Identité morale (Internalisation) (MI)

L’échelle d’Identité morale (Internalisation) développée par Karl Aquino et Americus Reed II (2002) évalue la centralité des traits éthiques dans le concept de soi à l’aide de 5 items psychométriques validés.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’échelle d’Identité morale (Internalisation) (en anglais, Moral Identity Internalization Scale), conçue à l’origine par les chercheurs Karl Aquino et Americus Reed II en 2002, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents dans l’étude contemporaine de la psychologie morale, de l’éthique organisationnelle et du comportement prosocial. L’instrument vise à mesurer le degré auquel un ensemble de traits moraux prototypiques (tels que la bienveillance, la générosité, l’honnêteté ou l’équité) est profondément ancré dans le concept de soi d’un individu. Dans le modèle bidimensionnel initial développé par Aquino et Reed, l’identité morale se décompose en deux dimensions distinctes : la dimension d’Internalisation (qui reflète la centralité intrapersonnelle et l’importance subjective des caractéristiques morales pour la définition de soi) et la dimension de Symbolisation (qui saisit l’expression publique et comportementale manifeste de ces traits).

La sous-échelle d’internalisation se compose spécifiquement de cinq items formulés sous la forme d’affirmations évaluées au moyen d’une échelle de Likert en 5 ou 7 points (allant généralement de 1 = « Totalement en désaccord » à 5 ou 7 = « Totalement d’accord »). Les participants sont d’abord invités à visualiser un ensemble de neuf adjectifs moraux prototypiques (« caring », « compassionate », « fair », « friendly », « generous », « helpful », « hardworking », « honest », « kind ») avant de coter les énoncés évaluant la résonance émotionnelle et identitaire de ces attributs. Les propriétés psychométriques de l’échelle d’internalisation démontrent une consistance interne robuste à travers une multitude d’échantillons culturels et professionnels, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,71 et 0,86. La validité de construit, la validité convergente et la validité prédictive ont été confirmées dans de nombreuses études empiriques reliant l’internalisation morale aux dons de bienfaisance, au bénévolat, au leadership éthique, à la réduction des comportements contre-productifs au travail et à la résistance aux mécanismes de désengagement moral.

2. Mots-clés / Keywords

Identité morale, internalisation, concept de soi, psychologie morale, comportement prosocial, éthique comportementale, désengagement moral, psychométrie, consistance interne, théorie du soi, schéma de soi, validation transculturelle.

3. Auteurs / Authors

L’échelle d’identité morale a été conçue et validée par deux spécialistes renommés du comportement organisationnel, du marketing social et de la psychologie sociale appliquée :

  • Karl F. Aquino, Ph.D. — Professeur titulaire de comportement organisationnel et de gestion des ressources humaines à la Sauder School of Business, University of British Columbia (Vancouver, Canada). Ses recherches novatrices se concentrent sur le statut moral, le traitement injuste en milieu de travail, la vengeance, le pardon, les dynamiques d’évitement et les déterminants dispositionnels de l’éthique organisationnelle. (Courriel institutionnel : [email protected]).
  • Americus Reed II, Ph.D. — Professeur de marketing (chaire The Whitney M. Young, Jr. Professor of Marketing) à la Wharton School, University of Pennsylvania (Philadelphie, États-Unis). Ses travaux portent sur l’identité sociale, l’impact des valeurs individuelles sur les comportements des consommateurs et les interactions entre appartenance identitaire et décisions éthiques. (Courriel institutionnel : [email protected]).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la sous-échelle d’Identité morale (Internalisation) est d’opérationnaliser et de quantifier la centralité psychologique de la moralité au sein de l’architecture cognitive et affective du soi. Historiquement, la psychologie du développement moral, largement dominée par les paradigmes structuralistes et cognitivo-développementaux de Jean Piaget et de Lawrence Kohlberg, postulait que le jugement moral et le niveau de raisonnement logique étaient les moteurs primordiaux de l’action morale. Cependant, les recherches empiriques ultérieures ont mis en lumière ce qu’Augusto Blasi a conceptualisé comme le « fossé jugement-action » (judgment-action gap) : une grande capacité de raisonnement moral abstrait ne garantit nullement l’adoption d’un comportement moral effectif dans les situations concrètes du quotidien.

Pour combler cette lacune théorique et empirique, Karl Aquino et Americus Reed II ont élaboré cette échelle afin d’explorer la moralité à travers le prisme de l’identité de soi. L’outil mesure spécifiquement dans quelle mesure être une personne morale constitue un schéma central et structurant pour l’individu, par opposition à un trait marginal ou purement instrumentalisé. Les auteurs ont discerné que les individus pour qui les traits moraux sont profondément internalisés ressentent une motivation intrinsèque à agir conformément à ces valeurs, car toute déviance menace l’intégrité même de leur identité personnelle et déclenche une dissonance cognitive ou un sentiment d’auto-réprobation.

Dans le domaine de la recherche scientifique, l’échelle permet d’examiner les modérateurs et médiateurs du comportement prosocial, des dons caritatifs, de l’altruisme sacrificiel, de la justice organisationnelle, ainsi que des phénomènes de déviance au travail (tels que la fraude, le vol, le harcèlement ou la corruption). Elle s’est révélée particulièrement féconde pour modéliser la façon dont l’accessibilité cognitive des schémas moraux interagit avec les pressions situationnelles, la culture d’entreprise et les incitations financières.

Sur le plan des applications organisationnelles et cliniques, bien que l’outil ait été principalement conçu à des fins de recherche fondamentale et appliquée, il est employé dans le cadre d’audits de culture éthique, de programmes de formation en leadership éthique et d’interventions visant à renforcer la responsabilité sociale des entreprises. Dans certains contextes de conseil ou de coaching exécutif, la mesure aide à identifier l’alignement entre les valeurs déclarées d’un gestionnaire et sa motivation profonde à maintenir une cohérence éthique face aux dilemmes stratégiques complexes.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’échelle d’internalisation de l’identité morale s’inscrit au carrefour de la théorie du schéma de soi (self-schema theory) et de la théorie de l’identité sociale. Selon Aquino et Reed (2002), l’identité morale est définie formellement comme une conception de soi organisée autour d’un ensemble spécifique de traits moraux. Alors que la personnalité globale englobe de multiples identités possibles (par exemple, des identités professionnelles, parentales, sportives ou religieuses), l’identité morale désigne le système de représentations cognitives associant la personne à des vertus humaines fondamentales.

Le modèle d’Aquino et Reed distingue explicitement deux facettes complémentaires :

  • L’Internalisation (dimension privée) : Cette dimension correspond au degré auquel les traits moraux occupent une position centrale dans la hiérarchie du schéma de soi. L’internalisation renvoie à la dimension intrapersonnelle de la moralité. Lorsque l’internalisation est élevée, le sentiment de bien-être subjectif, l’estime de soi et le sentiment de valeur personnelle sont intimement corrélés à l’incarnation de ces caractéristiques. L’individu ne se conforme pas aux normes morales pour plaire à autrui ou pour projeter une image favorable, mais parce que ne pas agir moralement porterait atteinte à sa définition même de qui il est. Les items mesurent ainsi l’impact affectif (« me ferait me sentir bien »), l’intégration ontologique (« est une part importante de qui je suis ») et l’interdépendance avec le bien-être émotionnel.
  • La Symbolisation (dimension publique) : Bien que non mesurée par la sous-échelle isolée d’internalisation, cette dimension complémentaire capte le degré auquel les traits moraux sont manifestés publiquement à travers des actions visibles, le style de vie, les choix vestimentaires, l’adhésion à des causes ou des symboles d’engagement civique. Des analyses différentielles ont démontré que l’internalisation est un prédicteur beaucoup plus stable et intrinsèque de la moralité que la symbolisation, cette dernière pouvant parfois être motivée par des stratégies de gestion des impressions ou d’auto-promotion réputationnelle.

L’amorce de l’instrument repose sur la présentation d’une liste de neuf adjectifs reconnus dans la littérature de psychologie sociale comme prototypiques d’une personne morale : bienveillant (caring), compatissant (compassionate), équitable (fair), amical (friendly), généreux (generous), serviable (helpful), travailleur (hardworking), honnête (honest) et bon (kind). L’évaluation de l’internalisation explore la résonance de ces attributs avec l’essence même de l’individu. Contrairement à des mesures de traits de personnalité généraux comme l’amabilité (Agreeableness) du modèle des Big Five, l’internalisation de l’identité morale n’évalue pas seulement une tendance comportementale passive, mais l’investissement motivationnel et la signification existentielle accordés à la poursuite du bien moral.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’édification de l’échelle d’identité morale s’appuie sur une riche généalogie théorique issue de la psychologie sociale, de la psychologie cognitive et de la philosophie morale contemporaine. Trois courants majeurs structurent son architecture conceptuelle :

La théorie du développement de l’identité morale d’Augusto Blasi

Le psychologue Augusto Blasi (1980, 1983, 1984) a révolutionné la recherche sur la morale en introduisant le concept d’identité morale comme passerelle explicative entre la cognition morale et l’action. Blasi soutenait que les jugements moraux n’aboutissent à des actions cohérentes que si la moralité est intégrée dans le « soi » du sujet. Dans ce modèle d’auto-consistance (Self-Consistency Model), l’impératif moral devient une nécessité psychologique : rompre un engagement moral équivaut à trahir sa propre identité, générant ainsi une rupture insoutenable de l’intégrité personnelle. Aquino et Reed ont directement traduit cette intuition clinique et philosophique en termes opérationnels en concevant la dimension d’internalisation comme le reflet de cette centralité ontologique théorisée par Blasi.

La psychologie cognitive du soi et les schémas de soi de Markus

Le second pilier théorique découle des travaux de Hazel Rose Markus (1977) sur les schémas de soi (self-schemas). Les schémas de soi sont des généralisations cognitives sur le soi, dérivées de l’expérience passée, qui organisent et guident le traitement des informations relatives à la personne. Selon ce cadre, un individu « schématique » pour la moralité possède des structures cognitives chroniquement accessibles relatives aux notions de justice, de bienveillance et d’intégrité. Aquino et Reed postulent que l’internalisation reflète l’accessibilité chronique (chronic accessibility) de ces schémas moraux dans la mémoire de travail de l’individu, conditionnant la perception spontanée des situations sociales et guidant la prise de décision éthique de manière quasi automatique.

La théorie de l’identité sociale et du concept de soi de travail

Enfin, le modèle intègre les perspectives de l’identité sociale développées par Henri Tajfel et John Turner, ainsi que la notion de « concept de soi de travail » (working self-concept) proposée par Markus et Kunda (1986). Le soi n’est pas une entité monolithique et statique, mais une structure dynamique et multidimensionnelle dont différentes facettes peuvent être activées en fonction des indices contextuels. Bien que l’internalisation mesure la saillance chronique de l’identité morale, Aquino et Reed ont démontré que des amorces environnementales (comme des rappels financiers, des symboles religieux ou des codes éthiques d’entreprise) peuvent temporairement augmenter ou restreindre l’influence de cette identité sur la délibération et le comportement.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle d’internalisation de l’identité morale a été abondamment documentée dans l’article fondateur d’Aquino et Reed (2002) ainsi que dans des centaines d’études indépendantes conduites à l’échelle internationale :

Validité de construit et structurelle

Dans l’étude princeps, Aquino et Reed (2002) ont mené une série d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) sur des échantillons universitaires et professionnels. Le modèle bidimensionnel opposant l’internalisation à la symbolisation a démontré un ajustement statistique nettement supérieur à un modèle unidimensionnel regroupant l’ensemble des items (p < 0,001). Les indices d’ajustement structurel indiquent une excellente adéquation aux données, confirmant que l’internalisation constitue une dimension psychologiquement distincte de l’expression publique (symbolisation).

Validité convergente

La validité convergente de l’internalisation a été établie par des corrélations positives statistiquement significatives avec des construits théoriquement proches :

  • L’empathie dispositionnelle et la prise de perspective (mesurées par l’Interpersonal Reactivity Index de Davis), affichant des corrélations moyennes positives (r compris entre 0,35 et 0,48, p < 0,001).
  • Le raisonnement moral fondé sur les principes (défini par le Defining Issues Test de Rest), confirmant que les individus hautement internalisés tendent à mobiliser des critères éthiques post-conventionnels.
  • L’amabilité (Agreeableness) du modèle à cinq facteurs (r ≈ 0,30 à 0,40), tout en conservant une variance propre démontrant son autonomie conceptuelle.

Validité discriminante

L’échelle a démontré une validité discriminante remarquable par rapport à des construits potentiellement confondants. L’internalisation présente des corrélations faibles ou nulles avec les mesures de désirabilité sociale (telles que l’échelle de Marlowe-Crowne), attestant que les scores ne traduisent pas un simple biais d’auto-présentation favorable ou de conformisme social. De plus, elle se distingue nettement du narcissisme, du machiavélisme et de l’estime de soi globale mesurée par l’échelle de Rosenberg, prouvant qu’elle ne constitue pas un simple substitut d’une évaluation positive générale du soi.

Validité prédictive et écologique

La validité prédictive de l’internalisation morale est exceptionnellement bien établie à travers des protocoles expérimentaux et longitudinaux :

  • Comportements de don et bénévolat : Aquino et Reed (2002) ont démontré que les participants présentant des scores d’internalisation élevés étaient significativement plus enclins à faire don de leur rémunération de recherche à des organisations caritatives ou à des banques alimentaires locales.
  • Résistance au désengagement moral : Les travaux de Detert, Treviño et Sweitzer (2008) ont montré que des niveaux élevés d’internalisation morale freinent les mécanismes de désengagement moral conceptualisés par Albert Bandura (tels que la diffusion de responsabilité, la justification morale ou la déshumanisation).
  • Comportements éthiques organisationnels : Dans les entreprises, des scores élevés d’internalisation chez les leaders sont associés à des styles de leadership éthique, à une réduction des comportements contre-productifs au travail (CWB) chez les subordonnés et à une volonté accrue de dénonciation des abus (whistleblowing).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de la sous-échelle d’internalisation a été évaluée à travers de multiples paramètres psychométriques, incluant la cohérence interne et la stabilité temporelle :

Cohérence interne

Dans l’article princeps d’Aquino et Reed (2002), l’évaluation de la consistance interne via le coefficient alpha de Cronbach a produit des valeurs systématiquement robustes à travers les différentes études :

  • Étude 1 (validation initiale, N = 363) : α = 0,73.
  • Étude 2 (réplication, N = 126) : α = 0,71.
  • Étude 3 (contexte décisionnel, N = 180) : α = 0,77.
  • Étude 4 (échantillon d’adultes au travail, N = 135) : α = 0,83.

Dans les méta-analyses ultérieures et les études transnationales (notamment en Europe, en Amérique latine et en Asie de l’Est), l’alpha de Cronbach moyen se situe continuellement entre 0,75 et 0,86, ce qui dépasse largement le seuil conventionnel d’acceptabilité de 0,70 requis pour les instruments de recherche en sciences sociales. Le coefficient omega de McDonald (ω), de plus en plus préconisé dans les analyses psychométriques modernes, confirme des indices de saturation supérieurs à 0,78.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité temporelle de la mesure a été vérifiée par Aquino et Reed ainsi que par d’autres équipes sur des intervalles variant de deux semaines à six mois. Le coefficient de corrélation test-retest (r de Pearson) atteint généralement 0,72 à 0,79 sur une période de 4 semaines, indiquant que l’internalisation de l’identité morale fonctionne comme un trait ou schéma de soi relativement stable dans le temps, tout en conservant une certaine sensibilité aux interventions de renforcement éthique à long terme.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’échelle d’identité morale a été établie par des démarches exploratoires puis confirmatoires rigoureuses lors des protocoles d’élaboration psychométrique :

Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)

Lors de la phase initiale de développement menée par Aquino et Reed (2002), un ensemble initial de 26 énoncés potentiels a été soumis à une analyse factorielle en composantes principales avec rotation oblique (Promax), tenant compte de l’interdépendance conceptuelle théorique entre dimensions morales. L’analyse a clairement révélé une structure à deux facteurs majeurs représentant plus de 50 % de la variance totale :

  • Le premier facteur correspondait à la Symbolisation (items reflétant les activités publiques et extérieures).
  • Le second facteur correspondait à l’Internalisation (items mesurant l’ancrage interne et la signification identitaire profonde).

Les 5 items retenus pour l’internalisation présentaient tous des saturations factorielles primaires élevées (> 0,55) et des saturations croisées minimes sur le facteur de symbolisation (< 0,25).

Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

L’analyse factorielle confirmatoire menée sur un échantillon indépendant a corroboré l’adéquation du modèle bi-factoriel. Les indices d’ajustement statistique rapportés dans les publications fondatrices et leurs réplications attestent d’une concordance remarquable :

  • Chi-deux normé (χ²/ddl) : généralement compris entre 1,5 et 2,4, attestant d’une adéquation favorable.
  • Comparative Fit Index (CFI) : valeurs constamment supérieures à 0,94 (souvent ≥ 0,96).
  • Tucker-Lewis Index (TLI) : valeurs supérieures à 0,93.
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : valeurs situées entre 0,042 et 0,065 avec un intervalle de confiance à 90 % satisfaisant.
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : valeurs inférieures à 0,05.

Les saturations standardisées (λ) des cinq items d’internalisation sur leur facteur latent respectif s’échelonnent de 0,58 à 0,82, toutes statistiquement significatives à p < 0,001. La corrélation latente entre les dimensions d’internalisation et de symbolisation est modérée (r oscillant typiquement entre 0,30 et 0,45), justifiant la pertinence de les considérer comme deux construits corrélés mais nettement distincts.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les caractéristiques techniques et opérationnelles de l’instrument sont résumées ci-dessous :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report questionnaire).
  • Dimensions opérationnelles : Mesure de l’ancrage du concept de soi moral (dimension Internalisation).
  • Nombre d’items : 5 items spécifiques.
  • Procédure préalable d’amorçage : Les répondants sont invités à lire et visualiser une liste de 9 traits prototypiques de caractère moral (caring, compassionate, fair, friendly, generous, helpful, hardworking, honest, kind) et à imaginer la manière dont une personne possédant ces caractéristiques pense, ressent et agit dans la vie quotidienne, avant de répondre aux items.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert à 5 points ou 7 points (généralement 1 = « Totalement en désaccord » [Strongly disagree] à 5 = « Totalement d’accord » [Strongly agree], ou 1 = « Totalement en désaccord » à 7 = « Totalement d’accord »).
  • Format de passation : Papier-crayon ou administration informatisée en ligne (compatible Qualtrics, SurveyMonkey, RedCap).
  • Temps de passation estimé : Environ 2 à 4 minutes.
  • Cotation et calcul des scores : La cotation s’effectue en calculant soit le score moyen (moyenne arithmétique des 5 items), soit le score total cumulé (somme des 5 items). L’ensemble des 5 items constitutifs de l’indice final publié d’internalisation est orienté positivement (aucun item inversé dans le calcul final). Un score moyen plus élevé indique une internalisation plus forte de l’identité morale au sein du concept de soi.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2002.
  • Auteurs et détenteurs originaux : Karl Aquino et Americus Reed II.
  • Droit d’auteur et licence : L’article fondateur a été publié dans le Journal of Personality and Social Psychology, revue sous copyright de l’American Psychological Association (APA).
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour la recherche universitaire et les utilisations académiques à but non lucratif. Les auteurs ont placé les énoncés dans le domaine public académique à travers leur publication scientifique, permettant aux chercheurs d’utiliser l’échelle librement sous réserve de citer formellement l’article de référence.
  • Utilisation commerciale et organisationnelle : Toute intégration au sein d’outils commerciaux de recrutement, de plateformes de conseil payantes ou de diagnostics d’entreprise marchands nécessite une consultation préalable des détenteurs des droits ou une autorisation écrite auprès de l’APA.

12. Références / References

Les références ci-dessous regroupent les publications fondamentales ayant établi et validé l’échelle de mesure :

  • Aquino, K., & Reed, A., II. (2002). The self-importance of moral identity. Journal of Personality and Social Psychology, 83(6), 1423–1440. https://doi.org/10.1037/0022-3514.83.6.1423
  • Blasi, A. (1980). Bridging moral cognition and moral action: A critical review of the thinking. Psychological Bulletin, 88(1), 1–45. https://doi.org/10.1037/0033-2909.88.1.1
  • Blasi, A. (1984). Moral identity: Its role in moral functioning. In W. M. Kurtines & J. L. Gewirtz (Eds.), Morality, moral behavior, and moral development (pp. 128–139). John Wiley & Sons.
  • Detert, J. R., Treviño, L. K., & Sweitzer, V. L. (2008). Moral disengagement in ethical decisions: A study of academic and work settings. Journal of Applied Psychology, 93(2), 374–391. https://doi.org/10.1037/0021-9010.93.2.374
  • Markus, H. (1977). Self-schemata and processing information about the self. Journal of Personality and Social Psychology, 35(2), 63–78. https://doi.org/10.1037/0022-3514.35.2.63
  • Markus, H., & Kunda, Z. (1986). Stability and malleability of the self-concept. Journal of Personality and Social Psychology, 51(4), 858–866. https://doi.org/10.1037/0022-3514.51.4.858
  • Reed, A., II, & Aquino, K. F. (2003). Moral identity and the expanding circle of moral regard toward out-groups. Journal of Personality and Social Psychology, 84(6), 1270–1286. https://doi.org/10.1037/0022-3514.84.6.1270

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: 5-point or 7-point Likert scale (typically 1 = Strongly disagree to 5 = Strongly agree, or 1 = Strongly disagree to 7 = Strongly agree)

  1. It would make me feel good to be a person who has these characteristics.
  2. Being someone who has these characteristics is an important part of who I am.
  3. A big part of my emotional well-being is tied to having these characteristics.
  4. I would be ashamed to be a person who had these characteristics. (Reverse-scored / alternatively phrased positively in the final 5-item index as: Having these characteristics is not really important to me.) Note: In the final published 5-item Internalization scale, Item 4 is typically: Having these characteristics is not really important to me. (Reverse-coded) or I would be ashamed of having these characteristics.
  5. Having these characteristics is not really important to me.
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Looti, M. (2026, octobre 2). Identité morale (Internalisation) (MI). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/identite-morale-internalisation-mi/
Looti, Mohammed. “Identité morale (Internalisation) (MI).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/identite-morale-internalisation-mi/.
Looti, Mohammed. “Identité morale (Internalisation) (MI).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/identite-morale-internalisation-mi/.