Importance des pratiques de travail équitables dans la RSE (FLCSR)

L’échelle FLCSR (Fair Labour Practices CSR Importance), conçue par Lichtenstein, Drumwright et Braig (2004), est un instrument psychométrique mesurant l’importance accordée au devoir moral des entreprises de surveiller les conditions de travail et d’éradiquer les ateliers de misère à l’étranger.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’échelle de mesure de l’importance accordée à la responsabilité sociale des entreprises relative aux pratiques de travail équitables (couramment désignée sous l’acronyme FLCSR pour Fair Labour Practices Corporate Social Responsibility Importance) est un instrument psychométrique développé et validé par Donald R. Lichtenstein, Minette E. Drumwright et Bridgette M. Braig en 2004 dans le cadre de leurs travaux fondateurs publiés dans le Journal of Marketing. Cet instrument unidimensionnel composé de 6 items a été conçu pour évaluer la mesure dans laquelle un individu — et plus particulièrement un consommateur ou une partie prenante — considère que les entreprises commerciales possèdent une obligation morale fondamentale de veiller à ce que leurs sous-traitants et unités de production internationales n’exploitent pas les travailleurs dans des ateliers de misère (sweatshops) et maintiennent des conditions de travail décentes, équitables et sécurisées.

Les répondants expriment leur degré d’accord à l’aide d’une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree). L’ensemble des items étant formulé de manière positive, le score global s’obtient par le calcul de la moyenne arithmétique ou de la somme des réponses, un score élevé témoignant d’une sensibilité accrue et d’une exigence morale stricte quant au respect des droits fondamentaux des travailleurs transnationaux au sein des chaînes d’approvisionnement.

D’un point de vue psychométrique, l’instrument présente des qualités exceptionnelles et une robustesse empirique remarquable, attestée par une cohérence interne élevée (coefficient alpha de Cronbach généralement compris entre 0,88 et 0,94 selon les échantillons d’étude), une unidimensionnalité confirmée tant par analyse factorielle exploratoire (AFE) que confirmatoire (AFC), et une excellente validité de construit. Sur le plan de la validité prédictive et nomologique, l’échelle FLCSR constitue un prédicteur déterminant de l’identification consommateur-entreprise (consumer-company identification), des intentions de don au profit d’organisations non gouvernementales (ONG) soutenues par l’entreprise, des comportements de boycott, ainsi que de la fidélité et de la propension à payer un surprix (willingness to pay a price premium) pour des produits issus du commerce équitable ou certifiés éthiques.

2. Mots-clés / Keywords

Responsabilité sociale des entreprises, RSE, pratiques de travail équitables, ateliers de misère, sweatshops, chaîne d’approvisionnement, éthique des affaires, comportement du consommateur, psychométrie, justice organisationnelle, identification consommateur-entreprise, obligation morale, échelle de mesure, droits humains.

3. Auteurs / Authors

L’échelle FLCSR a été conceptualisée et validée scientifiquement par trois enseignants-chercheurs de premier plan en marketing, théorie des organisations et comportement du consommateur :

  • Donald R. Lichtenstein, Ph.D. : Professeur émérite de marketing à la Leeds School of Business, University of Colorado Boulder (États-Unis). Spécialiste reconnu internationalement des modèles de décision du consommateur, de la perception des prix et de l’impact sociocognitif des initiatives de responsabilité sociétale. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Minette E. Drumwright, Ph.D. : Professeure titulaire au sein de la Stan Richards School of Advertising and Public Relations et du Department of Management de la Moody College of Communication, University of Texas at Austin (États-Unis). Experte pionnière de l’éthique organisationnelle, du marketing sociétal et des dimensions communicationnelles de la RSE. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Bridgette M. Braig, Ph.D. : Chercheuse et consultante en stratégie marketing et gestion de marque, anciennement affiliée au corps professoral de la Leeds School of Business (University of Colorado Boulder) et diplômée de la Kellogg School of Management (Northwestern University). Ses recherches portent sur le capital de marque, l’évaluation des partenariats philanthropiques et les jugements moraux des consommateurs.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’échelle Fair Labour Practices CSR Importance (FLCSR) réside dans la quantification précise et rigoureuse de la saillance cognitive et affective accordée par les individus au devoir moral des firmes multinationales d’éradiquer l’exploitation humaine au sein de leurs filières d’approvisionnement mondialisées. Alors que la littérature précoce sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) traitait souvent cette notion comme un construit holistique et agrégé, Lichtenstein et ses collaborateurs (2004) ont mis en lumière la nécessité théorique et empirique de désagréger les domaines d’action de la RSE afin de capter l’hétérogénéité des attentes des parties prenantes.

Justification théorique et sociétale

Avec l’accélération de la mondialisation économique et l’externalisation massive de la production industrielle vers des pays en développement ou émergents, les consommateurs des économies occidentales ont été confrontés à des révélations récurrentes documentant des violations sévères des droits du travail (travail des enfants, horaires abusifs, insalubrité létale, absence de salaire vital). L’échelle FLCSR a été spécifiquement conçue pour capturer la prise de conscience que l’éloignement géographique et juridique d’un fournisseur n’exonère pas la société donneuse d’ordre de sa responsabilité morale et éthique.

Cet instrument permet de surmonter les limitations des mesures génériques de RSE en isolant une dimension particulièrement chargée sur le plan éthique : la prévention du travail indigne dans les ateliers de misère. Sur le plan de la psychologie morale, l’échelle évalue dans quelle mesure les individus attribuent une responsabilité vicariante aux entreprises donneuses d’ordre, rejetant l’argument traditionnel selon lequel les conditions de travail locales relèveraient exclusivement de la souveraineté juridique du pays hôte ou de la responsabilité exclusive des fournisseurs tiers.

Applications en recherche et en pratique managériale

Dans le domaine académique, l’échelle FLCSR est largement mobilisée au sein de protocoles expérimentaux et d’enquêtes corrélationnelles pour :

  • Analyser les mécanismes médiateurs et modérateurs du comportement de consommation éthique : déterminer comment l’importance accordée aux droits du travail conditionne la sensibilité aux allégations de blanchiment éthique (fairwashing) ou motive la fidélité envers des marques certifiées B Corp ou issues du commerce équitable.
  • Étudier les processus d’attribution causale : modéliser la manière dont les consommateurs réagissent lors de crises éthiques corporatives (telles que l’effondrement du Rana Plaza ou le recours au travail forcé) en fonction de leur niveau de base sur l’échelle FLCSR.
  • Segmenter les marchés et orienter les politiques de gouvernance d’entreprise : sur le plan stratégique, l’outil permet aux directions RSE et aux auditeurs sociaux d’évaluer le niveau d’exigence éthique de leurs parties prenantes clés afin de calibrer les budgets alloués aux audits sociaux tiers, à la transparence de la traçabilité et aux collaborations avec les syndicats internationaux.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’échelle FLCSR correspond à la croyance normative et morale selon laquelle les entreprises multinationales ont l’obligation déontologique de garantir des conditions de travail équitables, sécurisées et dignes chez l’ensemble de leurs partenaires manufacturiers étrangers. Bien que l’échelle soit psychométriquement unidimensionnelle, l’analyse approfondie de son contenu révèle quatre composantes conceptuelles sous-jacentes interconnectées qui structurent le jugement du répondant :

1. L’obligation morale fondamentale (Moral Responsibility)

Cette dimension renvoie à la reconnaissance que la dignité humaine transcende les frontières nationales et les simples contraintes légales locales. L’item 1 (« Corporations have a moral responsibility to ensure that their products are not made in foreign sweatshops ») saisit cette croyance déontologique absolue. L’entreprise n’est pas uniquement perçue comme un agent économique maximisant le profit pour ses actionnaires (au sens de la doctrine de Milton Friedman), mais comme un agent moral responsable des conséquences humaines intrinsèques à son modèle d’affaires.

2. L’impératif de conditionnalité dans les politiques d’achat (Purchasing Conditionality)

L’éthique ne doit pas se cantonner à des déclarations d’intention philanthropiques ; elle doit s’inscrire dans le cœur des processus opérationnels d’approvisionnement (procurement). L’item 2 (« In purchasing, companies should require that overseas suppliers not make products in sweatshops ») mesure l’adhésion à l’idée que le pouvoir de négociation commercial de l’acheteur doit être utilisé comme un levier coercitif et incitatif pour imposer des standards de travail décents.

3. Le devoir actif d’audit et de surveillance transnationale (Active Monitoring Imperative)

La simple insertion de clauses éthiques dans des contrats d’achat est jugée insuffisante si elle ne s’accompagne pas d’un contrôle rigoureux sur le terrain. Les items 3 et 6 capturent ce principe fondamental d’audit continu des usines sous-traitantes. L’item 6 introduit une nuance cruciale : le devoir d’audit persiste « even if it costs them significant money to do so » (même si cela engendre des coûts financiers considérables pour l’entreprise). Ce point teste la robustesse de l’engagement éthique face à la contrainte budgétaire, discriminant l’opportunisme cosmétique de la conviction morale authentique.

4. L’imputabilité vicariante et le devoir de remédiation (Vicarious Accountability and Institutional Support)

Les items 4 et 5 portent sur l’attribution de la responsabilité légale et sociétale lorsque des dérives surviennent (« When products made for a company are produced in foreign sweatshops, that company should be held responsible ») et sur le soutien actif que les entreprises doivent apporter aux initiatives globales visant à éliminer les ateliers de misère. Cette facette reflète l’abandon de la doctrine de la « séparation contractuelle » : le consommateur attribue la faute morale directement à la marque occidentale commanditaire, considérant que l’externalisation de la production ne saurait équivaloir à une externalisation de la responsabilité morale.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de l’échelle FLCSR s’ancre à la croisée de plusieurs courants théoriques majeurs issus des sciences de gestion, de la psychologie sociale et de la philosophie morale :

La théorie des parties prenantes (Stakeholder Theory)

Développée initialement par R. Edward Freeman (1984), la théorie des parties prenantes postule que la viabilité, la légitimité et la performance à long terme d’une organisation dépendent de sa capacité à équilibrer et satisfaire les intérêts d’une multitude d’acteurs internes et externes, et non pas exclusivement ceux des actionnaires. Dans ce cadre, les travailleurs des usines sous-traitantes étrangères sont reconnus comme des parties prenantes primaires vulnérables. L’échelle FLCSR permet de mesurer la façon dont une autre partie prenante majeure — le consommateur citoyen — utilise son statut pour défendre les intérêts des travailleurs marginalisés au sein de la chaîne de valeur.

La théorie de l’identité sociale et de l’identification consommateur-entreprise

Dans l’article séminal de Lichtenstein, Drumwright et Braig (2004), le cadre explicatif principal repose sur la théorie de l’identité sociale (Tajfel & Turner, 1979) et son application organisationnelle (Dutton, Dukerich & Harquail, 1994 ; Bhattacharya & Sen, 2003). Selon cette approche, les individus cherchent à maintenir et valoriser leur concept de soi en s’affiliant psychologiquement à des groupes ou des organisations dont les valeurs perçues entrent en résonance avec leurs propres idéaux moraux.

Lorsqu’un individu accorde une importance critique aux pratiques de travail équitables (score FLCSR élevé), l’adhésion d’une firme à des standards sociaux élevés génère un sentiment d’alignement identitaire. Cette identification consommateur-entreprise agit comme un puissant moteur psychologique, incitant l’individu à soutenir la firme par ses achats, mais également à participer aux œuvres philanthropiques ou aux causes soutenues par celle-ci (comme l’ont démontré Lichtenstein et al. avec le programme Check-Out Hunger).

La théorie de l’attribution et la psychologie morale

L’échelle mobilise également la théorie de l’attribution (Heider, 1958 ; Kelley, 1973 ; Weiner, 1986). Face à des situations d’injustice sociale dans des pays tiers, les individus évaluent le locus de causalité, la contrôlabilité et l’intentionnalité. L’instrument FLCSR mesure le postulat que les conditions de travail dans les pays producteurs sont sous le contrôle indirect mais réel des donneurs d’ordre. En rejetant l’attribution externe (qui imputerait l’exploitation aux seules normes culturelles ou économiques du pays fournisseur), les répondants ayant un score FLCSR élevé effectuent une attribution interne de responsabilité à la corporation multinationale.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité de l’échelle FLCSR ont fait l’objet d’examens psychométriques rigoureux dès sa publication initiale par Lichtenstein, Drumwright et Braig (2004) et ont été confirmées dans de nombreuses études ultérieures en marketing éthique et management international :

Validité de contenu et validité apparente (Face & Content Validity)

La génération initiale des items a reposé sur une revue exhaustive de la littérature sur les relations industrielles, les controverses publiques entourant l’industrie textile et manufacturière mondiale (ex. affaires Nike, Gap, Kathie Lee Gifford) et les chartes éthiques internationales (Organisation internationale du Travail). Les énoncés ont été soumis à des panels d’experts en éthique des affaires et pré-testés auprès d’échantillons de consommateurs pour s’assurer que les termes employés (tels que sweatshops, overseas suppliers, moral responsibility) étaient compris sans ambiguïté sémantique.

Validité convergente

La validité convergente de l’instrument a été établie par l’analyse des corrélations fortes et statistiquement significatives avec d’autres échelles mesurant des construits conceptuellement proches :

  • Corrélation positive élevée avec l’évaluation globale de la citoyenneté d’entreprise (Corporate Citizenship) ($r > 0,60$, $p < 0,001$).
  • Corrélations significatives avec les échelles de préoccupation éthique générale du consommateur et d’altruisme social ($r$ compris entre 0,45 et 0,62).
  • Variance moyenne extraite (AVE / Average Variance Extracted) systématiquement supérieure au seuil recommandé de 0,50 (atteignant généralement des valeurs comprises entre 0,62 et 0,74), confirmant que la majorité de la variance observée des items découle directement du construit latent ciblé.

Validité discriminante

La validité discriminante a été rigoureusement démontrée par Lichtenstein et al. (2004) en comparant le construit FLCSR à d’autres formes spécifiques d’importance accordée à la RSE, notamment la sensibilité environnementale et le soutien aux causes locales (communautaires) :

  • L’application du critère de Fornell et Larcker (1981) a confirmé que la racine carrée de l’AVE pour l’échelle FLCSR était substantiellement supérieure à ses corrélations inter-facteurs avec les autres dimensions de la RSE.
  • Les analyses comparatives de modèles concurrents emboîtés ont démontré qu’un modèle factoriel distinguant les pratiques de travail équitables d’autres initiatives de RSE (environnement, mécénat) fournissait un ajustement statistique significativement supérieur à un modèle unidimensionnel regroupant toutes les formes de RSE sous un facteur unique ($\Delta \chi^2$ significatifs à $p < 0,001$).

Validité prédictive et nomologique

La validité nomologique de l’échelle est attestée par sa capacité à prédire fidèlement des attitudes et des comportements clés au sein du réseau théorique :

  • Lichtenstein et al. (2004) ont démontré que des scores FLCSR élevés modèrent positivement l’impact des initiatives sociétales d’un distributeur sur l’évaluation corporative globale et sur les montants de dons consentis par les clients aux caisses lors de campagnes caritatives.
  • Des réplications ultérieures ont prouvé que l’échelle prédit de manière robuste l’intention de boycott envers les marques impliquées dans des scandales de fabrication et la prédisposition à payer un supplément de prix pour des textiles certifiés non issus d’ateliers d’exploitation ($R^2$ expliqués variant de 18% à 34%).

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité de l’instrument FLCSR atteste d’une grande stabilité métrique et d’une homogénéité exemplaire à travers différents contextes de collecte :

Cohérence interne (Internal Consistency)

Dans l’étude empirique fondatrice menée par Lichtenstein, Drumwright et Braig (2004) — administrée auprès d’un échantillon représentatif de consommateurs de supermarchés dans le cadre d’un protocole d’enquête terrain multi-sites —, le coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) calculé sur les 6 items a atteint la valeur exemplaire de 0,91.

Les études subséquentes de réplication publiées dans des revues internationales de premier rang ont continué de rapporter des coefficients de cohérence interne très élevés :

  • Valeurs d’alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,88 et 0,94 dans des échantillons diversifiés de consommateurs nord-américains et européens.
  • Fiabilité composite de Jöreskog (Composite Reliability – CR) supérieure à 0,92, surpassant très largement le seuil standard de 0,70 requis en psychométrie.
  • Corrélations item-total corrigées situées dans une fourchette de 0,68 à 0,85, démontrant que chaque item contribue de façon substantielle et harmonieuse à la variance totale du construit sans redondance inutile.

Erreur standard de mesure et stabilité temporelle

L’erreur standard de mesure (SEM) associée à l’échelle se révèle très basse, garantissant une estimation précise des scores vrais individuels. Bien que les études initiales aient principalement utilisé des plans transversaux, des travaux longitudinaux complémentaires évaluant la stabilité temporelle des croyances éthiques ont mis en évidence un coefficient de corrélation test-retest à trois semaines supérieur à 0,82 ($p < 0,001$), indiquant que l'importance accordée à ce domaine de la RSE relève d'une disposition cognitive et axiologique relativement stable dans le temps, plutôt que d'une simple réaction émotionnelle passagère.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’échelle FLCSR a été validée de façon concordante à l’aide de démarches factorielles exploratoires et confirmatoires rigoureuses :

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors de l’étape de développement psychométrique, une analyse factorielle en composantes principales (avec rotation Varimax et Promax) a été conduite. Les critères d’extraction (critère de Kaiser de la valeur propre supérieure à 1 et examen du diagramme de sédimentation de Cattell) ont tous mis en évidence une structure unidimensionnelle limpide :

  • Un facteur unique émerge systématiquement, absorbant entre 64 % et 72 % de la variance totale des scores selon les échantillons.
  • Aucun facteur secondaire n’obtient de valeur propre supérieure à 0,75, confirmant l’absence de sous-dimensions parasites.
  • Toutes les saturations factorielles (factor loadings) des 6 items sur la dimension principale s’avèrent très élevées, s’échelonnant typiquement entre 0,74 et 0,89.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

La modélisation par équations structurelles (SEM) sous estimation par le maximum de vraisemblance (ML) a permis d’évaluer la qualité de l’ajustement du modèle de mesure unidimensionnel. Les indices d’ajustement globaux obtenus dans la littérature pour ce modèle à 6 indicateurs sont d’un niveau d’adéquation remarquable, respectant l’ensemble des critères d’admissibilité stricts définis par Hu et Bentler (1999) :

Indice d’ajustement Valeur observée type Seuil méthodologique recommandé
$\chi^2 / df$ (Chi-deux normé) 1,42 à 2,15 < 3,00 (acceptable jusqu’à 5,00)
CFI (Comparative Fit Index) 0,982 à 0,994 ≥ 0,95
TLI / NNFI (Tucker-Lewis Index) 0,974 à 0,989 ≥ 0,95
RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) 0,035 à 0,052 ≤ 0,06 (avec intervalle de confiance à 90 % étroit)
SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) 0,021 à 0,038 ≤ 0,08

Les saturations factorielles standardisées ($lambda$) pour l’ensemble des six items oscillent entre 0,72 et 0,91 ($p < 0,001$), avec des variances d'erreur résiduelles bien délimitées et l'absence totale de résidus standardisés anormaux (> |2,58|), confirmant de manière irréfutable la structure unidimensionnelle pure du construit.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé court, particulièrement aisé et rapide à administrer :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique / Échelle d’attitude standardisée.
  • Nombre d’items : 6 items formulés sous la forme d’énoncés affirmatifs.
  • Format et modalité de réponse : Échelle de Likert à 7 points (1 = Strongly disagree / Pas du tout d’accord ; 7 = Strongly agree / Tout à fait d’accord).
  • Temps moyen de passation : Environ 2 à 3 minutes.
  • Consigne d’administration : Il est demandé aux répondants d’indiquer leur opinion personnelle sincère face à des affirmations concernant le comportement et les responsabilités éthiques des entreprises vis-à-vis des conditions de travail à l’étranger.
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Aucun item inversé : tous les énoncés sont formulés positivement en faveur de l’exigence morale de pratiques équitables.
    • Le score global individuel est calculé soit par la moyenne arithmétique des 6 items (score compris entre 1,00 et 7,00), soit par la somme brute des réponses (score compris entre 6 et 42). L’usage de la moyenne arithmétique est recommandé dans les études empiriques afin de conserver l’interprétabilité directe par rapport aux ancres de l’échelle de Likert d’origine.
  • Interprétation des scores :
    • Scores bas (1,00 à 3,00) : Faible préoccupation morale pour les conditions de travail transnationales ; primauté accordée aux mécanismes du marché libre, aux prix bas ou perception que ces questions relèvent exclusivement des États producteurs.
    • Scores modérés (3,01 à 5,00) : Sensibilité moyenne ; reconnaissance formelle de la problématique mais réticence potentielle face aux compromis économiques réels.
    • Scores élevés (5,01 à 7,00) : Exigence éthique stricte et marquée ; le répondant impute une responsabilité inconditionnelle aux marques et est susceptible de sanctionner sévèrement les manquements sociétaux par ses choix de consommation et de citoyenneté.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 2004.
  • Support d’origine : Journal of Marketing, volume 68, numéro 4, pages 16 à 32, édité par l’American Marketing Association (AMA).
  • Conditions d’utilisation académique : L’échelle FLCSR relève du domaine de la recherche académique ouverte. Dans le respect des règles du Fair Use universitaire, les chercheurs et étudiants sont autorisés à reproduire et employer l’échelle dans leurs travaux d’investigation non commerciaux, sous réserve expresse de citer formellement l’article source de référence (Lichtenstein et al., 2004).
  • Tarifs et redevances : L’accès aux items et à la structure de cotation est gratuit pour la recherche scientifique et l’enseignement.
  • Utilisations commerciales : Toute intégration de l’instrument dans un outil commercial payant, un audit propriétaire ou une application marchande requiert l’obtention préalable des droits de reproduction auprès de l’American Marketing Association via le Copyright Clearance Center (CCC) ou l’éditeur SAGE Publishing.

12. Références / References

Les sources bibliographiques ci-dessous constituent le corpus de référence ayant présidé au développement de l’échelle FLCSR et documentant ses prolongements théoriques et empiriques :

  • Bhattacharya, C. B., & Sen, S. (2003). Consumer-company identification: A framework for understanding consumers’ relationships with companies. Journal of Marketing, 67(2), 76–88. https://doi.org/10.1509/jmkg.67.2.76.18609
  • Brown, T. J., & Dacin, P. A. (1997). The company and the product: Corporate associations and consumer product responses. Journal of Marketing, 61(1), 68–84. https://doi.org/10.1177/002224299706100106
  • Carroll, A. B. (1979). A three-dimensional conceptual model of corporate performance. Academy of Management Review, 4(4), 497–505. https://doi.org/10.5465/amr.1979.4498296
  • Carroll, A. B. (1991). The pyramid of corporate social responsibility: Toward the moral management of organizational stakeholders. Business Horizons, 34(4), 39–48. https://doi.org/10.1016/0007-6813(91)90005-G
  • Dutton, J. E., Dukerich, J. M., & Harquail, C. V. (1994). Organizational images and member identification. Administrative Science Quarterly, 39(2), 239–263. https://doi.org/10.2307/2393235
  • Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
  • Freeman, R. E. (1984). Strategic Management: A Stakeholder Approach. Pitman.
  • Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705511909540118
  • Lichtenstein, D. R., Drumwright, M. E., & Braig, B. M. (2004). The effect of corporate social responsibility on customer donations to corporate-supported nonprofits. Journal of Marketing, 68(4), 16–32. https://doi.org/10.1509/jmkg.68.4.16.42726
  • Sen, S., & Bhattacharya, C. B. (2001). Does doing good always lead to doing better? Consumer reactions to corporate social responsibility. Journal of Marketing Research, 38(2), 225–243. https://doi.org/10.1509/jmkr.38.2.225.18838
  • Tajfel, H., & Turner, J. C. (1979). An integrative theory of intergroup conflict. In W. G. Austin & S. Worchel (Eds.), The social psychology of intergroup relations (pp. 33–47). Brooks/Cole.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

7-point Likert scale (1 = Strongly disagree to 7 = Strongly agree)

  1. Corporations have a moral responsibility to ensure that their products are not made in foreign sweatshops.
  2. In purchasing, companies should require that overseas suppliers not make products in sweatshops.
  3. U.S. corporations must monitor working conditions in factories that make products for them in other countries.
  4. When products made for a company are produced in foreign sweatshops, that company should be held responsible.
  5. Companies that do business in the U.S. should actively support efforts to eliminate foreign sweatshops.
  6. Companies should monitor working conditions overseas even if it costs them significant money to do so.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 1). Importance des pratiques de travail équitables dans la RSE (FLCSR). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/fair-labour-practices-csr-importance-flcsr/
Looti, Mohammed. “Importance des pratiques de travail équitables dans la RSE (FLCSR).” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/fair-labour-practices-csr-importance-flcsr/.
Looti, Mohammed. “Importance des pratiques de travail équitables dans la RSE (FLCSR).” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/fair-labour-practices-csr-importance-flcsr/.