- 1. Résumé / Abstract
- 2. Mots-clés / Keywords
- 3. Auteurs / Authors
- 4. Objectif / Purpose
- 5. Construit psychologique / Construct
- 6. Cadre théorique / Theoretical Framework
- 7. Validité / Validity
- 8. Fidélité / Reliability
- 9. Analyse factorielle / Factor Analysis
- 10. Instrument de mesure / Instrument
- 11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- 12. Références / References
- 13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
1. Résumé / Abstract
L’Index de Réactivité Interpersonnelle (Interpersonal Reactivity Index ou IRI), élaboré par le psychologue social Mark H. Davis en 1980 et formalisé dans sa publication séminale de 1983, constitue l’instrument psychométrique d’auto-évaluation le plus largement utilisé et validé au niveau international pour mesurer l’empathie multidimensionnelle. Rompant avec les approches traditionnelles unidimensionnelles qui appréhendaient l’empathie soit exclusivement comme une capacité cognitive de prise de perspective (à l’instar des travaux de Rosalind Dymond), soit purement comme une réactivité émotionnelle vicariale (comme l’échelle de Mehrabian et Epstein), le modèle de Davis conceptualise l’empathie comme un ensemble articulé mais distinct de construits cognitifs et affectifs interdépendants.
L’échelle comprend 28 items répartis rigoureusement en quatre sous-échelles de 7 items chacune : la Prise de Perspective (Perspective Taking, PT), qui évalue la tendance spontanée à adopter le point de vue psychologique d’autrui ; la Fantaisie (Fantasy, FS), qui mesure la propension imaginative à s’identifier à des personnages fictifs de livres, de pièces de théâtre ou de films ; la Préoccupation Empathique (Empathic Concern, EC), orientée vers les sentiments de compassion, de chaleur humaine et de sollicitude envers les individus en détresse ; et la Détresse Personnelle (Personal Distress, PD), qui quantifie l’anxiété, le malaise et l’inconfort égocentrique ressentis lors de situations interpersonnelles tendues ou d’urgences critiques.
Les participants répondent au moyen d’une échelle de type Likert en 5 points allant de A (0 = « Ne me décrit pas bien ») à E (4 = « Me décrit très bien »). L’instrument possède d’excellentes propriétés psychométriques, incluant une cohérence interne satisfaisante (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,70 et 0,85 selon les sous-échelles et les populations) et une fidélité test-retest robuste (corrélations de 0,61 à 0,81 sur des intervalles de deux mois). Sa structure factorielle quadripartite a été confirmée à travers de multiples cultures et populations cliniques, ce qui en fait la référence absolue en psychologie sociale, en neurosciences cognitives, en psychiatrie et en psychologie clinique.
2. Mots-clés / Keywords
Index de Réactivité Interpersonnelle, Empathie multidimensionnelle, Prise de perspective, Préoccupation empathique, Détresse personnelle, Fantaisie, Psychométrie, Cognition sociale, Comportement prosocial, Neurosciences affectives, Évaluation psychologique, Mark H. Davis, Théorie de l’esprit, Différences individuelles, Altruisme.
3. Auteurs / Authors
L’inventeur et principal théoricien de l’Index de Réactivité Interpersonnelle est le professeur Mark H. Davis, éminent chercheur en psychologie sociale et du développement :
- Mark H. Davis, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie au Eckerd College (St. Petersburg, Floride, États-Unis). Il a obtenu son doctorat en psychologie sociale à l’University of Texas at Austin sous la direction de Robert Helmreich. Ses travaux fondamentaux portent sur les processus empathiques, la cognition sociale, l’altruisme, les relations interpersonnelles et le fonctionnement organisationnel. Adresse institutionnelle : Department of Psychology, Eckerd College, 4200 54th Avenue South, St. Petersburg, FL 33711, États-Unis. Courriel institutionnel : [email protected].
De nombreux chercheurs internationaux ont subséquemment contribué aux adaptations transculturelles et à la validation des propriétés psychométriques de l’outil, notamment dans l’espace francophone avec les travaux de validation conduits par Gery d’Ydewalle, Philippe Albiero, et plus récemment les équipes de neurosciences cognitives et cliniques comme celles de Nathalie Grynberg et collaborateurs (2010), ainsi que Christelle Carré et son équipe.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Index de Réactivité Interpersonnelle est d’opérationnaliser et de quantifier les différences individuelles dispositionnelles dans les multiples facettes qui composent la réponse empathique globale d’un individu. Avant l’introduction de l’IRI, les recherches scientifiques étaient entravées par des conceptualisations concurrentes et fragmentaires : d’un côté, les chercheurs d’orientation cognitiviste considéraient l’empathie comme un processus de théorie de l’esprit et de décodage intellectuel des états mentaux d’autrui ; de l’autre, les chercheurs en psychologie affective la définissaient comme une résonance émotionnelle isomorphe automatique. L’IRI a été conçu précisément pour réconcilier ces approches en démontrant que l’empathie ne constitue pas une entité monolithique, mais un système intégratif composé de sous-systèmes cognitifs et affectifs pouvant opérer de manière relativement indépendante ou synergique.
Sur le plan de la recherche fondamentale, l’IRI permet d’étudier les corrélats neurobiologiques, comportementaux et relationnels de chacune de ces dimensions. En neurosciences sociales, l’utilisation de l’IRI combinée à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) a permis de dissocier les réseaux cérébraux sous-tendant la résonance affective (cortex insulaire antérieur, cortex cingulaire antérieur) de ceux impliqués dans la mentalisation et la prise de perspective (cortex préfrontal ventromédian, jonction temporo-pariétale, précunéus). En psychologie sociale, l’IRI est indispensable pour prédire les comportements d’aide, l’altruisme pur opposé aux comportements d’évitement de l’inconfort personnel, la tolérance intergroupe et la résolution des conflits.
Dans les applications cliniques et diagnostiques, l’instrument offre un profilage fin des déficits sociocognitifs et socio-affectifs. Il est largement employé dans l’évaluation des troubles du spectre de l’autisme (TSA), où l’on observe typiquement une altération de la prise de perspective avec une préservation, voire une hyperréactivité, de la préoccupation empathique ou de la détresse personnelle. À l’inverse, dans les troubles de la personnalité antisociale, la psychopathie et les comportements délinquants, les profils révèlent fréquemment une capacité intacte de prise de perspective cognitive (manipulation machiavélique) associée à un déficit sévère de préoccupation empathique. En psychothérapie et en psychiatrie, l’IRI sert également à évaluer l’efficacité des interventions visant l’entraînement aux compétences sociales, la réduction du burnout chez les soignants et l’amélioration de l’alliance thérapeutique.
5. Construit psychologique / Construct
L’architecture théorique de l’IRI repose sur une structure orthogonale à quatre dimensions distinctes, chacune appréhendant une facette spécifique du fonctionnement socio-émotionnel :
1. La Prise de Perspective (Perspective Taking – PT)
Cette sous-échelle évalue la tendance spontanée et cognitive d’un individu à adopter le point de vue psychologique d’autrui dans la vie quotidienne. Elle mesure la capacité de décentration cognitive, permettant de comprendre les états mentaux, les croyances, les désirs et les motivations d’autres personnes, indépendamment de son propre cadre de référence. Un score élevé à la dimension PT reflète une flexibilité cognitive supérieure, une plus grande aptitude aux négociations sociales et une propension à anticiper les réactions interpersonnelles. Par exemple, un individu avec un score PT élevé suspendra son jugement lors d’un désaccord conflictuel pour analyser objectivement les arguments et émotions de son interlocuteur (ex. item 8 : « I try to look at everybody’s side of a disagreement before I make a decision »).
2. La Fantaisie (Fantasy – FS)
La sous-échelle de Fantaisie capture la propension dispositionnelle à transposer imaginativement ses sentiments et ses actions dans les états internes de personnages fictifs évoluant dans des romans, des films, des séries télévisées ou des pièces de théâtre. Bien qu’elle comporte une composante cognitive de simulation mentale, elle est fortement corrélée à la capacité d’absorption psychologique et à l’imagerie émotionnelle vive. Les individus manifestant des scores élevés à la dimension FS rapportent une immersion émotionnelle profonde dans les univers narratifs, pleurant ou ressentant de la joie en symbiose avec des protagonistes inventés (ex. item 5 : « I really get involved with the feelings of the characters in a novel »).
3. La Préoccupation Empathique (Empathic Concern – EC)
Cette dimension affective majeure mesure les sentiments d’altruisme, de compassion, de chaleur, de tendresse et d’inquiétude bienveillante orientés vers les personnes en détresse, défavorisées ou souffrantes. Contrairement à la détresse personnelle, la préoccupation empathique est une réaction émotionnelle centrée sur autrui (other-oriented). Elle génère une motivation intrinsèque à secourir l’autre pour soulager sa souffrance propre, constituant ainsi le moteur proximal principal du comportement prosocial désintéressé selon le modèle empathie-altruisme de Daniel Batson (ex. item 2 : « I often have tender, concerned feelings for people less fortunate than me »).
4. La Détresse Personnelle (Personal Distress – PD)
La sous-échelle de Détresse Personnelle évalue la tendance à ressentir des émotions négatives auto-orientées (self-oriented), telles que l’anxiété, la peur, le malaise, la panique et le désarroi, face à la détresse aiguë d’autrui ou lors de situations d’urgence interpersonnelle tendues. Un score élevé sur cette échelle est associé à une faible régulation émotionnelle, à une vulnérabilité accrue au stress vicarial et à une tendance à l’évitement comportemental : l’individu cherche avant tout à fuir la situation pénible pour soulager son propre inconfort plutôt qu’à porter assistance à la victime (ex. item 6 : « In emergency situations, I feel apprehensive and ill-at-ease » et item 27 : « When I see someone who badly needs help in an emergency, I go to pieces »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique de l’IRI s’enracine dans la psychologie sociale cognitive et développementale de la fin du XXe siècle, sous l’impulsion majeure des théories intégratives développées par Mark H. Davis (1983, 1994, 2006), en synergie avec les travaux de théoriciens pionniers tels que Martin L. Hoffman sur le développement moral et l’empathie, C. Daniel Batson sur l’hypothèse altruiste, et Jean Piaget concernant la décentration cognitive.
Davis a structuré son modèle autour d’une approche organisationnelle en quatre étapes interconnectées :
- Les antécédents : Les caractéristiques dispositionnelles de l’observateur (génétique, tempérament, histoire développementale, capacités cognitives) et les propriétés spécifiques de la situation observée (intensité de la détresse, familiarité avec la cible, similitude perçue).
- Les processus médiateurs : Les mécanismes sous-jacents mis en œuvre lors de l’exposition à autrui, incluant les processus pré-cognitifs non conscients (conditionnement classique, contagion émotionnelle primaire via le système des neurones miroirs) et les processus cognitifs avancés (raisonnement inférentiel, attribution causale, prise de perspective délibérée).
- Les réponses intra-individuelles (intrapersonnelles) : Les résultats psychologiques directs générés chez l’observateur, scindés en réponses cognitives (compréhension précise des états d’autrui) et affectives. C’est précisément à ce niveau que se situent les sous-échelles de l’IRI : la Prise de Perspective (PT) et la Fantaisie (FS) au pôle cognitif/imaginatif ; la Préoccupation Empathique (EC) et la Détresse Personnelle (PD) au pôle affectif.
- Les conséquences interindividuelles (interpersonnelles) : Les comportements manifestes résultant de ces états internes, notamment l’assistance active (motivée par l’EC), l’agression réduite, la communication constructive ou le retrait social et la fuite (motivés par une PD excessive).
Ce cadre théorique a révolutionné la psychométrie de l’empathie en montrant que des dimensions comme EC et PD, bien qu’étant toutes deux des réactions affectives face à la douleur d’autrui, entretiennent des relations divergentes, voire opposées, avec les compétences sociales et l’ajustement psychologique. La préoccupation empathique est corrélée positivement à l’estime de soi, à l’orientation prosociale et à la sociabilité, tandis que la détresse personnelle est systématiquement associée à la timidité, au névrosisme, à l’anxiété sociale et à un déficit de self-control.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’IRI a fait l’objet de centaines de vérifications empiriques rigoureuses à l’échelle mondiale depuis sa parution :
Validité de Construit et Structure Interne
La validité de construit initiale démontrée par Davis (1983) a mis en évidence des corrélations inter-échelles modérées mais cohérentes avec le cadre théorique. La Prise de Perspective (PT) est positivement corrélée à la Préoccupation Empathique (EC) ($r \approx 0,30$ à $0,40$), indiquant que la capacité cognitive de comprendre autrui favorise la compassion. En revanche, la PT est négativement ou non corrélée à la Détresse Personnelle (PD) ($r \approx -0,15$ à $-0,25$), confirmant que la flexibilité cognitive protège contre le débordement émotionnel négatif. La Fantaisie (FS) corrèle positivement à la fois avec la PT et l’EC ($r \approx 0,20$ à $0,35$).
Validité Convergente
La validité convergente de l’IRI a été confirmée par des corrélations hautement significatives avec d’autres échelles psychologiques reconnues :
- L’échelle d’empathie de Mehrabian et Epstein (1972) présente des corrélations fortes avec la Préoccupation Empathique ($r = 0,60$) et la Fantaisie ($r = 0,52$), confirmant sa sensibilité aux composantes affectives.
- L’échelle de Prise de Rôle de Hogan (1969) corrèle significativement avec la sous-échelle PT ($r = 0,40$), soutenant la mesure de la décentration cognitive.
- Dans le modèle des Big Five (NEO-PI-R), la sous-échelle EC est fortement corrélée avec l’Agréabilité ($r = 0,50$ à $0,62$), tandis que la sous-échelle PD présente des corrélations robustes avec le Névrosisme ($r = 0,45$ à $0,55$). La sous-échelle PT est associée à l’Ouverture d’esprit et à une faible hostilité.
Validité Discriminante et Prédictive
L’instrument démontre une validité discriminante exemplaire vis-à-vis du quotient intellectuel non verbal et de l’intelligence générale, confirmant qu’il mesure des compétences socio-affectives spécifiques. Sur le plan de la validité prédictive, des études expérimentales en laboratoire ont démontré que seuls les participants obtenant des scores élevés en Préoccupation Empathique s’engagent dans des comportements d’aide coûteux lorsque la possibilité de fuite physique est facile, validant expérimentalement la distinction théorique de Batson entre altruisme authentique et réduction de détresse personnelle.
8. Fidélité / Reliability
Les études d’évaluation de la fidélité de l’IRI indiquent une constance et une stabilité métrologique remarquables :
Cohérence Interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’échantillon initial de standardisation de Davis (1983) comprenant 1 344 étudiants universitaires, les coefficients alpha de Cronbach se sont établis comme suit pour chaque sous-échelle :
- Prise de Perspective (PT) : $\alpha = 0,75$ pour les hommes, $\alpha = 0,78$ pour les femmes.
- Fantaisie (FS) : $\alpha = 0,78$ pour les hommes, $\alpha = 0,79$ pour les femmes.
- Préoccupation Empathique (EC) : $\alpha = 0,72$ pour les hommes, $\alpha = 0,70$ pour les femmes.
- Détresse Personnelle (PD) : $\alpha = 0,78$ pour les hommes, $\alpha = 0,78$ pour les femmes.
Dans les adaptations francophones (par ex. Grynberg et al., 2010), les indices de cohérence interne oscillent de manière similaire entre 0,71 et 0,83, attestant d’une excellente homogénéité des items au sein de chaque facteur.
Stabilité Temporelle (Fidélité Test-Retest)
La fidélité test-retest évaluée sur un intervalle de 60 à 75 jours a révélé des coefficients de corrélation intra-classe et de Pearson très solides :
- Prise de Perspective : $r = 0,61$ (hommes) et $r = 0,62$ (femmes).
- Fantaisie : $r = 0,79$ (hommes) et $r = 0,81$ (femmes).
- Préoccupation Empathique : $r = 0,72$ (hommes) et $r = 0,70$ (femmes).
- Détresse Personnelle : $r = 0,68$ (hommes) et $r = 0,76$ (femmes).
Ces données confirment que l’IRI mesure des dispositions psychologiques stables dans le temps plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de l’IRI a été rigoureusement établie par Davis par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales utilisant une méthode d’extraction en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Oblimin) et orthogonale (Varimax), révélant sans ambiguïté quatre facteurs propres possédant des valeurs propres (eigenvalues) nettement supérieures à 1,0.
Les saturations factorielles des items sur leur dimension assignée sont substantielles, oscillant typiquement entre 0,45 et 0,75, sans saturation croisée majeure sur les autres composantes (saturations secondaires inférieures à 0,25). Plus précisément :
- Les 7 items de PT saturent exclusivement sur le facteur de prise de perspective cognitive (charges de 0,51 à 0,71).
- Les 7 items de FS saturent sur le facteur d’immersion imaginative (charges de 0,55 à 0,76).
- Les 7 items de EC saturent sur le facteur d’altruisme et sympathie (charges de 0,48 à 0,70).
- Les 7 items de PD saturent sur le facteur de vulnérabilité et stress émotionnel (charges de 0,53 à 0,74).
Subséquemment, des centaines d’études ont procédé à des analyses factorielles confirmatoires (AFC) sur des cohortes diversifiées. Les indices d’ajustement du modèle à quatre facteurs corrélés satisfont de manière consistante aux critères méthodologiques les plus rigoureux : le Comparative Fit Index (CFI) et le Tucker-Lewis Index (TLI) dépassent régulièrement le seuil conventionnel de 0,90 à 0,95, tandis que le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) demeure inférieur à 0,05-0,06. Les modèles alternatifs concurrents (modèle unidimensionnel à un seul facteur d’empathie globale, ou modèles à deux facteurs opposant simplement cognition et émotion) démontrent un ajustement significativement dégradé aux données empiriques, validant définitivement la supériorité structurelle de la conceptualisation quadripartite de Davis.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’outil d’évaluation psychométrique présente les caractéristiques formelles suivantes :
- Type d’instrument : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (Self-report inventory).
- Format d’administration : Papier-crayon, passation informatisée en ligne ou évaluation assistée par ordinateur.
- Durée de passation : Approximativement 5 à 10 minutes.
- Nombre total d’items : 28 items affirmatifs rédigés à la première personne du singulier.
- Nombre de sous-échelles : 4 sous-échelles autonomes contenant chacune exactement 7 items :
- Prise de Perspective (Perspective Taking – PT) : Items 3, 8, 11(-), 15, 21, 25, 28.
- Fantaisie (Fantasy – FS) : Items 1, 5, 7(-), 12(-), 16, 23, 26.
- Préoccupation Empathique (Empathic Concern – EC) : Items 2, 4(-), 9, 14(-), 18(-), 20, 22.
- Détresse Personnelle (Personal Distress – PD) : Items 6, 10, 13(-), 17, 19(-), 24, 27.
- Échelle de réponse authentique : Échelle ordinale de type Likert en 5 points :
- 5-point scale: A (0) = Does not describe me well to E (4) = Describes me very well (often scored 0 to 4 or 1 to 5)
- Règles de cotation et inversion (Reverse Scoring) :
- 8 items sont formulés de manière inversée afin de contrôler les biais d’acquiescement : Items 4, 7, 11, 12, 13, 14, 18, 19.
- Pour ces items inversés, la cotation s’établit selon la règle suivante : A = 4, B = 3, C = 2, D = 1, E = 0.
- Pour les 20 items directs, la cotation normale s’applique : A = 0, B = 1, C = 2, D = 3, E = 4.
- Calcul des scores : Un score continu allant de 0 à 28 points est calculé pour chacune des 4 sous-échelles par sommation directe des items la composant. Il est formellement déconseillé de calculer un score global total d’empathie, car la détresse personnelle et la prise de perspective reflètent des processus fonctionnellement indépendants et non additifs.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1980 (communication scientifique et rapport technique) ; publication de référence dans une revue à comité de lecture en 1983.
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’échelle est tombée dans le domaine public académique pour les besoins de la recherche scientifique non commerciale et de l’enseignement. Mark H. Davis autorise expressément l’utilisation libre et gratuite de l’IRI par les chercheurs, universitaires, étudiants et cliniciens sans nécessiter de demande formelle écrite préalable, à la condition expresse de citer rigoureusement l’article princeps de 1983.
- Tarifs d’utilisation : Gratuit ($0.00 / 0.00 €) pour tout usage académique, scientifique et clinique standard.
- Usage commercial : Toute intégration dans une plateforme logicielle commerciale payante ou un système d’évaluation des ressources humaines à des fins lucratives nécessite une entente préalable avec l’auteur et les détenteurs des droits de reproduction (American Psychological Association).
12. Références / References
Les références bibliographiques majeures régissant la conception, la validation et l’application scientifique de l’Index de Réactivité Interpersonnelle sont présentées ci-dessous en normes APA (7e édition) avec liens d’accès :
- Batson, C. D. (1991). The altruism question: Toward a social-psychological answer. Lawrence Erlbaum Associates. https://doi.org/10.4324/9780203771587
- Davis, M. H. (1980). A multidimensional approach to individual differences in empathy. JSAS Catalog of Selected Documents in Psychology, 10, 85.
- Davis, M. H. (1983). Measuring individual differences in empathy: Evidence for a multidimensional approach. Journal of Personality and Social Psychology, 44(1), 113–126. https://doi.org/10.1037/0022-3514.44.1.113
- Davis, M. H. (1994). Empathy: A social psychological approach. Westview Press.
- Davis, M. H. (2006). Empathy. In J. E. Stets & P. J. Burke (Eds.), Handbook of the Sociology of Emotions (pp. 443–466). Springer. https://doi.org/10.1007/978-0-387-30715-2_20
- De Corte, K., Buysse, A., Verhofstadt, L. L., Roeyers, H., Ponnet, K., & Davis, M. H. (2007). Measuring empathic tendencies: Reliability and validity of the Dutch version of the Interpersonal Reactivity Index. Psychologica Belgica, 47(4), 235–260. https://doi.org/10.5334/pb-47-4-235
- Grynberg, D., Chang, B., Corneille, O., Maurage, P., Vermeulen, N., Berthoz, S., & Philippot, P. (2010). Validation of the French version of the Interpersonal Reactivity Index (IRI). Psychologica Belgica, 50(1–2), 201–216. https://doi.org/10.5334/pb-50-1-2-201
- Hoffman, M. L. (2000). Empathy and moral development: Implications for caring and justice. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9780511805851
- Mehrabian, A., & Epstein, N. (1972). A measure of emotional empathy. Journal of Personality, 40(4), 525–543. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.1972.tb00078.x
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
5-point scale: A (0) = Does not describe me well to E (4) = Describes me very well (often scored 0 to 4 or 1 to 5)
- I daydream and fantasize, with some regularity, about things that might happen to me.
- I often have tender, concerned feelings for people less fortunate than me.
- I sometimes find it difficult to see things from the « other guy’s » point of view.
- Sometimes I don’t feel very sorry for other people when they are having problems.
- I really get involved with the feelings of the characters in a novel.
- In emergency situations, I feel apprehensive and ill-at-ease.
- I am usually objective when I watch a movie or play, and I don’t often get completely caught up in it.
- I try to look at everybody’s side of a disagreement before I make a decision.
- When I see someone being taken advantage of, I feel kind of protective towards them.
- I sometimes feel helpless when I am in the middle of a very emotional situation.
- I sometimes try to understand my friends better by imagining how things look from their perspective.
- Becoming extremely involved in a good book or movie is somewhat rare for me.
- When I see someone get hurt, I tend to remain calm.
- Other people’s misfortunes do not usually disturb me a great deal.
- If I’m certain I’m right about something, I don’t waste much time listening to other people’s arguments.
- After seeing a play or movie, I have felt as though I were one of the characters.
- Being in a tense emotional situation scares me.
- When I see someone being treated unfairly, I sometimes don’t feel very much pity for them.
- I am usually pretty effective in dealing with emergencies.
- I am often quite touched by things that I see happen.
- I believe that there are two sides to every question and try to look at both.
- I would describe myself as a pretty soft-hearted person.
- When I watch a good movie, I can very easily put myself in the place of a leading character.
- I tend to lose control during emergencies.
- When I’m upset at someone, I usually try to « put myself in his shoes » for a while.
- When I am reading an interesting story or novel, I imagine how I would feel if the events in the story were happening to me.
- When I see someone who badly needs help in an emergency, I go to pieces.
- Before criticizing somebody, I try to imagine how I would feel if I were in their place.