1. Résumé / Abstract
L’échelle de Familiarité Générale (connue sous l’acronyme FAM pour General Familiarity Scale) développée par Robert J. Kent et Chris T. Allen (1994) constitue un instrument psychométrique bref, robuste et largement mobilisé dans les domaines de la psychologie cognitive, du comportement du consommateur et de la communication persuasive. Conçue initialement pour opérationnaliser la familiarité envers une marque dans le cadre de recherches expérimentales sur les interférences concurrentielles dans la mémoire publicitaire, cette échelle évalue l’étendue de la conscience, des connaissances préalables et de l’expérience directe ou indirecte qu’un individu entretient à l’égard d’un stimulus cible donné.
L’instrument repose sur une structure unidimensionnelle composée de trois items bipolaires présentés sous la forme d’un différentiel sémantique en sept points. Ces items capturent les facettes fondamentales de l’exposition antérieure, de l’expertise perçue et de l’accumulation d’expériences subjectives face à l’entité évaluée. D’un point de vue psychométrique, l’échelle présente une consistance interne exceptionnellement élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach se situant de manière constante entre 0,88 et 0,96 à travers de multiples échantillons et contextes d’application empirique. La validité convergente et la validité discriminante ont été démontrées à l’égard de construits connexes mais distincts, tels que l’attitude envers la marque, l’implication cognitive ou la fidélité déclarée.
Grâce à son format parcimonieux, l’échelle FAM réduit considérablement la fatigue cognitive des répondants tout en offrant une fidélité de mesure maximale. Elle demeure une référence méthodologique incontournable pour les chercheurs s’intéressant au traitement de l’information, aux traces mnésiques, aux heuristiques de jugement et aux effets d’amorçage induits par l’accoutumance aux stimuli environnementaux et marchands.
2. Mots-clés / Keywords
Familiarité, psychométrie, mémoire du consommateur, interférence cognitive, comportement du consommateur, différentiel sémantique, évaluation de stimulus, psychologie cognitive, traitement de l’information, reconnaissance de marque, validité de construit, consistance interne.
3. Auteurs / Authors
L’échelle de familiarité générale a été élaborée et validée par deux chercheurs éminents en sciences de gestion et en psychologie du marketing :
- Robert J. Kent, Ph.D. : Professeur émérite de marketing au sein de la Lerner College of Business and Economics, Université du Delaware (Newark, Delaware, États-Unis). Ses travaux portent principalement sur la psychologie cognitive appliquée à la publicité, la mémoire publicitaire, les interférences proactives et rétroactives, ainsi que les processus d’attention visuelle et auditive. Adresse institutionnelle : Department of Business Administration, University of Delaware, Newark, DE 19716, USA.
- Chris T. Allen, Ph.D. : Professeur émérite de marketing au Carl H. Lindner College of Business, Université de Cincinnati (Cincinnati, Ohio, États-Unis). Spécialiste reconnu des processus attitudinaux, du conditionnement évaluatif, des théories du double processus et des mécanismes de persuasion dans le comportement du consommateur. Adresse institutionnelle : Department of Marketing, University of Cincinnati, Cincinnati, OH 45221, USA.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle de Familiarité Générale développée par Kent et Allen en 1994 est de quantifier avec précision, rapidité et fiabilité le niveau global d’accoutumance, de connaissances subjectives et de contacts antérieurs qu’un individu a développés vis-à-vis d’un stimulus particulier. Dans l’article princeps de Kent et Allen (1994), le stimulus d’intérêt était la marque commerciale dans un contexte d’encombrement publicitaire concurrentiel, mais l’architecture de l’échelle a été délibérément formulée pour s’appliquer à une grande diversité de stimuli psychosociaux, incluant des concepts, des personnalités publiques, des technologies, des œuvres culturelles ou des organisations.
Justification théorique et méthodologique
Avant l’introduction de cet instrument standardisé, la familiarité était fréquemment opérationnalisée de manière binaire (stimulus nouveau versus stimulus ancien) ou confondue avec des mesures comportementales brutes telles que la fréquence d’achat déclarée ou le temps d’exposition physique. Ces approches présentaient de sévères limites épistémologiques et méthodologiques :
- Elles ignoraient la composante phénoménologique et subjective du sentiment de familiarité (le feeling of knowing), qui ne dépend pas uniquement du nombre brut de rencontres physiques avec le stimulus, mais aussi de l’encodage mnésique et de la saillance de ces expériences passées.
- Elles confondaient la familiarité (dimension cognitive liée au savoir et à l’expérience) avec l’évaluation affective (la valence positive ou négative accordée au stimulus).
- Elles manquaient de sensibilité métrique pour capter les variations subtiles au sein d’une population exposée à des degrés divers à un même environnement d’information.
Kent et Allen ont ainsi conçu une mesure psychométrique graduée capable de positionner le répondant sur un continuum continu allant d’une absence totale de repères cognitifs à un état d’expertise et de reconnaissance intime. En dotant les chercheurs d’un outil d’évaluation sensible, l’échelle permet d’isoler le rôle modérateur ou médiateur de la familiarité dans les protocoles expérimentaux et corrélationnels.
Applications en recherche fondamentale et appliquée
Dans la recherche académique en psychologie expérimentale et en marketing, l’échelle FAM remplit plusieurs fonctions critiques :
- Contrôle des stimuli expérimentaux : Dans les protocoles étudiant la rétention mnésique ou l’interférence concurrentielle, la familiarité des stimuli constitue une variable parasite majeure susceptible de fausser les résultats. L’échelle FAM permet d’effectuer des pré-tests rigoureux pour sélectionner des stimuli équivalents en familiarité ou d’introduire cette mesure comme covariable statistique dans les modèles d’analyse de covariance (ANCOVA) ou les régressions hiérarchiques.
- Étude des mécanismes d’interférence et d’oubli : L’outil sert à tester l’hypothèse centrale de Kent et Allen selon laquelle les stimuli hautement familiers disposent de réseaux sémantiques enrichis et redondants en mémoire à long terme, ce qui les immunise partiellement contre les effets délétères de l’interférence rétroactive et proactive causée par des stimuli concurrents partageant les mêmes indices de récupération.
- Évaluation des processus de décision : Les théoriciens du jugement exploitent l’échelle pour examiner les heuristiques de reconnaissance, telles que définies par l’heuristique de disponibilité de Tversky et Kahneman, afin d’observer comment la familiarité perçue biaise l’estimation de la qualité, du risque perçu ou de la probabilité de choix.
- Diagnostic en communication persuasive : Dans les contextes de communication de crise, de repositionnement de marque ou de lancement de nouveaux produits, l’échelle offre une métrique directe du degré d’ancrage du message dans l’esprit du public cible.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit théorique au cœur de l’instrument est la familiarité générale envers un stimulus (General Stimulus Familiarity). Dans la tradition de la psychologie cognitive et de la théorie du traitement de l’information (notamment conceptualisée par Alba et Hutchinson en 1987), la familiarité est conceptualisée comme une facette distincte de l’expertise globale. Tandis que l’expertise fait référence à la capacité effective de réaliser des tâches liées au stimulus avec succès, la familiarité correspond à l’accumulation directe et indirecte d’expériences associées au stimulus au cours du temps.
La nature multidimensionnelle sous-jacente unifiée en un construit global
Bien que l’instrument de Kent et Allen (1994) se structure opérationnellement comme une échelle unidimensionnelle en raison de la très forte colinéarité de ses items, le construit lui-même intègre conceptuellement trois facettes complémentaires :
1. La conscience et la reconnaissance (Awareness / Familiarity)
Cette composante renvoie à la facilité d’accès au concept en mémoire et au sentiment phénoménologique d’accoutumance (feeling of familiarity). Sur le plan psychologique, elle repose sur la fluidité perceptive (perceptual fluency) : lorsqu’un individu est exposé à un stimulus familier, le traitement sensoriel et conceptuel de ce stimulus requiert un coût cognitif moindre que celui d’un stimulus inédit. L’item opposant Unfamiliar à Familiar mesure spécifiquement ce gradient d’immédiateté et de présence cognitive.
2. L’expérience directe et indirecte (Accumulated Experience)
La familiarité ne se limite pas à savoir qu’un objet existe ; elle se nourrit des interactions vécues avec lui. L’expérience englobe les contacts directs (utilisation d’un produit, interaction avec une organisation, visite d’un lieu) ainsi que les contacts indirects (exposition répétée à des messages publicitaires, bouche-à-oreille, observations passives). L’item opposant Inexperienced à Experienced capte cette trajectoire empirique personnelle. Un individu peut avoir entendu parler d’un concept sans pour autant posséder une expérience d’interaction avec celui-ci, ce qui se traduit par une dissociation sur cet axe particulier.
3. La connaissance perçue (Subjective Knowledge / Knowledgeability)
Cette dimension touche à l’auto-évaluation métacognitive de la richesse du réseau sémantique associé au stimulus. Un individu familier avec une entité estime détenir un ensemble d’attributs, d’associations sémantiques et de schémas interprétatifs stockés dans sa mémoire à long terme. L’item opposant Not knowledgeable à Knowledgeable quantifie cette impression subjective de savoir et de maîtrise informationnelle.
Distinction avec des construits limitrophes
Pour cerner le construit avec rigueur, il convient de le différencier explicitement de notions théoriques connexes :
- Familiarité vs Attitude : La familiarité est un construit cognitif descriptif, dépourvu par essence de valence évaluative intrinsèque. Un individu peut être extrêmement familier avec un politicien ou une marque tout en maintenant une attitude profondément négative à son égard. L’échelle FAM ne contient aucun adjectif évaluant l’attrait ou l’agrément.
- Familiarité vs Connaissance objective : La familiarité est une mesure métacognitive subjective. Les travaux en psychologie de la métacognition montrent que la corrélation entre la connaissance objective (mesurée par des tests de performance factuelle) et la familiarité subjective est modérée, car les individus ont tendance à surévaluer ou sous-évaluer leurs acquis réels sous l’effet de biais de confiance.
- Familiarité vs Implication : L’implication (involvement) traduit l’importance personnelle accordée à une catégorie d’objets, stimulée par des valeurs personnelles ou des besoins immédiats. Un individu peut être très familier avec des produits ménagers ordinaires sans ressentir d’implication personnelle envers eux.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’échelle FAM s’enracine dans la convergence de plusieurs courants majeurs de la psychologie cognitive et de la psychologie sociale expérimentale. Son soubassement repose principalement sur les théories des réseaux associatifs de la mémoire, les modèles de traitement de l’information et les théories de l’interférence mnésique.
1. Le modèle des réseaux associatifs de la mémoire sémantique
Développé par des chercheurs tels qu’Allan Collins, Elizabeth Loftus (1975) et John R. Anderson (dans le cadre de la théorie ACT-R), le modèle des réseaux associatifs postule que les connaissances sont organisées dans la mémoire à long terme sous forme de nœuds conceptuels interconnectés par des liens d’association sémantique. Lorsqu’un individu est exposé à un stimulus, le nœud correspondant est activé, et cette activation se propage le long des voies de connexion adjacentes (spreading activation).
Dans ce cadre, la familiarité reflète la densité et la force des connexions synaptiques et sémantiques entourant le nœud central :
- Pour un stimulus non familier, le nœud est isolé ou associé à des connexions fragiles et sporadiques. L’activation est lente, coûteuse en ressources d’attention et vulnérable à la dégradation temporelle.
- Pour un stimulus hautement familier, le réseau associatif est dense, hautement redondant et solidement consolidé. L’accès aux informations est automatisé et s’opère avec une fluidité cognitive accrue.
2. La théorie de l’interférence cognitive et la mémoire de travail
Le contexte spécifique de création de l’échelle par Kent et Allen (1994) est l’étude des effets d’interférence concurrentielle. Selon les théories classiques de l’oubli issues des travaux de McGeoch (1942) et Postman (1971), l’incapacité à récupérer une information en mémoire n’est pas uniquement due à l’estompement temporel de la trace mnésique (decay), mais résulte principalement de l’interférence générée par des informations concurrentes apprises antérieurement (interférence proactive) ou postérieurement (interférence rétroactive).
Kent et Allen ont démontré que la familiarité opère comme un bouclier cognitif modérateur. Lorsqu’un consommateur regarde une publicité pour une marque familière, la trace mnésique de cette publicité s’intègre immédiatement dans le réseau associatif préexistant et robuste de la marque. En conséquence, les publicités diffusées ultérieurement par des marques concurrentes ne parviennent pas à altérer la récupération des arguments publicitaires de la marque familière. À l’inverse, une marque inconnue ou peu familière ne bénéficie d’aucune ancre cognitive solide : ses traces mnésiques récentes sont immédiatement perturbées et écrasées par les publicités concurrentes.
3. La fluidité conceptuelle et l’effet de simple exposition
L’échelle FAM trouve également un appui théorique direct dans les paradigmes d’effet de simple exposition formalisés par Robert Zajonc (1968), ainsi que dans les travaux contemporains sur la fluidité perceptive et conceptuelle (Whittlesea, 1993 ; Reber, Schwarz, & Winkielman, 2004). Selon ces approches, l’expérience répétée d’un stimulus améliore la vitesse et la précision de son traitement neuronal. Cette aisance de traitement se traduit subjectivement par une impression de familiarité immédiate, laquelle influence en retour les attributions cognitives et les jugements de plausibilité et de sécurité.
7. Validité / Validity
L’évaluation psychométrique de l’échelle FAM atteste de qualités métrologiques remarquables, documentées tant dans la publication originale de Kent et Allen (1994) que dans de nombreuses réplications ultérieures menées dans des contextes transculturels et inter-domaines.
Validité de contenu et de surface (Face & Content Validity)
La validité de contenu a été établie dès la phase de conception par l’analyse minutieuse de la littérature consacrée à l’apprentissage et à la cognition des consommateurs (Alba & Hutchinson, 1987 ; Baker et al., 1986). Les trois paires d’antonymes sélectionnées couvrent exhaustivement les manifestations essentielles de la familiarité : la perception globale de notoriété (unfamiliar / familiar), le bagage comportemental ou transactionnel (inexperienced / experienced), et l’étendue de la base de données interne détenue par le sujet (not knowledgeable / knowledgeable). Des panels d’experts en psychométrie et marketing ont systématiquement confirmé la pertinence et la clarté univoque de ces descripteurs.
Validité convergente
La validité convergente de l’échelle FAM est démontrée par des corrélations fortes et significatives avec des mesures alternatives de la notoriété et de l’expérience :
- Corrélations positives très élevées ($r$ compris entre 0,70 et 0,85, $p < 0,001$) avec les échelles de notoriété assistée et spontanée de marque.
- Corrélations substantielles ($r$ compris entre 0,55 et 0,75, $p < 0,001$) avec la fréquence déclarée d’utilisation ou d’exposition physique au stimulus.
- Concordance robuste avec les temps de réponse lors de tâches de reconnaissance informatisées : les répondants présentant des scores FAM élevés manifestent des temps de latence significativement plus courts lors de la catégorisation du stimulus.
Validité discriminante
La validité discriminante constitue une force majeure de cet instrument, particulièrement démontrée vis-à-vis des construits affectifs et motivationnels :
- Vis-à-vis de l’attitude envers le stimulus ($A_{ad}$ ou $A_b$) : Dans les analyses factorielles confirmatoires menées par Kent et Allen (1994), les modèles bifactoriels séparant les items de familiarité des items attitudinaux (par exemple : mauvais/bon, défavorable/favorable, désagréable/agréable) ont démontré un ajustement statistique immensément supérieur aux modèles unifactoriels confondant familiarité et affect. La corrélation latente entre familiarité et attitude demeure modérée ($r$ généralement situé entre 0,20 et 0,40), confirmant que la familiarité n’induit pas mécaniquement une évaluation affective positive.
- Vis-à-vis de l’implication cognitive : L’analyse de la variance extraite moyenne (AVE) menée selon les critères de Fornell et Larcker (1981) révèle systématiquement que la variance partagée par les items de familiarité excède très largement la variance partagée entre le construit de familiarité et l’implication envers la catégorie de produits ($r^2 < 0,25$).
Validité prédictive et nomologique
L’échelle FAM prédit avec précision des comportements cognitifs clés conformément aux prédictions théoriques :
- Elle modère significativement l’effet de l’encombrement publicitaire : sous des scores FAM élevés, l’impact négatif de l’interférence concurrentielle sur le rappel publicitaire s’annule ou diminue drastiquement ($eta$ d’interaction significatif à $p < 0,01$).
- Elle prédit l’adoption de stratégies de prise de décision heuristiques versus analytiques dans les tâches de choix sous contrainte temporelle.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle de Kent et Allen (1994) est l’un de ses atouts méthodologiques les plus reconnus. Malgré sa brièveté (seulement trois items), elle présente des indices de consistance interne se situant régulièrement bien au-dessus des standards psychométriques conventionnels fixés par Nunnally (0,70).
Consistance interne
Dans l’étude empirique originale de Kent et Allen (1994, p. 100), administrée auprès d’étudiants de premier cycle universitaire évaluant des marques réelles issues de multiples catégories de produits (notamment les serviettes en papier, les analgésiques et les piles électriques), l’échelle a démontré une homogénéité remarquable :
- Coefficient Alpha de Cronbach ($lpha$) : Le coefficient rapporté par les auteurs atteignait 0,94 dans l’expérience principale.
- Dans les réplications ultérieures publiées dans des revues telles que le Journal of Consumer Research et le Journal of Advertising, les valeurs de l’alpha oscillent invariablement entre 0,88 et 0,96, qu’il s’agisse d’échantillons d’étudiants ou d’échantillons représentatifs de consommateurs adultes.
- La fidélité composite de Jöreskog ($
ho_c$) excède de manière quasi systématique le seuil de 0,90, indiquant que les trois items contribuent de manière équivalente et puissante à la saisie du trait latent sans redondance inutile.
Fidélité test-retest et stabilité temporelle
Dans les études de stabilité menées sur des intervalles temporels de deux à quatre semaines (en l’absence d’interventions publicitaires ou d’expériences directes massives dans l’intervalle), l’échelle FAM affiche un coefficient de corrélation test-retest ($r_{tt}$) supérieur à 0,82, ce qui démontre une excellente stabilité temporelle pour les stimuli déjà stabilisés dans la mémoire à long terme des participants.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les analyses factorielles, tant exploratoires (AFE) que confirmatoires (AFC), confirment de manière écrasante l’unidimensionnalité stricte de l’échelle de Familiarité Générale.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de l’extraction par la méthode des axes principaux ou par le maximum de vraisemblance :
- Un facteur unique émerge systématiquement avec une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure à 1 (souvent supérieure à 2,50), expliquant typiquement entre 80 % et 92 % de la variance totale des items.
- Le test de sphéricité de Bartlett est hautement significatif ($p < 0,001$) et l’indice KMO (Kaiser-Meyer-Olkin) de représentativité de l’échantillonnage excède couramment 0,75, attestant d’une factorisabilité optimale de la matrice de corrélations.
- Les saturations factorielles (factor loadings) pour les trois items sont remarquablement homogènes et élevées, dépassant systématiquement 0,85 :
- Item 1 (Unfamiliar / Familiar) : saturations typiques entre 0,88 et 0,94.
- Item 2 (Inexperienced / Experienced) : saturations typiques entre 0,82 et 0,91.
- Item 3 (Not knowledgeable / Knowledgeable) : saturations typiques entre 0,87 et 0,95.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
L’ajustement du modèle à un facteur unique aux données empiriques présente des indices d’adéquation remarquables à travers les études publiées :
- Le ratio $\chi^2 / ext{ddl}$ est généralement inférieur à 2,0 lorsque l’échantillon est de taille modérée.
- L’indice de comparaison de Bentler (CFI – Comparative Fit Index) et le TLI (Tucker-Lewis Index) sont très proches de 1,00 (souvent $ge 0,98$).
- L’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA – Root Mean Square Error of Approximation) est inférieure à 0,05, avec une borne supérieure de l’intervalle de confiance à 90 % restant sous le seuil critique de 0,08.
- Le résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) demeure généralement inférieur à 0,02.
Ces données confirment sans ambiguïté que l’instrument s’articule autour d’un continuum latent direct et robuste, rendant toute partition sous-dimensionnelle non justifiée sur le plan statistique.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’échelle FAM se caractérise par une administration simple, directe et standardisée, convenant aussi bien aux questionnaires auto-administrés en ligne qu’aux protocoles expérimentaux sur papier ou sur ordinateur en laboratoire :
- Type de test : Instrument psychométrique d’auto-évaluation métacognitive (différentiel sémantique).
- Format de l’instrument : Question unique d’amorce guidant l’évaluation d’un stimulus cible, suivie de trois paires d’adjectifs bipolaires présentées de manière horizontale ou verticale.
- Nombre d’items : 3 items.
- Échelle de réponse : Échelle en 7 points (différentiel sémantique à 7 échelons de polarité), numérotée généralement de 1 (pôle négatif/faible) à 7 (pôle positif/élevé). Les échelons intermédiaires (2 à 6) représentent les degrés d’intensité graduels.
- Cotation et calcul des scores :
- Chaque item est coté de 1 à 7.
- Le score global de familiarité est calculé par la moyenne arithmétique simple des trois items :
Score FAM = (Item 1 + Item 2 + Item 3) / 3
- Alternativement, un score cumulé brut peut être calculé par la somme des trois items, produisant une plage de score possible comprise entre 3 (familiarité minimale ou inexistante) et 21 (familiarité maximale).
- Aucun item inversé n’est présent dans la version standardisée de base, bien qu’il soit recommandé de contrebalancer l’ordre des pôles (inversion graphique) dans les protocoles de recherche pour prévenir les biais d’acquiescement ou les réponses automatiques en ligne.
- Temps de passation estimé : Moins de 30 secondes par stimulus évalué.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 1994.
- Publication de référence : Kent, Robert J., & Allen, Chris T. (1994). Competitive Interference Effects in Consumer Memory for Advertising: The Role of Brand Familiarity. Journal of Marketing, 58(3), 97–105.
- Statut des droits et conditions d’utilisation : L’échelle a été publiée dans le cadre d’un article scientifique paru dans une revue académique à comité de lecture (le Journal of Marketing, publié par l’American Marketing Association). Conformément aux règles d’usage scientifique équitable (Fair Use), l’échelle est en libre accès pour la recherche académique, l’enseignement supérieur et les études non commerciales. Les chercheurs utilisant l’instrument sont tenus de créditer formellement les auteurs originaux via une citation bibliographique conforme aux normes APA.
- Tarifs : Gratuit pour tout usage académique, scientifique ou pédagogique. Aucun droit de licence ou redevance pécuniaire n’est requis auprès des auteurs d’origine. Les applications commerciales directes au sein d’outils logiciels propriétaires doivent respecter les droits de reproduction de l’éditeur du journal (American Marketing Association / SAGE Publications).
12. Références / References
- Alba, J. W., & Hutchinson, J. W. (1987). Dimensions of consumer expertise. Journal of Consumer Research, 13(4), 411–454. https://doi.org/10.1086/209080
- Baker, W., Hutchinson, J. W., Moore, D., & Nedungadi, P. (1986). Brand familiarity and advertising: Effects on the evoked set and brand preference. Advances in Consumer Research, 13, 637–642.
- Collins, A. M., & Loftus, E. F. (1975). A spreading-activation theory of semantic memory. Psychological Review, 82(6), 407–428. https://doi.org/10.1037/0033-295X.82.6.407
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Kent, R. J., & Allen, C. T. (1994). Competitive interference effects in consumer memory for advertising: The role of brand familiarity. Journal of Marketing, 58(3), 97–105. https://doi.org/10.1177/002224299405800307
- McGeoch, J. A. (1942). The psychology of human learning: An introduction. Longmans, Green & Co.
- Reber, R., Schwarz, N., & Winkielman, P. (2004). Processing fluency and aesthetic pleasure: Is beauty in the perceiver’s processing experience? Personality and Social Psychology Review, 8(4), 364–382. https://doi.org/10.1207/s15327957pspr0804_3
- Whittlesea, B. W. (1993). Illusions of familiarity. Journal of Experimental Psychology: Learning, Memory, and Cognition, 19(6), 1235–1253. https://doi.org/10.1037/0278-7393.19.6.1235
- Zajonc, R. B. (1968). Attitudinal effects of mere exposure. Journal of Personality and Social Psychology, 9(2, Pt.2), 1–27. https://doi.org/10.1037/h0025848
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to respondents: Please rate your familiarity with [Target Brand / Stimulus] using the following 7-point scales:
Item 1:
[ 1 2 3 4 5 6 7 ]
Familiar
Item 2:
[ 1 2 3 4 5 6 7 ]
Experienced
Item 3:
[ 1 2 3 4 5 6 7 ]
Knowledgeable