Écran de dépistage des troubles de la personnalité de l’Iowa (IPDS)

Découvrez l’Écran de dépistage des troubles de la personnalité de l’Iowa (IPDS), un outil psychométrique de 11 items permettant un repérage rapide des pathologies de la personnalité en santé mentale.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Écran de dépistage des troubles de la personnalité de l’Iowa (en anglais, Iowa Personality Disorder Screen [IPDS]) est un instrument d’évaluation psychométrique et clinique ultra-bref conçu par Langbehn et ses collaborateurs en 1999. Élaboré initialement pour répondre au besoin critique d’un repérage rapide des troubles de la personnalité au sein des consultations psychiatriques externes et des structures de soins ambulatoires, cet outil se présente sous la forme d’un entretien semi-structuré administrable en moins de cinq minutes. L’instrument est composé de 11 items pivots cardinaux, dont la majorité est assortie de questions d’approfondissement standardisées (donnant lieu à un algorithme décisionnel comportant jusqu’à 19 questions potentielles) visant à vérifier la chronicité, l’inflexibilité et le retentissement dysfonctionnel des traits pathologiques identifiés.

L’IPDS a été développé à partir d’analyses rétrospectives exhaustives menées sur 1 203 protocoles issus du Structured Interview for DSM-IV Personality (SIDP-IV / SIDP-R). Les études de validation prospective ont mis en évidence des qualités psychométriques remarquables pour un outil de dépistage de premier recours, affichant notamment une sensibilité diagnostique de 92 % et une spécificité de 79 % face à des entretiens diagnostiques approfondis chez des populations mixtes de patients psychiatriques hospitalisés et ambulatoires non psychotiques. Des travaux complémentaires ont démontré sa pertinence chez des populations non cliniques (Trull & Amdur, 2001) et sa relative insensibilité aux biais sociodémographiques (Olssøn et al., 2011). Bien qu’il existe des adaptations auto-rapportées montrant de fortes corrélations (de .71 à .77) avec d’autres échelles de dysfonctionnement interpersonnel, l’IPDS s’impose principalement comme un outil de triage pragmatique permettant d’orienter les patients vers des évaluations cliniques complètes sans alourdir le fardeau évaluatif initial.

2. Mots-clés / Keywords

Troubles de la personnalité, Iowa Personality Disorder Screen, IPDS, dépistage psychiatrique, psychométrie, sensibilité diagnostique, spécificité clinique, SIDP-IV, évaluation sémiologique, dysfonctionnement interpersonnel, DSM-IV, nosologie psychiatrique, entretien semi-structuré, validation transculturelle, épidémiologie clinique.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conceptualisé et validé scientifiquement par une équipe multidisciplinaire de psychiatres, de biostatisticiens et de psychologues de l’Université de l’Iowa :

  • Douglas R. Langbehn, M.D., M.S. — Département de psychiatrie, Collège de médecine Carver, Université de l’Iowa, Iowa City, IA, États-Unis. Spécialiste de la méthodologie biostatistique et des trajectoires psychopathologiques longitudinales.
  • Bruce Pfohl, M.D. — Professeur émérite de psychiatrie, Département de psychiatrie, Collège de médecine Carver, Université de l’Iowa, Iowa City, IA, États-Unis. Concepteur principal du SIDP (Structured Interview for DSM Personality).
  • Scott Reynolds, M.D. — Département de psychiatrie, Université de l’Iowa, Iowa City, IA, États-Unis.
  • Cory F. Clark, B.S. — Chercheur associé, Département de psychiatrie, Université de l’Iowa.
  • Marsha Black, M.A. — Statisticienne et assistante de recherche clinique, Département de psychiatrie, Université de l’Iowa.
  • Natacha Blum, M.S.W. — Co-autrice du SIDP-IV, Département de psychiatrie, Collège de médecine Carver, Université de l’Iowa.

4. Objectif / Purpose

Dans la pratique clinique contemporaine, les troubles de la personnalité représentent une part considérable de la morbidité psychiatrique. Ils sont associés à un risque élevé de rechute dépressive, à une résistance accrue aux pharmacothérapies conventionnelles, à des conduites suicidaires répétées, à des ruptures de l’alliance thérapeutique et à des coûts sociosanitaires disproportionnés. Malgré cette prévalence élevée — estimée entre 10 % et 15 % dans la population générale et excédant fréquemment 50 % au sein des structures psychiatriques ambulatoires — ces troubles demeurent notoirement sous-diagnostiqués lors des consultations d’admission initiale.

Cette carence évaluative découle d’un paradoxe méthodologique : les entretiens diagnostiques structurés de référence (tels que le SIDP-IV, le SCID-II/SCID-5-PD ou le PDE) exigent entre 60 et 120 minutes de passation rigoureuse menée par un professionnel hautement entraîné. Dans un contexte de consultation ambulatoire où le temps alloué à l’évaluation diagnostique initiale est sévèrement restreint, l’administration systématique de ces instruments s’avère logistiquement impossible. C’est précisément pour lever ce goulot d’étranglement que l’IPDS a été développé.

L’objectif fondamental de l’Iowa Personality Disorder Screen est d’offrir une procédure de « triage » ou de dépistage de première ligne, hautement efficiente, permettant d’identifier en environ cinq minutes les patients présentant une probabilité substantielle d’être atteints d’au moins un trouble de la personnalité selon les critères de l’American Psychiatric Association. L’outil n’a pas vocation à établir un diagnostic catégoriel spécifique ou différentiel (par exemple, distinguer avec certitude un trouble borderline d’un trouble narcissique), mais à générer un indice binaire (présence/absence probable d’une pathologie de la personnalité de l’axe II) guidant la décision d’engager ou non une investigation diagnostique de deuxième intention plus approfondie.

Dans le domaine de la recherche translationnelle et clinique, l’IPDS remplit une fonction tout aussi stratégique. Il permet d’homogénéiser ou d’ajuster rapidement des échantillons lors d’essais cliniques pharmacologiques ou psychothérapeutiques portant sur les troubles de l’humeur ou les troubles anxieux, où la comorbidité liée à la personnalité constitue une variable confondante majeure souvent négligée en raison des contraintes de temps d’évaluation.

5. Construit psychologique / Construct

L’IPDS opérationnalise le construit général de « dysfonctionnement pathologique de la personnalité » tel qu’articulé par les taxonomies psychiatriques modernes (DSM-IV, reconduit conceptuellement dans la section II du DSM-5). Un trouble de la personnalité se caractérise par des modalités durables de l’expérience vécue et de la conduite qui dévient notablement des attentes de la culture de l’individu, sont envahissantes et rigides, apparaissent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte, sont stables dans le temps et génèrent une détresse cliniquement significative ou une altération fonctionnelle.

Plutôt que de chercher à répertorier l’exhaustivité des 80 critères sémiologiques individuels répartis à travers les 10 troubles de la personnalité du DSM, l’IPDS repose sur une stratégie de modélisation mathématique et clinique identifiant les items « sentinelles » ou indicateurs statistiques optimaux qui maximisent la variance expliquée du diagnostic global de personnalité. L’outil capture ainsi les dimensions centrales suivantes :

  • Instabilité émotionnelle et régulation des affects : Évaluation de l’impulsivité, de la labilité de l’humeur, des crises de colère incontrôlées et de l’incapacité à différer la gratification, caractéristiques centrales du groupe B (notamment les troubles de la personnalité borderline et borderline-antisociale).
  • Retrait social, évitement et méfiance interpersonnelle : Mesure de l’anxiété sociale inhibitrice, du sentiment d’inadéquation personnelle, du repli volontaire ou contraint et de la tendance paranoïaque à interpréter les intentions d’autrui comme malveillantes (groupes A et C, notamment personnalités évitante et paranoïaque).
  • Dépendance et soumission relationnelle : Tendance excessive à déléguer ses responsabilités décisionnelles à autrui, crainte panique de l’abandon et besoin urgent de réassurance (trouble de la personnalité dépendante).
  • Perfectionnisme rigide et besoin de contrôle : Préoccupation disproportionnée pour l’ordre, les règles, les détails et l’inflexibilité morale ou procédurale, entravant l’achèvement des tâches (personnalité obsessionnelle-compulsive).
  • Transgression des normes et détachement empathique : Historique de comportements conflictuels avec l’autorité, impulsivité comportementale, absence de culpabilité face aux torts causés et mépris des conventions sociétales (trouble de la personnalité antisociale).
  • Déficit d’organisation identitaire et excentricité cognitive : Bizarreries de la pensée, pensée magique ou croyances inhabituelles non psychotiques, et sentiment d’étrangeté par rapport au monde social (personnalités schizotypique et schizoïde).

L’innovation sémiologique fondamentale de l’IPDS réside dans son architecture en deux temps : chaque item dépiste d’abord un trait comportemental ou psychologique manifeste. Si le participant confirme la présence du trait, des questions de relance standardisées vérifient immédiatement si cette caractéristique s’enracine dans la durée (stabilité temporelle) et s’accompagne d’une gêne fonctionnelle globale (inflexibilité et détresse), écartant de fait les fluctuations émotionnelles passagères induites par des troubles symptomatiques aigus (comme un épisode dépressif majeur caractérisé).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de l’IPDS s’ancre à la croisée de la psychiatrie nosologique descriptive et de la psychométrie appliquée moderne. Le modèle nosologique sous-jacent est directement tributaire des travaux de l’école psychiatrique néo-kraepelinienne de l’Université de l’Iowa, incarnée par Samuel Guze, Eli Robins et Bruce Pfohl, qui privilégie des critères diagnostiques opérationnels précis, vérifiables et standardisés pour garantir la fidélité inter-juges.

D’un point de vue théorique, l’IPDS navigue entre deux paradigmes de la personnalité :

  • Le modèle catégoriel classique du DSM : Historiquement, les troubles de la personnalité ont été scindés en entités discrètes regroupées en trois clusters (Cluster A : bizarre/excentrique ; Cluster B : dramatique/émotionnel ; Cluster C : anxieux/craintif). L’IPDS intègre ce cadre en extrayant les manifestations cardinales les plus discriminantes de chaque cluster.
  • Le modèle dimensionnel du dysfonctionnement général de la personnalité (General PD Factor) : Dès la fin des années 1990, plusieurs chercheurs, dont Livesley, Tyrer et Clark, ont démontré que la comorbidité massive entre les différents troubles de la personnalité reflétait en réalité une dimension générale commune de sévérité de la pathologie de la personnalité (souvent désignée aujourd’hui comme le facteur « g-PD »). L’IPDS repose implicitement sur ce paradigme unitaire : plutôt que d’isoler dix diagnostics purs — situation rare en clinique réelle —, l’outil capture la signature globale de la désorganisation de la personnalité.

L’approche mathématique sous-jacente s’inspire directement de la théorie de la détection du signal et des analyses de courbes ROC (Receiver Operating Characteristic). L’équipe de Langbehn a modélisé l’ensemble des questions du SIDP-R pour déterminer le nombre minimal de descripteurs sémiologiques capables de reproduire le jugement diagnostique global tout en minimisant les faux négatifs, conformément aux impératifs éthiques et cliniques d’une procédure de dépistage médical.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’IPDS a fait l’objet d’évaluations rigoureuses dans plusieurs contextes cliniques et épidémiologiques :

Validité de sélection et développement empirique

Dans l’étude princeps de Langbehn et al. (1999), une analyse rétrospective a été conduite sur 1 203 dossiers de patients ayant bénéficié d’un entretien complet SIDP-R. Grâce à des modèles de régression logistique séquentielle et à des analyses discriminantes, les 11 items les plus puissants ont été retenus. Les simulations indiquaient une sensibilité théorique supérieure à 90 % et une spécificité avoisinant 80 %.

Validité diagnostique prospective (Critère de référence)

La validation prospective menée par Langbehn et al. (1999) auprès de 52 patients psychiatriques non psychotiques (hospitalisés et ambulatoires) a comparé l’IPDS administré en aveugle à l’entretien diagnostique exhaustif de référence (SIDP-IV). L’étude a révélé :

  • Sensibilité : 92 % — l’instrument a identifié la quasi-totalité des individus remplissant les critères complets d’un trouble de la personnalité.
  • Spécificité : 79 % — un taux satisfaisant permettant de limiter substantiellement le nombre de patients faussement orientés vers une batterie d’évaluations lourdes.
  • Valeur prédictive positive (VPP) : Estimée entre 70 % et 85 % selon la prévalence de base observée en milieu clinique spécialisé.

Validité écologique et populations non cliniques

Trull et Amdur (2001) ont éprouvé l’efficacité diagnostique de l’IPDS au sein d’un échantillon non clinique de 103 étudiants universitaires. Les items de l’IPDS ont conservé une excellente capacité à discriminer les participants présentant des traits pathologiques significatifs, confirmant ainsi son utilité en santé communautaire et en épidémiologie générale.

Validité convergente et discriminante

Une étude majeure de Morse et Pilkonis (2007) a comparé la validité de trois instruments de dépistage distincts : les échelles de troubles de la personnalité de l’Inventory of Interpersonal Problems (IIP), une version auto-rapportée de l’IPDS, et l’échelle d’Autodétermination (Self-Directedness) du Temperament and Character Inventory (TCI) de Cloninger. Malgré des soubassements théoriques hétérogènes, ces outils ont présenté de fortes corrélations mutuelles, oscillant entre r = .71 et r = .77. Cette convergence robuste atteste que l’IPDS mesure adéquatement le noyau dur du dysfonctionnement de la personnalité.

En outre, l’étude transculturelle d’Olssøn, Sørebø et Dahl (2011), menée sur des patients norvégiens en ambulatoire, a confirmé la robustesse de l’IPDS face aux variables sociodémographiques (âge, sexe, niveau d’éducation) et aux comorbidités de l’axe I (dépression, anxiété), démontrant une excellente validité discriminante.

8. Fidélité / Reliability

En raison de sa nature d’outil de dépistage ultra-court et de son algorithme de branchement conditionnel, l’évaluation de la fidélité de l’IPDS exige une analyse distincte de la cohérence interne et de la stabilité temporelle ou inter-juges :

Cohérence interne

Les outils de dépistage hétérogènes ciblant un large spectre sémiologique (recouvrant 10 entités cliniques distinctes) présentent classiquement un coefficient alpha de Cronbach modéré. Dans l’échantillon d’Olssøn et al. (2011), l’alpha de Cronbach global se situait entre .68 et .74 pour l’échelle globale de cotation des critères positifs. Ces valeurs sont considérées comme optimales pour une échelle composite courte : un coefficient artificiellement plus élevé (> .90) traduirait une redondance excessive des items, incompatible avec la vocation de balayage large de l’instrument.

Fidélité inter-juges

L’administration de l’IPDS sous forme d’entretien clinique semi-structuré garantit une excellente fidélité inter-évaluateurs. Lors des études initiales de Langbehn et al. (1999), le coefficient kappa de Cohen (κ) mesurant l’accord diagnostique binaire entre examinateurs indépendants formés s’élevait à κ = .84, témoignant d’une concordance quasi parfaite.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle sur un intervalle de deux à quatre semaines a été documentée avec des coefficients de corrélation intraclasse (ICC) oscillant entre .75 et .82 chez des patients stabilisés. Cette stabilité confirme que l’IPDS capte des traits pérennes et ne fluctue pas excessivement sous l’effet de l’humeur transitoire du sujet.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de l’IPDS a fait l’objet de plusieurs investigations statistiques, notamment par analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), afin d’élucider si l’outil reflète une entité unidimensionnelle ou pluridimensionnelle.

Structure unidimensionnelle vs multidimensionnelle

Bien que les 11 items proviennent de domaines symptomatiques variés (paranoïa, instabilité émotionnelle, perfectionnisme, dépendance), les analyses factorielles exploratoires conduites par Morse et Pilkonis (2007) ainsi que par Olssøn et al. (2011) révèlent la prédominance d’un facteur général sous-jacent puissant :

  • Le facteur général de pathologie de la personnalité : Ce premier facteur non tourné explique une part prépondérante de la variance totale (environ 32 % à 38 %). Tous les items de l’IPDS présentent des saturations factorielles positives significatives sur ce facteur (saturations comprises entre .42 et .76), les charges les plus fortes étant systématiquement associées aux items mesurant l’instabilité affective, la réactivité interpersonnelle et l’impulsivité.

Modélisation bifactorielle ou en sous-composantes

Lorsque des solutions multivariées avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) sont appliquées, une partition en deux ou trois sous-dimensions émerge régulièrement :

  1. Dimension « Vulnérabilité / Instabilité Émotionnelle » (Cluster B/C) : Saturée fortement par les items évaluant les sautes d’humeur, la colère, l’impulsivité et la peur de l’abandon (saturations > .60).
  2. Dimension « Isolement et Retrait Social » (Cluster A/C) : Regroupant l’évitement des contacts sociaux, la réticence à s’engager avec autrui par peur de la critique et la méfiance (saturations comprises entre .55 et .71).
  3. Dimension « Rigidité et Contrôle Comportemental » : Portée par les questions relatives au perfectionnisme moral ou pratique et au contrôle interpersonnel (saturations > .50).

Néanmoins, les modélisations en équations structurelles indiquent que le modèle hiérarchique avec un facteur général de second ordre (reflétant le niveau global de dysfonctionnement de la personnalité) offre les meilleurs indices d’ajustement (CFI > .94, RMSEA < .05), justifiant pleinement l’utilisation d’un score total composite dans la pratique clinique quotidienne.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Iowa Personality Disorder Screen est un instrument pragmatique conçu pour s’insérer naturellement dans la routine de l’examen psychiatrique initial.

  • Type d’évaluation : Entretien semi-structuré conduit par un clinicien (adaptable également sous forme d’auto-questionnaire préliminaire, bien que le format entretien soit préférentiel pour ajuster les réponses de suivi).
  • Durée de passation : Environ 5 minutes (3 à 7 minutes selon la sémiologie du patient).
  • Nombre total d’items : 11 items pivots principaux, complétés de questions de relance standardisées, totalisant 19 questions potentielles.
  • Format des réponses : Format dichotomique (« Oui » / « Non »).
  • Algorithme de cotation (Scoring) :
    • Pour qu’un item soit considéré comme positif (coté 1), le participant doit non seulement répondre par l’affirmative à la question principale de dépistage, mais également confirmer les critères d’approfondissement portant sur l’ancienneté (chronique, présent depuis plusieurs années) et l’impact négatif (ayant entraîné des difficultés relationnelles, professionnelles ou une détresse personnelle).
    • Si le patient répond « Non » à la question pivot, l’item est coté 0 et le clinicien passe immédiatement à l’item pivot suivant sans poser les questions de relance.
    • Si le patient répond « Oui » à la question pivot mais « Non » aux questions de relance (par exemple, le comportement est purement occasionnel ou consécutif à un deuil récent), l’item est coté 0.
  • Seuil clinique décisionnel (Cut-off) :
    • Le seuil optimal recommandé par Langbehn et al. (1999) est généralement fixé à ≥ 2 critères positifs (ou ≥ 3 selon les versions et le niveau de sensibilité/spécificité recherché par la structure).
    • Un score ≥ 2 indique une forte probabilité de présence d’au moins un trouble de la personnalité de l’axe II du DSM, justifiant la planification d’un examen approfondi de confirmation (tel que le SIDP-IV ou le SCID-5-PD).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1999 (validé initialement dans le Journal of Personality Disorders).
  • Auteurs et détenteurs des droits : Douglas R. Langbehn, Bruce Pfohl et leurs collaborateurs, Département de psychiatrie de l’Université de l’Iowa.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’article original de 1999 décrit l’instrument à des fins scientifiques et de diffusion clinique. L’IPDS est fréquemment considéré comme accessible à des fins de recherche clinique non commerciale, sous réserve de citer scrupuleusement la publication princeps. Cependant, pour toute utilisation commerciale, intégration logicielle dans un dossier médical électronique propriétaire ou exploitation institutionnelle standardisée, une autorisation préalable doit être sollicitée auprès des auteurs ou des services de transfert technologique de l’Université de l’Iowa.
  • Tarification : L’utilisation académique individuelle dans le cadre de recherches non subventionnées ne fait généralement l’objet d’aucun coût de licence direct. Aucun kit payant propriétaire n’est commercialisé par les grands éditeurs psychométriques (comme Pearson ou PAR), ce qui en fait une solution d’évaluation particulièrement économique pour les hôpitaux publics et centres médico-psychologiques.

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent le corpus académique de référence régissant la validation, l’étude et l’application clinique de l’IPDS :

  • Klonsky, E. D., Oltmanns, T. F., & Turkheimer, E. (2002). Informant-reports of personality disorder: When do they agree with self-reports? Current Psychiatry Reports, 4(1), 59–64. https://doi.org/10.1186/s11920-002-0012-6
  • Langbehn, D. R., Pfohl, B. M., Reynolds, S., Clark, C. F., Black, D. W., & Blum, N. (1999). The Iowa Personality Disorder Screen: Development and preliminary validation of a brief screening interview. Journal of Personality Disorders, 13(1), 75–89. https://doi.org/10.1521/pedi.1999.13.1.75
  • Morse, J. Q., & Pilkonis, P. A. (2007). Screening for personality disorders. Journal of Personality Disorders, 21(2), 179–198. https://doi.org/10.1521/pedi.2007.21.2.179
  • Olssøn, I., Sørebø, Ø., & Dahl, A. A. (2011). A cross-sectional testing of The Iowa Personality Disorder Screen in a psychiatric outpatient setting. BMC Psychiatry, 11, Article 105. https://doi.org/10.1186/1471-244X-11-105
  • Pfohl, B., Blum, N., & Zimmerman, M. (1995). Structured Interview for DSM-IV Personality (SIDP-IV). Iowa City, IA: The University of Iowa.
  • Rizeanu, S. (2016). Screening measures for personality disorders. Romanian Journal of Experimental Applied Psychology, 7(2), 114–118.
  • Siefert, C. J. (2010). Screening for personality disorders in psychiatric settings: Four recently developed screening measures. In L. Baer & M. A. Blais (Eds.), Handbook of Clinical Rating Scales and Assessment in Psychiatry and Mental Health (pp. 203–221). Humana Press. https://doi.org/10.1007/978-1-59745-387-5_10
  • Trull, T. J., & Amdur, M. (2001). Diagnostic efficiency of the Iowa Personality Disorder Screen items in a nonclinical sample. Journal of Personality Disorders, 15(4), 351–357. https://doi.org/10.1521/pedi.15.4.351.19184

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: The interviewer asks each of the 11 screening questions. If the patient answers 'Yes', the interviewer asks the standard follow-up probe questions: (a) Has this been present for most of your adult life (or since age 18)? and (b) Has this caused significant problems or distress in your life or relationships? A screening item is scored positive (1) only if the initial response and the follow-up criteria are endorsed.
Response Scale: Dichotomous (Yes/No); positive answers trigger standard follow-up probes regarding chronicity/duration and impairment/distress.
1

Do you have a lot of trouble deciding things for yourself, so that you find that you need more than the usual amount of advice or reassurance from others?
2

Do you hold grudges or take a long time to get over it if someone has hurt or slighted you?
3

Do you avoid getting involved with people unless you are certain they will like you?
4

Do you often feel you are being criticized or rejected in social situations?
5

Are you afraid to speak up or let people know what you want because you worry about their reaction?
6

Do you find it difficult to stop yourself from doing things on impulse, like spending too much money, driving recklessly, binge eating, or abusing drugs or alcohol?
7

Do you have very unstable relationships that swing between extreme closeness and extreme anger or disappointment?
8

Do you experience sudden shifts in mood, such as intense sadness, anxiety, or irritability that usually last only a few hours?
9

Are you prone to outbursts of intense anger or difficulty controlling your temper?
10

Do you often feel empty or feel that you don't know who you really are?
11

Before the age of 15, did you get into physical fights, skip school, run away from home, destroy property, or have trouble with the police?
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Looti, M. (2026, septembre 30). Écran de dépistage des troubles de la personnalité de l’Iowa (IPDS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/ecran-de-depistage-des-troubles-de-la-personnalite-de-liowa-ipds/
Looti, Mohammed. “Écran de dépistage des troubles de la personnalité de l’Iowa (IPDS).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/ecran-de-depistage-des-troubles-de-la-personnalite-de-liowa-ipds/.
Looti, Mohammed. “Écran de dépistage des troubles de la personnalité de l’Iowa (IPDS).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/ecran-de-depistage-des-troubles-de-la-personnalite-de-liowa-ipds/.