1. Résumé / Abstract
L’Évaluation des habitudes de vie (connue internationalement sous l’acronyme LIFE-H pour Assessment of Life Habits) constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureux et reconnus mondialement pour mesurer la participation sociale des individus, qu’ils présentent ou non des incapacités physiques, cognitives, sensorielles ou psychiques. Conçue initialement à la fin des années 1990 au Canada par Patrick Fougeyrollas, Luc Noreau et leurs collaborateurs du Réseau international sur le Processus de production du handicap (RIPPH), cette mesure opérationnalise les postulats du modèle théorique du Processus de production du handicap (PPH). L’échelle évalue la manière dont une personne réalise ses activités quotidiennes et assume ses rôles sociaux au sein de son environnement socioculturel réel.
L’instrument explore 12 catégories fondamentales de la vie humaine, réparties en deux macro-domaines conceptuels : les activités de la vie quotidienne (nutrition, condition physique, soins personnels, communication, habitation, déplacements) et les rôles sociaux (responsabilités, relations interpersonnelles, vie communautaire, éducation, travail, loisirs). Dans sa forme abrégée standardisée, le questionnaire comprend une sélection d’items opérationnels (pouvant varier de 38 à 77 items selon les déclinaisons de recherche et cliniques dérivées de la banque originale de 248 items). Pour chaque item, la personne ou son répondant évalue le degré de réalisation à travers deux composantes interactives : le niveau de difficulté perçu (aucune difficulté, avec difficulté, réalisé par substitution, non réalisé) et les types d’assistance requis (aucune aide, aide technique, aménagement de l’environnement, assistance humaine). Un score de réalisation continu variant de 0 (situation de handicap total ou activité non réalisée) à 10 (réalisation optimale sans difficulté ni assistance) est calculé pour chaque habitude de vie, sous-échelle et score global. De plus, une échelle d’évaluation complémentaire en 5 points permet de quantifier le niveau de satisfaction personnelle du participant.
Les propriétés psychométriques documentées dans de nombreuses études internationales démontrent une consistance interne exceptionnelle (coefficients alpha de Cronbach généralement supérieurs à 0,85 et atteignant 0,96 pour le score total), une fidélité test-retest substantielle (coefficients de corrélation intraclasse oscillant entre 0,73 et 0,95) et une validité de construit convergente et discriminante robuste, confirmée auprès de populations pédiatriques, adultes et gériatriques présentant des pathologies variées (lésions médullaires, accidents vasculaires cérébraux, traumatismes craniocérébraux, déficiences motrices cérébrales).
2. Mots-clés / Keywords
Évaluation des habitudes de vie, LIFE-H, participation sociale, Processus de production du handicap, réadaptation, incapacités fonctionnelles, activités de la vie quotidienne, rôles sociaux, psychométrie, autonomie, qualité de vie, mesure des résultats fonctionnels.
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été développé par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs rattachés au Réseau international sur le Processus de production du handicap (RIPPH) et au Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS) de l’Université Laval à Québec, Canada :
- Patrick Fougeyrollas, Ph.D. : Anthropologue et professeur émérite au Département de réadaptation de la Faculté de médecine de l’Université Laval, chercheur émérite au CIRRIS, pionnier des modèles conceptuels du handicap et co-fondateur du RIPPH (Québec, QC, Canada).
- Luc Noreau, Ph.D. : Professeur titulaire au Département de réadaptation de l’Université Laval et chercheur senior au CIRRIS, spécialiste de l’épidémiologie de la réadaptation, de l’évaluation de la participation sociale et des trajectoires de vie des personnes vivant avec une déficience motrice (Québec, QC, Canada).
- Collaborateurs internationaux notables : Marcel W. M. Post, Ph.D., professeur de réadaptation à l’Université d’Utrecht et chercheur au Centre de réadaptation De Hoogstraat (Utrecht, Pays-Bas), responsable de la validation transculturelle et de l’adaptation néerlandaise de l’instrument.
4. Objectif / Purpose
L’Évaluation des habitudes de vie a été élaborée pour pallier une lacune majeure dans le domaine de l’évaluation en réadaptation et en santé publique : la confusion persistante entre la capacité fonctionnelle intrinsèque d’un individu mesurée en milieu clinique standardisé (laboratoire ou cabinet) et sa performance réelle au sein de son milieu de vie naturel. Traditionnellement, les instruments cliniques comme la Mesure de l’indépendance fonctionnelle (MIF) ou l’indice de Barthel focalisaient l’évaluation sur l’accomplissement des activités élémentaires de base (se laver, s’habiller, se transférer) sous un angle biomédical strict, ignorant l’impact déterminant des obstacles ou des facilitateurs architecturaux, sociaux, technologiques et politiques.
L’objectif fondamental de la LIFE-H est de mesurer le niveau effectif de participation sociale, défini comme l’accomplissement des habitudes de vie valorisées par la personne et son groupe d’appartenance. Une habitude de vie est une activité quotidienne ou un rôle social valorisé par la culture de l’individu, garantissant sa survie et son épanouissement personnel tout au long de son existence. L’outil s’applique à un spectre étendu d’objectifs scientifiques et cliniques :
- Planification clinique individualisée : Identifier avec précision les habitudes de vie perturbées ou compromises afin d’orienter les plans d’intervention interdisciplinaires (ergothérapie, physiothérapie, travail social, neuropsychologie) non seulement vers la rééducation des déficiences organiques, mais prioritairement vers la modification environnementale et la compensation fonctionnelle.
- Mesure des résultats thérapeutiques (Outcome Measures) : Évaluer longitudinalement l’efficacité des programmes de réadaptation, des interventions chirurgicales ou des réaménagements domiciliaires et professionnels sur la participation réelle des usagers.
- Recherche épidémiologique et évaluative : Analyser les déterminants environnementaux et personnels du handicap au sein de cohortes populationnelles, permettant de guider les politiques publiques en matière d’accessibilité universelle, d’inclusion scolaire et de maintien à domicile.
- Autodétermination et autonomie : Donner une voix active à la personne en évaluant non seulement le versant comportemental objectif de l’accomplissement, mais également son sentiment subjectif d’insatisfaction ou de satisfaction face à sa situation de vie.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit central mesuré par l’Évaluation des habitudes de vie est la participation sociale, opérationnalisée à travers la réalisation concrète des habitudes de vie. Dans le modèle théorique sous-jacent, la participation sociale ne se résume pas à l’absence de déficience anatomique ou d’incapacité physiologique ; elle résulte de l’interaction dynamique entre les facteurs personnels (capacités intrinsèques, âge, genre, identité) et les facteurs environnementaux (obstacles physiques, attitudes sociétales, politiques institutionnelles, aides techniques). L’évaluation couvre deux dimensions majeures subdivisées en 12 catégories :
1. Les activités de la vie quotidienne
Ce premier domaine structurel regroupe l’ensemble des activités élémentaires et instrumentales indispensables au maintien biologique, à la sécurité et à l’autonomie résidentielle :
- Nutrition : Sélectionner, planifier et préparer les repas, s’alimenter, manipuler les ustensiles et adopter une diète équilibrée adaptée aux besoins physiologiques.
- Condition physique : Maintenir un sommeil réparateur, participer à des activités d’entretien corporel, préserver sa santé psychologique, gérer le stress et faire face aux exigences émotionnelles du quotidien.
- Soins personnels : Assurer son hygiène corporelle (bain, douche), s’habiller et se déshabiller de façon appropriée, prendre soin de son apparence personnelle (coiffure, rasage, ongles) et gérer l’élimination vésicale et intestinale (utilisation des toilettes).
- Communication : Exprimer et comprendre des messages dans des situations variées, incluant la communication verbale en face-à-face, l’usage des télécommunications téléphoniques, l’écriture manuscrite, la lecture de documents imprimés et l’exploitation des technologies numériques et de l’informatique.
- Habitation : Se déplacer à l’intérieur de son lieu de résidence, entrer et sortir de son domicile de façon sécuritaire, utiliser les appareils électroménagers, accomplir les tâches ménagères légères et lourdes, et entretenir l’espace bâti ainsi que ses abords extérieurs.
- Déplacements : Circuler à pied ou en fauteuil roulant dans son quartier immédiat et au-delà, utiliser des moyens de transport motorisés personnels en tant que conducteur ou passager, et accéder aux transports en commun collectifs (autobus, train, métro).
2. Les rôles sociaux
Ce second domaine appréhende l’inscription de l’individu dans son tissu relationnel, sociétal, culturel et économique, reflétant l’exercice de la pleine citoyenneté :
- Responsabilités : Assurer la gestion de son budget personnel et de ses finances courantes, administrer ses biens juridiques et patrimoniaux, et exercer ses devoirs civiques et citoyens (droit de vote, démarches administratives).
- Relations interpersonnelles : Établir, entretenir et enrichir des liens affectifs et sociaux signifiants avec les membres de sa famille, son réseau amical, ainsi qu’avec son conjoint ou partenaire amoureux.
- Vie communautaire : Participer activement à la vie associative, aux organisations bénévoles ou communautaires locales, et s’engager dans des activités spirituelles ou religieuses.
- Éducation : Fréquenter des institutions scolaires, collégiales ou universitaires, s’inscrire à des cours de formation continue ou acquérir de nouvelles compétences formelles.
- Travail : Accéder à un emploi rémunéré sur le marché régulier ou adapté, exécuter les tâches professionnelles prescrites et maintenir une productivité occupationnelle valorisante.
- Loisirs : S’engager dans des activités sportives, de plein air, culturelles, artistiques ou artisanales, et fréquenter des lieux publics de récréation (musées, cinémas, théâtres, parcs publics).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’instrument repose intégralement sur le Modèle du Processus de production du handicap (PPH), initialement modélisé par Fougeyrollas et al. (1998) au sein du Réseau international sur le Processus de production du handicap, puis enrichi dans sa deuxième version (PPH-2). Ce cadre conceptuel s’inscrit en rupture avec le modèle médical traditionnel de l’Organisation mondiale de la santé issu de la Classification internationale des handicaps de 1980 (CIH-1), qui appréhendait le désavantage social comme une conséquence directe et linéaire d’une déficience corporelle.
Dans l’architecture systémique du PPH, le résultat situationnel — qualifié de pleine participation sociale ou de situation de handicap — émerge de l’interaction causale dynamique et interactive entre trois pôles conceptuels majeurs :
- Les facteurs personnels : Comprenant les systèmes organiques (structures anatomiques et fonctions physiologiques, où s’observent intégrités ou déficiences) et les aptitudes (capacités physiques et cognitives de la personne à réaliser des actions motrices ou mentales). S’y ajoutent les facteurs identitaires (âge, sexe, trajectoire de vie, valeurs, croyances et statut socioéconomique).
- Les facteurs environnementaux : Constituant le contexte physique, architectural, technologique, social, culturel, politique et juridique au sein duquel la personne évolue. Ces éléments sont opérationnalisés le long d’un continuum allant de facilitateurs majeurs (dispositifs compensatoires, rampes d’accès, législation protectrice contre la discrimination, soutien social bienveillant) à obstacles sévères (barrières architecturales, préjugés discriminatoires, absence de services spécialisés).
- Les habitudes de vie : Représentant le pôle interactif résultant, c’est-à-dire la matérialisation comportementale de la vie quotidienne et de l’exercice des rôles civiques. Lorsque l’environnement est adapté aux aptitudes résiduelles de l’individu, la situation observée est une participation sociale optimale. À l’inverse, lorsque l’environnement impose des exigences physiques ou cognitives qui excèdent les aptitudes du sujet sans médiation compensatoire, il y a production d’une situation de handicap.
Ce cadre théorique a profondément influencé les débats conceptuels internationaux qui ont présidé à la refonte de la classification de l’OMS, aboutissant à la publication de la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) en 2001. Cependant, la LIFE-H conserve une spécificité et une supériorité opérationnelle reconnue sur le plan psychométrique : contrairement à la composante « Activités et Participation » de la CIF qui fusionne souvent capacité et performance sans règle de cotation différentielle unifiée, la LIFE-H sépare formellement le niveau de difficulté intrinsèque, la nature des assistances mobilisées (techniques ou humaines) et la satisfaction subjective éprouvée par l’usager.
7. Validité / Validity
Les qualités métrologiques de la LIFE-H ont été documentées dans une abondante littérature empirique transversale et longitudinale :
Validité de contenu et d’apparence
La validité de contenu de l’instrument a été établie par une démarche itérative rigoureuse combinant des comités d’experts interdisciplinaires (ergothérapeutes, médecins spécialistes en médecine physique et de réadaptation, sociologues, épidémiologistes) et des panels de personnes vivant avec diverses limitations fonctionnelles motrices ou cognitives. Les études de consensus ont validé que les 12 catégories retenues englobent l’ensemble du répertoire comportemental et sociétal d’un citoyen au sein des sociétés industrialisées contemporaines.
Validité de construit convergente et divergente
La validité convergente de la LIFE-H a été corroborée par des corrélations statistiquement significatives avec des mesures canoniques de l’indépendance fonctionnelle et de l’état de santé :
- Des corrélations modérées à fortes ont été observées avec la Mesure de l’indépendance fonctionnelle (MIF) pour les sous-échelles des activités de la vie quotidienne (coefficients de Pearson $r$ variant de 0,60 à 0,82), démontrant que la réalisation des activités courantes s’aligne en partie avec les capacités motrices et cognitives.
- Des corrélations plus faibles ($r = 0,25$ à $0,45$) ont été obtenues entre la MIF et les sous-échelles de rôles sociaux (travail, loisirs, vie communautaire), apportant une preuve tangible de validité divergente : les rôles sociaux dépendent largement de facilitateurs environnementaux, sociaux et attitudinaux que les tests d’indépendance fonctionnelle en milieu clinique échouent totalement à capturer.
- Les études menées par Noreau et al. (2002) auprès d’individus présentant une lésion médullaire ont également mis en évidence des corrélations significatives avec l’indice de participation de Craig (CHART), avec des coefficients $r$ oscillant entre 0,55 et 0,74 pour les domaines équivalents de mobilité et d’intégration occupationnelle.
Validité discriminante et sensibilité au changement
L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer différents sous-groupes cliniques en fonction de la sévérité de l’atteinte neurologique ou musculosquelettique (par exemple, tétraplégie versus paraplégie, ou AVC sévère versus modéré). Les scores moyens aux sous-échelles de déplacements, d’habitation et de soins personnels présentent des écarts statistiquement significatifs ($p < 0,001$) reflétant fidèlement le gradient de sévérité clinique. Par ailleurs, des études pré-post intervention en réadaptation intensive ont révélé une sensibilité au changement substantielle, avec des tailles d’effet (d de Cohen) variant de 0,45 à 0,80 sur les domaines de la nutrition, des soins personnels et de la mobilité résidentielle.
8. Fidélité / Reliability
Les paramètres de fidélité de l’Évaluation des habitudes de vie ont fait l’objet d’évaluations exhaustives, tant dans les versions francophones originaires du Québec que dans les adaptations néerlandaises, anglophones et suédoises :
Consistance interne
L’homogénéité des items au sein de chaque catégorie et pour l’instrument global atteint des standards métrologiques élevés :
- Le coefficient alpha de Cronbach pour le score total de l’échelle se situe régulièrement entre 0,92 et 0,96, attestant d’une cohérence d’ensemble exemplaire.
- Pour les sous-échelles spécifiques des activités de la vie quotidienne (nutrition, soins personnels, habitation, déplacements), les valeurs d’alpha s’échelonnent de 0,78 à 0,91.
- Pour les sous-échelles des rôles sociaux (relations interpersonnelles, vie communautaire, loisirs), les coefficients oscillent entre 0,72 et 0,88, reflétant la plus grande hétérogénéité des contextes de pratique sociale sans compromettre la fidélité de mesure.
Fidélité test-retest et stabilité temporelle
La reproductibilité des scores dans le temps a été documentée lors d’évaluations successives séparées par un intervalle standard de une à deux semaines chez des personnes en phase stable :
- Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score global de réalisation varie de 0,83 à 0,95 selon les études, traduisant une stabilité temporelle excellente.
- Au niveau des catégories individuelles, les CCI s’établissent entre 0,68 (pour les relations interpersonnelles, plus sujettes aux variations circonstancielles) et 0,91 (pour les soins personnels et la mobilité).
Fidélité inter-juges et accord répondant-proche aidant
Lorsque la passation est effectuée en mode entrevue dirigée par des évaluateurs indépendants formés au système de cotation du RIPPH, le coefficient de concordance inter-évaluateurs atteint un CCI global supérieur à 0,85. Les études examinant la concordance entre l’auto-évaluation par le patient et l’évaluation par un proche aidant (proxy) mettent en évidence un accord substantiel (CCI compris entre 0,70 et 0,84) pour les activités observables de la vie quotidienne, bien qu’une légère divergence soit documentée dans l’appréciation subjective de la satisfaction ou de la participation à des activités communautaires complexes.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la LIFE-H a été scrutée au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et d’analyses factorielles confirmatoires (AFC), cherchant à valider empiriquement la dichotomie originelle entre les « activités de la vie quotidienne » et les « rôles sociaux ».
Modèles factoriels confirmatoires
Les investigations en analyse factorielle confirmatoire (notamment menées par Noreau et collaborateurs, ainsi que les études de validation européenne conduites par l’équipe de Post aux Pays-Bas) ont testé plusieurs structures compétitives : un modèle unifactoriel global, un modèle à deux facteurs corrélés de second ordre (activités quotidiennes vs rôles sociaux), et un modèle à 12 facteurs de premier ordre correspondant exactement aux 12 catégories théoriques de l’instrument.
Les résultats démontrent de manière récurrente que le modèle hiérarchique à deux facteurs de second ordre sous-tendu par 12 sous-facteurs présente les indices d’ajustement les plus solides :
- Chi-deux rapporté aux degrés de liberté ($\chi^2 / dl$) inférieur à 2,5.
- Comparative Fit Index (CFI) et Tucker-Lewis Index (TLI) généralement supérieurs à 0,91.
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) compris entre 0,045 et 0,062, confirmant une erreur d’approximation acceptable dans la population parente.
Saturations factorielles
Dans l’analyse des saturations factorielles standardisées :
- Les items relatifs aux soins corporels, à la mobilité, à l’alimentation et à l’habitation présentent des saturations très élevées sur le macro-facteur « Activités de la vie quotidienne », avec des coefficients de saturation factorielle $lambda$ oscillant majoritairement entre 0,65 et 0,88.
- Les items afférents à la citoyenneté, aux finances, à l’emploi rémunéré, aux études et aux engagements sociocommunautaires saturent fortement sur le macro-facteur « Rôles sociaux » ($lambda$ variant de 0,58 à 0,82).
- Certaines dimensions transversales, telles que la communication et les déplacements hors du quartier, affichent des saturations croisées modérées sur les deux facteurs, illustrant leur double fonction de condition préalable à l’autonomie basale et de vecteur direct de participation relationnelle et citoyenne.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous les caractéristiques structurelles et procédurales suivantes :
- Type de test : Questionnaire standardisé d’évaluation de la participation sociale et des résultats fonctionnels en réadaptation, administrable en auto-questionnaire, en entrevue dirigée en face-à-face, par contact téléphonique ou par répondant indirect (proche aidant).
- Format : Formulaire structuré disponible en versions papier-crayon et numérisées informatisées.
- Nombre d’items : La version d’évaluation standard abrégée ci-dessous comprend 38 items représentatifs couvrant l’ensemble des 12 domaines fondamentaux (dérivés de la version étendue 3.0 à 248 items et de la version courte standard à 69 items).
- Système d’évaluation et échelle de réponse :
Pour chaque habitude de vie, le participant ou l’évaluateur quantifie le Niveau de réalisation selon deux dimensions interactives :
- Degré de difficulté perçu :
- Aucune difficulté
- Avec difficulté
- Réalisé par substitution (effectué par une tierce personne à la place de l’usager)
- Non réalisé (l’activité ne fait pas partie des habitudes ou n’est plus réalisable)
- Type d’assistance requis :
- Aucune aide
- Aide technique (fauteuil roulant, orthèse, appareil auditif, etc.)
- Aménagement physique (rampe, douche adaptée, élargissement des portes)
- Assistance humaine (aide partielle ou totale dispensée par un tiers)
En parallèle, l’évaluation du Niveau de satisfaction est effectuée pour chaque item sur une échelle ordinale de type Likert en 5 points allant de 1 = Très insatisfait à 5 = Très satisfait.
- Degré de difficulté perçu :
- Cotation et calcul des scores :
L’algorithme de cotation du RIPPH convertit la combinaison des réponses en un score continu de réalisation variant de 0 à 10 :
- Score 10 : Réalisation optimale (Aucune difficulté et Aucune assistance requise).
- Scores intermédiaires (8 à 2) : Réalisation modulée par l’usage d’aides techniques, d’aménagements physiques, de difficulté subjective ou d’assistance humaine requise.
- Score 0 : Activité non réalisée en raison de la situation de handicap ou réalisée entièrement par un tiers sans participation de l’usager (substitution complète).
- Règle de non-applicabilité (N/A) : Si une habitude de vie n’est pas applicable pour des raisons indépendantes de la santé (ex: l’usager ne possède pas de permis de conduire par choix personnel antérieur, ou l’absence d’enfants à charge), l’item est exclu du dénominateur lors du calcul des moyennes.
- Les scores de sous-échelles et le score global de réalisation sont obtenus en calculant la moyenne arithmétique des scores des items applicables, fournissant une valeur globale synthétique sur 10.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception et publication : 1998 pour la version francophone originale de recherche 3.0 (Fougeyrollas & Noreau), révisée de façon continue par le RIPPH ; adaptation néerlandaise standardisée en 2001 (Post et al.).
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les droits d’auteur internationaux sont détenus exclusivement par le Réseau international sur le Processus de production du handicap (RIPPH), corporation à but non lucratif enregistrée à Québec, Canada.
- Modalités d’accès et tarifs : Les formulaires officiels (versions adulte, aîné, enfant/adolescent, versions complètes et abrégées) sont distribués par le secrétariat du RIPPH via son portail officiel. L’acquisition des questionnaires pour une utilisation clinique ou de recherche fait l’objet de frais d’administration modestes sous forme de licence par utilisateur ou de forfait institutionnel afin de soutenir la recherche et la diffusion du modèle.
- Formations accréditées : Des modules de formation certifiés sur le modèle du PPH et les règles formelles de cotation de la LIFE-H sont périodiquement offerts par le RIPPH aux professionnels de la réadaptation et aux équipes de recherche épidémiologique.
12. Références / References
- Fougeyrollas, P., Noreau, L., & St-Michel, G. (2001). Life Habits Assessment (LIFE-H 3.0): General short form. International Network on the Disability Creation Process (INDCP/RIPPH). Lac-Saint-Charles, QC, Canada.
- Fougeyrollas, P., Noreau, L., Bergeron, H., Cloutier, R., Dion, S. A., & St-Michel, G. (1998). Social consequences of long term impairments and disabilities: Conceptual approach and assessment of handicap. International Journal of Rehabilitation Research, 21(2), 127–141. https://doi.org/10.1097/00004356-199806000-00002
- Noreau, L., Fougeyrollas, P., & Vincent, C. (2002). The LIFE-H: Assessment of the quality of social participation. Technology and Disability, 14(3), 113–118. https://doi.org/10.3233/TAD-2002-14306
- Noreau, L., Desrosiers, J., Robichaud, L., Fougeyrollas, P., Rochette, A., & Viscogliosi, C. (2004). Measuring social participation: Reliability of the LIFE-H in older adults with disabilities. Disability and Rehabilitation, 26(6), 346–352. https://doi.org/10.1080/09638280310001644941
- Post, M. W. M., de Witte, L. P., Reichrath, E., Verdonschot, M. M., Wijlhuizen, G. J., & Perenboom, R. J. (2008). Development and validation of IMPACT-S, an ICF-based questionnaire to measure activities and participation. Journal of Rehabilitation Medicine, 40(8), 620–627. https://doi.org/10.2340/16501977-0223
- Poulin, V., & Desrosiers, J. (2008). Reliability of the Assessment of Life Habits (LIFE-H 3.0) for testing social participation in older adults with cognitive impairments. Archives of Gerontology and Geriatrics, 47(1), 111–123. https://doi.org/10.1016/j.archger.2007.07.004
- Rochette, A., Desrosiers, J., & Noreau, L. (2001). Association between personal and environmental factors and the occurrence of handicap situations in stroke survivors. Disability and Rehabilitation, 23(13), 559–569. https://doi.org/10.1080/09638280110041235
- World Health Organization. (2001). International Classification of Functioning, Disability and Health: ICF. World Health Organization. https://apps.who.int/iris/handle/10665/42407
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale & Scoring System
Level of Accomplishment evaluated across two dimensions: Difficulty (No difficulty, With difficulty, Accomplished by a proxy, Not accomplished) and Type of Assistance Required (No assistance, Technical assistance/device, Physical adaptation, Human assistance). Satisfaction with accomplishment is rated on a 5-point scale from 1 (Very dissatisfied) to 5 (Very satisfied).
Verified Scale Items
- Selecting and preparing food for meals
- Eating meals
- Sleeping
- Taking part in physical activities to maintain physical fitness
- Maintaining emotional stability and coping with stress
- Caring for personal hygiene (bathing, showering)
- Dressing and undressing (upper and lower body)
- Taking care of personal appearance (hair, shaving, nails)
- Using the toilet
- Communicating verbally with others face-to-face
- Communicating by telephone
- Communicating in writing
- Reading and understanding written information
- Using a computer or similar electronic devices
- Moving inside one’s residence
- Getting in and out of one’s home
- Using household appliances
- Performing light housekeeping chores (dusting, making bed)
- Performing heavy housekeeping chores (washing floors, cleaning windows)
- Maintaining one’s residence and residential grounds
- Moving around within the neighborhood
- Moving around outside the neighborhood
- Using private motorized transportation as a driver
- Using private motorized transportation as a passenger
- Using public transportation (bus, metro, train)
- Managing personal budget and daily finances
- Managing legal and financial assets
- Fulfilling civic responsibilities (e.g., voting)
- Establishing and maintaining relationships with family members
- Establishing and maintaining relationships with friends
- Establishing and maintaining relationships with romantic partner/spouse
- Participating in community organization activities
- Participating in spiritual or religious activities
- Attending educational programs or courses
- Holding paid employment or carrying out work tasks
- Participating in sporting or outdoor recreation activities
- Participating in artistic, cultural, or hobby activities
- Visiting public attractions and cultural events (cinemas, museums, parks)