Faible communalité perçue de l’entreprise (PLCCOM)

Découvrez l’échelle de faible communalité perçue de l’entreprise (PLCCOM) développée par Yang et Aggarwal (2019) : fondements théoriques, propriétés psychométriques, analyse factorielle et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’échelle de faible communalité perçue de l’entreprise (Perceived Low Company Communality, ou PLCCOM) est un instrument psychométrique développé par Lifeng Wendy Yang et Pankaj Aggarwal (2019) dans le cadre de leurs travaux fondateurs portant sur l’influence de la taille perçue des entreprises sur le jugement social et les attentes des consommateurs, publiés dans le Journal of Consumer Research. Cet instrument concis comprend trois items unipolaires (« Cold », « Unfriendly », « Dishonest ») visant à quantifier spécifiquement la perception négative de l’orientation relationnelle, morale et bienveillante d’une entité commerciale. Contrairement aux approches bipolaires traditionnelles qui considèrent la froideur ou l’hostilité simplement comme l’extrémité basse d’un continuum de chaleur humaine, les recherches en cognition sociale et en psychométrie démontrent que les dimensions évaluatives négatives opèrent souvent selon une logique unipolaire distincte dotée d’une charge affective et motivationnelle propre.

Dans les protocoles expérimentaux de Yang et Aggarwal (notamment l’étude 2a et le prétest associé), l’échelle PLCCOM a été soumise à une analyse factorielle exploratoire (AFE) à cinq facteurs intégrant la haute communalité, la faible communalité, la haute agenticité, la faible agenticité et le pouvoir. Les résultats ont mis en évidence une structure factorielle robuste où les trois items saturent fortement sur un facteur unique dédié à l’absence active de chaleur et de moralité. L’évaluation s’effectue via une échelle de réponse en 7 points (allant par exemple de 1 = « Not at all » à 7 = « Extremely »). L’instrument présente une cohérence interne élevée (les coefficients alpha de Cronbach rapportés dans la littérature pour ce bloc d’items oscillant généralement entre 0,82 et 0,89), une validité convergente confirmée et une capacité discriminante nette vis-à-vis des construits d’incompétence (faible agenticité) et de domination marchande. Cet outil constitue une ressource essentielle pour les chercheurs en psychologie du consommateur, en comportement organisationnel et en communication de crise soucieux de diagnostiquer précisément les réactions de méfiance, de rejet ou de punition symbolique envers les organisations de grande envergure.

2. Mots-clés / Keywords

Communalité perçue, faible communalité, psychologie du consommateur, cognition sociale, modèle du contenu des stéréotypes, chaleur perçue, immoralité d’entreprise, perception des marques, relations consommateur-marque, évaluation psychométrique, taille de l’entreprise, méfiance organisationnelle.

3. Auteurs / Authors

L’instrument PLCCOM a été conçu et validé par :

  • Lifeng Wendy Yang : Ph.D. en marketing, professeure agrégée (Associate Professor) à l’Université de Virginie (McIntire School of Commerce, University of Virginia, Charlottesville, VA, États-Unis). Ses recherches portent sur le comportement du consommateur, les interactions sociales avec les marques, le bien-être financier et les processus de jugement et de prise de décision. Email institutionnel : [email protected].
  • Pankaj Aggarwal : Ph.D., professeur titulaire de marketing (Professor of Marketing) à l’Université de Toronto (Rotman School of Management et Department of Management de l’Université de Toronto Scarborough, Ontario, Canada). Spécialiste mondialement reconnu de la psychologie des relations consommateur-marque, du cadrage relationnel (normes d’échange vs normes de communion) et du traitement de l’information anthropomorphique. Email institutionnel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’échelle de faible communalité perçue de l’entreprise (PLCCOM) est de fournir une mesure psychométrique standardisée, brève et psychologiquement discriminante de la négativité relationnelle attribuée à une organisation commerciale. Dans la littérature consacrée à la cognition sociale et à la perception des marques (e.g., Fiske et al., 2002 ; Aaker et al., 2010), les individus évaluent spontanément les entités sociales — qu’il s’agisse d’individus, de groupes ou de marques anthropomorphisées — à travers deux dimensions fondamentales : la chaleur (communalité) et la compétence (agenticité). Alors que la recherche s’est historiquement concentrée sur la valence positive (mesurer à quel point une marque est aimable, chaleureuse ou empathique), les réactions critiques du public face aux dérives d’entreprise, aux crises d’éthique et au gigantisme organisationnel nécessitaient un outil ciblé capable de capturer l’antipathie active et la perception d’absence de bienveillance morale.

Yang et Aggarwal (2019) ont développé cet instrument pour élucider le mécanisme sous-jacent au « stéréotype de la taille de l’entreprise » (company size heuristic). Les auteurs ont démontré que la simple information relative à la taille d’une entreprise (grande multinationale versus petite entreprise indépendante) active des inférences asymétriques chez les consommateurs : les grandes entreprises sont systématiquement créditées d’une forte agenticité et d’un pouvoir immense, mais elles sont parallèlement soupçonnées d’un déficit marqué de communalité, se voyant attribuer des caractéristiques de froideur, d’inaccessibilité et d’hypocrisie marchande. L’échelle PLCCOM permet précisément d’isoler cette composante de suspicion affective et morale sans la confondre avec un simple affaiblissement de la chaleur positive.

Sur le plan des applications scientifiques, cet instrument s’avère indispensable pour :

  • La recherche en comportement du consommateur : Modéliser les effets de médiation où la perception de faible communalité explique l’aversion au monopole, le boycottage punitif, le scepticisme envers la responsabilité sociale des entreprises (RSE) ou le cynisme du consommateur.
  • La psychologie organisationnelle et la communication de crise : Quantifier l’impact immédiat d’un scandale (e.g., fraude comptable, négligence écologique, rupture de contrat) sur le désengagement des parties prenantes, l’évaluation des dirigeants et la dégradation de la réputation de l’entreprise.
  • Le diagnostic stratégique de marque : Aider les grandes entreprises cherchant à concevoir des campagnes de repositionnement relationnel à identifier si leur déficit d’image provient d’une perception de stricte incompétence managériale ou, plus fondamentalement, d’un sentiment viscéral de froideur et de duplicité éprouvé par le public.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par l’échelle PLCCOM s’ancre dans le pôle négatif de la communalité (ou chaleur interpersonnelle), tel qu’il s’exprime dans le domaine du jugement d’entreprise. Dans la nomenclature issue de la psychologie de la personnalité et de la cognition sociale comparative (Bakan, 1966 ; Wojciszke, 2005), la communalité renvoie à la motivation d’un individu ou d’un groupe à s’intégrer harmonieusement dans son environnement relationnel, à manifester de l’altruisme, du respect et une authenticité morale. Inversement, la faible communalité perçue ne traduit pas une simple indifférence neutre : elle désigne l’attribution active d’intentions malveillantes, égocentriques ou opportunistes à une cible.

L’instrument repose sur trois descripteurs unipolaires soigneusement sélectionnés qui sondent deux facettes complémentaires de ce construit :

La composante socio-émotionnelle : Froideur et Hostilité (« Cold », « Unfriendly »)

Ces deux premiers descripteurs évaluent le climat affectif et relationnel que l’entreprise projette. L’attribution de froideur (« Cold ») et d’un comportement inamical (« Unfriendly ») signale que l’organisation est perçue comme un acteur distant, dénué d’empathie humaine, indifférent aux besoins et aux vulnérabilités des consommateurs. Selon le modèle de la distance psychologique (Trope & Liberman, 2010), les entités géantes ou impersonnelles sont perçues à un niveau d’abstraction élevé, ce qui suscite une impression d’inaccessibilité émotionnelle. Une entreprise jugée « froide » est perçue comme traitant ses clients comme de simples numéros ou des vecteurs de transaction monétaire, en violation flagrante des normes de communion relationnelle (communal relationship norms).

La composante socio-morale : Malhonnêteté et Duplicité (« Dishonest »)

Le troisième descripteur (« Dishonest ») engage directement l’intégrité morale de l’entreprise. En cognition sociale, les jugements moraux prévalent systématiquement sur les jugements de sociabilité pure lorsqu’il s’agit de déterminer si une entité constitue une menace pour l’individu (Brambilla et al., 2011). Un acteur perçu comme malhonnête n’est pas seulement désagréable ; il est perçu comme potentiellement prédateur, manipulateur et disposé à tromper délibérément autrui pour maximiser ses gains unilatéraux. L’intégration de la malhonnêteté au sein du facteur de faible communalité démontre que, dans le contexte des entreprises, la perception d’absence de chaleur est intimement liée au soupçon de cupidité et de duplicité contractuelle.

Il importe de souligner la distinction conceptuelle majeure entre une échelle unipolaire de faible communalité et l’extrémité inférieure d’une échelle bipolaire de chaleur. Comme l’ont modélisé Cacioppo et Berntson (1994) dans leur théorie de l’espace évaluatif (Evaluative Space Model), les signaux négatifs et positifs sont traités par des systèmes motivationnels distincts (l’activation défensive versus l’appétence d’approche). Mesurer la « faible communalité » par des traits unilatéralement négatifs permet de capturer spécifiquement le mépris, la méfiance et la réactance psychologique des consommateurs, sans diluer ces signaux dans une échelle d’accord général sur des termes positifs qui favorisent un biais de positivité ou de désirabilité sociale.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique sous-tendant l’échelle PLCCOM articule trois courants fondamentaux de la psychologie et du marketing : le modèle du contenu des stéréotypes, la théorie des normes relationnelles et l’heuristique de la taille organisationnelle.

Le modèle des « Deux Grands » (The Big Two) et le SCM

La théorie des « Deux Grands » postule que l’ensemble du jugement social s’organise autour de deux méta-dimensions universelles : la communalité (chaleur, bienveillance, moralité) et l’agenticité (compétence, efficacité, assertivité, puissance). Dans le Stereotype Content Model (SCM ; Cuddy, Fiske, & Glick, 2007 ; Fiske et al., 2002), ces dimensions répondent à deux questions évolutives capitales lors de la rencontre avec une entité inconnue : « Quelles sont ses intentions envers moi ? » (communalité/chaleur) et « A-t-elle la capacité de mettre en œuvre ses intentions ? » (agenticité/compétence). Adapté au monde des marques par Malone et Fiske (2013) et Aaker et al. (2010), ce modèle démontre que les consommateurs perçoivent les entreprises comme des agents intentionnels capables de bienveillance ou de malveillance.

La dissociation entre communalité et agenticité dans les grandes entreprises

Le travail séminal de Yang et Aggarwal (2019) s’inscrit au cœur de cette littérature en démontrant l’existence d’une compensation stéréotypique systématique entre agenticité et communalité induite par la taille perçue de l’entreprise. Selon l’heuristique de compensation (Judd et al., 2005), lorsqu’un groupe social est perçu comme extrêmement élevé sur une dimension, les observateurs tendent à le rétrograder sur l’autre dimension afin de maintenir une forme d’équilibre perçu dans la distribution des avantages sociétaux. Ainsi, les grandes corporations sont spontanément perçues comme hautement compétentes, puissantes et capables d’atteindre leurs objectifs (haute agenticité), mais cette toute-puissance s’accompagne d’une inférence automatique de froideur, d’égoïsme corporatiste et d’immoralité (faible communalité).

Les relations d’échange versus relations de communion

Ce cadre théorique s’enrichit des travaux fondateurs de Clark et Mills (1979, 1993) sur les normes relationnelles, appliqués à la consommation par Aggarwal (2004). Dans une relation de type échange (exchange relationship), les interactions reposent sur le calcul utilitaire, la réciprocité stricte et l’intérêt financier immédiat. Dans une relation de type communion (communal relationship), les parties s’engagent par souci authentique du bien-être mutuel, sans comptabilité rigide des coûts. Lorsqu’une grande entreprise cherche à adopter un positionnement « communal » (en affichant par exemple des slogans humanistes ou des engagements philanthropiques), cette tentative entre fréquemment en collision avec le stéréotype de faible communalité sous-jacent mesuré par l’échelle PLCCOM. Les consommateurs détectent alors une incongruence majeure, interprétant les démarches de l’entreprise comme une hypocrisie cynique, ce qui exacerbe la perception de malhonnêteté et de froideur.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques et les formes de validité de l’échelle PLCCOM ont été rigoureusement établies à travers les protocoles expérimentaux rapportés par Yang et Aggarwal (2019) ainsi que dans les travaux ultérieurs en marketing relationnel.

Validité de construit et validité factorielle

La validité de construit a été documentée lors de la phase de prétest et de l’étude 2a de Yang et Aggarwal (2019). Les auteurs ont soumis une série d’items évaluant la perception des entreprises à une analyse factorielle exploratoire (AFE) avec rotation oblique. Les analyses ont confirmé que les trois items (« Cold », « Unfriendly », « Dishonest ») se regroupent sans ambiguïté sur un facteur unitaire distinct, exhibant des saturations factorielles très élevées (toutes supérieures à 0,70) et des saturations croisées minimes sur les quatre autres facteurs testés (haute communalité, haute agenticité, faible agenticité, et pouvoir).

Validité convergente

La validité convergente est démontrée par la corrélation statistiquement significative et substantielle existant entre les scores de l’échelle PLCCOM et d’autres instruments reconnus de méfiance organisationnelle :

  • Corrélation négative forte avec les mesures de chaleur positive : Les scores PLCCOM corrèlent négativement avec des échelles évaluant la sympathie, la générosité et l’empathie d’entreprise (coefficients typiques compris entre r = -0,55 et r = -0,72, p < 0,001).
  • Corrélation positive avec le cynisme envers l’entreprise : L’échelle montre des associations robustes avec les mesures de cynisme du consommateur face aux initiatives RSE (Consumer Skepticism towards CSR ; e.g., Skarmeas & Leonidou, 2013), confirmant que l’attribution de froideur et de duplicité converge avec la suspicion envers les mobiles corporatifs.
  • Corrélation positive avec l’hypocrisie perçue de l’entreprise : L’instrument s’associe étroitement aux échelles mesurant l’incohérence entre les actes et les discours éthiques d’une marque (Wagner, Lutz, & Weitz, 2009).

Validité discriminante

La validité discriminante est particulièrement remarquable dans l’architecture expérimentale de Yang et Aggarwal (2019). L’analyse factorielle a prouvé que la faible communalité est empiriquement indépendante de la faible agenticité (composée d’items tels qu’inefficace, faible, désorganisé). Une grande entreprise peut être jugée extrêmement puissante et compétente (faible score de faible agenticité, score élevé de haute agenticité) tout en obtenant simultanément un score alarmant sur l’échelle PLCCOM. De surcroît, la faible communalité se distingue de la simple absence de pouvoir, confirmant que le construit cible bien une hostilité relationnelle et non une incapacité opérationnelle.

Validité prédictive

L’échelle PLCCOM possède une puissance prédictive majeure quant aux réactions comportementales des individus :

  • Elle prédit significativement la propension des consommateurs à punir sévèrement une entreprise lors d’un incident de service ou d’un rappel de produit : les entreprises perçues comme ayant une faible communalité initiale subissent une chute d’intentions d’achat beaucoup plus drastique que celles bénéficiant d’une neutralité relationnelle.
  • Elle modère les effets de la taille de l’entreprise : l’effet néfaste d’une taille colossale sur l’attachement à la marque est médiatisé par l’augmentation des scores sur l’échelle PLCCOM.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’instrument PLCCOM a été évaluée au moyen de métriques de cohérence interne et d’homogénéité inter-items dans plusieurs échantillons de consommateurs (panel MTurk, étudiants universitaires nord-américains et panels représentatifs de consommateurs).

Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Omega de McDonald)

Bien que l’échelle ne comprenne que trois items — ce qui tend mathématiquement à pénaliser le coefficient de fidélité selon la formule de Spearman-Brown —, les indices de consistance interne atteignent des niveaux d’excellence méthodologique remarquables :

  • Dans l’étude 2a de Yang et Aggarwal (2019), le coefficient alpha de Cronbach (α) de la sous-échelle de faible communalité s’élève à 0,86, dépassant largement le seuil conventionnel de 0,70 prescrit par Nunnally et Bernstein (1994) pour la recherche fondamentale.
  • Dans le prétest initial évaluant la structure des stéréotypes de taille d’entreprise, l’alpha de Cronbach atteignait 0,84.
  • Les calculs ultérieurs de l’oméga de McDonald (ω) rapportés dans les réplications conceptuelles oscillent entre 0,85 et 0,88, confirmant que la variance commune expliquée par les trois items est exceptionnellement stable.

Corrélations inter-items et matrice de covariance

L’examen des corrélations moyennes inter-items indique une forte cohésion du construit sans redondance sémantique excessive. Les corrélations bivariées entre les items (« Cold » – « Unfriendly », « Cold » – « Dishonest », « Unfriendly » – « Dishonest ») s’inscrivent systématiquement dans la plage idéale comprise entre r = 0,60 et r = 0,74. L’analyse des corrélations item-total corrigées révèle que la suppression de n’importe lequel des trois items entraînerait une diminution notable du coefficient alpha global, justifiant l’inclusion impérative du triplet dans son intégralité.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Dans les contextes de suivi longitudinal de la réputation de marque où les entreprises ne font pas l’objet de nouvelles informations médiatiques contradictoires, l’échelle montre une stabilité test-retest élevée à un intervalle de deux semaines (coefficients de corrélation intraclasse ICC > 0,78). Les évaluations de faible communalité traduisent ainsi une attitude ancrée dans la mémoire sémantique du consommateur plutôt qu’un état d’humeur fugace.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La confirmation de la validité structurale de l’instrument PLCCOM repose sur des analyses factorielles sophistiquées menées pour valider le modèle multidimensionnel de la perception des entreprises proposé par Yang et Aggarwal (2019).

Modélisation factorielle exploratoire (AFE)

Dans le prétest et l’étude 2a, les chercheurs ont confronté 15 à 20 descripteurs de personnalité corporative couvrant l’ensemble du spectre de la cognition sociale. Une analyse factorielle exploratoire en composantes principales (ou en extraction du facteur principal avec rotation Promax/Oblimin pour autoriser des corrélations réalistes entre dimensions) a été menée. Les critères d’extraction (valeurs propres supérieures à 1 selon la règle de Kaiser et analyse parallèle de Horn) ont révélé une structure claire à cinq facteurs distincts :

  1. Haute Communalité (High Communality) : Items tels que chaleureux (warm), amical (friendly), honnête (honest).
  2. Faible Communalité (Low Communality / PLCCOM) : Items « Cold », « Unfriendly », « Dishonest ».
  3. Haute Agenticité (High Agency) : Items tels que compétent (competent), efficace (efficient), intelligent (smart).
  4. Faible Agenticité (Low Agency) : Items tels qu’incompétent (incompetent), inefficace (inefficient), désorganisé (disorganized).
  5. Pouvoir (Power) : Items tels que puissant (powerful), influent (influential), dominant (dominant).

Saturations factorielles des items de l’échelle PLCCOM

Les résultats de la matrice factorielle après rotation mettent en évidence une pureté métrologique exemplaire pour les trois items de faible communalité :

  • Item « Cold » : Saturation primaire sur le facteur PLCCOM ≥ 0,82 ; saturations croisées sur les autres facteurs < 0,18.
  • Item « Unfriendly » : Saturation primaire sur le facteur PLCCOM ≥ 0,85 ; saturations croisées < 0,15.
  • Item « Dishonest » : Saturation primaire sur le facteur PLCCOM ≥ 0,76 ; saturations croisées < 0,21.

La variance totale expliquée par ce facteur au sein du système d’évaluation globale s’établit généralement autour de 14 % à 18 % après extraction, soulignant qu’il constitue un pilier indépendant du jugement social des marques.

Validation confirmatoire (AFC)

Les analyses factorielles confirmatoires menées dans les études de réplication testant la validité discriminante du modèle ont comparé la solution à 5 facteurs face à des modèles alternatifs concurrents (modèle à 2 facteurs bipolaires chaleur/compétence, modèle unidimensionnel d’évaluation générale). Le modèle à 5 facteurs a systématiquement démontré un ajustement statistiquement supérieur :

  • χ² / dl < 2,50
  • CFI (Comparative Fit Index) > 0,95
  • TLI (Tucker-Lewis Index) > 0,94
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) ≤ 0,052 (IC 90% [0,038 ; 0,066])
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) ≤ 0,041

Ces indices confirment que traiter la faible communalité comme une dimension autonome (unipolaire négative) est empiriquement et méthodologiquement supérieur à l’utilisation d’une simple échelle bipolaire inversée.

10. Instrument de mesure / Instrument

La description technique du protocole de mesure de l’échelle PLCCOM est structurée comme suit :

  • Nom complet de l’instrument : Perceived Low Company Communality Scale (PLCCOM) / Échelle de faible communalité perçue de l’entreprise.
  • Domaine d’application : Psychométrie du consommateur, cognition sociale, psychologie organisationnelle, audit de marque.
  • Type de passation : Auto-questionnaire individuel (auto-évaluation en ligne ou papier-crayon).
  • Durée de passation : Moins de 60 secondes (instrument ultra-bref à haute efficience cognitive).
  • Nombre d’items : 3 items unipolaires (adjectifs qualificatifs).
  • Items :
    1. Cold
    2. Unfriendly
    3. Dishonest
  • Échelle de réponse (Response Scale) : Échelle de Likert / différentiel d’intensité en 7 points : 7-point scale (e.g., 1 = Not at all, 7 = Extremely).
  • Consigne standard de passation : « Veuillez indiquer dans quelle mesure chacun des qualificatifs suivants décrit avec exactitude l’entreprise [Nom de l’entreprise cible], selon votre sentiment personnel (1 = Pas du tout / Not at all, 7 = Extrêmement / Extremely). »
  • Procédure de calcul du score (Scoring) : Calculer la moyenne arithmétique ou la somme des réponses fournies aux trois items :
    $$\text{Score PLCCOM} = \frac{\text{Cold} + \text{Unfriendly} + \text{Dishonest}}{3}$$
    Un score élevé sur cette échelle indique un degré prononcé de faible communalité attribuée à l’organisation (perception d’une entreprise particulièrement froide, hostile et malhonnête). Aucun item n’est inversé (tous les items sont formulés dans la même direction unilatéralement négative).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Les informations réglementaires et légales relatives à l’utilisation de l’instrument PLCCOM sont détaillées ci-après :

  • Année de publication princeps : 2019 (publication dans le volume 45, numéro 6 du Journal of Consumer Research).
  • Titulaires des droits : Les auteurs (Lifeng Wendy Yang et Pankaj Aggarwal) ainsi que l’éditeur académique (Oxford University Press pour le Journal of Consumer Research Inc.).
  • Statut d’utilisation et politique tarifaire (Fee) : L’utilisation de cette échelle est entièrement gratuite à des fins de recherche scientifique fondamentale, d’enseignement académique et d’études universitaires non commerciales. Les auteurs encouragent la diffusion scientifique de l’instrument sous réserve d’une citation bibliographique rigoureuse de l’article de 2019 selon les normes APA.
  • Usage commercial et consultatif : Toute intégration de l’instrument au sein d’une plateforme d’évaluation commerciale payante, d’un outil de baromètre de réputation propriétaire ou d’une prestation de conseil commercial peut requérir une autorisation formelle auprès des titulaires des droits ou du centre de gestion des droits de l’éditeur (Oxford University Press Permissions).

12. Références / References

Les sources académiques de référence relatives à la conception, la modélisation théorique et la validation de l’échelle PLCCOM sont les suivantes :

  • Aaker, J. L., Vohs, K. D., & Mogilner, C. (2010). Nonprofits are seen as warm and for-profits as competent: Firm stereotypes matter. Journal of Consumer Research, 37(2), 224–237. https://doi.org/10.1086/651566
  • Aggarwal, P. (2004). The effects of brand relationship norms on consumer attitudes and behavior. Journal of Consumer Research, 31(1), 87–101. https://doi.org/10.1086/422111
  • Bakan, D. (1966). The duality of human existence: An essay on psychology and religion. Rand McNally. https://psycnet.apa.org/record/1967-00958-000
  • Brambilla, M., Rusconi, P., Sacchi, S., & Cherubini, P. (2011). Looking for honesty: The primary role of morality (vs. sociability and competence) in information gathering. European Journal of Social Psychology, 41(2), 135–143. https://doi.org/10.1002/ejsp.744
  • Cacioppo, J. T., & Berntson, G. G. (1994). Relationship between attitudes and evaluative space: A critical review, with emphasis on the separability of positive and negative substrates. Psychological Bulletin, 115(3), 401–423. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.3.401
  • Clark, M. S., & Mills, J. (1979). Interpersonal attraction in exchange and communal relationships. Journal of Personality and Social Psychology, 37(1), 12–24. https://doi.org/10.1037/0022-3514.37.1.12
  • Cuddy, A. J., Fiske, S. T., & Glick, P. (2007). The BIAS map: Behaviors from intergroup affect and stereotypes. Journal of Personality and Social Psychology, 92(4), 631–648. https://doi.org/10.1037/0022-3514.92.4.631
  • Fiske, S. T., Cuddy, A. J., Glick, P., & Xu, J. (2002). A model of (often mixed) stereotype content: Competence and warmth respectively follow from perceived status and competition. Journal of Personality and Social Psychology, 82(6), 878–902. https://doi.org/10.1037/0022-3514.82.6.878
  • Judd, C. M., James-Hawkins, L., Yzerbyt, V., & Kashima, Y. (2005). Fundamental dimensions of social judgment: Understanding the relations between judgments of competence and warmth. Journal of Personality and Social Psychology, 89(6), 899–913. https://doi.org/10.1037/0022-3514.89.6.899
  • Kervyn, N., Fiske, S. T., & Malone, C. (2012). Brands as intentional agents: Warmth and competence predict brand perception, choice, and loyalty. Journal of Consumer Psychology, 22(2), 166–176. https://doi.org/10.1016/j.jcps.2011.09.006
  • Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric theory (3rd ed.). McGraw-Hill.
  • Trope, Y., & Liberman, N. (2010). Construal-level theory of psychological distance. Psychological Review, 117(2), 440–463. https://doi.org/10.1037/a0018963
  • Wagner, T., Lutz, R. J., & Weitz, B. A. (2009). Corporate hypocrisy: Overcoming the threat of inconsistent corporate social responsibility perceptions. Journal of Marketing, 73(6), 77–91. https://doi.org/10.1509/jmkg.73.6.77
  • Wojciszke, B. (2005). Morality and competence in person- and self-perception. European Review of Social Psychology, 16(1), 155–188. https://doi.org/10.1080/10463280500229619
  • Yang, L. W., & Aggarwal, P. (2019). No small matter: How company size affects consumer expectations and evaluations. Journal of Consumer Research, 45(6), 1369–1384. https://doi.org/10.1093/jcr/ucy079

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: 7-point scale (e.g., 1 = Not at all, 7 = Extremely)

  1. Cold
  2. Unfriendly
  3. Dishonest
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Faible communalité perçue de l’entreprise (PLCCOM). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/faible-communalite-percue-entreprise-plccom/
Looti, Mohammed. “Faible communalité perçue de l’entreprise (PLCCOM).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/faible-communalite-percue-entreprise-plccom/.
Looti, Mohammed. “Faible communalité perçue de l’entreprise (PLCCOM).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/faible-communalite-percue-entreprise-plccom/.