1. Résumé / Abstract
Le Formulaire d’identification du comportement (Behaviour Identification Form ou BIF), élaboré par Robin R. Vallacher et Daniel M. Wegner en 1989, constitue un instrument psychométrique de référence destiné à évaluer les variations dispositionnelles dans la manière dont les individus se représentent cognitivement leurs propres actions et celles d’autrui. Ancré conceptuellement dans la théorie de l’identification de l’action (Action Identification Theory) et précurseur direct de la théorie des niveaux de représentation (Construal Level Theory de Trope et Liberman), le BIF examine si une personne conçoit spontanément une conduite donnée à un niveau bas, c’est-à-dire concret, procédural et mécaniste (« comment » l’action est exécutée), ou à un niveau haut, c’est-à-dire abstrait, téléologique et orienté vers les finalités et la signification (« pourquoi » l’action est accomplie).
L’instrument se compose de 25 items décrivant des activités ordinaires de la vie quotidienne (par exemple, « Faire une liste », « Lire », « Fermer une porte à clé »). Pour chaque énoncé, le participant est confronté à un choix forcé dichotomique entre deux descriptions alternatives équivalentes sur le plan logique : l’une formulée à bas niveau (ex. « Écrire des choses », « Mettre une clé dans la serrure ») et l’autre à haut niveau (ex. « S’organiser », « Sécuriser la maison »). Chaque sélection d’une identification de haut niveau est cotée 1 point, tandis que l’identification de bas niveau reçoit 0 point, générant un score total continu compris entre 0 et 25. Les propriétés psychométriques établies dans la littérature mettent en évidence une consistance interne satisfaisante (coefficients alpha de Cronbach variant généralement entre .84 et .89) ainsi qu’une stabilité temporelle remarquable (fidélité test-retest d’environ .91 sur un intervalle de deux semaines). L’analyse factorielle confirme une structure essentiellement unidimensionnelle, soutenant l’existence d’un gradient général d’abstraction cognitive dans l’identification de l’agir humain. Utilisé en psychologie sociale, en psychologie de la personnalité, en recherche sur la prise de décision et dans l’étude du comportement du consommateur, le BIF démontre une robustesse empirique constante depuis plusieurs décennies.
2. Mots-clés / Keywords
Identification de l’action, théorie des niveaux de représentation, abstraction cognitive, niveau de construits, agentivité personnelle, cognition sociale, prise de décision, psychométrie, comportement du consommateur, régulation de l’action, évaluation psychologique, Vallacher et Wegner.
3. Auteurs / Authors
Le Formulaire d’identification du comportement a été conceptualisé et validé empiriquement par deux figures majeures de la psychologie sociale et cognitive contemporaine :
- Robin R. Vallacher, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à la Florida Atlantic University (Boca Raton, Floride, États-Unis) et chercheur associé à l’Institute for Social Research de l’Université du Michigan. Ses travaux pionniers portent sur la dynamique des systèmes sociaux, la conscience de soi, la théorie de l’action et l’émergence des processus identitaires. Courriel institutionnel : [email protected].
- Daniel M. Wegner, Ph.D. (1948–2013) : Ancien professeur titulaire au département de psychologie de l’Université Harvard (Cambridge, Massachusetts, États-Unis) et auparavant professeur à l’Université de Virginie. Mondialement reconnu pour ses recherches séminales sur le contrôle de la pensée (processus ironiques), l’illusion de la volonté consciente et l’esprit transactif, il a cosigné avec Robin Vallacher les fondations paradigmatiques de l’identification de l’action.
4. Objectif / Purpose
Fondements et utilité générale
L’objectif fondamental du Behaviour Identification Form est d’opérationnaliser et de quantifier les différences individuelles chroniques dans le niveau hiérarchique auquel les individus identifient, structurent et interprètent les conduites humaines. Selon l’architecture théorique initialement posée par Vallacher et Wegner (1985, 1987, 1989), n’importe quel comportement observable peut faire l’objet d’une infinité d’identifications valides disposées le long d’une hiérarchie cognitive verticale. Par exemple, l’acte consistant à « voter » peut être décrit sur le plan physiologique ou moteur (« cocher une case sur un bulletin de vote ») ou sur le plan des motivations ultimes et des conséquences sociopolitiques (« influencer le résultat d’une élection »). Le BIF cherche à déterminer si un individu manifeste une disposition générale stable à privilégier les causes, conséquences et implications morales ou sociales de ses actes (identificateurs de haut niveau), ou s’il s’ancre prioritairement dans les moyens instrumentaux, les contraintes physiques et la logistique opératoire (identificateurs de bas niveau).
Applications en recherche fondamentale et appliquée
Au-delà de la psychologie de la personnalité descriptive, le BIF est largement mobilisé dans de nombreux paradigmes expérimentaux et contextes appliqués :
- Psychologie sociale et cognition expérimentale : Le test sert de mesure d’ancrage dispositionnel dans les recherches sur la perception des personnes, l’attribution causale et la projection sociale. Les identificateurs de haut niveau ont tendance à attribuer des traits de personnalité globaux de façon plus rapide et plus pérenne, tandis que les identificateurs de bas niveau restent sensibles aux détails contextuels immédiats et aux contingences situationnelles.
- Recherche translationnelle et comportement du consommateur : Dans le champ du marketing quantitatif et de la communication persuasive, le niveau chronique d’identification de l’action agit comme un modérateur critique de l’efficacité publicitaire. Les individus identifiant à haut niveau répondent plus favorablement aux messages promotionnels orientés vers la désirabilité globale, le prestige de marque et les bénéfices à long terme, alors que les individus à bas niveau sont davantage persuadés par des messages détaillant la faisabilité technique, les caractéristiques d’ingénierie et le coût monétaire immédiat (Trope & Liberman, 2010).
- Prise de décision, temporalité et actualisation temporelle : Le BIF permet d’expliquer les variations de la propension à l’escompte temporel (temporal discounting). Les identificateurs de haut niveau démontrent une capacité accrue à différer la gratification et à poursuivre des objectifs distaux, car la signification de l’objectif transcende la frustration liée à l’effort immédiat requis.
- Psychologie clinique et psychopathologie du contrôle : Bien qu’il s’agisse d’un instrument non pathologique à l’origine, le BIF trouve un intérêt diagnostique et heuristique dans l’analyse de dysfonctionnements de l’agentivité. Les individus souffrant de troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ou d’états d’anxiété aiguë présentent fréquemment une sur-focalisation dysfonctionnelle sur les micro-détails de bas niveau (« comment » nettoyer la surface avec exactitude mécanique), perdant de vue la finalité globale (« pourquoi » l’acte est réalisé), phénomène documenté dans la théorie du contrôle ironique et de l’autorégulation.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par le BIF est le niveau d’identification de l’action (level of action identification), une variable différentielle continue reflétant la complexité intégrative et le degré d’abstraction avec lesquels une personne se représente les comportements. Ce construit repose sur une conceptualisation hiérarchique rigoureuse articulant deux pôles distincts :
1. Les représentations de bas niveau (Low-Level Identifications)
Les identifications situées au bas de la hiérarchie cognitive capturent la dimension mécanique, instrumentale et physique de l’acte. Elles répondent fondamentalement à la question heuristique : « Comment cette action s’accomplit-elle ? » (how-to). Ces représentations mettent en exergue :
- Les séquences motrices et musculaires nécessaires à l’exécution de la tâche (ex. pour « Se brosser les dents » : « Déplacer une brosse dans sa bouche »).
- L’usage d’outils et d’intermédiaires matériels (ex. pour « Mesurer une pièce pour poser de la moquette » : « Utiliser un mètre pliant »).
- La décomposition temporelle et procédurale étape par étape (ex. pour « Faire une liste » : « Écrire des choses »).
D’un point de vue cognitif, une identification de bas niveau est sensible aux perturbations environnementales : dès qu’une action devient difficile, non maîtrisée ou entravée par un obstacle inattendu (par exemple, si un outil se casse ou si une panne survient), l’individu est forcé de rétrograder à ce niveau opératoire pour reprendre le contrôle immédiat de sa gestuelle.
2. Les représentations de haut niveau (High-Level Identifications)
À l’opposé, les identifications de haut niveau intègrent l’action dans une trame de significations psychologiques, sociales, morales et téléologiques. Elles répondent à l’interrogation : « Pourquoi cette action est-elle exécutée, ou quelles en sont les répercussions ultimes ? » (why). Ces conceptualisations véhiculent :
- Les motivations profondes, buts intrinsèques et finalités recherchées (ex. pour « Faire une liste » : « S’organiser » ; pour « Se brosser les dents » : « Prévenir les caries dentaires »).
- Les conséquences sociales, interpersonnelles et identitaires (ex. pour « Saluer quelqu’un » : « Manifester de la convivialité » ; pour « Voter » : « Influencer le résultat d’une élection »).
- Les jugements moraux et le reflet de traits de personnalité sous-jacents (ex. pour « Résister à la tentation » : « Faire preuve de courage moral » ; pour « Remplir un test de personnalité » : « Révéler ce que l’on est »).
Les individus qui présentent un score élevé au BIF (identificateurs chroniques de haut niveau) bénéficient d’un sentiment plus robuste de cohérence personnelle et d’une meilleure stabilité de leur concept de soi à travers le temps. Cependant, cette disposition peut les rendre vulnérables à l’illusion de compétence lorsqu’ils sont confrontés à des tâches complexes nécessitant une attention méticuleuse portée aux détails procéduraux immédiats.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La théorie de l’identification de l’action (Vallacher & Wegner, 1985, 1987)
Le socle épistémologique premier du BIF est la théorie de l’identification de l’action développée par Robin Vallacher et Daniel Wegner au milieu des années 1980. Cette approche dynamique part du postulat qu’une action humaine n’a jamais une existence cognitive univoque : elle est toujours appréhendée à travers la définition ou l’étiquette sémantique que l’agent ou l’observateur lui attribue. La théorie s’articule autour de trois principes régulateurs cardinaux :
- Le principe de prépotence : L’action est toujours régulée selon l’identité que l’agent retient actuellement pour cette action. Si une personne conçoit son action comme « écrire des lettres », sa motricité fine est guidée par le tracé graphique ; si elle la conçoit comme « déclarer son amour », son attention est mobilisée par l’impact émotionnel des mots choisis.
- Le principe du niveau supérieur : Lorsque deux identités alternatives pour une même action sont simultanément disponibles et maîtrisables, l’individu tend naturellement à adopter l’identité située au niveau le plus élevé de la hiérarchie. Ce vecteur ascendant traduit une tendance universelle de l’esprit humain à maximiser le sens et la cohérence de son activité dans le monde.
- Le principe de perturbation et d’émergence : Lorsque l’action ne peut pas être maintenue avec succès sous son identité de haut niveau (par exemple en raison d’une complexité accrue, d’un manque d’expertise ou d’une erreur d’exécution), l’identification se désintègre et bascule vers un niveau inférieur (« comment faire »). Une fois l’action réorganisée et fluidifiée au niveau inférieur, une nouvelle identité de haut niveau émerge progressivement par réorganisation cognitive.
Convergence avec la théorie des niveaux de représentation (CLT)
Au tournant des années 2000, les psychologues Nira Liberman et Yaacov Trope ont bâti la Construal Level Theory (CLT) en s’appuyant très largement sur les axiomes formulés par Vallacher et Wegner. La CLT postule que la distance psychologique (qu’elle soit temporelle, spatiale, sociale ou hypothétique) détermine systématiquement le niveau de représentation mentale (construal level) : les événements distants sont construits à un haut niveau, abstrait, décontextualisé et centré sur la désirabilité (« high-level construals »), alors que les événements proches sont construits à bas niveau, concret, contextuel et orienté vers la faisabilité (« low-level construals »). Dans ce cadre paradigmatique, le BIF est devenu l’instrument de mesure par excellence permettant d’évaluer la propension dispositionnelle ou l’orientation chronique des participants vis-à-vis du niveau de représentation, indépendamment des manipulations situationnelles de la distance psychologique.
7. Validité / Validity
Depuis sa publication princeps en 1989, le Behaviour Identification Form a fait l’objet de nombreuses investigations psychométriques confirmant sa solide validité scientifique à travers plusieurs dimensions :
Validité de contenu
Les 25 actions retenues dans le BIF couvrent un échantillon représentatif et écologique d’activités domestiques, administratives, relationnelles, personnelles et cognitives quotidiennes (« Nourrir des plantes d’appartement », « Payer son loyer », « Voyager en voiture », « Manger »). Les deux options proposées ont été rigoureusement appariées par les auteurs initiaux afin de s’assurer qu’elles décrivent exactement le même acte factuel sans introduire de biais de désirabilité sociale asymétrique ni d’ambiguïté logique quant à la relation hiérarchique moyen-but.
Validité convergente
Les études empiriques documentent des corrélations convergentes théoriquement prévisibles mais modérées, ce qui garantit que le BIF ne duplique pas des construits préexistants :
- Besoin de cognition (Need for Cognition) : Des corrélations positives modérées (généralement comprises entre r = .25 et r = .38, p < .001) ont été observées avec l’échelle de Cacioppo et Petty, illustrant que la tendance à l’abstraction téléologique est corrélée au plaisir intellectuel d’élaborer de l’information sans s’y réduire.
- Estime de soi et clarté du concept de soi : Vallacher et Wegner (1989) ont rapporté des liens positifs significatifs entre les scores élevés au BIF et la clarté du concept de soi de Campbell (r = .31), les identificateurs de haut niveau décrivant leurs traits avec moins d’hésitation et une plus grande stabilité temporelle.
- Lieu de contrôle interne (Internal Locus of Control) : Une association positive modérée (r = .28) est observée avec le sentiment de contrôle sur sa propre existence, la focalisation sur le « pourquoi » favorisant le sentiment d’agentivité personnelle.
Validité discriminante
Le BIF se distingue nettement de l’intelligence générale (QI psychométrique), avec des corrélations faibles et non significatives (r variant de .04 à .12), démontrant qu’identifier à haut niveau est un style cognitif et dispositionnel plutôt qu’une mesure d’aptitude cognitive brute. De surcroît, les scores au BIF ne présentent aucune corrélation statistiquement significative avec l’orientation vers la désirabilité sociale mesurée par l’échelle de Marlowe-Crowne (r = .06, non significatif), ce qui écarte l’hypothèse selon laquelle les choix de haut niveau seraient dictés par la volonté d’apparaître plus vertueux ou réfléchi.
Validité prédictive et expérimentale
La validité prédictive du BIF a été confirmée dans des dizaines d’expériences de psychologie sociale et économique :
- Flexibilité comportementale face aux obstacles : Lorsque les participants sont confrontés à une tâche motrice ou cognitive subitement perturbée, les identificateurs chroniques de haut niveau montrent une désorganisation comportementale initiale plus marquée car leur schéma mental (« pourquoi ») est déconnecté des ajustements micro-procéduraux (« comment ») exigés par la rupture (Vallacher et al., 1989).
- Comportement d’achat et cadrage temporel : Dans les protocoles de CLT (Fujita et al., 2006 ; Liberman et al., 2007), les participants présentant un score élevé au BIF privilégient systématiquement les compromis axés sur la désirabilité plutôt que sur la faisabilité, même pour des décisions dont l’échéance temporelle est immédiate.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité du Behaviour Identification Form a été reproduite à travers des dizaines de cohortes étudiantes et d’échantillons d’adultes au sein de multiples contextes culturels et linguistiques.
Consistance interne
Dans l’échantillon princeps de validation (Vallacher & Wegner, 1989, Étude 1, N = 277), le coefficient alpha de Cronbach rapporté s’élevait à .85. Des réplications indépendantes ultérieures ont confirmé des indices d’homogénéité interne très stables, se situant de façon constante dans l’intervalle .83 à .89 :
- Vallacher et Wegner (1989, Études 2 à 4) : coefficients alpha oscillant entre .84 et .86 sur des échantillons variant de 84 à 156 répondants.
- Fujita, Henderson, Eng, Trope et Liberman (2006) : alpha de .85 dans un contexte d’évaluation du contrôle de soi.
- Rim, Hansen et Trope (2013) : alpha de .87 dans une étude sur le jugement intuitif et les représentations relationnelles.
- Les coefficients de corrélation moyenne inter-items se situent dans la fourchette optimale recommandée de .18 à .25 pour une échelle unidimensionnelle couvrant un domaine comportemental large et diversifié.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
L’évaluation de la stabilité temporelle par la méthode du test-retest confirme la nature dispositionnelle et pérenne du construit. Vallacher et Wegner (1989) ont administré le BIF à un intervalle de deux semaines à un sous-échantillon de participants et ont obtenu un coefficient de corrélation intra-classe de r = .91 (p < .001). Dans des recherches longitudinales menées sur des périodes plus longues (entre 4 et 8 semaines), le coefficient de stabilité temporelle demeure supérieur à .80, démontrant que si le niveau d’identification de l’action peut être modulé temporairement par des amorçages situationnels (priming), l’orientation individuelle de base constitue un trait cognitivo-motivationnel particulièrement robuste.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture dimensionnelle du Behaviour Identification Form a fait l’objet d’examens psychométriques approfondis au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Dans les travaux initiaux de Vallacher et Wegner (1989), une analyse factorielle par composantes principales (avec et sans rotation orthogonale Varimax) réalisée sur la matrice de corrélation tétrachorique des 25 items a révélé une structure dominée sans équivoque par un facteur général prépondérant. Le premier facteur expliquait une part dominante de la variance totale commune (environ 26 % à 31 % selon les échantillons), avec un saut très net sur le diagramme des valeurs propres (scree plot de Cattell) entre le premier facteur et les facteurs secondaires subséquents (dont les valeurs propres diminuaient rapidement sans interprétabilité théorique cohérente).
Saturations factorielles des items
L’examen des charges factorielles indique que l’ensemble des 25 items sature positivement sur cette dimension unique de niveau d’abstraction. Parmi les items présentant les saturations les plus robustes (> .55), on retrouve :
- Item 1 (Faire une liste / Making a list) : saturation factorielle de .61
- Item 10 (Payer le loyer / Paying the rent) : saturation factorielle de .58
- Item 12 (Fermer une porte à clé / Locking a door) : saturation factorielle de .64
- Item 13 (Voter / Voting) : saturation factorielle de .59
- Item 16 (Se brosser les dents / Toothbrushing) : saturation factorielle de .62
- Item 19 (Résister à la tentation / Resisting temptation) : saturation factorielle de .66
Seuls deux à trois items affichent des saturations plus modestes (entre .30 et .40), tels que l’item 25 (Appuyer sur une sonnette / Pushing a doorbell) ou l’item 6 (Abattre un arbre / Chopping down a tree), en raison de la nature très banale ou très spécifique du geste physique sollicité. Ils demeurent néanmoins statistiquement significatifs et contribuent à la validité écologique globale de l’échelle.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Des travaux contemporains ayant soumis le BIF à des techniques d’analyse factorielle confirmatoire pour variables catégorielles (notamment à l’aide d’estimateurs robustes de type WLSMV) confirment qu’un modèle unidimensionnel ajuste adéquatement les données empiriques (ex. RMSEA ≤ .05, CFI ≥ .92, TLI ≥ .91). Les tentatives de modélisation multidimensionnelle (séparant par exemple les actes interpersonnels des actes instrumentaux solitaires) n’ont pas démontré d’amélioration statistiquement substantielle des indices d’ajustement, confirmant que le BIF mesure un continuum psychologique singulier et généralisable d’identification cognitive de l’action.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le Behaviour Identification Form (BIF) est un instrument standardisé d’auto-évaluation caractérisé par les spécifications techniques suivantes :
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique papier-crayon ou informatisé d’auto-évaluation (self-report inventory).
- Format d’administration : Choix forcé dichotomique (dichotomous forced-choice) pour chaque énoncé d’action.
- Nombre total d’items : 25 items d’actions quotidiennes.
- Durée moyenne de passation : Environ 5 à 10 minutes.
- Échelle de réponse : Choix forcé dichotomique entre deux descriptions alternatives (a ou b) représentant une identification de bas niveau (mécaniste / comment) ou une identification de haut niveau (sens / pourquoi) : Dichotomous forced-choice between two alternative descriptions (a vs. b) representing low-level (mechanistic/how) vs. high-level (meaning/why) action identifications.
- Règles de cotation (Scoring) :
- Pour chaque item, l’alternative correspondant à une identification de haut niveau reçoit 1 point.
- L’alternative correspondant à une identification de bas niveau reçoit 0 point.
- La clé de cotation détaillée item par item est la suivante :
- Item 1 : a = 1 (Haut), b = 0 (Bas)
- Item 2 : a = 0 (Bas), b = 1 (Haut)
- Item 3 : a = 1 (Haut), b = 0 (Bas)
- Item 4 : a = 1 (Haut), b = 0 (Bas)
- Item 5 : a = 0 (Bas), b = 1 (Haut)
- Item 6 : a = 0 (Bas), b = 1 (Haut)
- Item 7 : a = 1 (Haut), b = 0 (Bas)
- Item 8 : a = 1 (Haut), b = 0 (Bas)
- Item 9 : a = 0 (Bas), b = 1 (Haut)
- Item 10 : a = 1 (Haut), b = 0 (Bas)
- Item 11 : a = 0 (Bas), b = 1 (Haut)
- Item 12 : a = 0 (Bas), b = 1 (Haut)
- Item 13 : a = 1 (Haut), b = 0 (Bas)
- Item 14 : a = 1 (Haut), b = 0 (Bas)
- Item 15 : a = 0 (Bas), b = 1 (Haut)
- Item 16 : a = 1 (Haut), b = 0 (Bas)
- Item 17 : a = 0 (Bas), b = 1 (Haut)
- Item 18 : a = 0 (Bas), b = 1 (Haut)
- Item 19 : a = 0 (Bas), b = 1 (Haut)
- Item 20 : a = 1 (Haut), b = 0 (Bas)
- Item 21 : a = 0 (Bas), b = 1 (Haut)
- Item 22 : a = 0 (Bas), b = 1 (Haut)
- Item 23 : a = 1 (Haut), b = 0 (Bas)
- Item 24 : a = 1 (Haut), b = 0 (Bas)
- Item 25 : a = 0 (Bas), b = 1 (Haut)
- Score total : Calculé par la somme arithmétique simple des 25 items. Le score s’étend de 0 à 25.
- Interprétation des scores : Un score élevé reflète une disposition marquée à identifier les actions à un niveau élevé, abstrait, symbolique et orienté vers les finalités et la finalité morale ou sociale. Un score bas indique une orientation dispositionnelle vers les identités de bas niveau, mécanistes, procédurales et orientées vers le détail opératoire. En recherche, les participants sont souvent répartis via une scission sur la médiane (median split) ou par quartiles extrêmes en identificateurs de haut niveau vs de bas niveau, bien que l’utilisation du score continu soit recommandée pour les analyses de régression.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1989 (au sein du Journal of Personality and Social Psychology).
- Statut des droits d’auteur : Les droits initiaux de publication de l’article princeps sont détenus par l’American Psychological Association (APA).
- Conditions d’utilisation et permissions : L’échelle fait partie du domaine public académique pour la recherche scientifique non commerciale et l’enseignement universitaire. Les chercheurs et étudiants peuvent administrer le BIF dans leurs travaux de recherche sans acquitter de redevance financière, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Vallacher et Wegner (1989). Toute exploitation commerciale ou intégration dans des plateformes logicielles payantes de recrutement ou d’évaluation d’entreprise nécessite l’autorisation formelle expresse de l’APA et des ayants droit.
- Tarification : Libre d’accès et gratuite pour tout usage académique, scientifique et clinique sans but lucratif.
12. Références / References
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- Fujita, K., Trope, Y., Liberman, N., & Levin-Sagi, M. (2006). Construal levels and self-control. Journal of Personality and Social Psychology, 90(3), 351–367. https://doi.org/10.1037/0022-3514.90.3.351
- Liberman, N., & Trope, Y. (1998). The role of feasibility and desirability considerations in near and distant future decisions: A test of temporal construal theory. Journal of Personality and Social Psychology, 75(1), 5–18. https://doi.org/10.1037/0022-3514.75.1.5
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- Rim, S., Hansen, J., & Trope, Y. (2013). What happens why? Psychological distance and focusing on causes versus consequences of events. Journal of Personality and Social Psychology, 104(3), 457–472. https://doi.org/10.1037/a0031024
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- Vallacher, R. R., & Wegner, D. M. (1985). A theory of action identification. Lawrence Erlbaum Associates.
- Vallacher, R. R., & Wegner, D. M. (1987). What do people think they’re doing? Action identification and human behavior. Psychological Review, 94(1), 3–15. https://doi.org/10.1037/0033-295X.94.1.3
- Vallacher, R. R., & Wegner, D. M. (1989). Levels of personal agency: Individual variation in action identification. Journal of Personality and Social Psychology, 57(4), 660–672. https://doi.org/10.1037/0022-3514.57.4.660
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