1. Résumé / Abstract
L’échelle d’Expertise de la Source (communément désignée sous l’acronyme EXPSRC ou intégrée dans les batteries de mesure de l’ethos et de la crédibilité de la source) constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents dans le domaine de la psychologie sociale, des sciences de l’information et de la communication, ainsi que du comportement du consommateur. Développée initialement à partir des travaux fondamentaux de James C. McCroskey (1966) sur la mesure de l’ethos rhétorique, cette échelle évalue la perception qu’a un récepteur du niveau de connaissances, de qualification, de compétence, d’expérience et d’intelligence attribué à un communicateur ou à une entité émettrice (porte-parole, marque, institution, expert scientifique ou leader d’opinion).
L’instrument se compose de paires d’adjectifs bipolaires présentées sous la forme d’un différenciateur sémantique d’Osgood en sept points. Dans sa version standardisée à huit items (souvent issue ou adaptée des échelles d’« Authoritativeness » ou de « Competence » de McCroskey), l’outil capture de manière unifactorielle et robuste la dimension cognitive de la crédibilité de la source, se distinguant nettement de la dimension affective ou morale (« trustworthiness » / intégrité). Les recherches empiriques accumulées sur plus de cinq décennies démontrent des propriétés psychométriques exceptionnelles : une consistance interne systématiquement très élevée (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,85 et 0,96), une excellente stabilité temporelle, ainsi qu’une validité convergente et prédictive confirmée dans l’étude du changement d’attitude, de la persuasion et de l’adhésion aux messages préventifs ou commerciaux.
2. Mots-clés / Keywords
Crédibilité de la source, expertise perçue, différenciateur sémantique, ethos, James C. McCroskey, persuasion, compétence perçue, psychométrie, psychologie de la communication, changement d’attitude.
3. Auteurs / Authors
L’échelle découle des travaux pionniers du professeur James C. McCroskey (1938–2012), figure majeure de la recherche en communication interpersonnelle, organisationnelle et pédagogique. Durant sa carrière, McCroskey a été professeur émérite à la West Virginia University (Department of Communication Studies, Morgantown, WV, États-Unis), après avoir exercé à l’Université de Pennsylvanie, à l’Université d’État du Michigan et à l’Université d’Old Dominion.
Auteur de plus de deux cents articles scientifiques et de plusieurs ouvrages de référence consacrés à l’appréhension de la communication, à la rhétorique expérimentale et à la communication non verbale, McCroskey a formalisé la mesure opérationnelle de l’ethos aristotélicien dans son article fondateur de 1966 publié dans Speech Monographs. Ses travaux ont été prolongés et affinés en collaboration avec des chercheurs tels que Virginia P. Richmond et Thomas J. Young.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle d’Expertise (Source) (EXPSRC) est de quantifier avec précision et parcimonie le construit d’expertise perçue d’une source communicante. Dans les paradigmes de la persuasion, l’efficacité d’un message dépend non seulement de la teneur de ses arguments intrinsèques, mais aussi et surtout des attributs inférés à l’émetteur par le récepteur. L’échelle a été conçue pour répondre à la nécessité méthodologique d’isoler la composante technique, intellectuelle et praxéologique de la crédibilité (ce que la rhétorique classique désignait par la maîtrise du sujet et le discernement), indépendamment des jugements de valeur relatifs à la sympathie, à l’attractivité physique ou à la probité morale.
En recherche fondamentale, l’instrument permet d’opérationnaliser les variables indépendantes ou modératrices au sein de modèles théoriques complexes de double traitement cognitif, tels que le modèle de probabilité d’élaboration (Elaboration Likelihood Model – ELM) de Petty et Cacioppo ou le modèle heuristique-systématique (HSM) de Chaiken. Dans ces cadres, l’expertise de la source fonctionne tantôt comme un indice périphérique ou heuristique guidant l’acceptation rapide du message sans effort cognitif majeur, tantôt comme un facteur motivant une élaboration approfondie des arguments lorsque le récepteur est confronté à une incertitude.
Sur le plan appliqué, l’échelle trouve de vastes débouchés :
- Communication en santé publique : Mesurer la légitimité perçue des médecins, épidémiologistes et agences gouvernementales lors de campagnes de vaccination ou de gestion de crises sanitaires.
- Marketing et comportement du consommateur : Évaluer l’impact des ambassadeurs de marque, influenceurs numériques, ingénieurs et scientifiques dans le cadre du lancement de produits technologiques ou pharmaceutiques.
- Communication politique et publique : Diagnostiquer la stature d’autorité et le capital de compétences perçu des candidats politiques, des porte-paroles institutionnels ou des experts intervenant dans le débat public.
- Psychologie organisationnelle : Étudier la confiance managériale et l’acceptation du leadership technique au sein des équipes de travail.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par l’échelle EXPSRC est l’expertise perçue (ou « autorité cognitive »), définie comme le degré auquel une source d’information est perçue par une audience comme étant capable de formuler des assertions véridiques, précises et fondées sur un savoir réel. Il s’agit fondamentalement d’un construit perceptuel subjectif : l’expertise psychologique ne reflète pas nécessairement les diplômes objectifs ou les compétences réelles de l’émetteur, mais l’inférence cognitive qu’en fait l’observateur à partir d’indices verbaux, vocaux, comportementaux et contextuels.
Dans l’opérationnalisation classique de McCroskey (1966), souvent reprise sous les désignations de « Competence » ou « Authoritativeness », ce construit se structure autour de quatre sous-facettes cognitives étroitement intriquées :
- La connaissance et l’information (Knowledgeability / Informedness) : L’étendue du savoir théorique et pratique détenu par la source sur le thème précis de communication. La source est évaluée sur un continuum allant du statut d’informée et érudite à celui d’ignorante ou désinformée.
- La qualification et la compétence technique (Competence / Qualification) : La capacité opératoire, la maîtrise méthodologique et l’aptitude formelle de la source à traiter le sujet. Elle renvoie à la formation, aux qualifications professionnelles et à l’excellence technique perçue.
- L’expérience et la pratique (Experience / Background) : Le capital d’apprentissage empirique accumulé au cours du temps, distinguant le praticien chevronné de l’amateur ou du novice.
- L’intelligence et le discernement intellectuel (Intelligence / Intellectual Capacity) : L’acuité cognitive perçue, la vivacité intellectuelle et la capacité d’analyse logique démontrées par le communicateur dans la structuration de son discours.
Dans le modèle factoriel d’origine, ces facettes fusionnent pour former une dimension unitaire puissante. L’expertise se distingue fondamentalement du caractère perçu (« Trustworthiness » ou « Character »), qui mesure l’honnêteté, la bienveillance, la moralité et la disposition de la source à dire la vérité sans chercher à tromper.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’instrument s’enracine dans deux traditions conceptuelles complémentaires : l’analyse rhétorique aristotélicienne et la psychologie sociale cognitive de la communication persuasive développée au cours du vingtième siècle.
Historiquement, Aristote a postulé dans la Rhétorique que la persuasion repose sur trois piliers fondamentaux : le logos (l’argumentation rationnelle), le pathos (l’éveil émotionnel de l’auditoire) et l’ethos (l’image de soi projetée par l’orateur). Aristote subdivisait l’ethos en trois composantes indispensables à la crédibilité : la phronesis (la sagesse pratique, l’intelligence et la compétence), l’arété (la vertu et la rectitude morale) et l’eunoia (la bienveillance envers le public). L’échelle d’expertise de McCroskey constitue la transposition psychométrique directe et opérationnelle de la phronesis aristotélicienne.
Au milieu du XXe siècle, le groupe de recherche de l’Université Yale, sous la direction de Carl Hovland, a inauguré l’étude empirique de la « source credibility » (Hovland, Janis, & Kelley, 1953). Les chercheurs de Yale ont démontré expérimentalement qu’un même message entraîne un assentiment considérablement plus élevé lorsqu’il est attribué à une source hautement experte plutôt qu’à une source non qualifiée. Toutefois, leurs premières approches manquaient d’instruments psychométriques standardisés validés par analyse factorielle.
C’est dans ce contexte que James C. McCroskey a mobilisé la méthode du différentiateur sémantique formalisée par Charles E. Osgood, George Suci et Percy Tannenbaum (1957). Osgood avait démontré que les significations connotatives se structurent autour de trois dimensions fondamentales (Évaluation, Puissance, Activité). McCroskey a démontré que dans le domaine spécifique de l’évaluation interpersonnelle d’une source, le système cognitif humain s’organise prioritairement autour des axes de compétence (« Authoritativeness / Competence ») et de moralité (« Character / Trustworthiness »).
7. Validité / Validity
Les études empiriques consacrées à l’évaluation de l’échelle d’expertise de la source attestent d’une validité psychométrique robuste dans des contextes variés.
Validité de construit
La validité de construit a été démontrée par McCroskey (1966) en soumettant de multiples panels d’étudiants et de citoyens adultes à l’évaluation de sources communicantes contrastées (ex. personnalités politiques hautement qualifiées vs sources fictives incompétentes). Les items de l’échelle discriminent de manière hautement significative les sources a priori considérées comme expertes de celles identifiées comme profanes, avec des tailles d’effet substantielles ($d > 1,20$ ou $\eta^2 > 0,35$).
Validité convergente
L’échelle présente une corrélation positive très élevée ($r = 0,78$ à $0,89$) avec d’autres mesures de crédibilité établies, notamment les sous-échelles d’expertise de Berlo, Lemert et Mertz (1969), l’échelle de compétence de Whitehead (1968), ainsi que les dimensions d’expertise de source développées plus tardivement en marketing par Ohanian (1990). Les corrélations avec les mesures d’assimilation de contenu et d’apprentissage perçu sont également systématiquement positives et significatives ($r = 0,45$ à $0,62$).
Validité discriminante
La validité discriminante a fait l’objet de nombreuses vérifications vis-à-vis des autres dimensions de l’ethos. Les analyses factorielles confirmatoires mettent systématiquement en évidence l’orthogonalité ou la distinction nette entre la dimension d’expertise et les dimensions de caractère/moralité, de sociabilité (« Goodwill ») ou de dynamisme de la source. La corrélation inter-dimensions entre expertise et bienveillance perçue oscille usuellement entre $r = 0,25$ et $r = 0,45$, ce qui confirme que les sujets distinguent parfaitement la compétence technique d’un individu de sa chaleur humaine ou de ses intentions éthiques.
Validité prédictive
Dans les paradigmes expérimentaux de communication persuasive, les scores à l’échelle prédisent avec acuité l’ampleur du changement d’attitude immédiat post-exposition, le rappel des arguments forts et l’intention comportementale des récepteurs (ex. adoption de comportements protecteurs de santé, intentions d’achat ou vote). Conformément aux prédictions de l’ELM, sous faible implication personnelle du récepteur, l’échelle d’expertise de la source explique jusqu’à 30 à 40 % de la variance totale du jugement d’adhésion au message.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle d’expertise de McCroskey et de ses versions dérivées a été largement documentée dans la littérature psychologique et communicationnelle :
- Consistance interne : Dans l’étude princeps de McCroskey (1966) ainsi que dans les réplications subséquentes (McCroskey & Young, 1981), le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des items composant la dimension d’expertise oscille régulièrement entre 0,86 et 0,94. Les indices de fiabilité composite (McDonald’s $\omega$) rapportés dans les études contemporaines confirment des valeurs robustes situées au-dessus du seuil d’excellence de 0,90.
- Fidélité test-retest : Évaluée sur des intervalles de deux à quatre semaines dans des contextes où la source évaluée ne dispensait aucun message nouveau, la stabilité temporelle de la mesure présente des coefficients de corrélation intraclasse (ICC) supérieurs à 0,80, démontrant la pérennité du schéma perceptuel une fois cristallisé dans l’esprit du récepteur.
- Corrélations inter-items : Les corrélations moyennes inter-items se situent dans la fourchette optimale recommandée ($0,50 < r < 0,75$), garantissant que les items explorent la même dimension sans être excessivement redondants.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’identification de la structure dimensionnelle de l’échelle a reposé à l’origine sur des analyses factorielles exploratoires (AFE) par la méthode des composantes principales avec rotation varimax et oblimin. Initialement, McCroskey (1966) a analysé un vaste ensemble d’adjectifs sémantiques différentiels afin de déterminer les composantes sous-jacentes du concept d’ethos.
L’analyse a extrait de manière invariante deux facteurs majeurs expliquant la majorité de la variance commune (souvent plus de 55 à 65 % de la variance globale) :
- Facteur 1 : Compétence / Autorité intellectuelle (Authoritativeness / Expertise), sur lequel s’effondrent avec des saturations très élevées ($> 0,70$) les paires sémantiques relatives au savoir, à la qualification, à l’expérience et à l’intelligence.
- Facteur 2 : Caractère / Moralité (Character / Trustworthiness), regroupant les paires relatives à l’honnêteté, la loyauté, la sincérité et la droiture.
Les saturations factorielles typiques obtenues pour les paires représentatives de l’expertise (telles que Reliable-Unreliable, Informed-Uninformed, Qualified-Unqualified, Intelligent-Unintelligent, Expert-Inexpert) se situent couramment entre 0,72 et 0,88, avec des charges croisées négligeables ($< 0,25$) sur le facteur de moralité. Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) modernes corroborent cet agencement unifactoriel de la sous-échelle d’expertise, démontrant d’excellents indices d’adéquation :$chi^2 / dl < 2,5$, Comparative Fit Index (CFI)$> 0,96$, Tucker-Lewis Index (TLI)$> 0,95$, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA)$< 0,06$.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’échelle d’Expertise de la Source est un instrument d’évaluation psychométrique standardisé rapide et facile d’administration :
- Type de test : Échelle de jugement perceptuel et d’évaluation d’attitude interpersonnelle.
- Format : Différenciateur sémantique d’Osgood en sept points, délimité à chaque extrémité par des adjectifs antonymes.
- Nombre d’items : Huit paires bipolaires dans la version standardisée (pouvant varier de 6 à 12 paires selon les variantes de recherche).
- Modalités de réponse : Continuum de 1 à 7 (ou de -3 à +3), avec un point neutre médian (4 ou 0). Les ancres verbales implicites correspondent à : Extrêmement [A], Modérément [A], Légèrement [A], Neutre, Légèrement [B], Modérément [B], Extrêmement [B].
- Cotation : Pour éviter les biais d’acquiescement ou les réponses automatiques, la polarité de plusieurs paires d’adjectifs est inversée aléatoirement lors de la passation. Après recodage pour orienter le score le plus élevé vers l’expertise maximale, on calcule :
- Un score global total (somme des items allant de 8 à 56 pour une version à 8 items) ;
- Ou une note moyenne globale (moyenne arithmétique sur 7 points). Des scores supérieurs à 5,5 indiquent généralement une perception d’expertise élevée.
- Temps de passation : Moins de 2 à 3 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
Année de publication princeps : 1966 (affinée en 1981).
Conditions d’utilisation et permissions : Le professeur James C. McCroskey a traditionnellement placé l’ensemble de ses échelles psychométriques et instruments de mesure dans le domaine public à des fins académiques, de recherche non commerciale et d’enseignement. L’utilisation de cette échelle ne requiert aucun paiement de droits d’auteur (« royalty-free ») dans le cadre de recherches universitaires, de thèses ou d’enquêtes scientifiques à but non lucratif, sous réserve d’une citation bibliographique rigoureuse de la publication princeps de 1966.
Pour des exploitations commerciales lucratives, des applications de consulting privé ou l’intégration dans des plateformes logicielles propriétaires, il convient de se référer aux ayants droit ou aux politiques éditoriales des revues publiées par la National Communication Association (Taylor & Francis / Routledge).
12. Références / References
Berlo, D. K., Lemert, J. B., & Mertz, R. J. (1969). Dimensions for evaluating the acceptability of message sources. Public Opinion Quarterly, 33(4), 563–576. https://doi.org/10.1086/267745
Hovland, C. I., Janis, I. L., & Kelley, H. H. (1953). Communication and persuasion: Psychological studies of opinion change. Yale University Press.
McCroskey, J. C. (1966). Scales for the measurement of ethos. Speech Monographs, 33(1), 65–72. https://doi.org/10.1080/03637756609375482
McCroskey, J. C., & Young, T. J. (1981). Ethos and credibility: The construct and its measurement after three decades. Central States Speech Journal, 32(1), 24–34. https://doi.org/10.1080/10510978109368075
Ohanian, R. (1990). Construction and validation of a scale to measure celebrity endorsers’ perceived expertise, trustworthiness, and attractiveness. Journal of Advertising, 19(3), 39–52. https://doi.org/10.1080/00913367.1990.10673191
Osgood, C. E., Suci, G. J., & Tannenbaum, P. H. (1957). The measurement of meaning. University of Illinois Press.
Petty, R. E., & Cacioppo, J. T. (1986). The Elaboration Likelihood Model of persuasion. Advances in Experimental Social Psychology, 19, 123–205. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60214-2
Whitehead, J. L. (1968). Factors of source credibility. Quarterly Journal of Speech, 54(1), 59–63. https://doi.org/10.1080/00335636809382870
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to respondents: Please indicate your impression of the source (e.g., spokesperson, organization, or expert) by placing a check mark along the seven-point continuum between each of the following adjective pairs.
- Informed [ 1 : 2 : 3 : 4 : 5 : 6 : 7 ] Uninformed
- Inexpert [ 1 : 2 : 3 : 4 : 5 : 6 : 7 ] Expert
- Qualified [ 1 : 2 : 3 : 4 : 5 : 6 : 7 ] Unqualified
- Untrained [ 1 : 2 : 3 : 4 : 5 : 6 : 7 ] Trained
- Intelligent [ 1 : 2 : 3 : 4 : 5 : 6 : 7 ] Unintelligent
- Inexperienced [ 1 : 2 : 3 : 4 : 5 : 6 : 7 ] Experienced
- Competent [ 1 : 2 : 3 : 4 : 5 : 6 : 7 ] Incompetent
- Unknowledgeable [ 1 : 2 : 3 : 4 : 5 : 6 : 7 ] Knowledgeable