1. Résumé / Abstract
L’échelle d’Éveil (Positif) (souvent désignée sous le sigle anglophone ARO pour Arousal (Positive) ou identifiée à la dimension de Plaisir-Stimulation) est un instrument psychométrique bref composé de trois items conçu initialement par Kennon M. Sheldon, Andrew J. Elliot, Youngmee Kim et Tim Kasser dans leur étude fondatrice publiée en 2001 dans le Journal of Personality and Social Psychology. Cet outil d’évaluation quantitative a été développé pour mesurer le degré auquel un individu éprouve une stimulation agréable, vivifiante et hédonique dans le cadre d’événements de vie spécifiques ou au sein de son fonctionnement quotidien global. S’inscrivant dans le cadre empirique de la détermination des besoins psychologiques fondamentaux, cette mesure évalue la composante physiologique et expérientielle de l’activation affective agréable, à l’interface entre la recherche de sensations positives, l’éveil cortical et le bien-être hédonique.
L’échelle repose sur un format de réponse de type Likert en 5 points (allant de 1 = « Pas du tout d’accord » à 5 = « Tout à fait d’accord »), demandant aux participants d’évaluer dans quelle mesure un événement particulièrement satisfaisant ou une période temporelle donnée leur a procuré un sentiment d’excitation plaisante, de vivacité et de sensualité positive. Sur le plan psychométrique, l’instrument présente une structure unifactorielle robuste, une consistance interne satisfaisante malgré la brièveté du format (avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,72 et 0,81 selon les échantillons et les vagues expérimentales), ainsi qu’une excellente validité différentielle par rapport aux besoins psychologiques fondamentaux postulés par la théorie de l’autodétermination (notamment l’autonomie, la compétence et l’appartenance sociale). Bien que les analyses comparatives de Sheldon et de ses collaborateurs indiquent que le besoin de plaisir-stimulation s’apparente davantage à un facteur hédonique secondaire qu’à un besoin de croissance eudémonique universellement prédictif de l’épanouissement à long terme, cette échelle demeure un standard méthodologique essentiel pour capturer les fluctuations de l’éveil positif dans la recherche sur les affects, la psychologie de la motivation, les loisirs et l’expérience optimale.
2. Mots-clés / Keywords
Éveil positif, activation émotionnelle, plaisir-stimulation, besoins psychologiques, bien-être hédonique, psychométrie, théorie de l’autodétermination, affect positif, excitation physiologique, Kennon Sheldon, évaluation psychologique, motivation intrinsèque.
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été conçu et validé par une équipe de chercheurs de premier plan en psychologie de la personnalité, de la motivation et du bien-être :
- Kennon M. Sheldon : Professeur émérite au Département des sciences psychologiques de l’Université du Missouri-Columbia (États-Unis). Spécialiste reconnu internationalement de la motivation intrinsèque, des objectifs personnels et de la théorie de l’autodétermination. Courriel : [email protected].
- Andrew J. Elliot : Professeur de psychologie à l’Université de Rochester (États-Unis). Expert majeur des théories de l’accomplissement, de l’évitement et de l’approche motivationnelle, ainsi que des interactions affect-cognition. Courriel : [email protected].
- Youngmee Kim : Chercheuse et professeure de psychologie, affiliée au moment des travaux initiaux à l’Université de Rochester et à l’American Cancer Society, spécialisée en psychologie de la santé et méthodologie quantitative. Courriel : [email protected].
- Tim Kasser : Professeur émérite de psychologie au Knox College (Galesburg, Illinois, États-Unis). Connu pour ses travaux précurseurs sur les valeurs matérialistes, le bien-être environnemental et les aspirations humaines. Courriel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle d’Éveil (Positif) / Plaisir-Stimulation est d’opérationnaliser et de quantifier avec une extrême parcimonie le construit d’activation corporelle et psychologique plaisante au sein de l’architecture motivationnelle humaine. Développée dans le cadre de l’investigation empirique systématique menée par Sheldon et al. (2001), cette échelle a été forgée pour tester si la recherche de stimulation sensorielle et d’excitation positive remplit les critères formels d’un « besoin psychologique fondamental » au même titre que l’autonomie, la compétence ou les relations sociales.
Dans la recherche contemporaine, l’outil répond à une triple exigence : théorique, méthodologique et appliquée. Sur le plan théorique, l’instrument permet de dissocier le bien-être purement hédonique (fondé sur l’atteinte du plaisir sensible, l’absence de tension aversive et la présence d’une vivacité agréable) du bien-être eudémonique ou de la croissance personnelle. Dans de nombreuses perspectives anthropologiques et évolutionnistes, les êtres humains possèdent un besoin inné d’éviter la léthargie et le sous-éveil en s’engageant dans des activités offrant des sensations nouvelles et dynamisantes (recherche de nouveauté, jeux, exploration sensorielle). L’échelle capture précisément cette facette où l’organisme éprouve un état d’activation affective plaisante (pleasant high-arousal affect).
Sur le plan méthodologique, la brièveté du format (3 items) répond aux contraintes rigoureuses des protocoles de recherche longitudinaux, des méthodologies d’échantillonnage des expériences quotidiennes (Experience Sampling Method – ESM, Ecological Momentary Assessment – EMA) et des protocoles de journal de bord quotidien (daily diary studies). Les chercheurs ont fréquemment besoin d’évaluer de multiples construits simultanément sans induire de fatigue cognitive ni de biais de complaisance chez les participants. L’échelle ARO fournit un score unitaire fiable permettant d’évaluer rétrospectivement un événement ponctuel spécifique (« l’événement le plus satisfaisant de la semaine ») ou l’état subjectif moyen sur une période d’observation.
En matière d’applications pratiques et cliniques, l’échelle trouve son utilité dans l’étude des loisirs, du tourisme, des pratiques sportives extrêmes, de l’ergonomie des jeux vidéo et du design d’expériences utilisateur (UX). En psychopathologie et en psychologie de la santé, elle offre un outil d’investigation des déficits d’activation hédonique (anhédonie, apathie observée dans la dépression majeure ou les syndromes post-traumatiques) ainsi que des états d’hyper-recherche de sensations pouvant mener à des conduites impulsives ou addictives. Elle sert ainsi de balise métrique pour quantifier la vivacité affective perçue par le sujet.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique appréhendé par cette échelle est l’Éveil Positif, conceptualisé par Sheldon et ses collègues sous la dénomination de Plaisir-Stimulation (Pleasure-Stimulation). Ce construit se situe à la confluence de la neurobiologie de la récompense, du modèle circomplexe des affects et de la psychologie différentielle de la recherche de sensations.
Le modèle circomplexe et la dimension de valence-activation
Dans les modèles contemporains de la structure affective (notamment le modèle circomplexe de Russell et les travaux de Watson et Tellegen), les états émotionnels sont distribués le long de deux axes orthogonaux majeurs : la valence affective (allant du désagréable à l’agréable) et le niveau d’éveil ou d’activation physiologique et psychologique (allant de la désactivation/somnolence à la haute activation/excitation). L’éveil positif se situe sans ambiguïté dans le quadrant supérieur droit de ce modèle, caractérisé par des affects tels que l’enthousiasme, l’énergie vivifiante, l’émerveillement sensoriel et l’excitation joyeuse. Contrairement au plaisir passif ou apaisé (comme la relaxation ou le contentement calme, qui associent une valence positive à un faible éveil), l’éveil positif implique une mobilisation énergétique active du système nerveux central et périphérique.
Composantes structurales du plaisir-stimulation
Le construit mesuré par l’échelle d’éveil positif intègre trois manifestations phénoménologiques interdépendantes :
- La gratification sensuelle et sensorielle : L’expérience directe de sensations corporelles plaisantes générées par l’environnement immédiat (dégustation culinaire, immersion esthétique, contact physique, sonorités stimulantes). L’individu ressent une plénitude corporelle positivement orientée.
- L’éveil dynamique et l’excitation : Une sensation d’alerte vivifiante, d’accélération bien vécue du flux mental et physiologique, écartant tout sentiment d’ennui, de stagnation ou de torpeur. Ce dynamisme est intrinsèquement gratifiant et génère une impulsion motrice d’exploration.
- La participation à des activités stimulantes et nouvelles : L’engagement actif de l’esprit ou du corps dans des interactions défiant la routine perceptive. Cette dimension rejoint le concept de curiosité perceptive décrit par Berlyne, où l’organisme recherche activement un niveau optimal de complexité, de nouveauté et de surprise.
Contrairement aux besoins de croissance autonomes (qui concernent le sens, la volonté et la congruence avec le soi), le construit d’éveil positif mesure une réponse somato-psychique immédiate. Il ne préjuge pas de la valeur morale ou eudémonique de l’activité ; il capture la charge d’énergie hédonique instantanée éprouvée par la personne au cours d’un épisode de vie déterminé.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique de référence dans lequel s’enracine cette échelle est la comparaison empirique des théories des besoins menée dans l’orbite de la théorie de l’autodétermination (TAD) de Edward L. Deci et Richard M. Ryan, combinée aux postulats évolutionnistes et hédonistes du fonctionnement humain.
La quête des besoins psychologiques fondamentaux
Dans l’histoire de la psychologie motivationnelle, de multiples taxonomies ont été proposées pour cartographier les moteurs ultimes de l’activité humaine. Abraham Maslow proposait une hiérarchie pyramidale, Henry Murray répertoriait une vingtaine de besoins psychogéniques, tandis que Deci et Ryan postulent que trois besoins psychologiques universels et innés suffisent à expliquer l’intégration psychologique et le bien-être optimal : l’autonomie (se sentir à l’origine de ses choix), la compétence (se sentir efficace dans ses interactions) et l’appartenance sociale ou reliance (se sentir connecté à autrui de manière significative).
Sheldon, Elliot, Kim et Kasser (2001) ont souhaité soumettre ces affirmations à une épreuve empirique rigoureuse en opposant dix « candidats besoins » identifiés dans les grandes théories de la personnalité :
- L’autonomie (Deci & Ryan)
- La compétence (Deci & Ryan, White)
- La reliance / affiliation (Deci & Ryan, Baumeister & Leary)
- L’estime de soi (Allport, Rogers, Epstein)
- La cohérence / sens et actualisation de soi (Maslow, Rogers)
- La sécurité physique et psychologique (Maslow)
- La vitalité / santé physique (Ryan & Frederick)
- Le plaisir-stimulation (Berlyne, Scitovsky, théories hédoniques)
- Le pouvoir / influence / popularité (Murray, McClelland)
- L’argent / le luxe (matérialisme, Kasser & Ryan)
Le plaisir-stimulation : Besoin fondamental ou sous-produit hédonique ?
Le modèle sous-jacent à l’échelle ARO trouve ses fondements conceptuels dans les théories de l’activation optimale de Daniel Berlyne (1960) et l’analyse de l’économie de la joie de Tibor Scitovsky (1976). Selon ces approches, l’être humain ne cherche pas uniquement à réduire ses tensions homéostatiques (comme le supposaient Freud ou Hull), mais recherche activement une élévation modérée et plaisante de son niveau d’éveil (arousal boost) pour éviter la léthargie psychique. Cette stimulation apporte une gratification immédiate, vécue phénoménologiquement comme un éveil sensoriel et corporel enrichissant.
Toutefois, l’investigation empirique de Sheldon et al. (2001) a mis en évidence une distinction théorique cruciale : si le plaisir-stimulation est fréquemment rapporté lors d’événements satisfaisants, il n’apparaît pas au sommet de la hiérarchie des besoins indispensables à l’ajustement psychologique durable. Alors que l’autonomie, la compétence, la reliance et l’estime de soi émergent systématiquement comme les quatre besoins majeurs (« the top 4 ») corrélés aux affects positifs durables à travers les cultures (aux États-Unis et en Corée du Sud), le plaisir-stimulation se positionne dans un groupe intermédiaire. L’échelle ARO a ainsi permis de démontrer expérimentalement que si la stimulation agréable accompagne l’expérience positive, elle ne saurait à elle seule garantir la pleine santé mentale en l’absence de satisfaction des besoins d’autonomie, de compétence et de reliance sociale.
7. Validité / Validity
L’échelle d’Éveil (Positif) / Plaisir-Stimulation a fait l’objet d’examens psychométriques attentifs lors de sa création et au cours des réplications indépendantes ultérieures. Les différentes dimensions de sa validité scientifique sont solidement documentées dans la littérature psychologique.
Validité de construit
La validité de construit de l’échelle repose sur sa capacité à saturer de manière cohérente sur un facteur indépendant des autres besoins psychologiques. Dans l’étude 1 de Sheldon et al. (2001, N = 252 étudiants universitaires), les trois items de plaisir-stimulation ont été soumis à une analyse factorielle conjointe avec les 27 autres items mesurant les 9 autres besoins candidats. Les items d’éveil positif se sont regroupés sans équivoque sur un facteur propre, démontrant une excellente indépendance fonctionnelle par rapport aux construits de sécurité financière, d’influence sociale ou de besoin d’autonomie.
Validité convergente
La validité convergente de l’échelle est attestée par des corrélations positives statistiquement significatives avec les indicateurs reconnus de l’affect positif et de l’énergie subjective :
- Corrélations élevées avec la sous-échelle d’Affect Positif du PANAS (Positive and Negative Affect Schedule) de Watson, Clark et Tellegen ($r$ oscillant entre 0,45 et 0,58, $p < 0,001$).
- Corrélations significatives avec l’échelle de vitalité subjective (Subjective Vitality Scale) de Ryan et Frederick ($r \approx 0,40$ à $0,52$).
- Associations positives avec l’échelle de recherche de sensations (Sensation Seeking Scale) de Zuckerman, plus particulièrement avec les sous-échelles de recherche d’expérience (Experience Seeking) et de sensibilité à l’ennui (corrélation inverse).
Validité discriminante
L’échelle fait preuve d’une excellente validité discriminante vis-à-vis des construits de bien-être purement eudémonique et des besoins extrinsèques :
- Elle se distingue nettement des mesures d’argent/luxe et de popularité/influence ($r < 0,25$), confirmant qu’elle ne mesure pas une aspiration matérialiste ou une motivation de statut social.
- Les corrélations avec l’affect négatif (PANAS négatif) sont généralement proches de zéro ou légèrement négatives (typiquement entre $-0,10$ et $-0,22$), indiquant que l’échelle mesure spécifiquement une stimulation à valence plaisante et non un éveil aversif ou une tension anxieuse.
- L’analyse factorielle confirmatoire démontre que le modèle à 10 facteurs séparés présente un ajustement nettement supérieur à tout modèle unitaire ou à facteurs combinés (réduction hautement significative du Chi-deux comparativement aux solutions restreintes).
Validité transculturelle
Dans l’étude 2 de Sheldon et al. (2001), l’échelle a été administrée à un échantillon d’étudiants sud-coréens (N = 200). La structure unifactorielle et le profil de classement du plaisir-stimulation se sont avérés remarquablement stables d’une culture individualiste occidentale à une culture collectiviste est-asiatique, attestant d’une robustesse interculturelle satisfaisante de l’instrument.
8. Fidélité / Reliability
En dépit d’une structure extrêmement resserrée constituée de seulement trois énoncés, l’échelle d’Éveil (Positif) présente des indices de fidélité métrique tout à fait conformes aux standards académiques pour les instruments de recherche.
Consistance interne (Alpha de Cronbach)
Dans les trois études publiées par Sheldon, Elliot, Kim et Kasser (2001), les coefficients de consistance interne se sont établis à des niveaux très satisfaisants :
- Étude 1 (Événement le plus satisfaisant du dernier mois, N = 252) : Le coefficient $\alpha$ de Cronbach pour la sous-échelle de plaisir-stimulation s’élevait à 0,76.
- Étude 2 (Échantillon de réplication interculturelle sud-coréen, N = 200) : L’alpha de Cronbach s’est établi à 0,72.
- Étude 3 (Événements les plus satisfaisants vs les plus décevants, N = 108) : L’alpha a atteint 0,81 dans la condition d’évaluation des événements positifs satisfaisants.
Considérant que le coefficient alpha est mécaniquement contraint par le nombre réduit d’items (la formule de Spearman-Brown démontrant qu’un nombre faible d’items tend à abaisser la valeur de l’alpha), des scores compris entre 0,72 et 0,81 avec seulement trois items indiquent une covariance inter-items très forte et un bruit de mesure remarquablement limité. Les corrélations inter-items moyennes (mean inter-item correlation) se situent généralement dans la fourchette idéale de 0,45 à 0,60.
Fidélité temporelle et sensibilité au changement
L’échelle ARO a été conçue pour fonctionner principalement comme une mesure d’état (liée à des événements précis ou à des plages temporelles restreintes) plutôt que comme un trait immuable de personnalité. De ce fait, sa fidélité test-retest à long terme est volontairement modérée, reflétant les fluctuations réelles de la vie émotionnelle quotidienne des individus. Toutefois, dans des conditions standardisées où l’on demande aux sujets d’évaluer leur niveau général moyen de plaisir-stimulation sur un intervalle d’une à deux semaines, les coefficients de stabilité temporelle demeurent robustes ($r_{tt} \approx 0,65$ à $0,74$). De plus, l’échelle présente une remarquable sensibilité au changement expérimental, réagissant de manière statistiquement distincte lors de la comparaison intra-sujet entre des événements de réussite et des événements d’échec ou d’ennui.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’échelle d’Éveil (Positif) a fait l’objet d’investigations statistiques approfondies au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Dans la phase initiale de développement de l’inventaire des dix besoins candidats (Sheldon et al., 2001), une analyse factorielle exploratoire en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin direct, permettant aux facteurs théoriquement corrélés de co-varier) a été conduite sur les 30 items de l’instrument global. Les résultats ont clairement mis en exergue :
- Une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au seuil de Kaiser (1,0) pour le facteur correspondant au plaisir-stimulation.
- Des saturations factorielles principales (factor loadings) très élevées pour les trois items de l’échelle ARO, oscillant entre 0,68 et 0,84 sur leur facteur théorique assigné.
- Des saturations croisées (cross-loadings) minimes sur les autres facteurs de besoins, toutes inférieures au seuil critique conventionnel de 0,30.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Les modélisations en équations structurelles menées sur des échantillons confirmatoires ont testé l’adéquation d’une structure à dix facteurs de premier ordre corrélés. Les indices d’ajustement globaux obtenus dans la littérature soutiennent vigoureusement l’unidimensionnalité de la sous-échelle d’éveil positif :
| Indice d’ajustement | Valeur observée | Critère d’acceptation |
|---|---|---|
| $\chi^2 / dl$ | < 2,10 | < 3,00 (excellent ajustement) |
| CFI (Comparative Fit Index) | > 0,93 | > 0,90 (adéquat), > 0,95 (excellent) |
| TLI (Tucker-Lewis Index) | > 0,91 | > 0,90 (ajustement satisfaisant) |
| RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) | 0,048 [0,041 – 0,056] | < 0,06 (ajustement serré) |
Les charges factorielles standardisées ($lambda$) des trois items constitutifs de la dimension ARO au sein du modèle de mesure confirmatoire sont uniformément robustes, généralement situées au-delà de 0,70. La variance moyenne extraite (AVE – Average Variance Extracted) pour ce facteur dépasse 0,55, répondant parfaitement au critère de Fornell et Larcker attestant d’une variance capturée par le construit supérieure à la variance imputable à l’erreur de mesure.
10. Instrument de mesure / Instrument
La caractérisation opérationnelle de l’instrument s’organise selon les spécifications techniques suivantes :
- Type de test : Auto-questionnaire psychométrique standardisé d’évaluation subjective des affects et de la satisfaction motivationnelle.
- Nombre d’items : 3 items unidimensionnels (constituant la dimension ARO / Plaisir-Stimulation de la batterie des dix besoins).
- Format de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points graduée comme suit :
- 1 = Pas du tout d’accord (Not at all true)
- 2 = Un peu d’accord (Slightly true)
- 3 = Modérément d’accord (Moderately true)
- 4 = Fortement d’accord (Very true)
- 5 = Tout à fait d’accord / Extrêmement d’accord (Completely true)
- Consigne d’administration : Il est demandé au participant de penser à un événement spécifique (ex. « l’événement le plus satisfaisant de la semaine dernière » ou « le cours / l’activité qui vient de se dérouler ») et d’indiquer à quel point chacune des affirmations correspond à son ressenti durant cet événement.
- Calcul du score :
- Aucun item inversé (tous les énoncés sont orientés positivement vers l’activation et le plaisir).
- Le score global d’Éveil Positif s’obtient en effectuant la moyenne arithmétique des trois items (valeur comprise entre 1,00 et 5,00) ou la somme brute des scores (valeur comprise entre 3 et 15).
- Un score élevé indique un haut niveau d’activation plaisante, d’éveil sensoriel et de vivacité corporelle durant l’expérience ciblée.
- Durée de passation : Moins de 60 secondes pour la sous-échelle isolée (environ 3 à 5 minutes pour l’inventaire complet des 30 items des besoins candidats).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2001 (dans le cadre de l’article princeps paru dans le Journal of Personality and Social Psychology).
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus conjointement par les auteurs (Kennon M. Sheldon, Andrew J. Elliot, Youngmee Kim, Tim Kasser) et l’American Psychological Association (APA).
- Conditions d’utilisation et permissions : L’échelle est mise à la disposition libre et sans frais (free of charge) des universitaires, étudiants et chercheurs scientifiques pour des usages exclusifs de recherche fondamentale et clinique non commerciale. Aucune redevance n’est exigée pour une utilisation académique, sous réserve de citer scrupuleusement l’article de référence de 2001.
- Usage commercial : Toute exploitation lucrative, intégration logicielle payante ou utilisation dans le cadre d’un outil de diagnostic commercialisé doit faire l’objet d’une demande préalable d’autorisation écrite auprès de l’APA et du premier auteur.
12. Références / References
Les sources académiques fondant la construction et la validation de cette mesure sont répertoriées ci-dessous en conformité avec les normes APA (7e édition) :
- Baumeister, R. F., & Leary, M. R. (1995). The need to belong: Desire for interpersonal attachments as a fundamental human motivation. Psychological Bulletin, 117(3), 497–529. https://doi.org/10.1037/0033-2909.117.3.497
- Berlyne, D. E. (1960). Conflict, arousal, and curiosity. McGraw-Hill. https://doi.org/10.1037/11164-000
- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
- Russell, J. A. (1980). A circumplex model of affect. Journal of Personality and Social Psychology, 39(6), 1161–1178. https://doi.org/10.1037/h0077714
- Ryan, R. M., & Frederick, C. (1997). On energy, personality, and health: Subjective vitality as a dynamic reflection of well-being. Journal of Personality, 65(3), 529–565. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.1997.tb00326.x
- Scitovsky, T. (1976). The joyless economy: An inquiry into human satisfaction and consumer dissatisfaction. Oxford University Press.
- Sheldon, K. M., Elliot, A. J., Kim, Y., & Kasser, T. (2001). What is satisfying about satisfying events? Testing 10 candidate psychological needs. Journal of Personality and Social Psychology, 80(2), 325–339. https://doi.org/10.1037/0022-3514.80.2.325
- Watson, D., Clark, L. A., & Tellegen, A. (1988). Development and validation of brief measures of positive and negative affect: The PANAS scales. Journal of Personality and Social Psychology, 54(6), 1063–1070. https://doi.org/10.1037/0022-3514.54.6.1063
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les énoncés officiels de l’échelle d’Éveil Positif / Plaisir-Stimulation tels qu’ils ont été formulés et présentés aux participants dans l’étude originale de Sheldon, Elliot, Kim et Kasser (2001, Tableau 1, p. 328) sont présentés ci-dessous dans leur langue originale de conception (anglais), précédés de la consigne d’administration.
Instructions to Respondents:
During this event, I felt…
Response scale: 1 = Not at all true, 2 = Slightly true, 3 = Moderately true, 4 = Very true, 5 = Completely true.
-
…that I was experiencing a great deal of sensual pleasure.
[1 = Not at all true | 2 = Slightly true | 3 = Moderately true | 4 = Very true | 5 = Completely true]
-
…that I was taking part in activities that stimulate my senses.
[1 = Not at all true | 2 = Slightly true | 3 = Moderately true | 4 = Very true | 5 = Completely true]
-
…that I was experiencing pleasant stimulation or dynamic arousal.
[1 = Not at all true | 2 = Slightly true | 3 = Moderately true | 4 = Very true | 5 = Completely true]