Élévation active de la jambe tendue + Test de la ceinture pelvienne

Analyse psychométrique et clinique approfondie du test d’élévation active de la jambe tendue (Active Straight Leg Raise – ASLR) combiné au test de la ceinture pelvienne, développé par Jan M. A. Mens pour l’évaluation de l’instabilité lombo-pelvienne.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Le test d’élévation active de la jambe tendue (communément abrégé ASLR pour Active Straight Leg Raise) combiné au test de la ceinture pelvienne (Bekkenbandtest) constitue une procédure d’évaluation clinique et fonctionnelle standardisée, conçue pour quantifier la défaillance du transfert de charge au niveau de la ceinture pelvienne et l’instabilité fonctionnelle de l’anneau pelvien et du rachis lombaire. Développé initialement par le chercheur et médecin néerlandais Jan M. A. Mens et ses collaborateurs en 1999 et 2001 au sein du centre de recherche sur la douleur pelvienne de Rotterdam, cet outil s’adresse principalement aux patientes souffrant de douleurs de la ceinture pelvienne liées à la grossesse (Pregnancy-Related Pelvic Girdle Pain – PPGP), ainsi qu’aux populations adultes et âgées présentant des lombalgies chroniques avec suspicion de dysfonction sacro-iliaque.

Sur le plan métrologique, l’épreuve repose sur une tâche de performance physique au cours de laquelle le patient, placé en décubitus dorsal, doit élever activement chaque membre inférieur tendu de 20 centimètres au-dessus du plan d’examen. La difficulté ressentie pour réaliser ce geste est quantifiée sur une échelle de Likert en six points (de 0 = « aucune difficulté » à 5 = « incapable de lever la jambe ») pour chaque côté, générant un score composite bilatéral allant de 0 à 10. Lorsque le test ASLR est positif (score ≥ 1), le praticien applique le Bekkenbandtest, qui consiste à répéter la manœuvre sous compression pelvienne mécanique externe à l’aide d’une sangle rigide serrée au niveau des grandes tubérosités et du pubis. L’atténuation significative de l’effort ou de la douleur confirme la présence d’un déficit de « fermeture de force » (force closure).

Les études de validation psychométrique démontrent une fidélité inter-examinateurs et intra-examinateur exceptionnelle (coefficients de corrélation intraclasse ICC oscillant entre 0,82 et 0,94), ainsi qu’une sensibilité clinique remarquable (0,87 à 0,92) et une spécificité élevée (0,74 à 0,94) pour discriminer les sujets sains des patients souffrant de dysfonctions mécaniques de l’articulation sacro-iliaque. L’outil s’est imposé dans les recommandations internationales comme un biomarqueur clinique fondamental de la stabilité lombo-pelvienne.

2. Mots-clés / Keywords

Élévation active de la jambe tendue, test de la ceinture pelvienne, ASLR, Jan Mens, douleur de la ceinture pelvienne, instabilité sacro-iliaque, fermeture de force, biomécanique pelvienne, fidélité test-retest, transfert de charge lombo-pelvien.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été élaboré et validé par une équipe pionnière en biomécanique clinique de l’appareil locomoteur et de la réadaptation fonctionnelle à l’Université Érasme de Rotterdam (Pays-Bas) :

  • Jan M. A. Mens, MD, PhD : Médecin rééducateur, chercheur principal au Département de Médecine Physique et Réadaptation, Centre Médical Universitaire Érasme (Erasmus MC), Rotterdam, Pays-Bas. Spécialiste mondial des pathologies de la ceinture pelvienne et de la symphyse pubienne. Contact académique : Erasmus MC, Gravendijkwal 230, 3015 CE Rotterdam.
  • Andry Vleeming, PhD : Professeur d’anatomie clinique et de biomécanique, Département de Réadaptation, Erasmus MC Rotterdam, et Professeur affilié au Medical College de l’Université de Nouvelle-Angleterre (Maine, États-Unis). Concepteur des modèles de « fermeture de forme » et de « fermeture de force ».
  • Cees J. Snijders, PhD : Professeur émérite de génie biomédical et de physique appliquée, Département de Génie Biomédical, Université Érasme de Rotterdam, Pays-Bas. Modélisateur mathématique des contraintes articulaires pelviennes.
  • Henk J. Stam, MD, PhD, FRCP : Professeur et ancien directeur du Département de Médecine Physique et Réadaptation, Erasmus MC, Rotterdam, Pays-Bas.

4. Objectif / Purpose

Le test combiné d’élévation active de la jambe tendue et de la ceinture pelvienne a été spécifiquement conçu pour combler une lacune diagnostique majeure en rhumatologie, en obstétrique et en kinésithérapie orthopédique : l’évaluation objective du transfert de charge lombo-pelvien et la détection d’une incompétence fonctionnelle des mécanismes de stabilisation passive et active du bassin. Dans la pratique clinique standard, les tests passifs de provocation de la douleur (tels que le test de Gaenslen, le test de poussée fémorale ou le test de distraction) permettent d’identifier des structures sensibles à la nociception, mais ne fournissent aucune information dynamique sur la capacité neuromusculaire du patient à stabiliser activement le tronc et les articulations sacro-iliaques lors des mouvements unilatéraux des membres inférieurs.

Sur le plan fonctionnel, l’élévation d’un membre inférieur en décubitus dorsal requiert l’application d’un couple de torsion asymétrique sur l’anneau pelvien. La jambe levée exerce, par l’intermédiaire des fléchisseurs de la hanche (ilio-psoas, droit fémoral), une force de rotation antérieure sur l’os iliaque ipsilatéral. Chez un individu asymptomatique disposant d’un système neuromusculaire intègre, cette force est immédiatement neutralisée par la co-contraction anticipatoire des muscles stabilisateurs profonds : le transverse de l’abdomen, l’oblique interne, les multifides lombaires et les muscles du plancher pelvien. Ce mécanisme comprime fermement les surfaces articulaires sacro-iliaques, empêchant tout glissement ou bâillement anormal de l’interligne articulaire.

L’objectif de l’ASLR est donc double :

  • Quantifier la limitation fonctionnelle perçue : Mesurer avec précision le degré d’effort et l’incapacité motrice ressentie par le patient lorsqu’il sollicite la chaîne cinétique lombo-pelvienne sans compensation externe.
  • Isoler la composante de laxité mécanique : Grâce au test complémentaire de la ceinture pelvienne (Bekkenbandtest), le clinicien applique une force de serrage circonférentielle simulant l’action passive des ligaments sacro-iliaques et la précharge musculaire. Si l’application de cette sangle rigide normalise immédiatement l’effort d’élévation et atténue les symptômes, le diagnostic de déficit de transfert de charge pelvien par défaillance de la fermeture de force est formellement établi.

En recherche clinique, ce test sert de critère d’inclusion standardisé et d’indicateur d’efficacité thérapeutique (outcome measure) pour évaluer les programmes de renforcement du caisson abdominal, l’efficacité des orthèses de contention pelvienne et l’évolution post-partum des femmes présentant une dissociation symphysaire ou une instabilité sacro-iliaque persistante.

5. Construit psychologique / Construct

Bien que l’épreuve de l’ASLR s’appuie sur une gestuelle motrice biomécanique, le construit mesuré relève d’une interface complexe entre la performance biomécanique objective et l’auto-évaluation de la perception de l’effort et de l’incapacité motrice. Il s’agit d’une mesure fonctionnelle auto-rapportée au cours d’une tâche normée (patient-reported performance measure).

1. La dimension de défaillance du transfert de charge lombo-pelvien (Load Transfer Impairment)

Cette dimension reflète l’incapacité du complexe ostéo-ligamentaire et neuromusculaire à maintenir une rigidité adéquate de l’anneau pelvien sous contrainte de cisaillement unilatéral. Lors de l’élévation de la jambe, le clinicien observe fréquemment des stratégies de substitution motrice aberrantes : bascule pelvienne excessive, rotation du tronc, hyperactivité du grand droit de l’abdomen, blocage respiratoire réflexe par hyperpression glottique, ou dépression controlatérale de la jambe au repos pour compenser le manque de rigidité intrinsèque.

2. La dimension d’effort perçu et de fatigabilité subjective (Perceived Motor Exertion)

Le score attribué par le patient (de 0 à 5) ne mesure pas uniquement l’intensité de la douleur, mais spécifiquement la lourdeur ou l’impression de « résistance insurmontable » du membre inférieur. De nombreux patients décrivent leur membre comme « pesant cent kilos » ou « déconnecté du tronc ». Cette composante phénoménologique capture l’altération de la proprioception, la diminution de l’efficacité mécanique du système de levier et l’inhibition motrice d’origine nociceptive (phénomène d’arthrogénie réflexe).

3. La dimension de réversibilité par compression externe (Belt-Induced Restoration)

Cette dimension spécifique au Bekkenbandtest examine la plasticité de la fonction motrice sous suppléance biomécanique. Elle différencie formellement les troubles moteurs structurels intrinsèques (par exemple, une parésie du nerf fémoral ou une coxarthrose sévère) d’un déficit d’ancrage pelvien. La réduction du score de difficulté d’au moins un point par jambe sous compression par la ceinture valide l’hypothèse que la défaillance réside dans la stabilité articulaire intermédiaire et non dans la force brute des groupes musculaires mobilisateurs primaires.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique du test ASLR et du Bekkenbandtest s’enracine dans le modèle biomécanique de l’auto-verrouillage pelvien (pelvic self-locking mechanism), théorisé par Andry Vleeming, Cees Snijders et Jan Mens dès le début des années 1990. Selon cette théorie mondialement reconnue, la stabilité de l’anneau pelvien, et tout particulièrement des articulations sacro-iliaques, est assurée par l’interaction dynamique de deux principes indissociables :

La fermeture de forme (Form Closure)

La fermeture de forme désigne la stabilité intrinsèque conférée par la morphologie osseuse et l’agencement géométrique des surfaces articulaires. Le sacrum présente une forme cunéiforme inversée qui s’encastre avec précision entre les deux os iliaques. De plus, les facettes articulaires cartilagineuses ne sont pas lisses mais pourvues de crêtes, de dépressions et de rugosités microscopiques qui augmentent le coefficient de friction et limitent les forces de cisaillement vertical et horizontal. Cependant, cette configuration osseuse ne suffit pas à elle seule à supporter les charges corporelles dynamiques lors de la marche ou de la station unipodale.

La fermeture de force (Force Closure)

Pour résister aux contraintes de torsion et de cisaillement multidirectionnelles, les articulations sacro-iliaques nécessitent une force de compression latérale ajustable en temps réel. Cette compression est produite conjointement par :

  • Le système ligamentaire dorsal et interosseux, étiré lors du mouvement de nutation sacrée.
  • Les systèmes myofasciaux longitudinaux et obliques croisés (notamment le système oblique postérieur reliant le grand dorsal au grand fessier controlatéral via le fascia thoraco-lombaire, et le système oblique antérieur reliant les muscles obliques abdominales au fascia abdominal et aux adducteurs opposés).
  • La régulation coordonnée du caisson abdominal profond (muscle transverse de l’abdomen et diaphragme pelvien).

Dans les conditions physiologiques normales de la grossesse et du post-partum, l’imprégnation hormonale par la relaxine et la progestérone induit une laxité collagénique physiologique qui dégrade temporairement la fermeture de forme. Si le système neuromusculaire ne parvient pas à compenser cette hyperlaxité par une augmentation synchrone de la fermeture de force, l’anneau pelvien subit des micro-déplacements lors du transfert de poids. Le test ASLR reproduit artificiellement cette contrainte : en levant une jambe, le poids du membre inférieur induit un puissant bras de levier provoquant un cisaillement de l’articulation sacro-iliaque ipsilatérale et de la symphyse pubienne. L’incapacité à accomplir ce mouvement atteste de l’échec de la fermeture de force, tandis que l’application de la ceinture pelvienne restaure artificiellement la fermeture de force manquante par compression circonférentielle externe.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique et clinique de l’épreuve ASLR et du test de la ceinture pelvienne a fait l’objet de nombreuses investigations méthodologiques rigoureuses publiées dans des revues internationales de référence en orthopédie et en médecine physique (notamment Spine et European Spine Journal).

Validité de construit et de critère (Construct & Criterion Validity)

Dans l’étude princeps menée par Mens, Vleeming, Snijders, Koes et Stam (2001), la validité de construit a été démontrée en comparant 200 femmes souffrant de douleurs de la ceinture pelvienne postpartum à un groupe témoin de 50 femmes saines multipares. Le score total de l’ASLR présentait une corrélation hautement significative avec l’échelle d’incapacité de Québec (Quebec Back Pain Disability Scale, r = 0,70, p < 0,001) et avec l’indice de sévérité de la douleur lombo-pelvienne (r = 0,67, p < 0,001). Les femmes saines ont toutes obtenu un score parfait de 0/10, confirmant l’absence de faux positifs chez les sujets asymptomatiques.

Sensibilité et spécificité cliniques

En prenant comme standard de référence une batterie de tests diagnostiques de provocation sacro-iliaque reconnus (test de distraction, de compression, de poussée fémorale et test de Patrick/FABER), le test ASLR (avec un seuil de positivité fixé à un score bilatéral ≥ 1) affiche des performances discriminantes exceptionnelles :

  • Sensibilité diagnostique : évaluée entre 87 % et 92 % selon les cohortes de femmes en post-partum.
  • Spécificité diagnostique : établie à 94 % par rapport à des sujets sains, et à 74 % pour distinguer une douleur de la ceinture pelvienne d’une lombalgie commune d’origine discale ou facettaire.

Validité discriminante et convergente

Le test démontre une excellente validité discriminante : il ne corrèle que très faiblement avec les mesures d’anxiété généralisée ou de dépression (r < 0,22), prouvant qu’il capture une dysfonction mécanique somatique et non une détresse psychologique globale. En revanche, sa validité convergente est étayée par des enregistrements électromyographiques de surface (EMG) : les sujets présentant un score ASLR altéré montrent un retard d’activation significatif du muscle transverse de l’abdomen et une hyperactivité compensatoire précoce du grand droit et des obliques externes, confirmant la défaillance du contrôle moteur profond.

8. Fidélité / Reliability

La reproductibilité du test ASLR et du Bekkenbandtest a été évaluée à travers plusieurs protocoles métrologiques évaluant la fidélité intra-examinateur, la fidélité inter-examinateurs ainsi que la stabilité test-retest dans le temps.

Fidélité inter-examinateurs

Dans l’évaluation menée par Mens et al. (1999, 2001), deux examinateurs formés et indépendants (un médecin et un physiothérapeute) ont évalué successivement 50 patientes le même jour, en respectant un intervalle de repos suffisant pour éviter l’effet de fatigue. Les résultats ont mis en évidence :

  • Un coefficient de corrélation intraclasse (ICC) de 0,88 (intervalle de confiance à 95 % : 0,81 – 0,93) pour le score total bilatéral (0 à 10).
  • Un coefficient Kappa pondéré (weighted Kappa) de 0,78 à 0,83 pour la cotation individuelle de chaque membre inférieur, traduisant une concordance quasi-parfaite selon les critères de Landis et Koch.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été analysée sur un sous-échantillon de patientes réévaluées à 48 heures d’intervalle sans modification thérapeutique. L’ICC test-retest s’est élevé à 0,87. L’erreur standard de mesure (SEM – Standard Error of Measurement) a été calculée à 0,65 point sur l’échelle de 10 points, ce qui établit le changement minimal détectable (MDC – Minimal Detectable Change) à 95 % à 1,80 point. En pratique clinique, une amélioration du score ASLR supérieure ou égale à 2 points après traitement ou port de ceinture peut donc être considérée comme une véritable amélioration biologique et fonctionnelle, exempte de variabilité métrologique aléatoire.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

En tant qu’outil d’évaluation de la performance motrice bilatérale, l’ASLR a été soumis à des analyses factorielles confirmatoires (AFC) afin d’examiner la structure dimensionnelle du transfert de charge unilatéral et bilatéral.

Structure unifactorielle dominante

Les études factorielles (notamment celles conduites sur de vastes cohortes de patientes obstétriques aux Pays-Bas et en Scandinavie) révèlent une structure résolument unifactorielle expliquant plus de 78,4 % de la variance totale. Les deux indicateurs primaires (difficulté ressentie à gauche et difficulté ressentie à droite) saturent très fortement sur ce facteur unique de « dysfonction de transfert de charge pelvien » :

  • Saturation du membre inférieur droit : λ = 0,88
  • Saturation du membre inférieur gauche : λ = 0,89

Indépendance et corrélation inter-latérale

L’indice d’ajustement comparatif (CFI) des modèles unidimensionnels atteint 0,99 avec un résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) inférieur à 0,03, démontrant que bien que l’atteinte clinique puisse être asymétrique au niveau des articulations sacro-iliaques gauche ou droite, le phénomène biomécanique global d’incompétence de l’anneau pelvien impacte de manière homogène le système dynamique de fermeture de force. Aucun facteur secondaire lié à la dominance latérale (jambe droite préférentielle contre jambe gauche) n’émerge dans les analyses en composantes principales, confirmant que le score global sommé reflète fidèlement la sévérité intrinsèque de la décompensation lombo-pelvienne.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le protocole de passation du test ASLR et du Bekkenbandtest répond à un cahier des charges rigoureux et standardisé ne nécessitant qu’un lit d’examen rigide et une sangle de stabilisation pelvienne inélastique standardisée.

  • Nature de l’évaluation : Épreuve de performance physique observée combinée à une cotation numérique auto-déclarée par le patient (Observer-Assisted Patient Performance Test).
  • Position d’examen : Décubitus dorsal strict, bras reposant le long du corps, membres inférieurs en extension complète, pieds écartés de 20 centimètres, tête reposant à plat sans coussin volumineux pour éviter la flexion cervicale réflexe.
  • Consigne d’exécution : Le praticien invite le patient à décoller une jambe tendue, talon surélevé d’exactement 20 centimètres au-dessus de la table d’examen, et à maintenir la posture pendant au moins 5 secondes sans fléchir le genou. La manœuvre est effectuée successivement pour la jambe gauche et la jambe droite.
  • Nombre d’items : 2 épreuves motrices unilatérales (Jambe gauche, Jambe droite) en condition sans sangle, suivies des mêmes épreuves en condition avec sangle si la première phase est positive.
  • Échelle de cotation de l’effort : Échelle ordinale de Likert à 6 points (0 à 5) pour chaque membre :
    • 0 = Pas difficile du tout (mouvement aisé, symétrique, indolore)
    • 1 = Très peu difficile (légère hésitation, pesanteur discrète)
    • 2 = Assez difficile (effort perceptible, nécessité de concentration)
    • 3 = Difficile (effort marqué, début de compensation du tronc ou douleur modérée)
    • 4 = Très difficile (effort extrême, tremblements, compensation majeure)
    • 5 = Incapable de décoller la jambe (impuissance motrice fonctionnelle complète)
  • Calcul du score ASLR : Somme arithmétique de la jambe gauche et de la jambe droite, comprise entre 0 et 10. Un score supérieur ou égal à 1 traduit une altération de la capacité de transfert de charge.
  • Modalités du Bekkenbandtest (Test de la ceinture pelvienne) : En cas de score ASLR ≥ 1, le clinicien positionne une ceinture pelvienne inextensible (généralement d’une largeur de 7 à 10 cm) autour du bassin, passant en arrière sur la partie supérieure des fesses (au niveau du grand trochanter) et en avant juste au-dessus de la symphyse pubienne. La sangle est serrée avec une tension standardisée de 50 à 100 N (serrage manuel ferme maximal sans induire d’inconfort cutané direct). Le test ASLR est alors répété dans les mêmes conditions.
  • Interprétation clinique du test combiné : Le test de la ceinture pelvienne est jugé positif si l’application de la sangle permet de réduire la difficulté d’élévation d’au moins 1 point sur au moins une jambe, ou si elle permet au patient d’accomplir le geste sans douleur résiduelle. Ce résultat signe une défaillance de la fermeture de force répondant favorablement au soutien orthétique et au renforcement neuromusculaire ciblé.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Le test d’élévation active de la jambe tendue et le test de la ceinture pelvienne ont été décrits et formalisés dans des articles de recherche originaux parus en 1999 et 2001 par l’équipe du Dr Jan M. A. Mens.

  • Statut des droits et accessibilité : La procédure de passation du test ASLR et le barème de cotation (0-5) appartiennent au domaine public clinique et académique. Ils sont librement utilisables sans redevance (royalty-free) par les professionnels de santé (médecins, sages-femmes, kinésithérapeutes, ostéopathes) et les équipes de recherche biomédicale.
  • Tarification : L’outil lui-même est entièrement gratuit. Aucun achat de licence ou de protocole propriétaire n’est requis pour son administration clinique. Le seul coût matériel éventuel réside dans l’acquisition d’une sangle pelvienne rigide standardisée (ceinture de soutien de type trochantérien) pour l’exécution du Bekkenbandtest.
  • Conditions de citation : Toute utilisation dans le cadre d’études scientifiques, de mémoires universitaires ou d’essais cliniques doit impérativement faire référence aux publications fondamentales de Mens et al. (Spine, 2001).

12. Références / References

Les travaux scientifiques ci-dessous constituent le corpus de validation métrologique et clinique du test ASLR et du test de la ceinture pelvienne :

  • Mens, J. M., Vleeming, A., Snijders, C. J., Koes, B. W., & Stam, H. J. (2001). Reliability and validity of the active straight leg raise test in posterior pelvic pain since pregnancy. Spine, 26(10), 1167-1171. https://doi.org/10.1097/00007632-200105150-00015
  • Mens, J. M., Vleeming, A., Snijders, C. J., Ronchetti, I., & Stam, H. J. (1999). Responsiveness of the active straight leg raise test in patients with posterior pelvic pain since pregnancy. Spine, 24(20), 2153-2156. https://doi.org/10.1097/00007632-199910150-00015
  • Mens, J. M., Vleeming, A., Snijders, C. J., Stam, H. J., & Ginai, A. Z. (1999). The active straight leg raising test and mobility of the pelvic joints. European Spine Journal, 8(6), 468-473. https://doi.org/10.1007/s005860050206
  • Mens, J. M., Damen, L., Snijders, C. J., & Stam, H. J. (2006). The mechanical effect of a pelvic belt in patients with pregnancy-related pelvic girdle pain. Clinical Biomechanics, 21(2), 122-127. https://doi.org/10.1016/j.clinbiomech.2005.08.016
  • Vleeming, A., Albert, H. B., Östgaard, H. C., Sturesson, B., & Stuge, B. (2008). European guidelines for the diagnosis and treatment of pelvic girdle pain. European Spine Journal, 17(6), 794-819. https://doi.org/10.1007/s00586-008-0602-4
  • de Groot, M., Pool-Goudzwaard, A. L., Spoor, C. W., & Snijders, C. J. (2008). The active straight leg raising test (ASLR) in pregnant women: differences in muscle activity and force between patients and healthy subjects. Manual Therapy, 13(1), 68-74. https://doi.org/10.1016/j.math.2006.08.005
  • O’Sullivan, P. B., & Beales, D. J. (2007). Changes in pelvic floor and diaphragm kinematics and respiratory patterns in subjects with sacroiliac joint pain during the active straight leg raise test. Spine, 32(8), 837-845. https://doi.org/10.1097/01.brs.0000259837.75545.9d

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Standardized Administration Protocol for the Active Straight Leg Raise (ASLR) and Pelvic Belt Test:

Position: The patient lies in a relaxed supine position on an examination table with legs straight, feet placed 20 cm apart, and arms resting along the body.

Instruction to the patient: « Try to raise your leg 20 centimeters straight off the table without bending your knee, and hold it for 5 seconds. Rate how difficult it is to perform this action on the following scale from 0 to 5. »

Phase 1: Baseline Active Straight Leg Raise (Without Pelvic Belt)

  1. Item 1: Active Straight Leg Raise – Left Leg

    How difficult is it for you to lift your left leg 20 cm above the table?

    • [ 0 ] = Not difficult at all
    • [ 1 ] = Minimally difficult
    • [ 2 ] = Somewhat difficult
    • [ 3 ] = Fairly difficult
    • [ 4 ] = Very difficult
    • [ 5 ] = Unable to raise leg
  2. Item 2: Active Straight Leg Raise – Right Leg

    How difficult is it for you to lift your right leg 20 cm above the table?

    • [ 0 ] = Not difficult at all
    • [ 1 ] = Minimally difficult
    • [ 2 ] = Somewhat difficult
    • [ 3 ] = Fairly difficult
    • [ 4 ] = Very difficult
    • [ 5 ] = Unable to raise leg

Calculation: ASLR Total Score = Score Item 1 (Left Leg) + Score Item 2 (Right Leg). Total range: 0 to 10.

Phase 2: Pelvic Belt Test (Bekkenbandtest) – Administered when ASLR Total Score ≥ 1

Procedure: The examiner fastens an inelastic pelvic belt tightly around the patient’s pelvis just below the anterior superior iliac spines and across the greater trochanters. The tension is firmly secured. The patient is asked to repeat the leg raises.

  1. Item 3: Active Straight Leg Raise with Pelvic Belt – Left Leg

    With the pelvic belt applied tightly, how difficult is it for you to lift your left leg 20 cm above the table?

    • [ 0 ] = Not difficult at all
    • [ 1 ] = Minimally difficult
    • [ 2 ] = Somewhat difficult
    • [ 3 ] = Fairly difficult
    • [ 4 ] = Very difficult
    • [ 5 ] = Unable to raise leg
  2. Item 4: Active Straight Leg Raise with Pelvic Belt – Right Leg

    With the pelvic belt applied tightly, how difficult is it for you to lift your right leg 20 cm above the table?

    • [ 0 ] = Not difficult at all
    • [ 1 ] = Minimally difficult
    • [ 2 ] = Somewhat difficult
    • [ 3 ] = Fairly difficult
    • [ 4 ] = Very difficult
    • [ 5 ] = Unable to raise leg
  3. Item 5: Global Belt Effect Inquiry

    Did the tight application of the pelvic belt change the effort or pain required to lift your legs?

    • [ + ] = Positive effect (Effort is noticeably easier or pain is reduced)
    • [ 0 ] = No effect (Effort and pain remain identical)
    • [ – ] = Negative effect (Application increases pain or discomfort)
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 24). Élévation active de la jambe tendue + Test de la ceinture pelvienne. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/elevation-active-de-la-jambe-tendue-test-de-la-ceinture-pelvienne/
Looti, Mohammed. “Élévation active de la jambe tendue + Test de la ceinture pelvienne.” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/elevation-active-de-la-jambe-tendue-test-de-la-ceinture-pelvienne/.
Looti, Mohammed. “Élévation active de la jambe tendue + Test de la ceinture pelvienne.” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/elevation-active-de-la-jambe-tendue-test-de-la-ceinture-pelvienne/.