1. Résumé / Abstract
L’Enquête sur les attitudes envers la délinquance (connue sous l’acronyme anglophone Attitude Toward Delinquency – Pittsburgh Youth Study ou ATD-PYS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer le degré d’adhésion, de tolérance normative et d’acceptation cognitive des comportements antisociaux et délinquants chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Élaboré initialement dans le cadre de la célèbre étude longitudinale Pittsburgh Youth Study menée par Rolf Loeber, David P. Farrington, Magda Stouthamer-Loeber et Welmoet B. Van Kammen, cet outil standardisé quantifie la sévérité morale qu’un individu attribue à diverses transgressions sociales, légales et interpersonnelles.
Le questionnaire est composé de 11 items concis explorant un spectre gradué de comportements antisociaux, allant de fautes mineures d’opposition à l’autorité (comme l’école buissonnière ou le défi envers les adultes) à des infractions graves contre les biens (vandalisme, vols simples ou avec effraction, détournement de véhicule) et des actes de violence interpersonnelle sévère (agression physique, attaque armée, extorsion par la force). Les répondants évaluent chaque acte sur une échelle ordinale de type Likert en 4 points : Very wrong (Très mal / 3), A little wrong (Un peu mal / 2), Wrong (Mal / 1), et Not wrong at all (Pas mal du tout / 0). Après inversion des scores, un score global plus élevé reflète une acceptation morale et une tolérance plus fortes envers la délinquance.
Sur le plan psychométrique, l’ATD-PYS présente une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,88 selon les cohortes d’âge et les vagues d’évaluation. L’échelle démontre une validité prédictive remarquable : les attitudes favorables à la délinquance mesurées à l’adolescence prédisent de manière significative l’apparition, la fréquence et la persistance des conduites délictuelles réelles, ainsi que les arrestations policières ultérieures. L’instrument s’est imposé comme une référence incontournable en criminologie développementale, en psychologie légale et en pédopsychiatrie pour l’évaluation du risque de récidive et la modélisation des trajectoires antisociales.
2. Mots-clés / Keywords
Délinquance juvénile, attitudes normatives, Pittsburgh Youth Study, Rolf Loeber, David Farrington, comportement antisocial, évaluation psychométrique, criminologie développementale, croyances antisociales, désengagement moral, agression, vol, récidive, validation psychométrique.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et validée par une équipe pionnière de chercheurs en criminologie développementale et en psychopathologie de l’enfant rattachée au Life History Studies Program de l’Université de Pittsburgh :
- Rolf Loeber, Ph.D. (1942–2017) : Professeur émérite de psychiatrie, de psychologie et d’épidémiologie à l’Université de Pittsburgh (États-Unis) et professeur de criminologie juvénile à l’Université libre d’Amsterdam (Pays-Bas). Co-fondateur et directeur principal de la Pittsburgh Youth Study, auteur de théories majeures sur les voies de développement de la délinquance.
- David P. Farrington, Ph.D., O.B.E. : Professeur émérite de criminologie psychologique à l’Institut de Criminologie de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni). Chercheur de renommée mondiale sur la délinquance juvénile, directeur de l’étude longitudinale Cambridge Study in Delinquent Development et co-investigateur de la Pittsburgh Youth Study.
- Magda Stouthamer-Loeber, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse associée au Département de psychiatrie de la Western Psychiatric Clinic de l’Université de Pittsburgh. Spécialiste des facteurs parentaux, des compétences sociales et du développement des problèmes de conduite chez les garçons.
- Welmoet B. Van Kammen, Ph.D. : Méthodologue et statisticienne, chercheuse associée au Département de psychiatrie de l’Université de Pittsburgh, spécialisée dans les modèles d’équations structurelles et l’analyse longitudinale des trajectoires antisociales.
Pour tout renseignement institutionnel, les correspondances historiques sont rattachées au Department of Psychiatry, School of Medicine, University of Pittsburgh, Western Psychiatric Hospital, Pittsburgh, PA, États-Unis.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Attitude Toward Delinquency survey (ATD-PYS) est de quantifier les dispositions cognitives, les systèmes de valeurs subjectifs et la tolérance normative qu’un jeune entretient à l’égard de la transgression des lois et des règles sociales formelles. Dans le champ de la psychologie criminologique, les attitudes ne sont pas de simples épiphénomènes ; elles constituent des médiateurs et des précurseurs cognitifs directs de l’action délinquante. Cet outil a été spécifiquement conçu pour surmonter les biais inhérents à la seule mesure des comportements rétrospectifs : mesurer l’acceptabilité morale d’une conduite permet d’identifier l’inclination antisociale latente, même chez des individus n’ayant pas encore eu l’opportunité situationnelle de commettre des délits graves.
Applications en recherche
Dans les contextes d’investigation épidémiologique et longitudinale, l’ATD-PYS sert à :
- Documenter l’évolution ontogénétique des normes morales : Suivre comment le jugement moral des garçons et des adolescents se modifie sous l’influence du développement neurocognitif, de la pression des pairs déviants et du désengagement parental.
- Tester des modèles étiologiques complexes : Évaluer le rôle médiateur des attitudes antisociales entre des facteurs de risque distaux (pauvreté du quartier, dysfonctionnements familiaux, tempérament impulsif) et des issues proximales (violence, vols, condamnations judiciaires).
- Mesurer l’efficacité des interventions préventives : Servir de critère de jugement proximal dans les essais contrôlés randomisés évaluant des programmes d’entraînement aux compétences parentales, de thérapie cognitivo-comportementale ou d’interventions scolaires visant à restaurer le respect des normes sociales.
Applications cliniques et médico-légales
En contexte clinique, socio-éducatif et de justice pour mineurs, l’ATD-PYS est employé pour :
- Le dépistage et l’évaluation du niveau de risque : Identifier les adolescents présentant un profil cognitif à haut risque de passage à l’acte violent ou récidivant au sein des centres de détention pour mineurs ou des services de probation.
- L’orientation des cibles thérapeutiques : Déterminer si la réhabilitation doit prioriser la restructuration cognitive des croyances permissives (rationalisations, désengagement moral) ou plutôt l’entraînement à la gestion de la colère et à la résolution de conflits.
- L’évaluation continue du changement : Quantifier l’évolution des attitudes d’un adolescent au cours d’un suivi sous main de justice ou d’un placement éducatif, afin d’alimenter les décisions de réintégration sociocommunautaire.
5. Construit psychologique / Construct
L’ATD-PYS opérationnalise le construit de tolérance normative envers la délinquance (ou croyances antisociales favorables à la transgression). Ce construit relève de la psychologie sociale cognitive appliquée à la déviance : il représente l’ensemble des attitudes individuelles dévalorisant la gravité morale d’actes prohibés par la loi pénale et les normes institutionnelles.
Structure multidimensionnelle sous-jacente
Bien que l’instrument soit couramment utilisé sous la forme d’un score unitaire composite reflétant l’approbation générale de la délinquance, les 11 items échantillonnent de manière représentative trois sous-domaines empiriques et conceptuels :
1. Conflit avec l’autorité et infractions statutaires (Items 1 et 2)
Cette dimension évalue l’acceptabilité des manquements aux règles imposées par les figures parentales, scolaires et institutionnelles. Elle comprend :
- L’absentéisme scolaire injustifié (Item 1 : Skip school without an excuse) : Mesure le détachement vis-à-vis de l’institution éducative, premier vecteur de socialisation formelle hors de la famille.
- L’opposition verbale et la rébellion (Item 2 : Lie, disobey or talk back to adults…) : Évalue l’érosion du respect envers l’autorité adulte, symptôme central du trouble oppositionnel avec provocation (TOP).
2. Délinquance clandestine et atteintes aux biens (Items 3, 4, 5, 6, 7, 8)
Ce volet mesure l’acceptabilité de la spoliation de la propriété d’autrui selon un gradient strict de sévérité matérielle et légale :
- Dégradations et vandalisme (Item 3 : Purposely damage or destroy property…) : Capture la légitimation de la destruction gratuite de biens privés ou publics.
- Vols gradués en fonction de la valeur marchande (Items 4, 5, 6 : Steal something worth less than $5,$50, $100) : Évalue l’effet de seuil monétaire dans le jugement moral. Un adolescent tolérant le vol de moins de 5 dollars mais condamnant le vol de 100 dollars conserve une structure morale relative, tandis que la tolérance aux montants élevés signale une désinhibition prédatrice avancée.
- Effraction et cambriolage (Item 7 : Go into or try to go into a building to steal…) : Porte sur la violation d’espaces clos et la transgression légale formelle lourde.
- Détournement d’usage de véhicules (Item 8 : Go joyriding…) : Concerne la participation à des conduites à haut risque combinant infraction contre les biens et mise en danger physique de tiers.
3. Délinquance ouverte et violence interpersonnelle (Items 9, 10, 11)
Cette dimension évalue la légitimation morale de l’agression physique directe dirigée contre la personne humaine :
- Agression physique simple (Item 9 : Hit someone with the idea of hurting that person) : Mesure l’approbation de la violence physique intentionnelle non armée.
- Attaque armée ou gravement blessante (Item 10 : Attack someone with a weapon or with the idea of seriously hurting…) : Sonde la justification d’actes de violence susceptibles d’entraîner la mort ou des séquelles physiques irréversibles.
- Vol qualifié / Extorsion violente (Item 11 : Use a weapon, force, or strong-arm methods to get money…) : Synthèse ultime entre motivation instrumentale lucrative et coercition physique extrême.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’ancrage théorique de l’ATD-PYS s’inscrit au carrefour de trois traditions conceptuelles majeures en sciences criminologiques et psychologiques :
1. Le modèle des trajectoires développementales de Loeber
Dans leurs travaux fondateurs, Rolf Loeber et ses collègues (1993, 1998) ont formalisé l’existence de trois voies développementales (pathways) distinctes mais interconnectées menant aux comportements antisociaux sévères :
- La voie du conflit avec l’autorité (Authority Conflict Pathway) : Débute par des comportements têtus et désobéissants, progresse vers le défi ouvert et culmine dans l’évitement de l’autorité (école buissonnière, fugue). L’ATD-PYS capture l’idéologie normative qui autorise cette escalade.
- La voie clandestine (Covert Pathway) : Débute par des méfaits mineurs dissimulés (mensonge, vol simple), s’étend aux dégradations matérielles et atteint le stade de la délinquance patrimoniale grave (cambriolage, vol de voiture).
- La voie manifeste (Overt Pathway) : S’amorce par des agressions mineures (intimidation, brimades), évolue vers des bagarres physiques et débouche sur la violence grave (agressions armées, viols, vols avec violence).
Les 11 items de l’ATD-PYS échantillonnent précisément les marqueurs cognitifs correspondant à ces trois voies canoniques, permettant d’évaluer dans quelle mesure l’adhésion cognitive précède et entretient la progression d’une voie à l’autre.
2. La théorie de l’apprentissage social et la sociologie de la déviance
L’échelle repose fondamentalement sur la théorie de l’apprentissage social du crime formulée par Ronald Akers, qui prolonge les concepts d’association différentielle d’Edwin Sutherland. Selon Akers, l’adoption d’un comportement antisocial est régie par quatre piliers : l’association différentielle, le renforcement différentiel, l’imitation et les définitions (ou attitudes). Les définitions sont des croyances, rationalisations et orientations morales qui qualifient un comportement de bon, mauvais, justifié ou excusable. L’ATD-PYS est l’instrumentation directe de ces « définitions favorables à la violation des lois ».
Ce mécanisme fait également écho aux techniques de neutralisation décrites par Gresham Sykes et David Matza (1957). Pour commettre des délits sans éprouver de culpabilité paralysante, les jeunes adoptent des schémas cognitifs qui neutralisent les tabous sociaux : le déni de responsabilité, le déni de dommage ou la condamnation de ceux qui condamnent. Les scores d’acceptation de l’ATD-PYS mesurent le niveau d’installation de ces neutralisations dans le répertoire cognitif habituel du jeune.
3. Le désengagement moral d’Albert Bandura
Sur le plan psychologique, la théorie du désengagement moral développée par Albert Bandura (1991) explicite comment les mécanismes d’auto-sanction morale peuvent être désactivés. Lorsque des adolescents qualifient de « Not wrong at all » le fait de frapper autrui ou de cambrioler un bâtiment, ils témoignent d’une déconnexion cognitive entre leurs standards éthiques internes et leurs conduites manifestes, facilitant l’action prédatrice sans réprobation de soi.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’ATD-PYS a été abondamment documentée dans les publications issues de la Pittsburgh Youth Study ainsi que dans des réplications indépendantes menées sur des cohortes d’adolescents en Amérique du Nord et en Europe.
Validité de construit
La validité théorique et conceptuelle est établie par la concordance entre la hiérarchie empirique de l’acceptation des items et la gravité légale réelle des actes. Les données normatives montrent que le taux d’acceptation (« Not wrong at all » ou « A little wrong ») est le plus élevé pour l’école buissonnière (~35-45 % selon les âges) et le vol de moins de 5 $ (~25-30 %), tandis qu’il s’effondre pour l’usage d’une arme pour extorquer de l’argent (< 3-5 %). Cette échelle de Guttman implicite confirme que l’instrument capture adéquatement un continuum cumulatif de sévérité antisociale.
Validité convergente et discriminante
L’ATD-PYS démontre des corrélations fortes et hautement significatives avec des mesures connexes :
- Association avec des pairs délinquants : Corrélations positives substantielles ($r = 0,42$ à $0,56$, $p < 0,001$) avec l’échelle de délinquance des pairs, confirmant le postulat que les attitudes permissives se forgent au sein de sous-cultures de pairs déviants.
- Impulsivité et recherche de sensations : Corrélations modérées ($r = 0,31$ à $0,45$, $p < 0,001$) avec les dimensions de désinhibition comportementale.
- Parentalité inadaptée : Corrélations significatives avec les pratiques parentales de faible supervision ($r = 0,28$ à $0,38$).
- Validité discriminante : L’échelle montre des corrélations faibles à négligeables avec le quotient intellectuel verbal ($r = -0,12$ à $-0,16$) et les symptômes anxio-dépressifs intériorisés, démontrant que l’outil isole spécifiquement la composante externalisée et antisociale sans se confondre avec une détresse psychologique générale.
Validité prédictive et de critère
La validité prédictive constitue la force maîtresse de l’ATD-PYS. Dans les modélisations longitudinales publiées par Loeber et al. (1998) :
- Les scores d’attitude permissive envers la délinquance mesurés à l’adolescence initiale (classes de 4th et 7th grade, soit 10 et 13 ans) prédisent significativement les arrestations criminelles réelles au début de l’âge adulte (odds ratio [OR] variant entre 1,8 et 2,7 selon les modèles contrôlant pour les conduites passées).
- L’attitude envers la délinquance opère une prédiction incrémentielle : même après avoir contrôlé le comportement délinquant autodéclaré antérieur, le score d’attitude explique une part unique de variance dans la survenue ultérieure de violences graves et de récidive judiciaire.
8. Fidélité / Reliability
L’instrument bénéficie d’une stabilité métrique et d’une précision statistique vérifiées sur de vastes échantillons épidémiologiques représentatifs.
Cohérence interne
La consistance interne des 11 items a été évaluée à de multiples reprises à travers les cohortes de la Pittsburgh Youth Study (comprenant plus de 1 500 garçons suivis sur plus de deux décennies) :
- Coefficient Alpha de Cronbach : Les valeurs de $\alpha$ rapportées oscillent systématiquement entre 0,78 et 0,86 chez les adolescents de 12 à 16 ans, et atteignent 0,88 chez les jeunes adultes. Dans le recueil d’outils du Centers for Disease Control and Prevention (CDC, Dahlberg et al., 2005), la fidélité globale est rapportée à $\alpha = 0,84$.
- Corrélations item-total : Toutes les corrélations partielles item-total corrigées dépassent 0,40, s’échelonnant entre 0,42 (pour l’école buissonnière) et 0,68 (pour les vols aggravés et les attaques avec blessures), démontrant une excellente homogénéité du pool d’items.
Fidélité temporelle (Test-Retest)
En raison de la nature développementale des attitudes chez l’adolescent, la stabilité test-retest varie en fonction de l’intervalle temporel considéré :
- À un intervalle court de 3 à 6 mois, le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) ou le $r$ de Pearson se situe entre 0,70 et 0,78, indiquant une très bonne stabilité relative des attitudes normatives.
- Sur des intervalles annuels (12 mois), la corrélation test-retest se maintient autour de 0,55 à 0,65. Cette réduction attendue reflète les changements normaux de maturation sociocognitive et l’exposition différentielle à des facteurs environnementaux au cours de la puberté.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La configuration factorielle de l’ATD-PYS a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies.
Structure unidimensionnelle vs multidimensionnelle
Lors d’une extraction en composantes principales non restreinte, l’analyse des valeurs propres (critère de Kaiser et scree plot de Cattell) révèle un premier facteur dominant expliquant à lui seul entre 42 % et 51 % de la variance totale. Cette dominance justifie statistiquement le calcul d’un score unique composite reflétant une « disposition générale à la tolérance antisociale ».
Cependant, les analyses factorielles confirmatoires (AFC) démontrent qu’un modèle hiérarchique ou un modèle à trois facteurs corrélés offre un ajustement nettement supérieur aux données que le modèle strictement unidimensionnel :
- Facteur 1 : Atteintes aux biens et délits d’appropriation (Items 3, 4, 5, 6, 7, 8). Saturations factorielles ($lambda$) élevées, comprises entre 0,62 et 0,83.
- Facteur 2 : Violence interpersonnelle et coercition armée (Items 9, 10, 11). Saturations factorielles comprises entre 0,71 et 0,86.
- Facteur 3 : Opposition à l’autorité / Déviance mineure (Items 1 et 2). Saturations factorielles comprises entre 0,52 et 0,68.
Indices d’ajustement structurel (AFC)
Dans les échantillons d’adolescents (N > 1 000), le modèle à trois facteurs interdépendants présente des indices psychométriques robustes :
- Chi-deux normé ($\chi^2 / dl$) : < 3,0
- Comparative Fit Index (CFI) : 0,961
- Tucker-Lewis Index (TLI) : 0,948
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : 0,044 (IC à 90 % : [0,036 ; 0,052])
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : 0,038
Ces paramètres confirment que, bien que hautement corrélées entre elles ($r$ inter-facteurs allant de 0,58 à 0,74), les dimensions de violence, d’atteinte aux biens et de rébellion envers l’autorité capturent des facettes distinctes de l’univers normatif des adolescents.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Enquête sur les attitudes envers la délinquance – Pittsburgh Youth Study (Attitude Toward Delinquency – Pittsburgh Youth Study [ATD-PYS]).
- Nature de l’évaluation : Questionnaire psychométrique standardisé en auto-évaluation (self-report paper-and-pencil or computerized survey). Peut être administré sous forme d’entretien directif standardisé chez les enfants plus jeunes ou les personnes ayant des difficultés de lecture.
- Population cible : Enfants à partir de 7-8 ans (grade 1 à 4 dans les protocoles adaptés), adolescents et adultes émergents. Initialement validé sur des cohortes masculines, puis étendu aux populations mixtes.
- Nombre total d’items : 11 items concis.
- Temps moyen de passation : Environ 5 à 10 minutes.
- Échelle de réponse : Échelle ordinale en 4 points :
3 = Very wrong(Très mal)2 = A little wrong(Un peu mal / Alittle wrong)1 = Wrong(Mal)0 = Not wrong at all(Pas mal du tout)
- Procédure de cotation et d’inversion (Scoring) :
- Règle d’inversion obligatoire : Dans le protocole original de recherche, tous les items sont inversés avant sommation afin que le score reflète l’adhésion antisociale : la modalité
3devient0,2devient1,1devient2, et0devient3. - Calcul du score total : Somme des 11 items recodés. L’étendue théorique des scores va de 0 à 33 points.
- Interprétation : Un score proche de 0 indique une réprobation absolue de tous les actes délinquants (conformité morale stricte). Un score élevé indique une tolérance permissive marquée et une justification cognitive étendue de la délinquance.
- Règle d’inversion obligatoire : Dans le protocole original de recherche, tous les items sont inversés avant sommation afin que le score reflète l’adhésion antisociale : la modalité
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 1998 (formalisation dans l’ouvrage de référence de Loeber, Farrington, Stouthamer-Loeber, & Van Kammen) ; instruments initiaux déployés sur le terrain dès le lancement de la Pittsburgh Youth Study à la fin des années 1980.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Développé sous les auspices de recherches subventionnées par des fonds publics fédéraux américains (notamment le National Institute of Mental Health [NIMH] et l’Office of Juvenile Justice and Delinquency Prevention [OJJDP]).
- Tarifs d’utilisation : Gratuit (aucun frais de licence ni redevance commerciale). L’outil relève du domaine de la recherche académique ouverte.
- Conditions d’accès : L’instrument complet, ses consignes d’administration et sa grille de dépouillement sont librement accessibles aux chercheurs, cliniciens et éducateurs dans les rapports institutionnels du gouvernement américain, notamment dans le compendium du CDC : Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (Dahlberg et al., 2005, page 33). Une citation appropriée des auteurs fondateurs est requise lors de toute utilisation scientifique.
12. Références / References
Voici les références bibliographiques académiques relatives à l’instrument, formalisées selon les normes APA 7e édition :
- Akers, R. L. (1998). Social learning and social structure: A general theory of crime and deviance. Northeastern University Press.
- Bandura, A. (1991). Social cognitive theory of moral thought and action. Dans W. M. Kurtines & J. L. Gewirtz (dir.), Handbook of moral behavior and development (Vol. 1, p. 45-103). Lawrence Erlbaum Associates.
- Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (2e éd., p. 33). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://files.eric.ed.gov/fulltext/ED486261.pdf
- Farrington, D. P., Loeber, R., & Van Kammen, W. B. (1990). Long-term criminal conduct and its childhood precursors. Dans The mental health of children and adolescents (p. 21-43). Lawrence Erlbaum Associates.
- Loeber, R., Farrington, D. P., Stouthamer-Loeber, M., & Van Kammen, W. B. (1998). Antisocial behavior and mental health problems: Explanatory factors in childhood and adolescence. Lawrence Erlbaum Associates.
- Loeber, R., Wung, P., Keenan, K., Giroux, B., Stouthamer-Loeber, M., Van Kammen, W. B., & Maughan, B. (1993). Developmental pathways in disruptive child behavior. Development and Psychopathology, 5(1-2), 103-133. https://doi.org/10.1017/S095457940000432X
- Sykes, G. M., & Matza, D. (1957). Techniques of neutralization: A theory of delinquency. American Sociological Review, 22(6), 664-670. https://doi.org/10.2307/2089195