Équité (FAI)

L’échelle d’équité (FAI) développée par Margaret C. Campbell (1999) est une mesure psychométrique clé de la justice et de l’acceptabilité perçue des prix et décisions commerciales.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle d’équité (Fairness Scale, désignée par l’acronyme FAI) développée par Margaret C. Campbell dans son article séminal de 1999 constitue un outil psychométrique et marketing fondamental pour l’évaluation empirique des jugements de justice distributive et procédurale formulés par les consommateurs. Cet instrument évalue spécifiquement le degré selon lequel une transaction commerciale, une tarification ou une politique tarifaire est perçue comme acceptable, raisonnable et équitable. Conçue initialement sous la forme d’une échelle unipolaire multi-items (reposant généralement sur des différentiateurs sémantiques ou des échelles de type Likert en 7 points), la FAI s’ancre dans les théories de la justice organisationnelle, de l’équité distributive et du principe de « double droit » (dual entitlement).

L’échelle mesure un construit unidimensionnel fondamental qui capture la valence cognitive et affective de la perception de justice tarifaire. Sur le plan psychométrique, les études menées par Campbell (1999) et ses successeurs ont démontré une cohérence interne particulièrement robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant systématiquement entre 0,85 et 0,94. L’analyse factorielle confirmatoire démontre une structure unifactorielle claire, avec des saturations factorielles généralement supérieures à 0,80 pour l’ensemble des items. L’échelle démontre une validité convergente et une validité discriminante rigoureuses vis-à-vis des construits connexes tels que la satisfaction globale, l’évaluation du rapport qualité-prix et l’attribution causale. En tant qu’instrument de recherche, la FAI a permis d’élucider les antécédents cognitifs du mécontentement des consommateurs face aux augmentations de prix et de quantifier les conséquences comportementales négatives telles que le bouche-à-oreille défavorable, la diminution des intentions de réachat et le désengagement relationnel.

2. Mots-clés / Keywords

Équité perçue, justice tarifaire, justice distributive, Margaret C. Campbell, psychométrie du consommateur, principe de double droit, attribution causale, acceptabilité du prix, fidélité client, intention d’achat, comportement du consommateur, différentiateur sémantique.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par :

  • Margaret C. Campbell, Ph.D. : Professeure de marketing, chaire d’excellence en comportement du consommateur à la Leeds School of Business, University of Colorado Boulder (États-Unis). Ses travaux de recherche se concentrent sur la psychologie du consommateur, la persuasion, les mécanismes de défense face au marketing et le sentiment de justice dans les relations marchandes.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’échelle d’équité (FAI) est de fournir une mesure standardisée, fiable et parcimonieuse de la perception subjective de justice qu’un individu associe à un comportement marchand, plus particulièrement à une décision de fixation des prix. Dans le domaine du marketing et de la psychologie économique, l’évaluation d’un prix ne repose pas exclusivement sur un calcul rationnel d’utilité économique ou sur le coût absolu du produit ; elle est profondément médiatisée par des normes sociales, des comparaisons référentielles et des attributions d’intentionnalité. L’échelle FAI permet ainsi d’extraire la composante normative et morale du jugement économique.

Dans le contexte de la recherche académique, la FAI sert de variable dépendante pour tester les théories d’attribution et de justice perçue : comment les consommateurs réagissent-ils lorsqu’une entreprise augmente ses tarifs pour maintenir ses marges face à une hausse de ses coûts par rapport à une hausse motivée par l’exploitation d’une situation de pénurie ? Comme variable médiatrice, elle permet d’expliquer comment les signaux contextuels (la réputation de la marque, la transparence des coûts, le statut relationnel de l’acheteur) influencent les intentions comportementales ultérieures, telles que la propension au boycott, le désengagement et le bouche-à-oreille négatif.

Sur le plan managérial et appliqué, l’instrument s’avère précieux pour les praticiens du pricing, les directeurs de la relation client et les régulateurs de marché. Lors de l’implémentation de tarifications dynamiques (par exemple dans le transport aérien, les services de VTC ou l’hôtellerie) ou de réajustements de grille tarifaire, la mesure du score d’équité permet d’anticiper les risques d’atteinte à l’image de marque et de concevoir des communications explicatives adaptées pour préserver le capital de sympathie et de confiance de l’entreprise.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’échelle FAI est l’équité perçue (perceived fairness), définie par Campbell (1999) comme le degré auquel une action, une décision ou une issue économique est jugée juste, acceptable et raisonnable par un observateur ou un participant à l’échange. Ce construit s’enracine dans la tradition des sciences comportementales qui stipule que les êtres humains possèdent des schémas cognitifs préétablis concernant ce qui constitue une transaction moralement acceptable.

Le construit se caractérise par trois dimensions sémantiques sous-jacentes convergentes qui forment un axe unitaire d’évaluation :

  • La justice morale (Juste / Injuste) : Cette composante réfère à la conformité de l’action marchande avec les règles éthiques et les conventions sociales de réciprocité. Une décision perçue comme injuste déclenche souvent une réaction affective négative immédiate, proche de l’indignation morale.
  • L’acceptabilité normative (Acceptable / Inacceptable) : Cette facette évalue la conformité de la situation aux normes de l’industrie ou aux standards de la communauté. L’inacceptabilité traduit un rejet cognitif qui dépasse le simple désaccord financier pour entrer dans le champ de la transgression des attentes contractuelles tacites.
  • La rationalité perçue (Raisonnable / Déraisonnable) : Cette dimension implique une évaluation de proportionnalité entre les fins poursuivies par l’acteur économique et les moyens employés. Un prix ou une décision est jugé raisonnable lorsque les justifications objectives (par exemple, la hausse du coût des matières premières) justifient logiquement le fardeau imposé au consommateur.

Dans l’approche de Campbell, l’iniquité perçue (price unfairness) n’est pas simplement l’opposé d’un prix bas, mais le résultat d’un diagnostic d’asymétrie ou d’exploitation. Le construit intègre la perception des motifs inférés de l’entreprise : si le consommateur infère que l’entreprise cherche à maximiser son profit au détriment direct du bien-être de l’acheteur sans justification externe, le score d’équité s’effondre.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de l’échelle d’équité s’appuie sur une synthèse rigoureuse de trois corpus théoriques majeurs de la psychologie sociale et de l’économie comportementale :

1. Le principe du double droit (Dual Entitlement Principle)

Formulé par Daniel Kahneman, Jack Knetsch et Richard Thaler (1986), ce cadre postule que les deux parties d’une transaction bénéficient de droits tacites : le client a droit à un prix de référence raisonnable, et le vendeur a droit à un profit de référence. Selon cette règle normative, une entreprise a la légitimité morale d’augmenter son prix pour préserver son niveau de profit habituel lorsqu’elle subit une augmentation de coûts directs, mais elle viole le principe de justice lorsqu’elle augmente ses prix pour accroître son profit en réponse à un excédent de demande ou à la vulnérabilité d’un client.

2. La théorie de l’équité distributive

Développée initialement par John Stacey Adams (1965), la théorie de l’équité stipule qu’un individu évalue le ratio entre ses contributions (temps, effort, argent) et ses rétributions (produit, service, statut), en comparant ce ratio à celui d’une entité de référence. Dans le paradigme de Campbell, le consommateur compare le surplus perçu par le vendeur à la contrepartie reçue par l’acheteur. Tout déséquilibre flagrant perçu dans le partage de la valeur marchande induit une tension psychologique que l’individu cherche à résoudre par des attitudes de rejet ou de critique.

3. La théorie de l’attribution causale

Fondée par Fritz Heider et approfondie par Bernard Weiner (1986), l’attribution causale examine la façon dont les individus déduisent les causes sous-jacentes aux comportements observés selon trois dimensions : le lieu de causalité (interne vs externe), la stabilité temporelle (stable vs instable) et la contrôlabilité. Campbell (1999) intègre ces principes pour démontrer que la perception d’équité dépend principalement de la contrôlabilité et des motifs internes attribués au vendeur : une hausse de prix contrôlable par l’entreprise et guidée par des motifs opportunistes est systématiquement perçue comme inéquitable.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité de l’échelle FAI ont été corroborées à travers de multiples expérimentations contrôlées et des enquêtes transversales :

  • Validité de construit et de contenu : Les items ont été formulés pour recouvrir de manière exhaustive les jugements évaluatifs d’acceptabilité, de proportionnalité et de conformité éthique. L’échelle démontre une grande homogénéité interne et mesure sans ambiguïté la dimension évaluative générale de l’équité transactionnelle.
  • Validité convergente : La FAI montre de fortes corrélations positives avec la satisfaction client globale (r compris entre 0,60 et 0,75), l’évaluation de la réputation de l’entreprise (r > 0,55) et les sentiments de confiance relationnelle. À l’inverse, elle corrèle négativement de manière substantielle avec les affects négatifs (colère, déception) suscités par les stimuli de prix.
  • Validité discriminante : Les analyses factorielles confirmatoires conduites dans l’étude de Campbell (1999) et les réplications ultérieures ont mis en évidence que l’équité perçue se distingue nettement de la valeur perçue (perceived value), de la simple disposition à payer (willingness to pay) et de l’attitude envers la marque. Bien que corrélée à ces construits, la corrélation moyenne entre l’équité et l’attitude envers la marque reste inférieure à 0,65, et la variance moyenne extraite (AVE) de la FAI excède systématiquement le carré des corrélations inter-construits (critère de Fornell-Larcker).
  • Validité prédictive : L’échelle prédit de manière robuste et significative les intentions comportementales des consommateurs. Des scores d’équité bas sont corrélés à des augmentations significatives des intentions de bouche-à-oreille négatif (bêta standardisé compris entre -0,42 et -0,58) et à un effondrement des intentions de fréquentation future du point de vente (p < 0,001).

8. Fidélité / Reliability

L’échelle d’équité de Campbell (1999) présente d’excellentes qualités de fidélité métrologique à travers des échantillons variés d’étudiants et de consommateurs adultes :

  • Consistance interne : Dans l’article original de Campbell (1999), les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach, $\alpha$) calculés sur l’indice composite d’équité (comprenant les items unfair/fair, unacceptable/acceptable, unreasonable/reasonable) atteignent des valeurs remarquables, généralement rapportées entre 0,89 et 0,93 selon les conditions expérimentales.
  • Fiabilité composite (Rhô de Jöreskog) : Dans les modélisations en équations structurelles ultérieures, la fiabilité composite de l’échelle dépasse régulièrement le seuil standard de 0,70, atteignant des scores de 0,91 à 0,94.
  • Stabilité temporelle : Bien que conçue initialement pour capturer des réactions à des scénarios expérimentaux ou à des annonces tarifaires immédiates, l’échelle a démontré une stabilité test-retest satisfaisante dans des protocoles longitudinaux courts (coefficients de corrélation intraclasse r > 0,80 sur un intervalle de deux semaines en l’absence de modifications des conditions commerciales).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de l’instrument a été évaluée au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) :

  • Analyses factorielles exploratoires : L’extraction par composantes principales ou par le maximum de vraisemblance dégage systématiquement un seul facteur dont la valeur propre (eigenvalue) est largement supérieure à 2,0, expliquant généralement entre 75 % et 85 % de la variance totale des items. Le coude de Cattell indique un unifactorialisme rigide.
  • Analyses factorielles confirmatoires : Le modèle unidimensionnel à un seul facteur latent présente des indices d’ajustement excellents : le rapport Chi-deux / degrés de liberté ($\chi^2/ddl$) est typiquement inférieur à 2,5, l’indice d’ajustement comparatif (CFI) et l’indice de Tucker-Lewis (TLI) dépassent tous deux 0,98, et l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) demeure inférieure à 0,05.
  • Saturations factorielles : Les saturations standardisées ($lambda$) pour chacun des items constitutifs de l’échelle oscillent entre 0,82 et 0,94, confirmant que chaque qualificatif reflète avec une grande sensibilité le même construit sous-jacent d’équité.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de mesure présente les spécifications méthodologiques suivantes :

  • Nom du test : Échelle d’équité (Fairness Scale – FAI).
  • Auteur : Margaret C. Campbell (1999).
  • Format du questionnaire : Différentiateurs sémantiques ou échelles de type Likert unipolaires/bipolaires présentées sous forme de continuum en 7 points.
  • Nombre d’items : Généralement 3 à 4 items fondamentaux (parfois étendu à 5 items dans des réplications contextuelles).
  • Échelle de réponse : Gradation de 1 (extrêmement négatif / inéquitable) à 7 (extrêmement positif / équitable), les pôles étant définis par des paires d’antonymes.
  • Modalités de passation : Auto-administré en ligne ou sur papier ; durée de passation estimée à moins de 2 minutes.
  • Cotation et scoring : Les scores des items sont sommés ou moyennés pour former un score global d’équité perçue compris entre 1,0 et 7,0. Un score de 4 correspond au point neutre théorique, les valeurs inférieures traduisant un sentiment d’iniquité ou d’inacceptabilité et les valeurs supérieures reflétant un sentiment de justice et de légitimité de l’action marchande.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’échelle FAI a été publiée en 1999 dans la revue universitaire Journal of Marketing Research. Conformément aux pratiques académiques habituelles, l’échelle est accessible librement pour les chercheurs, enseignants et étudiants menant des travaux scientifiques non commerciaux, sous réserve de citer formellement la publication originale de Campbell (1999).

Toute utilisation commerciale, intégration au sein d’un logiciel d’évaluation de marque propriétaire ou exploitation lucrative à grande échelle peut être assujettie aux droits d’auteur détenus par l’American Marketing Association (AMA) ou par l’auteure. Il appartient à l’utilisateur de consulter l’éditeur pour obtenir les autorisations d’usage commercial le cas échéant.

12. Références / References

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Response format: 7-point semantic differential scale, ranging from 1 to 7.

Instruction: Please evaluate the decision/price described above by selecting the appropriate point on each of the following scales:

  1. Item 1:
    Unfair (1) — (2) — (3) — (4) — (5) — (6) — (7) Fair
  2. Item 2:
    Unacceptable (1) — (2) — (3) — (4) — (5) — (6) — (7) Acceptable
  3. Item 3:
    Unreasonable (1) — (2) — (3) — (4) — (5) — (6) — (7) Reasonable
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 2). Équité (FAI). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/equite-fai/
Looti, Mohammed. “Équité (FAI).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/equite-fai/.
Looti, Mohammed. “Équité (FAI).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/equite-fai/.