Échelles des tendances exploratoires dans le comportement du consommateur (ETCBS)

Découvrez les échelles des tendances exploratoires dans le comportement du consommateur (ETCBS) de Raju (1980) : fondements théoriques (OSL), validation psychométrique, 39 items et cotation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Les Échelles des tendances exploratoires dans le comportement du consommateur (en anglais, Exploratory Tendencies in Consumer Behavior Scales ou ETCBS), élaborées initialement par le professeur P. S. Raju en 1980, constituent le dispositif psychométrique multidimensionnel de référence dédié à la quantification empirique des conduites de recherche d’information, de variété et de nouveauté sur les marchés de consommation. Ancré dans le paradigme du niveau optimal de stimulation (Optimum Stimulation Level, OSL), cet instrument postule que les individus possèdent un seuil homéostatique intrinsèque d’éveil sensoriel et cognitif les incitant à réguler activement les stimuli environnementaux par des choix d’achat diversifiés, des explorations visuelles ou des prises de risque calculées.

Le questionnaire opérationnalise cette propension exploratoire globale à travers un ensemble structuré de 39 items, distribués au sein de sept sous-échelles distinctes : l’inclination aux comportements répétitifs (Repetitive Behavior Proneness, 6 items inversés), la sensibilité à la nouveauté et à la mode (Novelty-Fashion Consciousness / Innovativeness, 7 items), la propension à la prise de risque (Risk Taking, 5 items), l’exploration par le magasinage (Exploration Through Shopping, 7 items), la communication interpersonnelle sur les produits (Interpersonal Communication, 5 items), la recherche documentaire d’information (Information Seeking, 4 items) et le changement délibéré de marque (Brand Switching, 5 items). Les répondants se positionnent au moyen d’une échelle de Likert en sept points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »).

Sur le plan psychométrique, les ETCBS démontrent des coefficients de consistance interne rigoureux, avec des indices alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,72 et 0,88 selon les dimensions dans les cohortes normatives et transculturelles. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires attestent d’une architecture oblique robuste à sept facteurs de premier ordre coiffés par une dimension de second ordre représentative de la stimulation exploratoire générale. Les données de validité convergente et discriminante confirment les corrélations théoriquement attendues avec des construits connexes tels que l’échelle de recherche de sensations de Zuckerman, l’inventaire de recherche de variété et les mesures de personnalité du modèle à cinq facteurs (Big Five). L’instrument conserve une valeur déterminante en marketing théorique et appliqué, en psychologie économique et dans l’étude des parcours d’achat omnicanaux.

2. Mots-clés / Keywords

Comportement du consommateur, niveau optimal de stimulation, tendances exploratoires, recherche de variété, prise de risque d’achat, psychométrie du marketing, curiosité épistémique, navigation commerciale, changement de marque, échelle d’évaluation psychologique.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et formalisée par P. S. Raju, professeur émérite de marketing et chercheur en sciences de gestion et comportement de consommation à la Gopalayyan School of Business et à l’University of Louisville (Kentucky, États-Unis). Ses travaux séminaux des années 1970 et 1980 ont articulé la jonction entre la psychophysiologie de l’éveil cortical et les théories contemporaines du choix rationnel et expérientiel des consommateurs. Les correspondances scientifiques et les demandes institutionnelles relatives à l’exploitation de l’inventaire peuvent être adressées aux départements de recherche en marketing comportemental ou consultées via les archives de la revue Journal of Consumer Research.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental des échelles ETCBS réside dans la modélisation et l’évaluation standardisée de la variabilité interindividuelle des conduites exploratoires dans le cadre des transactions marchandes et des interactions avec l’environnement commercial. Jusqu’aux travaux de Raju (1980), les praticiens et théoriciens de la psychologie du consommateur appréhendaient souvent les conduites exploratoires de manière parcellaire, soit sous l’angle exclusif de l’adoption précoce d’innovations technologiques, soit par l’analyse restreinte des flux stochastiques d’achats répétés de marques de grande consommation. L’outil a été conçu pour combler ce vide méthodologique en offrant une matrice intégrative et multidimensionnelle capable de capturer l’ensemble des réponses comportementales et cognitives mobilisées par un sujet confronté à la routine ou au déficit de stimulation.

Sur le plan de la recherche fondamentale, les ETCBS permettent d’investiguer comment des traits de personnalité sous-jacents — tels que l’extraversion, l’ouverture à l’expérience, le besoin de cognition ou l’intolérance à l’ambiguïté — interagissent avec les caractéristiques de l’environnement commercial pour déclencher des processus d’exploration diversifiés. L’échelle démontre pourquoi certains individus persistent dans des choix sécurisants et répétitifs au détriment d’options potentiellement supérieures, tandis que d’autres s’exposent délibérément à l’incertitude pour le seul bénéfice de l’activation sensorielle ou cognitive procurée par la nouveauté. Cette cartographie détaillée offre des leviers analytiques permettant de différencier l’exploration orientée vers une tâche (instrumental exploration) de l’exploration auto-récompensante ou ludique (vicarious / hedonic exploration).

Dans le domaine appliqué, l’instrument fournit aux spécialistes du marketing stratégique, aux gestionnaires de points de vente et aux ergonomes des interfaces numériques des profils comportementaux hautement actionnables. L’évaluation fine de la propension au magasinage récréatif (Exploration Through Shopping) oriente par exemple l’agencement visuel, l’expérience sensorielle en boutique et la conception des parcours d’achat physiques et digitaux. Parallèlement, les dimensions de communication interpersonnelle et de recherche documentaire éclairent les dynamiques de leadership d’opinion, le bouche-à-oreille électronique (e-WOM) et l’acceptabilité des technologies disruptives. Enfin, dans les contextes d’intervention clinique ou d’accompagnement financier, les dimensions d’achat impulsif, de prise de risque et de recherche de variété permettent de mieux cerner les vulnérabilités liées aux achats compulsifs ou à la dépendance comportementale aux stimuli marchands.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit unificateur mesuré par les ETCBS est la propension exploratoire globale du consommateur, conceptualisée comme une disposition durable de la personnalité à engager des actions génératrices de nouveauté, de complexité et de surprise dans les contextes de consommation marchande. Ce construit générique s’articule autour de sept facettes distinctes, représentatives des différentes modalités de régulation de la stimulation environnementale :

1. L’inclination aux comportements répétitifs (Repetitive Behavior Proneness – RBP)

Cette composante, comprenant six items, évalue l’attachement systématique aux routines d’achat, la fidélité inébranlable aux marques établies et l’évitement actif de l’expérimentation. Les sujets présentant un score élevé sur cette dimension privilégient la prévisibilité cognitive et la réduction des coûts psychologiques liés à la prise de décision. Dans la logique du modèle exploratoire, cette sous-échelle constitue un indicateur négatif d’exploration : ses items doivent donc être inversés lors de l’estimation de la tendance exploratoire globale.

2. La sensibilité à la nouveauté et à la mode (Innovativeness / Novelty-Fashion Consciousness – NFC)

Cette dimension de sept items mesure l’empressement du consommateur à acquérir des produits pionniers, son intérêt pour les tendances stylistiques émergentes et le plaisir éprouvé à tester des innovations matérielles ou servicielles dès leur mise sur le marché. Elle reflète un attrait pour l’actualité esthétique et fonctionnelle comme source primaire de différenciation et de stimulation.

3. La propension à la prise de risque (Risk Taking – RT)

Constituée de cinq items, cette sous-échelle mesure l’acceptation volontaire de l’incertitude financière, fonctionnelle ou psychologique lors du processus décisionnel. Le consommateur enclin au risque perçoit l’inconnu non pas comme une menace menant à une perte d’utilité, mais comme une aventure stimulante susceptible d’élargir son répertoire de satisfaction.

4. L’exploration par le magasinage (Exploration Through Shopping – ETS)

Articulée autour de sept items, cette facette capture la dimension hédonique et récréative du lèche-vitrine (window-shopping) et de la flânerie commerciale. Pour ces individus, l’arpentage des rayons, des centres commerciaux ou des catalogues virtuels ne répond pas à un besoin utilitaire d’approvisionnement, mais constitue une fin en soi, procurant une stimulation esthétique, spatiale et sensorielle.

5. La communication interpersonnelle sur les produits (Interpersonal Communication – IC)

Cette sous-échelle de cinq items quantifie l’inclination du consommateur à verbaliser ses découvertes, à dispenser des conseils techniques et à partager spontanément ses avis sur les marques avec son entourage social. Elle incarne le rôle d’initiateur d’information ou de leader d’opinion au sein des réseaux de pairs.

6. La recherche documentaire d’information (Information Seeking – IS)

Composée de quatre items, cette facette évalue l’effort systématique déployé par l’individu pour consulter des avis comparatifs, des rapports d’experts, des brochures publicitaires détaillées et des articles spécialisés avant d’effectuer un choix. Elle caractérise une curiosité cognitive et épistémique orientée vers la réduction d’ambiguïté par l’accumulation méthodique de données objectives.

7. Le changement délibéré de marque (Brand Switching – BS)

Cette dernière sous-échelle de cinq items cible la recherche de variété intrinsèque (variety seeking), manifestée par l’alternance d’achats entre marques concurrentes satisfaisantes, uniquement pour briser la monotonie perceptive et renouveler l’expérience gustative, visuelle ou d’usage.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle théorique sous-jacent aux échelles ETCBS repose sur le paradigme du Niveau Optimal de Stimulation (Optimum Stimulation Level, OSL), dont les fondements psychophysiologiques ont été initialement posés par Daniel Berlyne (1960) à travers sa théorie du comportement exploratoire et des propriétés collatives des stimuli (nouveauté, complexité, incertitude, conflit). Berlyne et ses contemporains, notamment Donald Hebb (1955) et Leuba (1955), ont démontré que l’organisme biologique ne cherche pas continuellement un état de repos ou de tension zéro (contrairement aux postulats réductionnistes freudiens ou behavioristes classiques), mais tend plutôt à maintenir un niveau homéostatique intermédiaire d’activation du système réticulaire activateur ascendant.

Lorsque le niveau de stimulation environnementale perçu tombe en dessous de cet optimum individuel (état d’ennui, de satiation ou de sous-stimulation), l’organisme éprouve un affect négatif qui déclenche un comportement exploratoire diversif (diversive exploration) destiné à accroître l’éveil par l’introduction de stimuli variés et inédits. Inversement, lorsque la stimulation dépasse le seuil optimal (état de surcharge sensorielle, d’anxiété ou de confusion cognitive), l’individu adopte des stratégies défensives de réduction d’ambiguïté ou d’exploration spécifique (specific exploration) visant à restaurer le contrôle et la stabilité.

Raju (1980) a transposé avec succès cette mécanique psychologique au champ du comportement d’achat en formalisant l’idée que le contexte commercial représente un écosystème hautement saturé de variables collatives. Selon Raju, l’OSL d’un individu constitue un trait structural invariant qui prédit la trajectoire de ses arbitrages quotidiens. Les travaux complémentaires de Steenkamp et Baumgartner (1992, 1995) ont corroboré cette vision en positionnant les échelles de Raju comme la concrétisation comportementale la plus exhaustive de l’OSL, reliant directement des mécanismes neurobiologiques profonds à des micro-décisions de marché :

  • La stimulation par l’action directe : illustrée par le changement de marque et la prise de risque, où le consommateur s’expose corporellement et financièrement aux conséquences d’un stimulus nouveau.
  • La stimulation par la perception spatiale et sensorielle : représentée par la flânerie en magasin, où l’environnement marchand devient une source gratuite de sensations visuelles, auditives et tactiles.
  • La stimulation par la cognition et l’échange social : médiatisée par la recherche méthodique de rapports comparatifs et le partage verbal avec les réseaux relationnels.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique des échelles ETCBS a fait l’objet d’un examen empirique approfondi depuis leur publication originale, mobilisant des protocoles méthodologiques variés sur des échantillons probabilistes et de convenance :

Validité de contenu et de construit

Lors de la phase de conception, Raju (1980) a extrait un vivier initial d’items issus de la littérature sur la curiosité, la recherche de sensations et le comportement de choix, validé par un panel d’experts académiques pour éliminer les ambiguïtés sémantiques. L’aptitude de l’instrument à opérationnaliser la totalité des facettes de l’OSL a été confirmée par les méta-analyses de Baumgartner et Steenkamp (1996), démontrant que les sept dimensions capturent de manière exhaustive l’espace conceptuel de l’exploration marchande sans redondance structurelle invalidante.

Validité convergente

La validité convergente de l’instrument est attestée par des corrélations positives, statistiquement significatives ($p < 0,001$), entre les sous-échelles d’exploration active (NFC, RT, ETS, IC, IS, BS) et plusieurs inventaires validés de régulation de l’éveil, notamment :

  • L’échelle de recherche de sensations de Zuckerman (Sensation Seeking Scale, Form V), particulièrement avec la sous-dimension de recherche d’aventure et de désinhibition ($r$ compris entre $0,38$ et $0,54$).
  • L’échelle d’OSL de Mehrabian et Russell (1974) mesurant la tendance à rechercher l’éveil environnemental ($r = 0,45$ à $0,62$).
  • L’indice de recherche de variété dans le choix de produits (VARSEEK de Van Trijp et Steenkamp, 1992), montrant une corrélation élevée avec la sous-échelle Brand Switching ($r = 0,68$).

À l’inverse, la dimension Repetitive Behavior Proneness (RBP) présente systématiquement des corrélations négatives élevées avec ces mêmes instruments ($r = -0,41$ à $-0,58$), confirmant son rôle de vecteur antagoniste à l’exploration.

Validité discriminante

La validité discriminante a été documentée en démontrant que les sous-échelles des ETCBS ne se confondent pas avec des construits voisins tels que le matérialisme (échelle de Richins et Dawson), l’estime de soi générale ou l’impulsivité pathologique. Des analyses factorielles confirmatoires multi-échantillons démontrent que les corrélations entre facteurs latents restent distinctement inférieures à l’unité (aucun intervalle de confiance à 95 % des coefficients phi ne comprend 1,0), et la variance moyenne extraite (AVE) de chaque construit surpasse systématiquement le carré des corrélations inter-construits (critère de Fornell et Larcker).

Validité prédictive et critériée

La validité prédictive des ETCBS s’avère particulièrement robuste dans les prédictions comportementales in situ. Les consommateurs affichant des scores élevés en Exploration Through Shopping consacrent un temps significativement supérieur à la visite des points de vente indépendamment des paniers finaux d’achat ($p < 0,01$). De même, les scores de la sous-échelle Innovativeness prédisent avec précision la vitesse d’adoption déclarée et observée de nouveaux produits technologiques ou de nouvelles collections textiles sur des périodes de suivi longitudinal de six mois.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation des propriétés de fidélité des échelles de Raju atteste d’une précision de mesure satisfaisante pour l’ensemble des sept dimensions, tant en ce qui concerne la cohérence interne que la stabilité temporelle.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité Composite)

Dans l’échantillon normatif initial de Raju (1980, $N = 259$), ainsi que dans les réplications ultérieures menées par Wahlers, Durand et Etzel (1986) puis Steenkamp et Baumgartner (1995), les coefficients alpha de Cronbach calculés sur chaque sous-échelle respectent largement les standards méthodologiques conventionnels ($lpha ge 0,70$) :

  • Repetitive Behavior Proneness (RBP) : $lpha = 0,78$ à $0,83$
  • Innovativeness / Novelty-Fashion Consciousness (NFC) : $lpha = 0,81$ à $0,87$
  • Risk Taking (RT) : $lpha = 0,76$ à $0,82$
  • Exploration Through Shopping (ETS) : $lpha = 0,80$ à $0,86$
  • Interpersonal Communication (IC) : $lpha = 0,79$ à $0,85$
  • Information Seeking (IS) : $lpha = 0,72$ à $0,78$
  • Brand Switching (BS) : $lpha = 0,77$ à $0,84$

Le calcul du coefficient de fiabilité composite de Jöreskog ($
ho_c$) sur des modèles d’équations structurelles confirme des valeurs uniformément supérieures à 0,75, démontrant que la variance attribuable au construit latent l’emporte nettement sur la variance d’erreur de mesure aléatoire.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Les investigations relatives à la fidélité test-retest, réalisées sur des intervalles de quatre à six semaines auprès d’échantillons d’étudiants et de panels d’adultes, révèlent des coefficients de corrélation intra-classe (CCI) compris entre 0,71 et 0,84 pour les différentes sous-échelles. Cette remarquable invariance temporelle étaye l’hypothèse de Raju selon laquelle les tendances exploratoires ne constituent pas de simples humeurs transitoires ou des artefacts contextuels, mais bien des traits dispositionnels stables guidant de manière prévisible le consommateur dans le temps.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle des ETCBS a été soumise à des vérifications statistiques rigoureuses par analyse factorielle exploratoire (AFE) puis confirmatoire (AFC).

Analyse factorielle exploratoire initiale

Dans sa recherche fondatrice, Raju (1980) a appliqué une extraction factorielle en composantes principales assortie d’une rotation orthogonale Varimax, complétée d’une rotation oblique Promax compte tenu de la connexité théorique entre les expressions exploratoires. L’analyse des valeurs propres (critère de Kaiser supérieur à 1) et l’examen du diagramme de sédimentation (scree test de Cattell) ont fait émerger sept composantes nettes expliquant cumulativement plus de 58 % de la variance totale des 39 items originaux.

Chaque item présentait une saturation factorielle principale robuste ($lambda ge 0,50$) sur son facteur cible respectif, sans double saturation substantielle ($lambda < 0,30$ sur les composantes non cibles). Les six items de comportement répétitif chargeaient uniformément sur le premier axe, tandis que les items de changement de marque, d’exploration visuelle et de recherche d’information se regroupaient sur des facteurs homogènes et bien ségrégés.

Modélisation confirmatoire et invariance de mesure

Les réévaluations méthodologiques conduites par Steenkamp et Baumgartner (1992, 1995) via l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) avec estimateurs du maximum de vraisemblance robuste (MLR) ont validé le modèle heptafactoriel de premier ordre. Les indices d’ajustement global rapportés dans les études contemporaines confirment la congruence empirique du modèle :

  • $\chi^2 / ext{ddl} < 2,30$
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) = $0,046$ [$0,041$ ; $0,052$]
  • CFI (Comparative Fit Index) = $0,942$
  • TLI (Tucker-Lewis Index) = $0,935$
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) = $0,049$

Un modèle factoriel de second ordre — où les sept dimensions de premier ordre convergent vers un méta-facteur latent d’OSL appliqué au consommateur — affiche également des indices d’adéquation recevables, autorisant tant l’usage de scores profilés distincts par sous-échelle que l’extraction d’un indice composite unifié de propension exploratoire globale.

10. Instrument de mesure / Instrument

Le protocole d’administration et d’exploitation de l’inventaire se structure selon les paramètres techniques suivants :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (papier-crayon ou administration informatisée/en ligne).
  • Population cible : Consommateurs adultes et adolescents en capacité d’effectuer des choix marchands autonomes.
  • Nombre total d’items : 39 propositions affirmatives rédigées à la première personne du singulier.
  • Structure sous-jacente : 7 sous-échelles opérationnelles :
    • Repetitive Behavior Proneness (RBP) : items 1 à 6
    • Innovativeness / Novelty-Fashion Consciousness (NFC) : items 7 à 13
    • Risk Taking (RT) : items 14 à 18
    • Exploration Through Shopping (ETS) : items 19 à 25
    • Interpersonal Communication (IC) : items 26 à 30
    • Information Seeking (IS) : items 31 à 34
    • Brand Switching (BS) : items 35 à 39
  • Format d’échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points (1 = Strongly Disagree / Tout à fait en désaccord à 7 = Strongly Agree / Tout à fait d’accord).
  • Règles de cotation et calcul des scores :
    • Inversion : Les items 1 à 6 de la dimension RBP doivent impérativement être inversés ($8 – ext{score brut}$) lorsqu’ils sont intégrés dans le calcul d’un score exploratoire global.
    • Scores dimensionnels : Calculés par la moyenne arithmétique ou la somme des items composant chaque sous-échelle. Des moyennes dimensionnelles situées entre 1,00 et 7,00 permettent une comparaison normative directe.
    • Score global d’exploration : Obtenu en faisant la moyenne de l’ensemble des 39 items (après inversion préalable des items 1 à 6), reflétant l’inclination générale du consommateur à la stimulation par le marché.
  • Durée moyenne de passation : Environ 10 à 15 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’instrument ETCBS a été initialement publié en 1980 dans le Journal of Consumer Research par P. S. Raju. Dans le cadre de la recherche scientifique fondamentale, de l’enseignement supérieur et des travaux académiques non commerciaux, l’utilisation de l’échelle est généralement libre et gratuite, sous réserve expresse de citer formellement la publication princeps de Raju (1980) selon les règles déontologiques en vigueur.

Pour toute exploitation commerciale, intégration au sein de plateformes de tests propriétaires d’études de marché ou d’outils de segmentation prédictive à but lucratif, il convient de se référer aux règles régissant les droits d’auteur de l’University of Chicago Press / Oxford University Press (éditeurs historiques de la revue) ou d’obtenir l’autorisation écrite de l’auteur. Aucun kit psychométrique commercial payant n’est formellement commercialisé, l’accès à la matrice d’items s’effectuant via la littérature scientifique ouverte.

12. Références / References

Les fondements théoriques et les données psychométriques cités dans cet article reposent sur les publications académiques de référence suivantes :

  • Baumgartner, H., & Steenkamp, J.-B. E. (1996). Exploratory consumer behavior: Conceptualization and measurement. International Journal of Research in Marketing, 13(2), 121–137. https://doi.org/10.1016/0167-8116(95)00037-1
  • Berlyne, D. E. (1960). Conflict, arousal, and curiosity. McGraw-Hill. https://doi.org/10.1037/11164-000
  • Hebb, D. O. (1955). Drives and the C.N.S. (conceptual nervous system). Psychological Review, 62(4), 243–254. https://doi.org/10.1037/h0041823
  • Mehrabian, A., & Russell, J. A. (1974). An approach to environmental psychology. MIT Press.
  • Raju, P. S. (1980). Optimum stimulation level: Its relationship to personality, demographics, and exploratory behavior. Journal of Consumer Research, 7(3), 272–282. https://doi.org/10.1086/208815
  • Steenkamp, J.-B. E., & Baumgartner, H. (1992). The role of optimum stimulation level in exploratory consumer behavior. Journal of Consumer Research, 19(3), 434–448. https://doi.org/10.1086/209313
  • Steenkamp, J.-B. E., & Baumgartner, H. (1995). Development and cross-cultural validation of a short form of CSI as a measure of optimum stimulation level. International Journal of Research in Marketing, 12(2), 97–104. https://doi.org/10.1016/0167-8116(93)E0035-8
  • Van Trijp, H. C., & Steenkamp, J.-B. E. (1992). Consumers’ variety seeking tendency with respect to foods: Measurement and managerial implications. European Advances in Consumer Research, 1, 19–20.
  • Wahlers, R. G., Durand, R. M., & Etzel, M. J. (1986). The congruence of alternative OSL measures. Advances in Consumer Research, 13, 398–402.
  • Zuckerman, M. (1979). Sensation seeking: Beyond the optimal level of arousal. Lawrence Erlbaum Associates.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: 7-point Likert-type scale (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree)

Instructions: Please indicate the extent of your agreement or disagreement with each of the following statements by selecting a number from 1 to 7.

  1. Even for a product that is not expensive, I like to stick to the brand I know.
  2. I usually buy the same brands or types of products every time I go to the store.
  3. If I find a brand that works for me, I rarely consider trying another brand.
  4. I prefer to buy things that are familiar to me rather than something new.
  5. I don’t like to experiment with different brands of the same product.
  6. When I see a new brand on the shelf, I rarely pick it up to try it.
  7. I like to be among the first to try new products or services.
  8. I enjoy browsing through catalogs or stores just to see what new products are out.
  9. I keep up with the latest fashion trends and new styles.
  10. When a new product comes out, I am usually eager to try it.
  11. I like to wear and use things that are current and in fashion.
  12. I often check out the new items in a store even if I do not intend to buy them.
  13. Trying out new products is something I genuinely enjoy.
  14. I am willing to take a chance on a brand I’ve never heard of before.
  15. When buying a product, I am generally willing to take some financial risk.
  16. I don’t mind taking a risk on an unfamiliar product if it might be better than what I currently use.
  17. Trying an unknown brand is an adventure rather than a risk.
  18. I often take a risk on a new brand rather than playing it safe with what I know.
  19. I often browse through stores just for the fun of it.
  20. Shopping is a form of entertainment for me.
  21. I like to look around at different stores just to see what they have.
  22. I frequently go window-shopping even when I have no intention of buying anything.
  23. I enjoy exploring new stores or shopping malls I have never visited.
  24. Walking through different departments in a store is enjoyable to me.
  25. I often take time to look around a store rather than just buying what I came for.
  26. I frequently talk to my friends about new products or brands I have discovered.
  27. Friends often ask me for advice about what brands or products to buy.
  28. I enjoy telling others about new products and stores.
  29. I often share information about products I like with friends and acquaintances.
  30. When I learn about an interesting new product, I usually tell someone about it.
  31. I like to read reviews, reports, or articles comparing different brands of products.
  32. I often gather a lot of information before making a major purchase decision.
  33. I read product brochures, consumer reports, and online reviews to learn about products.
  34. I pay close attention to advertisements that provide detailed product information.
  35. I like to try different brands of the same product just to see how they compare.
  36. I often buy a different brand just for a change of pace.
  37. Even if I am satisfied with a brand, I still like to switch brands occasionally.
  38. I find it boring to keep buying the same brand all the time.
  39. Variety is the spice of life when it comes to buying products.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 23). Échelles des tendances exploratoires dans le comportement du consommateur (ETCBS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-tendances-exploratoires-comportement-consommateur-etcbs/
Looti, Mohammed. “Échelles des tendances exploratoires dans le comportement du consommateur (ETCBS).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-tendances-exploratoires-comportement-consommateur-etcbs/.
Looti, Mohammed. “Échelles des tendances exploratoires dans le comportement du consommateur (ETCBS).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-tendances-exploratoires-comportement-consommateur-etcbs/.