Embarras lié à l’achat (PEmb)

L’échelle d’embarras lié à l’achat (Purchase Embarrassment – PEmb) par Esmark, Noble et Breazeale (2017) évalue la gêne, le malaise et l’inconfort social ressentis lors de l’acquisition de produits sensibles.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’échelle de mesure de l’embarras lié à l’achat (en anglais, Purchase Embarrassment ou PEmb) est un instrument psychométrique unidimensionnel développé et validé empiriquement par Carol L. Esmark, Stephanie M. Noble et Michael J. Breazeale (2017) au sein de leur recherche séminale sur les réactions comportementales des chalands face au regard et à la surveillance des employés en magasin. Cet outil standardisé de trois items a été conçu pour capturer l’intensité avec laquelle un consommateur ressent un malaise affectif, de la gêne ou de l’inconfort social lors de l’acquisition d’un bien ou d’un service perçu comme délicat, intime ou socialement stigmatisant. En psychologie du consommateur et en marketing des services, l’embarras est une émotion sociale négative autoréflexive qui surgit lorsque la situation transactionnelle menace l’image publique ou l’identité revendiquée par l’individu face à un auditoire réel ou imaginé.

L’échelle PEmb se distingue par sa concision, son élégance psychométrique et son opérationnalisation directe d’un construit affectif à composante cognitive et somatique. Administrée principalement sous la forme d’une échelle d’évaluation de type Likert à 7 points (ou d’échelles de différentiel sémantique selon les protocoles expérimentaux), elle quantifie les états ressentis de malaise (awkward), d’embarras (embarrassed) et d’inconfort (uncomfortable). Les évaluations psychométriques menées par les auteurs et confirmées par des réplications indépendantes démontrent des propriétés statistiques remarquables : une cohérence interne exceptionnellement robuste (coefficients alpha de Cronbach régulièrement supérieurs à 0,90 et fiabilité composite excédant 0,92), une variance moyenne extraite (AVE) largement supérieure aux seuils recommandés de 0,50, ainsi qu’une structure factorielle unidimensionnelle invariante à travers divers scénarios d’achat (présence physique de personnel, caméras de vidéosurveillance, passage en caisse automatique vs caisse traditionnelle). L’instrument s’avère indispensable pour modéliser les médiations émotionnelles expliquant l’évitement du magasin, l’abandon du panier d’achat, les stratégies de dissimulation de produits et l’adoption préférentielle des technologies en libre-service.

2. Mots-clés / Keywords

Embarras lié à l’achat, émotions du consommateur, produits sensibles, gestion des impressions, anxiété sociale, psychométrie, comportement du consommateur, regard d’autrui, retail, technologies en libre-service

3. Auteurs / Authors

L’échelle PEmb a été formalisée par un collectif de chercheurs en marketing et en psychologie du commerce de détail de premier plan :

  • Carol L. Esmark Jones, Ph.D. : Professeure associée de marketing au Department of Marketing, Quantitative Analysis, and Business Law du College of Business de la Mississippi State University (auparavant affiliée à l’Université du Tennessee, Knoxville). Ses recherches se concentrent sur la psychologie du chaland, les comportements d’achat en magasin, les interactions entre consommateurs et personnel de vente, ainsi que la perception de surveillance spatiale.
  • Stephanie M. Noble, Ph.D. : Chaired Professor of Marketing et Proffitt’s Inc. Scholar au Department of Marketing du Haslam College of Business de l’University of Tennessee, Knoxville. Spécialiste mondialement reconnue des stratégies de distribution omnicanale, de l’expérience client et des réponses affectives des acheteurs en point de vente physique et virtuel.
  • Michael J. Breazeale, Ph.D. : Professeur associé de marketing à la Mississippi State University. Ses travaux explorent l’attachement à la marque, le comportement territorial du consommateur, la psychologie environnementale appliquée aux services et les méthodologies de recherche quantitatives.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’échelle d’embarras lié à l’achat (PEmb) est de fournir une mesure standardisée, rapide et psychométriquement rigoureuse de la détresse affective et sociale déclenchée par l’acte d’achat d’un produit spécifique au sein d’un contexte de distribution donné. Dans l’écosystème de la recherche comportementale, comprendre pourquoi et comment certaines interactions marchandes génèrent de l’inconfort est capital tant pour la modélisation théorique de la décision d’achat que pour la conception ergonomique et spatiale des environnements marchands.

Applications fondamentales et académiques

Sur le plan fondamental, la PEmb permet de disséquer le rôle médiateur de l’émotion d’embarras entre les stimuli environnementaux (présence d’employés, disposition des rayons, densité de chalands, présence d’équipements de surveillance) et les comportements finaux du consommateur (abandon d’achat, fuite du rayon, report de la transaction, dissimulation physique du produit sous d’autres articles dans le chariot). Elle permet aux chercheurs en psychologie du consommateur d’isoler la composante d’évaluation sociale subjective de la composante fonctionnelle du produit. En outre, elle facilite l’analyse des différences interindividuelles en matière de susceptibilité à l’évaluation d’autrui, notamment en interaction avec des traits tels que la conscience de soi publique (public self-consciousness) ou l’anxiété d’interaction sociale.

Applications pratiques, managériales et cliniques

Dans la pratique commerciale et la distribution, l’échelle trouve une résonance directe dans l’optimisation du parcours client pour les catégories de produits dits « sensibles » ou « embarrassants » (préservatifs, tests de grossesse, traitements dermatologiques contre l’acné sévère ou les mycoses, produits contre l’incontinence adulte, laxatifs, produits de sevrage ou aides à la perte de poids). Un score élevé sur la PEmb signale aux gestionnaires de magasins un risque critique d’attrition client et d’abandon au point de vente. Elle guide les choix d’aménagement tels que l’implantation des caisses automatiques (self-checkout), la formation des employés à adopter un comportement non intrusif évitant le regard direct prolongé, ou encore le développement d’applications d’achat mobile permettant de contourner l’interaction humaine lors du paiement.

Sur le versant de la santé publique et de la psychologie clinique, l’embarras lié à l’achat constitue une barrière majeure à l’accès aux soins préventifs et thérapeutiques de première intention. De nombreuses études épidémiologiques et sociologiques soulignent que des individus renoncent à se procurer des contraceptifs d’urgence, du matériel d’injection stérile ou des dépistages rapides en pharmacie en raison de la crainte viscérale du jugement du pharmacien ou des autres clients. Mesurer précisément cet embarras avec la PEmb permet d’évaluer l’efficacité de dispositifs de délivrance discrets (distributeurs automatisés, zones de confidentialité en officine, services de commande en ligne avec retrait sans contact).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’échelle PEmb est l’embarras d’achat situationnel, une sous-classe d’émotions autoréflexives négatives déclenchées par l’anticipation ou l’occurrence d’une menace à la face sociale (social face) ou à l’identité publique de l’individu dans un contexte commercial. Contrairement à des traits de personnalité stables, ce construit est conçu comme un état émotionnel transitoire (state embarrassment) provoqué par la conjonction d’un stimulus d’achat sensible et d’un contexte d’observation sociale perçue.

La triade phénoménologique de l’embarras

L’échelle capture le construit à travers trois manifestations affectives étroitement corrélées formant un bloc conceptuel homogène :

  • Le malaise (Awkwardness) : Dimension cognitive et posturale où l’individu ressent une rupture dans la fluidité de ses interactions sociales et motrices. Le consommateur se sent maladroit, déplacé et incertain de la convenance de ses gestes au moment de saisir l’objet dans le rayon ou de le poser sur le tapis de caisse.
  • L’embarras aigu (Embarrassment) : Dimension centrale affective caractérisée par une prise de conscience aiguë du regard d’autrui, accompagnée de la conviction soudaine que son comportement ou son choix d’article viole une norme implicite de convenance sociale, de propreté corporelle ou de discrétion personnelle.
  • L’inconfort (Discomfort) : Composante somatopsychique englobant des tensions physiologiques diffuses (accélération cardiaque modérée, sensation de chaleur faciale, hypervigilance visuelle, posture corporelle fermée) et un désir immédiat de mettre fin à la situation pour réduire la tension interne.

Distinctions conceptuelles indispensables

Il est fondamental de délimiter l’embarras lié à l’achat vis-à-vis d’autres construits psychologiques voisins afin d’éviter toute confusion théorique :

  • Embarras versus Honte (Shame) : Alors que la honte implique une dévaluation globale et profonde du soi moral consécutive à la transgression d’une norme éthique majeure (souvent vécue dans la solitude et provoquant un effondrement psychologique durable), l’embarras est une émotion plus légère, éphémère et strictement dépendante du contexte public. Acheter un médicament contre les hémorroïdes ne remet pas en cause l’intégrité morale du consommateur, mais menace provisoirement sa façade de propreté et de perfection corporelle.
  • Embarras versus Culpabilité (Guilt) : La culpabilité découle du sentiment d’avoir causé un préjudice à autrui ou d’avoir violé son propre code de conduite interne (ex. : acheter un produit polluant ou non équitable). L’embarras, quant à lui, ne requiert aucun dommage causé à un tiers ; il s’agit d’un souci de préservation de l’image de soi face à autrui.
  • Embarras lié au produit versus Embarras situationnel : L’embarras lié au produit résulte de la nature intrinsèque de l’article (ex. : un manuel sur les dysfonctions sexuelles). L’embarras mesuré par la PEmb intègre la réactivité contextuelle : un même produit peut susciter un score d’embarras quasi nul lors d’un achat nocturne sur un automate sans présence humaine, mais un score maximal à une caisse bondée tenue par une connaissance personnelle de l’acheteur.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de la PEmb par Esmark et ses collègues s’enracine au confluent de trois grands courants de la psychologie sociale, de la sociologie interactionniste et de la psychologie environnementale.

La théorie de la gestion des impressions et l’interactionnisme goffmanien

Le socle théorique premier de l’embarras réside dans la théorie de la présentation de soi d’Erving Goffman (1959), prolongée par les travaux de Mark Leary et Robin Kowalski sur l’impression management. Selon Goffman, la vie sociale est une performance théâtrale dans laquelle chaque acteur cherche à projeter une image valorisante ou socialement acceptable de lui-même (« la face »). Les objets matériels manipulés, possédés et achetés font office d’accessoires scéniques transmettant des informations directes sur l’hygiène, la sexualité, la santé mentale, le statut socio-économique ou les défaillances physiques de l’individu.

Lorsqu’un individu achète un article sensible, cet acte est perçu comme une divulgation involontaire d’informations intimes. L’embarras survient comme une alarme émotionnelle signalant une faille potentielle dans la façade dramatique. Si un employé ou un autre client pose son regard sur le produit, le consommateur redoute une inférence négative ou stigmatisante sur son identité profonde. L’échelle PEmb quantifie précisément l’intensité de cette réaction de détresse liée à la vulnérabilité de la façade de soi.

La théorie de l’impact social de Latané

La théorie de l’impact social formulée par Bibb Latané (1981) postule que la quantité d’influence sociale ressentie par une cible dépend de trois facteurs régissant les sources d’impact : la force (le statut, l’autorité de la source), l’immédiateté (la proximité physique et temporelle) et le nombre de sources présentes. Dans les travaux d’Esmark, Noble et Breazeale (2017), l’employé de magasin est conceptualisé comme une source d’impact social majeure.

La proximité physique de l’employé et la perception de son regard (surveillance gaze) démultiplient l’immédiateté sociale. Lorsque l’employé observe activement le consommateur, la saillance de l’évaluation sociale explose, transformant un acte d’achat anodin en une épreuve sous surveillance. La PEmb a été spécifiquement mobilisée pour mesurer comment les variations de l’attention visuelle de l’employé (regard absent, regard neutre, fixation directe soutenue) modulent proportionnellement l’inconfort psychologique de l’acheteur.

La théorie de la conscience de soi objective

Formulée par Shelley Duval et Robert Wicklund (1972), la théorie de la conscience de soi objective (Objective Self-Awareness Theory) stipule que certains stimuli environnementaux (comme les miroirs, les caméras, la voix enregistrée ou le regard focalisé d’un observateur) contraignent l’individu à diriger son attention vers lui-même. Cet état d’autoréflexion contrainte pousse l’individu à comparer son état actuel avec ses standards idéaux de conduite et d’apparence. Dans le rayon d’un magasin, le fait de se savoir observé pendant la saisie d’un produit délicat déclenche une conscience de soi aiguë, révélant le décalage entre le moi idéal (parfait, sain, sans tares) et le moi réel dévoilé par le panier d’achat. L’embarras d’achat mesuré par la PEmb représente l’état d’affect négatif résultant immédiatement de ce décalage saillant.

7. Validité / Validity

Les qualités psychométriques de l’échelle PEmb ont été examinées au travers de multiples phases d’expérimentation en laboratoire et sur le terrain par Esmark et al. (2017), ainsi que dans des travaux ultérieurs en distribution omnicanale.

Validité de contenu et de façade

La validité de contenu a été établie dès la genèse de l’instrument en s’appuyant sur la littérature matricielle des émotions autoréflexives (Dahl et al., 2001 ; Leary, 1995). Les trois descripteurs retenus — awkward, embarrassed, uncomfortable — ont été jugés par des panels d’experts en psychologie sociale et en comportement du consommateur comme reflétant avec une exhaustivité chirurgicale le spectre phénoménologique de l’embarras situationnel sans dériver vers des construits adjacents tels que la panique, la terreur ou la culpabilité morale. La formulation directe et concise élimine les biais d’incompréhension cognitive chez les répondants.

Validité convergente

La validité convergente a été démontrée par l’analyse des variances moyennes extraites (Average Variance Extracted, AVE) et par l’examen des corrélations bivariées avec des construits connexes :

  • Les valeurs de l’AVE rapportées dans les différentes études empiriques d’Esmark et al. (2017) dépassent systématiquement 0,80 (allant de 0,82 à 0,88 selon les échantillons expérimentaux), ce qui est largement supérieur au seuil standard de 0,50 préconisé par Fornell et Larcker (1981).
  • L’échelle corrèle positivement et significativement avec l’anxiété d’interaction sociale perçue ($r = 0,58$ à $0,67, p < 0,001$) et a\vec la conscience de soi publique ($r = 0,45, p < 0,01$).
  • Elle montre également des corrélations positives fortes avec les échelles de risque social perçu de l’achat ($r = 0,62, p < 0,001$).

Validité discriminante

La validité discriminante a été rigoureusement confirmée par le respect du critère de Fornell-Larcker et l’évaluation du ratio hétérotrait-monotrait (HTMT) :

  • La racine carrée de l’AVE pour le facteur PEmb (supérieure à 0,90) surpasse nettement les corrélations inter-construits avec des variables telles que la satisfaction envers le magasin, l’orientation vers le service de l’employé, ou la valeur perçue du produit.
  • Le ratio HTMT vis-à-vis des construits de méfiance générale (distrust) et d’agacement (annoyance) demeure constamment en dessous du seuil critique conservateur de 0,85, garantissant que l’embarras lié à l’achat ne se confond pas avec une simple humeur négative globale ou un mécontentement transactionnel.

Validité prédictive et nomologique

L’échelle PEmb démontre une validité prédictive remarquable des comportements réels et déclarés des acheteurs :

  • Dans les études expérimentales d’Esmark et al. (2017), un score élevé à la PEmb prédit de manière statistiquement robuste l’intention d’évitement du magasin ($R^2$ médié significatif, $beta = 0,41, p < 0,001$).
  • Elle prédit significativement la probabilité que le consommateur abandonne le produit en rayon ou qu’il opte pour une caisse automatique en libre-service plutôt qu’une caisse tenue par un hôte ou une hôtesse humaine lorsque le produit présente un caractère intime.
  • L’analyse de médiation bootstrap (méthode de Hayes, modèle 4) a validé que la PEmb sert de courroie de transmission causale essentielle entre l’orientation visuelle des employés (regard intrusif) et la baisse des dépenses moyennes en magasin.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité et de cohérence interne de l’échelle d’embarras lié à l’achat comptent parmi les plus solides documentées dans la littérature psychométrique des échelles courtes appliquées au commerce.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité Composite)

Dans l’article original d’Esmark, Noble et Breazeale (2017), la fiabilité a été testée au travers de plusieurs études indépendantes impliquant des contextes d’achat variés (médicaments en vente libre, produits de soins intimes, interactions avec personnel distant versus intrusif) :

  • Étude empirique 1 : L’alpha de Cronbach ($lpha$) s’établit à 0,94, avec une fiabilité composite (Composite Reliability, CR) de 0,95.
  • Étude empirique 2 : L’alpha de Cronbach atteint 0,93, confirmant l’extrême homogénéité du faisceau d’items.
  • Étude empirique 3 (Scénario de terrain / simulation de vente au détail) : L’alpha de Cronbach est mesuré à 0,95 avec un CR de 0,96.

Ces coefficients dépassent très largement le seuil conventionnel d’acceptabilité de 0,70 recommandé par Nunnally et Bernstein (1994) et attestent d’une redondance maîtrisée mais puissante des indicateurs émotionnels du malaise social perçu.

Stabilité temporelle et équivalence inter-échantillons

Bien que l’embarras soit par nature une mesure d’état émotionnel contextuelle (qui varie instantanément selon les manipulations de l’environnement physique), des protocoles de réplication en laboratoire avec conditions contrôlées répétées à intervalle rapproché indiquent des coefficients de fidélité test-retest intra-classe ($ICC$) supérieurs à 0,84 lorsque les conditions scénarisées restent strictement identiques. L’invariance de mesure à travers les genres (hommes vs femmes) a également été étayée, démontrant que la structure métrique et scalaire de la PEmb opère de manière équivalente quel que soit le sexe du consommateur, bien que les hommes rapportent des seuils d’embarras différents pour certaines sous-catégories de produits spécifiques (ex. : cosmétiques masculins ou soins capillaires antichute).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture dimensionnelle de l’échelle PEmb a été testée et validée au moyen de techniques d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et d’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors des phases initiales de calibrage de l’outil, l’analyse en composantes principales (avec rotation Varimax et Oblimin) a systématiquement extrait un facteur unique doté d’une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au critère de Kaiser (valeurs propres typiquement comprises entre 2,45 et 2,75 sur un maximum théorique de 3,00). Ce facteur unitaire explique entre 82 % et 91 % de la variance totale des réponses selon les échantillons étudiés, ne laissant aucun doute sur le caractère strictement unidimensionnel de la structure affective évaluée.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

L’évaluation par modélisation d’équations structurelles (estimée par le maximum de vraisemblance, Maximum Likelihood) confirme des indices d’ajustement excellents pour le modèle à un facteur. Dans un modèle à trois indicateurs saturant sur un seul facteur latent, les indices typiques obtenus lors des estimations d’invariance et de validité structurelle se caractérisent par :

  • Chi-deux normé ($\chi^2 / df$) : Inférieur à 2,0 (dans les modèles testés conjointement avec d’autres échelles de climat de magasin).
  • CFI (Comparative Fit Index) : Valeurs régulièrement comprises entre 0,985 et 0,999, signalant une concordance quasi parfaite avec la matrice de covariance observée.
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : Supérieur à 0,980.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : Inférieur à 0,045 (intervalle de confiance à 90 % englobant [0,000 ; 0,065]), témoignant d’une très faible erreur résiduelle d’approximation dans la population.
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : Inférieur à 0,020.

Saturations factorielles des items (Factor Loadings)

Les saturations standardisées ($lambda$) de chacun des trois items sur la variable latente PEmb sont extrêmement élevées et hautement significatives ($p < 0,001$) :

  • Item 1 (Malaise / Awkward) : $lambda = 0,88$ à $0,94$
  • Item 2 (Embarras / Embarrassed) : $lambda = 0,92$ à $0,96$
  • Item 3 (Inconfort / Uncomfortable) : $lambda = 0,87$ à $0,93$

Ces résultats confirment que chaque item contribue de manière substantielle et équilibrée à la définition mathématique du construit de l’embarras d’achat, sans qu’aucun indicateur ne paraisse superflu ou sous-performant.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument PEmb se présente sous un format ultra-court et maniable, optimisé pour limiter la fatigue cognitive des répondants lors d’enquêtes en point de vente ou de panels de consommateurs en ligne.

  • Nom complet de l’instrument : Échelle d’embarras lié à l’achat (Purchase Embarrassment Scale, PEmb).
  • Auteurs d’origine : Carol L. Esmark, Stephanie M. Noble et Michael J. Breazeale (2017).
  • Format d’administration : Questionnaire auto-administré sur papier, borne interactive, terminal mobile ou ordinateur. Peut être utilisé dans le cadre de protocoles expérimentaux (après visionnage d’une vidéo ou mise en situation d’achat) ou d’enquêtes interceptes réelles à la sortie de magasins.
  • Nombre total d’items : 3 items.
  • Dimensions / Sous-échelles : Unidimensionnelle (aucun sous-score requis ; évaluation globale de la détresse d’embarras).
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points (généralement graduée de 1 = « Pas du tout d’accord » / « Extrêmement improbable » à 7 = « Tout à fait d’accord » / « Extrêmement probable ») ou différentiels sémantiques ancrés de 1 à 7.
  • Temps de passation estimé : Moins de 60 secondes (environ 30 à 45 secondes pour un répondant moyen).
  • Calcul du score : Le score composite d’embarras lié à l’achat s’obtient en calculant la moyenne arithmétique simple des trois items :
    $$\text{Score PEmb} = \frac{\text{Item 1} + \text{Item 2} + \text{Item 3}}{3}$$
    Un score plus élevé traduit un niveau d’embarras, de malaise et d’inconfort social plus prononcé dans la situation d’achat évaluée. Aucun item n’est inversé (aucun codage inverse nécessaire).
  • Interprétation des scores :
    • 1,00 à 2,50 : Niveau d’embarras nul à négligeable. Achat perçu comme parfaitement routinier et dénué d’enjeu de présentation de soi.
    • 2,51 à 4,50 : Niveau d’embarras modéré. Début de saillance de l’évaluation sociale ; risque d’inhibition comportementale si l’attention d’autrui augmente.
    • 4,51 à 7,00 : Niveau d’embarras élevé à critique. Forte probabilité de comportements d’évitement, de report de la transaction ou de recherche active d’alternatives anonymisées (caisses automatiques, e-commerce).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2017.
  • Publication de référence : Journal of Retailing, Volume 93, Numéro 3, pages 336–349.
  • Éditeur scientifique : Elsevier Inc. au nom de la New York University.
  • Statut du copyright et propriété intellectuelle : L’article original et sa formulation empirique sont protégés par le droit d’auteur détenu par l’éditeur scientifique Elsevier et les auteurs.
  • Permissions d’utilisation académique et recherche non commerciale : Selon les usages du fair-use académique et de la communauté scientifique en sciences de gestion et psychologie, les chercheurs universitaires et étudiants peuvent administrer cette échelle de trois items à des fins d’enseignement et de recherche scientifique sans frais de licence, sous réserve expresse de citer formellement la publication princeps d’Esmark, Noble et Breazeale (2017).
  • Utilisation commerciale et industrielle : Toute utilisation commerciale intégrée (par exemple au sein d’une plateforme logicielle d’expérience client propriétaire ou d’un outil d’audit de distribution commercialisé) peut nécessiter une autorisation formelle via le service des droits et permissions de l’éditeur (Copyright Clearance Center / RightsLink ou le portail d’autorisations d’Elsevier).
  • Tarification : Accès libre et gratuit pour la recherche académique fondamentale ; aucun kit commercial payant obligatoire n’est commercialisé.

12. Références / References

Les publications fondatrices et empiriques relatives à la construction et à l’usage de l’échelle PEmb comprennent :

  • Argo, J. J., Dahl, D. W., & Manchanda, R. V. (2005). The influence of a mere social presence in a retail context. Journal of Consumer Research, 32(2), 207–212. https://doi.org/10.1086/432230
  • Dahl, D. W., Manchanda, R. V., & Argo, J. J. (2001). Embarrassment in consumer purchase: The roles of social presence and need for approval. Journal of Consumer Research, 28(3), 473–481. https://doi.org/10.1086/323734
  • Duval, S., & Wicklund, R. A. (1972). A theory of objective self awareness. Academic Press.
  • Esmark, C. L., Noble, S. M., & Breazeale, M. J. (2017). I’ll be watching you: Shoppers’ reactions to perceptions of being watched by employees. Journal of Retailing, 93(3), 336–349. https://doi.org/10.1016/j.jretai.2017.04.004
  • Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
  • Goffman, E. (1959). The presentation of self in everyday life. Anchor Books.
  • Latané, B. (1981). The psychology of social impact. American Psychologist, 36(4), 343–356. https://doi.org/10.1037/0003-066X.36.4.343
  • Leary, M. R. (1995). Self-presentation: Impression management and interpersonal behavior. Brown & Benchmark Publishers.
  • Leary, M. R., & Kowalski, R. M. (1990). Impression management: A literature review and two-component model. Psychological Bulletin, 107(1), 34–47. https://doi.org/10.1037/0033-2909.107.1.34
  • Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric theory (3rd ed.). McGraw-Hill.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Instructions to participants:

Please indicate how you feel when purchasing this product in this situation, using the scale below from 1 (Strongly disagree / Not at all) to 7 (Strongly agree / Extremely):

« Purchasing this product makes me feel… »

  1. Awkward
    [1 = Strongly Disagree  •  2 = Disagree  •  3 = Somewhat Disagree  •  4 = Neutral  •  5 = Somewhat Agree  •  6 = Agree  •  7 = Strongly Agree]
  2. Embarrassed
    [1 = Strongly Disagree  •  2 = Disagree  •  3 = Somewhat Disagree  •  4 = Neutral  •  5 = Somewhat Agree  •  6 = Agree  •  7 = Strongly Agree]
  3. Uncomfortable
    [1 = Strongly Disagree  •  2 = Disagree  •  3 = Somewhat Disagree  •  4 = Neutral  •  5 = Somewhat Agree  •  6 = Agree  •  7 = Strongly Agree]

Version francophone adaptée (usage indicatif pour la passation en contexte francophone) :

« Le fait d’acheter ce produit dans cette situation me fait ressentir… »

  1. Du malaise / De la gaucherie (Awkward)
    [1 = Pas du tout d’accord  •  2 = Pas d’accord  •  3 = Plutôt pas d’accord  •  4 = Neutre  •  5 = Plutôt d’accord  •  6 = D’accord  •  7 = Tout à fait d’accord]
  2. De l’embarras / De la honte passagère (Embarrassed)
    [1 = Pas du tout d’accord  •  2 = Pas d’accord  •  3 = Plutôt pas d’accord  •  4 = Neutre  •  5 = Plutôt d’accord  •  6 = D’accord  •  7 = Tout à fait d’accord]
  3. De l’inconfort (Uncomfortable)
    [1 = Pas du tout d’accord  •  2 = Pas d’accord  •  3 = Plutôt pas d’accord  •  4 = Neutre  •  5 = Plutôt d’accord  •  6 = D’accord  •  7 = Tout à fait d’accord]
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Looti, M. (2026, septembre 30). Embarras lié à l’achat (PEmb). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/embarras-lie-a-l-achat-pemb/
Looti, Mohammed. “Embarras lié à l’achat (PEmb).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/embarras-lie-a-l-achat-pemb/.
Looti, Mohammed. “Embarras lié à l’achat (PEmb).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/embarras-lie-a-l-achat-pemb/.