1. Résumé / Abstract
Le Cambridge Mental Disorders of the Elderly Examination (CAMDEX) constitue l’une des batteries d’évaluation clinique et neuropsychologique standardisées les plus complètes et rigoureuses conçues pour le diagnostic différentiel des troubles psychiatriques et des syndromes démentiels chez la personne âgée. Développé initialement au milieu des années 1980 par Sir Martin Roth et ses collaborateurs à l’Université de Cambridge, le CAMDEX a été élaboré pour combler un vide méthodologique majeur : l’absence d’outils unifiés capables de discriminer avec précision les formes débutantes de la maladie d’Alzheimer, la démence vasculaire, les états confusionnels aigus (délirium), et les affections psychiatriques fonctionnelles telles que la dépression caractérisée chez les sujets sénescents.
Le CAMDEX intègre de manière structurée plusieurs volets complémentaires : un entretien clinique approfondi avec le patient évaluant les symptômes actuels et l’histoire médicale, une anamnèse standardisée recueillie auprès d’un tiers aidant (ou informateur clé), un examen physique et neurologique succinct, et une batterie d’évaluation cognitive intégrée de référence, le CAMCOG (Cambridge Cognitive Examination). Le CAMCOG évalue un vaste éventail de domaines cognitifs à travers 67 items opérationnels, couvrant l’orientation spatio-temporelle, le langage réceptif et expressif, la mémoire épisodique et sémantique (récente, ancienne et apprentissage), l’attention et le calcul mental, les praxies idéomotrices et constructives, la pensée abstraite, la perception visuelle, ainsi que les fonctions exécutives. Le score total au CAMCOG s’établit sur un maximum de 107 points (ou 105 dans certaines révisions), incorporant également en son sein les items du Mini-Mental State Examination (MMSE de Folstein).
Sur le plan métrologique, le CAMDEX et sa composante CAMCOG présentent des propriétés psychométriques exceptionnelles : une consistance interne globale très élevée (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,89 et 0,96 selon les cohortes cliniques et épidémiologiques), une fidélité inter-évaluateurs remarquable (coefficients kappa supérieurs à 0,85 pour la plupart des diagnostics catégoriels), et une excellente sensibilité (estimée entre 88 % et 95 %) et spécificité (supérieure à 90 %) pour la détection des démences légères à modérées selon les critères diagnostiques opérationnels (DSM-III-R, DSM-IV, CIM-10). Traduit et validé dans de multiples langues et cultures, le CAMDEX demeure un étalon-or en psycho-gériatrie clinique et dans les études épidémiologiques longitudinales sur le vieillissement cérébral.
2. Mots-clés / Keywords
CAMDEX, CAMCOG, évaluation neuropsychologique, démence, maladie d’Alzheimer, démence vasculaire, dépression gériatrique, diagnostic différentiel, vieillissement cognitif, psychométrie clinique.
3. Auteurs / Authors
Le développement du CAMDEX est le fruit des travaux de l’équipe de recherche du Département de psychiatrie de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni), dirigée par des figures pionnières de la psychiatrie gériatrique contemporaine :
- Sir Martin Roth, M.D., F.R.C.P., F.R.C.Psych. (1917–2006) : Professeur émérite de psychiatrie à l’Université de Cambridge, chercheur de renommée mondiale ayant joué un rôle séminal dans la classification nosologique des démences séniles et la différenciation neuropathologique et clinique des troubles cognitifs majeurs.
- E. Tym, M.B., Ch.B., M.R.C.Psych. : Psychiatre clinicienne et chercheuse associée, Département de psychiatrie, Addenbrooke’s Hospital, Université de Cambridge, Royaume-Uni.
- C. Q. Mountjoy, M.A., M.B., B.Chir., F.R.C.Psych. : Consultant en psychiatrie gériatrique, St Andrew’s Hospital, Northampton, et chercheur honoraire, Université de Cambridge, Royaume-Uni.
- Collaborateurs principaux aux révisions (CAMDEX-R) : Felicia A. Huppert, M. Brayne, C. Girard, E. S. Paykel, et les chercheurs du Cambridge Project on Aging and Dementia.
Correspondance historique et institutionnelle : Department of Psychiatry, University of Cambridge School of Clinical Medicine, Addenbrooke’s Hospital, Hills Road, Cambridge CB2 2QQ, Royaume-Uni.
4. Objectif / Purpose
La création du CAMDEX a répondu à un impératif clinique et épidémiologique fondamental apparu dans le dernier quart du XXe siècle : l’accroissement sans précédent de l’espérance de vie dans les sociétés occidentales et la multiplication corollaire des pathologies neurodégénératives liées à l’âge. Avant l’avènement du CAMDEX, l’évaluation des personnes âgées suspectées de déclin cognitif reposait souvent soit sur des épreuves de dépistage ultra-rapides mais trop sommaires (comme le MMSE ou le test de la montre isolé), incapables de caractériser finement la nature du déficit ou de repérer les formes débutantes, soit sur de longues batteries neuropsychologiques généralistes inadaptées à la fatigabilité des patients âgés et dépourvues d’évaluation médicale et psychiatrique intégrée.
L’objectif primordial du CAMDEX est d’offrir une évaluation globale, rigoureusement standardisée et multidimensionnelle, permettant d’aboutir à un diagnostic nosologique précis conformément aux critères internationaux (CIM-10, DSM-III-R, puis DSM-IV). Le protocole a été spécifiquement conçu pour relever trois défis cliniques majeurs :
- La détection ultra-précoce des syndromes démentiels : Identifier les déclins cognitifs légers (ce qui sera formalisé plus tard sous le concept de trouble neurocognitif léger ou Mild Cognitive Impairment) avant que la perte d’autonomie ne soit massive.
- Le diagnostic différentiel rigoureux : Distinguer formellement la maladie d’Alzheimer pure des démences d’origine vasculaire, des démences mixtes, des démences à corps de Lewy, mais surtout distinguer ces processus neurodégénératifs organiques de la « pseudodémence dépressive » (épisodes dépressifs majeurs simulant des troubles cognitifs) et des états confusionnels réversibles consécutifs à des décompensations somatiques.
- L’évaluation de la sévérité et de l’impact fonctionnel : Mesurer le degré d’altération cognitive et comportementale dans la vie quotidienne grâce à la confrontation systématique des données auto-rapportées par le patient et des observations hétéro-rapportées par l’entourage proche.
En recherche, le CAMDEX sert de standard méthodologique pour les études de prévalence et d’incidence des troubles mentaux chez les personnes de plus de 65 ans vivant en communauté ou en institution, ainsi que pour les essais cliniques pharmacologiques évaluant l’efficacité de thérapies ciblant le ralentissement du déclin cognitif.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique et cognitif opérationnalisé par le CAMDEX, et plus spécifiquement par sa composante cognitive CAMCOG, repose sur un modèle modulaire et hiérarchique de l’architecture cognitive humaine. Plutôt que de considérer l’intelligence et la cognition sénescente comme une entité globale unidimensionnelle, le CAMDEX appréhende le fonctionnement neurocognitif à travers un ensemble de domaines distincts mais interconnectés, chacun étant particulièrement vulnérable à des profils lésionnels cérébraux spécifiques.
1. Orientation spatio-temporelle (Score max : 10)
Ce domaine évalue l’ancrage du sujet dans les coordonnées fondamentales de son environnement. L’orientation temporelle mesure l’accès aux notions de jour, date, mois, année et saison, des éléments hautement sensibles à la désorganisation hippocampique précoce. L’orientation spatiale évalue la localisation géographique immédiate et élargie (lieu, étage, ville, pays). Les perturbations dans ce domaine constituent un marqueur robuste des dysfonctionnements du réseau mnésique épisodique et de l’attention continue.
2. Langage réceptif et expressif (Score max : 30)
Le langage est exploré sous plusieurs angles neuro-linguistiques :
- Compréhension : capacité à exécuter des ordres simples et complexes à plusieurs étages (ex. épreuve des trois papiers), décodage d’instructions écrites et orales, compréhension de métaphores ou de relations logiques.
- Expression : dénomination d’objets usuels et rares sur confrontation visuelle (permettant de détecter l’anomie précoce caractéristique de la maladie d’Alzheimer et de l’aphasie progressive primaire), fluidité verbale, répétition de phrases complexes et expression écrite spontanée ou dictée.
3. Mémoire : apprentissage, mémoire récente et mémoire ancienne (Score max : 27)
La structure mnésique est disséquée en trois composantes temporelles et fonctionnelles majeures :
- Mémoire de fixation et apprentissage immédiat : restitution immédiate d’éléments verbaux (nom et adresse complets) et rétention d’informations visuelles.
- Mémoire récente : rappel différé après interférence (le rappel de l’adresse apprise plusieurs minutes auparavant), orientation temporelle récente et rappel d’événements de l’actualité contemporaine.
- Mémoire ancienne (rétrograde/sémantique) : rappel d’événements historiques marquants, de faits biographiques personnels et reconnaissance de personnages publics majeurs du passé.
4. Attention et calcul mental (Score max : 9)
Cette section sollicite les ressources de la mémoire de travail et du contrôle attentionnel exécutif. Elle inclut l’épreuve classique de la soustraction sérielle de 7 à partir de 100 (ou l’épellation du mot « MONDE » à l’envers) ainsi que la résolution de petits problèmes arithmétiques concrets de la vie quotidienne. Les déficits ici traduisent fréquemment une atteinte fronto-sous-corticale ou un syndrome confusionnel.
5. Praxies idéomotrices et constructives (Score max : 12)
L’évaluation praxique explore l’intégrité de la programmation motrice et des compétences visuo-spatiales :
- Praxies idéomotrices : réalisation de gestes symboliques ou d’utilisation d’outils sur consigne verbale sans objet réel.
- Praxies constructives : reproduction graphique bidimensionnelle et tridimensionnelle de figures géométriques complexes (pentagones imbriqués, spirales de Babinski, cubes en perspective) et réalisation du dessin de l’horloge avec disposition des chiffres et indication d’une heure précise.
6. Pensée abstraite (Score max : 8)
La capacité d’abstraction et de conceptualisation logique est mesurée à l’aide de l’épreuve de similitudes sémantiques (déterminer en quoi une pomme et une banane, ou un manteau et une robe, sont semblables). Cette dimension exige du patient qu’il dépasse les aspects purement perceptifs concrets pour accéder à la catégorie sémantique supérieure.
7. Perception visuelle (Score max : 9)
Cette sous-échelle évalue la reconnaissance d’objets présentés sous des angles non conventionnels ou dégradés, ainsi que l’identification de visages célèbres, permettant de distinguer d’éventuelles agnosies visuelles ou prosopagnosies d’une atteinte mnésique pure.
8. Fonctions exécutives (Score max : 28 dans les extensions CAMCOG-R)
Introduites et renforcées dans les révisions du CAMDEX, les épreuves exécutives mesurent la flexibilité mentale, la génération d’idées, la planification, le raisonnement analogique visuel et l’inhibition motrice, domaines particulièrement altérés dans les démences fronto-temporales et les pathologies vasculaires cérébrales.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le CAMDEX s’enracine théoriquement dans la tradition anatomo-clinique et neuropsychiatrique européenne portée par Sir Martin Roth, qui a établi dès les années 1950 et 1960 des corrélations fondatrices entre la quantification des anomalies histopathologiques cérébrales (notamment les plaques séniles et les dégénérescences neurofibrillaires) et le degré de déclin intellectuel mesuré ante-mortem (Roth et al., 1966 ; Blessed, Tomlinson & Roth, 1968).
Ce cadre théorique postule que les fonctions cérébrales supérieures déclinent de manière différentielle selon les systèmes neuronaux affectés par l’étiologie sous-jacente :
- Le modèle cortical rétrogénique : Dans la maladie d’Alzheimer type, la dégénérescence synaptique et neuronale affecte initialement le cortex entorhinal et l’hippocampe avant de s’étendre aux aires associatives temporo-pariétales et enfin frontales. Ce schéma se traduit cliniquement par un profil amnésique prédominant de type hippocampique (défaut d’encodage et de consolidation), suivi d’un syndrome aphaso-apraxo-agnosique. Le CAMCOG a été spécifiquement étalonné pour détecter ce gradient de dégradation.
- Le syndrome sous-cortico-frontal : Les pathologies cérébrovasculaires (lacunes multiples, leucoaraïose) et les maladies touchant les ganglions de la base (maladie de Parkinson, paralysie supranucléaire progressive) altèrent prioritairement la vitesse de traitement de l’information, l’attention soutenue, le calcul et les capacités d’abstraction, tout en préservant relativement la reconnaissance mnésique si unindiçage est fourni. La structure du CAMDEX permet de faire émerger ce contraste de façon nette.
- La distinction entre processus fonctionnels et organiques : Inspiré des travaux de Roth sur la nosographie des psychoses affectives du sujet âgé, le cadre du CAMDEX insiste sur le fait que la dépression peut mimer fidèlement la démence (l’ancienne « pseudodémence »). En incorporant une section psychiatrique détaillée et des critères stricts d’anamnèse temporelle (mode de début brutal vs insidieux, fluctuation des symptômes), le modèle théorique permet de désenchevêtrer l’inhibition dépressive du déficit structural irréversible.
7. Validité / Validity
L’évaluation psychométrique du CAMDEX a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques depuis sa parution initiale en 1986, confirmant une validité diagnostique et métrologique de tout premier ordre.
Validité de critère et diagnostique
Dans l’étude princeps menée par Roth et ses collaborateurs (1986) sur un échantillon de personnes âgées hospitalisées et résidant en communauté, les scores au CAMCOG ont démontré une capacité diagnostique exceptionnelle pour séparer les sujets sains des patients atteints de démence. En utilisant un seuil de coupure standard de 79/80 sur 107 au CAMCOG :
- La sensibilité pour la détection de la démence globale est comprise entre 92 % et 97 %.
- La spécificité par rapport aux personnes âgées sans trouble cognitif atteint 91 % à 95 %.
- Lorsqu’il s’agit de distinguer les démences débutantes ou légères (score CDR = 0,5 ou 1) des témoins normaux, la sensibilité se maintient au-dessus de 88 %, surpassant très largement les performances du MMSE (dont la sensibilité chute fréquemment en deçà de 70 % pour les stades très précoces).
Validité convergente et concurrente
Le CAMCOG présente des corrélations hautement significatives avec les instruments cliniques et cognitifs majeurs :
- Une corrélation de r = 0,85 à r = 0,93 avec le MMSE de Folstein (le CAMCOG intégrant d’ailleurs l’intégralité des items du MMSE, ce qui permet d’extraire un score MMSE direct sans passation additionnelle).
- Des corrélations fortes avec l’échelle de Blessed (Information-Memory-Concentration test, r > 0,80) et avec la Clinical Dementia Rating (CDR).
- Les études de réplication menées aux États-Unis par Hendrie et al. (1988) et en Australie par O’Connor et al. (1989) ont confirmé que le CAMDEX discriminait les sujets déments des sujets souffrant de dépression majeure sans démence avec un taux d’exactitude diagnostique supérieur à 85 %.
Validité discriminante
Le profil multidimensionnel du CAMCOG permet de différencier les profils cognitifs de la maladie d’Alzheimer (altération massive et précoce de la mémoire d’apprentissage, du rappel différé et de la dénomination) de ceux de la démence vasculaire (préservation relative de la mémoire de reconnaissance, altérations prédominantes des fonctions exécutives, de l’attention et des praxies constructives). De plus, l’échelle ischémique d’Hachinski incluse dans le protocole clinique CAMDEX apporte une puissance discriminante complémentaire hautement prédictive des lésions vasculaires confirmées à l’imagerie ou à l’autopsie.
8. Fidélité / Reliability
Les études métrologiques consacrées au CAMDEX et à la sous-échelle cognitive CAMCOG rapportent des indices de fiabilité très élevés dans diverses populations cliniques et communautaires :
Consistance interne
Pour la batterie cognitive totale (CAMCOG), le coefficient alpha de Cronbach se situe systématiquement entre 0,89 et 0,96, témoignant d’une excellente cohérence d’ensemble entre les différentes épreuves cognitives. Les coefficients de cohérence interne des principales sous-échelles individuelles sont également satisfaisants :
- Mémoire : alpha entre 0,82 et 0,88.
- Langage : alpha entre 0,78 et 0,85.
- Praxies : alpha entre 0,70 et 0,79.
- Orientation : alpha entre 0,80 et 0,86.
Fidélité inter-évaluateurs
Grâce à des manuels de cotation extrêmement précis et détaillés (incluant des critères visuels d’acceptabilité pour les dessins et les praxies constructives), la fidélité inter-juges du CAMCOG est quasi-parfaite, avec des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) supérieurs à 0,95 pour le score total. Pour les diagnostics catégoriels établis via l’entretien clinique structuré du CAMDEX (démence vs dépression vs état sain), le coefficient Kappa de Cohen varie entre 0,83 et 0,91 entre psychiatres entraînés.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle sur un intervalle court de 2 à 4 semaines chez des sujets stables (sans déclin neurodégénératif aigu) révèle des coefficients de corrélation test-retest allant de 0,86 à 0,92, confirmant la robustesse des mesures cognitives face aux fluctuations journalières mineures.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle du CAMCOG a été explorée par plusieurs équipes indépendantes par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), cherchant à déterminer si l’instrument mesure une capacité cognitive générale (facteur g) ou des modules neuropsychologiques hautement dissociables.
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Dans la plupart des études factorielles initiales (par exemple Huppert et al., 1995 ; Schmand et al., 1996), un facteur général de premier ordre très puissant émerge systématiquement, expliquant entre 35 % et 45 % de la variance totale des scores, ce qui justifie pleinement l’utilisation du score total au CAMCOG comme indicateur synthétique de la détérioration cognitive globale. Lorsque des rotations obliques ou orthogonales (Promax, Varimax) sont appliquées pour extraire les facteurs spécifiques de second ordre, une structure polyfactorielle claire se dégage, comprenant généralement 5 à 7 facteurs distincts :
- Facteur 1 : Mémoire verbale et apprentissage (saturations élevées des épreuves de rappel immédiat, rappel différé de l’adresse et mémoire sémantique, > 0,65).
- Facteur 2 : Capacités visuo-spatiales et praxies constructives (saturations des dessins géométriques, horloge, et praxies idéomotrices, > 0,60).
- Facteur 3 : Langage et fluidité verbale (saturations de la dénomination d’images, de la compréhension verbale et de l’évocation catégorielle d’animaux, > 0,55).
- Facteur 4 : Contrôle attentionnel, calcul et flexibilité (saturations des soustractions sérielles, du compte à rebours et des analogies conceptuelles, > 0,50).
- Facteur 5 : Orientation spatio-temporelle (chargé lourdement par les items de date, mois, année et localisation géographique, > 0,70).
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Les études confirmatoires modernes ont montré qu’un modèle hiérarchique bi-factoriel (un facteur général g représentant l’efficience globale et des facteurs de groupe correspondant aux fonctions cognitives spécialisées) présentait les meilleurs indices d’adéquation aux données (RMSEA < 0,05 ; CFI > 0,93 ; TLI > 0,92). Cette architecture factorielle confirme la légitimité du CAMCOG à fournir à la fois un score d’ensemble pour le repérage global et un profil sub-scalique pour le diagnostic étiologique différentiel.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le CAMDEX est un instrument multidimensionnel administré par un clinicien ou un professionnel de santé spécialement formé (gériatre, psychiatre, neurologue, neuropsychologue ou infirmier de recherche clinique). L’architecture globale de l’outil se décompose ainsi :
- Structure générale du test :
- Section A : Entretien clinique standardisé avec le patient (anamnèse des troubles, antécédents, humeur, symptômes psychotiques, orientation subjective).
- Section B : Examen cognitif standardisé (CAMCOG), évaluant objectivement la performance intellectuelle.
- Section C : Observations standardisées du clinicien (comportement, niveau de conscience, affect, langage spontané).
- Section D : Examen physique et neurologique succinct (signes focaux, réflexes archaïques, motricité).
- Section E : Données de laboratoire et examens complémentaires (imagerie cérébrale, bilans sanguins pertinents).
- Section F : Données thérapeutiques (traitements médicamenteux en cours).
- Section G : Entretien structuré avec l’informateur/aidant clé (évaluation des modifications cognitives et des activités de la vie quotidienne depuis le niveau prémorbide).
- Section H : Diagnostic clinique guidé selon les critères nosologiques opérationnalisés.
- Caractéristiques de la composante cognitive (CAMCOG) :
- Nombre d’items : 67 items d’évaluation cognitive directe.
- Format de réponse : Cotations binaires (0 = échec/inexact, 1 = réussite/exact) ou graduées sur échelle ordinale (de 0 à 2, 0 à 3 ou 0 à 4 points selon la complexité de l’item, par exemple pour la reproduction graphique de figures ou les définitions de concepts).
- Score total : De 0 à 107 points (une version révisée, le CAMCOG-R, propose une cotation sur 105 ou intègre une échelle exécutive additionnelle étendant les scores possibles).
- Sous-scores disponibles :
- Orientation (10 points)
- Langage : compréhension et expression (30 points)
- Mémoire : récente, ancienne, apprentissage (27 points)
- Attention et calcul (9 points)
- Praxies (12 points)
- Pensée abstraite (8 points)
- Perception (9 points)
- Fonctions exécutives (jusqu’à 28 points dans les protocoles étendus)
- Score MMSE intégré : Calculable automatiquement sur 30 points à partir des items équivalents inclus dans le CAMCOG.
- Durée de passation : Environ 80 à 100 minutes pour l’ensemble du CAMDEX complet ; environ 25 à 40 minutes pour la seule section cognitive CAMCOG.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de première publication : 1986 (publication initiale du protocole et de l’étude princeps dans le British Journal of Psychiatry). Version manuelle officielle éditée en 1988 par Cambridge University Press. Version révisée (CAMDEX-R) parue en 1998.
- Auteurs et détenteurs des droits : Sir Martin Roth, Felicia A. Huppert, C. Q. Mountjoy, et collaborateurs. Les droits d’édition et de distribution commerciale sont détenus par Cambridge University Press.
- Statut des droits d’auteur : Le CAMDEX et le CAMCOG sont des instruments cliniques protégés par le droit d’auteur international. L’utilisation du matériel officiel, des cahiers de passation et des livrets de stimuli nécessite l’acquisition des formulaires autorisés auprès de l’éditeur ou de ses distributeurs agréés.
- Tarifs et acquisition : Les manuels cliniques complets (comprenant le guide d’administration, les clés de cotation, les livrets de planches visuelles et les paquets de protocoles d’enregistrement) sont commercialisés par Cambridge University Press ou des éditeurs de tests psychologiques spécialisés. Pour les projets de recherche académique non financés ou les thèses de doctorat, des autorisations partielles de reproduction peuvent parfois être sollicitées formellement auprès du service des droits de reproduction de Cambridge University Press.
12. Références / References
- Blessed, G., Tomlinson, B. E., & Roth, M. (1968). The association between quantitative measures of dementia and of senile change in the cerebral grey matter of elderly subjects. British Journal of Psychiatry, 114(512), 797–811. https://doi.org/10.1192/bjp.114.512.797
- Hendrie, H. C., Hall, K. S., Brittain, H. M., Ghetti, B., Farlow, M., Kumar, V., Corbett, J., & Roth, M. (1988). The CAMDEX: A standardized instrument for the diagnosis of mental disorder in the elderly: A replication with a US sample. Journal of the American Geriatrics Society, 36(5), 402–408. https://doi.org/10.1111/j.1532-5415.1988.tb02377.x
- Huppert, F. A., Brayne, C., Gill, C., Paykel, E. S., & Beardsall, L. (1995). CAMCOG—a concise neuropsychological test to assist dementia diagnosis: Socio-demographic determinants in an arbitrary elderly population sample. British Journal of Clinical Psychology, 34(4), 529–541. https://doi.org/10.1111/j.2044-8260.1995.tb01487.x
- McDowell, I. (2006). Measuring health: A guide to rating scales and questionnaires (3rd ed.). Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195165678.001.0001
- O’Connor, D. W., Pollitt, P. A., Hyde, J. B., Fellows, J. L., Miller, N. D., Brook, C. P., Reiss, B. B., & Roth, M. (1989). The prevalence of dementia as measured by the Cambridge Mental Disorders of the Elderly Examination. Acta Psychiatrica Scandinavica, 79(2), 190–198. https://doi.org/10.1111/j.1600-0447.1989.tb10243.x
- Roth, M., Tomlinson, B. E., & Blessed, G. (1966). Correlation between scores for dementia and counts of ‘senile plaques’ in cerebral grey matter of elderly subjects. Nature, 209(5018), 109–110. https://doi.org/10.1038/209109a0
- Roth, M., Tym, E., Mountjoy, C. Q., Huppert, F. A., Hendrie, H., Verma, S., & Goddard, R. (1986). CAMDEX: A standardised instrument for the diagnosis of mental disorder in the elderly with special reference to the early detection of dementia. British Journal of Psychiatry, 149(6), 698–709. https://doi.org/10.1192/bjp.149.6.698
- Roth, M., Huppert, F. A., Mountjoy, C. Q., & Tym, E. (1998). CAMDEX-R: The Cambridge Examination for Mental Disorders of the Elderly – Revised. Cambridge University Press.
- Schmand, B., Lindeboom, J., Hooijer, C., & Jonker, C. (1996). Relation between CAMCOG and MMSE in a community sample of elderly. International Journal of Geriatric Psychiatry, 11(8), 709–716.