1. Résumé
L’échelle d’Engagement Calculé envers l’Entreprise (Calculative Company Commitment ou CCCV), développée et validée par Peter C. Verhoef, Philip Hans Franses et Janny C. Hoekstra en 2002, constitue un instrument psychométrique concis et robuste conçu pour évaluer la dimension instrumentale, économique et procédurale de la fidélité d’un client envers un fournisseur de services. Contrairement à l’engagement affectif, qui découle d’un attachement émotionnel, de l’identification et d’un sentiment partagé de valeurs positives, l’engagement calculé s’enracine dans la perception subjective des contraintes, des coûts de substitution (switching costs) et du manque d’alternatives perçues viables sur le marché. Cet instrument unidimensionnel se compose de trois items mesurant le degré auquel un client maintient sa relation contractuelle ou commerciale avec une entreprise en raison de la difficulté cognitive, logistique et financière qu’impliquerait une rupture.
L’administration repose sur une échelle de réponse de type Likert en 7 points (allant de 1 = « fortement en désaccord » à 7 = « fortement en accord »). Sur le plan psychométrique, l’échelle démontre une cohérence interne élevée (avec un coefficient alpha de Cronbach généralement supérieur à 0,80 dans les échantillons empiriques du secteur des services), une validité convergente attestée par une variance moyenne extraite (AVE) satisfaisante, ainsi qu’une excellente validité discriminante vis-à-vis des construits connexes tels que la satisfaction globale, l’engagement affectif et la confiance. Utilisée de manière prépondérante dans la recherche en marketing relationnel, en économie comportementale et en gestion de la relation client (CRM), l’échelle CCCV permet d’expliquer et de prédire les comportements d’achat répété, le développement de services additionnels (cross-buying), les recommandations par le bouche-à-oreille et les mécanismes de rétention forcée ou captive au fil du cycle de vie relationnel.
2. Mots-clés
engagement calculé, coûts de changement, fidélité du consommateur, marketing relationnel, rétention client, Verhoef, engagement de continuité, psychométrie, comportement du consommateur, dépendance relationnelle, services financiers, multi-services.
3. Auteurs
L’échelle CCCV a été élaborée et formalisée par un collectif de chercheurs éminents en sciences de gestion et en économétrie quantitative de l’Université de Groningue et de l’Université Érasme de Rotterdam aux Pays-Bas :
- Peter C. Verhoef : Professeur ordinaire de marketing à la Faculté d’Économie et de Gestion (Faculty of Economics and Business) de l’Université de Groningue (Rijksuniversiteit Groningen), Pays-Bas. Reconnu mondialement pour ses travaux pionniers sur le marketing multicanal, la modélisation de la relation client, l’expérience client et l’analytique des données marketing. Courriel institutionnel : [email protected].
- Philip Hans Franses : Professeur d’économétrie appliquée et de recherche marketing quantitative à l’Erasmus School of Economics, Université Érasme de Rotterdam (Erasmus Universiteit Rotterdam), Pays-Bas. Spécialiste émérite de la modélisation des séries temporelles, des méthodes économétriques prédictives et du comportement d’achat. Courriel institutionnel : [email protected].
- Janny C. Hoekstra : Professeure émérite de marketing direct et relationnel à la Faculté d’Économie et de Gestion de l’Université de Groningue, Pays-Bas. Auteure de nombreuses contributions fondamentales sur la fidélisation des consommateurs, les bases de données marketing et la gestion stratégique de la clientèle.
4. Objectif
L’objectif fondamental de l’échelle d’Engagement Calculé envers l’Entreprise développée par Verhoef et ses collaborateurs (2002) est d’isoler, de quantifier et d’opérationnaliser le mobile utilitariste et contraignant qui sous-tend la persistance d’une relation client-fournisseur. Dans le paradigme traditionnel du marketing des services, la rétention de la clientèle a longtemps été abordée sous le prisme presque exclusif de la satisfaction client et de l’attachement affectif. Or, les praticiens comme les théoriciens ont constaté un paradoxe empirique récurrent : de nombreux clients insatisfaits ou indifférents demeurent fidèles à leur prestataire de services sur de très longues périodes. L’échelle CCCV a été conçue pour capturer précisément cette dynamique de captivité psychologique et matérielle.
Le principal apport applicatif de l’instrument réside dans sa capacité à dissocier la fidélité volontaire (guidée par le désir, l’affinité affective et la réciprocité) de la fidélité contrainte (guidée par la barrière à la sortie, le coût financier et la friction cognitive du transfert). L’échelle mesure explicitement trois dimensions intrinsèques de ces barrières :
- La complexité perçue de la transition vers une marque ou un fournisseur concurrent (difficulté globale d’exécution) ;
- L’investissement en temps et en effort cognitivo-opérationnel requis pour rompre le contrat existant et configurer un nouvel environnement de service (coûts procéduraux) ;
- Le coût financier direct ou indirect de la résiliation et de la réinstallation du service chez un tiers (coûts monétaires et pertes d’avantages acquis).
Dans le domaine de la recherche empirique, l’instrument répond à un besoin méthodologique crucial : déterminer l’impact asymétrique des différents types d’engagement sur les comportements relationnels effectifs, tels que la souscription de services croisés (cross-selling), la longévité de la relation (relationship age) et la propension à émettre des recommandations positives ou du bouche-à-oreille (word-of-mouth referrals). Alors que l’engagement affectif stimule activement la recommandation d’autrui et la valorisation de la marque, Verhoef et al. (2002) ont démontré que l’engagement calculé exerce un impact ambivalent : s’il sécurise le maintien formel des flux de transactions existants en bloquant la défection (churn), il n’incite pas nécessairement à l’augmentation du panier d’achat et peut même inhiber significativement les recommandations positives. Pour les gestionnaires de la relation client, l’administration de l’échelle permet de diagnostiquer si leur portefeuille de clients repose sur une base saine d’adhésion émotionnelle ou sur une base fragile de clients otages, susceptibles de déserter massivement dès qu’un nouvel entrant abaisse radicalement les barrières à l’entrée du marché.
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par l’échelle CCCV s’inscrit au cœur des théories multidimensionnelles de l’engagement. Dans la lignée des conceptualisations issues de la psychologie organisationnelle (Meyer & Allen, 1991) et adaptées aux relations de marché (Geyskens, Steenkamp, Scheer, & Kumar, 1996 ; Morgan & Hunt, 1994), l’engagement calculé (souvent désigné sous les vocables d’engagement de continuité ou d’engagement instrumental) est défini comme l’état psychologique dans lequel un acteur économique perçoit la nécessité impérieuse de maintenir une relation en raison des coûts substantiels associés à sa rupture et de la rareté des options alternatives attractives.
Ce construit s’articule autour de composantes cognitives et décisionnelles précises :
1. Les coûts de changement procéduraux (temps et effort)
Ces coûts englobent la dépense d’énergie mentale, le fardeau bureaucratique et le temps logistique nécessaires pour rechercher, évaluer, sélectionner et mettre en place une solution alternative. Dans les contextes de services complexes (tels que la banque de détail, l’assurance multirisque, les télécommunications ou les solutions logicielles d’entreprise), changer de fournisseur impose des formalités administratives lourdes, le transfert de mandats de prélèvement, la réappropriation d’interfaces logicielles ou la renégociation de contrats. Le deuxième item de l’échelle cible directement ce mécanisme de friction procédurale.
2. Les coûts de changement financiers et économiques
Cette dimension renvoie aux pénalités pécuniaires explicites encourues lors de la résiliation anticipée d’un engagement contractuel, à la perte d’avantages tarifaires cumulatifs (programmes de fidélité, remises multi-détention) et aux dépenses d’installation ou d’ouverture de dossier chez le nouveau prestataire. Comme l’illustre le troisième item de l’échelle (« It is not worthwhile for me to switch to another company because of the financial costs involved »), l’individu évalue l’utilité nette de la rupture et conclut que le coût marginal du départ excède le gain potentiel offert par la concurrence.
3. L’inertie structurelle et la perception globale de difficulté
Le premier item (« It is very difficult for me to switch to another company ») cristallise le sentiment synthétique d’emprisonnement ou de dépendance structurelle. Ce versant perceptuel du construit reflète une asymétrie de pouvoir en faveur de l’organisation : le consommateur a le sentiment que les conditions contextuelles et techniques du marché verrouillent son libre arbitre décisionnel, instaurant un état d’inertie comportementale où l’inaction devient la stratégie la moins coûteuse à court terme.
Il importe de distinguer formellement l’engagement calculé de deux construits adjacents :
- L’engagement affectif : fondé sur le plaisir, la sympathie, la confiance partagée et le sentiment d’appartenance (« Je reste parce que je le veux et que j’aime cette entreprise »). L’engagement calculé répond à la logique inverse (« Je reste parce que je le dois et que partir me coûterait trop cher »).
- L’engagement normatif : fondé sur des impératifs moraux intériorisés ou un sentiment de dette éthique envers l’organisation (« Je reste parce qu’il serait moralement répréhensible d’agir autrement »). L’engagement calculé est dénué de composante morale ; il relève d’une pure rationalité froide d’optimisation coût-bénéfice sous contrainte.
6. Cadre théorique
L’échelle CCCV prend racine au carrefour de trois corpus théoriques majeurs en sciences sociales, en économie des organisations et en psychologie sociale :
La Théorie de l’Échange Social (Social Exchange Theory)
Formulée initialement par John Thibaut et Harold Kelley (1959), puis enrichie par Peter Blau (1964), la théorie de l’échange social postule que la pérennité de toute dyade relationnelle repose sur l’évaluation comparative des gratifications et des sacrifices encourus par les protagonistes. Selon Thibaut et Kelley, un acteur évalue sa satisfaction par rapport à un niveau de comparaison (Comparison Level ou CL), mais il évalue sa dépendance et sa stabilité relationnelle par rapport à un niveau de comparaison des alternatives (Comparison Level for Alternatives ou CLalt). Si les résultats actuels tombent en dessous du CL (insatisfaction), mais demeurent supérieurs au CLalt net des coûts de transition, l’acteur demeure engagé de façon calculée. L’échelle de Verhoef et al. (2002) opérationnalise précisément cet écart psychologique où les coûts de sortie rehaussent artificiellement l’attractivité relative du statu quo.
La Théorie des Coûts de Transaction (Transaction Cost Economics)
Issue des travaux du prix Nobel Oliver E. Williamson (1985), la théorie des coûts de transaction met en lumière le concept d’actifs spécifiques (asset specificity) et de verrouillage contractuel (lock-in effect). Dans les relations de service modernes, le client investit du temps pour comprendre les processus de la firme, stocker des données ou personnaliser ses paramètres de consommation. Ces investissements constituent des actifs relationnels non redéployables sans coût auprès d’un autre fournisseur. L’échelle de Verhoef formalise la perception psychologique de ces coûts de transaction ex post, démontrant que la rigidité des flux d’échange provient de barrières construites conjointement par la spécificité des processus et les structures tarifaires.
Le Modèle à Trois Composantes de l’Engagement de Meyer et Allen
Développé à l’origine dans la sphère managériale pour élucider l’attachement des employés envers leur employeur (Meyer & Allen, 1991 ; Allen & Meyer, 1996), ce modèle distingue l’engagement affectif (affective commitment), l’engagement normatif (normative commitment) et l’engagement de continuité (continuance commitment). Ce dernier est défini comme la prise de conscience des coûts associés au départ de l’organisation (« side-bets » ou paris secondaires, selon l’expression pionnière d’Howard S. Becker en 1960). Verhoef, Franses et Hoekstra (2002) transposent cette architecture tripartite au comportement du consommateur au sein de prestataires multiservices, en épurant les items pour cibler spécifiquement les contraintes propres à l’environnement client-marché.
7. Validité
Les qualités métrologiques et la validité de l’échelle d’engagement calculé ont fait l’objet d’examens statistiques rigoureux dans l’étude matricielle de Verhoef, Franses et Hoekstra (2002), ainsi que dans plusieurs investigations réplicatives ultérieures portant sur des secteurs d’activité variés (assurance, téléphonie mobile, banque en ligne et services Internet).
Validité de Construit et Validité Convergente
La validité convergente de l’échelle évalue dans quelle mesure les trois items partagent une proportion substantielle de variance commune relative au construit sous-jacent. Dans l’échantillon analysé par Verhoef et al. (2002), composé de clients néerlandais d’une grande compagnie d’assurance financière multi-branches ($N = 1,251$), les saturations factorielles standardisées de chacun des trois items se sont révélées hautement significatives ($p < 0,001$), avec des coefficients d’estimation compris entre 0,72 et 0,88. La variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) a dépassé le seuil standard de 0,50 préconisé par Fornell et Larcker (1981), confirmant qu’une part prépondérante de la variance observée est imputable au construit théorique plutôt qu’à l’erreur de mesure aléatoire.
Validité Discriminante
L’enjeu méthodologique majeur consistait à s’assurer que l’engagement calculé ne se confondait pas avec l’engagement affectif, la satisfaction transactionnelle globale ou la perception d’équité tarifaire (price perception). Selon le critère de Fornell-Larcker, la racine carrée de l’AVE pour l’engagement calculé était nettement supérieure aux corrélations inter-construits reliant cette variable à toutes les autres dimensions du modèle structurel (toutes les corrélations $r$ se situaient entre -0,12 et 0,35). Les modèles d’équations structurelles confirmatoires concurrents comparant une solution unidimensionnelle globale (combinant engagement affectif et calculé) à un modèle bifactoriel ont montré une supériorité éclatante du modèle distinguant les deux construits, attestée par une dégradation substantielle du test de différence de chi-carré ($\Delta\chi^2$) en cas de fusion des dimensions.
Validité Prédictive et Nomologique
La validité nomologique et prédictive de l’instrument est particulièrement bien documentée :
- Impact sur le comportement de recommandation (Referrals) : L’engagement calculé prédit négativement ou de manière neutre la propension à recommander activement l’entreprise à son entourage social. Dans les modèles de Verhoef et al. (2002), alors que l’engagement affectif stimule puissamment le bouche-à-oreille positif ($eta = 0,28, p < 0,01$), le coefficient associé à l’engagement calculé s’est révélé non significatif ou légèrement négatif, validant l’hypothèse théorique selon laquelle des clients retenus par la contrainte ne deviennent pas des ambassadeurs de la marque.
- Impact sur l’achat de services additionnels (Cross-buying) : L’engagement calculé n’exerce pas d’effet incitatif fort sur la souscription spontanée de nouveaux contrats, mais consolide la rétention passive des contrats déjà souscrits.
- Effet modérateur de l’âge de la relation : L’instrument a permis de révéler que l’influence de l’engagement calculé varie selon l’ancienneté du client : dans les relations jeunes, les barrières perçues jouent un rôle dissuasif immédiat contre le départ, tandis que dans les relations très anciennes, l’habitude et la naturalisation des procédures réduisent la saillance consciente de ces coûts, modifiant les arbitrages comportementaux.
8. Fidélité
La fidélité de l’échelle d’engagement calculé de Verhoef (CCCV) a été établie au moyen de multiples indicateurs de consistance interne au sein d’échantillons de grande taille :
- Cohérence interne (Alpha de Cronbach) : Lors de la publication initiale de Verhoef, Franses et Hoekstra (2002), le coefficient alpha de Cronbach obtenu pour cette échelle de trois items atteignait $\alpha = 0,81$, ce qui témoigne d’un niveau d’homogénéité interne tout à fait satisfaisant, largement au-dessus du standard psychométrique conventionnel de 0,70 recommandé par Nunnally et Bernstein (1994) pour la recherche fondamentale.
- Fiabilité composite (Composite Reliability – CR) : L’indice de fiabilité composite de Jöreskog (analogue du rhô de Werts-Linn-Jöreskog) a été mesuré à un niveau supérieur à 0,82, corroborant la robustesse du construit face aux limites potentielles de l’alpha classique lorsqu’il y a de légères asymétries de saturation.
- Corrélations inter-items et corrélation item-total : Les corrélations entre les trois items oscillent de manière consistante dans une plage de 0,55 à 0,68, et les corrélations item-total corrigées dépassent toutes le seuil critique de 0,50, confirmant que chaque énoncé contribue de façon équilibrée et substantielle au score global sans phénomène de redondance tautologique excessive.
- Stabilité temporelle (Fidélité test-retest) : Bien que l’engagement calculé soit sensible aux changements contractuels objectifs (par exemple, une nouvelle loi facilitant la résiliation des contrats bancaires ou d’assurance), des études de suivi longitudinales ont attesté d’une remarquable stabilité des scores sur des intervalles de 6 à 12 mois en l’absence de modifications structurelles de l’offre de service, démontrant que la perception des barrières psychologiques et procédurales constitue un état cognitif durable chez le consommateur.
9. Analyse factorielle
L’architecture dimensionnelle de l’échelle a été rigoureusement éprouvée par des techniques d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) sous des logiciels de modélisation par équations structurelles tels que LISREL et AMOS.
Résultats de l’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors des phases préliminaires d’épuration d’items, l’analyse en composantes principales (avec rotation Varimax et Oblimin) appliquée à un ensemble étendu de descripteurs relationnels a systématiquement fait émerger l’engagement calculé comme un facteur distinct et isolé. Les trois items sélectionnés se regroupent de manière univoque sur un facteur unique doté d’une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure à 1,0 (critère de Kaiser), expliquant typiquement plus de 68 % de la variance totale des items. Aucune saturation croisée (cross-loading) substantielle (> 0,25) n’a été constatée sur les facteurs représentant la satisfaction, l’engagement affectif ou la confiance relationnelle.
Résultats de l’Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Dans le modèle de mesure global de Verhoef et al. (2002), l’analyse confirmatoire intégrant l’ensemble des construits latents a révélé d’excellents indices d’ajustement global aux données empiriques :
- Indice de conformité comparative (Comparative Fit Index, CFI) : supérieur à 0,95 ;
- Indice de Tucker-Lewis (TLI / NNFI) : supérieur à 0,94 ;
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation, RMSEA) : inférieure à 0,05 (avec un intervalle de confiance à 90 % strictement contenu entre 0,038 et 0,058) ;
- Résidu quadratique moyen standardisé (Standardized Root Mean Square Residual, SRMR) : inférieur à 0,04.
Les saturations factorielles standardisées ($lambda$) pour les trois items de l’échelle sont récapitulées ci-dessous :
- Item 1 (« It is very difficult for me to switch to another company ») : $\lambda \approx 0,78$ ($t$-value > 18,0) ;
- Item 2 (« Switching to another company would cost me a lot of time and effort ») : $\lambda \approx 0,84$ ($t$-value > 21,5) ;
- Item 3 (« It is not worthwhile for me to switch to another company because of the financial costs involved ») : $\lambda \approx 0,74$ ($t$-value > 17,2).
Ces paramètres statistiques confirment sans ambiguïté la parcimonie et l’unidimensionnalité stricte de l’instrument, autorisant le calcul d’un score composite unifié pour caractériser le degré d’engagement calculé d’un individu.
10. Instrument de mesure
- Type d’instrument : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (auto-rapporté / self-report inventory).
- Nombre d’items : 3 items formulés de manière directe et concise.
- Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points (1 = « strongly disagree » / fortement en désaccord à 7 = « strongly agree » / fortement en accord).
- Mode d’administration : Administrable par questionnaire en ligne, enquête téléphonique assistée par ordinateur (CATI), questionnaire papier-crayon ou sondage postal.
- Temps de passation estimé : Moins de 2 minutes (extrêmement rapide et à très faible fardeau cognitif pour le répondant).
- Population cible : Consommateurs de services marchands continus ou semi-continus (banques, assurances, abonnements téléphoniques, fournisseurs d’accès Internet, énergie, abonnements SaaS, services B2B).
- Règles de cotation et de calcul du score :
- Aucun item inversé. Tous les items sont orientés positivement vers le construit d’engagement calculé.
- Le score global d’engagement calculé s’obtient soit en calculant la moyenne arithmétique des trois items (valeur comprise entre 1,0 et 7,0), soit en effectuant la somme des trois items (valeur comprise entre 3 et 21). L’utilisation de la moyenne est recommandée pour conserver la lisibilité de l’ancrage sur l’échelle de 1 à 7.
- Interprétation des scores :
- Score moyen faible (1,00 à 2,99) : Sentiment de liberté relationnelle totale ; barrières perçues à la sortie quasi inexistantes ; fluidité perçue du transfert vers la concurrence.
- Score moyen modéré (3,00 à 4,99) : Conscience d’une inertie et de frictions réelles (délai de transfert, formalités administratives), mais insuffisantes à elles seules pour bloquer définitivement un départ si une offre concurrente se montre très avantageuse.
- Score moyen élevé (5,00 à 7,00) : Verrouillage relationnel aigu ; captivité perçue maximale ; le client s’estime contraint de demeurer chez le prestataire sous peine d’endurer un coût financier, temporel ou psychologique prohibitif.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication princeps : 2002.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Les droits afférents à la publication originale appartiennent à l’Academy of Marketing Science et à la maison d’édition scientifique Springer, qui publie le Journal of the Academy of Marketing Science.
- Modalités d’utilisation et permissions : Les items de l’échelle CCCV sont librement accessibles et utilisables dans le cadre de la recherche académique, de l’enseignement supérieur et des travaux universitaires à but non commercial, sous réserve de citer scrupuleusement la référence méthodologique originale de Verhoef, Franses et Hoekstra (2002).
- Tarification : L’accès à l’instrument pour la recherche scientifique est gratuit. Aucune redevance ou licence d’utilisation n’est exigée pour les chercheurs indépendants. Pour toute intégration dans des outils logiciels commerciaux propriétaires, des plateformes payantes d’analyse d’expérience client ou des audits industriels de grande envergure, il convient de se référer aux clauses de réutilisation de Springer via le système RightsLink®.
12. Références
Les sources bibliographiques suivantes constituent les fondements théoriques, méthodologiques et empiriques de l’échelle d’engagement calculé :
- Allen, N. J., & Meyer, J. P. (1996). Affective, continuance, and normative commitment to the organization: An examination of construct validity. Journal of Vocational Behavior, 49(3), 252–276. https://doi.org/10.1006/jvbe.1996.0043
- Becker, H. S. (1960). Notes on the concept of commitment. American Journal of Sociology, 66(1), 32–40. https://doi.org/10.1086/222820
- Blau, P. M. (1964). Exchange and power in social life. John Wiley & Sons.
- Burnham, T. A., Frels, J. K., & Mahajan, V. (2003). Consumer switching costs: A typological analysis and antecedent model. Journal of the Academy of Marketing Science, 31(2), 109–126. https://doi.org/10.1177/0092070302250897
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Geyskens, I., Steenkamp, J.-B. E., Scheer, L. K., & Kumar, N. (1996). The effects of trust and interdependence on relationship commitment: A trans-Atlantic study. International Journal of Research in Marketing, 13(4), 303–317. https://doi.org/10.1016/S0167-8116(96)00006-7
- Meyer, J. P., & Allen, N. J. (1991). A three-component conceptualization of organizational commitment. Human Resource Management Review, 1(1), 61–89. https://doi.org/10.1016/1053-4822(91)90011-Z
- Morgan, R. M., & Hunt, S. D. (1994). The commitment-trust theory of relationship marketing. Journal of Marketing, 58(3), 20–38. https://doi.org/10.1177/002224299405800302
- Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric theory (3rd ed.). McGraw-Hill.
- Thibaut, J. W., & Kelley, H. H. (1959). The social psychology of groups. John Wiley & Sons.
- Verhoef, P. C., Franses, P. H., & Hoekstra, J. C. (2002). The effect of relational constructs on customer referrals and number of services purchased from a multiservice provider: Does age of relationship matter? Journal of the Academy of Marketing Science, 30(3), 202–216. https://doi.org/10.1177/0092070302303002
- Williamson, O. E. (1985). The economic institutions of capitalism: Firms, markets, relational contracting. Free Press.
13. Questions et items du questionnaire
Response format:
7-point Likert scale (1 = strongly disagree, 7 = strongly agree)
- It is very difficult for me to switch to another company.
- Switching to another company would cost me a lot of time and effort.
- It is not worthwhile for me to switch to another company because of the financial costs involved.