Ensemble théorie de l’autodétermination appliquée aux soins de santé

L’Ensemble théorie de l’autodétermination appliquée aux soins de santé réunit trois instruments psychométriques validés (TSRQ, PCS, HCCQ) évaluant la motivation autonome, la compétence perçue et le soutien du climat soignant dans le changement comportemental en santé.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Ensemble théorie de l’autodétermination appliquée aux soins de santé (connu dans la littérature anglophone sous l’appellation Health-Care, Self-Determination Theory Packet) constitue une batterie psychométrique intégrée conçue pour évaluer les processus motivationnels et contextuels régissant l’adoption et le maintien des comportements de santé. Fondé sur les travaux séminaux d’Edward L. Deci et Richard M. Ryan, et adapté au champ biomédical et comportemental par Geoffrey C. Williams et ses collaborateurs, cet ensemble opérationnalise les construits centraux de la théorie de l’autodétermination (TAD / Self-Determination Theory, SDT). Le dossier regroupe trois instruments complémentaires standardisés : le Treatment Self-Regulation Questionnaire (TSRQ, 15 items), la Perceived Competence Scale (PCS, 4 items) et le Health Care Climate Questionnaire (HCCQ, disponible en version complète de 15 items ou abrégée de 6 items).

Ces instruments mesurent respectivement les styles de régulation motivationnelle (motivation autonome, motivation contrôlée et amotivation), le sentiment d’auto-efficacité ou de compétence perçue face à un défi comportemental spécifique, ainsi que la perception du soutien de l’autonomie offert par les praticiens ou l’environnement soignant. Développés initialement pour des domaines tels que le sevrage tabagique, l’adhésion au régime alimentaire, l’activité physique régulière et la consommation responsable d’alcool, ces questionnaires utilisent une échelle de réponse ordinale de type Likert en 7 points. Les études psychométriques démontrent une excellente cohérence interne (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,80 et 0,93 pour les sous-échelles du TSRQ, avoisinant 0,90 pour la PCS et excédant 0,90 pour le HCCQ), une structure factorielle stable validée par analyse factorielle confirmatoire à travers divers comportements de santé, ainsi qu’une validité prédictive robuste à long terme à l’égard de critères cliniques objectifs tels que le contrôle glycémique (HbA1c), la perte pondérale pérenne et l’abstinence tabagique vérifiée biochimiquement.

2. Mots-clés / Keywords

Théorie de l’autodétermination, motivation autonome, régulation comportementale, compétence perçue, soutien à l’autonomie, climat de soins, psychométrie de la santé, sevrage tabagique, adhésion thérapeutique, changement comportemental

3. Auteurs / Authors

La batterie d’évaluation a été conceptualisée et validée par une équipe de chercheurs de premier plan affiliés au Département de psychologie et au Département de médecine de l’Université de Rochester (États-Unis) :

  • Geoffrey C. Williams, M.D., Ph.D. — Professeur de médecine et de psychologie clinique et sociale, University of Rochester Medical Center, Rochester, New York, États-Unis. Pionnier de l’application de la théorie de l’autodétermination aux sciences médicales et aux interventions cliniques d’adhésion thérapeutique. Contact institutionnel : Department of Medicine, University of Rochester.
  • Edward L. Deci, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie, Gowen Professor of Psychology, University of Rochester, Rochester, New York, États-Unis. Co-fondateur mondialement reconnu de la théorie de l’autodétermination.
  • Richard M. Ryan, Ph.D. — Professeur clinicien et chercheur à l’Institute for Positive Psychology and Education, Australian Catholic University, Sydney, Australie, et professeur émérite à l’Université de Rochester. Co-fondateur de la théorie de l’autodétermination.
  • Collaborateurs majeurs : Chantal S. Levesque, Ph.D. (Missouri State University), Virginia M. Grow, Ph.D., Zachary R. Freedman, M.D., Wendy S. Grolnick, Ph.D., et Ronald M. Epstein, M.D.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Ensemble théorie de l’autodétermination appliquée aux soins de santé est de fournir aux chercheurs, épidémiologistes comportementaux et praticiens de santé un cadre d’évaluation standardisé capable de quantifier les antécédents psychologiques et interpersonnels qui déterminent le succès des changements de comportement en santé. Historiquement, la recherche biomédicale a souvent traité l’observance thérapeutique et les modifications du mode de vie à travers le prisme simpliste de l’injonction médicale, attribuant les échecs à un déficit d’information ou à un manque de « volonté ». Ce modèle paternaliste échoue régulièrement à générer des changements durables dans les maladies chroniques telles que le diabète de type 2, l’obésité, les maladies coronariennes ou les dépendances.

L’ensemble d’outils SDT résout cette lacune en opérationnalisant une approche tridimensionnelle du changement :

  • Évaluer la qualité de la motivation du patient : Le TSRQ permet de déterminer si le patient s’engage dans un traitement par contrainte externe, sentiment de culpabilité, ou au contraire parce que le comportement s’aligne authentiquement avec ses valeurs fondamentales et ses objectifs existentiels.
  • Mesurer le sentiment d’efficacité personnelle : La PCS quantifie la conviction intime du patient quant à sa capacité opérationnelle à surmonter les obstacles et à pérenniser l’effort comportemental dans le temps.
  • Auditer l’environnement relationnel de soin : Le HCCQ permet d’évaluer la posture du soignant (médecin, infirmier, éducateur thérapeutique, psychologue) du point de vue exclusif du patient, en mesurant à quel point le praticien offre des choix, écoute activement les préférences du malade et s’abstient de recourir à la coercition morale ou autoritaire.

Sur le plan des applications cliniques et de la recherche, cette batterie sert de référence internationale pour évaluer l’efficacité des interventions motivationnelles (telles que l’entretien motivationnel de Miller et Rollnick, conceptuellement proche de la TAD), concevoir des programmes d’éducation thérapeutique du patient (ETP), diagnostiquer précocement les risques d’abandon de traitement (drop-out) en alcoologie ou tabacologie, et tester des modèles prédictifs par équations structurelles reliant l’alliance thérapeutique aux biomarqueurs cliniques objectifs.

5. Construit psychologique / Construct

L’ensemble opérationnalise trois macro-construits interdépendants issus de la psychologie de la motivation humaine :

1. Les styles de régulation comportementale (TSRQ)

Conformément au modèle du continuum d’autodétermination, le TSRQ segmente les raisons qui poussent un individu à agir ou à initier un traitement en trois dimensions majeures :

  • La motivation autonome : Elle englobe la régulation intrinsèque (agir par intérêt inhérent ou plaisir, bien que rare dans les traitements médicaux astreignants) et la régulation identifiée/intégrée. Dans ce mode, le patient reconnaît la valeur personnelle profonde du comportement et l’intègre à son identité globale. Exemple d’item : « Because I personally believe it is the best thing for my health » (Parce que je crois personnellement que c’est la meilleure chose pour ma santé). Les scores élevés reflètent une volition authentique, prédictive de maintien à long terme sans renforcement externe.
  • La motivation contrôlée : Elle comprend la régulation externe (agir pour obtenir une récompense, éviter une punition ou se conformer aux pressions directes d’autrui) et la régulation introjectée (agir sous l’empire de pressions internes auto-infligées, telles que la culpabilité, la honte, la peur du jugement ou la quête d’approbation d’autrui). Exemple d’item : « Because I would feel guilty or ashamed of myself if I smoked ». Bien qu’elle puisse déclencher une action rapide, la régulation contrôlée s’accompagne d’une tension psychologique élevée et d’un taux de rechute massif dès que la pression s’estompe.
  • L’amotivation : Représente l’absence totale d’intention d’agir ou le sentiment que le comportement est dénué de sens, découlant d’un sentiment d’incompétence ou d’un manque d’intérêt. Exemple d’item : « I really don’t think about it » ou « I don’t really know why ».

2. La compétence perçue (PCS)

La compétence perçue désigne le sentiment de maîtrise et d’efficacité qu’éprouve un individu lorsqu’il tente d’adopter ou de stabiliser un comportement cible dans des conditions de vie réelles. Proche du concept d’auto-efficacité de Bandura, elle s’en distingue au sein de la TAD par son ancrage dans le besoin psychologique fondamental de se sentir efficace dans ses interactions avec l’environnement. Dans l’échelle PCS, les 4 items capturent l’évaluation globale que fait l’individu de ses ressources psychologiques pour faire face aux défis (par exemple : « I feel confident in my ability to not smoke » et « I am able to meet the challenge of maintaining a healthy diet »).

3. Le climat de soutien à l’autonomie (HCCQ)

Le construit de soutien de l’autonomie évalue la qualité relationnelle du contexte de soin instauré par les professionnels de santé. Un climat soutenant l’autonomie se caractérise par trois composantes relationnelles :

  • L’exploration et la reconnaissance du cadre de référence interne du patient (prendre son point de vue, écouter ses craintes sans jugement préalable).
  • L’offre de choix pertinents et d’options thérapeutiques multiples, accompagnée d’une justification rationnelle claire (meaningful rationale) lorsque des contraintes médicales s’imposent.
  • L’encouragement à l’initiative personnelle et la minimisation des formulations coercitives ou contrôlantes (injonctions impératives, menaces de sanctions médicales).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Ensemble s’enracine rigoureusement dans la théorie de l’autodétermination (TAD) développée par Deci et Ryan (1985, 2000), une métathéorie macro-psychologique de la motivation, du bien-être et du développement humain. Deux sous-théories de la TAD sous-tendent directement ces mesures :

La théorie de l’intégration organismique (Organismic Integration Theory – OIT)

L’OIT postule que les êtres humains possèdent une tendance naturelle innée à internaliser et à intégrer les régulations des activités qui ne sont pas intrinsèquement gratifiantes mais nécessaires pour fonctionner efficacement dans leur milieu social. L’OIT conceptualise un continuum de régulation fondé sur le lieu de causalité perçu (Perceived Locus of Causality, PLOC, modélisé à l’origine par Ryan et Connell en 1989) :

Type de régulation Lieu de causalité perçu Processus motivationnels sous-jacents
Amotivation Impersonnel Résignation, sentiment d’incompétence, non-valorisation.
Régulation externe Externe Recherche de récompense, évitement de punition, obéissance pure.
Régulation introjectée Partiellement externe Évitement de la honte/culpabilité, maintien de l’estime de soi, égo.
Régulation identifiée Partiellement interne Reconnaissance consciente de l’importance et de la valeur de l’acte.
Régulation intégrée Interne Harmonisation complète du comportement avec l’ensemble des buts et valeurs de vie.

Le TSRQ regroupe les régulations identifiée et intégrée au sein de la sous-échelle « motivation autonome », et les régulations externe et introjectée sous la sous-échelle « motivation contrôlée ».

La théorie des besoins psychologiques fondamentaux (Basic Psychological Needs Theory – BPNT)

La BPNT énonce que le bien-être psychologique optimal et l’internalisation pérenne des comportements dépendent de la satisfaction continue de trois besoins psychologiques universels et innés :

  • Le besoin d’autonomie : Le sentiment d’être l’auteur et la source d’initiation de ses propres actes.
  • Le besoin de compétence : Le sentiment d’agir efficacement et de développer des maîtrises dans ses activités.
  • Le besoin de proximité sociale / d’affiliation (relatedness) : Le sentiment de se sentir connecté, respecté et soutenu par des personnes significatives.

Dans le modèle de santé de la TAD développé par Williams, Deci et Ryan (1998), le climat soignant (évalué par le HCCQ) est l’élément écologique déclencheur : un climat soutenant l’autonomie nourrit les besoins d’autonomie et de compétence du patient. Cette satisfaction favorise en retour la compétence perçue (PCS) et la motivation autonome (TSRQ), qui constituent les prédicteurs proximaux de l’adhésion au traitement et de l’amélioration de la santé physique.

7. Validité / Validity

Les propriétés psychométriques de validité des trois instruments ont fait l’objet d’investigations approfondies à travers des essais cliniques randomisés, des études observationnelles longitudinales et des méta-analyses.

Validité de construit et validité factorielle

Dans une étude méthodologique majeure, Levesque et ses collègues (2007) ont examiné la structure théorique du TSRQ auprès d’un échantillon de plus de 4 000 participants engagés dans trois comportements de santé distincts (régime alimentaire, activité physique et sevrage tabagique). Les analyses factorielles confirmatoires ont confirmé la validité de construit d’un modèle à trois facteurs corrélés (autonome, contrôlé, amotivation), surpassant systématiquement les modèles unidimensionnels ou bifacteurs concurrents. De même, la PCS et le HCCQ démontrent une stricte unidimensionnalité confirmée par des analyses factorielles en composantes principales et des AFC.

Validité prédictive et clinique

La validité prédictive des instruments du Health-Care SDT Packet est solidement établie par rapport à des critères d’évaluation objectifs :

  • Contrôle glycémique (HbA1c) dans le diabète : Dans l’étude de Williams, Freedman et Deci (1998) menée auprès de patients diabétiques adultes, les scores au HCCQ prédisaient significativement l’augmentation de la compétence perçue (PCS) à 12 mois, laquelle prédisait à son tour une diminution cliniquement et statistiquement significative de l’hémoglobine glyquée ($eta = -0,19, p < 0,01$).
  • Sevrage tabagique : Dans plusieurs essais longitudinaux (Williams et al., 1999 ; Williams, Gagné et al., 1999), les fumeurs présentant des scores initiaux élevés de motivation autonome au TSRQ et de compétence perçue à la PCS présentaient des taux d’abstinence tabagique vérifiée par dosage de cotinine salivaire à 6, 18 et 30 mois significativement supérieurs à ceux ayant une motivation principalement contrôlée.
  • Perte de poids et maintien : Dans l’étude princeps de Williams, Grow et al. (1996) suivant des patientes obèses sur une période de 23 mois, la motivation autonome mesurée au TSRQ prédisait non seulement l’assiduité aux séances, mais constituait le seul prédicteur indépendant du maintien de la perte de poids à l’issue de deux années de suivi.
  • Méta-analyse globale : La méta-analyse de Ng et al. (2012), portant sur 184 ensembles de données et plus de 42 000 participants dans le secteur de la santé, a confirmé que le soutien à l’autonomie (HCCQ), la motivation autonome (TSRQ) et la compétence perçue (PCS) sont positivement et systématiquement associés à l’activité physique ($r = 0,28$), à l’adhésion médicamenteuse ($r = 0,22$) et à la qualité de vie liée à la santé ($r = 0,33$), tandis que la motivation contrôlée présente des associations nulles ou négatives avec ces critères.

Validité convergente et discriminante

La validité discriminante entre la motivation autonome (TSRQ) et la compétence perçue (PCS) a été spécifiquement établie : bien que modérément corrélés ($r pprox 0,35$ à $0,45$), ces deux construits représentent des dimensions psychologiques distinctes. La compétence perçue n’est prédictive du comportement que si elle s’exerce dans un contexte d’autonomie volitionnelle. De plus, les corrélations entre les sous-échelles du TSRQ suivent le modèle de quasi-simplex théorisé par Ryan et Connell (1989), confirmant que les construits contigus sur le continuum présentent des corrélations plus élevées que les construits distaux.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés métrologiques de cohérence interne et de stabilité temporelle de ces trois instruments sont hautement satisfaisantes à travers la littérature internationale :

Treatment Self-Regulation Questionnaire (TSRQ)

  • Sous-échelle Motivation autonome (6 items) : Le coefficient $lpha$ de Cronbach varie régulièrement entre 0,81 et 0,91 selon les comportements cibles (tabagisme : $lpha pprox 0,85$ à $0,89$ ; activité physique : $lpha pprox 0,87$ ; alimentation saine : $lpha pprox 0,85$ ; gestion de l’alcool : $lpha pprox 0,86$).
  • Sous-échelle Motivation contrôlée (6 items) : Le coefficient $lpha$ de Cronbach s’établit entre 0,79 et 0,87 selon les cohortes.
  • Sous-échelle Amotivation (3 items) : Le coefficient $lpha$ se situe généralement entre 0,68 et 0,78, ce qui est considéré comme très satisfaisant compte tenu du faible nombre d’items composant cette sous-dimension.

Perceived Competence Scale (PCS)

La PCS présente une homogénéité interne remarquable malgré sa brièveté (4 items). Les études longitudinales et transversales (Williams et al., 1998 ; Levesque et al., 2007) rapportent de manière constante un coefficient $lpha$ de Cronbach égal ou supérieur à 0,90 ($lpha ge 0,90$) pour les quatre comportements (tabac, nutrition, sport, alcool).

Health Care Climate Questionnaire (HCCQ)

  • Version longue (15 items) : La cohérence interne est exceptionnellement élevée, avec des valeurs de $lpha$ de Cronbach systématiquement supérieures à 0,92 (souvent entre 0,94 et 0,96).
  • Version abrégée (6 items) : Développée pour limiter la charge cognitive des répondants et faciliter la modélisation par équations structurelles, cette forme présente une consistance interne robuste, avec des alphas oscillant généralement entre 0,82 et 0,88.

Fidélité test-retest

Dans les cohortes de suivi où les conditions thérapeutiques et relationnelles demeuraient stables sur des intervalles de 4 à 8 semaines, les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et les corrélations de Pearson test-retest ont oscillé entre 0,74 et 0,86 pour l’ensemble des échelles, attestant d’une excellente stabilité temporelle tout en demeurant sensibles aux interventions éducatives et motivationnelles ciblées.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle des instruments du paquet a été testée et validée par une série d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies.

Structure factorielle du TSRQ

Dans la validation canonique de Levesque et al. (2007), des analyses factorielles confirmatoires ont été réalisées à travers trois échantillons représentatifs totalisant plus de 4 000 participants :

  • Le modèle théorique testé comprenait trois facteurs latents : Motivation autonome (6 indicateurs), Motivation contrôlée (6 indicateurs) et Amotivation (3 indicateurs).
  • Les indices d’ajustement globaux ont mis en évidence une adéquation remarquable aux données empiriques dans l’ensemble des contextes comportementaux : indice comparatif de Tucker-Lewis (TLI) $ge 0,94$, indice de fit comparatif (CFI) $ge 0,95$, et racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) $le 0,055$ (avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,048 et 0,062).
  • Les saturations factorielles standardisées ($lambda$) pour les items de la motivation autonome s’échelonnaient de 0,65 à 0,84. Pour la motivation contrôlée, les saturations variaient de 0,55 à 0,80 (les items d’introjection tels que la culpabilité ou la fierté présentant des saturations comparables aux items de pression sociale externe). Pour l’amotivation, les saturations étaient comprises entre 0,62 et 0,79.
  • Invariance factorielle : Des tests d’invariance de mesure multi-groupes ont démontré une invariance configurationnelle, métrique et scalaire stricte à travers les différents comportements de santé, autorisant les comparaisons directes des moyennes latentes d’un comportement à l’autre.

Structure factorielle de la PCS

Les analyses factorielles de la PCS mettent en évidence un facteur unique dominant expliquant plus de 75 % de la variance totale des scores. Toutes les saturations factorielles dépassent 0,82 sur le facteur de compétence unique, sans présence de résidus bivariés substantiels, confirmant l’unidimensionnalité absolue du construit.

Structure factorielle du HCCQ

Qu’il soit administré sous sa forme intégrale de 15 items ou sous sa forme courte de 6 items, le HCCQ présente une structure factorielle strictement unidimensionnelle. Les analyses en composantes principales révèlent un premier facteur avec une valeur propre (eigenvalue) très élevée, expliquant plus de 65 % de la variance dans la version courte et plus de 60 % dans la version complète. Toutes les saturations factorielles de la version abrégée à 6 items excèdent 0,70 (souvent entre 0,75 et 0,88), validant son utilisation sans perte substantielle d’information par rapport à la version complète.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le dossier d’évaluation regroupe trois instruments auto-rapportés utilisables conjointement ou indépendamment, déclinés pour quatre comportements cibles majeurs (arrêt du tabac, amélioration du régime alimentaire, pratique d’une activité physique régulière et consommation responsable d’alcool) ainsi que pour l’adhésion thérapeutique générale :

1. Treatment Self-Regulation Questionnaire (TSRQ)

  • Type de mesure : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique de la motivation.
  • Nombre d’items : 15 items (ou 8 items dans certaines versions historiques condensées sans amotivation).
  • Sous-échelles :
    • Motivation autonome : 6 items (# 1, 3, 6, 8, 11, 13).
    • Motivation contrôlée : 6 items (# 2, 4, 7, 9, 12, 14).
    • Amotivation : 3 items (# 5, 10, 15).
  • Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Not at all true » / Pas du tout vrai) à 7 (« Very true » / Tout à fait vrai), le point 4 représentant le niveau médian (« Somewhat true » / Modérément vrai).
  • Cotation et calcul des scores :
    • Calcul par sous-échelle : Calculer la moyenne arithmétique des items de chaque sous-échelle. Le score de motivation autonome varie donc de 1 à 7, de même que le score de motivation contrôlée et le score d’amotivation.
    • Index d’autonomie relative (Relative Autonomous Motivation Index – RAI) : Utilisé dans certaines modélisations linéaires, il est calculé en soustrayant le score moyen de motivation contrôlée du score moyen de motivation autonome : $\text{RAI} = \text{Moyenne(Autonome)} – \text{Moyenne(Contrôlée)}$.

2. Perceived Competence Scale (PCS)

  • Type de mesure : Échelle brève d’auto-efficacité et de compétence perçue spécifique à une tâche de santé.
  • Nombre d’items : 4 items rédigés en termes affirmatifs positifs.
  • Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points (1 = « Not at all true » à 7 = « Very true »).
  • Cotation : Moyenne arithmétique des 4 items (score de 1 à 7). Un score élevé indique un fort sentiment de compétence.

3. Health Care Climate Questionnaire (HCCQ)

  • Type de mesure : Échelle d’évaluation du style relationnel des professionnels de santé perçu par le patient.
  • Versions disponibles : Version longue (15 items) et version abrégée (6 items).
  • Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points (1 = « Not at all true » à 7 = « Very true »).
  • Cotation : Moyenne arithmétique des items (score global de 1 à 7). Un score élevé indique un climat perçu comme soutenant fortement l’autonomie du patient.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : Les premières versions ont été créées en 1996 (Williams, Grow et al., 1996 ; Ryan, Plant & O’Malley, 1995 pour le précurseur TMQ), avec des consolidations majeures en 1998, 1999 et une formalisation psychométrique définitive en 2007 (Levesque et al., 2007).
  • Propriété intellectuelle et droits : Geoffrey C. Williams, Edward L. Deci et Richard M. Ryan. Les instruments sont hébergés et diffusés par le Center for Self-Determination Theory (CSDT).
  • Conditions d’utilisation et tarifs : L’ensemble des questionnaires est en accès libre et gratuit (Open Access) pour la recherche académique, clinique, médicale et l’enseignement non commercial. Aucune redevance n’est exigée pour leur utilisation dans le cadre d’études scientifiques, de thèses universitaires ou de projets d’évaluation clinique.
  • Adaptation et modification : Les auteurs autorisent explicitement l’adaptation des formulations textuelles pour cibler de nouveaux comportements de santé (ex. : santé bucco-dentaire, dépistage, adhésion vaccinale) ou désigner des soignants spécifiques (ex. : kinésithérapeute, pharmacien, oncologue), sous réserve de citer les publications originales et de maintenir la structure des construits.
  • Site ressource officiel : selfdeterminationtheory.org.

12. Références / References

Les références ci-dessous constituent le socle scientifique fondateur et les validations empiriques majeures des instruments composant le Health-Care SDT Packet :

  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic motivation and self-determination in human behavior. Plenum Publishing Co. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-2271-7
  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
  • Levesque, C. S., Williams, G. C., Elliot, D., Pickering, M. A., Bodenhamer, B., & Finley, P. J. (2007). Validating the theoretical structure of the Treatment Self-Regulation Questionnaire (TSRQ) across three different health behaviors. Health Education Research, 22(5), 691–702. https://doi.org/10.1093/her/cyl148
  • Ng, J. Y., Ntoumanis, N., Thøgersen-Ntoumani, C., Deci, E. L., Ryan, R. M., Duda, J. L., & Williams, G. C. (2012). Self-determination theory applied to health contexts: A meta-analysis. Perspectives on Psychological Science, 7(4), 325–340. https://doi.org/10.1177/1745691612447309
  • Pelletier, L. G., Tuson, K. M., & Haddad, N. K. (1997). Client Motivation for Therapy Scale: A measure of intrinsic motivation, extrinsic motivation, and amotivation for therapy. Journal of Personality Assessment, 68(2), 414–435. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa6802_11
  • Ryan, R. M., & Connell, J. P. (1989). Perceived locus of causality and internalization: Examining reasons for acting in two domains. Journal of Personality and Social Psychology, 57(5), 749–761. https://doi.org/10.1037/0022-3514.57.5.749
  • Ryan, R. M., Plant, R. W., & O’Malley, S. (1995). Initial motivations for alcohol treatment: Relations with patient characteristics, treatment involvement and dropout. Addictive Behaviors, 20(3), 279–297. https://doi.org/10.1016/0306-4603(94)00072-7
  • Williams, G. C., Cox, E. M., Kouides, R., & Deci, E. L. (1999). Presenting the facts about smoking to adolescents: The effects of an autonomy supportive style. Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine, 153(9), 959–964. https://doi.org/10.1001/archpedi.153.9.959
  • Williams, G. C., Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1998). Building health-care partnerships by supporting autonomy: Promoting maintained behavior change and positive health outcomes. In A. L. Suchman, P. Hinton-Walker, & R. Botelho (Eds.), Partnerships in healthcare: Transforming relational process (pp. 67–87). University of Rochester Press.
  • Williams, G. C., Freedman, Z. R., & Deci, E. L. (1998). Supporting autonomy to motivate glucose control in patients with diabetes. Diabetes Care, 21(10), 1644–1651. https://doi.org/10.2337/diacare.21.10.1644
  • Williams, G. C., Gagné, M., Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2002). Facilitating autonomous motivation for smoking cessation. Health Psychology, 21(1), 40–50. https://doi.org/10.1037/0278-6133.21.1.40
  • Williams, G. C., Grow, V. M., Freedman, Z. R., Ryan, R. M., & Deci, E. L. (1996). Motivational predictors of weight loss and weight-loss maintenance. Journal of Personality and Social Psychology, 70(1), 115–126. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.1.115
  • Williams, G. C., Rodin, G. C., Ryan, R. M., Grolnick, W. S., & Deci, E. L. (1998). Autonomous regulation and long-term medication adherence in adult outpatients. Health Psychology, 17(3), 269–276. https://doi.org/10.1037/0278-6133.17.3.269
  • Zeldman, A., Ryan, R. M., & Fiscella, K. (2004). Motivation, autonomy support, and addiction treatment: A self-determination theory perspective. Journal of Social and Clinical Psychology, 23(4), 541–560. https://doi.org/10.1521/jscp.23.4.541.40306

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring Formula: Scoring Information. This scale has 15 items: 6 that assess autonomous motivation‚ 6 that assess controlled motivation‚ and 3 that assess amotivation. The autonomous motivation subscale consists of items # 1‚ 3‚ 6‚ 8‚ 11‚ & 13; the controlled motivation subscale consists of items # 2‚ 4‚ 7‚ 9‚ 12‚ & 14; and the amotivation subscale consists of items # 5‚ 10‚ & 15. In some previous studies the TSRQ used only 4 autonomous items‚ 4 controlled items‚ and no amotivation items. The 8 items used in that version of the scale were: 2‚ 3‚ 4‚ 6‚ 7‚ 8‚ 13‚ & 14. The additional items were added to balance across subtle differences within
1

Because I feel that I want to take responsibility for my own health.
2

Because I would feel guilty or ashamed of myself if I smoked.
3

Because I personally believe it is the best thing for my health.
4

Because others would be upset with me if I smoked.
5

I really don't think about it.
6

Because I have carefully thought about it and believe it is very important for many aspects of my life.
7

Because I would feel bad about myself if I smoked.
8

Because it is an important choice I really want to make.
9

Because I feel pressure from others to not smoke.
10

Because it is easier to do what I am told than think about it.
11

Because it is consistent with my life goals.
12

Because I want others to approve of me.
13

Because it is very important for being as healthy as possible.
14

Because I want others to see I can do it.
15

I don't really know why.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Ensemble théorie de l’autodétermination appliquée aux soins de santé. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/ensemble-theorie-autodetermination-soins-de-sante/
Looti, Mohammed. “Ensemble théorie de l’autodétermination appliquée aux soins de santé.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/ensemble-theorie-autodetermination-soins-de-sante/.
Looti, Mohammed. “Ensemble théorie de l’autodétermination appliquée aux soins de santé.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/ensemble-theorie-autodetermination-soins-de-sante/.