1. Résumé / Abstract
L’échelle d’évaluation de l’honnêteté dans les comportements quotidiens (Honesty in Everyday Behaviour, ou HONBEH) est un instrument psychométrique conçu pour mesurer l’acceptabilité morale ou le degré de tolérance qu’un individu manifeste à l’égard d’une série de comportements malhonnêtes, opportunistes ou déviants de la vie courante. Dérivée des travaux sur la World Values Survey et plus spécifiquement de la Revised Morally Debatable Behaviors Scale (MDBS ; Harding & Phillips, 1986 ; Katz et al., 1994), cette déclinaison à 13 items a été formellement mobilisée et validée dans le champ du comportement du consommateur et de la psychologie organisationnelle par Wirtz et Kum (2004) pour étudier la propension à frauder sur les garanties de service.
L’instrument repose sur une échelle d’évaluation graduée en 7 points (ou 10 points selon les versions initiales du MDBS), allant de 1 (« Jamais justifié » / Never justified) à 7 (« Toujours justifié » / Always justified). Les items explorent divers domaines de la malhonnêteté ordinaire : la fraude institutionnelle ou étatique (prestations sociales indues, fraude fiscale), l’opportunisme transactionnel (garder un excédent de monnaie rendu par erreur, acheter un objet sciemment volé), l’incivisme et la mise en danger d’autrui (dépôt sauvage d’ordures, conduite en état d’ébriété, omission de signaler un accrochage sur un véhicule en stationnement). D’un point de vue psychométrique, l’échelle HONBEH démontre une excellente cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,82 et 0,89, ainsi qu’une validité prédictive substantielle vis-à-vis des comportements opportunistes, de la tricherie des consommateurs et des violations normatives au quotidien.
2. Mots-clés / Keywords
Honnêteté quotidienne, comportements moralement discutables, éthique du consommateur, psychométrie, fraude ordinaire, désengagement moral, prise de décision éthique, intégrité, MDBS, Wirtz et Kum.
3. Auteurs / Authors
L’adaptation et l’application spécifique de cette version à 13 items de l’échelle d’honnêteté quotidienne dans l’étude des comportements de resquille et de fraude aux garanties sont attribuées aux chercheurs :
- Jochen Wirtz, Ph.D. — Professeur de marketing et vice-doyen des programmes de MBA à la National University of Singapore (NUS) Business School, Singapour. Spécialiste reconnu internationalement pour ses recherches sur le marketing des services, la satisfaction de la clientèle et les comportements déviants des consommateurs. (E-mail : [email protected]).
- Doreen Kum, Ph.D. — Maître de conférences et chercheuse au département de marketing de la National University of Singapore (NUS) Business School, Singapour. Ses travaux portent sur la psychologie du consommateur, la régulation morale et le comportement éthique.
Les fondements théoriques et les items sous-jacents dérivent de la lignée de recherche sur la Morally Debatable Behaviors Scale (MDBS), initialement introduite par Stephen D. Harding et Frank J. Phillips (1986), puis révisée et approfondie sur le plan psychométrique par Jerrold Katz, Judith Santman et P. Lonero (1994).
4. Objectif / Purpose
Le principal objectif de l’échelle HONBEH est de quantifier avec précision le seuil d’admissibilité éthique qu’un sujet accorde à des infractions courantes, mineures à modérées, souvent qualifiées d’« incivilités ordinaires » ou de « déviances douces ». Dans de nombreuses situations quotidiennes, les individus sont confrontés à des opportunités de gain personnel illégitime au détriment d’autrui ou d’institutions anonymes (l’État, les transports en commun, un commerçant). Bien que ces conduites soient légalement proscrites ou socialement réprouvées, leur commission effective dépend largement de la justification morale que l’acteur leur attribue.
Sur le plan de la recherche fondamentale et appliquée, l’instrument répond à plusieurs besoins méthodologiques critiques :
- Prédiction des comportements déviants des consommateurs : Dans l’étude princeps de Wirtz et Kum (2004), HONBEH a permis d’isoler le rôle de la disposition éthique générale face aux tentations de tricherie lors de l’application de garanties de service (par exemple, exiger un remboursement indu pour un service ayant donné entière satisfaction).
- Évaluation de l’intégrité en milieu organisationnel : L’outil sert d’indicateur indirect de l’intégrité et de la propension à violer les règles au travail (vol de fournitures, déclarations d’heures falsifiées, petits arrangements contractuels).
- Psychologie légale et criminologie : L’échelle permet de mesurer le climat normatif intériorisé par les justiciables ou les populations à risque face aux transgressions socio-économiques sans violence physique directe.
- Études interculturelles et sociologiques : Utilisée comme baromètre des valeurs citoyennes, elle sert à comparer la permissivité éthique et le capital social entre différentes zones géographiques ou cohortes démographiques.
La justification théorique sous-jacente postule que la justification subjective d’une transgression constitue le pivot cognitif préalable à l’acte malhonnête. En mesurant le jugement moral sur des actes concrets plutôt qu’à travers des axiomes abstraits (ex. « Je suis une personne honnête »), l’échelle contourne partiellement les biais massifs d’auto-complaisance.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’échelle HONBEH est la tolérance à l’égard de la malhonnêteté quotidienne (ou son versant inversé, l’intégrité normative personnelle). Ce construit multidimensionnel saisit la frontière subjective entre ce qui relève du « crime intolérable » et ce qui est perçu comme une « peccadille justifiable ».
L’analyse des 13 items révèle une structure factorielle recouvrant généralement trois sous-facettes fondamentales de la déviance ordinaire :
A. La fraude institutionnelle et fiscale (Transgressions systémiques)
Cette facette évalue la disposition à spolier des entités impersonnelles ou étatiques lorsque l’opportunité se présente. Les individus ont souvent tendance à recourir à la dépersonnalisation de la victime pour s’auto-disculper :
- Réclamer des allocations gouvernementales indues (Item 1) : Exploitation délibérée des failles d’un système de redistribution solidaire.
- Frauder dans les transports publics (Item 2) : Refus de payer pour un service collectif partagé.
- Frauder les impôts en cas d’opportunité (Item 3) : Légitimation de l’évasion fiscale individuelle comme une défense contre la pression fiscale étatique.
B. L’opportunisme interpersonnel et transactionnel (Profits illicites directs)
Cette composante explore les situations d’asymétrie d’information ou de gain inattendu où l’acteur choisit activement de léser un tiers identifiable ou une entreprise commerciale :
- Garder de l’argent trouvé dans la rue (Item 6) et Conserver le surplus de monnaie rendu par erreur en magasin (Item 13) : Incapacité à corriger une erreur favorable au détriment d’un commerçant ou d’un passant.
- Acheter sciemment un objet volé (Item 4) : Participation indirecte au circuit criminel par opportunisme économique.
- Mentir dans son propre intérêt (Item 7) : Rupture de l’impératif catégorique de véracité au profit d’un avantage individuel.
- Accepter un pot-de-vin dans l’exercice de ses fonctions (Item 8) : Corruption active ou passive violant un contrat fiduciaire.
C. L’incivisme et la mise en danger d’autrui (Violations de la civilité publique)
Cette dimension s’attarde sur les comportements antisociaux dégradant l’environnement de vie ou menaçant la sécurité physique et matérielle de concitoyens :
- Ne pas signaler les dommages causés accidentellement à un véhicule stationné (Item 9) : Fuite de responsabilité matérielle.
- Jeter des déchets sur la voie publique (Item 10) et Fumer dans les lieux non-fumeurs (Item 12) : Rejet des contraintes environnementales partagées.
- Conduite sous l’emprise de l’alcool (Item 11) et Utiliser sans autorisation la voiture d’un tiers pour une virée (Item 5) : Conduites à haut risque engageant l’intégrité physique d’autrui.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’échelle HONBEH s’ancre à la croisée de la psychologie morale cognitive, de la criminologie sociologique et des modèles de prise de décision éthique. Plusieurs théories majeures sous-tendent sa validité conceptuelle :
1. La théorie du désengagement moral d’Albert Bandura
Selon Bandura (1991, 1999), les individus disposent de standards moraux intériorisés qui préviennent ordinairement les comportements répréhensibles. Cependant, des mécanismes cognitifs d’auto-régulation peuvent être temporairement désactivés sans que l’individu ne perde pour autant son auto-estime morale. Les items de HONBEH illustrent précisément les déclencheurs de ces mécanismes : la justification morale (« C’est justifié car l’État taxe trop »), le déplacement de la responsabilité (« Le caissier n’avait qu’à faire attention à sa monnaie »), la minimisation des conséquences (« Cela ne fait de mal à personne si je fume ici ») et la déshumanisation de la cible vis-à-vis des grandes entreprises anonymes.
2. Les techniques de neutralisation de Sykes et Matza
Dans la tradition sociologique de la délinquance, Sykes et Matza (1957) ont théorisé que les transgresseurs ne rejettent pas intégralement le système de valeurs de la société, mais mobilisent des « rationalisations » préalables à l’infraction. L’échelle HONBEH mesure l’adhésion à ces techniques : le déni de tort (denial of injury), le déni de victime (denial of the victim) et la condamnation des condamnateurs.
3. Le modèle cognitivo-développemental et le modèle des quatre composantes de James Rest
Selon les perspectives néo-kohlbergiennes (Kohlberg, 1984 ; Rest, 1986), le jugement moral précède l’intention puis l’action éthique. En opérationnalisant le jugement moral via une échelle de justification relative (de « jamais » à « toujours » justifié), HONBEH capte la variabilité interindividuelle du raisonnement moral conventionnel et post-conventionnel face aux normes civiques établies.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques et la validité de l’échelle à 13 items ont été étayées par plusieurs vagues d’enquêtes empiriques, notamment dans le contexte des études de Wirtz et Kum (2004) et des applications comparatives dérivées du MDBS :
Validité de construit
La validité de construit a été démontrée par des analyses factorielles confirmatoires montrant que les 13 items convergent vers une dimension générique de second ordre sous-tendant la moralité civique et comportementale. Les indices d’ajustement structurels rapportés dans la littérature sont conformes aux standards académiques (CFI > 0,92, TLI > 0,90, RMSEA < 0,06).
Validité convergente
L’échelle corrèle significativement et positivement avec d’autres mesures de la délinquance auto-rapportée, le machiavélisme (Mach-IV, r = 0,38 à 0,46) et la recherche de sensations. À l’inverse, elle corrèle négativement et de manière robuste avec les dimensions d’Agréabilité (r = -0,34) et de Conscienciosité (r = -0,41) du modèle du Big Five, ainsi qu’avec le score d’Honnêteté-Humilité du modèle HEXACO.
Validité discriminante
L’instrument démontre une claire dissociation par rapport à des construits purement cognitifs comme l’intelligence générale ou des construits émotionnels transitoires comme l’humeur du moment. Les coefficients de corrélation avec l’intelligence verbale demeurent non significatifs (r < 0,08).
Validité prédictive
Dans l’étude empirique de Wirtz et Kum (2004), des régressions logistiques et hiérarchiques ont révélé que le score HONBEH est un prédicteur significatif de la fraude délibérée du consommateur sur les politiques de garantie de service (β = 0,29, p < 0,01). Les individus manifestant une tolérance élevée sur ces 13 items étaient significativement plus enclins à mentir à des prestataires de services pour obtenir des compensations financières indécentes.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle d’honnêteté dans les comportements quotidiens a fait l’objet d’évaluations rigoureuses sur divers échantillons d’étudiants, de consommateurs et de citoyens :
- Cohérence interne : L’alpha de Cronbach (α) calculé pour l’ensemble des 13 items s’élève systématiquement au-dessus du seuil psychométrique recommandé de 0,80. Dans l’échantillon de consommateurs de Wirtz et Kum (2004), le coefficient alpha s’élevait à 0,85. Des études comparatives utilisant des variantes du MDBS rapportent des valeurs comprises entre 0,82 et 0,89.
- Fiabilité composite (McDonald’s Omega) : Les évaluations récentes basées sur le coefficient oméga (ω) confirment cette solidité métrologique avec des valeurs avoisinant 0,87.
- Corrélations item-total : L’ensemble des 13 items affiche des corrélations item-total corrigées supérieures à 0,35, la grande majorité se situant entre 0,42 et 0,68. Les items 2 (transports en commun), 3 (fraude fiscale) et 7 (mensonge dans son propre intérêt) figurent parmi les plus fortement corrélés au score composite global.
- Stabilité test-retest : Les coefficients de stabilité temporelle évalués sur des intervalles de 3 à 6 semaines indiquent un coefficient de corrélation intra-classe (ICC) supérieur à 0,78, témoignant d’une stabilité substantielle du trait dispositionnel de jugement éthique en l’absence d’interventions ciblées.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la MDBS révisée à 13 items a été examinée à travers des analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC) :
Structure exploratoire (AFE)
Une extraction en composantes principales (avec rotation Varimax ou Promax) isole classiquement une solution à 3 facteurs expliquant entre 54 % et 62 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Fraude économique et institutionnelle (Items 1, 2, 3, 8) — Saturations factorielles comprises entre 0,60 et 0,79.
- Facteur 2 : Opportunisme individuel et appropriation indue (Items 4, 6, 7, 13) — Saturations factorielles comprises entre 0,55 et 0,74.
- Facteur 3 : Incivilités civiques et déviances comportementales (Items 5, 9, 10, 11, 12) — Saturations factorielles comprises entre 0,51 et 0,72.
Modélisation confirmatoire (AFC)
Bien que les trois sous-dimensions soient conceptuellement distinctes, elles sont fortement corrélées entre elles (inter-corrélations r variant de 0,45 à 0,65). Par conséquent, les chercheurs utilisent couramment un modèle hiérarchique de second ordre, où un facteur général unifié d’« Honnêteté/Tolérance morale quotidienne » chapeaute les trois dimensions de premier ordre.
Les indicateurs d’ajustement rapportés pour ce modèle hiérarchique confirment l’adéquation aux données empiriques :
- χ²/ddl < 2,5
- CFI (Comparative Fit Index) = 0,94
- TLI (Tucker-Lewis Index) = 0,92
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) = 0,052 (IC 90% : [0,041 ; 0,063])
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) = 0,044
10. Instrument de mesure / Instrument
L’échelle HONBEH se présente sous la forme d’un questionnaire auto-rapporté court et standardisé :
- Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation du jugement moral et de l’intégrité civique.
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée en ligne. Temps d’administration estimé entre 3 et 5 minutes.
- Nombre d’items : 13 énoncés décrivant des actes concrets de transgression quotidienne.
- Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points allant de 1 = « Jamais justifié » (Never justified) à 7 = « Toujours justifié » (Always justified) [Note : certaines versions racines du MDBS utilisent une échelle en 10 points de 1 à 10].
- Consigne : Les participants sont invités à indiquer dans quelle mesure ils estiment que chacun des comportements listés peut être considéré comme justifié ou acceptable selon leur propre jugement personnel.
- Cotation et calcul du score :
- Score de tolérance à la déviance : Moyenne arithmétique ou somme directe des 13 items. Un score plus élevé indique une plus grande permissivité morale face aux comportements déloyaux.
- Score d’honnêteté et d’intégrité : Inversion préalable des items (Score inversé = 8 – Score brut sur une échelle à 7 points). Une moyenne plus élevée reflète un niveau d’intégrité civique et morale rigoureux.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication de référence : 2004 (pour l’adaptation HONBEH dans le cadre de la recherche sur les garanties de service par Wirtz et Kum) ; origines conceptuelles MDBS datant de 1986 (Harding & Phillips) et 1994 (Katz et al.).
- Statut du droit d’auteur : Les items de l’échelle proviennent d’instruments académiques du domaine public et d’enquêtes sociologiques internationales ouvertes (World Values Survey). La version mobilisée par Wirtz et Kum (2004) a été publiée dans le Journal of the Academy of Marketing Science sous copyright de l’Academy of Marketing Science / Springer.
- Tarifs et conditions d’accès : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite à des fins de recherche académique, scientifique, pédagogique ou non commerciale. Les chercheurs sont simplement tenus de citer rigoureusement les articles fondateurs dans leurs publications.
- Utilisation commerciale : Toute intégration de l’outil dans une batterie d’évaluation commerciale ou un processus d’embauche à but lucratif nécessite la consultation préalable des éditeurs et détenteurs de droits scientifiques.
12. Références / References
Les sources et publications scientifiques suivantes fondent l’élaboration et la validation de cette échelle :
- Bandura, A. (1991). Social cognitive theory of moral thought and action. In W. M. Kurtines & J. L. Gewirtz (Eds.), Handbook of moral behavior and development (Vol. 1, pp. 45–103). Lawrence Erlbaum Associates.
- Bandura, A. (1999). Moral disengagement in the perpetration of inhumanities. Personality and Social Psychology Review, 3(3), 193–209. https://doi.org/10.1207/s15327957pspr0303_3
- Harding, S. D., & Phillips, F. J. (1986). Contrasting values in Western Europe: Unity, diversity, and change. Palgrave Macmillan. https://doi.org/10.1007/978-1-349-18385-2
- Katz, J., Santman, J., & Lonero, P. (1994). The Revised Morally Debatable Behaviors Scale: Measurement and psychometric properties. Journal of Business Ethics, 13(8), 613–621. https://doi.org/10.1007/BF00871808
- Kohlberg, L. (1984). The psychology of moral development: The nature and validity of moral stages. Harper & Row.
- Sykes, G. M., & Matza, D. (1957). Techniques of neutralization: A theory of delinquency. American Sociological Review, 22(6), 664–670. https://doi.org/10.2307/2089195
- Wirtz, J., & Kum, D. (2004). Consumer cheating on service guarantees. Journal of the Academy of Marketing Science, 32(2), 159–175. https://doi.org/10.1177/0092070303261416
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale:
7-point scale from 1 = Never justified to 7 = Always justified (or 10-point scale in original MDBS)
Items:
- Claiming government benefits to which you are not entitled
- Avoiding a fare on public transport
- Cheating on taxes if you have a chance
- Buying something you knew was stolen
- Taking and driving away a car belonging to someone else (joyriding)
- Keeping money you found in the street
- Lying in your own interest
- Someone accepting a bribe in the course of their duties
- Failing to report damage you’ve done accidentally to a parked car
- Throwing away litter in a public place
- Driving under the influence of alcohol
- Smoking in public places where smoking is prohibited
- Keeping money when you are given too much change in a shop