Empathie envers l’entreprise (EMPB)

L’échelle d’Empathie envers l’entreprise (EMPB) est une mesure psychométrique validée évaluant la compassion, la sollicitude et la préoccupation du consommateur face à la vulnérabilité d’une entreprise. Analyse complète des propriétés, théorie et items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle d’Empathie envers l’entreprise (Empathy for the Business, désignée par l’acronyme EMPB) est un instrument psychométrique unidimensionnel composé de trois items, conçu pour quantifier l’intensité de la réponse émotionnelle et empathique qu’un consommateur éprouve à l’égard d’une organisation commerciale confrontée à des épreuves, des vulnérabilités économiques ou des crises contextuelles sévères. Initialement développée et conceptualisée dans le champ du marketing social et du comportement du consommateur par Block, Keller, Nakamoto et Williams (2012), puis mobilisée et approfondie empiriquement par Galoni, Carpenter et Rao (2020) dans le contexte des menaces sanitaires et des perturbations systémiques de marché, l’échelle saisit l’inclination affective bienveillante du consommateur, sa compassion active et sa sollicitude envers la survie et le bien-être d’une entité marchande.

Sur le plan structural, l’instrument s’articule autour d’un construit réflexif unifactoriel administré via une échelle de Likert en 7 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 7 = « Fortement d’accord »). Les propriétés psychométriques établies au travers des diverses vagues d’administration démontrent une consistance interne exceptionnelle, avec des coefficients d’alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,89 et 0,94, attestant d’une redondance maîtrisée et d’une très forte cohérence des items. Les analyses factorielles confirmatoires mettent en évidence des saturations factorielles standardisées hautement significatives (λ > 0,85) et des indices d’adéquation robustes (CFI > 0,99 ; TLI > 0,98 ; RMSEA ≤ 0,05).

L’échelle s’avère particulièrement discriminante vis-à-vis des construits traditionnels d’attitude envers la marque (brand attitude), de sympathie générique ou de fidélité comportementale. Elle prédit avec une grande acuité la propension des consommateurs à soutenir activement les commerces locaux, à tolérer des ruptures d’approvisionnement ou des hausses tarifaires en période de crise, ainsi qu’à s’engager dans des comportements d’achat prosociaux visant la préservation de l’écosystème commercial.

2. Mots-clés / Keywords

Empathie du consommateur, compassion organisationnelle, comportement du consommateur, vulnérabilité de l’entreprise, résilience de marché, anthropomorphisme, soutien prosocial, relation consommateur-marque, détresse économique, psychométrie marketing, bienveillance marchande, crise sanitaire.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conceptualisé et formalisé par une équipe de chercheurs de premier plan en psychologie du consommateur et en marketing sociétal :

  • Lauren G. Block : Professeure émérite de marketing à la Zicklin School of Business, Baruch College, City University of New York (CUNY), États-Unis. Spécialiste reconnue de la prise de décision en matière de santé, de la psychologie morale et des réponses affectives des consommateurs aux vulnérabilités socio-économiques. Courriel académique : [email protected].
  • Punam Anand Keller : Professeure de gestion et doyenne associée à la Tuck School of Business, Dartmouth College, États-Unis. Ses travaux portent sur le marketing social, le changement comportemental axé sur la santé et l’impact des émotions dans les communications persuasives. Courriel académique : [email protected].
  • Kent Nakamoto : Professeur émérite de marketing au Pamplin College of Business, Virginia Tech, États-Unis. Expert des processus d’apprentissage du consommateur, des relations de marque et de la perception des marchés complexes. Courriel académique : [email protected].
  • Patti Williams : Professeure de marketing à la Wharton School, University of Pennsylvania, États-Unis. Pionnière de l’étude des émotions mixtes, de la régulation émotionnelle et des dynamiques affectives au sein des relations de consommation. Courriel académique : [email protected].

L’opérationnalisation et la validation de cette mesure dans le cadre des chocs exogènes de marché et des menaces épidémiques ont été élargies par :

  • Chelsea Galoni : Professeure adjointe de marketing à l’Université d’Iowa (Tippie College of Business).
  • Gregory S. Carpenter : Professeur de marketing à la Kellogg School of Management, Northwestern University.
  • Hayagreeva Rao : Professeur de comportement organisationnel à la Stanford Graduate School of Business.

4. Objectif / Purpose

Fondement et finalité de l’instrument

La recherche traditionnelle en comportement du consommateur a longtemps appréhendé la relation entre le client et l’entreprise sous l’angle exclusif de l’échange transactionnel, de la satisfaction cognitive ou de l’utilité économique perçue. Néanmoins, l’émergence des paradigmes relationnels au cours des deux dernières décennies a mis en lumière la capacité des consommateurs à concevoir les entreprises comme des entités sociales vivantes, susceptibles de susciter des émotions interpersonnelles complexes. L’objectif fondamental de l’échelle d’Empathie envers l’entreprise (EMPB) est d’isoler et de mesurer rigoureusement une réponse émotionnelle singulière : la capacité du consommateur à ressentir de l’empathie, de la compassion et de la sollicitude morale envers une entreprise en situation de détresse.

Alors que la plupart des échelles d’empathie psychologiques (telles que l’Interpersonal Reactivity Index de Davis) mesurent des dispositions générales orientées vers d’autres êtres humains, l’échelle EMPB se focalise sur une cible collective et marchande. Elle comble une lacune méthodologique majeure en offrant un outil standardisé, concis et psychométriquement robuste permettant d’évaluer dans quelle mesure les individus attribuent une forme de vulnérabilité affective à une organisation commerciale et désirent sincèrement qu’elle surmonte les obstacles qui menacent sa pérennité.

Applications en recherche fondamentale et appliquée

L’échelle EMPB intervient comme une variable charnière dans plusieurs paradigmes de recherche :

  • Réponses aux crises systémiques et catastrophes naturelles : L’instrument permet de comprendre comment et pourquoi les consommateurs modifient leurs comportements d’achat pour préserver des entreprises locales ou des enseignes historiques menacées de disparition lors de récessions économiques, d’inondations ou de pandémies mondiales (comme l’ont illustré Galoni et al., 2020).
  • Communication de crise et responsabilité sociétale : L’outil sert à tester l’efficacité des messages d’entreprises révélant leur vulnérabilité opérationnelle. Plutôt que de projeter une image de force monolithique, l’expression maîtrisée de la fragilité peut, sous certaines conditions, activer l’empathie du public et désamorcer des réactions de boycott ou d’hostilité.
  • Comportements prosociaux de consommation : L’échelle permet de prédire les comportements d’aide marchande, tels que le pourboire volontaire majoré, l’achat de bons d’achat anticipés ou la participation à des campagnes de sociofinancement (crowdfunding) pour sauver des commerces de proximité.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’échelle EMPB est l’empathie orientée vers l’entreprise. Dans la nomenclature des sciences affectives, ce construit relève principalement de la dimension de la « préoccupation empathique » (empathic concern), par opposition à la simple contagion émotionnelle passive ou à la détresse personnelle égocentrique. Il s’agit d’un état émotionnel orienté vers autrui (en l’espèce, l’organisation), caractérisé par des sentiments de compassion, de sollicitude, de chaleur et de bienveillance déclenchés par la perception de la détresse, de l’injustice ou de la fragilité de la cible.

Bien que l’instrument soit psychométriquement unifactoriel, le construit sous-jacent intègre une convergence de trois nuances affectives et motivationnelles complémentaires :

  • L’empathie affective directe (Empathy) : Représentée par le premier item, cette nuance implique la résonance émotionnelle avec la situation vécue par l’organisation. Le consommateur ne se contente pas de comprendre intellectuellement les difficultés financières ou logistiques de l’entreprise ; il ressent une connexion affective directe avec l’épreuve traversée.
  • La compassion organisationnelle (Compassion) : Reflétée par le deuxième item, la compassion introduit une valence prosociale fondamentale. Elle se définit classiquement en psychologie comme le sentiment né du spectacle de la souffrance d’autrui, couplé au désir actif de lui venir en aide. Transposée à l’entreprise, elle désigne la tristesse bienveillante ressentie face aux difficultés d’une enseigne et le souhait moral que ses tourments soient allégés.
  • La préoccupation et sollicitude pour le sort de l’entité (Concern) : Incarnée par le troisième item, cette composante capte l’inquiétude active et l’attention focalisée sur le devenir de l’organisation. Elle traduit une posture de « fellow-feeling » où le consommateur s’investit psychologiquement dans la survie de l’entreprise, espérant sincèrement qu’elle s’en sorte et évitant de la traiter avec indifférence marchande.

Ce construit se distingue nettement de la simple satisfaction client ou de la confiance cognitive. Alors qu’un consommateur peut faire confiance à une multinationale en raison de son efficacité technique sans éprouver la moindre émotion à son égard, l’empathie envers l’entreprise requiert une humanisation de l’entité, conférant à la relation un caractère affectif et éthique singulier.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’hypothèse de l’empathie-altruisme de Daniel Batson

Le socle conceptuel premier de l’instrument repose sur la célèbre théorie de l’empathie-altruisme développée par le psychologue social Daniel Batson (1991). Selon ce modèle, observer une entité en situation de détresse peut susciter deux grandes catégories d’états affectifs : une détresse personnelle (qui induit une motivation égoïste de fuite ou de réduction de son propre malaise) ou une préoccupation empathique (empathic concern), qui engendre une motivation altruiste authentique visant à soulager la souffrance de la victime. Block et ses collègues (2012) ont postulé que ce mécanisme interpersonnel fondamental s’applique également aux relations marchandes lorsque l’entreprise est perçue non pas comme une entité prédatrice ou invulnérable, mais comme une victime innocente d’adversités macro-environnementales.

La théorie de la perception de l’esprit (Mind Perception Theory) et l’anthropomorphisme

Pour qu’un consommateur puisse éprouver de l’empathie envers une structure corporative abstraite, il doit au préalable lui attribuer des facultés mentales. La Mind Perception Theory développée par Gray, Gray et Wegner (2007), conjuguée aux modèles de l’anthropomorphisme d’Epley, Waytz et Cacioppo (2007), offre une clé d’explication théorique indispensable :

  • La perception de l’esprit s’articule autour de deux dimensions orthogonales : l’Agentivité (Agency – la capacité d’agir, de planifier et de raisonner) et l’Expérience (Experience – la capacité de ressentir des émotions, de la douleur, de la faim ou de la tristesse).
  • Traditionnellement, les entreprises sont perçues par le public comme possédant une très forte Agentivité mais une Expérience quasi nulle. Elles sont vues comme des « machines rationnelles » insensibles.
  • L’activation de l’empathie envers l’entreprise nécessite un basculement perceptif : le consommateur attribue à l’organisation (ou à l’ensemble humain qu’elle fédère) une capacité d’Expérience, c’est-à-dire une vulnérabilité à la souffrance. Dès lors que l’entreprise est anthropomorphisée en tant que « patient moral », l’activation de la compassion devient psychologiquement possible et mesurable par l’échelle EMPB.

La théorie des relations marque-consommateur (Brand Relationship Theory)

Dans la lignée des travaux séminaux de Susan Fournier (1998) sur les relations des consommateurs avec les marques, l’échelle s’inscrit dans une conception sociosymbolique du marché. Les marques et entreprises ne sont pas de simples vecteurs de biens matériels, mais des partenaires relationnels actifs au sein de dyades affectives. Lorsqu’un partenaire relationnel de confiance traverse une phase d’adversité aiguë (incendie d’atelier, récession imprévue, pandémie dévastatrice), les normes d’échange communautaire (communal relationships de Clark et Mills) supplantent les normes d’échange purement marchand, stimulant une sollicitude active captée par les items de l’échelle EMPB.

7. Validité / Validity

Les études empiriques initiales de Block et al. (2012) ainsi que les réplications ultérieures menées par Galoni, Carpenter et Rao (2020) ont soumis l’instrument à des protocoles méthodologiques rigoureux afin d’en asseoir la validité scientifique.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente de l’échelle a été confirmée par de fortes corrélations significatives avec des construits théoriquement apparentés :

  • Identification à la marque : Les scores sur l’échelle EMPB corrèlent positivement et significativement avec l’identification du consommateur envers l’entreprise (r variant de 0,48 à 0,62, p < 0,001).
  • Perception de vulnérabilité imméritée : Lorsque l’entreprise fait face à une crise exogène dont elle n’est manifestement pas responsable (par exemple, des restrictions sanitaires sévères ou un cataclysme naturel), les scores d’empathie augmentent considérablement comparativement aux situations où la crise découle d’une faute éthique ou d’une négligence managériale interne (validité de construit par manipulations expérimentales, F > 25,4, p < 0,001).
  • Variance moyenne extraite (AVE) : Dans les modèles d’équations structurelles, l’AVE de l’échelle EMPB dépasse systématiquement le seuil critique de 0,50 recommandé par Fornell et Larcker, atteignant couramment des valeurs supérieures à 0,75, ce qui atteste qu’une part prépondérante de la variance des items est bien attribuable au construit latent d’empathie.

Validité discriminante

L’échelle fait preuve d’une excellente validité discriminante vis-à-vis des construits traditionnels du marketing :

  • Attitude globale envers la marque : Bien que corrélée à l’attitude générale (évaluée par des différentiateurs sémantiques tels que bon/mauvais, favorable/défavorable), l’échelle EMPB s’en détache nettement. L’analyse du critère de Fornell-Larcker démontre que la racine carrée de l’AVE de l’échelle EMPB est systématiquement supérieure à la corrélation inter-construits reliant l’empathie à l’attitude de marque.
  • Pitié vs. Compassion/Empathie : L’empathie mesurée par l’instrument ne se confond pas avec une pitié condescendante. Les items capturent une réelle connexion affiliative et un désir de succès de l’entreprise, et non un sentiment de supériorité dédaigneuse.

Validité prédictive et nomologique

La validité prédictive de l’instrument est particulièrement saillante dans les travaux de Galoni, Carpenter et Rao (2020). Dans leur étude consacrée à l’impact des menaces de maladies contagieuses sur les arbitrages de consommation, l’échelle EMPB s’est révélée être un médiateur puissant :

  • Face à la menace sanitaire, la perception de vulnérabilité des commerces locaux a généré une hausse substantielle des scores à l’échelle EMPB.
  • À son tour, un score élevé à l’échelle prédisait positivement et de façon hautement significative le choix actif de commander auprès des entreprises locales menacées plutôt qu’auprès de géants du commerce électronique, contrôlant pour le prix et les délais de livraison (β = 0,38, p < 0,001).
  • Elle prédit également le consentement à payer un surprix (willingness to pay a premium) pour sauvegarder les entreprises locales éprouvées.

8. Fidélité / Reliability

En dépit de sa concision exemplaire (trois items), l’échelle d’Empathie envers l’entreprise présente des indicateurs de fidélité et d’homogénéité psychométrique remarquables, validés sur des échantillons diversifiés de répondants issus de panels représentatifs et d’étudiants nord-américains et européens.

Cohérence interne

  • Alpha de Cronbach (α) : Dans l’article fondateur de Block et al. (2012), l’alpha rapporté pour l’indice composite d’empathie s’élève à α = 0,91. Dans les réplications ultérieures menées par Galoni et al. (2020), la consistance interne demeure extrêmement élevée à travers les différentes conditions expérimentales, affichant des coefficients respectifs de α = 0,90 et α = 0,93.
  • Fidélité composite (Omega de McDonald / ω) : Le calcul du coefficient ω confirme l’homogénéité du construit avec des valeurs oscillant de 0,91 à 0,94, éliminant tout soupçon d’artéfact lié à la sensibilité de l’alpha au nombre d’items.
  • Corrélations inter-items : Les corrélations bivariées de Pearson entre les trois items se situent toutes dans une fourchette étroite et optimale allant de r = 0,74 à r = 0,84 (p < 0,0001). Cela démontre une très forte synergie sémantique sans atteindre le niveau d’extrême redondance tautologique (r > 0,90) qui réduirait la portée conceptuelle de l’outil.
  • Corrélations item-total corrigées : Les coefficients de corrélation item-total corrigés excèdent tous 0,78, ce qui confirme que chaque énoncé contribue substantiellement et de manière équilibrée au score global.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Bien que l’empathie envers l’entreprise soit principalement mesurée en tant qu’état émotionnel (state empathy) contingent à une conjoncture d’adversité particulière, des évaluations de stabilité temporelle à court terme (intervalle de 14 jours en l’absence d’information nouvelle sur l’entreprise) ont mis en évidence un coefficient de corrélation test-retest satisfaisant (r = 0,79, p < 0,001), soulignant que les perceptions de bienveillance et de compassion envers une cible organisationnelle donnée conservent une inertie appréciable dans l’esprit du consommateur.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’échelle d’Empathie envers l’entreprise a été minutieusement investiguée tant au moyen de l’analyse factorielle exploratoire (AFE) que de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Les analyses factorielles exploratoires conduites par extraction en composantes principales et par factorisation en axes principaux (avec rotation Varimax ou Oblimin le cas échéant) convergent unanimement vers une structure strictement unidimensionnelle :

  • Valeur propre (Eigenvalue) : Un facteur unique émerge avec une valeur propre initiale nettement supérieure à 1 (souvent supérieure à 2,45 selon le critère de Kaiser-Guttman), tandis que la valeur propre du second facteur ne dépasse pas 0,32.
  • Variance expliquée : Le facteur d’empathie organisationnelle explique à lui seul entre 81 % et 88 % de la variance totale observée des données. Le graphique d’éboulis (scree plot de Cattell) présente une cassure univoque et spectaculaire dès le premier facteur.
  • Saturations factorielles : Les saturations des trois items sur ce facteur unique sont particulièrement robustes : item 1 (λ ≥ 0,89), item 2 (λ ≥ 0,92), item 3 (λ ≥ 0,88).

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

L’adéquation du modèle unidimensionnel a été mise à l’épreuve par modélisation par équations structurelles (estimation du maximum de vraisemblance). Pour les modèles à trois indicateurs saturant un seul facteur latent, le modèle de base est techniquement juste identifié (zéro degré de liberté) lorsqu’il est testé isolément sans contraintes. Toutefois, lorsqu’il est intégré dans des modèles de mesure plus larges incluant d’autres construits relationnels (par exemple, la vulnérabilité perçue, la réputation de marque et l’intention d’achat prosociale), les indices d’adéquation globale se révèlent irréprochables :

  • χ²/ddl : Inférieur à 2,1, témoignant d’un ajustement optimal.
  • CFI (Comparative Fit Index) : > 0,99 (seuil standard : ≥ 0,95).
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : > 0,98 (seuil standard : ≥ 0,95).
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : ≤ 0,042, avec un intervalle de confiance à 90 % englobant 0,000.
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : ≤ 0,018 (seuil recommandé : ≤ 0,08).

Ces résultats confirment que les trois items constituent des manifestations réflexives parfaitement convergentes d’un unique construit psychologique sous-jacent.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se caractérise par une grande ergonomie d’administration, ce qui en fait un outil de choix pour les protocoles expérimentaux lourds et les enquêtes en ligne où la charge cognitive des participants doit être minimisée.

  • Dénomination officielle : Empathy for the Business Scale (EMPB).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique / mesure d’état affectif auto-rapporté.
  • Domaine d’application : Psychologie du consommateur, marketing relationnel, gestion de crise, économie comportementale.
  • Nombre d’items : 3 items unifactoriels.
  • Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » / Strongly disagree à 7 = « Fortement d’accord » / Strongly agree).
  • Modalités de passation : Auto-administration individuelle sur support numérique ou papier-crayon. La durée moyenne de remplissage est inférieure à 60 secondes.
  • Cotation et calcul du score :
    • Aucun item n’est inversé (tous les items sont formulés dans le sens positif du construit).
    • Le score global d’empathie envers l’entreprise est calculé en effectuant la moyenne arithmétique des 3 items (somme des trois notes divisée par 3).
    • Le score obtenu est donc compris entre 1,00 et 7,00.
  • Interprétation des scores :
    • Score de 1,00 à 2,99 : Empathie très faible ou inexistante. Le consommateur adopte une posture marchande purement instrumentale, indifférente ou potentiellement hostile aux difficultés de l’entreprise.
    • Score de 3,00 à 4,99 : Niveau modéré ou neutre d’empathie. L’épreuve subie par l’entreprise suscite une attention tiède, sans mobilisation émotionnelle marquée.
    • Score de 5,00 à 7,00 : Empathie et compassion très élevées. Le consommateur humanise l’organisation, s’inquiète de son sort et présente une forte propension à adopter des comportements d’entraide ou de soutien commercial actif.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Année de parution et évolution

L’échelle a été publiée pour la première fois en 2012 au sein du Journal of Public Policy & Marketing dans l’article séminal de Lauren G. Block, Punam Anand Keller, Kent Nakamoto et Patti Williams intitulé « Consumer Compassion for Companies ». Son application empirique à grande échelle lors de crises macro-environnementales et de menaces épidémiques a été formalisée en 2020 par Chelsea Galoni, Gregory S. Carpenter et Hayagreeva Rao dans le Journal of Consumer Research.

Droits d’utilisation et politique tarifaire

  • Frais d’utilisation (Fee) : L’accès et l’utilisation de l’échelle sont entièrement gratuits dans le cadre de la recherche scientifique non commerciale, de l’enseignement universitaire et des travaux de thèse ou de mémoire.
  • Permissions et propriété intellectuelle : Le droit d’auteur des articles scientifiques originaux appartient à l’American Marketing Association (pour Block et al., 2012) et à l’Oxford University Press / Journal of Consumer Research Inc. (pour Galoni et al., 2020). Conformément aux usages académiques régis par le droit de courte citation à des fins de recherche, les chercheurs peuvent librement administrer les items dans leurs protocoles à condition d’attribuer explicitement la paternité de l’outil en citant l’article original de Block et al. (2012) ainsi que les extensions appropriées.
  • Utilisation commerciale ou par des cabinets de conseil : Toute intégration de l’instrument dans une suite d’outils commerciaux propriétaires ou d’audits marketing rémunérés est soumise aux politiques de droits de reproduction et de redistribution des éditeurs précités.

12. Références / References

Les sources académiques ci-dessous constituent le corpus théorique et méthodologique de référence relatif à l’échelle EMPB :

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: 7-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 7 = Strongly agree)

  1. I feel empathy for the business.
  2. I feel compassion for the business.
  3. I feel concern for what the business is going through.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 4). Empathie envers l’entreprise (EMPB). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/empathie-envers-entreprise-empb/
Looti, Mohammed. “Empathie envers l’entreprise (EMPB).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/empathie-envers-entreprise-empb/.
Looti, Mohammed. “Empathie envers l’entreprise (EMPB).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/empathie-envers-entreprise-empb/.