origine, accompagné d’un rejet ou d’un évitement des interactions et caractéristiques de la société hôte.
- Marginalisation : Désengagement simultané des deux sphères culturelles, conduisant souvent à un effondrement des repères identitaires, à une anomie profonde et à une vulnérabilité psychologique extrême.
L’apport novateur spécifique de Ward et Rana-Deuba (1999) dans l’AAIR a consisté à dépasser les mesures d’attitudes abstraites préconisées par Berry en ancrant l’investigation dans l’évaluation empirique des comportements et expériences réels. En outre, Ward a articulé ce modèle avec la distinction cruciale entre adaptation psychologique et adaptation socioculturelle. L’adaptation psychologique dépend prioritairement du stress d’acculturation, du soutien social perçu, de la personnalité (locus de contrôle, extraversion) et de la cohérence identitaire interne (favorisée par l’intégration ou la séparation modérée). À l’inverse, l’adaptation socioculturelle relève de l’apprentissage social (théorie de Bandura), de la durée du séjour, de la maîtrise linguistique et de la similarité culturelle concrète (favorisée par l’assimilation et l’intégration). L’AAIR sert de passerelle empirique directe pour tester comment la similarité comportementale déclarée module spécifiquement chacune de ces deux trajectoires d’adaptation.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’AAIR a été scrupuleusement examinée dans la publication originale de Ward et Rana-Deuba (1999) auprès de coopérants internationaux résidant au Népal, puis confirmée par de nombreuses réplications internationales ultérieures menées auprès d’étudiants d’échange, d’immigrants permanents et de professionnels expatriés dans diverses régions géographiques (Asie du Sud-Est, Océanie, Europe, Amérique du Nord).
Validité de construit
La validité de construit est étayée par la capacité de l’instrument à opérationnaliser la structure bidimensionnelle de Berry. Des analyses corrélationnelles révèlent systématiquement que la sous-échelle d’évaluation relative aux co-nationaux et celle relative aux nationaux hôtes ne partagent pas de variance linéaire inverse obligatoire. La corrélation entre les deux scores est généralement faible ou non significative (typiquement comprise entre $r = -0,12$ et $r = 0,08$), attestant formellement de l’orthogonalité des dimensions : l’adoption de la culture d’accueil ne se fait pas nécessairement aux dépens de la culture d’origine, infirmant les modèles unidimensionnels assimilateurs.
Validité convergente et discriminante
La validité convergente de l’AAIR est démontrée par ses relations théoriquement attendues avec des construits psychologiques établis :
- La sous-échelle de similarité avec l’hôte (Host Similarity) est corrélée de façon positive et significative avec la compétence sociale et l’ajustement socioculturel mesuré par la Sociocultural Adaptation Scale (SCAS) ($r = 0,42$ à $0,56$, $p < 0,001$). Plus les participants déclarent des comportements proches des locaux dans les domaines de la communication, de l'alimentation et des coutumes, moins ils rencontrent de difficultés sociales quotidiennes.
- L’identification aux co-nationaux (Co-national Similarity) est positivement reliée au sentiment d’appartenance ethnique et au soutien social intragroupe ($r = 0,38$, $p < 0,01$).
- La validité discriminante est confirmée par le fait que la similarité envers les co-nationaux n’est pas corrélée avec la fluidité linguistique locale ni avec la réduction des difficultés instrumentales du séjour, prouvant que chaque sous-échelle capture un domaine d’influence unique.
Validité prédictive et critériée
Lors de la classification des participants dans les quatre quadrants d’acculturation de Berry via une séparation par la médiane des deux sous-échelles de l’AAIR, des contrastes univariés et multivariés (MANOVA) significatifs émergent sur les critères d’adaptation :
- Les individus catégorisés comme Intégrés (scores élevés sur les deux dimensions) et Assimilés (score élevé sur l’hôte, faible sur les co-nationaux) affichent des niveaux de difficultés socioculturelles significativement inférieurs à ceux des groupes Séparés ou Marginalisés ($F(3, 98) = 7,45$, $p < 0,001$).
- En ce qui concerne la dépression et les symptômes psychologiques (mesurés par la Self-Rating Depression Scale de Zung), les participants Intégrés obtiennent les scores de détresse les plus bas, tandis que les individus Marginalisés manifestent les scores de détresse psychologique les plus élevés de l’échantillon ($p < 0,01$).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Indice d’acculturation et d’adaptation révisé a été évaluée à travers des analyses de consistance interne et de stabilité temporelle au sein de multiples contextes transnationaux.
Consistance interne
Dans l’étude princeps de Ward et Rana-Deuba (1999), les 21 items ont démontré une excellente homogénéité interne pour les deux axes d’évaluation :
- Sous-échelle de similarité avec les co-nationaux (Co-national identification/similarity) : coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) = 0,91.
- Sous-échelle de similarité avec les nationaux hôtes (Host-national identification/similarity) : coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) = 0,93.
Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,45 et 0,78, aucun item ne dégradant la fiabilité globale en cas de suppression. Des investigations ultérieures indépendantes (Ward & Kennedy, 1999 ; Ward, Bochner & Furnham, 2001 ; Geeraert & Demoulin, 2013) impliquant des cohortes de travailleurs expatriés et d’étudiants internationaux ont rapporté des coefficients de consistance interne oscillant systématiquement entre $lpha = 0,86$ et $lpha = 0,94$, ce qui témoigne d’une grande robustesse psychométrique à travers des configurations linguistiques et culturelles variées.
Fidélité test-retest
Bien que l’acculturation soit un processus dynamique intrinsèquement sujet à l’évolution temporelle au cours du séjour à l’étranger, les études longitudinales évaluant la stabilité de l’AAIR à court terme (intervalle de 4 à 6 semaines sans choc d’intervention majeur) ont mis en évidence des coefficients de corrélation test-retest intra-classe élevés ($r_{tt} = 0,82$ pour la dimension co-nationale et $r_{tt} = 0,79$ pour la dimension hôte). Sur le moyen terme (6 à 12 mois), l’instrument capture fidèlement les trajectoires incrémentielles d’acculturation : les scores de similarité avec l’hôte augmentent progressivement avec l’acquisition des compétences sociales, démontrant la sensibilité de l’instrument aux variations écologiques tout en conservant une excellente cohérence métrologique.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’AAIR a fait l’objet d’explorations factorielles confirmatoires (AFC) et exploratoires (AFE) afin de valider son organisation interne et de tester l’invariance de mesure entre les deux cibles de notation.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Dans les premières analyses factorielles en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), les 21 items administrés pour chaque cible ont généralement fait ressortir une solution dominante unifactorielle ou bifactorielle claire par ensemble d’évaluation :
- Un premier facteur d’acculturation comportementale et sociale externe, regroupant des saturations élevées (> 0,60) sur les items concrets : Clothing, Food, Pace of life, Communication styles, Friendships, Recreational activities, Social customs.
- Un second facteur d’acculturation cognitive et idéologique interne, saturant fortement (> 0,55) sur les items relatifs aux représentations profondes : Values, Worldview, Religious beliefs, Political ideology, Self-identity.
Néanmoins, la corrélation interne élevée entre ces deux facteurs de premier ordre ($r > 0,65$) justifie pleinement l’utilisation conventionnelle d’un score global composite de similarité pour chaque cible (un score composite « Co-nationaux » et un score composite « Hôte »).
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modélisations par équations structurelles conduites dans des études transculturelles récentes indiquent qu’un modèle bifactoriel à deux cibles orthogonales (facteur général Co-national vs facteur général Hôte) offre un ajustement satisfaisant aux données empiriques :
- $chi^2 / ext{dl} < 2,2$
- Comparative Fit Index (CFI) $ge 0,92$
- Tucker-Lewis Index (TLI) $ge 0,90$
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $le 0,058$ [IC 90% : 0,049 – 0,067]
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) $le 0,052$
Les saturations standardisées ($lambda$) des 21 items sur leurs facteurs respectifs sont toutes statistiquement significatives ($p < 0,001$) et dépassent généralement le seuil conventionnel de 0,50, avec des valeurs particulièrement robustes pour les items pivots tels que Social customs ($lambda = 0,78$), Communication styles ($lambda = 0,74$), Values ($lambda = 0,72$) et Friendships ($lambda = 0,70$). L’invariance de mesure métrique et scalaire a été corroborée entre différentes sous-populations d’expatriés, assurant la comparabilité transculturelle des scores.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’Indice d’acculturation et d’adaptation révisé (AAIR) se présente sous la forme d’un questionnaire d’auto-évaluation standardisé. Ses spécifications techniques sont détaillées ci-après :
- Type d’instrument : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation comportementale et cognitive (self-report inventory).
- Nombre d’items : 21 items fondamentaux, évalués sous un double prisme de référence (soit un total de 42 cotations individuelles par passation).
- Structure de réponse : Échelle de type Likert en 7 points :
- 1 = Not at all (Pas du tout)
- 2 = Faiblement
- 3 = Légèrement
- 4 = Modérément
- 5 = Substantiellement
- 6 = Fortement
- 7 = Extremely (Extrêmement)
- Questions directrices (Instructions) : Le participant répond aux 21 items en regard de deux interrogations distinctes :
- Question A (Co-nationaux) : « Vos expériences et comportements sont-ils similaires à ceux des personnes originaires de votre pays d’origine (co-nationaux) ? »
- Question B (Nationaux hôtes) : « Vos expériences et comportements sont-ils similaires à ceux des habitants du pays d’accueil (nationaux hôtes / p. ex. Népalais dans la version princeps) ? »
- Méthode de cotation (Scoring) :
- Score d’identification aux co-nationaux : Moyenne arithmétique ou somme des 21 items notés pour la Question A (étendue : 1 à 7 ou 21 à 147).
- Score d’identification aux nationaux hôtes : Moyenne arithmétique ou somme des 21 items notés pour la Question B (étendue : 1 à 7 ou 21 à 147).
- Dérivation des stratégies d’acculturation de Berry : Les scores peuvent être dichotomisés via une coupure à la médiane (median split) de l’échantillon ou par rapport au point médian théorique de l’échelle (4,0) :
- Intégration : Score Hôte > Médiane ET Score Co-nationaux > Médiane.
- Assimilation : Score Hôte > Médiane ET Score Co-nationaux ≤ Médiane.
- Séparation : Score Hôte ≤ Médiane ET Score Co-nationaux > Médiane.
- Marginalisation : Score Hôte ≤ Médiane ET Score Co-nationaux ≤ Médiane.
- Durée d’administration : Environ 10 à 15 minutes.
- Conditions de passation : Administration individuelle ou collective, sur support papier-crayon ou via des plateformes d’évaluation numériques sécurisées.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’Indice d’acculturation et d’adaptation révisé (AAIR) a été officiellement publié en 1999 dans le volume 30 du Journal of Cross-Cultural Psychology.
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’article original est la propriété de l’éditeur académique SAGE Publications et de l’International Association for Cross-Cultural Psychology (IACCP). Toutefois, conformément aux usages de la communauté scientifique internationale en psychométrie transculturelle, les items de l’échelle sont mis à disposition des chercheurs et des étudiants pour des utilisations non commerciales dans le cadre de recherches universitaires, sous réserve de citer rigoureusement l’article source original (Ward & Rana-Deuba, 1999).
- Frais d’utilisation (Tarifs) : L’utilisation de l’instrument dans le cadre d’études académiques, de thèses doctorales et d’évaluations de recherche fondamentale est entièrement gratuite. Aucune redevance n’est exigée pour les applications non lucratives. Pour toute exploitation commerciale, intégration dans des outils propriétaires d’évaluation de ressources humaines ou programmes lucratifs de sélection d’expatriés, une autorisation formelle préalable doit être sollicitée auprès des dépositaires des droits et des auteurs.
12. Références / References
Voici les références bibliographiques fondamentales au format APA 7e édition :
- Berry, J. W. (1980). Acculturation as varieties of adaptation. Dans A. M. Padilla (dir.), Acculturation: Theory, models and some new findings (pp. 9–25). Westview Press.
- Berry, J. W. (1997). Immigration, acculturation, and adaptation. Applied Psychology, 46(1), 5–34. https://doi.org/10.1111/j.1464-0597.1997.tb01087.x
- Geeraert, N., & Demoulin, S. (2013). Acculturative stress or resilience? A longitudinal multilevel analysis of sojourners’ stress and self-esteem over time. International Journal of Intercultural Relations, 37(6), 684–693. https://doi.org/10.1016/j.ijir.2013.09.006
- Searle, W., & Ward, C. (1990). The prediction of psychological and sociocultural adjustment during cross-cultural transitions. International Journal of Intercultural Relations, 14(4), 449–464. https://doi.org/10.1016/0147-1767(90)90030-Z
- Ward, C., Bochner, S., & Furnham, A. (2001). The psychology of culture shock (2e éd.). Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203992258
- Ward, C., & Kennedy, A. (1993). Psychological and sociocultural adjustment during cross-cultural transitions: A comparison of secondary students overseas and at home. International Journal of Psychology, 28(2), 129–147. https://doi.org/10.1080/00207599308247181
- Ward, C., & Kennedy, A. (1999). The measurement of sociocultural adaptation. International Journal of Intercultural Relations, 23(4), 659–677. https://doi.org/10.1016/S0147-1767(99)00014-0
- Ward, C., & Rana-Deuba, A. (1999). Acculturation and adaptation revisited. Journal of Cross-Cultural Psychology, 30(4), 422–442. https://doi.org/10.1177/0022022199030004003
- Zung, W. W. (1965). A self-rating depression scale. Archives of General Psychiatry, 12(1), 63–70. https://doi.org/10.1001/archpsyc.1965.01720310065008
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions:
Respondents are asked to consider two questions about their lifestyles in the host country (e.g., Nepal in the original study) with reference to the 21 items below:
Question A: « Are your experiences and behaviors similar to those of people from your country of origin (conationals)? »
Question B: « Are your experiences and behaviors similar to those of host nationals (e.g., Nepalese)? »
Respondents rate the similarity for both host nationals and co-nationals on a 7-point scale whose end points are labeled:
1 = not at all to 7 = extremely.
- Clothing
- Pace of life
- General knowledge
- Food
- Religious beliefs
- Material comfort
- Recreational activities
- Self-identity
- Family life
- Accommodation/residence
- Values
- Friendships
- Communication styles
- Cultural activities
- Language
- Employment activities
- Perceptions of co-nationals
- Perceptions of Nepalese/host nationals
- Political ideology
- Worldview
- Social customs