Formulaire d’évaluation des relations (RRF)

Analyse psychométrique détaillée du Relationship Rating Form (RRF) élaboré par Keith E. Davis : fondements théoriques, structure factorielle, validité, fidélité et inventaire intégral de passation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Le Formulaire d’évaluation des relations (Relationship Rating Form, ou RRF), élaboré initialement en 1986 et actualisé en 1996 par le psychologue social Keith E. Davis en collaboration avec Michael J. Todd, constitue un instrument d’évaluation psychométrique multidimensionnel conçu pour cartographier en profondeur la dynamique interne, la qualité et la structure fondamentale des relations interpersonnelles, qu’elles relèvent de l’amitié intime ou du partenariat amoureux. Issu d’un modèle théorique rigoureux cherchant à distinguer empiriquement l’amitié véritable de l’amour romantique, le RRF s’articule autour de grands domaines fonctionnels subdivisés en facettes précises : la viabilité relationnelle (englobant l’acceptation/tolérance, le respect et la confiance), l’intimité (la confidence et la compréhension mutuelle), la passion (la fascination, l’exclusivité et l’intimité sexuelle), la sollicitude ou le « care » (le dévouement extrême, la défense des intérêts du partenaire et l’assistance pratique), ainsi que la satisfaction globale (sentiment de réussite, plaisir partagé, réciprocité et valorisation de l’estime de soi) et l’ambivalence/conflictualité. Des échelles complémentaires évaluent le maintien relationnel, l’engagement, la coercition et l’égalité perçue.

Dans sa configuration standardisée la plus diffusée, le questionnaire comprend 64 à 68 items administrés selon une échelle de réponse ordinale en 9 points allant de « Pas du tout » (1) à « Complètement ou extrêmement » (9), avec une adaptation psychométriquement équivalente en 7 points. Les propriétés métrologiques du RRF ont été largement documentées : la consistance interne des différentes sous-échelles est exceptionnellement robuste, affichant des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,78 et 0,93 selon les échantillons. Les analyses factorielles, qu’elles soient exploratoires ou confirmatoires, valident une organisation hiérarchique complexe où les dimensions fondamentales de l’amitié forment le socle sur lequel viennent se greffer les composantes passionnelles et de protection caractéristiques de l’attachement romantique adulte. Utilisé tant dans la recherche fondamentale en psychologie sociale et du couple qu’en diagnostic clinique et thérapie conjugale, le RRF demeure l’un des instruments les plus fins pour discriminer les composantes saines des dynamiques conflictuelles ou dysfonctionnelles au sein des dyades humaines.

2. Mots-clés / Keywords

psychométrie, évaluation relationnelle, relations amoureuses, amitié, intimité, passion, sollicitude, engagement, satisfaction conjugale, conflit, Keith E. Davis, dynamique de couple, confiance interpersonnelle, psychologie sociale, échelle psychologique

3. Auteurs / Authors

Le Relationship Rating Form (RRF) a été conceptualisé et formalisé par :

  • Keith E. Davis, Ph.D. : Professeur émérite au Département de Psychologie de l’Université de Caroline du Sud (University of South Carolina, Columbia, SC 29208, États-Unis ; Courriel : [email protected]). Chercheur de premier plan dans le champ de la psychologie sociale, de la violence interpersonnelle, des processus d’attachement et de l’intimité relationnelle.
  • Michael J. Todd, Ph.D. : Chercheur associé et collaborateur clé dans l’élaboration théorique initiale du modèle structurel de l’amour et de l’amitié au début des années 1980.

4. Objectif / Purpose

Le développement du Relationship Rating Form répond à une nécessité théorique et méthodologique fondamentale apparue au sein de la psychologie sociale des relations interpersonnelles au tournant des années 1980. Jusqu’alors, la majorité des instruments disponibles — tels que l’échelle d’amour et d’appréciation de Zick Rubin (Rubin’s Love and Liking Scales) ou les questionnaires d’ajustement dyadique — abordaient l’amour et l’amitié soit de manière unidimensionnelle, soit comme deux pôles étanches d’un spectre continu. L’objectif premier de Keith E. Davis et de ses collaborateurs était de formuler un outil d’investigation capable d’opérationnaliser une thèse novatrice : l’amour romantique n’est pas l’opposé ni une simple intensification quantitative de l’amitié, mais repose plutôt sur le substrat même de l’amitié, auquel s’adjoignent des composantes spécifiques de passion et de sollicitude protectrice (care).

Sur le plan empirique et scientifique, le RRF permet de disséquer l’anatomie microscopique des interactions dyadiques. L’instrument a pour but d’analyser comment des dimensions distinctes — telles que la capacité d’ouverture de soi, la tolérance face aux imperfections d’autrui, le soutien altruiste et l’attirance érotique — interagissent pour déterminer la viabilité et la longévité d’un lien. Il sert à investiguer les transitions relationnelles critiques : le passage de la simple camaraderie à l’amitié intime, l’émergence de la romance amoureuse, la désillusion conjugale ou encore la décomposition pathologique du lien caractérisée par la coercition ou l’ambivalence aiguë.

En pratique clinique et en consultation conjugale ou familiale, le RRF offre une grille de lecture diagnostique d’une granularité remarquable. Les praticiens peuvent administrer le formulaire aux deux membres d’une dyade afin de confronter leurs perceptions respectives. Cette approche dyadique permet de repérer précisément les zones d’asymétrie : un partenaire peut percevoir un niveau élevé de passion mais déplorer un déficit critique de respect ou de bienveillance, tandis que l’autre peut souffrir d’un sentiment d’étouffement ou de contrainte coercitive. Le RRF s’avère ainsi précieux pour cibler les objectifs thérapeutiques, désamorcer les conflits d’attentes non verbalisés et mesurer objectivement l’efficacité des interventions psychothérapeutiques centrées sur la communication, la réciprocité et la reconstruction de la confiance mutuelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le Relationship Rating Form repose sur une modélisation multidimensionnelle hiérarchique évaluant les propriétés psychologiques et comportementales d’une relation. Chaque dimension est découpée en sous-échelles opérationnelles mesurant des facettes cognitives, affectives et comportementales précises :

1. Viabilité relationnelle (Relationship Viability)

Cette dimension constitue le socle indispensable à toute relation stable et saine. Elle regroupe trois sous-construits :

  • Acceptation / Tolérance (Acceptance/Tolerance) : Capacité du sujet à accueillir son partenaire dans sa globalité, sans chercher à le remodeler ni à le juger sévèrement pour ses imperfections mineures. Cela implique une disposition au pardon et une faible tendance à la déception chronique face aux faiblesses humaines de l’autre.
  • Respect : Évaluation cognitive positive de la valeur intrinsèque, du jugement et de l’intégrité de l’autre. Le respect implique la conviction que le partenaire fait preuve d’un discernement sain sur les questions existentielles fondamentales et qu’il stimule le meilleur de soi-même, agissant comme un interlocuteur valorisant pour ses projets de vie.
  • Confiance (Trust) : Sécurité psychologique profonde éprouvée à l’égard de la fiabilité morale du partenaire. La personne a la certitude qu’elle peut s’appuyer sur l’autre en situation de vulnérabilité ou de crise, avec l’assurance que le partenaire ne portera pas atteinte à son bien-être et n’utilisera jamais ses confidences contre elle de manière déloyale.

2. Intimité (Intimacy)

L’intimité renvoie au rapprochement émotionnel et à la transparence psychologique mutuelle :

  • Confidence (Confiding) : Degré d’auto-révélation (self-disclosure) réciproque. Cette sous-échelle évalue la liberté avec laquelle les membres de la dyade partagent leurs émotions privées, leurs doutes et leurs secrets, sans craindre d’être incompris, rejetés ou jugés indésirables.
  • Compréhension mutuelle (Understanding) : Sentiment de connaître la structure de personnalité de l’autre, son histoire personnelle, ses traumatismes et ses vulnérabilités, rendant ses comportements prévisibles et compréhensibles plutôt que déroutants ou énigmatiques.

3. Passion (Passion)

Cette dimension distingue de manière décisive l’amour romantique de l’amitié platonique :

  • Fascination : Tendance cognitive et affective à être absorbé mentalement par la figure du partenaire. Cela se traduit par des pensées intrusives positives, une rêverie fréquente et un plaisir esthétique et affectif intense à la simple contemplation de l’autre.
  • Exclusivité (Exclusiveness) : Revendication d’un statut relationnel unique et non interchangeable. Elle englobe le sentiment de former une unité particulière régie par des codes privés, accompagné d’une douleur ou d’un sentiment de trahison anticipé si le partenaire venait à partager un lien équivalent avec un tiers.
  • Intimité sexuelle (Sexual Intimacy) : Présence de désir érotique, d’attirance corporelle mutuelle, de satisfaction sensorielle lors des contacts physiques et d’une sexualité partagée active ou fantasmée.

4. Sollicitude et dévouement (Care)

Le souci du bien-être de l’autre représente l’élément altruiste du lien affectif :

  • Don suprême / Dévouement (Giving the utmost) : Disposition à consentir des sacrifices personnels majeurs, à engager des ressources financières substantielles ou à braver des risques physiques réels pour assurer la sécurité ou le salut du partenaire.
  • Défense des intérêts (Championing) : Tendance active à soutenir publiquement le partenaire, à prendre son parti lors de différends extérieurs et à promouvoir ses intérêts stratégiques lorsqu’ils entrent en concurrence avec ceux d’autrui.
  • Assistance instrumentale (Assistance) : Disponibilité comportementale concrète au quotidien face aux besoins pratiques de l’autre, couplée à une honnêteté intellectuelle bienveillante lors des désaccords sur les enjeux importants.

5. Satisfaction globale (Global Satisfaction)

Évaluation holistique de la gratification éprouvée au sein du lien :

  • Succès perçu (Success) : Sentiment d’accomplissement relationnel et conviction que l’union répond pleinement aux besoins psychologiques fondamentaux.
  • Plaisir partagé (Enjoyment) : Réjouissance affective éprouvée en présence du partenaire, surpassant celle ressentie en compagnie d’autres connaissances, menant à apprécier des activités qui seraient jugées fastidieuses isolément.
  • Réciprocité (Reciprocity) : Perception d’une symétrie dans l’attachement et le souci bienveillant que chacun manifeste envers l’autre.
  • Estime de soi (Esteem) : Capacité de la relation à rehausser le sentiment de valeur personnelle et la fierté d’être soi-même.

6. Conflictualité et Ambivalence (Conflict/Ambivalence)

Cette composante explore les forces de friction et de déstabilisation :

  • Conflit manifeste (Conflict) : Fréquence des querelles, des tensions dyadiques ouvertes et du sentiment de subir des injustices de la part du partenaire.
  • Ambivalence : Confusion interne relative aux sentiments ressentis envers l’autre, sentiment d’invasion temporelle ou perception d’être pris au piège (feeling trapped) dans une relation étouffante.

7. Échelles autonomes spécifiques

Quatre dimensions complètent l’inventaire afin d’éclairer la gouvernance relationnelle : le Maintien relationnel (efforts délibérés pour réparer et ajuster le fonctionnement du couple), l’Engagement (détermination à pérenniser l’union et adéquation aux idéaux de vie), la Coercition (présence d’actes de force ou de contraintes subies/exercées) et l’Égalité (gouvernance démocratique vs rapports de domination unilatéraux).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle théorique du RRF s’ancre dans les théories contemporaines de l’interaction sociale et de la psychologie des relations interpersonnelles, principalement nourries par les travaux de George Levinger, Harold Kelley et John Thibaut (théorie de l’interdépendance), ainsi que par le modèle prototype de l’amour et de l’amitié élaboré par Davis et Todd (1982, 1985).

Historiquement, l’étude de l’amour en psychologie a longtemps oscillé entre une approche romantique idéalisée et une réduction behavioriste assimilant l’attachement à un simple conditionnement de renforcement mutuel. Dans les années 1970, Zick Rubin a proposé une première différenciation psychométrique entre « aimer d’amitié » (liking) et « aimer d’amour » (loving). Keith E. Davis a cherché à dépasser cette taxonomie binaire en formulant une théorie structurelle descriptive : l’amitié et l’amour partagent une architecture commune de viabilité relationnelle, mais l’amour intègre en sus un groupe fonctionnel passionnel et un impératif de protection absolue.

Selon le paradigme de Davis, l’amitié authentique repose sur huit composantes fondamentales : le plaisir de la compagnie, l’acceptation sans réserve, la confiance absolue, le respect de la personnalité, l’assistance mutuelle, la confidence spontanée, la compréhension profonde et la spontanéité d’expression. Lorsque ces éléments sont consolidés, la relation atteint un état de viabilité optimale. Cependant, l’amour romantique y ajoute deux « clusters » ou grappes psychologiques spécifiques :

  1. Le cluster de la passion : comprenant la fascination obsessionnelle envers le partenaire, l’exclusivité dyadique (la règle sociale et émotionnelle de non-partage) et le désir d’intimité sexuelle corporelle.
  2. Le cluster de la sollicitude bienveillante (Caring) : poussé à un degré d’abnégation et de sacrifice personnel (don de soi, assistance vitale, défense inconditionnelle) rarement exigé au sein d’une simple amitié.

Ce modèle présente d’importantes correspondances théoriques avec la théorie triangulaire de l’amour de Robert Sternberg (1986). L’intimité du RRF recoupe le sommet « Intimité » de Sternberg ; la fascination, l’exclusivité et la sexualité correspondent à la « Passion » ; enfin, les échelles de maintien, de sollicitude extrême et de stabilité renvoient à l’« Engagement ». De plus, l’intégration systématique par Davis des dimensions d’ambivalence et de coercition inscrit fermement le RRF dans la réalité clinique empirique : il ne postule pas une relation idéale immunisée contre la négativité, mais saisit la coexistence dialectique des gratifications et des sources de souffrance psychique au sein de la dyade.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du Relationship Rating Form a été corroborée par une série d’investigations empiriques transversales et longitudinales menées auprès de couples mariés, de partenaires en cohabitation, d’étudiants en relations amoureuses exclusives et d’amis platoniques de longue date.

Validité de construit et discriminante

La validité de construit du RRF a été initialement démontrée par la capacité de ses sous-échelles à discriminer de manière statistiquement significative les relations amoureuses des relations d’amitié (Davis & Todd, 1982 ; Davis, 1996). Les résultats révèlent systématiquement que :

  • Les scores sur les dimensions de Viabilité (Respect, Confiance, Acceptation) et d’Assistance sont équivalents, voire légèrement supérieurs, chez les amis proches comparés aux couples amoureux débutants, confirmant que l’amitié solide partage le même niveau d’intimité fonctionnelle.
  • En revanche, les sous-échelles de Passion (Fascination, Exclusivité, Intimité sexuelle) et de Sollicitude extrême (Dévouement suprême, Sacrifice) affichent des écarts majeurs (tailles d’effet d de Cohen supérieures à 1,20, p < 0,001) en faveur des relations de couple, attestant de la validité discriminante parfaite de ces clusters.
  • Le RRF discrimine avec précision les couples cliniquement en détresse des couples fonctionnels : les dyades consultant en thérapie présentent des scores significativement élevés en conflit et ambivalence, corrélés à un affaissement des dimensions d’acceptation et de respect.

Validité convergente

Les études de corrélation démontrent une convergence robuste avec les instruments psychométriques étalonnés du champ :

  • Les échelles de Satisfaction globale et de Succès du RRF présentent de fortes corrélations positives (r variant de 0,70 à 0,84) avec l’échelle d’ajustement dyadique de Spanier (Dyadic Adjustment Scale – DAS) ainsi qu’avec l’échelle de satisfaction relationnelle de Hendrick (Relationship Assessment Scale – RAS).
  • L’échelle d’Engagement du RRF converge fortement (r > 0,75) avec le modèle d’investissement de Caryl Rusbult (Investment Model Scale).
  • Les sous-échelles d’Intimité et de Confidence corrèlent positivement (r entre 0,65 et 0,78) avec l’échelle d’intimité de Miller et Lefcourt (Miller Social Intimacy Scale).

Validité prédictive et longitudinale

Sur le plan longitudinal, des suivis de cohortes dyadiques sur des périodes de 6 à 24 mois ont établi que les scores combinés de Viabilité, d’Engagement et le ratio faible de Conflit/Ambivalence prédisent fidèlement la pérennité du couple. À l’inverse, des scores initiaux élevés en ambivalence et en coercition, même accompagnés d’une forte passion érotique, constituent des prédicteurs précoces et robustes de rupture amoureuse ou de dissolution conjugale ultérieure (rapport de cotes ajusté > 2,4).

8. Fidélité / Reliability

L’exactitude métrologique et la stabilité du RRF reposent sur des indices de fidélité amplement documentés dans la littérature psychologique.

Consistance interne

L’homogénéité des items au sein de chaque sous-échelle a été évaluée au moyen du coefficient alpha de Cronbach. Les études conduites par Davis (1996) ainsi que par des chercheurs indépendants rapportent des valeurs de cohérence interne très satisfaisantes, réparties comme suit :

  • Viabilité globale (Acceptation, Respect, Confiance) : α = 0,86 à 0,91
  • Intimité (Confidence, Compréhension) : α = 0,82 à 0,88
  • Passion (Fascination, Exclusivité, Sexualité) : α = 0,84 à 0,92
  • Sollicitude / Care (Don suprême, Soutien, Assistance) : α = 0,79 à 0,87
  • Satisfaction globale (Succès, Plaisir, Réciprocité, Estime) : α = 0,89 à 0,94
  • Conflit / Ambivalence : α = 0,77 à 0,85
  • Engagement : α = 0,83 à 0,89

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’échantillons d’individus engagés dans des relations stables sur des intervalles de deux à six semaines. Les coefficients de corrélation test-retest (r de Pearson) oscillent entre 0,78 et 0,88 pour les dimensions fondamentales (Respect, Confiance, Intimité), indiquant une excellente invariance temporelle des traits relationnels profonds. Les sous-échelles de Fascination et de Conflit affichent des coefficients légèrement plus modérés (r ≈ 0,71 à 0,76), ce qui concorde avec la réactivité naturelle de ces construits aux fluctuations contextuelles quotidiennes des affects dyadiques.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture interne du RRF a fait l’objet de multiples protocoles d’analyses factorielles exploratoires (AFE) par extraction en axes principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), ainsi que de modélisations par équations structurelles via l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Structure factorielle de premier et de second ordre

Les analyses factorielles exploratoires initiales menées sur les matrices d’inter-corrélations des items ont permis d’isoler les regroupements de facettes théorisés par Davis et Todd :

  • Les items formulés de manière négative (inversés) dans les domaines du respect, de la confiance et de la compréhension se regroupent de manière cohérente au sein de leurs construits respectifs tout en présentant une variance minime d’artefact de méthode, confirmant leur pertinence psychométrique.
  • Les saturations factorielles (factor loadings) des items sur leurs facteurs primaires respectifs sont solides, se situant majoritairement entre 0,55 et 0,88, avec de très rares saturations croisées supérieures à 0,30.

Lorsqu’une analyse factorielle confirmatoire de second ordre est modélisée, les données soutiennent une solution hiérarchique articulée autour de trois méta-facteurs dominants :

  1. Le méta-facteur de Connexion Positive / Amitié fondamentale : subsumant la Viabilité relationnelle, l’Intimité et l’Assistance.
  2. Le méta-facteur Passionnel / Érotique : intégrant la Fascination, l’Exclusivité affective et l’Intimité sexuelle.
  3. Le méta-facteur de Friction Relationnelle : regroupant les indicateurs de Conflit, d’Ambivalence et de Coercition.

Les indices d’ajustement globaux obtenus dans les études confirmatoires (notamment Davis, 1996) corroborent l’adéquation du modèle théorique aux observations empiriques, avec des ratios du Chi-deux sur degrés de liberté (χ²/ddl) < 2,5, un indice comparatif d’ajustement (CFI) > 0,92, un indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,90 et une erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) comprise entre 0,045 et 0,062 (IC à 90 % [0,040 ; 0,068]), certifiant la robustesse de l’organisation dimensionnelle du questionnaire.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet : Relationship Rating Form (RRF) – Version 1986 / révisée 1996.
  • Nature de l’outil : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory) évaluant la qualité, la structure et la dynamique des relations dyadiques (amoureuses ou amicales).
  • Nombre d’items : 64 items dans la version standardifiée de référence (certaines versions d’archives comportent jusqu’à 68 items incluant des questions globales exploratoires complémentaires).
  • Format de réponse : Échelle d’évaluation en 9 points hautement nuancée :
    1 = Not at all (Pas du tout) ;
    2 = Very little (Très peu) ;
    3 = Slightly (or rarely) (Légèrement ou rarement) ;
    4 = Somewhat (not often) (Un peu / pas souvent) ;
    5 = A fair amount (Moyennement) ;
    6 = Very much (Beaucoup) ;
    7 = A great deal (Énormément) ;
    8 = Strongly (almost always) (Fortement / presque toujours) ;
    9 = Completely or extremely (Complètement ou extrêmement).
    Remarque : Une version abrégée en 7 points est autorisée en supprimant les points 4 et 6.
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Inversion des items négatifs (R) : Pour le format en 9 points, soustraire le score de l’item à 10 (ex. : une réponse 2 devient 10 – 2 = 8). Pour un format en 7 points, soustraire le score à 8. Les items inversés portent la mention (R).
    • Scores des sous-échelles : Sommer l’ensemble des réponses aux items de la sous-échelle considérée (après inversion des items pertinents), puis diviser ce total par le nombre d’items constituant la sous-échelle. Cette standardisation ramène tous les indices sur l’échelle commune de 1 à 9, facilitant la comparaison directe des profils.
    • Scores composites globaux : Les scores moyens des sous-échelles peuvent être regroupés pour générer les indices composites de Viabilité, d’Intimité, de Passion, de Sollicitude, de Satisfaction globale et de Conflit/Ambivalence.
  • Temps d’administration : Environ 15 à 25 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de création originale : 1986 (version de référence élaborée et stabilisée par Keith E. Davis et Michael J. Todd). Version documentaire de référence diffusée en 1996.
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : © Keith E. Davis, Ph.D., Department of Psychology, University of South Carolina.
  • Statut et permissions : L’instrument a été mis gracieusement à la disposition de la communauté académique internationale par son auteur pour la recherche scientifique et l’enseignement supérieur. L’utilisation clinique ou expérimentale ne requiert pas de redevance financière sous réserve de citer scrupuleusement les publications originales de référence.
  • Tarifs : Gratuit (domaine de la recherche universitaire libre d’accès sous citation). Toute utilisation commerciale à grande échelle ou intégration dans un logiciel payant nécessite l’autorisation formelle expresse de l’auteur.

12. Références / References

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives au RRF comprennent :

  • Davis, K. E. (1996). The Relationship Rating Form (RRF): A measure of the characteristics of romantic relationships and friendships. Unpublished manuscript, Department of Psychology, University of South Carolina, Columbia, SC. http://people.cas.sc.edu/daviske/LoveFriendsMeasure_rrf.pdf
  • Davis, K. E., & Todd, M. J. (1982). Friendship and love relationships. In K. E. Davis & T. O. Mitchell (Eds.), Advances in Descriptive Psychology (Vol. 2, pp. 79–122). JAI Press.
  • Davis, K. E., & Todd, M. J. (1985). Assessing friendship: Scales, norms, and validation. In S. Duck & D. Perlman (Eds.), Understanding Personal Relationships: An Interdisciplinary Approach (pp. 17–38). Sage Publications.
  • Hendrick, C., & Hendrick, S. S. (1986). A theory and method of love. Journal of Personality and Social Psychology, 50(2), 392–402. https://doi.org/10.1037/0022-3514.50.2.392
  • Rubin, Z. (1970). Measurement of romantic love. Journal of Personality and Social Psychology, 16(2), 265–273. https://doi.org/10.1037/h0029841
  • Rusbult, C. E. (1983). A longitudinal test of the investment model: The development (and deterioration) of satisfaction and commitment in heterosexual involvements. Journal of Personality and Social Psychology, 45(1), 101–117. https://doi.org/10.1037/0022-3514.45.1.101
  • Sternberg, R. J. (1986). A triangular theory of love. Psychological Review, 93(2), 119–135. https://doi.org/10.1037/0033-295X.93.2.119

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale

1 = Not at all ;
2 = very little ;
3 = Slightly (or rarely) ;
4 = somewhat (not often) ;
5 = a fair amount ;
6 = very much ;
7 = a great deal ;
8 = strongly (almost always) ;
9 = Completely or extremely

Note: Items marked with (R) are reverse-scored (Subtract score from 10 for the 9-point scale, or from 8 for the 7-point scale).


  1. Do you accept this person as s/he is?
  2. Are you willing to ignore this person’s small sins because of the way you feel about her/him?
  3. Is it easy for you to forgive this person?
  4. Does this person disappoint you? (R)
  5. Do you respect this person?
  6. Does this person make bad judgments on important matters? (R)
  7. Does this person bring out the best in you?
  8. Is this person a good sounding board for your ideas and plans?
  9. Do you trust this person?
  10. Can you count on this person in times of need?
  11. Does this person ever forget your welfare? (R)
  12. Does this person use things against you that s/he shouldn’t? (R)
  13. Do you and this person openly discuss personal matters?
  14. Do you feel that there are things about you that this person just would not understand? (R)
  15. Do you feel some things about yourself are none of this person’s business? (R)
  16. Do you know what kind of person s/he is?
  17. Is this person’s behavior surprising or puzzling to you? (R)
  18. Do you know this person’s faults and shortcomings?
  19. Do you know about this person’s past?
  20. Does this person dominate your thoughts?
  21. Does it give you pleasure just to watch or look at this person?
  22. Do you think about this person even when you are not with him/her?
  23. Are there things that you do only with this person?
  24. Do you have feelings about this person that you couldn’t have about others?
  25. Would you feel betrayed or hurt if this person had the same relationship with someone else that s/he now has with you?
  26. Do you and this person have your own way of doing things?
  27. Are you sexually intimate with this person?
  28. Do you find this personal sexually attractive?
  29. Do you enjoy being touched by this person and touching him/her?
  30. Can you count of this person to lend you a substantial sum of money?
  31. Can you count on this person to risk personal safety to help you if your were in danger?
  32. Can you count of this person to give the utmost on your behalf?
  33. Are you prepared to make a significant sacrifice on this person’s behalf?
  34. Can you count on this person to let you know how others feel about you?
  35. Can you count on this person to support you in an argument or dispute with others?
  36. Can you count on this person to champion your interests where there is a conflict between your interests and those of others?
  37. Can you count on this person to come to your aid when you need help?
  38. Can this person count on you for help when s/he is in need?
  39. Can you count on this person to tell you what s/he really thinks about issues regardless of whether he or she agrees with you?
  40. Do you tell this person exactly what you think about important issues regardless of whether he or she agrees with you?
  41. Are you happy in your relationship with this person?
  42. Has your relationship with this person satisfied your needs?
  43. Do you enjoy doing things with this person more than with others?
  44. Do you enjoy doing things with this person that you otherwise would not enjoy?
  45. Do you enjoy this person’s company?
  46. Does your partner share the same feeling for you that you have for him/her?
  47. Does this person really care about you as a person?
  48. Do you feel that your partner cares for you as much as you care for him/her?
  49. Does your partner make you feel worthwhile and special?
  50. Does your partner make you feel proud of yourself?
  51. Do you fight and argue with this person?
  52. Does this person treat you in unfair ways?
  53. Is there tension in your relationship with this person?
  54. Are you confused or unsure of your feelings toward this person?
  55. Do you feel that this person demands too much of your time?
  56. Do you feel trapped in this relationship?
  57. Do you talk with this person about your relationship?
  58. Do you and this person try to work out difficulties that occur between you?
  59. Are you trying to change things that you do to make the relationship better between the two of you?
  60. Are you committed to staying in your relationship?
  61. Does this person measure up to your ideals for a life partner?
  62. Has your partner ever forced you to do something that you did not want to do?
  63. Have you ever forced your partner to do something that s/he did not want to do?
  64. Is your relationship one of equals?
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Looti, M. (2026, octobre 3). Formulaire d’évaluation des relations (RRF). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/formulaire-devaluation-des-relations-rrf/
Looti, Mohammed. “Formulaire d’évaluation des relations (RRF).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/formulaire-devaluation-des-relations-rrf/.
Looti, Mohammed. “Formulaire d’évaluation des relations (RRF).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/formulaire-devaluation-des-relations-rrf/.