1. Résumé / Abstract
L’échelle d’Ethnocentrisme Ethnique (désignée sous l’acronyme ETH) a été développée et validée empiriquement par le professeur Jean-François Ouellet dans son étude séminale publiée en 2007 au sein du Journal of Marketing, intitulée « Consumer Racism and Its Effects on Domestic Cross-Ethnic Product Purchase: An Empirical Test in the United States, Canada, and France ». Cet instrument psychométrique a été conçu pour mesurer la tendance systématique des individus à évaluer le monde social et économique à travers les prismes, les normes et la supériorité perçue de leur propre groupe ethnoculturel d’appartenance (l’endogroupe), tout en manifestant une distance sociale, un rejet ou une dévalorisation envers les groupes ethniques tiers (les exogroupes) évoluant au sein du même espace national.
Contrairement aux mesures classiques d’ethnocentrisme du consommateur qui se focalisent strictement sur les frontières nationales et l’opposition entre produits nationaux et importés (à l’instar de la célèbre échelle CETSCALE de Shimp et Sharma), l’échelle ETH comble une lacune majeure en capturant les dynamiques intra-nationales et interethniques. L’instrument opère généralement à travers un ensemble d’énoncés psychométriques administrés via une échelle de Likert en sept points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 7 = « Fortement en accord »). Les propriétés psychométriques de l’échelle, rigoureusement évaluées sur des échantillons diversifiés aux États-Unis, au Canada et en France, démontrent une excellente cohérence interne (avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant systématiquement entre 0,82 et 0,89 selon les contextes géographiques et sous-groupes), une validité convergente robuste, ainsi qu’une remarquable validité discriminante vis-à-vis de construits connexes tels que le racisme du consommateur, l’animosité nationale, le patriotisme ou l’orientation politique générale.
Les analyses factorielles confirmatoires menées par Ouellet attestent d’une structure factorielle stable et invariante à travers les frontières nationales, confirmant que l’ethnocentrisme ethnique constitue un prédicteur direct et puissant de la résistance des consommateurs à acheter des produits fabriqués ou commercialisés par des minorités ethniques au sein de leur propre pays. Cet outil s’est ainsi imposé comme une référence incontournable en psychométrie appliquée au marketing transculturel, à la psychologie sociale des relations intergroupes et à l’analyse des comportements de consommation discriminatoires.
2. Mots-clés / Keywords
Ethnocentrisme ethnique, psychométrie, comportement du consommateur, relations intergroupes, favoritisme endogroupal, discrimination exogroupale, racisme du consommateur, validité transculturelle, analyse factorielle confirmatoire, théorie de l’identité sociale, équivalence de mesure, distance sociale.
3. Auteurs / Authors
L’échelle d’Ethnocentrisme Ethnique (ETH) a été formalisée et validée par :
- Jean-François Ouellet, Ph.D. — Professeur titulaire au département d’entrepreneuriat et d’innovation (anciennement professeur agrégé de marketing) à HEC Montréal (Canada). Ses recherches se concentrent sur la psychologie du consommateur, les relations interethniques en milieu commercial, l’innovation de marché et les biais cognitifs dans la prise de décision économique. Adresse institutionnelle : HEC Montréal, 3000 chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal, Québec, H3T 2A7, Canada. Courriel professionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle d’Ethnocentrisme Ethnique (ETH) développée par Ouellet (2007) est de fournir une mesure standardisée, fiable et théoriquement fondée des prédispositions psychologiques individuelles qui amènent un consommateur à privilégier systématiquement les produits et acteurs économiques issus de son propre groupe ethnique, au détriment direct de ceux issus de groupes ethniques différents mais coexistant au sein du même État souverain. Pendant plusieurs décennies, la recherche en marketing international et en psychologie économique s’est appuyée presque exclusivement sur le concept d’ethnocentrisme national, postulant que les consommateurs expriment un biais préférentiel pour les produits domestiques face aux importations étrangères en vertu d’un devoir moral ou patriotique de protection de l’économie nationale. Toutefois, ce paradigme traditionnel s’est avéré incapable d’appréhender la complexité des sociétés multiculturelles contemporaines, au sein desquelles les tensions, clivages et disparités économiques s’articulent le long de lignes de fracture ethniques, linguistiques ou raciales internes.
L’instrument ETH a donc été conçu pour répondre à un triple impératif théorique, méthodologique et managérial :
Premièrement, sur le plan théorique, l’échelle permet de dissocier empiriquement l’ethnocentrisme d’ordre ethnique de deux construits proches mais conceptuellement distincts : le racisme du consommateur (qui repose sur des croyances explicites d’infériorité génétique, intellectuelle ou morale de l’exogroupe) et l’ethnocentrisme national (qui oppose le pays d’origine à l’étranger). L’ETH mesure un attachement préférentiel et une valorisation sans réserve des normes, symboles et productions de l’endogroupe ethnique, combinés à une méfiance ou à une réticence envers les artefacts et biens des exogroupes ethniques domestiques.
Deuxièmement, sur le plan méthodologique, l’échelle fournit aux chercheurs un instrument robuste doté d’une structure parcimonieuse, facilement intégrable dans de vastes enquêtes quantitatives transnationales. Elle a été construite pour être neutre par rapport au groupe majoritaire ou minoritaire concerné, permettant ainsi d’administrer les mêmes énoncés à des répondants caucasiens, afro-américains, hispaniques, franco-canadiens ou issus de l’immigration maghrébine, moyennant une adaptation référentielle de l’endogroupe d’appartenance.
Troisièmement, au niveau des applications de recherche et de conseil stratégique, l’échelle ETH permet d’expliquer pourquoi certaines campagnes de commercialisation ciblées ou lancements de produits multiculturels échouent, malgré une proposition de valeur objectivement concurrentielle. Elle trouve des applications majeures dans :
- L’évaluation de la réceptivité des consommateurs aux marques détenues par des minorités visibles ;
- L’analyse de l’efficacité de la communication publicitaire mettant en scène des porte-paroles de diverses origines ethnoculturelles ;
- L’étude des dynamiques de ségrégation spatiale et commerciale au sein des métropoles mondialisées ;
- La modélisation prédictive du comportement de choix de produits croisés domestiques (domestic cross-ethnic product purchase).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit d’ethnocentrisme ethnique s’enracine dans la conceptualisation originale formulée par le sociologue William Graham Sumner au début du XXe siècle, qui définissait l’ethnocentrisme comme « cette vue des choses selon laquelle notre propre groupe est le centre de tout, et tous les autres groupes sont mesurés et cotés par rapport à lui ». Dans le cadre psychométrique opérationnalisé par Ouellet (2007), l’ethnocentrisme ethnique ne se réduit pas à une simple attitude politique ou à un préjugé isolé ; il représente une structure sociocognitive complexe et pérenne articulée autour de plusieurs dimensions interdépendantes :
1. Le favoritisme endogroupal inconditionnel (Ingroup Favoritism)
Cette dimension capture la croyance selon laquelle les membres du propre groupe ethnique de l’individu possèdent des vertus supérieures de travail, d’honnêteté, de créativité ou de fiabilité commerciale. L’individu manifeste une fierté aiguë pour l’héritage de sa communauté et ressent une obligation morale de solidarité économique exclusive envers les commerçants, artisans et fabricants qui partagent ses origines ethniques. Par exemple, un consommateur à score élevé sur cette dimension considèrera qu’acheter un produit fabriqué par un membre de son ethnie est un acte fondamental de préservation communautaire, indépendamment de la qualité ou du prix intrinsèque du bien.
2. La différenciation et la distance sociale exogroupale (Outgroup Social Distance)
Cette composante traduit le désir de maintenir des frontières culturelles et symboliques étanches entre le groupe d’appartenance et les autres groupes ethniques évoluant dans le même pays. Les manifestations matérielles, gastronomiques, vestimentaires ou rituelles des autres ethnies sont perçues avec réticence ou indifférence, voire comme une menace pour l’intégrité culturelle de l’endogroupe. Dans le champ de la consommation, cela se traduit par un dégoût ou un refus viscéral de s’engager dans des transactions économiques avec des commerces gérés par des minorités perçues comme « étrangères » à l’identité centrale de l’individu.
3. La normativité culturelle unilatérale
Le construit intègre également la tendance à évaluer la validité, le raffinement et l’acceptabilité morale de tous les modes de vie à travers la grille exclusive des valeurs endogroupales. Tout produit, service ou pratique commerciale qui s’écarte des standards historiques de l’ethnie de référence est jugé déficient, suspect ou de qualité inférieure. Contrairement au racisme pur (qui postule une infériorité biologique intrinsèque), l’ethnocentrisme ethnique focalise son rejet sur la déviation culturelle et le refus de l’assimilation aux codes de l’endogroupe.
4. Le protectionnisme de marché intra-national
Dans l’opérationnalisation d’Ouellet, cette dimension comportementale découle directement de l’orientation ethnocentrique : l’individu perçoit les succès économiques des autres groupes ethniques nationaux comme un jeu à somme nulle, menaçant la prééminence ou la survie économique de sa propre communauté. La consommation interethnique est alors assimilée à une trahison symbolique envers les pairs du groupe d’appartenance.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement épistémologique de l’échelle d’Ethnocentrisme Ethnique d’Ouellet repose sur le croisement de plusieurs traditions majeures de la psychologie sociale et des sciences du comportement :
La théorie de l’identité sociale et de l’auto-catégorisation
Développée par Henri Tajfel et John Turner (Social Identity Theory, 1979, 1986), cette théorie postule que le concept de soi d’un individu dérive en grande partie de son appartenance à des catégories sociales signifiantes. Afin de maintenir et d’accroître une estime de soi positive, les individus procèdent à des comparaisons sociales intergroupes biaisées, favorisant systématiquement leur endogroupe par rapport aux exogroupes de comparaison. Ouellet transpose ce mécanisme psychologique fondamental au marché intérieur : le choix d’un produit ne répond pas seulement à une fonction d’utilité économique rationnelle, mais agit comme un acte d’affirmation identitaire. Acheter un produit associé à son ethnie rehausse l’estime de soi sociale, tandis qu’acheter un produit associé à un exogroupe ethnique peut générer une dissonance cognitive identitaire.
La théorie du conflit réaliste
Formulée initialement par Muzafer Sherif (1966), la théorie du conflit réaliste suggère que les sentiments intergroupes négatifs émergent lorsque deux groupes perçoivent une compétition réelle ou symbolique pour des ressources rares (territoires, emplois, suprématie politique ou parts de marché). Dans le modèle d’Ouellet, l’ethnocentrisme ethnique est particulièrement exacerbé dans les contextes où les groupes ethniques majoritaires ou minoritaires perçoivent une rivalité économique directe sur le marché du travail ou des biens de consommation.
Le modèle des relations intergroupes de Sumner et Adorno
Ouellet revisite la conception classique de William G. Sumner (1906) et les travaux subséquents de Theodor W. Adorno et al. (1950) sur la personnalité autoritaire. L’ethnocentrisme y est conceptualisé non comme une pathologie individuelle déviante, mais comme un schéma cognitif universel et adaptatif de cohésion de groupe, qui devient dysfonctionnel et discriminant lorsqu’il est transposé dans des sociétés démocratiques pluralistes.
La distinction paradigmatique avec la CETSCALE
Dans la littérature marketing dominante, l’échelle CETSCALE de Shimp et Sharma (1987) considérait la « nation » comme l’unique unité d’analyse endogroupale pertinente. Le cadre théorique d’Ouellet démontre que la « nation » politique ne coïncide pas nécessairement avec l’« ethnie » sociologique et subjective des individus. En introduisant l’échelle ETH, Ouellet enrichit la théorie du comportement du consommateur en démontrant que l’identité ethnique est fréquemment plus saillante, émotionnellement chargée et déterminante pour les décisions d’achat quotidiennes que l’appartenance civique nationale, particulièrement dans les nations composites comme les États-Unis (avec ses composantes caucasienne, afro-américaine, hispanique, asiatique), le Canada (avec les tensions historiques anglophones/francophones et les Premières Nations) ou la France (avec ses minorités issues des anciennes colonies).
7. Validité / Validity
Le processus de validation psychométrique de l’échelle d’Ethnocentrisme Ethnique (ETH) conduit par Ouellet (2007) a suivi les standards méthodologiques les plus rigoureux établis par la psychométrie contemporaine et la recherche en modélisation par équations structurelles (SEM).
Validité de construit et validité factorielle
La validité de construit a été examinée à travers des procédures d’analyse factorielle exploratoire (AFE) puis confirmatoire (AFC). Les indices d’ajustement globaux obtenus lors de l’AFC sur les trois pays de l’étude (États-Unis : N = 250 ; Canada : N = 312 ; France : N = 288) ont largement dépassé les seuils conventionnels recommandés :
- Indice de comparaison de Bentler (CFI) > 0,95 dans les trois sous-échantillons ;
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,94 ;
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) < 0,055 (avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,032 et 0,068) ;
- Résidu standardisé moyen quadratique (SRMR) < 0,045.
Validité convergente
La validité convergente a été attestée par l’examen des charges factorielles standardisées (λ), qui se sont toutes révélées statistiquement significatives à p < 0,001, avec des amplitudes supérieures à 0,70. De plus, la variance moyenne extraite (AVE — Average Variance Extracted) pour le facteur d’ethnocentrisme ethnique s’est établie au-dessus du seuil critique de 0,50 dans chaque échantillon national (variant de 0,58 à 0,66), démontrant que la majorité de la variance des indicateurs est capturée par le construit théorique latent plutôt que par l’erreur de mesure.
Validité discriminante
L’un des défis majeurs d’Ouellet était de prouver que l’ethnocentrisme ethnique ne se confondait ni avec le racisme du consommateur (CR), ni avec l’ethnocentrisme national général (CETSCALE), ni avec le conservatisme politique. Suivant le critère strict de Fornell et Larcker (1981), la variance moyenne extraite (AVE) de l’échelle ETH s’est révélée nettement supérieure au carré des corrélations inter-construits (r²) partagées avec toutes les autres variables du modèle structurel. En outre, des tests de différence de khi-deux (Δχ²) entre des modèles où les corrélations inter-construits étaient librement estimées versus contraintes à l’unité ont tous indiqué une détérioration significative de l’ajustement (p < 0,001), corroborant sans équivoque la spécificité conceptuelle de l’échelle ETH.
Validité prédictive et nomologique
La validité nomologique et prédictive de l’instrument a été établie par sa capacité à prédire fidèlement les intentions et comportements réels d’achat de produits issus d’exogroupes ethniques domestiques (Domestic Cross-Ethnic Product Purchase). Dans les modèles structurels testés par Ouellet, l’ethnocentrisme ethnique exerce un effet inhibiteur direct et puissant (coefficients de chemin standardisés β négatifs et significatifs, variant entre -0,34 et -0,48, p < 0,001) sur l’achat de biens associés à des minorités ethniques au sein du marché national, même après avoir contrôlé l’impact du revenu, de l’âge, de l’éducation et de l’ethnocentrisme national général.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle d’Ethnocentrisme Ethnique (ETH) a été minutieusement documentée à travers de multiples indicateurs de cohérence interne et de stabilité métrologique :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité Composite)
Dans l’étude fondatrice d’Ouellet (2007), la consistance interne de l’échelle s’est avérée exemplaire dans l’ensemble des contextes géographiques et culturels testés :
- Échantillon des États-Unis : L’alpha de Cronbach (α) s’élève à 0,88, avec une fiabilité composite (CR — Composite Reliability de Jöreskog) de 0,89.
- Échantillon du Canada : L’alpha de Cronbach atteint 0,85, avec une fiabilité composite de 0,86.
- Échantillon de la France : L’alpha de Cronbach est mesuré à 0,83, avec une fiabilité composite de 0,84.
L’ensemble de ces coefficients dépasse largement le seuil standard de 0,70 préconisé par Nunnally et Bernstein (1994) pour la recherche académique fondamentale, ainsi que le seuil exigeant de 0,80 requis pour les outils psychométriques appliqués.
Corrélations inter-items et corrélations item-total
L’analyse détaillée des matrices de corrélation révèle que toutes les corrélations inter-items se situent dans la fourchette optimale comprise entre 0,45 et 0,72, attestant d’une excellente redondance conceptuelle sans saturation tautologique. Les coefficients de corrélation item-total corrigés sont tous supérieurs à 0,55, confirmant que chaque item contribue de manière substantielle et homogène au construit latent global. La suppression d’aucun des items ne permettait d’accroître la valeur globale de l’alpha de Cronbach.
Stabilité métrique (Invariance de mesure)
Ouellet a procédé à des tests d’invariance de mesure transnationale (analyses multi-groupes sous LISREL / AMOS) :
- Invariance configurationnelle : Confirmation que la structure unidimensionnelle sous-jacente est identique aux États-Unis, au Canada et en France (χ²/df = 1,84, CFI = 0,96, RMSEA = 0,041).
- Invariance métrique : Les poids factoriels (charges factorielles λ) sont demeurés invariants à travers les trois nations sans dégradation significative du modèle (Δχ² non significatif au seuil α = 0,05), prouvant que les répondants des trois pays interprètent les énoncés de l’échelle avec la même signification métrique.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle de l’échelle ETH a été établie en suivant un protocole en deux étapes successives combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) sur un échantillon d’étalonnage et analyse factorielle confirmatoire (AFC) sur des échantillons de validation indépendants.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de la phase initiale d’extraction (utilisant la méthode du maximum de vraisemblance avec rotation oblique Promax, compte tenu de l’intercorrélation attendue des dimensions d’attitudes sociales) :
- Le test de sphéricité de Bartlett s’est révélé hautement significatif (p < 0,0001), et l’indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) a atteint une valeur de 0,89, indiquant une adéquation remarquable de la matrice de données à la factorisation.
- Le critère de la valeur propre supérieure à 1 (critère de Kaiser) ainsi que l’examen du diagramme d’éboulis (scree plot de Cattell) ont tous deux convergé vers l’extraction d’un facteur dominant univoque expliquant à lui seul plus de 62 % de la variance totale observée des items.
- Toutes les saturations factorielles exploratoires étaient largement supérieures au seuil usuel de 0,50, la saturation la plus faible s’établissant à 0,68 et la plus élevée atteignant 0,84, sans phénomène de saturation croisée problématique.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
L’AFC a été mise en œuvre pour tester rigoureusement l’ajustement du modèle unidimensionnel aux données empiriques. Le tableau des paramètres estimés révèle des saturations factorielles standardisées (λ) particulièrement robustes dans les trois contextes nationaux :
- Item 1 (Fierté et priorité de consommation endogroupale) : λ = 0,78 (USA), 0,74 (Canada), 0,72 (France) ; erreurs de mesure (θδ) comprises entre 0,39 et 0,48.
- Item 2 (Solidarité économique envers les commerces du groupe) : λ = 0,84 (USA), 0,81 (Canada), 0,79 (France) ; erreurs de mesure (θδ) comprises entre 0,29 et 0,38.
- Item 3 (Préservation culturelle par les choix de marché) : λ = 0,82 (USA), 0,79 (Canada), 0,76 (France) ; erreurs de mesure (θδ) comprises entre 0,33 et 0,42.
- Item 4 (Méfiance envers l’offre des exogroupes ethniques) : λ = 0,75 (USA), 0,72 (Canada), 0,70 (France) ; erreurs de mesure (θδ) comprises entre 0,44 et 0,51.
Les résidus standardisés se sont tous inscrits dans l’intervalle [-1,96 ; +1,96], confirmant l’absence de covariances locales non modélisées. Ces résultats démontrent que l’échelle ETH possède une structure unidimensionnelle robuste et reproductible, rendant son score total parfaitement interprétable comme une mesure globale de l’intensité de l’ethnocentrisme ethnique d’un individu.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument de mesure d’Ethnocentrisme Ethnique (ETH) se caractérise par une administration simple, directe et standardisée, adaptée aussi bien aux passations en laboratoire qu’aux panels en ligne ou enquêtes sur le terrain :
- Format du test : Questionnaire psychométrique auto-administré (crayon-papier ou support numérique informatisé).
- Nature de l’outil : Échelle d’attitude sociale évaluant l’adhésion cognitive, émotionnelle et normative à des principes de favoritisme ethnoculturel endogroupal dans les transactions économiques.
- Nombre d’items : L’échelle se compose d’une batterie resserrée de 4 à 6 énoncés (selon la version longue ou abrégée employée dans les protocoles d’Ouellet), optimisée pour maximiser la validité de construit tout en minimisant la fatigue cognitive des répondants.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 7 échelons de format bipolaire :
- 1 = Totalement en désaccord (Strongly disagree)
- 2 = En désaccord (Disagree)
- 3 = Plutôt en désaccord (Somewhat disagree)
- 4 = Ni en accord ni en désaccord / Neutre (Neither agree nor disagree)
- 5 = Plutôt en accord (Somewhat agree)
- 6 = En accord (Agree)
- 7 = Totalement en accord (Strongly agree)
- Procédure de cotation (Scoring) :
- Tous les énoncés sont orientés positivement dans le sens du construit (aucun item inversé dans la configuration standard validée par Ouellet), ce qui signifie qu’un score numérique plus élevé reflète directement un niveau plus intense d’ethnocentrisme ethnique.
- Le score global de l’individu est calculé soit par la moyenne arithmétique simple des items (score moyen variant de 1,00 à 7,00), soit par la somme brute cumulée des items.
- Interprétation : Un score moyen compris entre 1,00 et 2,50 indique un ethnocentrisme ethnique très faible (ouverture interculturelle et perméabilité du comportement d’achat) ; un score entre 2,51 et 4,50 indique un positionnement modéré ou neutre ; un score supérieur à 4,51 révèle un ethnocentrisme ethnique marqué, se traduisant par un rejet systématique des produits issus d’exogroupes ethniques domestiques.
- Durée d’administration : Environ 2 à 4 minutes, ce qui facilite son intégration modulaire dans des batteries d’échelles de marketing ou de psychologie sociale.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication originale : 2007 (publiée dans le volume 71, numéro 1 du Journal of Marketing).
- Titulaire des droits d’auteur : L’article original et sa mise en page sont protégés par le droit d’auteur de l’American Marketing Association (AMA) et de l’auteur, le Dr Jean-François Ouellet.
- Permissions pour la recherche académique : L’utilisation de l’échelle ETH à des fins de recherche scientifique non commerciale, de thèses universitaires ou d’enseignement est généralement autorisée dans le cadre des exceptions du fair use académique, sous réserve de citer explicitement la publication princeps d’Ouellet (2007) dans tous les rapports, articles et communications scientifiques.
- Utilisation commerciale et conseil d’entreprise : Toute utilisation commerciale, intégration au sein d’outils propriétaires d’études de marché rémunérées, ou reproduction intégrale des textes de l’échelle nécessite une autorisation formelle préalable de l’éditeur (via le Copyright Clearance Center / RightsLink de l’American Marketing Association) ou de l’auteur.
- Tarification : L’accès au texte de l’article requiert un abonnement universitaire ou l’achat unitaire de l’article sur la plateforme des revues de l’AMA (SAGE Publications), mais l’instrument lui-même ne fait pas l’objet de redevances commerciales perçues par un éditeur de tests cliniques.
12. Références / References
Les publications fondatrices et études connexes associées au cadre théorique et à la validation de l’échelle ETH comprennent :
- Adorno, T. W., Frenkel-Brunswik, E., Levinson, D. J., & Sanford, R. N. (1950). The authoritarian personality. Harper & Row.
- Bizumic, B., Duckitt, J., Popadic, D., Dru, V., & Krauss, S. (2009). A cross-cultural investigation into a reconceptualization of ethnocentrism. European Journal of Social Psychology, 39(6), 871–899. https://doi.org/10.1002/ejsp.589
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Neuliep, J. W., & McCroskey, J. C. (1997). The development of a U.S. and generalized ethnocentrism scale. Communication Research Reports, 14(4), 385–398. https://doi.org/10.1080/08824099709388682
- Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric theory (3rd ed.). McGraw-Hill.
- Ouellet, J.-F. (2007). Consumer racism and its effects on domestic cross-ethnic product purchase: An empirical test in the United States, Canada, and France. Journal of Marketing, 71(1), 113–128. https://doi.org/10.1509/jmkg.71.1.113
- Sherif, M. (1966). In common predicament: Social psychology of intergroup conflict and cooperation. Houghton Mifflin.
- Shimp, T. A., & Sharma, S. (1987). Consumer ethnocentrism: Construction and validation of the CETSCALE. Journal of Marketing Research, 24(3), 280–289. https://doi.org/10.1177/002224378702400304
- Sumner, W. G. (1906). Folkways: A study of the sociological importance of usages, manners, customs, mores, and morals. Ginn and Co.
- Tajfel, H., & Turner, J. C. (1979). An integrative theory of intergroup conflict. In W. G. Austin & S. Worchel (Eds.), The social psychology of intergroup relations (pp. 33–47). Brooks/Cole.
- Tajfel, H., & Turner, J. C. (1986). The social identity theory of intergroup behavior. In S. Worchel & W. G. Austin (Eds.), Psychology of intergroup relations (pp. 7–24). Nelson-Hall.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels composant l’échelle d’Ethnocentrisme Ethnique (ETH) font l’objet d’une protection par le droit d’auteur au titre de la publication originale dans le Journal of Marketing et sont détenus par l’American Marketing Association (AMA) et l’auteur. Conformément aux dispositions juridiques et aux règles éthiques régissant la propriété intellectuelle en psychométrie, la reproduction intégrale et littérale non autorisée du texte propriétaire sous copyright n’est pas versée dans le domaine public ouvert.
Operational Structure and Theoretical Domains of the Scale Items (Ouellet, 2007):
The ETH instrument assesses ethnic ingroup loyalty, moral duty to patronize ingroup businesses, and the perceived undesirability of purchasing goods associated with domestic outgroups. In research administrations, items are presented with a 7-point Likert scale (1 = Strongly disagree to 7 = Strongly agree).
Core Conceptual Item Manifestations (Descriptive Overview):
- Item Theme 1 (Endogroup Purchase Obligation): Statements measuring the moral and cultural obligation felt by the respondent to prioritize purchasing goods and services offered by entrepreneurs or producers of their own ethnic heritage.
- Item Theme 2 (Ethnic Business Solidarity): Statements evaluating the belief that economic loyalty to one’s ethnic community is essential to safeguard the group’s economic welfare and collective standing in society.
- Item Theme 3 (Cultural Integrity via Consumption): Statements capturing the stance that patronizing outgroup cultural products compromises or dilutes the traditions and cultural values of the ingroup.
- Item Theme 4 (Exogroup Market Distance): Statements assessing consumer reluctance, discomfort, or explicit unwillingness to purchase domestic products that are strongly identified with other ethnic sub-populations within the country.