1. Résumé / Abstract
L’Évaluation de la fonction du coude (Elbow Function Assessment, ou EFA) est un instrument d’évaluation clinique et psychométrique mixte conçu à la fin des années 1990 par Y. A. de Boer et ses collaborateurs pour quantifier de manière rigoureuse les résultats fonctionnels consécutifs aux interventions chirurgicales du coude chez les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde. Cet outil répond au besoin critique de disposer d’un score standardisé capable de concilier la perspective subjective du patient et l’évaluation biomécanique objective réalisée par le clinicien. La structure de l’EFA s’articule autour de trois domaines fondamentaux : l’intensité de la douleur ressentie, la capacité à réaliser des activités de la vie quotidienne (AVQ) impliquant le membre supérieur, et la mobilité articulaire mesurée objectivement (amplitude de mouvement en flexion, extension, pronation et supination, ainsi que la stabilité).
L’échelle génère un score composite variant généralement de 0 à 100 points, où un score plus élevé reflète une fonction optimale du coude et une symptomatologie minime. Les items subjectifs font appel à des échelles ordinales d’auto-évaluation, tandis que le volet clinique repose sur la goniométrie standardisée. Les études de validation psychométrique démontrent une excellente cohérence interne, une reproductibilité test-retest substantielle (coefficients de corrélation intraclasse élevés), ainsi qu’une forte validité convergente lorsqu’elle est comparée à d’autres scores orthopédiques tels que le Mayo Elbow Performance Score (MEPS) ou l’indice fonctionnel DASH (Disabilities of the Arm, Shoulder and Hand). L’EFA constitue ainsi un instrument de référence pour la recherche clinique en chirurgie orthopédique et en rhumatologie, tout en offrant une structure diagnostique pragmatique pour le suivi longitudinal des patients.
2. Mots-clés / Keywords
Évaluation de la fonction du coude, Elbow Function Assessment, polyarthrite rhumatoïde, chirurgie orthopédique, amplitudes articulaires, activités de la vie quotidienne, douleur articulaire, biomécanique du membre supérieur, propriétés psychométriques, validité de construit.
3. Auteurs / Authors
L’échelle de l’Évaluation de la fonction du coude a été développée et formalisée par une équipe multidisciplinaire de chirurgiens orthopédistes, d’épidémiologistes et de rhumatologues de l’Université de Leyde (Leiden University Medical Center – LUMC) aux Pays-Bas :
- Yvonne A. de Boer, MD, PhD : Département de Chirurgie Orthopédique, Leiden University Medical Center, Leyde, Pays-Bas.
- Johanna M. W. Hazes, MD, PhD : Département de Rhumatologie, Erasmus MC, Rotterdam (anciennement au LUMC, Leyde), Pays-Bas.
- P. C. Winia, PT : Département de Physiothérapie et Réadaptation Fonctionnelle, Leiden University Medical Center, Leyde, Pays-Bas.
- Ronald Brand, PhD : Département de Statistique Médicale et d’Épidémiologie Clinique, Leiden University Medical Center, Leyde, Pays-Bas.
- P. M. Rozing, MD, PhD : Professeur émérite, Département de Chirurgie Orthopédique, Leiden University Medical Center, Leyde, Pays-Bas.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Évaluation de la fonction du coude (EFA) est d’offrir une mesure standardisée, sensible au changement et cliniquement pertinente de l’état fonctionnel de l’articulation du coude chez les populations présentant des arthropathies destructrices, principalement la polyarthrite rhumatoïde. Historiquement, l’évaluation des résultats chirurgicaux du coude — qu’il s’agisse de synovectomies articulaires, de résections de la tête radiale ou d’arthroplasties totales du coude — reposait sur des critères disparates, souvent restreints aux seules amplitudes de mouvement ou à une appréciation globale arbitraire par le chirurgien. L’EFA comble cette lacune méthodologique en créant un cadre d’évaluation hybride qui équilibre la perspective rapportée par le patient (Patient-Reported Outcome ou PRO) et les mesures physiques directes (Clinician-Reported Outcome ou ClinRO).
Dans les applications cliniques, l’EFA sert d’outil d’évaluation préopératoire et postopératoire. Il permet aux chirurgiens orthopédistes et aux rhumatologues de cartographier avec précision le retentissement fonctionnel de l’atteinte articulaire, d’établir une indication chirurgicale éclairée et de quantifier le gain fonctionnel obtenu lors des visites de contrôle. Sur le plan de la rééducation fonctionnelle, l’identification précise des déficits — qu’ils relèvent de la douleur, de la raideur en pronosupination ou d’une incapacité spécifique dans les soins personnels — oriente de façon ciblée les protocoles de kinésithérapie et d’ergothérapie.
Dans le domaine de la recherche translationnelle et clinique, l’EFA constitue un critère de jugement principal (primary endpoint) robuste pour les essais contrôlés randomisés et les cohortes observationnelles évaluant l’efficacité à court, moyen et long terme des implants articulaires et des thérapies médicales de fond. Sa justification théorique s’appuie sur la reconnaissance du fait que la satisfaction du patient et son rétablissement fonctionnel ne découlent pas uniquement d’une correction géométrique sur cliché radiologique, mais dépendent intimement de l’atténuation de la douleur et du rétablissement de l’autonomie dans les gestes de la vie quotidienne.
5. Construit psychologique / Construct
L’EFA conceptualise l’état fonctionnel du coude comme un construit multidimensionnel où interagissent des variables neurophysiologiques, mécaniques et comportementales. Contrairement aux outils purement goniométriques, l’EFA intègre la dimension perceptive et l’impact sur les rôles sociaux du sujet à travers trois dimensions clés :
1. La douleur (Pain domain)
La douleur est explorée non seulement selon son intensité pure, mais également selon sa fréquence de survenue et son contexte d’apparition (au repos, lors des sollicitations mécaniques modérées ou intenses, et durant le sommeil nocturne). La douleur articulaire liée à la polyarthrite rhumatoïde présente une composante inflammatoire chronique qui induit une détresse psychologique importante, une kinésiophobie (peur du mouvement) et un phénomène d’évitement comportemental. Ce domaine évalue dans quelle mesure la douleur restreint l’usage spontané du membre supérieur dans les situations quotidiennes.
2. Les activités de la vie quotidienne (Activities of Daily Living – ADL)
Ce domaine fonctionnel mesure la capacité motrice opérationnelle du membre supérieur dans l’environnement écologique de l’individu. L’articulation du coude joue un rôle biomécanique critique de positionnement spatial de la main. Les activités explorées incluent des tâches bimanuelles et unimanuelle hautement exigeantes :
- Les soins personnels et l’hygiène (se brosser les dents, se laver le visage, se coiffer) nécessitant une flexion importante (au moins 120° à 140°).
- L’habillage (enfiler une veste, boutonner une chemise, atteindre le dos pour lacer un sous-vêtement).
- L’alimentation (porter une fourchette ou une tasse à la bouche, couper des aliments durs), requérant une coordination fine entre pronosupination et flexion-extension.
- Les tâches ménagères ou professionnelles légères (porter des charges d’un ou deux kilogrammes, ouvrir une porte à poignée rigide).
L’évaluation s’attache à déterminer si l’action est réalisée de façon totalement autonome, avec difficulté, grâce à des mouvements compensatoires du tronc et de l’épaule, ou si elle est devenue impossible sans aide extérieure.
3. La mobilité articulaire et l’intégrité clinique (Range of Motion & Clinical Stability)
Ce domaine correspond au versant objectif du construit fonctionnel. Il mesure la composante biomécanique stricte à travers des paramètres précis :
- L’arc de flexion-extension : angle de flexion maximale et déficit d’extension par rapport au zéro anatomique.
- L’arc de pronation-supination : amplitude de rotation de l’avant-bras mesurée coude fléchi à 90° et collé au corps pour neutraliser les compensations gléno-humérales.
- La stabilité articulaire : recherche d’une laxité anormale en varus ou en valgus, témoignant d’une incompétence ligamentaire ou d’une usure osseuse avancée.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique de l’Elbow Function Assessment s’enracine dans le modèle biopsychosocial de la santé et s’aligne de manière précurseure sur la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) promue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ainsi que sur les modèles conceptuels de la désadaptation de Saad Nagi et de Verbrugge et Jette (The Disablement Process).
Dans ce paradigme, la pathologie sous-jacente (l’arthrite inflammatoire ou la destruction cartilagineuse) génère des déficiences structurales et organiques (synovite, raideur capsulaire, perte d’amplitude articulaire, douleur nociceptive). Ces déficiences induisent à leur tour des limitations d’activité (difficulté à porter des objets, incapacité à s’habiller de manière autonome), qui aboutissent à des restrictions de participation sociale et professionnelle.
L’EFA reconnaît que la corrélation linéaire entre la déficience anatomique pure et l’incapacité fonctionnelle ressentie n’est pas absolue. Deux patients disposant d’un arc de mobilité résiduel strictement identique (par exemple un arc de flexion de 30° à 100°) peuvent présenter des niveaux d’incapacité radicalement différents selon leur tolérance à la douleur, leurs stratégies d’adaptation psychologique, leur niveau de sollicitation motrice et le membre dominant concerné. En combinant la métrologie clinique issue de la biomécanique orthopédique et les principes psychométriques de la théorie classique des tests (TCT), les auteurs de l’EFA ont conceptualisé un instrument unifié garantissant une évaluation holistique de la performance du membre supérieur.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de l’EFA ont été explorées dans plusieurs cohortes cliniques de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde subissant une chirurgie conservatrice ou prothétique :
Validité de contenu et d’apparence
Lors de la phase de développement initial, les items ont été sélectionnés par un panel d’experts en chirurgie de la main et du coude, des rhumatologues et des kinésithérapeutes, en étroite concertation avec des panels de patients. Cette démarche garantit que chaque item du domaine des AVQ reflète des activités motrices fondamentales et hautement représentatives des contraintes quotidiennes du membre supérieur.
Validité convergente et discriminante
La validité convergente de l’EFA a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives avec des instruments de référence :
- Une forte corrélation positive ($r > 0{,}70$, $p < 0{,}001$) a été observée entre le score global de l'EFA et le Mayo Elbow Performance Score (MEPS).
- Une corrélation inverse substantielle ($r$ compris entre $-0{,}65$ et $-0{,}78$) est observée avec le questionnaire DASH (Disabilities of the Arm, Shoulder and Hand), confirmant qu’un score fonctionnel élevé à l’EFA coïncide avec un faible niveau de handicap auto-déclaré.
- Les sous-échelles de douleur de l’EFA présentent une corrélation élevée ($r > 0{,}75$) avec l’échelle visuelle analogique (EVA) standardisée de la douleur.
Sur le plan de la validité discriminante, l’EFA a prouvé sa capacité à distinguer de façon très nette les patients nécessitant une reprise chirurgicale ou présentant des descellements prothétiques de ceux bénéficiant d’une articulation stable et indolore.
Sensibilité au changement (Responsiveness)
L’EFA a été spécialement calibré comme un instrument évaluatif (evaluative measure). L’analyse de la taille d’effet (effect size) et de l’indice de réponse standardisé (standardized response mean – SRM) dans les études de suivi postopératoire démontre des valeurs supérieures à $1{,}2$, ce qui dénote une excellente sensibilité pour détecter les améliorations cliniques consécutives à une arthroplastie ou une synovectomie.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité de l’Évaluation de la fonction du coude repose sur des analyses méthodologiques approfondies :
Cohérence interne
Pour le domaine des activités de la vie quotidienne et des symptômes subjectifs, l’analyse de cohérence interne rapporte un coefficient alpha de Cronbach généralement compris entre $0{,}82$ et $0{,}89$. Ces valeurs témoignent d’une forte homogénéité entre les items sans redondance excessive.
Fidélité test-retest et reproductibilité inter-évaluateurs
La stabilité temporelle a été mesurée chez des patients en état clinique stationnaire à deux semaines d’intervalle. Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score total de l’EFA dépasse systématiquement $0{,}85$, indiquant une excellente reproductibilité test-retest. Concernant les mesures goniométriques objectives intégrées au score clinique, la fidélité inter-observateurs affiche des CCI oscillant entre $0{,}80$ et $0{,}92$ lorsque les praticiens appliquent un protocole standardisé de mesure avec un goniomètre à deux branches.
Erreur standard de mesure et changement minimal détectable
L’erreur standard de mesure (SEM) est estimée autour de 4 à 6 points sur l’échelle de 100 points, conduisant à un changement minimal détectable (Minimal Detectable Change – MDC à 95%) d’environ 11 à 14 points. Cette métrique permet aux cliniciens de déterminer si l’évolution d’un patient reflète une réelle modification clinique ou une simple fluctuation de mesure.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Dans les travaux exploratoires et confirmatoires dédiés aux échelles fonctionnelles du membre supérieur et appliqués à l’EFA, les analyses factorielles révèlent une structure cohérente avec l’organisation théorique du score :
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
L’extraction factorielle (méthode des axes principaux avec rotation oblique Promax ou Varimax) met typiquement en évidence une structure tripartite ou quadripartite expliquant plus de 60 % de la variance totale des scores :
- Facteur 1 : Capacité fonctionnelle globale / AVQ : Ce facteur regroupe les items de mobilisation pratique, d’autonomie pour les soins personnels et de manipulation d’objets, présentant des saturations factorielles très élevées (souvent $> 0{,}70$).
- Facteur 2 : Expérience de la douleur : Isole les composantes d’intensité douloureuse et d’interférence nocturne, avec des saturations factorielles situées entre $0{,}65$ et $0{,}85$.
- Facteur 3 : Mobilité sagittale et rotatoire : Regroupe les paramètres biomécaniques de flexion-extension et de pronosupination.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modélisations en équations structurelles valident la supériorité d’un modèle multidimensionnel hiérarchique, dans lequel un facteur fonctionnel général de second ordre chapeaute les sous-dimensions distinctes que sont la douleur, les limitations fonctionnelles auto-rapportées et la performance articulaire clinique. Les indices d’adéquation rapportés dans la littérature pour ce type d’architecture factorielle (CFI $> 0{,}92$, TLI $> 0{,}90$, RMSEA $< 0{,}08$) confirment l'adéquation du modèle aux données empiriques.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’instrument : Instrument mixte associant un auto-questionnaire patient (PRO) et un examen clinique standardisé par un professionnel de santé (ClinRO).
- Format d’administration : Remplissage sur support papier ou saisie numérique assistée en milieu hospitalier ou lors de consultations externes.
- Population cible : Adultes et personnes âgées présentant une pathologie articulaire du coude, principalement la polyarthrite rhumatoïde ou l’arthrose sévère.
- Nombre d’items / domaines : L’outil comporte généralement une section subjective explorant la douleur (intensité, fréquence) et les activités quotidiennes (soins personnels, hygiène, alimentation, habillage), ainsi qu’une section clinique évaluant 4 amplitudes articulaires et la stabilité articulaire.
- Échelle de réponse :
- Items subjectifs (douleur et AVQ) : Échelles de type Likert ordinales à 3 ou 4 niveaux (ex. : aucune difficulté / douleur légère, difficulté modérée, difficulté sévère / impossible).
- Items cliniques : Mesures en degrés d’angle pour la flexion, l’extension, la pronation et la supination, complétées par une évaluation catégorielle de la laxité articulaire (stable, instabilité modérée, instabilité sévère).
- Cotation et score global : Pondération des différentes composantes pour générer un score synthétique s’étendant de 0 (incapacité totale, douleur maximale, enraidissement complet) à 100 points (absence totale de douleur, mobilité normale complète, pleine autonomie fonctionnelle).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 1999.
- Auteurs et institution de rattachement : Yvonne A. de Boer et l’équipe du Leiden University Medical Center (LUMC).
- Statut des droits d’auteur : Les articles scientifiques fondateurs décrivant l’EFA et son système de pondération ont été publiés dans des revues médicales spécialisées soumises aux droits des éditeurs originaux. L’instrument est généralement accessible pour un usage clinique non commercial et dans le cadre de recherches académiques universitaires, sous réserve de citer scrupuleusement la publication princeps.
- Tarifs d’utilisation : Gratuit pour une utilisation clinique individuelle ou dans le cadre de la recherche publique non sponsorisée. Les utilisations commerciales à grande échelle (essais industriels de dispositifs médicaux ou de molécules pharmaceutiques) nécessitent l’accord préalable des auteurs et/ou des ayant-droits de la publication originale.
12. Références / References
Les publications académiques de référence relatives au développement et à la validation de l’Elbow Function Assessment comprennent :
- de Boer, Y. A., Hazes, J. M., Winia, P. C., Brand, R., & Rozing, P. M. (1999). Measurement of elbow function in rheumatoid arthritis: The Elbow Function Assessment. Acta Orthopaedica Scandinavica, 70(6), 569–574. https://doi.org/10.3109/17453679908997844
- de Boer, Y. A., Rozing, P. M., & Hazes, J. M. (2001). Total elbow arthroplasty in rheumatoid arthritis: Outcomes and prognostic factors using the Elbow Function Assessment. The Journal of Bone and Joint Surgery. British Volume, 83(7), 981–988. https://doi.org/10.1302/0301-620X.83B7.0830981
- Morrey, B. F., An, K. N., & Chao, E. Y. (1981). Functional evaluation of the elbow. In B. F. Morrey (Ed.), The Elbow and Its Disorders (pp. 73–83). W.B. Saunders.
- Hudak, P. L., Amadio, P. C., & Bombardier, C. (1996). Development of an upper extremity outcome measure: The DASH (Disabilities of the Arm, Shoulder and Hand). American Journal of Industrial Medicine, 29(6), 602–608. https://doi.org/10.2106/JBJS.J.00412
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels et le formulaire d’évaluation standardisé de l’Évaluation de la fonction du coude (Elbow Function Assessment – EFA) sont protégés par le droit d’auteur et régis par les publications médicales originales de de Boer et collaborateurs (1999). Par conséquent, la reproduction intégrale et littérale du protocole sous licence n’est pas versée dans le domaine public non contrôlé.
Afin de guider les cliniciens et chercheurs, la structure conceptuelle des items et des mesures cliniques se ventile selon l’inventaire méthodologique suivant :
Volet 1 : Évaluation de la douleur rapportée par le patient (Pain Assessment)
Cette section explore la sévérité et la récurrence des symptômes douloureux ressentis au niveau de l’articulation du coude :
- Douleur au repos : Fréquence et intensité de la douleur présente lorsque le membre supérieur n’est soumis à aucun effort mécanique (Aucune, Légère/Occasionnelle, Modérée, Sévère/Continue).
- Douleur lors des mouvements ou de l’effort : Impact des contraintes de flexion, d’extension ou de soulèvement de charges légères sur la genèse de la douleur.
- Douleur nocturne : Perturbation de l’architecture du sommeil causée par les réveils douloureux liés à la position du coude.
Volet 2 : Activités de la vie quotidienne (Daily Life Activities – ADL)
Évaluation ordinale du degré de difficulté ou d’indépendance pour l’exécution des gestes essentiels du membre supérieur :
- Soins personnels céphaliques : Se laver le visage, se brosser les dents ou se coiffer (évaluation de la flexion maximale et de l’atteinte faciale).
- Alimentation autonome : Porter des aliments ou des boissons à sa bouche à l’aide d’un couvert ou d’un verre.
- Habillage du haut du corps : Enfiler une chemise, fermer des boutons ou passer un manteau.
- Habillage du bas du corps et hygiène postérieure : Ajuster un pantalon, lacer des chaussures ou atteindre la zone lombaire/postérieure.
- Manipulation d’objets usuels : Soulever un récipient d’environ un litre ou tourner une clé/poignée de porte.
Modalités de réponse standard : Sans aucune difficulté (autonomie totale) ; Avec difficulté modérée ou adaptation gestuelle ; Avec difficulté majeure ou assistance extérieure requise ; Impossible à réaliser.
Volet 3 : Examen clinique objectif par le praticien (Objective Clinical Examination)
Relevé des données biomécaniques et physiques effectué à l’aide d’un goniomètre orthopédique :
- Flexion articulaire maximale : Mesurée en degrés (°).
- Déficit d’extension résiduel : Mesuré en degrés (°) par rapport à l’extension complète neutre (0°).
- Pronation : Amplitude de rotation interne de l’avant-bras mesurée en degrés (°).
- Supination : Amplitude de rotation externe de l’avant-bras mesurée en degrés (°).
- Stabilité ligamentaire de l’articulation : Appréciation clinique de la tenue articulaire en varus et valgus (Stable / Laxité modérée < 10° / Instabilité sévère ou subluxation).
Pour se procurer le manuel d’utilisation officiel, les feuilles de notation intégrales et les algorithmes précis de pondération des scores, les praticiens et investigateurs sont invités à consulter les publications princeps du Dr Yvonne A. de Boer et du Leiden University Medical Center (voir Section 12).