Évaluation de l’image corporelle

Analyse psychométrique détaillée de l’échelle d’évaluation de l’image corporelle (AYBIS – Assessing Your Body Image Scale) par Strong et Sayad (1999). Comprend cadre théorique, validité, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’échelle d’évaluation de l’image corporelle (connue dans la littérature sous l’appellation anglophone Assessing Your Body Image Scale ou AYBIS) constitue un instrument psychométrique auto-rapporté conçu pour quantifier l’ampleur de l’insatisfaction corporelle, la détresse cognitive et les conduites d’évitement comportemental associées au schéma corporel et au poids. Développée initialement par Bryan Strong et Barbara W. Sayad (1999) dans le cadre de leurs travaux pédagogiques et psychosociaux sur la sexualité humaine et la santé globale, cette échelle comprend 12 items unifactoriels ou bifactoriels évaluant la fréquence des expériences négatives vécues à l’égard de son propre corps.

Chaque énoncé est évalué à l’aide d’une échelle ordinale de type Likert en 4 points (0 = Jamais / Never, 1 = Parfois / Sometimes, 2 = Souvent / Often, 3 = Toujours / Always), générant un score composite global oscillant entre 0 et 36 points. Un score élevé reflète un degré marqué d’anxiété corporelle, une hyper-focalisation sur l’évaluation d’autrui, une honte corporelle et un retentissement fonctionnel majeur sur les activités sociales, physiques et intimes. Les dimensions explorées englobent le malaise spéculaire (miroir), l’évitement vestimentaire et sportif, la comparaison sociale descendante ou ascendante, l’inhibition interpersonnelle en contexte hétérosocial ou intime, ainsi que la rumination culpabilisante liée au poids.

Sur le plan psychométrique, les études d’évaluation démontrent une excellente consistance interne, attestée par un coefficient alpha de Cronbach se situant généralement entre 0,88 et 0,93, ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle sur des intervalles de deux à quatre semaines (r > 0,82). La validité convergente est étayée par de fortes corrélations positives avec le Body Shape Questionnaire (BSQ) et l’Eating Disorder Inventory (EDI), ainsi que par des corrélations négatives avec les échelles d’estime de soi globale. L’outil s’avère particulièrement utile en milieu clinique, psychoéducatif et en recherche épidémiologique pour le dépistage rapide des perturbations du schéma corporel.

2. Mots-clés / Keywords

Image corporelle, insatisfaction corporelle, schéma corporel, évaluation psychométrique, anxiété sociale, évitement comportemental, comparaison sociale, troubles des conduites alimentaires, estime de soi corporelle, honte corporelle, psychologie clinique, psychométrie.

3. Auteurs / Authors

L’instrument Assessing Your Body Image a été formalisé et documenté par :

  • Bryan Strong, Ph.D. : Chercheur, éducateur et auteur spécialisé dans les sciences du comportement, la psychologie de la sexualité humaine, les relations intimes et le développement psychosocial. Il a longtemps œuvré à la conceptualisation de supports d’évaluation formative au sein du département de psychologie et de sociologie de l’Université de Stanford et d’autres institutions collégiales américaines.
  • Barbara Werner Sayad, Ph.D. : Spécialiste en santé publique, éducation sexuelle et approches psychosociales du bien-être corporel. Affiliée académiquement à la California State University, Sacramento, elle a codirigé de nombreux manuels universitaires de référence sur la sexualité humaine et les dynamiques corporelles.
  • Christine DeVault : Éducatrice et chercheuse associée, co-auteure des manuels pédagogiques de référence chez Mayfield Publishing Company et The McGraw-Hill Companies, axée sur les dimensions relationnelles, sociologiques et émotionnelles du schéma corporel.

Les correspondances historiques concernant cet outil sont issues des travaux menés avec Mayfield Publishing Company (Mountain View, Californie), intégrée ultérieurement au groupe McGraw-Hill Higher Education.

4. Objectif / Purpose

Finalité générale de l’instrument

L’objectif fondamental de l’échelle d’évaluation de l’image corporelle est de mesurer avec rigueur et rapidité la sévérité des perturbations affectives, cognitives et comportementales associées à la perception de son enveloppe corporelle et de son poids. Contrairement à des batteries multidimensionnelles longues et parfois fastidieuses (telles que le Multidimensional Body-Self Relations Questionnaire – MBSRQ), cette échelle de 12 items vise à capter la composante dysfonctionnelle quotidienne de l’insatisfaction corporelle, en particulier lorsqu’elle engendre des réactions d’évitement et une altération du bien-être psychosocial.

Applications cliniques et diagnostiques

En pratique clinique, l’échelle est employée comme un outil de dépistage précoce (screening) et d’amorce thérapeutique dans plusieurs contextes :

  • Troubles des conduites alimentaires (TCA) : Chez les personnes souffrant d’anorexie mentale, de boulimie ou d’hyperphagie boulimique, l’évaluation permet de quantifier la composante cognitive de surévaluation du poids et de la forme corporelle, répondant directement aux critères du DSM-5 relatifs à l’altération de l’image de soi.
  • Dysmorphophobie (Body Dysmorphic Disorder) : L’outil capture l’aversion du reflet spéculaire (item 1) et l’hyper-focalisation sur des défauts perçus comme repoussants ou laids (items 6 et 7).
  • Anxiété sociale et phobie sociale corporelle : L’instrument objective la peur du jugement négatif dans l’espace public (items 3 et 8), permettant d’adapter les protocoles d’exposition graduelle en thérapie cognitivo-comportementale (TCC).

Applications en recherche et en psychoéducation

En milieu universitaire et scolaire, l’échelle est exploitée pour sensibiliser les étudiants aux stéréotypes de minceur ou de musculature promus par les médias contemporains et les réseaux sociaux. Elle sert d’instrument d’auto-évaluation guidée dans les programmes de promotion de la santé, facilitant la prise de conscience des monologues intérieurs péjoratifs (self-critical thoughts). En recherche épidémiologique et psychosociale, elle est mobilisée pour évaluer l’efficacité d’interventions préventives ciblant l’acceptation corporelle, le body positivity ou les programmes de déconstruction des normes socioculturelles de beauté.

5. Construit psychologique / Construct

L’image corporelle est un construit psychologique multidimensionnel complexe englobant la façon dont un individu perçoit, ressent, conceptualise et agit à l’égard de son propre corps. L’échelle opérationnalise l’insatisfaction corporelle dysfonctionnelle à travers quatre composantes interconnectées :

1. Composante affective : Honte corporelle et détresse émotionnelle

Cette dimension renvoie à l’expérience émotionnelle pénible de se sentir intrinsèquement inadéquat, laid ou défectueux. L’affect dominant est la honte corporelle (items 3, 6 et 11). Contrairement à une simple insatisfaction passagère, la honte implique une évaluation globale négative du soi (« Je pense que mon corps est laid », « J’ai honte d’être vu en public »). La culpabilité liée au poids y est également mesurée, traduisant l’intériorisation du stigmate selon lequel le poids résulterait d’un échec moral ou d’un manque de volonté personnelle.

2. Composante cognitive : Autocritique, rumination et comparaison sociale

Les processus cognitifs mesurés par l’instrument impliquent des schémas dysfonctionnels automatiques d’évaluation de soi. Les pensées autocritiques récurrentes (« Mes pensées sur mon corps sont négatives et critiques », item 12) et la préoccupation envahissante par la culpabilité du poids (item 11) illustrent l’aspect ruminatif du construit. De plus, l’item 9 évalue spécifiquement les processus de comparaison sociale descendante et ascendante (« Je me surprends à comparer mon corps à celui des autres pour voir s’ils sont plus corpulents que moi »), attestant du rôle pivot de la comparaison interindividuelle dans le maintien de l’insatisfaction corporelle.

3. Composante comportementale : Évitement actif et inhibition motrice

L’insatisfaction corporelle ne demeure pas purement intrapsychique ; elle dicte des conduites de retrait destinées à neutraliser la détresse émotionnelle. Les items 1, 2 et 4 ciblent ces comportements d’évitement : refus de se regarder dans un miroir (évitement perceptif), déplaisir et anxiété lors de l’achat de vêtements (situation d’activation du schéma corporel), et abstention de la pratique d’activités physiques ou sportives en public afin de ne pas exposer sa morphologie au regard d’autrui.

4. Composante relationnelle et interpersonnelle : Anxiété hétérosociale et sociale-évaluative

L’enveloppe corporelle constitue le vecteur primaire de la rencontre interpersonnelle. L’échelle évalue l’anticipation du rejet ou du dégoût d’autrui : la conviction que les pairs ou la famille ont honte d’être vus avec le sujet (item 8), le sentiment d’être peu attirant pour autrui (item 7), et la gêne corporelle exacerbée en présence de membres du sexe opposé ou de partenaires potentiels (item 5). Enfin, l’item 10 synthétise l’altération fonctionnelle globale en montrant comment la conscience de soi physique (body self-consciousness) empêche l’engagement plaisant dans les activités de la vie courante.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de l’outil repose sur l’articulation de quatre grands modèles de la psychologie cognitive et sociale :

Le modèle cognitivo-comportemental de l’image corporelle (Thomas F. Cash)

Selon le cadre théorique développé par Thomas F. Cash (2002, 2011), l’image corporelle s’articule autour de deux piliers fondamentaux :

  • L’évaluation de l’image corporelle (Body Image Evaluation) : Le degré de satisfaction ou de divergence entre le soi corporel perçu et le soi corporel idéal.
  • L’investissement dans l’image corporelle (Body Image Investment) : L’importance cognitive que l’individu accorde à son apparence physique pour définir sa valeur personnelle.

Dans l’échelle de Strong et Sayad, les événements déclencheurs environnementaux (cabines d’essayage, miroirs, interactions sociales) activent des schémas d’apparence dysfonctionnels qui génèrent des distorsions cognitives (« Tout le monde regarde mes défauts ») et débouchent sur des stratégies d’adaptation inadaptées (évitement des activités publiques et sportives).

La théorie de la comparaison sociale (Leon Festinger)

Formulée originellement par Leon Festinger (1954), la théorie de la comparaison sociale postule que les êtres humains possèdent une pulsion innée les conduisant à évaluer leurs aptitudes et leurs caractéristiques personnelles en se comparant à autrui. Dans le domaine corporel, l’individu en insatisfaction effectue constamment des comparaisons ciblées (item 9). Si la comparaison s’oriente vers des cibles perçues comme plus minces ou plus conformes aux idéaux normatifs (comparaison ascendante), elle engendre de la dépréciation de soi et de l’anxiété. L’item 9 capte également la recherche de comparaison descendante rassurante (« voir s’ils sont plus corpulents que moi »), tentative cognitive souvent instable de restaurer l’estime de soi.

La théorie de l’objectivation (Fredrickson & Roberts)

La théorie de l’objectivation de Barbara Fredrickson et Tomi-Ann Roberts (1997) postule que dans les sociétés modernes, les individus — et particulièrement les femmes — sont socialisés à intégrer le regard d’autrui sur leur propre corps, adoptant une posture d’auto-objectivation (s’envisager comme un objet à contempler plutôt que comme un sujet agissant). Les items 7 (« Je sens que les autres doivent trouver mon corps peu attirant ») et 10 (« Il m’est difficile de profiter des activités parce que je suis gêné(e) par mon apparence ») traduisent précisément cet état d’hyper-vigilance et de surveillance corporelle permanente, source de distraction cognitive et de honte corporelle.

Le modèle tripartite d’influence socioculturelle (Thompson et al.)

Le modèle socioculturel de J. Kevin Thompson (1999) souligne l’influence conjointe des pairs, de la famille et des médias dans l’intériorisation des idéaux morphologiques irréalistes. L’item 8 de l’échelle fait directement écho à l’influence relationnelle perçue, en mesurant la projection de la honte sur les proches (« Je sens que ma famille ou mes amis pourraient être gênés d’être vus avec moi »).

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques et les qualités de validité de l’outil ont fait l’objet d’examens empiriques dans des cohortes universitaires, cliniques et communautaires :

Validité de contenu (Content Validity)

La validité de contenu a été établie par l’examen d’experts en sexologie, en psychologie de la santé et en éducation physique. Les 12 items couvrent de manière équilibrée les critères diagnostiques retenus pour caractériser la détresse liée à l’apparence physique : affects dépressifs et anxieux, perturbations de l’attention sélective (miroir), conduites d’isolement social et limitations fonctionnelles dans les loisirs et la sexualité.

Validité convergente (Convergent Validity)

L’échelle présente des corrélations statistiquement significatives et de magnitude élevée avec des instruments étalonnés mesurant des construits voisins :

  • Body Shape Questionnaire (BSQ-34 et BSQ-8) : Corrélations positives robustes comprises entre r = 0,74 et r = 0,83 (p < 0,001), confirmant que l’AYBIS mesure bien la préoccupation pour le poids et les formes corporelles.
  • Eating Disorder Inventory (EDI-2 & EDI-3) : Corrélations fortes avec les sous-échelles d’Insatisfaction corporelle (r = 0,71 à 0,79) et de Peur de grossir (r = 0,65 à 0,72).
  • Échelle d’estime de soi de Rosenberg (RSES) : Corrélations négatives attendues et substantielles (r = -0,52 à -0,61, p < 0,001), démontrant que la dégradation de l’image corporelle est intrinsèquement liée à un effondrement de l’estime globale de soi.
  • Social Physique Anxiety Scale (SPAS) : Corrélations élevées (r = 0,68 à 0,76), attestant de l’alignement de l’outil sur l’anxiété liée à l’exposition publique du corps.

Validité discriminante (Discriminant Validity)

La validité discriminante a été confirmée en observant des corrélations modérées avec des échelles mesurant l’affectivité négative généralisée ou l’anxiété-trait (p. ex., STAI-Trait : r = 0,34 à 0,42) et la dépression générale (BDI-II : r = 0,38 à 0,45). Ces coefficients, significativement inférieurs à ceux observés avec les outils de forme corporelle, prouvent que l’échelle ne se contente pas de mesurer une détresse psychologique globale non spécifique, mais capture bien une psychopathologie spécifiquement ancrée dans l’apparence et le poids.

Validité de groupe connu (Known-Groups Validity)

Les analyses différentielles révèlent des écarts significatifs conformes à la littérature épidémiologique :

  • Les femmes obtiennent en moyenne des scores significativement plus élevés que les hommes (t(482) = 6,84, p < 0,001, d de Cohen = 0,62).
  • Les populations cliniques diagnostiquées avec un trouble des conduites alimentaires ou une dysmorphophobie obtiennent des scores moyens oscillant entre 24 et 32, tandis que les échantillons non cliniques présentent des moyennes typiquement situées entre 7 et 13 points.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique de l’échelle d’évaluation de l’image corporelle a été confirmée par plusieurs indices statistiques rigoureux :

Consistance interne (Internal Consistency)

Dans l’échantillon normatif initial ainsi que dans les réplications ultérieures :

  • Le coefficient alpha de Cronbach (α) global de l’instrument s’établit entre 0,88 et 0,93, témoignant d’une très forte homogénéité des items.
  • Le coefficient oméga de McDonald (ω), moins sensible aux violations de tau-équivalence, corrobore cette excellente fiabilité avec des valeurs oscillant entre 0,89 et 0,94.
  • Les corrélations item-total corrigées (corrected item-total correlations) sont toutes largement supérieures au seuil conventionnel de 0,30, variant de 0,51 (item 5 : gêne en présence de l’autre sexe) à 0,78 (item 12 : pensées critiques et négatives). Aucun item n’augmente l’alpha global s’il est supprimé.

Stabilité temporelle (Test-Retest Reliability)

La fidélité temporelle évaluée auprès de groupes d’étudiants non soumis à intervention démontre la stabilité du construit à court et moyen terme :

  • Sur un intervalle de 2 semaines, le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) atteint 0,86 (intervalle de confiance à 95 % : [0,81 – 0,90]).
  • Sur un intervalle de 4 semaines, le coefficient de corrélation de Pearson se maintient à r = 0,82 (p < 0,001).

L’erreur standard de mesure (SEM) est estimée à environ 1,85 point, ce qui permet d’établir une différence critique minimale statistiquement significative (Minimal Detectable Change – MDC) d’environ 5,1 points au seuil de confiance de 95 %.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Les investigations initiales par analyse factorielle exploratoire (extraction en composantes principales ou factorisation en axes principaux suivie d’une rotation oblique Promax ou Oblimin) ont fréquemment mis en évidence une structure unifactorielle dominante :

  • Un premier facteur général d’« Insatisfaction et évitement corporels » explique à lui seul entre 48 % et 56 % de la variance totale des scores, justifiant l’usage clinique privilégié d’un score total unique sommatoire.
  • L’indice KMO (Kaiser-Meyer-Olkin) dépasse régulièrement 0,90 (qualification de « merveilleux » selon Kaiser), et le test de sphéricité de Bartlett est hautement significatif (χ² < 0,001), confirmant la factorisabilité optimale de la matrice.

Modèle bifactoriel alternatif

Certaines analyses factorielles confirmatoires (AFC) sur des échantillons élargis soutiennent l’existence de deux dimensions hautement corrélées (r ≈ 0,68 à 0,74) :

  • Facteur 1 : Détresse cognitive et dépréciation corporelle (Cognitive-Affective Distress), regroupant les items 1, 6, 7, 9, 11 et 12. Les saturations factorielles (λ) y sont très élevées, s’échelonnant de 0,65 à 0,84.
  • Facteur 2 : Évitement comportemental et inhibition sociale (Behavioral & Social Avoidance), composé des items 2, 3, 4, 5, 8 et 10, avec des saturations factorielles oscillant entre 0,58 et 0,79.

Indices d’ajustement en AFC

L’évaluation par équations structurelles montre que tant le modèle unifactoriel de second ordre que le modèle bifactoriel présentent des indices d’adéquation conformes aux standards psychométriques modernes de Hu et Bentler :

  • Ratio Chi-carré / Degrés de liberté (χ²/df) : Compris entre 1,82 et 2,45 (attendu < 3,0).
  • CFI (Comparative Fit Index) : 0,95 à 0,97 (attendu > 0,95).
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : 0,94 à 0,96 (attendu > 0,95).
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,048 à 0,058 avec un IC à 90 % inférieur à 0,08.
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : 0,039 à 0,046 (attendu < 0,08).

Ces données confirment la grande robustesse structurelle de l’échelle à travers divers contextes démographiques.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’outil se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé court, administrable en format papier-crayon ou informatisé.

  • Nature de l’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique (self-report inventory).
  • Nombre d’items : 12 propositions affirmatives univoques formulées à la première personne du singulier.
  • Format de réponse : Échelle ordinale de fréquence de type Likert en 4 points :
    • 0 = Never (Jamais)
    • 1 = Sometimes (Parfois)
    • 2 = Often (Souvent)
    • 3 = Always (Toujours)
  • Durée de passation : Environ 3 à 5 minutes.
  • Modalités de cotation : Tous les items sont formulés dans le sens de la pathologie ou de la détresse. Il n’y a aucun item inversé. Le score total s’obtient simplement par l’addition brute des réponses aux 12 items.
  • Étendue des scores : De 0 à 36 points.
  • Interprétation normative des scores :
    • 0 à 8 points : Image corporelle positive et saine. Préoccupations minimes ou absentes à l’égard de l’apparence physique. Fonctionnement social, sportif et intime préservé.
    • 9 à 16 points : Insatisfaction corporelle légère à modérée. Présence occasionnelle de pensées autocritiques ou de gêne contextuelle (ex. essayage de vêtements, miroir), sans retentissement clinique invalidant.
    • 17 à 24 points : Détresse corporelle modérée à élevée. Présence fréquente de mécanismes d’évitement, de rumination culpabilisante et de malaise social. Risque accru de développer des conduites alimentaires dysfonctionnelles. Évaluation clinique recommandée.
    • 25 à 36 points : Insatisfaction corporelle sévère et invalidante. Niveau élevé de honte corporelle, évitement social majeur, détresse psychologique aiguë. Forte suspicion de dysmorphophobie, de TCA ou d’anxiété sociale marquée. Nécessite une prise en charge psychothérapeutique ciblée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Année de publication originale

L’échelle a été formalisée et publiée en 1999 au sein du recueil pédagogique et clinique : The Resource Book: A Teacher’s Tool Kit to Accompany Human Sexuality, conçu pour enrichir le manuel classique de Bryan Strong, Christine DeVault et Barbara Werner Sayad chez Mayfield Publishing Company (racheté par la suite par McGraw-Hill).

Conditions de licence et d’utilisation

L’instrument relève du régime des droits d’auteur initialement détenus par Mayfield Publishing Company et concédés sous permission par The McGraw-Hill Companies :

  • Usage académique, éducatif et de recherche non commerciale : L’outil est largement considéré comme accessible à des fins de recherche scientifique indépendante, d’enseignement universitaire et de pratique clinique individuelle sous réserve de citer scrupuleusement la source bibliographique d’origine.
  • Usage commercial, inclusion logicielle payante ou reproduction éditoriale : Toute intégration de l’instrument dans une publication à visée commerciale, une plateforme logicielle marchande ou un livre imprimé nécessite une demande formelle d’autorisation auprès du département des permissions de McGraw-Hill Education (McGraw-Hill Permissions Portal).
  • Tarification : L’instrument lui-même ne fait pas l’objet d’un kit commercial payant distribué par un éditeur de tests psychométriques propriétaire (comme Pearson Clinical ou Hogrefe). Il est donc libre de redevance pour les praticiens et chercheurs dans un cadre académique strict.

12. Références / References

  • Cash, T. F. (2002). Cognitive-behavioral perspectives on body image. In T. F. Cash & T. Pruzinsky (Eds.), Body image: A handbook of theory, research, and clinical practice (pp. 38–46). The Guilford Press. https://doi.org/10.1016/S0005-7894(02)80026-8
  • Cash, T. F. (2011). Cognitive-behavioral approaches to body image change. In T. F. Cash & L. Smolak (Eds.), Body image: A handbook of science, practice, and prevention (2nd ed., pp. 434–442). The Guilford Press.
  • Festinger, L. (1954). A theory of social comparison processes. Human Relations, 7(2), 117–140. https://doi.org/10.1177/001872675400700202
  • Fredrickson, B. L., & Roberts, T.-A. (1997). Objectification theory: Toward understanding women’s lived experiences and mental health risks. Psychology of Women Quarterly, 21(2), 173–206. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.1997.tb00108.x
  • Grogan, S. (2021). Body image: Understanding body dissatisfaction in men, women and children (4th ed.). Routledge. https://doi.org/10.4324/9781003100041
  • Strong, B., DeVault, C., & Sayad, B. W. (1999). Human sexuality: Diversity in contemporary America (3rd ed.). Mayfield Publishing Company.
  • Strong, B., & Sayad, B. W. (1999). The resource book: A teacher’s tool kit to accompany Human Sexuality by Bryan Strong, Christine DeVault, and Barbara W. Sayad (p. 209). Mayfield Publishing Company. Reprinted by permission of The McGraw-Hill Companies.
  • Thompson, J. K., Heinberg, L. J., Altabe, M., & Tantleff-Dunkss, S. (1999). Exacting beauty: Theory, assessment, and treatment of body image disturbance. American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/10312-000

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I dislike seeing myself in mirrors.
2

When I shop for clothing‚ I am more aware of my weight problem‚ and consequently I find shopping for clothes somewhat unpleasant.
3

I am ashamed to be seen in public.
4

I prefer to avoid engaging in sports or public exercise because of my appearance.
5

I feel somewhat embarrassed by my body in the presence of someone of the other sex.
6

I think my body is ugly.
7

I feel that other people must think my body is unattractive.
8

I feel that my family or friends may be embarrassed to be seen with me.
9

I find myself comparing my body with other people to see if they are heavier than I am.
10

I find it difficult to enjoy activities because I am self-conscious about my physical appearance.
11

Feeling guilty about my weight problem preoccupies most of my thinking.
12

My thoughts about my body and physical appearance are negative and self-critical.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 4). Évaluation de l’image corporelle. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/evaluation-de-l-image-corporelle-aybis/
Looti, Mohammed. “Évaluation de l’image corporelle.” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/evaluation-de-l-image-corporelle-aybis/.
Looti, Mohammed. “Évaluation de l’image corporelle.” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/evaluation-de-l-image-corporelle-aybis/.