1. Résumé / Abstract
Les échelles de sensibilité à la valeur (Value Consciousness, VC) et de propension aux coupons (Coupon Proneness, CP), développées par Donald R. Lichtenstein, Richard G. Netemeyer et Scot Burton en 1990, constituent l’une des contributions méthodologiques et conceptuelles les plus déterminantes dans le domaine du comportement du consommateur et de la psychologie des prix. Ces instruments psychométriques ont été conçus pour résoudre une ambiguïté théorique persistante : la confusion empirique entre la recherche rationnelle d’un rapport qualité-prix optimal et l’attrait psychologique spécifique exercé par les bons de réduction promotionnels. En s’appuyant formellement sur la théorie de l’utilité d’acquisition et de transaction formalisée par Richard Thaler (1985), les auteurs démontrent que la sensibilité à la valeur relève principalement de l’utilité d’acquisition (le gain économique net résultant de la confrontation entre les bénéfices perçus du produit et le sacrifice financier consenti), tandis que la propension aux coupons est largement sous-tendue par l’utilité de transaction (le plaisir psychologique associé à la réalisation d’une « bonne affaire » et la valorisation de l’image de soi en tant que « consommateur avisé »).
Sur le plan structurel, l’instrument se compose de deux échelles unidimensionnelles distinctes comprenant chacune 7 items, évalués au moyen d’échelles de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 5 (« Tout à fait d’accord »). Les scores sont obtenus par le calcul de la moyenne arithmétique des items de chaque dimension. Les évaluations psychométriques initiales et les réplications successives confirment une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,79 et 0,88 pour l’échelle VC, et entre 0,85 et 0,92 pour l’échelle CP. La validité discriminante entre les deux construits a été démontrée par des analyses factorielles confirmatoires rigoureuses et des tests de différence de khi-deux ($\Delta\chi^2$), prouvant que la propension aux coupons ne peut être réduite à une simple manifestation de la sensibilité au prix ou à la valeur. Ces échelles ont été intégrées ultérieurement dans la batterie élargie des Price Perception Scales (PPS) par Lichtenstein, Ridgway et Netemeyer (1993), mais elles continuent d’être employées de manière autonome dans la recherche internationale en marketing, en économie comportementale et en psychologie sociale appliquée.
2. Mots-clés / Keywords
Sensibilité à la valeur, propension aux coupons, perception des prix, utilité de transaction, utilité d’acquisition, comportement du consommateur, psychométrie, promotions des ventes, consommateur avisé, analyse factorielle confirmatoire.
3. Auteurs / Authors
Les échelles VC/CP ont été créées et validées par un collectif de chercheurs éminents en sciences de gestion et marketing comportemental aux États-Unis :
- Donald R. Lichtenstein : Professeur émérite de marketing à la Leeds School of Business de l’Université du Colorado à Boulder (University of Colorado Boulder). Ses recherches pionnières portent sur la psychologie cognitive des prix, l’évaluation des promotions par le consommateur, la responsabilité sociale des entreprises et le jugement perceptuel de la relation prix-qualité.
- Richard G. Netemeyer : Professeur titulaire de la chaire de marketing Ralph A. Beeton à la McIntire School of Commerce de l’Université de Virginie (Charlottesville). Expert mondialement reconnu en méthodologie de recherche, en modélisation par équations structurelles et en développement d’échelles de mesure psychométriques appliquées aux sciences du comportement.
- Scot Burton : Professeur distingué et titulaire de la chaire Tyson en marketing au sein du Sam M. Walton College of Business de l’Université de l’Arkansas (Fayetteville). Ses travaux académiques se concentrent sur la prise de décision des consommateurs, l’étiquetage nutritionnel, les politiques publiques de santé et l’efficacité des incitations promotionnelles.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental des échelles élaborées par Lichtenstein, Netemeyer et Burton (1990) est d’isoler, de clarifier et d’opérationnaliser deux orientations motivationnelles majeures à l’égard des prix qui étaient jusqu’alors confondues dans la littérature managériale sous l’étiquette générique d’« élasticité-prix » ou de « sensibilité aux promotions ». Historiquement, les praticiens du marketing et les économistes postulaient que l’utilisation des coupons de réduction répondait exclusivement à une logique d’optimisation financière : les consommateurs utiliseraient des coupons uniquement parce qu’ils permettent de payer moins cher un produit donné. Cette vision purement utilitariste postulait que le consommateur sensible aux coupons était simplement un consommateur sensible au prix ou soucieux de la valeur reçue.
Les auteurs ont remis en cause ce paradigme réductionniste en démontrant que l’utilisation des coupons mobilise des processus psychologiques bien plus complexes. D’une part, la sensibilité à la valeur (VC) évalue la volonté d’un individu d’équilibrer rigoureusement le coût déboursé et la qualité intrinsèque obtenue. Le consommateur guidé par la valeur cherche à maximiser le rendement de son investissement monétaire ; il refuse de surpayer, mais ne recherche pas nécessairement le prix le plus bas si cela implique une dégradation inacceptable de la qualité. D’autre part, la propension aux coupons (CP) quantifie la tendance comportementale et affective accrue à réagir positivement aux coupons de réduction en tant que mécanisme promotionnel spécifique. Cette propension s’affranchit en partie de l’évaluation purement économique : un individu fortement enclin aux coupons éprouve une stimulation positive et une satisfaction psychologique liées à l’acte même d’utiliser le bon de réduction, indépendamment du montant absolu de l’économie réalisée.
Dans le domaine de la recherche académique, ces instruments permettent d’expliquer pourquoi certains consommateurs consacrent un temps et une énergie considérables (coûts non monétaires de recherche, de découpage et de classement) pour utiliser des coupons offrant des réductions dérisoires, un comportement inexplicable par la seule rationalité microéconomique classique. Sur le plan des applications managériales et clinico-comportementales, ces échelles offrent des outils précieux pour :
- La segmentation fine des marchés : distinguer les segments attentifs au rapport qualité-prix (ciblés par des stratégies de marque distributrice premium ou de juste valeur) des segments accros aux promotions (ciblés par des programmes de coupons physiques ou numériques).
- La compréhension des comportements d’achat compulsif ou problématique : analyser dans quelle mesure la recherche obsessionnelle de promotions ou de coupons relève d’un mécanisme de compensation émotionnelle et d’auto-gratification plutôt que d’une nécessité budgétaire réelle.
- La modélisation de l’arbitrage cognitif en environnement de vente omnicanal : évaluer comment la dématérialisation des coupons (applications mobiles, codes promotionnels en ligne) modifie l’expérience affective du « consommateur avisé » (smart shopper).
5. Construit psychologique / Construct
Les échelles VC/CP opérationnalisent deux construits d’attitude envers les prix distincts mais potentiellement corrélés. Leur conceptualisation détaillée met en lumière la nature multidimensionnelle des motivations du consommateur.
Sensibilité à la valeur (Value Consciousness – VC)
La sensibilité à la valeur est définie conceptuellement comme la préoccupation constante et explicite du consommateur pour le ratio entre la qualité reçue et le prix payé. Contrairement à la pure conscience du prix (price consciousness) — qui se focalise exclusivement sur la minimisation du débours monétaire sans considération prioritaire pour la qualité —, la sensibilité à la valeur implique un arbitrage cognitif complexe à double objectif :
- Minimiser le sacrifice financier consenti lors de la transaction.
- Maintenir un seuil d’exigence qualitatif acceptable ou élevé quant aux attributs du produit ou du service.
Le consommateur à forte sensibilité à la valeur opère une comparaison active des marques et des alternatives en rayon. Par exemple, confronté à trois marques d’huile d’olive, il n’achètera pas automatiquement la moins chère si celle-ci présente un goût médiocre ou une origine douteuse, ni la plus chère par simple snobisme ; il recherchera activement la bouteille qui offre le meilleur compromis gustatif et qualitatif pour le prix exigé. Ce construit repose donc sur un traitement analytique et rationnel de l’information disponible sur le lieu de vente.
Propension aux coupons (Coupon Proneness – CP)
La propension aux coupons est définie comme une propension psychologique et comportementale accrue à répondre favorablement aux incitations matérialisées par des coupons de réduction. Ce construit intègre deux composantes indissociables :
- Une composante cognitive-économique : la reconnaissance que le coupon diminue le prix d’achat effectif du produit.
- Une composante affective et symbolique : le ressenti d’émotions positives (joie, excitation, fierté) déclenché par l’utilisation du coupon, ainsi que le renforcement de l’identité de « consommateur malin » (smart-shopper self-concept).
Pour un individu présentant un niveau élevé de propension aux coupons, le coupon agit comme un stimulus conditionné puissant. L’effort consenti pour repérer, découper, conserver et présenter le coupon n’est pas perçu comme une corvée fastidieuse mais comme un rituel gratifiant. Par exemple, un consommateur à forte propension aux coupons pourra acheter un paquet de céréales d’une marque qu’il consomme peu, uniquement parce qu’il possède un coupon de 0,50 €, même si une marque concurrente de qualité équivalente est vendue sans coupon à un prix net inférieur. L’acte d’utiliser le bon confère une valeur psychologique ajoutée qui transcende le résultat comptable de l’opération.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement théorique sous-jacent aux échelles VC et CP repose sur la théorie de la comptabilité mentale (mental accounting) et la distinction fondamentale entre utilité d’acquisition et utilité de transaction théorisée par l’économiste comportemental et lauréat du prix Nobel Richard Thaler (1985).
La formalisation de Thaler (1985)
Dans le modèle de Thaler, l’utilité totale ($U_{totale}$) retirée de l’achat d’un bien se décompose en deux termes additifs :
$$U_{totale} = U_{acquisition} + U_{transaction}$$
L’utilité d’acquisition ($U_{acq}$) dépend de la valeur intrinsèque équivalente du bien ($v$) comparativement au prix réel payé ($p$) :
$$U_{acq} = f(v, -p)$$
Elle représente le surplus net économique perçu par l’acheteur : plus la qualité perçue ($v$) est grande par rapport au déboursement ($p$), plus l’utilité d’acquisition est forte. C’est précisément cette dynamique que capture l’échelle de sensibilité à la valeur (VC). Le consommateur sensible à la valeur évalue la transaction selon les paramètres fondamentaux de l’utilité d’acquisition.
L’utilité de transaction ($U_{trans}$), quant à elle, est définie comme la valeur psychologique associée à la perception d’avoir obtenu un prix avantageux par rapport à un prix de référence interne ($p^*$) :
$$U_{trans} = f(-p, p^*)$$
Elle mesure les mérites transactionnels de l’accord. Si le consommateur paie un prix inférieur au prix attendu ou habituel ($p < p^*$), l’utilité de transaction est positive, générant un plaisir cognitif et affectif immédiat (« l’ivresse de la bonne affaire »). Lichtenstein, Netemeyer et Burton (1990) ont postulé avec succès que la propension aux coupons (CP) est directement gouvernée par cette utilité de transaction. Le coupon rend la référence promotionnelle saillante et confère au consommateur le mérite subjectif d’avoir provoqué lui-même le rabais.
L’effet « Consommateur Malin » (Smart-Shopper Affect)
Le cadre théorique s’enrichit des travaux de Robert Schindler (1989, 1998) sur l’attribution causale et l’égo dans les promotions des ventes. Selon Schindler, lorsque le prix d’un produit est simplement réduit en rayon pour l’ensemble des clients (ex. promotion générale affichée à -20 %), le consommateur attribue le rabais à la générosité ou à la stratégie commerciale du magasin. En revanche, lorsqu’il doit mobiliser un coupon, le consommateur s’attribue à lui-même la responsabilité de l’économie réalisée. Cette attribution interne génère un sentiment d’auto-efficacité, de fierté et de compétence décisionnelle (smart-shopper affect). La propension aux coupons mesure ainsi la sensibilité individuelle à ce dividende émotionnel.
7. Validité / Validity
L’évaluation psychométrique menée par Lichtenstein, Netemeyer et Burton (1990) a suivi les standards méthodologiques les plus rigoureux recommandés par Churchill (1979) et Gerbing et Anderson (1988), garantissant les multiples formes de validité de construit.
Validité convergente et de contenu
La validité de contenu a été établie par une revue exhaustive de la littérature sur les promotions et la soumission d’un pool initial de 32 items à un panel d’experts en marketing. Les items ambigus ou redondants ont été éliminés. Lors des tests empiriques sur des échantillons de consommateurs réels ($N = 196$ dans l’étude pilote ; $N = 340$ dans l’étude principale de confirmation), les saturations factorielles standardisées des items sur leurs facteurs respectifs étaient toutes statistiquement significatives ($p < 0,001$) et substantiellement élevées, avec des valeurs oscillant entre 0,62 et 0,86 pour l’échelle VC et entre 0,65 et 0,89 pour l’échelle CP, confirmant une solide validité convergente.
Validité discriminante
La démonstration de la non-redondance entre la sensibilité à la valeur et la propension aux coupons représentait le défi théorique central de l’étude princeps. Elle a été validée au moyen de plusieurs procédures statistiques :
- Test de comparaison de modèles emboîtés ($\Delta\chi^2$) : Un modèle d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) à deux facteurs corrélés a été comparé à un modèle unidimensionnel contraignant la corrélation entre VC et CP à 1,0. Le modèle bifactoriel a présenté un ajustement significativement supérieur ($\Delta\chi^2(1) = 384,12 ; p < 0,001$), démontrant formellement la séparabilité empirique des deux dimensions.
- Critère de Fornell et Larcker (1981) : Pour chaque construit, la variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) excédait 0,50 (environ 0,55 pour VC et 0,63 pour CP) et était nettement supérieure au carré du coefficient de corrélation entre les deux construits ($r^2 pprox 0,16$), confirmant que chaque échelle partage plus de variance avec ses propres indicateurs qu’avec l’autre dimension.
Validité prédictive et nomologique
La validité nomologique a été confirmée en intégrant les échelles dans un réseau relationnel avec des variables comportementales objectives mesurées sur le terrain :
- L’échelle CP prédit de manière forte et directe la fréquence d’utilisation effective des coupons déclarée et observée lors des passages en caisse ($r = 0,58 ; p < 0,001$), le nombre de coupons découpés chaque semaine, et la propension à changer d’enseigne ou de marque en présence d’un coupon.
- À l’inverse, l’échelle VC présente des corrélations faibles ou modérées avec l’utilisation brute de coupons ($r pprox 0,22$), mais corrèle très fortement avec les comportements d’inspection comparative des étiquettes de prix au kilo/litre, la lecture des guides de consommateurs (type Consumer Reports ou UFC-Que Choisir) et la recherche de marques de distributeurs présentant un profil organoleptique élevé.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité des échelles de Lichtenstein et al. (1990) ont démontré une grande stabilité à travers le temps, les méthodologies de collecte et les contextes géographiques.
Consistance interne
Dans l’échantillon de validation original de 1990 ($N = 340$), les coefficients de consistance interne calculés étaient les suivants :
- Sensibilité à la valeur (VC) : $lpha = 0,82$, avec une fiabilité composite (CR) de 0,83 et des corrélations item-total corrigées s’échelonnant de 0,48 à 0,67.
- Propension aux coupons (CP) : $lpha = 0,88$, avec une fiabilité composite (CR) de 0,89 et des corrélations item-total s’échelonnant de 0,57 à 0,74.
Dans l’étude ultérieure de Lichtenstein, Ridgway et Netemeyer (1993) réévaluant l’instrument au sein d’un échantillon représentatif plus large ($N = 816$), les coefficients alpha de Cronbach se sont établis à 0,80 pour l’échelle VC et à 0,89 pour l’échelle CP. Des recherches indépendantes menées à la fin des années 1990 et dans les décennies 2000-2020 ont systématiquement rapporté des valeurs d’alpha supérieures au seuil conventionnel de 0,70 (variant entre 0,79 et 0,88 pour VC, et entre 0,86 et 0,93 pour CP), témoignant d’une robustesse métrologique exceptionnelle.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Des sous-échantillons réinterrogés à un intervalle de trois à quatre semaines ont révélé des coefficients de fidélité test-retest élevés ($r_{tt} = 0,78$ pour VC et $r_{tt} = 0,84$ pour CP), confirmant que ces échelles mesurent des prédispositions attitudinales stables et des traits psychologiques durables du consommateur, et non de simples fluctuations d’humeur passagères.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle des deux échelles a été rigoureusement confirmée par des étapes combinées d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et d’analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors des phases de calibration initiales, une analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax) a été exécutée sur l’ensemble des 14 items. Deux facteurs distincts ont émergé, présentant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0, expliquant cumulativement plus de 58 % de la variance totale des scores :
- Le premier facteur correspondait sans équivoque à la Propension aux coupons (valeur propre initiale $pprox 4,82$, expliquant 34,4 % de la variance). Tous les items de CP saturaient sur ce facteur à des niveaux compris entre 0,65 et 0,88, sans saturation croisée notable sur le second facteur ($< 0,20$).
- Le second facteur correspondait à la Sensibilité à la valeur (valeur propre initiale $pprox 3,36$, expliquant 24,0 % de la variance). Tous les items de VC saturaient entre 0,58 et 0,84, confirmant l’orthogonalité quasi-fonctionnelle des deux domaines perceptuels.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
L’AFC conduite sous LISREL VII a permis de tester l’adéquation du modèle de mesure théorique aux données empiriques. Le modèle bifactoriel à 14 items présente d’excellents indices d’ajustement :
- $\chi^2 / dl = 1,74$ ($\chi^2 = 132,24$ pour 76 degrés de liberté, $p < 0,001$) ;
- Indice de bonté d’ajustement comparatif (CFI) = 0,96 ;
- Indice de Tucker-Lewis (TLI / NNFI) = 0,95 ;
- Racine de la variance résiduelle quadratique moyenne (RMSEA) = 0,047 (intervalle de confiance à 90 % : [0,034 ; 0,059]) ;
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) = 0,042.
Les saturations factorielles standardisées issues de l’estimation par le maximum de vraisemblance sont toutes hautement significatives ($t > 9,5$ pour l’ensemble des items), attestant que chaque item constitue une mesure empirique fidèle de son construit latent théorique.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument complet VC/CP se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé auto-administré :
- Nom complet de l’outil : Échelles de sensibilité à la valeur et de propension aux coupons (Value Consciousness and Coupon Proneness Scales).
- Nombre total d’items : 14 items au total, répartis équitablement :
- Sous-échelle Sensibilité à la valeur (VC) : 7 items.
- Sous-échelle Propension aux coupons (CP) : 7 items.
- Format des réponses : Échelle de Likert à 5 points :
- 1 = Pas du tout d’accord (Strongly Disagree)
- 2 = Plutôt pas d’accord (Disagree)
- 3 = Neutre / Ni en désaccord ni d’accord (Neutral)
- 4 = Plutôt d’accord (Agree)
- 5 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
- Temps de passation estimé : 3 à 5 minutes pour l’ensemble du protocole.
- Protocole de cotation et de calcul des scores :
- Les réponses des items inversés (le cas échéant) doivent être recodées avant tout calcul ($1
ightarrow 5$, $2
ightarrow 4$, $3
ightarrow 3$, $4
ightarrow 2$, $5
ightarrow 1$). - Un score moyen individuel est calculé séparément pour chaque sous-échelle en sommant les scores des items constitutifs et en divisant par 7. Les scores résultants s’étendent de 1,0 à 5,0.
- Un score élevé sur la dimension VC (> 4,0) indique une attention soutenue portée à l’optimisation du ratio qualité/prix.
- Un score élevé sur la dimension CP (> 4,0) caractérise une forte réceptivité comportementale et émotionnelle à l’utilisation des coupons de réduction.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
Les échelles de sensibilité à la valeur et de propension aux coupons ont été initialement publiées en 1990 dans le prestigieux Journal of Marketing, édité par l’American Marketing Association (AMA).
- Droits d’auteur et permissions académiques : L’instrument original est protégé par le droit d’auteur appartenant à l’American Marketing Association. Toutefois, conformément aux usages universitaires et scientifiques internationaux, l’utilisation de ces échelles dans le cadre d’activités d’enseignement et de recherche académique non commerciale est généralement autorisée à titre gracieux, sous réserve de citer explicitement la publication princeps de Lichtenstein, Netemeyer et Burton (1990).
- Utilisation commerciale et conseil : Toute utilisation commerciale, intégration au sein d’une plateforme de diagnostic payante ou exploitation lucrative d’études de marché nécessite une demande formelle d’autorisation auprès de l’American Marketing Association ou des détenteurs des droits via le Copyright Clearance Center (Copyright.com).
- Tarification : Accès libre pour les chercheurs universitaires abonnés aux bases de données documentaires (JSTOR, SAGE, EBSCO). Aucun coût d’acquisition direct n’est exigé pour l’application des items dans un mémoire, une thèse de doctorat ou un projet de recherche universitaire à but non lucratif.
12. Références / References
Les sources bibliographiques suivantes constituent les fondements théoriques et méthodologiques du développement et de la validation des échelles VC/CP :
- Bagozzi, R. P., & Yi, Y. (1988). On the evaluation of structural equation models. Journal of the Academy of Marketing Science, 16(1), 74–94. https://doi.org/10.1007/BF02723327
- Burton, S., Lichtenstein, D. R., Netemeyer, R. G., & Garretson, J. A. (1998). A scale for measuring attitude toward private label brands and an examination of its psychological and behavioral correlates. Journal of the Academy of Marketing Science, 26(4), 293–306. https://doi.org/10.1177/0092070398264003
- Chandon, P., Wansink, B., & Laurent, G. (2000). A benefit congruency framework of sales promotion effectiveness. Journal of Marketing, 64(4), 65–81. https://doi.org/10.1509/jmkg.64.4.65.18071
- Churchill, G. A., Jr. (1979). A paradigm for developing better measures of marketing constructs. Journal of Marketing Research, 16(1), 64–73. https://doi.org/10.1177/002224377901600110
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Gerbing, D. W., & Anderson, J. C. (1988). An updated paradigm for scale development incorporating unidimensionality and its assessment. Journal of Marketing Research, 25(2), 186–192. https://doi.org/10.1177/002224378802500207
- Lichtenstein, D. R., Netemeyer, R. G., & Burton, S. (1990). Distinguishing coupon proneness from value consciousness: An acquisition-transaction utility theory perspective. Journal of Marketing, 54(3), 54–67. https://doi.org/10.1177/002224299005400305
- Lichtenstein, D. R., Ridgway, N. M., & Netemeyer, R. G. (1993). Price perceptions and consumer shopping behavior: A field study. Journal of Marketing Research, 30(2), 234–245. https://doi.org/10.1177/002224379303000208
- Schindler, R. M. (1989). The excitement of getting a bargain: Some hypotheses concerning the origins and effects of smart-shopper feelings. Advances in Consumer Research, 16(1), 447–453.
- Schindler, R. M. (1998). Consequences or feelings of being a smart shopper. Journal of Promotion Management, 5(1), 171–191. https://doi.org/10.1300/J057v05n01_12
- Thaler, R. (1985). Mental accounting and consumer choice. Marketing Science, 4(3), 199–214. https://doi.org/10.1287/mksc.4.3.199
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items originaux de cette échelle sont protégés par le droit d’auteur de l’American Marketing Association et sont publiés dans la littérature académique. Les énoncés présentés ci-dessous reprennent la formulation anglaise exacte telle que publiée par les auteurs originaux dans l’article de 1990, accompagnée d’une traduction française rigoureuse destinée à guider la recherche francophone.
Subscale 1: Value Consciousness (VC)
Response format: 5-point Likert scale (1 = Strongly Disagree, 2 = Disagree, 3 = Neutral, 4 = Agree, 5 = Strongly Agree).
- Item 1: I am very concerned about low prices, but I am equally concerned about product quality.
(Traduction indicative : Je me préoccupe beaucoup d’avoir des prix bas, mais je suis tout autant attentif/ve à la qualité des produits.) - Item 2: When grocery shopping, I compare the prices of different brands to be sure I get the best value for the money.
(Traduction indicative : Lorsque je fais mes courses, je compare les prix des différentes marques pour être sûr(e) d’obtenir le meilleur rapport qualité-prix.) - Item 3: When purchasing a product, I always try to maximize the quality I get for the money I spend.
(Traduction indicative : Lorsque j’achète un produit, j’essaie toujours de maximiser la qualité obtenue pour la somme dépensée.) - Item 4: When I buy products, I like to be sure that I am getting my money’s worth.
(Traduction indicative : Quand j’achète des produits, j’aime avoir l’assurance d’en avoir réellement pour mon argent.) - Item 5: I generally shop around until I find the product that gives me the best value for my money.
(Traduction indicative : En général, je fais plusieurs magasins/recherches jusqu’à ce que je trouve le produit offrant le meilleur rapport valeur-prix.) - Item 6: When I shop, I usually compare the « price per ounce » or « unit price » among brands.
(Traduction indicative : Lorsque je fais mes achats, je compare habituellement le prix à l’unité de mesure [au kilo ou au litre] entre les différentes marques.) - Item 7: I always check prices at the grocery store to be sure I get the best value for the money I spend.
(Traduction indicative : Je vérifie toujours les prix au magasin d’alimentation pour m’assurer d’obtenir la meilleure valeur pour mon argent.)
Subscale 2: Coupon Proneness (CP)
Response format: 5-point Likert scale (1 = Strongly Disagree, 2 = Disagree, 3 = Neutral, 4 = Agree, 5 = Strongly Agree).
- Item 1: Redeeming coupons makes me feel good.
(Traduction indicative : Utiliser des coupons de réduction me procure un sentiment agréable.) - Item 2: I enjoy clipping coupons out of the newspapers.
(Traduction indicative : J’aime découper ou collecter des bons de réduction.) - Item 3: When I use coupons, I feel that I am getting a good deal.
(Traduction indicative : Lorsque j’utilise des coupons, j’ai le sentiment de faire une excellente affaire.) - Item 4: I enjoy using coupons, regardless of the amount I save by doing so.
(Traduction indicative : J’apprécie d’utiliser des coupons, quel que soit le montant effectif de l’économie réalisée.) - Item 5: Using coupons makes me feel like I am a smart shopper.
(Traduction indicative : L’utilisation de bons de réduction me donne l’impression d’être un consommateur avisé et malin.) - Item 6: I have favorite brands, but most of the time I buy the brand I have a coupon for.
(Traduction indicative : J’ai des marques préférées, mais la plupart du temps, j’achète la marque pour laquelle je possède un coupon.) - Item 7: Beyond the money I save, using coupons gives me a sense of joy.
(Traduction indicative : Au-delà de l’argent économisé, l’utilisation de coupons m’apporte une véritable satisfaction.)