- 1. Résumé / Abstract
- 2. Mots-clés / Keywords
- 3. Auteurs / Authors
- 4. Objectif / Purpose
- 5. Construit psychologique / Construct
- 6. Cadre théorique / Theoretical Framework
- 7. Validité / Validity
- 8. Fidélité / Reliability
- 9. Analyse factorielle / Factor Analysis
- 10. Instrument de mesure / Instrument
- 11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- 12. Références / References
- 13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
1. Résumé / Abstract
Le questionnaire des Expériences dans les relations proches – Révisé (Experiences in Close Relationships – Revised, ECR-R), développé par R. Chris Fraley, Niels G. Waller et Kelly A. Brennan en 2000, constitue l’un des instruments psychométriques auto-rapportés les plus rigoureux et les plus largement employés à l’échelle internationale pour évaluer les styles d’attachement amoureux chez l’adulte. Conçu à partir des principes avancés de la théorie de la réponse aux items (TRI) — spécifiquement le modèle de réponse graduée de Samejima —, l’ECR-R a été élaboré pour optimiser la fidélité de mesure et la précision informative sur l’ensemble du continuum latent par rapport à la version princeps de l’ECR publiée par Brennan, Clark et Shaver en 1998.
L’instrument est composé de 36 items répartis de façon strictement équilibrée en deux sous-échelles factorielles orthogonales de 18 items chacune : l’Anxiété liée à l’attachement (caractérisée par la peur de l’abandon, du rejet et une hypervigilance affective) et l’Évitement lié à l’attachement (caractérisé par la peur de l’intimité, l’inconfort face à la dépendance mutuelle et la désactivation émotionnelle). Les participants évaluent chaque énoncé sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »).
Sur le plan des propriétés psychométriques, l’ECR-R affiche une consistance interne exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach et des coefficients oméga de McDonald oscillant systématiquement entre 0,90 et 0,95 pour les deux dimensions. Les analyses factorielles confirmatoires et les courbes d’information de l’item démontrent une structure bidimensionnelle stable et robuste à travers diverses populations cliniques et non cliniques, des cultures variées et différents groupes d’âge. L’échelle offre une mesure dimensionnelle continue supérieure aux classifications catégorielles traditionnelles, permettant d’étudier avec finesse les processus interpersonnels, la régulation affective, les dynamiques conjugales et la psychopathologie développementale.
2. Mots-clés / Keywords
Attachement adulte, ECR-R, Anxiété d’attachement, Évitement d’attachement, Théorie de la réponse aux items, Relations de couple, Psychométrie, Modèles internes opérants, Régulation émotionnelle, Psychologie interpersonnelle, Validation transculturelle, Intimité.
3. Auteurs / Authors
- R. Chris Fraley, Ph.D. — Professeur distingué de psychologie, Département de psychologie, University of Illinois at Urbana-Champaign, États-Unis. Spécialiste de la personnalité, des méthodes quantitatives et de la dynamique de l’attachement au cours de la vie. Courriel institutionnel : [email protected].
- Niels G. Waller, Ph.D. — Professeur de psychométrie et de méthodes quantitatives, Département de psychologie, University of Minnesota, États-Unis. Expert reconnu en modélisation par équations structurelles, théorie de la réponse aux items et analyse factorielle. Courriel institutionnel : [email protected].
- Kelly A. Brennan, Ph.D. — Chercheuse et psychologue clinicienne, ancienne collaboratrice au Département de psychologie de la State University of New York at Buffalo, co-conceptrice de l’inventaire original ECR (1998).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Expériences dans les relations proches – Révisé (ECR-R) est de fournir une évaluation dimensionnelle, continue et hautement précise des différences individuelles dans l’organisation de l’attachement romantique chez l’adulte. Alors que les premiers modèles d’évaluation de l’attachement adulte (notamment les prototypes typologiques de Hazan et Shaver en 1987 ou l’Entretien d’Attachement Adulte de George, Kaplan et Main en 1985) reposaient sur des assignations catégorielles discrètes (sécurisant, insécurisant-anxieux/ambivalent, insécurisant-évitant), la recherche contemporaine a démontré que les variations individuelles s’articulent de manière optimale le long de dimensions continues orthogonales.
L’ECR-R a été spécifiquement conçu pour surmonter les limitations psychométriques des instruments préexistants. Dans l’échelle princeps ECR (Brennan et al., 1998), bien que le modèle factoriel bidimensionnel fût validé, la sélection des items reposait principalement sur l’analyse factorielle exploratoire classique sous la théorie classique des tests (TCT). Cette approche présentait un inconvénient majeur : les items offraient une quantité d’information inégale le long du trait latent, mesurant souvent très bien les niveaux modérés d’insécurité mais manquant de précision discriminative aux extrémités du continuum (particulièrement aux niveaux très élevés d’anxiété ou d’évitement).
Fraley, Waller et Brennan (2000) ont appliqué la théorie de la réponse aux items pour réévaluer un corpus exhaustif de 323 items issus de la littérature internationale sur l’attachement. L’objectif était d’isoler les 18 items maximisant la fonction d’information pour chacune des deux dimensions fondamentales, garantissant ainsi une précision de mesure uniforme et minimale en erreur standard sur l’ensemble de l’éventail latent $\theta$.
Dans les contextes de recherche et de pratique clinique, l’ECR-R répond à plusieurs finalités majeures :
- Recherche fondamentale en psychologie sociale et de la personnalité : Comprendre comment les schémas cognitifs et affectifs d’attachement influencent la communication de couple, la résolution de conflits, la jalousie, le soutien social prodigué ou reçu, et la longévité relationnelle.
- Évaluation et diagnostic clinique : Identifier les stratégies d’adaptation relationnelle dysfonctionnelles sous-jacentes à divers troubles de l’axe I et II du DSM (tels que le trouble de la personnalité borderline, la dépression majeure, les troubles anxieux ou les troubles des conduites alimentaires).
- Psychothérapie de couple et individuelle : Offrir aux cliniciens une cartographie précise des représentations d’attachement du patient afin d’adapter l’alliance thérapeutique, de travailler sur les déclencheurs d’insécurité et de favoriser l’émergence d’un attachement sécure acquis (« earned security »).
- Études longitudinales du développement : Suivre les trajectoires de stabilité et de plasticité des représentations d’attachement à travers les transitions de vie significatives (mariage, parentalité, divorce, deuil).
5. Construit psychologique / Construct
L’ECR-R conceptualise l’attachement romantique adulte à travers deux dimensions fondamentales et orthogonales : l’Anxiété liée à l’attachement et l’Évitement lié à l’attachement. Ces deux dimensions correspondent aux stratégies secondaires de régulation affective identifiées dans la théorie de l’attachement lorsque les besoins primaires de sécurité et de proximité ne sont pas satisfaits de manière optimale.
Dimension 1 : L’Anxiété liée à l’attachement (Attachment Anxiety)
Cette dimension reflète le degré auquel un individu craint le rejet, l’abandon, la séparation ou l’indisponibilité émotionnelle de son partenaire intime. Elle est étroitement liée à une représentation négative de soi (modèle de soi dévalorisé) et à une hyperactivation chronique du système d’attachement. Les individus présentant des scores élevés d’anxiété manifestent :
- Des stratégies d’hyperactivation : Focalisation obsessionnelle sur les signaux potentiels de rejet ou de perte de connexion, amplification des affects négatifs, rumination et vigilance constante face aux micro-variations de l’engagement du partenaire.
- Une dépendance affective exacerbée : Besoin compulsif de réassurance, de validation continue et de fusion émotionnelle, accompagné d’une estime de soi contingente à l’approbation du conjoint.
- Des comportements d’agrippement et de protestation : Réactions excessives de colère, de détresse ou de recherche de contact intrusif dès lors qu’une menace réelle ou perçue pèse sur la relation.
Exemple clinique : Un individu présentant une forte anxiété d’attachement interprétera un message textuel sans réponse pendant deux heures comme la preuve indiscutable d’un désamour ou d’une rupture imminente, générant une anxiété somatique intense et l’envoi compulsif de messages de détresse.
Dimension 2 : L’Évitement lié à l’attachement (Attachment Avoidance)
Cette dimension reflète le degré auquel un individu ressent un inconfort profond face à la proximité émotionnelle, à l’intimité, à la vulnérabilité partagée et à l’interdépendance. Elle découle d’une représentation négative d’autrui (modèle des autres perçu comme non fiable, rejetant ou intrusif) et repose sur des stratégies de désactivation du système d’attachement. Les personnes ayant des scores élevés d’évitement présentent :
- Des stratégies de désactivation : Suppression délibérée des souvenirs, pensées et affects liés à la vulnérabilité ou au besoin d’aide ; répression des émotions de tristesse ou de détresse.
- Une autosuffisance compulsive : Revendication d’une indépendance farouche, valorisation exclusive de l’autonomie et refus de s’appuyer sur le partenaire ou de lui servir de havre de sécurité.
- Une mise à distance comportementale et cognitive : Évitement des conversations intimes, réticence face aux engagements formels à long terme et distanciation émotionnelle physique ou psychologique dès que le partenaire recherche une plus grande intimité.
Exemple clinique : Face à une crise existentielle ou à une dispute conjugale, un individu hautement évitant se retirera physiquement de la pièce, intellectualisera la situation et affirmera calmement qu’il n’a besoin de personne pour résoudre ses problèmes, rejetant les tentatives d’apaisement du conjoint.
Typologie résultante par croisement dimensionnel
Bien que l’évaluation dimensionnelle continue soit privilégiée sur le plan statistique pour préserver la variance complète, le croisement des deux axes continus permet de dériver les quatre styles d’attachement canoniques définis par Bartholomew et Horowitz (1991) :
- Attachement Sécure (Faible Anxiété, Faible Évitement) : Vision positive de soi et d’autrui, confort avec l’intimité et l’autonomie, communication émotionnelle fluide et efficace.
- Attachement Préoccupé / Anxieux-Ambivalent (Forte Anxiété, Faible Évitement) : Vision négative de soi et positive d’autrui, recherche désespérée de proximité couplée à une peur panique de l’abandon.
- Attachement Détaché-Évitant / Rejetant (Faible Anxiété, Fort Évitement) : Vision positive de soi (défensive) et négative d’autrui, dévalorisation de l’intimité et survalorisation de l’autosuffisance.
- Attachement Craintif-Évitant / Désorganisé (Forte Anxiété, Fort Évitement) : Vision négative de soi et d’autrui, désir profond d’intimité contrarié par une peur paralysante du rejet et de la blessure émotionnelle.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique de l’ECR-R s’ancre directement dans la théorie de l’attachement formulée originellement par le psychanalyste et psychiatre britannique John Bowlby (1969, 1973, 1980) et opérationnalisée empiriquement chez le jeune enfant par Mary Ainsworth (1978). Bowlby a postulé l’existence d’un système motivationnel et comportemental inné visant à maintenir la proximité physique et affective avec une figure d’attachement protectrice afin d’assurer la survie face aux dangers environnementaux.
Au fil des interactions répétées avec les donneurs de soins primaires, l’individu intériorise des modèles internes opérants (MIO) (Internal Working Models). Ces schémas cognitivo-affectifs stables représentent le soi (dans sa valeur et son droit à être aimé) et autrui (dans sa disponibilité, sa bienveillance et sa fiabilité). Ces MIO agissent comme des filtres interprétatifs inconscients guidant l’attention, la mémoire, l’attribution causale et le comportement relationnel tout au long du cycle de vie.
À la fin des années 1980, Cindy Hazan et Phillip Shaver (1987) ont réalisé une extension théorique majeure en démontrant que les relations amoureuses adultes constituent des liens d’attachement à part entière. Dans un couple, le partenaire romantique prend la place de la figure d’attachement primaire en remplissant quatre fonctions essentielles :
- La recherche de proximité (Proximity Seeking) ;
- Le havre de sécurité (Safe Haven) lors des moments de détresse ;
- La base de sécurité (Secure Base) encourageant l’exploration du monde ;
- L’anxiété de séparation (Separation Distress) lors d’éloignements prolongés.
Face à la prolifération désordonnée d’échelles d’attachement dans les années 1990 (AAS de Collins & Read, RSQ de Griffin & Bartholomew, ASQ de Feeney et al.), Brennan, Clark et Shaver (1998) ont procédé à une méta-analyse factorielle de tous les items existants. Leurs résultats ont prouvé de manière décisive que l’espace psychologique de l’attachement romantique est fondamentalement sous-tendu par deux dimensions maîtresses : l’anxiété et l’évitement.
Fraley, Waller et Brennan (2000) ont parachevé cet édifice théorique en introduisant la théorie de la réponse aux items (TRI). La TRI a révélé que de nombreux items traditionnels mesuraient l’attachement avec un biais informationnel notable (effet de plancher ou de plafond). En calibrant mathématiquement les paramètres de discrimination ($a$) et de difficulté ($b$) des items selon le modèle gradué de Samejima, les auteurs ont forgé l’ECR-R pour opérationnaliser avec une fidélité psychométrique sans précédent les dynamiques de régulation affective des modèles internes opérants décrits par Bowlby.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’ECR-R ont été documentées de façon exhaustive à travers des centaines d’études empiriques menées dans des contextes cliniques, universitaires et communautaires à travers le monde.
Validité de construit et validité factorielle
La validité de construit de l’ECR-R repose sur la démonstration empirique constante de son organisation bidimensionnelle. Les analyses factorielles confirmatoires menées par Fraley et al. (2000), ainsi que par de nombreuses équipes internationales (notamment Lafontaine et al., 2016 pour la version francophone ECR-R-VF), confirment que le modèle à deux facteurs orthogonaux ou faiblement corrélés présente une adéquation exemplaire aux données ($CFI > 0,92$ ; $TLI > 0,91$ ; $RMSEA < 0,05$ ; $SRMR < 0,06$).
Validité convergente
L’ECR-R présente des corrélations convergentes hautement significatives et théoriquement cohérentes avec d’autres mesures de personnalité et de fonctionnement relationnel :
- Avec les traits du Big Five (NEO-PI-R) : La dimension Anxiété corrèle fortement et positivement avec le névrosisme ($r = 0,42$ à $0,55$), tandis que l’Évitement corrèle négativement avec l’agréabilité ($r = -0,30$ à $-0,45$) et l’extraversion ($r = -0,25$ à $-0,38$).
- Avec l’estime de soi (Échelle de Rosenberg) : L’anxiété d’attachement est inversement proportionnelle à l’estime de soi globale ($r = -0,48$ à $-0,60$), corroborant le modèle théorique de soi dévalorisé.
- Avec la détresse conjugale (DAS, CSI) : Les deux dimensions d’anxiété et d’évitement corrèlent négativement avec la satisfaction conjugale, l’engagement et la confiance mutuelle ($r = -0,35$ à $-0,55$).
Validité discriminante
L’ECR-R se distingue nettement des mesures d’anxiété générale (STAI) ou de dépression (BDI-II). Bien que corrélées aux affects négatifs, les dimensions de l’ECR-R capturent une variance spécifique liée aux représentations dyadiques et aux peurs relationnelles que les inventaires psychiatriques généraux ne mesurent pas. De plus, les corrélations entre l’échelle d’anxiété et l’échelle d’évitement demeurent proches de zéro ou très faibles ($r = 0,05$ à $0,18$), prouvant l’indépendance conceptuelle des deux axes.
Validité prédictive et écologique
L’ECR-R prédit avec une grande précision une multitude de comportements observables et d’indicateurs physiologiques :
- Réponses physiologiques au stress : Sous paradigme de laboratoire (ex. Trier Social Stress Test ou discussion de conflit de couple), les individus anxieux présentent une réactivité accrue du cortisol salivaire et du rythme cardiaque, tandis que les évitants manifestent une activation sympathique masquée (hausse de la conductance cutanée sans détresse verbale avouée).
- Stabilité conjugale : Les scores élevés sur l’une ou l’autre dimension prédisent de manière prospective des taux de dissolution de couple plus élevés sur des périodes de 1 à 5 ans.
- Validation transculturelle : Les versions validées en français (Lafontaine et al., 2016), en espagnol, en japonais, en allemand et en italien démontrent une stricte équivalence de mesure et d’invariance scalaire à travers les cultures.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique de l’ECR-R est l’un des points forts majeurs ayant conduit à son adoption planétaire. L’optimisation par la théorie de la réponse aux items a permis d’éliminer le bruit de mesure qui affectait les versions antérieures.
Consistance interne
Dans l’étude princeps de Fraley, Waller et Brennan (2000), les coefficients de cohérence interne se sont révélés exceptionnellement élevés :
- Sous-échelle Anxiété liée à l’attachement : $\alpha = 0,94$ à $0,95$ ; coefficient oméga de McDonald ($\omega$) supérieur à $0,94$.
- Sous-échelle Évitement lié à l’attachement : $\alpha = 0,93$ à $0,95$ ; coefficient $\omega$ supérieur à $0,93$.
Ces niveaux de consistance interne ont été répliqués dans les adaptations internationales, notamment dans la validation française de Lafontaine et al. (2016) où les alphas atteignent respectivement $0,89$ pour l’anxiété et $0,91$ pour l’évitement auprès d’échantillons francophones diversifiés (Canada, France, Belgique).
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Les études de fidélité test-retest attestent de la stabilité remarquable des scores dans le temps, tout en capturant les fluctuations légitimes induites par des événements de vie majeurs :
- Sur un intervalle de 3 à 6 semaines, les coefficients de corrélation test-retest se situent entre $r = 0,85$ et $r = 0,90$.
- Sur un intervalle de 6 mois à 1 an, la stabilité demeure élevée ($r = 0,68$ à $0,78$), témoignant du fait que l’attachement adulte fonctionne comme un trait dispositionnel stable tout en restant sensible aux transitions relationnelles majeures (mariage, rupture).
Précision informative de la TRI (Courbes d’information du test)
L’analyse TRI de Fraley et al. (2000) a démontré que la fonction d’information du test pour l’ECR-R reste extrêmement élevée sur une plage de trait latent allant de $\theta = -2,5$ à $\theta = +2,5$. Contrairement aux échelles classiques dont l’erreur standard de mesure explose aux niveaux extrêmes de trait, l’ECR-R conserve une erreur type de mesure ($SE(\theta)$) très basse ($< 0,30$) sur la quasi-totalité de la distribution populationnelle.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de l’ECR-R a fait l’objet d’examens statistiques poussés au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE), confirmatoires (AFC) et de modèles multidimensionnels de la théorie de la réponse aux items.
Structure factorielle princeps (Fraley et al., 2000)
Lors de la conception de l’instrument, les 323 items du pool original ont été soumis à des analyses factorielles en composantes principales avec rotation oblique (Promax) et orthogonale (Varimax). Deux facteurs dominants ont émergé sans ambiguïté, expliquant la majeure partie de la variance commune. L’application du modèle de Samejima pour réponses graduées a permis d’estimer les paramètres de discrimination ($a_i$) et de seuil ($b_{ik}$) de chaque item.
Les 18 items sélectionnés pour chaque dimension présentaient des paramètres de discrimination $a$ très élevés (la plupart dépassant $1,50$, et plusieurs atteignant $> 2,0$), garantissant que chaque énoncé isole avec pureté la dimension cible sans saturation croisée parasite sur l’autre facteur.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et Invariance
Les modélisations par équations structurelles contemporaines corroborent rigoureusement l’adéquation du modèle bifactoriel orthogonal ou oblique :
- Indices d’ajustement globaux : Les études rapportent uniformément un ratio $chi^2/dl < 2,5$, un Root Mean Square Error of Approximation ($RMSEA$) compris entre $0,038$ et $0,052$, et un Comparative Fit Index ($CFI$) supérieur à $0,93$.
- Saturations factorielles ($lambda$) : Tous les items présentent des saturations factorielles standardisées robustes sur leur facteur respectif, généralement comprises entre $0,55$ et $0,88$, avec des résidus d’erreur faibles.
- Invariance de mesure : Les analyses multi-groupes ont démontré une invariance de mesure configurationnelle, métrique et scalaire complète selon le genre (hommes vs femmes), le statut relationnel (en couple vs célibataire) et l’orientation sexuelle.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Expériences dans les relations proches – Révisé (Experiences in Close Relationships – Revised, ECR-R).
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (papier-crayon ou informatisé).
- Population cible : Adultes et grands adolescents (à partir de 16-18 ans) engagés actuellement dans une relation de couple ou ayant des expériences de relations amoureuses antérieures.
- Nombre total d’items : 36 items.
- Nombre et composition des sous-échelles :
- Anxiété liée à l’attachement : 18 items évaluant la peur de l’abandon, de la séparation et le besoin de réassurance (Items 1 à 18).
- Évitement lié à l’attachement : 18 items évaluant le malaise face à la proximité, à la dépendance et au partage émotionnel (Items 19 à 36).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points :
1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
2 = En désaccord (Disagree)
3 = Légèrement en désaccord (Slightly disagree)
4 = Neutre / Ni en désaccord ni d’accord (Neutral / Mixed)
5 = Légèrement d’accord (Slightly agree)
6 = D’accord (Agree)
7 = Tout à fait d’accord (Strongly agree) - Procédure de cotation et calcul des scores :
- Certains items sont formulés de manière inversée pour contrer le biais d’acquiescement. Il convient d’inverser leur cotation avant le calcul (le score inversé = $8 – \text{score brut}$).
- Items inversés pour l’Anxiété : Items 9, 11 (selon la version de cotation standard).
- Items inversés pour l’Évitement : Items 20, 22, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 33, 34, 35, 36.
- Calcul des scores dimensionnels : On calcule la moyenne arithmétique des 18 items de l’Anxiété et la moyenne des 18 items de l’Évitement. Le score final pour chaque dimension s’étend donc de 1,00 à 7,00.
- Durée moyenne de passation : 8 à 12 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2000.
- Statut du droit d’auteur et accessibilité : L’ECR-R est un instrument du domaine public universitaire et scientifique. Les auteurs (R. Chris Fraley, Niels G. Waller et Kelly A. Brennan) ont mis l’échelle à la disposition libre et gratuite de la communauté académique, des chercheurs et des cliniciens pour des usages non commerciaux d’évaluation et de recherche.
- Frais d’utilisation : Gratuit ($0 / 0 €). Aucun droit d’enregistrement ou redevance commerciale n’est requis pour la recherche ou la pratique clinique non lucrative.
- Conditions d’utilisation : La citation appropriée de l’article princeps de 2000 dans le Journal of Personality and Social Psychology est requise lors de toute publication de données issues de l’échelle.
12. Références / References
- Ainsworth, M. D. S., Blehar, M. C., Waters, E., & Wall, S. (1978). Patterns of attachment: A psychological study of the strange situation. Lawrence Erlbaum Associates.
- Bartholomew, K., & Horowitz, L. M. (1991). Attachment styles among young adults: A test of a four-category model. Journal of Personality and Social Psychology, 61(2), 226–244. https://doi.org/10.1037/0022-3514.61.2.226
- Bowlby, J. (1969). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment. Basic Books.
- Bowlby, J. (1973). Attachment and loss: Vol. 2. Separation: Anxiety and anger. Basic Books.
- Bowlby, J. (1980). Attachment and loss: Vol. 3. Loss: Sadness and depression. Basic Books.
- Brennan, K. A., Clark, C. L., & Shaver, P. R. (1998). Self-report measurement of adult attachment: An integrative overview. In J. A. Simpson & W. S. Rholes (Eds.), Attachment theory and close relationships (pp. 46–76). Guilford Press.
- Fraley, R. C., Heffernan, M. E., Vicary, A. M., & Brumbaugh, C. C. (2011). The Experiences in Close Relationships—Relationship Structures (ECR-RS) questionnaire: A method for assessing attachment orientations across relationships. Psychological Assessment, 23(3), 615–625. https://doi.org/10.1037/a0022898
- Fraley, R. C., Waller, N. G., & Brennan, K. A. (2000). An item response theory analysis of self-report measures of adult attachment. Journal of Personality and Social Psychology, 78(2), 350–365. https://doi.org/10.1037/0022-3514.78.2.350
- Hazan, C., & Shaver, P. (1987). Romantic attachment among adults: A test of an attachment theory. Journal of Personality and Social Psychology, 52(3), 511–524. https://doi.org/10.1037/0022-3514.52.3.511
- Lafontaine, M. F., Brassard, A., Lussier, Y., Valois, P., Shaver, P. R., & Johnson, S. M. (2016). Selecting the best items for a shortened form of the Experiences in Close Relationships questionnaire. European Journal of Psychological Assessment, 32(2), 140–154. https://doi.org/10.1027/1015-5759/a000242
- Mikulincer, M., & Shaver, P. R. (2016). Attachment in adulthood: Structure, dynamics, and change (2nd ed.). Guilford Press.
- Samejima, F. (1969). Estimation of latent ability using a response pattern of graded scores. Psychometrika Monograph Supplement, 34(4, Pt. 2), 1–100. https://doi.org/10.1007/BF03372160
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions : The following statements concern how you generally feel in emotionally intimate and romantic relationships. Respond to each statement by indicating how much you agree or disagree with it. If you are not currently in a relationship, answer according to how you generally feel in your romantic relationships.
Rating Scale (Échelle de réponse) :
- 1 = Strongly disagree (Pas du tout d’accord)
- 2 = Disagree (En désaccord)
- 3 = Slightly disagree (Légèrement en désaccord)
- 4 = Neutral / Mixed (Neutre / Partagé)
- 5 = Slightly agree (Légèrement d’accord)
- 6 = Agree (D’accord)
- 7 = Strongly agree (Tout à fait d’accord)
Sous-échelle 1 : Anxiété liée à l’attachement (Attachment Anxiety Items)
- I’m afraid that I will lose my partner’s love.
- I often worry that my partner will not want to stay with me.
- I often worry that my partner doesn’t really love me.
- I worry that romantic partners won’t care about me as much as I care about them.
- I often wish that my partner’s feelings for me were as strong as my feelings for him or her.
- I worry a lot about my relationships.
- When my partner is out of sight, I worry that he or she might become interested in someone else.
- When I show my feelings for romantic partners, I’m afraid they will not feel the same about me.
- I rarely worry about my partner leaving me. (Item inversé / Reverse-scored)
- My romantic partner makes me doubt myself.
- I do not often worry about being abandoned. (Item inversé / Reverse-scored)
- I find that my partner(s) don’t want to get as close as I would like.
- Sometimes romantic partners change their feelings about me for no apparent reason.
- My desire to be very close sometimes scares people away.
- I’m afraid that once a partner gets to know me, he or she won’t like who I really am.
- It makes me mad that I don’t get the affection and support I need from my partner.
- I worry that I won’t measure up to other people.
- My partner only seems to notice me when I’m angry.
Sous-échelle 2 : Évitement lié à l’attachement (Attachment Avoidance Items)
- I prefer not to show a partner how I feel deep down.
- I feel comfortable sharing my private thoughts and feelings with my partner. (Item inversé / Reverse-scored)
- I find it difficult to allow myself to depend on romantic partners.
- I am very comfortable being close to romantic partners. (Item inversé / Reverse-scored)
- I don’t feel comfortable opening up to romantic partners.
- I prefer not to be too close to romantic partners.
- I get uncomfortable when a romantic partner wants to be very close.
- I find it relatively easy to get close to my partner. (Item inversé / Reverse-scored)
- It’s not difficult for me to get close to my partner. (Item inversé / Reverse-scored)
- I usually discuss my problems and concerns with my partner. (Item inversé / Reverse-scored)
- It helps to turn to my romantic partner in times of need. (Item inversé / Reverse-scored)
- I tell my partner just about everything. (Item inversé / Reverse-scored)
- I talk things over with my partner. (Item inversé / Reverse-scored)
- I am nervous when partners get too close to me.
- I feel comfortable depending on romantic partners. (Item inversé / Reverse-scored)
- I find it easy to depend on romantic partners. (Item inversé / Reverse-scored)
- It’s easy for me to be affectionate with my partner. (Item inversé / Reverse-scored)
- My partner really understands me and my needs. (Item inversé / Reverse-scored)